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15 avr 2014

Quand la réalité dépasse la fiction

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Quand la vie nous prouve qu’elle aime également les finales digne de films.

Si on m’avait dit que j’allais rencontrer mon ex-copine et mon ex-copain à 48 heures d’intervalle, je n’y aurais jamais cru. Je voudrais m’étendre sur la chose, partir dans une philosophie comme je l’aime tant, mais force est de constater que je suis face à ma première promesse post-publication: ne plus parler de ce passé, fermer le chapitre pour de bon.

La vie a cette manière un peu ironique et coquine de nous faire revivre toute une gamme d’émotions au mauvais moment, mais c’était à prévoir. Tout ne pouvait pas se clore avant le 31 mars. C’était utopique. Pourtant, je ne ressors pas démoli de ces rencontres. Au contraire. Je pourrais dire que je m’en sors bien. Mieux. Mais ce serait un peu vilain de casser du sucre sur le dos de ces amours passées.

Si j’ai compris une chose que je n’avais pas du tout saisi, c’est que j’étais moins l’élément influençable du couple que je ne l’aurais cru. Durant ces deux rencontres, beaucoup de prises de conscience, de vérité et d’affection pour ces personnes qui ont croisé ma vie.

Je pourrais parler des vices, des dépendances, des extrêmes, de l’excitation, des retrouvailles, mais je dois me taire, faire face à ces rencontres en silence. J’ai entendu des choses qui m’ont fait un grand bien. Des choses que j’avais besoin d’entendre. Pour cesser de me remettre en question sur ces histoires, pour continuer mon chemin dans une ligne plus droite.

Il n’y a pas de doutes, la vie avance, les gens changent, mais restent un peu les mêmes. En fait, on se rend surtout compte que c’est la perception qui se transforme. Et il est trop tard pour retrouver les sentiments disparus; ils sont cachés trop loin, même s’ils pointent par moment. Comme une petite folie passagère, un espace-temps ouvert, un souvenir qui resurgit.

Je referme donc (enfin) le livre de ma jeunesse. Tout a été dit. Tout a été fait. Tout a été consumé. Et même si tout s’envole, je ne m’en fais plus, car j’ai compris qui j’étais et ce que je voulais. Rencontrer ses amours du passé, c’est un peu faire une analyse sur les amours à venir et ce qui importe vraiment.

J’écoute la chanson de Lana Del Rey (West Coast) en boucle, et c’est exactement le feeling qui me vient. Tout est à point. Move baby move baby move baby. Alors, que dire de plus, sinon de leur rendre un dernier hommage embrouillé. Je les aime. Je les aimerai toujours à ma façon.

Je suis prêt à retomber amoureux. Maintenant. Ça y est.

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14 avr 2014

West Coast – Lana Del Rey

Nouvelle pièce de Lana Del Rey « West Coast ».

Oui, assumons le gai en nous. J’aime la toune haha!

 

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11 avr 2014

Peut-être jamais maintenant sur iTunes!

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Peut-être jamais est maintenant offert en version numérique dans 51 pays!

N’hésitez pas à cliquer sur l’image pour vous rendre sur la page du roman et y laisser votre commentaire. (Vous n’avez pas besoin d’acheter le roman pour le noter ou laisser votre avis, il suffit d’être connecté à votre compte iTunes).

Au plaisir de lire vos impressions!

 

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11 avr 2014

Articles dans le Rive-Sud Express et le magazine B@C

Dans l’édition du Rive-Sud Express du 9 avril 2014 (cliquez sur l’image pour lire)

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Je trouve la photo bien (pour une fois que je ne chiale pas sur une photo de moi!)

Maxime Collins (crédit Léo Gagnon)

Maxime Collins (crédit photo: Léo Gagnon)

 

L’article semble aussi avoir été repris et écourté pour une édition du magazine virtuel B@C. Allo ma grosse face! Brrr, et c’est Couillard qui me regarde dans l’autre page en plus; pas de quoi sourire!

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09 avr 2014

Journal metro

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Aujourd’hui, ma face est dans le journal Métro.

Tu peux lire mon entrevue complète en cliquant sur la photo et même la partager si ça te tente!

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07 avr 2014

Retour de lancement et autres réflexions

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Je savais que ça allait faire mal. Que ça allait être difficile, compliqué, torturant et j’en passe. J’avais déjà prévu tout ça. Je pensais être prêt. À affronter, à faire face, à me battre contre l’éventuel et inévitable vide laissé par un projet si éprouvant qui se termine. Force est de constater que je suis faible. Comme si après toutes ces promesses de deuil ultime, mon corps et mon cœur ne voulaient qu’une seule chose; continuer. Continuer encore. Continuer pour la vie dans ce long fleuve tranquille de douleur, de regret et de déception face à moi-même.

Je m’étais promis de me dire « j’ai fait tout ce que j’ai pu, il faut décrocher, laisser tomber ». Pourtant, la seule chose que j’ai en tête présentement, c’est de me droguer. Prendre n’importe quoi. Me geler le cerveau pour me faire croire que l’âge adulte est encore un peu plus loin, que je n’ai pas encore croisé la ligne d’arrivée.

Je me demande ce que j’attendais vraiment. Après tout, je devais bien savoir que la littérature ne change en rien la vie, qu’elle est tout au plus un passage vers autre chose. Une réflexion anecdotique, un geste libérateur, mais minime dans notre monde d’aujourd’hui, dans notre Québec d’aujourd’hui. Il faut donc revenir à la première motivation de l’écriture, celle d’en finir avec le passé; ranger sa jeunesse dans une boîte (ou un roman), puis oublier. Mais difficile d’oublier quand les fantômes concernés se réveillent, reviennent bousiller le deuil entamé. Je suppose qu’on ne se sauve jamais de notre vie, du moins jusqu’au dernier souffle.

 


 Le lancement

Mon lancement s’est très bien déroulé. Ceux qui comptaient étaient là. Les absents sont des figurants auxquels il est inutile de penser. J’aurais certes voulu vendre mes fameuses 100 copies, pour me dire que c’était mon seul but, et qu’il était enfin atteint. Mais ça aurait été trop facile. La vie ne fait pas de cadeau, même au bout d’un accomplissement. J’ai signé des copies jusqu’à 23h00, j’ai pris le temps de discuter avec les gens, j’ai tendu l’oreille pour écouter la musique que j’avais sélectionnée en tant que DJ du bar. C’était mon moment, ma soirée, ce pour quoi j’avais travaillé depuis les quatre dernières années.

31-03-14_0435-lancement_PTJ-LRAvec Laurent McCutcheon et Philippe Schnobb 
 

Je n’en tirerai pas un sou. Je terminerai la course endetté. Parce que l’investissement est toujours un peu aveugle, parce qu’on oublie trop souvent que les gens ne lisent plus, que les projets personnels se perdent dans la masse d’offres et de diffusion. Mais ça n’a aucune importance. Ce qui importe, c’est d’être allé jusqu’au bout. Et nombreuses ont été la fois où j’aurais pu dire « stop », ou j’ai été découragé, parfois par les gens les plus près de moi. Qu’importe le déficit de quelques milliers de dollars, qu’importe les gens que je croyais près et qui ne m’auront pas encouragé. Ça n’a pas d’importance. Ce qui est essentiel, c’est de l’avoir fait jusqu’au bout, de l’avoir écrit, de l’avoir pleuré, de l’avoir insulté; ce livre, cet objet qui me tenait tant à cœur. Enfanté entraîne toujours un arrière coup, un post-partum.

Je viens de dormir quinze heures de suite. Recharger les batteries après cinq jours sans sommeil, après la mort d’un oncle, après l’absence de mes parents, après l’obligation de faire le deuil de la vie d’avant.

 

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Je suis perdu comme un gamin qui s’est égaré dans un centre commercial. Je cherche mes repères, je cherche qui compte dans ma vie versus qui n’a plus l’importance que je croyais, je me demande quoi faire pour la suite. J’ai l’intime conviction que c’est terminé, la littérature, l’écriture, le désir de raconter. Quand je refais le fil de l’histoire et que j’en arrive au moment présent, je me dis que c’est complètement insensé, que ce n’est pas une vie. Alors, je ne sais plus. Il y a tellement longtemps que mon existence a été vierge de tout projet d’écriture. C’est difficile de savoir vers où aller, vers où me poser.

 

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Voilà pourquoi je ne voulais pas écrire de feedback ici. Je le savais que j’allais tout tourner en pathos. Alors, ça suffit. Je suis fier. Fier d’avoir mené à terme cette aventure débile. J’ai cru à ma vision de départ, je l’ai développé comme je l’entendais et jusqu’au bout. Ceux qui ont lu mon roman y vont de commentaires positifs. Les critiques sont bonnes. Je suis vendu dans les Renaud-Bray et dans certaines librairies indépendantes. Mon livre devrait être en vente sur iTunes d’ici mardi. Il faut que je cesse de chigner (pour aucune raison outre que celle d’un deuil qui n’en finit plus de finir).

Le fait est que je retire deux leçons de cette histoire. D’abord, que l’amitié n’est pas gage de compréhension et d’appui. On ne pourra jamais forcer nos proches à nous lire. Il ne faut pas rester amer. Mais la deuxième leçon est la plus intéressante; je suis un combattant. Je sais que peu importe ce que je déclare ici, je continuerai, et ce, tant qu’il me restera un exemplaire à vendre. À ceux qui me demandaient comment je faisais dans notre monde d’aujourd’hui pour vendre et rejoindre autant de gens, j’avais cette réponse sèche: « Il faut être une pute.» Carrément. Et je ne le dis pas de manière négative, mais le hasard de la vie fait en sorte que ces derniers temps, des articles sortent dans le Devoir et sur La Presse, et je m’y retrouve dans ma constatation. D’abord, cet article du Devoir: L’écrivain doit-il être public? Puis, l’entrevue de Mathieu Arsenault Écrire dans un monde qui ne lit plus. Il faut croire que le sujet est d’actualité, mais je me demande ce qu’on peut y faire, en fait, s’il y a quelque chose à faire.

Quoi qu’il en soit, je continuerai de me battre, car je suis fait ainsi. Chaque commentaire qui me vient aux oreilles à propos de mon dernier roman est un commentaire de plus, une fleur qu’on me fait, car je comprends qu’un humain, dans ce monde fou qu’est le nôtre aujourd’hui, a pris le temps de se poser, de lire les mots que j’ai placés volontairement l’un à la suite de l’autre dans un bouquin. Je crois que c’est un peu lié au processus du « devenir adulte », soit celui de se rendre compte que notre pierre à l’édifice contemporain ne changera pas grand-chose, mais au moins, il aura su toucher quelques personnes triées sur le volet, des personnes qui ont l’intelligence de vouloir en savoir plus sur eux-mêmes en lisant l’autofiction d’un autre.

Tout ça m’a amené à un autre constat: je veux lire. Lire les écrivains québécois. En apprendre sur notre société d’aujourd’hui, en sortant des sentiers battus, en m’éloignant du mainstream, parce que ce n’est pas là qu’on trouve le reflet de notre modernité.

Pour la suite, c’est bien triste, mais ce n’est pas demain que je me remettrai au roman adulte. Déjà, de fermer le cycle autofictionnel est une grande étape en soi. Je retournerai au roman adulte si j’ai quelque chose à dire, mais je pense que d’autres projets m’attendent. Je ne m’avancerai pas à ce sujet, de toute façon, ça ne concerne pas vraiment les lecteurs de ce site. Mais j’en parlerai peut-être prochainement. En quelques jours, l’orientation de notre vie professionnelle peut prendre une tournure que l’on n’attendait pas. Ce qui m’anime, c’est que je pourrais peut-être travailler avec des gens en qui j’ai confiance. Des gens qui ont toujours cru en moi depuis près de 10 ans. Je ne peux pas abandonner l’écriture du jour au lendemain, je sais que ce serait idiot.

Il faut donc arrêter de s’en faire pour ceux qui ne nous ont pas encouragés dans une aventure douloureuse. Ils ne comprennent pas l’engagement. Il vaut mieux alors se tourner vers autre chose, quelque chose qui ne concernera pas ces gens-là. Après tout, il faut continuer à être utile dans d’autres domaines. J’ai envie de rester quelqu’un de positif, de ne pas m’apitoyer sur mon sort.

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On reste donc dans l’optimiste. Et on ne lâche pas la bataille. J’en profite même pour demander votre aide, chers lecteurs. Si chacun d’entre vous communiquait avec leur bibliothèque pour suggérer mon roman dans leur collection, ce serait un geste généreux et gratuit. N’hésitez donc pas à demander mon livre à votre bibliothécaire. Et, évidemment, mon livre est toujours en vente sur ce site, si vous voulez m’encourager. Après tout, ce sont toujours les lecteurs qui font la réussite de l’écrivain. À vous de jouer.

*** Les photos utilisées sont une gracieuseté de Pierre Cavale, photographe***
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05 avr 2014

Critique de L’Ivre de Lire

Livre de lire - Critique Peut-être jamais Maxime Collins

Critique du roman « Peut-être jamais » sur le blogue de L’Ivre de Lire.

Extrait:

« C’est un roman qui m’a fait du bien, car, même s’il est parfois particulièrement dur, il m’a aussi
parlé d’amour : d’un amour fou et incroyable, un amour qui peut certes être destructeur, mais qui,
aussi, nous aide à dépasser les moments difficiles pour, toujours, aller de l’avant et se réinventer. »

J’aime

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03 avr 2014

Making of [Final]

Je ne continuerai pas ma suite de making of, puisque le roman est déjà sorti. Je préfère vous laisser la chance de tout découvrir par vous-mêmes.

En final à ces publications, voici un montage-photos maison (indulgence pour le montage merci!).

C’est maintenant à vous de juger par vous-mêmes de l’oeuvre offerte.

 

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03 avr 2014

Lu et approuvé!

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La librairie Carcajou a lu et approuvé le roman « Peut-être jamais ».

Le roman a également fait son apparition dans toutes les librairies Renaud-Bray.

Vous pouvez acheter le roman directement de moi (pour une dédicace) en format papier ou numérique, je vous invite à visiter mon site www.maximecollins.com. Je vous encourage toujours plus à acheter le roman directement de moi (le prix est sensiblement le même + les frais postaux).

Merci de m’encourager dans cette aventure!

Oui, je reviendrai sur mes impressions de lancement très bientôt, avec texte et photos!

J’ai besoin de me reposer, en fait.

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27 mar 2014

CHAPITRE 4 : 2006 [MAKING OF]

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L’ÉQUIPE TECHNIQUE

Quand on pense au travail d’une bande-annonce, il faut également songer au travail derrière la caméra. Plus d’une personne ont participé au déroulement du tournage, et elles étaient tous essentielles au processus. Que ce soit au niveau de la caméra, du maquillage, du chronomètre ou même pour les photos du making of que j’affiche présentement, je me dois de remercier toute cette fabuleuse équipe.

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Philippe Franche, DOP             Mathieu Blanchard, Réalisateur               Margaux Davoine, Scripte

0319-jade_nicolas1-MO-LRJade Tousignant, Maquilleuse, en compagnie de Nicolas Gendron

0313-Jade_lili-MO-LRJade Tousignant en compagnie de Lili Gagnon

0310-mathieu_cam-ascenceur2-MO-LRNicolas Gendron regarde une scène précédemment tournée en compagnie du réalisateur Mathieu Blanchard et du caméraman Philippe Franche.

0075-philippe1-MO-LRPhilippe Franche, DOP 

Évidemment, je tiens à remercier chaleureusement le Photographe de plateau, Pierre Cavale, qui n’a bien sûr pas de photo de lui sur les lieux du tournage, puisqu’il était responsable de les prendre. Je lui emprunte donc une photo de lui-même sur son site, www.pierrecavale.com, et j’ai choisi cette photo avec une guitare, car Pierre présentait dernièrement un court-métrage où il a également composer la chanson-titre que vous pouvez écouter et acheter ici!

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Pierre Cavale, Photographe de plateau


 

CHAPITRE 4: 2006

 

 

J’ai choisi la pièce Morning Mist de Sébastien Schuller, parce que, pour moi, cette chanson me ramène sans cesse à l’exil, à cette décision volontaire de partir pour refaire sa vie dans un ailleurs inconnu. Que ce soit pour un laps de temps défini ou pour la vie, il y a dans ce geste un courage et une détermination que je ne peux qu’admirer. Et, il y a la fuite, car elle est inévitable, et souvent, j’ai un peu l’impression qu’on ne sait pas toujours ce qu’on fuit. Mon personnage de Gabriel est un peu dans cette situation, mais cette « fuite » l’aide à en apprendre plus sur sa vie et ses désirs. Cette fuite devient le déclic dans la création de son avenir. Il faut parfois que les gens nous manquent avant de comprendre leur réelle place dans notre vie. La distance créée par le voyage permet ce genre de constatation, une constatation bien plus efficace qu’une rupture, par exemple, qui, elle, n’offre plus de retour vers l’arrière ou de nouvelle chance.

 

This time if it’s hard to describe
How in your strange dreams you soar
You hear this call
On your own
When you stroll away
The wind’s blowing (it’s blowing)
Drives you home
When you stroll away
When you’ve lost trust and faith
What was strong on your mind
The wind’s coming to take you
And it drives you at night
Morning Mist – Sébastien Schuller


 

« Il était soudain tout ce que j’avais toujours souhaité; petit (il ne prenait pas trop d’espace dans le lit), imberbe (sa douceur de bébé me faisait déposer mes lèvres partout sur sa peau) et son sexe, idéal, un contraste démesuré par rapport à la taille de son corps. On aurait dit une déformation, une maladie, un cancer qui aurait poussé pour rejoindre le sol. Quand il se levait pour s’habiller, je le fixais en retenant mon souffle. Puis, c’était plus fort que moi, je devais lui susurrer: «Décalotte-la!» Parfois, il obéissait, mais souvent, il se fâchait. Il me répétait qu’il était celui qui donne les ordres, que je pouvais bien quémander, mais qu’il avait toujours le dernier mot. Tout ce qu’il me disait s’ajoutait à mon excitation déjà prenante. Je buvais ses paroles comme des règles d’autorité que je ne devais jamais enfreindre. Il était roi et maître, mon plaisir devait passer par le sien, car c’était bien là la définition de mon rôle, un rôle qui me faisait ouvrir la bouche et les jambes. Impossible de me refuser à lui. Le désir de le voir nu, la pulsion de le toucher «là», de remonter les doigts vers son gland pour jouer avec l’urètre et tenter de recueillir une goutte de liquide transparent; une victoire bien méritée que je portais directement à mes lèvres, comme s’il s’agissait d’un miel rare. Devant mes gestes, Luc continuait à me fixer d’un regard sévère qui me bouleversait. Parfois, il lançait un sourire satisfait et, s’il ouvrait la bouche pour me dire que je faisais du «bon travail», j’en perdais tous mes moyens.» p. 91 

 

*** Les photos utilisées pour illustrer les articles des making of sont une gracieuseté de Pierre Cavale, photographe de plateau, de Philippe Franche, DOP et de Mathieu Blanchard, réalisateur. ***

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25 mar 2014

CHAPITRE 3 : 2005 [MAKING OF]

regardsJean-Philippe Richard (Luc)                                                                 Nicolas Gendron (Gabriel)

« Une fois sa besogne terminée, il a placé sa main sur mon visage, celle-là même qui venait de tenir son sexe, puis ses lèvres sont venues retrouver les miennes. Il embrassait bien. J’étais étonné. Tous les hommes que j’avais embrassés auparavant ne trouvaient jamais le rythme adéquat pour échanger un baiser. Trop rapide, trop lent, trop gluant, trop sec. La comparaison avec Sébastien était flagrante: pas de dents qui se cognent, pas de langue qui veut violer ma gorge. Quelque chose de simple, d’une douceur humide et érotique, bien dosé, près de la perfection. Une érection déformait mon jeans et je ne voulais plus m’arrêter. S’il n’y avait pas eu de neige au sol, je crois que nous serions tombés sur le gazon pour nous dénuder entièrement. Mais Luc a cessé l’action d’un geste sec.» p. 67


I know when all’s said we’re the same
If I could I would leave it all be
No chance to move backwards and see
Take it all in stride
Speak don’t confide
We barely had a case
It’s done before we try
Stop and end by night
A desert in your face

 

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LES FIGURANTS

S’il y a quelque chose d’essentiel à toute fête, ce sont bien ceux qui y participent. C’est déjà complexe de réunir des gens lors d’une même soirée, alors un dimanche après-midi pour une simulation de jour de l’An, c’était un exploit. Pas toujours facile de gérer un plateau d’une quinzaine de personnes, mais beaucoup de fous rires et une bonne ambiance. Dans les faits cocasses, j’ai revu une amie de la garderie que je n’avais pas vu depuis 20 ans. J’ai également rencontré un mec avec qui je devais parler depuis au moins deux ans sur le web. Ça ajoutait au plaisir du tournage. En prime, une scène de champagne complètement folle qui éclabousse les murs et les gens: une seule prise, celle que vous voyez dans la bande-annonce. Nous n’avons pas osé recommencer, car il y avait vraiment du champagne jusqu’au plafond! Encore un gros merci à Élisabeth et Simon de nous avoir prêté les lieux de leur appartement!

Capture d'écran 2014-03-24 18.57.02Beau jet, n’est-ce pas? J’aime surtout Maryline en mode totale protection!

Merci encore à  :

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*** Les photos utilisées pour illustrer les articles des making of sont une gracieuseté de Pierre Cavale, photographe de plateau et de Mathieu Blanchard, réalisateur. ***
 
 

 

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24 mar 2014

CHAPITRE 2 : 2004 [MAKING OF]

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« La musique vient de prendre toute la place. Elle s’infiltre en nous comme une décharge électrique qui veut retrouver la terre. Un écran affiche l’heure sur la scène principale. Décompte final dans cinquante minutes. À vue d’œil, nous sommes peut-être deux ou trois cents personnes.
J’élargis le cercle pour inclure tout le monde, même Thomas, qui se dandine sur ses souliers et refuse la main de Charlotte qui veut le faire danser. Nous plaçons les sacs des filles au milieu de notre cocon. Nous venons de trouver notre «spot», le lieu où nous nous rejoindrons toute la soirée, même quand nous ne comprendrons plus rien de ce qui se passe. Les sons crachés par les énormes haut-parleurs deviennent stridents, comme une sirène d’ambulance qui repasse sans cesse sur le même coin de rue. C’est l’heure de consommer, d’en rajouter sur ce qui a déjà été avalé.» p. 46


 

It must have turned fast, ‘cause I did not see it come
I must have gone far, used to move so fast
Sing me again, make me sure you’re there
But I don’t have the easy touch, no I’m not strong at all
I turned to the worried kink when I had something, something

 

J’ai choisi la pièce Under a Silent Sea de Loney Dear, d’abord parce que c’est une chanson qui réussit à réunir des éléments de folk et de trance d’une façon plutôt intéressante. C’est surtout un rappel de l’univers des raves, cet univers si magique dont ne peut se souvenir qu’une toute petite tranche de la population. Rien à voir avec les after-hours d’aujourd’hui. Pourtant, dans toute euphorie, la vitesse des événements peut parfois engendrer des conséquences irréversibles. J’aime ce chapitre, car il fait écho au précédent en ramenant une scène dans un bain. Quand j’y repense, je devrais peut-être analyser ce retour constant du bain dans mon roman. Il s’y passe des choses bien décisives.

 

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S’il y a un travail pour lequel j’aurais perdu mon emploi sur-le-champ en plein plateau, c’est bien celui de « claquiste ». On avait beau me répéter la manière simple de le dire, mon cerveau ne voulait pas enregistrer la règle. On me l’aurait chanté en comptine que j’aurais réussi à me fourvoyer en mélangeant les scènes et les prises. J’ai l’air à mon affaire sur le cliché, non? En fait, je suis sûrement en train de demander pour une ixème fois ce qu’il faut dire en premier!

 

*** Les photos utilisées pour illustrer les articles des making of sont une gracieuseté de Pierre Cavale, photographe de plateau et de Mathieu Blanchard, réalisateur. ***
 
 
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22 mar 2014

GENÈSE + CHAPITRE 1 : 2003 [MAKING OF]

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GENÈSE

J’ai commencé à écrire l’ébauche de Peut-être jamais en septembre 2009. J’aimerais bien pouvoir dire que les souvenirs sont flous, mais ce serait me commettre dès le départ. Je me rappelle de tout. Impossible d’oublier cette recherche destinée à trouver un peu de réconfort (de recul) dans ma vie personnelle qui volait en éclats. Je savais que si j’écrivais le quotidien comme à l’époque de mon blogue, j’allais tout envoyer valser d’ici quelques mois, voire une année, tout au plus. Il me fallait un repère, un appui, quelque chose d’un peu plus heureux que cette réalité que je voulais fuir de toutes mes forces.

Du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours été fasciné par les jeux de pouvoir. Des jeux anodins qui deviennent sérieux, qui demandent des investissements et qui provoquent des émotions qui dépassent les sentiments de plaisir ou de colère.

Des expériences qui marquent pour la vie.

J’ai voulu imaginer une histoire remplie de tendresse, de partage et de compréhension. Pour créer une fiction paisible vers laquelle me retourner en pensant au passé. Garder une trace inutile, un testament qui n’allait rien m’apprendre sur moi-même. Je savais pourtant que le plus beau des sourires cache souvent une immense dévastation.

OK. Il fallait cesser la bullshit. Gratter des coins obscurs. Visiter des lieux morbides. Vomir d’un coup sec.

Peut-être jamais a pris son erre d’aller à cet instant.

Il ne restait qu’une seule préoccupation encore lointaine à ce moment-là: « Il faudra assumer en temps et lieu. »

Ouin, ben, on est rendu là.

*** Les photos utilisées pour illustrer les articles des making of sont une gracieuseté de Pierre Cavale, photographe de plateau et de Mathieu Blanchard, réalisateur. ***
 

À propos du concept de bande-annonce pour un roman: 

Réaliser une bande-annonce pour un roman peut paraître étrange, voire risqué, mais mes écrits étant très cinématographiques, j’ai imaginé cette bande-annonce de nombreux mois avant sa création (même la musique qui l’accompagne d’ailleurs, ce fut tout un parcours pour obtenir les droits, mais c’est un bel accomplissement). Pour moi, il était essentiel qu’il y en ait une vidéo promo, comme il y en avait une pour mon roman précédent. Je considère que c’est une carte de visite propre à un auteur, et si on peut y arriver, pourquoi s’en passer? Certains diront que ça gâche le plaisir de la lecture, car on imagine alors les acteurs en lisant le roman. Je n’y crois pas tout à fait, et même si c’était le cas, ça ne me choque pas outre-mesure. Nous avons fait le pari de brouiller plusieurs pistes pour éviter de trop en dire, tant au niveau des personnages qu’à propos des scènes. Je crois que le montage en accéléré est également un bon allié. Au final, j’ai voulu offrir une ambiance, une façon d’avertir le lecteur que l’univers qu’il s’apprête à visiter contient quelques éléments qui pourraient peut-être en déranger certains.
Je considère également la bande-annonce en elle-même comme un exercice de style, même comme une lecture du roman (et il y a autant de lectures possibles qu’il y a de lecteurs). Voilà pourquoi j’ai été très heureux de recevoir l’aide de Mathieu Blanchard, de tous les acteurs et de toute l’équipe technique sur le plateau. Ce fut deux jours de tournage qui se sont déroulés en vitesse, où j’ai appris à connaître des gens, à prendre le pouls d’une équipe soudée, à analyser divers enjeux, à donner parfois mon avis. J’en retire donc une expérience très positive, car, contrairement à la bande-annonce réalisée pour Comme si de rien n’était, ici, j’avais les deux pieds dans l’action, et je dois avouer que le sentiment de grande famille est quelque chose d’appréciable, surtout quand on s’arrête un instant pour se souvenir que tout ce travail est dans un seul but, soit de réaliser une sorte de publicité ou de carte de visite pour un roman que l’on a soi-même écrit. C’est donc avec fébrilité, nervosité et émotion que j’ai vécu ce tournage original.
 

CHAPITRE 1 : 2003

autoNicolas Gendron (Gabriel)    Antoine Portelance (Sébastien)       Lili Gagnon (Sarah) 

 

 

 


 
 

J’ai choisi la pièce Almost Forgot Myslef du groupe Doves, car ce premier chapitre expose le sentiment d’invincibilité qui découle de la liaison des trois personnages. Ils finiront même par en oublier leur individualité au profit de leur expérience.

 

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« Tout de suite, Sébastien prend la main de Sarah. Je les laisse faire, j’aime qu’ils agissent ainsi en public. C’est comme si j’étais témoin de l’amour que j’ai pour eux. [...] Sur la banquette de cuir démodé, je les laisse s’asseoir devant moi. Petit rituel qui me permet de ne rien rater du spectacle. [...] C’est comme si je regardais une vie se dérouler devant moi, une vie où je me retrouve dans l’ombre d’un couple « normal ». » p. 18-19

 

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Voir la scène du bain se dérouler devant mes yeux m’a replongé dans un état similaire à celui que je vivais en période d’écriture. L’incongruité de la situation en contraste avec le confort évident des protagonistes représentait pour moi une expérience esthétique considérable. De la revivre, ainsi jouée par des acteurs, m’a permis d’explorer à nouveau cette profonde rupture entre ce qui, pour certains, représente un tabou, et qui, pour d’autres, symbolise le naturel du quotidien.
 

 

Avec Antoine Portelance sur un plateau, impossible de s’ennuyer. Blague sur blague, jeux de mots et autres réflexions grivoises lors des scènes plus intimes, j’ai quand même ressenti que ça cachait une petite timidité concernant le rôle de bisexuel qu’il jouait. Et ça m’a donné une nouvelle perception du travail des acteurs, je salue d’ailleurs leur cran, car il fallait oser et se lancer, jouer la passion et la rendre crédible. Je n’avais pas tout de suite compris l’engagement qui pesait sur les épaules de Nicolas Gendron. Même si je crois que le lecteur peut dissocier l’acteur du personnage du roman, les associations et les traits physiques peuvent se transposer pour certains lecteurs qui viendraient tout juste de visionner la bande-annonce avant leur lecture. Pas que je m’en lave les mains, mais c’est comme si mon bon ami Nicolas partageait soudainement le poids que je traînais seul derrière moi! Après tout, impossible de le cacher : romans, autofictions et parfois même essais utilisent un « Je » que plusieurs considèrent souvent à tort comme le « Je » de l’auteur et non du personnage. J’ai déjà élaboré ma réflexion sur le sujet [DE LA VALEUR LITTÉRAIRE DE L’AUTOFICTION].
Je me cache partout dans mon livre, mais je n’y suis nulle part.

 

trois« Posséder. C’est bien le mot juste. Quand je possède Sarah, j’oublie tout. Elle est à moi, elle m’appartient, et son sexe qui m’avale épouse l’ondulation de mes mouvements. Mais si Sébastien me possède, j’oublie mon identité. Je ne suis plus qu’une chose entre deux mains masculines. J’ai souvent tenté de comprendre pourquoi j’aimais dominer la femme, mais me soumettre à l’homme. On dirait un instinct animal. Et, pendant que mes amis se saoulent ou se droguent dans les fêtes étudiantes, moi, je m’abandonne au plaisir. À chacun ses dépendances.»
p. 19

 

 

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21 mar 2014

LE MAKING OF DE LA BANDE-ANNONCE DE PEUT-ÊTRE JAMAIS (À DÉCOUVRIR DURANT LES ONZE PROCHAINS JOURS!)

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Il ne reste que 11 jours avant le lancement de mon roman Peut-être jamais, et ce genre de « deadline » ramène toujours une espèce d’angoisse chez moi; des souvenirs, de la nostalgie, et un retour vers l’arrière. Au lieu d’écrire des statuts mélos comme j’ai pu le faire dernièrement sur Facebook, je préfère revenir vers quelque chose de plus joyeux. En fait, je viens de recevoir les photos qui ont été prises sur le plateau de tournage de la bande-annonce du roman.

C’était prévisible; de voir des scènes du roman tournées devant moi, ça allait définitivement me mettre à l’envers, ou du moins, me rappeler certains chapitres que j’ai écrits, des scènes parfois très collées à ma propre vie. Je le répète souvent, mais ce roman, c’est un retour de 10 années vers l’arrière, alors je ne pouvais être qu’ému lors du tournage.

Comme certaines prises se présentent en accélérées dans la bande-annonce, c’est aussi une façon d’expliquer les choses, de faire des liens et de partager mon feeling sur tout ce que vous voyez dans la bande-annonce.

À partir d’aujourd’hui, et pour les 11 jours à venir, je vous propose mes impressions sur le tournage de la bande-annonce de Peut-être jamais, mais aussi du contenu exclusif, comme chacune des chansons utilisées pour chaque chapitre, des photos « derrière la caméra » lors du tournage et des extraits du roman. Dès 6h00 du matin chaque jour, apprenez-en davantage sur cette aventure qui aura duré près de 5 ans!

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13 mar 2014

En Europe!

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Ça y est, le roman Peut-être jamais a fait son apparition en Europe!

Les Parisiens peuvent directement aller le chercher sur place, à la Librairie du Québec à Paris, au 30, rue Gay Lussac.

Plus de renseignements: Peut-être jamais à la Librairie du Québec à Paris

Les européens qui désirent acheter le livre peuvent aussi le commander directement de la librairie.

Ceux qui désirent une dédicace de ma part peuvent me contacter ou acheter directement leur copie sur le site de vente du roman, qui se trouve ici: Vente du roman Peut-être jamais de Maxime Collins (dès le 31 mars)

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12 mar 2014

Entrevue disponible en Podcast – émission Le Shower

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Vous pouvez maintenant écouter l’entrevue complète que j’ai donnée chez Hm Seb pour son émission Le Shower.

J’y parle de mon nouveau roman, certes, mais également de bisexualité, d’autofiction, de triolisme, du processus d’acceptation, des couples ouverts, de Grindr pis je finis même ça avec un segment éducatif/moralisateur haha

Ma p’tite voix chancelante va vous ensorceler ;)

C’est par ici en streaming ou en download: Le Shower E71 – Avec Maxime Collins

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01 mar 2014

Bande-annonce du roman « Peut-être jamais »

La voici, la voilà!
La bande-annonce du roman Peut-être jamais

N’hésitez pas à partager!

Je vous invite au lancement (entrée gratuite) au bar la Quincaillerie, le 31 mars 2014 dès 17h30, au 980, rue Rachel Est à Montréal.

Au plaisir de vous y voir!

Pour plus de renseignements, consultez la page d’événement de facebook:
https://www.facebook.com/events/577409275687807/

J’en profite pour remercier encore une fois Mathieu Blanchard, Nicolas Gendron, Jean-Philippe Richard, Lili Gagnon et Antoine Portelance!

Si vous travaillez dans un média (papier, virtuel, radio, télé, etc.) et que vous désirez faire une entrevue ou parler de mon livre, vous pouvez utiliser sans problème les photos du roman et la bande-annonce. Je répondrai avec plaisir à vos questions!

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22 fév 2014

De la valeur littéraire de l’autofiction

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Beau petit hasard de la vie, ce matin, en ouvrant Facebook. Le Pigeon décoiffé s’attarde à la notion d’autofiction en s’intéressant à l’avis de plusieurs écrivains contemporains. L’article (merci pour le titre!) nous présente une opinion plutôt personnelle de la part d’auteurs tels que Guillaume Vigneault, Claudia Larochelle, Samuel Larochelle ou Simon Boulerice. Passons les répétitions sur la création du terme de Doubrovsky, les réponses auraient pu être resserrées par moment (je suis pointu sur le sujet, peut-être parce que mon mémoire de McGill concernait en partie cette idée de Doubrovsky et de l’autofiction), mais je me retrouve totalement dans ces témoignages d’auteurs.

Je suis de ceux qui considèrent que la pratique de « l’autofiction » existait bien avant d’être baptisée. Je reste souvent étonné en lisant les théories de Philippe Lejeune sur l’autobiographie, parce qu’il me semble que le contrat de lecture (pacte autobiographique) ne peut être que biaisé dès le départ, même si on décide  d’y adhérer en toute bonne foi. On a beau vouloir croire dur comme fer que l’auteur raconte un récit basé sur une réalité et une vérité absolues, il faut fermer les yeux et être habile pour se convaincre que l’organisation d’un récit n’affecte en rien les événements et les perceptions racontées. Même un auteur qui voudrait jouer le jeu le plus honnêtement possible devrait comprendre que sa propre autobiographie est une reconstruction d’un passé; une mise en scène nostalgique, des impressions qui prennent une importance plus grande que d’autres détails; un classement du temps, des rencontres, de la vie vécue et perçue.

Prenez deux personnes, faites-leur vivre une aventure folle ou banale, et demandez-leur d’écrire leurs impressions de la journée. Vous me suivez… vous vous retrouverez avec deux textes complètement différents. Et pourtant ces deux êtres sont restés ensemble toute une journée et ont vécu la même chose [mais non, pas tout à fait].

Et pour moi, c’est là que la beauté de la chose réside. C’est ce qui fait que la création et la transmission d’histoires (orales ou écrites) ne s’arrêteront jamais. On aura beau raconter des événements équivalents; le style de l’auteur et le choix de l’axe de l’organisation du temps du récit ne nous fera jamais lire ou entendre deux versions identiques. C’est exactement la même chose qui se produit entre les souvenirs mémorisés et l’acte de les raconter.

Inutile, dès lors, de me convaincre que l’autobiographie existe, que le contrat soit accepté ou non, pour moi, il est évident que l’on devrait accepter un contrat beaucoup plus précis; celui de l’autofiction.

On parle souvent de l’autofiction comme d’un genre passé mode, mais on ne comprend pas que l’autofiction a toujours existé, que ce soit à l’écrit ou à l’oral d’ailleurs. Avec le temps, les jeux sont devenus plus intéressants, et c’est peut-être ces jeux qui sont moins fréquents de nos jours (out?), mais je crois plutôt qu’ils sont simplement moins revendiqués (on est loin des folles années 2000). Le simple fait d’inscrire « roman » sur la couverture d’un livre lui donne une âme de fiction, mais impossible d’en savoir plus. Un auteur pourrait bien se cacher derrière cette appellation passe-partout. Il n’aurait pas à en rougir. À mon avis, on se sert toujours de son vécu pour s’inspirer. Écrivez sur ce que vous connaissez. Vous diminuerez ainsi vos chances de passer pour un con.

J’ai longtemps été d’accord avec cette maxime. Parce que je suis souvent passé pour un idiot en voulant changer de genre, en écrivant des choses illogiques que je ne comprenais qu’à moitié (et Google n’a pas toujours été aussi présent et performant dans ma jeunesse à MOI!). Le hic, c’est qu’à force de se concentrer sur ses propres peurs, on peut vite se perdre dans une exploration extrêmement narcissique. Plonger en soi, partir de notre centre intérieur pour ensuite agrandir le cercle de la vie et toucher à certaines questions universelles. C’est un désir qui est parfois bafoué en chemin. Mais c’est celui qu’on ne devrait jamais oublier.

Qu’importe si l’on s’inspire d’un événement réel ou inventé? J’ai pour mon dire que dès qu’on le couche sur le papier, cette création devient fiction automatiquement. La simple organisation des idées est déjà un premier élément contre la validité de l’autobiographie. Dès le départ, pour raconter un récit logique, plus ou moins chronologique, il faut faire un travail de sacrifices. Que dire en premier? Qu’est-ce qui prime? Comment choisir le « vrai » moment charnière? Et bien vite; tout s’emballe: puis-je prendre ce raccourci pour tronquer ce détail banal dans le cours du temps? Et si je scindais ces deux événements pour accélérer le rythme? Ma perception est-elle représentative d’un sentiment commun et partagé par les autres? Devrais-je demander aux invités présents s’ils ont vécu la même chose? Et ça peut continuer ainsi jusqu’à ce qu’on hausse les épaules, finalement vaincu. Il faudra bien se rendre à l’évidence, choisir une voix d’abord, puis choisir LA voie pour permettre au récit d’avancer, pour lancer le texte pour de bon et absorber le lecteur… un défi bien subjectif rempli de sacrifices. Encore. Et, tout à coup, au diable cette promesse presque religieuse, cette loi non-écrite qui devait faire acte de foi, de vérité absolue.

Écrire, c’est peaufiner le mensonge afin de le travestir en vérité. 

Pourquoi je réfléchis à tout ça, à moins de 40 jours de la publication de mon nouveau roman? C’est surtout parce qu’on m’a toujours associé à l’autofiction (parfois avec un regard de dédain, comme si le genre en était un de série B, mais quand je perçois ce jugement, je souris, simplement subjugué que certains auteurs osent encore prétendre à une fiction complète sans l’ombre d’une influence de leur propre vie. Il y a une espèce de fierté (pourquoi?) à déclarer que tout est inventé de A à Z. On plonge alors du même côté obscur que l’autobiographie assumée naïvement. Je suis un amoureux d’un certain équilibre, je considère qu’un texte est un joli mélange d’expériences personnelles, de réflexions, de sentiments vécus, d’inventions, de reconstruction du temps, de mise en place, de mariage entre personnages, personnes réelles, lieux fictifs, paysages visités, etc.

On fait tous de l’autofiction à divers degré.

D’où la question qui revient sans cesse, une question qui fait grincer des dents dès qu’on l’entend: « Est-ce autobiographique? » Il faudrait répondre oui, sans équivoque, car on part toujours de nos pensées/émotions/sentiments/expériences pour écrire. Il faudrait répondre non, sans équivoque, car le procédé du passage de la pensée à l’écrit, ce qui se transmet du bout des doigts au clavier (du crayon au papier pour les vieux jeux comme moi) se voit complètement chamboulé dans ce traitement « magique » que l’on surnomme adéquatement création littéraire.

Ça me fait penser à ces étudiants qui osaient contredire mes professeurs de littérature à l’université en leur disant, bien fièrement, que ce que leurs enseignants venaient de qualifier d’invraisemblable dans leur texte, eh bien, ils l’avaient VRAIMENT vécu « pour vrai » (oui, il faut appuyer sur ce pléonasme! Le fameuxc’est possible, car je l’ai moi-même vécu dans ma vie intime!) Je suppose que tout apprenti brandit au moins une fois cette réplique facile. Elle est pourtant la représentation même de cet étrange questionnement incessant entre fiction et réalité. Ce n’est pas parce qu’un événement s’est bel et bien déroulé qu’il devient automatiquement vraisemblable lorsqu’il est transposé à l’écrit. Et c’est là, la beauté de la chose. Parfois, il vaut mieux s’éloigner de son nombril, éviter le piège, et constater que, souvent, la réalité dépasse la fiction. Retour à cette recherche de la vérité, à ce jeu de comparaisons. Toujours ce besoin de savoir si c’est vrai, si ça s’est passé vraiment comme ça. Ère de télé-réalité oblige.

Si on me posait cette question à propos de mon prochain roman, je ne saurais quoi répondre. Il y a autant de vérités dans le texte que je veux bien me le faire croire. Il y a autant de mensonges que le nombre de mots écrits un à la suite de l’autre dans ces 235 pages. Mes amis ont été préoccupés par mon roman, à tenter de départager le « vrai du faux », alors qu’ils auraient dû accepter le contrat de la fiction et cesser de chercher des indices de situations vécues. Je ne leur en veux pas, ça fait partie du jeu. Mais j’ai vite remarqué le décalage entre un lecteur qui ne me connaît pas et un ami dans mon cercle plus fermé. J’ai toujours eu l’impression qu’on se lisait d’abord soi-même en ouvrant un livre. Ces histoires qui nous sont racontées sont un peu comme un miroir où l’on constate nos propres échecs, nos curiosités, nos fantasmes, nos désirs lugubres ou nos désespoirs. Vous remarquerez que lorsqu’un livre ne répond pas à nos attentes comme on se l’était imaginé, il nous arrive parfois d’être frustrés en le refermant, jugeant même les choix de l’auteur. J’ai toujours trouvé que c’est lors de ce moment délicat que l’on devrait s’arrêter et se questionner sur les raisons de nos insatisfactions. Il est toujours temps d’en découvrir un peu plus sur nous.

Je crois encore que les romans peuvent nous en apprendre indirectement. Quand un lecteur vient me dire qu’il a lu mon texte avec plaisir, qu’il a suivi le personnage dans ses méandres, qu’il n’était pas d’accord avec ses choix ou même que ses décisions lui ont provoqué une boule au ventre ou, au contraire, une érection, j’en conclus que j’ai atteint une partie de mon but. Cette espèce de transmission d’une vérité implacable, cette ixième remise en question.  On me demandera ensuite si c’est autobiographique ou non, question que je continue de considérer avec amusement. Et si c’était vrai? Le texte aurait-il plus de valeur? Ou serait-il considéré comme un témoignage moins important? Je continue à croire que c’est à chacun de trouver sa propre vérité à travers les écrits des autres. Le lecteur travaille beaucoup plus qu’il en a l’air. Il construit du sens en parallèle avec sa propre vie. Et il a horreur d’être pris pour un con.

Je n’aime pas prendre mes lecteurs pour des cons. Si je devais choisir une vérité qui circule un peu partout dans mon récit, je m’arrêterais sur deux points contradictoires, mais indissociables, soit: les plaisirs et les deuils liés à la dépendance.  Après tout, cette dépendance est saupoudrée ici et là, dans les moindres recoins, parfois dans le noir, parfois dans la lumière et les rires, toujours dans un entre-deux, dans un vacillement imprévisible; un pile ou face hasardeux. Personnage-fantôme. Dans les choses, dans les gestes, dans les substances, dans l’intimité, dans les comportements, dans les décisions irrationnelles et toxiques.

Plaisir qui tourne au deuil. Relations ambiguës, hésitations, petite voix qui tente de rationaliser, ignorée trop rapidement. Dépendances; aux corps, aux comportements, aux actes qui nous laissent un sourire satisfait tout en nous écorchant dans les vagues sans fin de la répétition.

 

 

Réalité ou fiction?

Je vous laisse choisir le contrat!

Moi je m’en balance!

Et cette nouvelle liberté me fait planer.

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20 fév 2014

Couverture de « Peut-être jamais »

La voici, la voilà.

On pourra enfin faire disparaître la couverture de Comme si de rien n’était à droite de ce blogue!

 

Je vous présente donc officiellement la couverture finale de mon prochain roman à paraître le 31 mars!

N’hésitez pas à partager!

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12 fév 2014

Lâcher prise

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Je me connais bien dans ce domaine-là, je pourrais relire mon manuscrit des dizaines de fois encore, et je changerais toujours quelque chose. Mais il vient un moment où il n’est plus adéquat de se lancer dans les modifications de dernière minute. Il faut lâcher prise, choisir une date ultime, et, au contraire d’une femme, décider soi-même du moment de l’accouchement.

Ce moment, c’est ce soir.

Dans quelques minutes, j’enverrai le manuscrit et la couverture finale à l’imprimeur. Impossible de revenir en arrière après ce geste. Je pourrai me dire que j’aurai tout donné, que ces cinq dernières années auront représenté le calvaire et la satisfaction de l’écriture à la fois.

Demain, je changerai de chapeau. Je ne serai plus l’écrivain qui révise et qui transforme un texte. Non. Je deviendrai un promoteur, celui qui enclenche la partie « marketing » d’un livre. Je ne m’en cacherai pas, cette aventure a connu son lot de succès et de déceptions, et les prochains jours ne changeront rien à la règle; entre ce que l’on imagine dans sa tête et ce qui se passe réellement, un pont, une rivière, une marrée séparent les deux idéologies.

Je pourrais penser à la critique qui s’en vient. À ceux qui s’amuseront à détruire ce roman pour le plaisir. Mais je n’en ai rien à foutre. J’ai déjà commencé à m’armer contre ceux qui désireront démolir ce travail difficile. Nous sommes dans une ère où la critique ne veut plus dire grand-chose. Et je devrai rester fort devant les paroles des gens à qui je déplairai. Ça fait partie de la game.

Je ne relirai probablement jamais mon livre en entier. Ce n’est plus à mon tour de le faire. J’aurais trop peur de vouloir changer une virgule. Ce sera bientôt aux autres de juger le texte. De se juger par rapport au récit, parce qu’on se lit toujours à travers les écrits des autres. C’est inévitable. J’ai compilé certaines statistiques avec les commentaires de ceux qui ont parcouru mon texte. Je suis satisfait de ce que j’ai recueilli. Les personnes les plus critiques sont évidemment celles qui me connaissent de près. Ça aussi, c’est inévitable. Certains ont détesté la fin, d’autres ont pleuré. Ce n’est pas à moi de décider du feeeling ressenti chez les lecteurs. Je considère déjà que mon roman ne m’appartient plus, et je crois que c’est la bonne attitude à avoir. Dans moins de deux mois, je pourrai m’effacer, disparaître derrière l’histoire, la laisser prendre toute la place.

Je ne suis plus dans le deuil. Je vis avec l’attitude de celui qui a tout donné, qui a fait de son mieux, avec les outils et l’expérience qu’il possédait. Je peux dire que ce fut une bonne école, une école parfois difficile, certes, mais tout roman basé sur une vie est difficile en soi.

Il me restera la dernière étape; assumer. Assumer ce texte, assez dur par moment, et ne pas en pâlir devant les réactions extérieures. Pour le reste, si je n’ai qu’un souhait, c’est que le livre trouve son public. Ceux qui l’ont lu m’ont mis en confiance, mais je ne peux m’empêcher de rester dans le doute. Je suis une boule de contradiction, mais ce n’est pas encore le temps de se remettre en question. Je vais défendre cette partie de moi, celle qui me quitte comme un enfant qui part du nid douillet de chez ses parents.

Je sais déjà qu’il n’y a plus rien à dire sur le sujet. J’ai fait le tour du jardin. J’ai pris des sentiers et des détours longs et irritants au fil des années, mais j’approche de la grande finale, celle où je serai en paix avec mon passé, où je pourrai dire que j’ai raconté ce que je représentais déjà; soit une dizaine d’années de vie de jeunesse, un parcours pour apprendre à mieux me connaître. Me permettre des mots sur ma propre existence. Et en ajouter d’autres qui n’ont rien à voir avec moi.

Les questions resteront sans réponses. On aura beau me demander le vrai du faux. Je resterai de marbre. Car, ça n’a aucune importance. J’ai livré un témoignage fictif, mais par la même occasion, j’en ai profité pour réaliser ce deuil si complexe sur ma vingtaine déjà évanouie. Le reste ne m’appartient plus. L’histoire est maintenant la vôtre.

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