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24 juin 2015

Change-t-on vraiment?

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Est-ce utopique de penser que l’humain peut changer, faire évoluer sa personnalité pour atteindre une certaine sagesse, grandir intérieurement en même temps que physiquement? Change-t-on vraiment, ou n’est-ce qu’une simple suite logique vers un chemin chaotique qui nous amène inévitablement aux portes de la grande finale?

En cette journée de St-Jean, je redeviens un peu nostalgique, et je tourne la tête vers l’arrière pour observer cette date magique qui a annoncé tant de bouleversement dans ma «plus si jeune vie». Au primaire, c’était l’annonce de la fin des cours. Au secondaire, c’était l’annonce des fêtes sans fin. À l’âge adulte, c’est l’annonce d’un unique congé en pleine semaine. Qu’est-il advenu de notre excitation de jeunesse? Le début de l’été reste encore d’actualité, mais les temps changent… ou changent-ils réellement?

Quand je me tourne vers l’arrière, je garde un portrait plutôt satisfaisant de ces fêtes dans les parcs ou dans les maisons de banlieue vides d’adultes. Même passé 18 ans, j’ai toujours trouvé une signification au 23 et 24 juin. Pour moi, c’était d’abord l’occasion de voir ou de revoir des amis; même les plus renfermés. Il s’agissait de rendez-vous précis, d’abord dans le 450, où tout le monde se dirigeait vers un même endroit, en quête d’une aventure souvent créée par diverses drogues. Aujourd’hui, le sens est différent, mais la réunion des amis m’importe toujours autant. Pourtant, la St-Jean rime souvent avec absence. Et de plus en plus en vieillissant. Je sais qu’il vaut mieux ne pas accorder d’importance aux absents, mais on arrive difficilement à les oublier, surtout quand ils ont marqué les souvenirs passés.

Et pourtant, cette situation survenait aussi dans ma jeunesse. Ce qui me porte à croire que les humains ne changent pas. Et je serai sûrement décousu dans mes explications, mais ce que j’essaie d’exprimer n’a que très peu à voir avec cette fête du 23 et 24 juin. En fait, c’est surtout le constat suivant qui me hante: même quand on revoit les gens qui ont été près de nous, ils ont beau être restés les mêmes, ils semblent avoir changé. Ils ont pourtant la même allure (à quelques degrés physiques près, ils vieillissent comme nous), mais quelque chose semble différent. On a tous fait une expérience semblable: rencontrer quelqu’un qui fut important dans notre vie, et ne pas arriver à le reconnaître comme avant. On se dit alors que cette personne a changé, que la vie l’a fait évoluer ou régresser, mais… je pense que c’est un leurre.

On ne change pas. Notre personnalité reste la même. Nos défauts peuvent même s’accentuer, nos qualités aussi, je l’espère. C’est toujours difficile d’arriver à ce constat, car souvent, on voudrait revoir les gens comme on les a quittés. C’est un peu comme avec les ex. On garde souvent un souvenir trafiqué et ancré en mémoire; cet épisode si nostalgique où tout semblait parfait. Et on a beau vouloir recréer la connexion, elle semble inadéquate ou brisée. Ce n’est pas que nous sommes si différents, c’est surtout que le temps a fait son oeuvre et nous a fait oublier ce qui nous avait charmés chez l’autre. Et, elle est là la vérité qui fait mal. Une fois qu’une histoire s’est terminée, le désir de vouloir la réactiver quelques années plus tard est une utopie beaucoup trop optimiste pour ce que nous offre la réalité.

Je travaille fort pour éviter d’être déçu par les gens. En fait, si c’était possible, je préférerais n’avoir jamais d’attentes. Ce serait beaucoup plus simple d’éviter la déception, surtout quand on a réellement envie de revoir une personne. C’est que le souvenir de celle-ci nous semble encore limpide. Le choc est toujours brutal. Mais j’ai fini par croire que ce ne sont pas nos personnalités qui se transforment; ce sont simplement les nouvelles expériences et les milieux de vie divergents entre deux personnes qui provoquent cet étrange état.

Je n’ai jamais pris mes relations humaines pour acquis. J’ai déjà été abasourdi d’en perdre certaines d’un coup sec, voire violemment. Mais je ne pense pas avoir cru un jour qu’une relation durerait toute la vie. Sauf peut-être dans mon adolescence, où il était de bon augure de se promettre l’éternité. Et je l’ai promis, le cœur sur la main (ou sur autre chose!) Encore aujourd’hui, je n’ai pas oublié ces pactes. Mais ils se sont vite révélés irréalisables, parce que la vie avance, et il est souvent impossible de prédire les aléas et la direction que prendront toutes ces rencontres.

Ce qui me bouleverse, c’est qu’il y a de ces gens qui reviennent comme des printemps, pour venir sucer votre énergie et disparaître pour les 12 prochains mois. En amour comme en amitié, les êtres restent sensiblement les mêmes, toute la vie durant, jusque dans leurs habitudes: il y aura les amis réguliers, les connaissances occasionnelles, et avec les médias sociaux bien installés, il y a maintenant les inconnus qui deviennent vite «pas si inconnus que ça». Mais personne ne change vraiment. C’est notre degré de fréquentation qui nous donne une impression d’évolution. Et il faut parfois être critique devant cette grande mascarade qui se déroule sur Facebook. J’évite de comparer changement et empreinte du temps.

Je me suis d’ailleurs rendu compte que j’avais cessé de courir après ce temps, que l’angoisse s’était évaporée comme par enchantement. Et ça m’a fait peur. Depuis mes premières peines de jeunesse, je n’ai jamais cessé de regarder vers l’arrière pour me rappeler le bonheur d’avoir vécu certains moments, avant que les personnes ne «changent». Mais il s’agit d’un mécanisme de défense facile et paresseux. Pour donner du sens à des événements ou à des situations qui restent souvent sans réponse. Pourquoi une amitié ne s’est-elle pas développée comme prévu? Pourquoi un amoureux est-il maintenant considéré comme un amour du passé? Après ma dernière rupture très douloureuse, je m’étais promis de ne plus jeter ce coup d’œil vers l’arrière, ou du moins, de ne plus tenter de trouver des significations grâce à des explications bidon. Il faut cesser de se convaincre que deux êtres qui prennent des routes différentes le font uniquement parce qu’ils ont changé. La réalité, c’est que les séparations sont rarement dues à la transformation extrême d’une personnalité. Cette dernière a toujours existé, même si elle était parfois enfouie ou cachée. Ce qu’on appelle le changement au fond, c’est la découverte profonde de l’autre et de ses convictions (chose de plus en plus difficile à discerner avec nos modes de vie en 140 caractères, autant dans le virtuel que dans le réel, d’ailleurs).

Il faut l’avouer; c’est tellement difficile de se sentir contenté et totalement satisfait de nos jours. Quand tout nous semble éphémère, la seule chose qu’il nous reste, c’est ce passé que l’on embellit sans même s’en rendre compte, en utilisant des moments marquants que l’on réécrit jour après jour dans notre mémoire. Ce passé fictionnel nous fait-il changer pour autant? Non, on ne change pas vraiment. On accumule. On tente de faire de meilleurs choix. On encaisse les échecs. Mais à l’image des souvenirs altérés, changer demeure quelque chose d’intangible. On surnomme ça la sagesse, l’évolution, la fin de l’adolescence, la maturité… mais ce ne sont que des mots qui nous rassurent, qui posent un sens clair et net sur des pages raturées des centaines de fois. Jusqu’à ce que la beauté du moment soit figée. À notre goût.

Quand je ne vois pas tous les amis que je voulais voir à la St-Jean, je ne leur en veux pas. Même à ceux qui choisissent de rester seuls à la maison, par paresse, par mal-être, pas gêne ou peut-être même par désintérêt. Quand je recroise des ex, je ne leur en veux pas non plus. Même si j’ai été trompé, même si on m’a menti, même s’il y a eu des drames. Parce que cette personne devant moi n’a pas changé, elle désirait simplement partir ailleurs, dans un autre milieu, dans une autre vie où je n’existerais plus. Quand on commence réellement à connaître son partenaire, il nous donne inévitablement l’impression de ne pas être celui qui nous a conquis lors du premier rendez-vous. Ce peut être positif, mais souvent, la peur prend le dessus et c’est le moment des adieux. Dans notre société du paraître, en savoir trop sur l’autre brise le mystère, le rend tout à coup trop direct, plus ardu à tolérer. C’est une raison assez forte pour faire fuir la passion. L’autre aurait trop changé par rapport au début de la relation.

Mais on ne change pas, je le répète. Il ne s’agit que de perceptions qui viennent nous troubler dès que la curiosité de l’autre a été attisée. Après tout, c’est le cercle parfait des attentes jusqu’aux déceptions. Si tout s’était bien passé, si la vie était perfection, nous n’aurions aucun problème à rester dans ce que nous avons connu de meilleur et de plaisant. Mais l’existence nous offre très rarement ce genre d’occasion. On se surprend toutefois à rêver les uns des autres, à se demander ce que la relation aurait pu être si notre partenaire n’avait pas autant changé. On se gave de bullshit nostalgique, sans jamais s’apercevoir de notre erreur, un peu à la manière du boulimique qui se fait vomir jour après jour en ignorant volontairement la douleur dans sa gorge et son œsophage.

Alors, à quoi ça sert de se dire que l’on vieillit, mais que l’on ne change pas? Je pense que ça rassure et ça inquiète en même temps. Ça rassure, car l’espoir de revoir les autres nous aguiche; et on dira que les gens changent, car c’est le physique qui frappe le regard dès le départ. Mais si on s’y attarde un peu, on retrouvera ce qui a fait notre bonheur ou notre malheur chez l’autre personne, et en amour, c’est souvent les deux à la fois. C’est comme s’ennuyer, en deux définitions: on s’ennuie de l’autre, car on se rend compte qu’il a gardé ce côté qui nous avait plu et attiré à l’époque, mais on s’ennuie aussi avec l’autre, car on se rend compte qu’il n’y a pas eu d’évolution ou, comme on aime le dire, de changement. C’est le propre des couples qui se sont séparés et qui reviennent ensemble. On retrouve rapidement les patterns qui nous énervaient jadis.

Les St-Jean sont comme de grands compteurs qui repartent à zéro. Comme un second Jour de l’an. Avant, ça dressait le portrait de ce qui s’annonçait durant l’été et le reste de l’année. Maintenant, j’y crois de moins en moins. On donne du sens à ce qui nous arrange… Depuis quelques années, je m’en amuse, je dois l’avouer. Je fais toujours une soirée portes ouvertes pour la St-Jean, et le slogan est simple: «venez avant, venez après, un petit bonjour ou bonsoir quand ça vous chante!» Parfois, une seule personne se pointe, d’autres fois nous sommes trois. Ce soir, nous étions 4. Pas en même temps. Et pas nécessairement ceux que je croyais voir. Et c’est correct ainsi. C’est même original et amusant. Et chaque année, je me rends compte que j’ai eu du plaisir. Il est toujours différent de la St-Jean précédente, mais il est tout de même là. Ça devrait être assez. Mais à force de répéter une tradition, on finit par comprendre certains comportements. Des comportements qui ne changent pas, que ce soit à 20 ou 30 ans.

J’ai pensé moi-même que j’avais changé, que j’étais devenu un meilleur homme. Mais force est de constater que je me mentais. Délibérément. Je n’ai pas changé. À l’image de celui qui attend une compensation, j’avais des attentes. J’en ai d’ailleurs encore, même si je me trouve ridicule d’en avoir. Il n’y a rien à faire. Peut-être fermer les yeux, se dire qu’il n’y a pas de seconde chance. Se convaincre de l’impossibilité du recommencement. Personne ne change à nos côtés. Personne ne peut nous transcender à 100%. Il faut cesser de regarder vers l’arrière pour de bon, faire une croix sur nos fausses impressions, sur ces fragments que l’on reconstruit sans cesse afin de flatter notre ego.

N’empêche. Comment réagir quand notre propre passé nous retrouve et vient ralentir notre rythme candide qui s’approche toujours un peu plus de la ligne d’arrivée? Il faudrait se forcer à hausser les épaules, ignorer cette tentation de vouloir recréer du sens, puis continuer son chemin, à l’image d’un gamin naïf qui s’enfonce dans la forêt à la tombée de la nuit. Éviter de souffrir parce qu’on s’est inventé des scènes de vie retravaillées. Bannir le travestissement de notre vécu et contrer le travail magnifié du cerveau. Dans un monde parfait, ce phénomène serait connu pour être l’étape ultime; une grande finale où l’on s’autoriserait enfin à vivre une explosion cinématographique de nos souvenirs trafiqués et de notre passé maquillé. Une seule fois. One shot deal. Parce qu’on a réussi à éviter le piège des chimères. S’offrir un orgasme créatif pour panser les plaies des années écoulées. Juste avant notre dernier souffle. Comme dans les films de propagande catho, où l’on revoit les amours, les amitiés et la famille défiler de façon ésotérique. Des sourires et du positif. Puis, le mensonge abrupt. Et, plus rien. Il serait déjà trop tard de toute façon.

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14 juin 2015

Sense8 – N’abandonnez pas!

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La nouvelle série des auteurs de la Matrice (Andy Wachowski, Lana Wachowski) a fait son apparition sur Netflix le 5 juin dernier. Les critiques ne sont pas du même avis que le pubic, et j’ai envie de croire que ces critiques ont seulement regardé les 3-4 premiers épisodes. Il ne faut pas abandonner et je vous suggère fortement d’écouter la série en entier!

Je dois le dire d’avance, je ne suis pas un grand amateur de science-fiction, de truc paranormal ou de films action-horreur-étrange. Mais je dois avouer que j’ai été conquis par cette nouvelle série. Le problème qui semble affliger plusieurs critiques, c’est que l’émission prend du temps à démarrer. Mais il faut être logique; nous avons affaire à 8 personnages dits « principaux », il faut donc mettre la table et donner une chance au spectateur de s’attacher à ces personnages. Les 4 premiers épisodes présentent donc un portrait de la vie de ceux-ci, et une fois qu’on y est, l’action peut commencer un peu plus, et je crois que les scénaristes ont vu juste, parce qu’on s’attache finalement à ces 8 protagonistes et on s’intéresse à leurs parcours, et surtout aux interactions futures qui se produiront entre eux.

Ça parle de quoi? Difficile à dire sans brûler des punchs de la série, mais en gros, ce sont 8 personnages reliés par la pensée (ils peuvent se déplacer mentalement dans l’univers des autres). Je n’ose pas en dire plus, pour vous laisser le plaisir d’apprivoiser. Certains semblent avoir critiqué la nouvelle série de Netflix en se basant sur des extraits qu’ils avaient vu; il faut dire qu’une scène de l’épisode 6 a particulièrement attirée l’intérêt des gens. Il s’agit d’une scène d’orgie entre les personnages. Vous pouvez la visionner ci-dessous, ça ne donne aucun spoiler, c’est simplement agréable à regarder haha (enfin, ça doit dépendre pour qui hehe). Donc, je défends la série contre ceux qui l’accusent d’être trop sexuelle (ont-ils vu des séries comme Games of throne ou True blood?)

Extrait de l’orgie de l’épisode 6 (Sense8):

C’est peut-être parce que je suis gai, mais je me suis fortement attaché aux personnages masculins de cette série (le policier, le petit voleur qui fait un full frontal dans l’épisode 5, l’acteur mexicain, qui me fait malheureusement trop penser à Vivian dans Les Anges de la téléréalité ahah), bref le casting est très intéressant et très éclectique. Couple lesbien, couple homo, fille trans [une vraie!], couple interracial, etc. Je dirais qu’il y en a pour tous les goûts et toutes les cultures.

Le plus gros reproche que je peux faire à la série de Netflix, c’est le générique du début. On voit clairement le copier-coller du générique de House of Cards. Ils ont changé la musique et les images, mais on est dans un plagiat remarquable! Heureusement, Netflix copie Netflix, donc on peut leur pardonner la chose. Voici ce que je veux dire:

Générique de House of Cards:

Générique de Sense8:

Je vous conseille donc vivement la série, même pour les gens (je dirais: surtout pour les gens) qui ne sont pas habitués à la science-fiction ou qui n’aiment pas nécessairement ce type d’histoire!

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06 juin 2015

Retrouvailles du secondaire – La Presse+

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Aujourd’hui, un article sur les retrouvailles du secondaire a été publié dans le cahier Pause sur La Presse+ par la journaliste Isabelle Dubé. J’y ai participé.

Vous pouvez lire l’article complet en suivant ce lien. Par contre, l’article ne présentait pas les photos (il faut être abonné à La Presse+ pour les voir). Voici donc ce que j’avais envoyé à la journaliste. Y’a pas à dire; on vieillit, hein?

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Merci à Vanessa Grutman, Émilie Larocque, Catherine Bérubé et Jean-Sébastien Caron pour l’autorisation de publication des photos.
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02 juin 2015

Muse – Drones (critique)

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Chaque fois, c’est la même histoire. Ma relation d’amour/haine avec Muse me donne toujours l’espoir que le prochain album sera puissant et intense. Chaque fois, c’est pourtant une déception amère (depuis Absolution, donc carrément depuis 10 ans!) Mais je ne peux m’en empêcher, dès l’annonce de nouveau matériel, je dois aller entendre ce que le groupe nous réserve. Alors, qu’en est-il de ce nouvel album aux paroles insipides appelé Drones?

Je dois l’avouer, je crois que le groupe s’est perdu dans ses expérimentations depuis très longtemps. Quand évolution ne rime pas avec qualité, c’est souvent ce qui arrive. Peut-être que Muse devrait prendre une pause beaucoup plus longue pour réussir à retrouver une créativité, ou peut-être que c’est simplement perdu d’avance. J’ai toujours détesté le Muse grand public; les mélodies à la Coldplay ou U2, et c’était encore pire quand le groupe se prenait pour Queen. Et au risque d’en décevoir beaucoup, ce nouvel album lorgne encore du côté de Queen. Le problème principal, c’est que le côté mélodique est souvent absent. On écoute des chansons qui auraient pu être jouées par n’importe quel groupe FM, et c’est parfois très honteux.

Vous commencez à comprendre que je ne garderai pas grand-chose de ce nouvel opus. En effet, c’est bien le cas. J’avais beaucoup d’espoir à entendre les membres du groupe expliquer qu’ils allaient revenir à leurs origines (mais on sait bien que quand les musiciens disent ce genre de truc, ils ne livrent que très rarement la marchandise).

Voici donc mes impressions sur les 10 chansons de l’album (car il y a deux titres qui n’en sont pas vraiment).

Dead inside – Il faut l’avouer, on ne s’attend pas du tout à ça pour un premier titre. Dès le départ, les envolées répétitives et criardes déstabilisent. On se croirait dans une pièce des années 1990, avec un riff peu original et quelques sons électroniques. Après quelques écoutes, on finit par s’habituer, mais on a connu le groupe plus inspiré avec ses premiers titres. On est très loin d’un Sunburn ou New born. La progression de la chanson me fait vraiment penser à ce qui pouvait jouer à la radio dans ma jeunesse. Rien de très original. 6/10

[Drill sergeant]/Psycho – On passe sur les 22 secondes inutiles de Drill sergeant (je hais quand les groupes font ce genre de gimmick). Heureusement, Psycho relève l’intérêt et n’est pas si mauvaise en soi. On atteint même un intérêt qui rappelle le passé vers la fin de la pièce, mais le tout reste encore un peu trop répétitif et à mon avis, ils auraient dû raccourcir légèrement la pièce. 7/10

Mercy – Oh là là… Muse avait-il besoin de remplacer Starlight lors des tournées? Encore plus cheesy que cette dernière, voici exactement ce que je hais le plus de ce groupe. Un son banal, une mélodie merdique, vraiment rien d’intéressant avec ce titre, c’est d’ailleurs ce genre de titre qui me rend honteux d’avoir apprécié Muse dans ses meilleures années. Je n’arrive jamais vraiment à comprendre comment le groupe peut être si bon et si mauvais à la fois. Enfin, soyons honnête, ça fait 10 ans que le groupe ne propose plus grand-chose de vraiment vraiment bon. 1/10

Reapers – Ça commence très bien, pour un titre musclé, ça rappelle la très bonne Bliss, mais tout semble se gâcher rapidement. On dirait que le groupe fait souvent le choix de mélanger trois rythmes différents en pensant que ça fera une bonne chanson. Encore une fois, je pense qu’en cherchant à faire trop diversifié, c’est la cohérence qui en prend un coup. Cette pièce me fait parfois penser aux chansons punk de ma jeunesse, mais je me demande encore où sont la mélodie et la mélancolie que j’aimais tant chez le groupe. Je dois avouer que la pièce est quand même une des meilleures sur l’album, et c’est plutôt triste d’en arriver à ce constat! 7/10

The Handler – Enfin, quelque chose de potable pour Muse. On est presque surpris d’apprécier cette pièce dès la première écoute. C’est vers cette voie qu’aurait dû se diriger le groupe. Ce sera malheureusement la seule vraie réussite de l’album. On se retrouve au temps d’OoS, et on embarque assez facilement dans cette folie. On en aurait pris beaucoup plus dans ce même genre-là. Dommage. Après cette chanson, c’est aussi le début de la grande dégringolade, car la deuxième partie du disque fait mal aux oreilles! 9/10

[JFK]/Defector – Encore une pièce «vide» de 55 secondes avant Defector. Ça commence bien, mais dès que la voix du chanteur se pose, on est de retour dans une vibe à la Queen. Encore une fois, ce qui manque à Muse, c’est le côté mélancolique qui faisait leur renommée. La pièce n’est pas mauvaise, mais on l’a entendu des milliers de fois chez d’autres groupes. On pense tout de suite à la musique de stade, et on sait que cette pièce sera «parfaite» pour les arénas. Ça passe encore à ce stade, mais la suite va devenir très très triste… 7/10

Revolt – On ne peut s’empêcher de rire dès la première écoute. La voix qui se pose sur cette chanson est affreuse et cheesy à souhait. C’est affreux. C’est indigne de ce groupe, et on comprend vite que la bataille est perdue d’avance; Muse ne reviendra jamais à ses premiers amours. Ils en sont incapables, ou ils n’ont pas le désir d’aller plus loin dans leur musique. Une chanson de jeune ado. Peut-être tentent-ils d’attirer de jeunes fans. J’ose espérer que les jeunes ont plus de goût et j’ai de la difficulté à croire que quelqu’un peut aimer ce genre de musique. On sent encore l’influence vocale de Queen, et on en a déjà marre. Vraiment affreux. 1/10

Aftermath – Ça commence pourtant bien. On entend des influences à la Pink Floyd. Il y a même un peu de mélancolie dans les notes. On a tant d’espoir! La première partie de la chanson est donc digérable, même au niveau du chant, mais ça se gâte très vite dès que les arrangements s’amènent. On entend les échos de Blackout, une chanson que j’ai toujours détesté sur Absolution. On se demande: «mais pourquoi???» On dirait que le chanteur veut se la jouer spirituel, puis le ton change vers quelque chose que Coldplay aurait sûrement refusé d’enregistrer. La dernière partie de la chanson ne convainc pas et retourne vers les mauvaises gimmicks du groupe; cheesy et anecdotique. Dommage. 5/10

The Globalist – Il y avait beaucoup d’espoir pour cette chanson. Matt avait même indiqué en entrevue que la pièce était une suite de l’excellente Citizen Erased. On s’est peut-être trop accroché à ces paroles, et les premiers instants de la longue pièce de 10 minutes donnent beaucoup d’espoir. Encore une fois, au lieu de se concentrer sur quelque chose de plus simple, Muse fait du collage de plusieurs rythmes, et les passages sont plus ou moins réussis. Mais je dois avouer que la moitié de la chanson donne une bonne première impression. Elle rappelle l’excellente Hoodoo, sur BH&R. Même le sifflement du début passe très bien. La mélancolie que l’on attendait tant est au rendez-vous (enfin), mais la progression de la chanson laisse un goût amer en bouche. Les éléments étaient pourtant tous réunis pour donner un chef d’oeuvre marquant, malheureusement, on sent le «collage» des bouts de chansons, et on pourrait l’accepter, mais Muse a voulu jouer la carte de l’anticlimax, et quelle erreur à mon avis! La partie plus rythmée de la chanson aurait dû durer beaucoup plus longtemps avant le breakdown qui nous ramène un piano quasiment identique à une pièce que j’ai toujours détesté: United states of Eurasia. mais QUEL DOMMAGE! Il y a ici le pire gâchis de l’album! On a droit à une progression digne de Godspeed you! Black emperor, mais tout est coupé court par un piano merdique et un long 4 minutes plutôt inutile. J’ai toujours aimé quand Muse sortait le piano, mais ici, c’est encore Queen qui prend le contrôle et c’est d’une répétition insipide, tellement insipide qu’elle gâche le morceau. 6/10

Drones – Pas grand-chose à dire ici. Le chanteur applique des couches de voix l’une par-dessus l’autre dans une tentative catho pas très réussi. Ça s’éternise et ça ne mène pas à grand-chose. Voilà donc un album qui se finit de façon tiède, très loin d’une finale choc. On hésite à recommencer l’album, car ça ne convainc pas du tout. Triste. Tellement triste. 2/10

Alors voilà, au final, un album plutôt moyen pour ce groupe dont je n’attends plus grand-chose. Est-ce que je serai de retour pour un éventuel concert? Probablement. Parce que Muse en concert est très différent que sur album, et parce que j’ai encore l’espoir d’entendre certains veilles chansons, surtout vu les dernières setlists du groupe. On verra si ça tient la route selon ce qu’ils décident de jouer quand ils passeront dans mon coin, mais ma naïveté me perdra sûrement et me fera acheter un billet pour les entendre (et chialer parce qu’ils n’ont pas joué ce que je voulais!). Ça fait partie de la game, comme on dit!

Ci-dessous, voici donc le meilleur de ce nouvel album; la pièce The Handler.

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27 mai 2015

Critique: Opium – Jay-Jay Johanson

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Jay-Jay Johanson est productif; après un album plutôt fade en 2013, il revient avec un album très réussi. Critique!

Je dois avouer que j’ai une relation du type amour-haine avec la musique de Jay-Jay Johanson; il peut produire la perfection sur une chanson et devenir sirupeux sur la suivante. Outre les disques Poison et Self-portrait, j’ai toujours jeté la moitié des chansons de Jay-Jay Johanson. La raison? Quand Johanson devient mielleux, je n’adhère pas. Je ne suis pas capable de ces pièces acoustiques ou dénudées. Mais quand Jay-Jay décide d’ajouter des beats à ses chansons, là, je suis tout ouïe.

Je n’attendais rien de ce nouvel album (Opium), mais je dois avouer que je reste agréablement surpris de la qualité du disque. Enfin, Jay-Jay revient à ce qu’il fait de mieux; de la musique rythmée. Tout en gardant sa mélancolie, il accompagne ses pièces de beats vraiment intéressants. On navigue entre le trip-hop, le jazz et le blues. C’est parfait!

Je dois aussi avouer que Jay-Jay Johanson m’a un peu déçu lors de sa dernière tournée. Nous avions beaucoup discuté de ses choix pour la setlist de sa tournée, et même s’il m’avait promis bien des choses (par exemple, jouer la pièce Suffering!), force est de constater qu’il n’a pas livré la marchandise. Grâce à ce nouveau disque, je ne lui tiens pas rancœur.

Il faut dire que son album précédent, Cockroach, ne m’avait pas impressionné. Il y avait certes la très bonne pièce Mr Fredrikson, mais pour le reste, il n’y avait pas grand-chose à garder. Sur son nouvel album Opium, Jay-Jay semble avoir compris ce que son public lui demandait. Outre l’ennuyante Be Yourself, ce disque atteint une qualité que je n’avais pas vu chez cet artiste depuis 2008-2009!

On passe par plusieurs ambiances (même le reggae avec la pièce Alone too long!) sur cet album et on est vite conquis par la qualité des compositions. Ce qui est dommage avec Jay-Jay, c’est que lors de ses tournées, il n’est accompagné que d’un pianiste (alors qu’en Europe il amène son groupe). Je peux comprendre les difficultés et l’argent manquant au niveau de la tournée, mais je crois que l’artiste devrait se forcer un peu plus pour rendre ses concerts plus organiques. Ce disque se prête parfaitement à cet exercice!

Je sais que je ne reverrai pas Jay-Jay en concert de si tôt, mais ce disque me fait faire la paix avec l’artiste. Je me rends compte qu’il est encore capable de beaucoup et c’est un excellent point pour lui. Il n’y a presque rien à jeter sur ce nouvel album, et je vous encourage à écouter ces nouvelles chansons.

Mes coups de cœurs: I love him so, Scarecrow, I don’t know much about loving

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26 mai 2015

Dix ans sans voiture

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Le 25 juillet prochain, ça fera dix années que je n’ai plus de voiture. Mes derniers moments en tant que propriétaire d’auto se sont déroulés à deux heures du matin, à la sortie du pont tunnel, j’avais décidé de conduire relax dans la voie de droite, jusqu’à ce qu’une van de 18 roues décide de se coller vers la droite sans faire son angle mort, donc sur ma voiture directement. J’ai eu la chance d’être près de la cabine; l’auto s’est lancée dans un 360, j’ai frappé deux, trois voitures à 100 km/h. Je resterai toujours marqué par le bruit plus rapide que la vitesse du choc. Entendre l’annonce de sa mort probable avant de sentir la voiture se soulever du bitume et déraper sans contrôle. Je me souviens avoir regardé dans le rétroviseur, avant que celui-ci ne se décroche pour me revoler en plein visage. Ma radio flambant neuve expulsée, le cul de mon char en accordéon, et moi, ne comprenant toujours pas comment je pouvais encore être conscient. C’est que j’ai été «miraculé», m’en sortant avec un bleu sur le front et un autre sur le genou. Ma petite voiture sport; une perte totale. Non, je n’étais pas saoul. Non, ce n’était pas mon erreur. Mais on ne peut jamais prévoir ce genre de choses-là. J’ai pris l’argent des assurances, et je suis déménagé en France. Je n’ai plus de voiture depuis.

Chaque fois que j’ai eu à reprendre le volant depuis cet événement, ce n’était jamais pour de très longs trajets. Et je m’en contentais bien. Mais en fin de semaine, pour la première fois depuis de nombreuses années, j’ai emprunté la voiture de maman pour me rendre à Tremblant. J’en ai fait un peu d’angoisse, quelques jours avant. Je me voyais déjà maudire mon chum au ciel en lui disant: «Tu vois, c’est de ta faute si on est mort!» Mais j’avais oublié un point plutôt important; j’aime conduire. Bon Dieu que j’aime conduire.

Les 4-5 heures sur la route m’ont rappelé que la voiture avait une signification particulière dans ma vie. Elle me rappelait surtout la maîtrise de mon existence, le contrôle sur mes relations et sur ma destinée. Je m’explique…

J’ai enfin mis le doigt sur cette impression d’avoir été plus responsable dans le début de ma vingtaine que vers la fin de celle-ci. C’était la responsabilité de la conduite. Avec mes amis plus jeunes, c’était inévitable; j’étais souvent le conducteur désigné. C’est moi qui trimbalais les autres. Et je le faisais avec plaisir, la musique dans le tapis. En fin de semaine, j’ai retrouvé mes vieux disques compacts. Ça faisait dix ans que je ne les avais pas insérés dans une radio de voiture. Ce fut comme si je revoyais ma jeunesse se dérouler en film devant moi. Cette réalité s’est révélée en revenant de Tremblant, sous le soleil chaud, avec le disque de Doves – Lost souls.

C’est là que je me suis rendu compte que la voiture me rendait «homme» dans mes relations. Que ce soit avec ma première petite copine que j’allais chercher au secondaire, que ce soit pour me rendre chez mon premier amour, plein d’espoir et d’images de masturbation mutuelle en tête, que ce soit pour me rendre à Montréal, chez mon premier amant, pour des séances secrètes dans le dos de son chum. Mais ça m’a surtout fait penser à mes deux relations les plus sérieuses; d’abord avec Sarah, qui me laissait toujours le volant, préférant se laisser conduire comme une princesse. Et ça m’arrangeait bien. Parcourir le Québec en entier, de Trois-Rivières à Sept-Îles; des heures de conduite, des heures de musique avec la route qui défile. Cette impression de liberté, de contrôle sur sa vie et ses relations. Voilà ce que la voiture voulait dire pour moi. Les verres fumés, la clope au bec, le stéréo dans le tapis, avec les basses bien vibrantes. Être l’homme de la situation; posséder la vie de l’autre entre ses mains.

Et c’était la même chose avec mon ex-chum. Cette idée d’impressionner l’autre, de le conduire où ses désirs le voulaient, ça me donnait une dose de virilité. Et toutes ces histoires sexuelles; des pipes en conduisant, de la sexualité dans les stationnements, des retours d’aventures diverses.

Alors quand j’ai inséré le disque de Doves dans le lecteur de la voiture ce week-end, les images ont défilé naturellement. Je regardais mon chum en train de somnoler à ma droite, crevé de son Spartan Race, et tout ce que j’avais en tête, c’était toutes ces relations que j’avais conduites. Toute cette route, ces parcours, ces destinations en compagnie des gens aimés. Les visages des filles et des garçons qui ont côtoyé ma vie et mon sexe se sont mis à défiler à vive allure. Nostalgie vers le passé, mais rien de dramatique, plutôt le sourire aux coins des lèvres, à me dire qu’il y en a eu des gens qui m’ont fait confiance, qui ont remis leur vie entre mes mains. J’ai alors repensé aux épisodes moins glorieux; les retours de rave, les muffins au pot qui s’activent tout à coup sur la route, les soirées de frustration après des trips plus ou moins réussis. C’est là que je me suis rendu compte de toute l’importance que la voiture avait eu dans ma jeunesse de 450.

J’habite maintenant à Montréal, je n’ai pas nécessairement besoin d’une voiture, mais je dois avouer que cette escapade m’a donné des envies soudaines de recommencer à conduire. Je sais que ça ne vaut pas la peine d’avoir une voiture, surtout pas en hiver, mais l’été, je mentirais si je disais que je cracherais sur une voiture offerte. Pourtant, je connais ma malchance liée aux autos. Outre ma perte totale, je suis resté coincé de nombreuses fois sur le pont Champlain, j’ai eu de nombreuses crevaisons, plusieurs accrochages et quelques peurs assez foudroyantes. Dans la plupart des cas, je n’y étais pour rien, mais la vie m’a montré que je n’étais pas le plus apte à posséder une voiture. Et là, je ne parle même pas des bris mécaniques et de la fortune que cela m’en coûtait en réparation.

J’ai arrêté de conduire alors que le gaz était vendu 75 cents le litre. Je ne crois pas que je m’achèterai une voiture de si tôt, mais je ne peux me mentir; cette petite balade ce week-end m’a fait retrouver des souvenirs et m’a fait comprendre pourquoi j’aimais tant conduire.

J’ai aussi réalisé que j’étais à un endroit dans ma vie où je me plaisais, où la souffrance n’était plus au menu, où les histoires passées ne me blessaient plus. Ça prend parfois de tout petits détails pour se rendre compte… qu’on est heureux, qu’on touche à ce qui s’apparente au bonheur, et qu’on peut enfin espérer en profiter un peu.

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22 mai 2015

Dans le Fugues cette semaine

fuguescensure

Cette semaine, j’ai accordé une entrevue à Samuel Larochelle pour le magazine Fugues à propos de mes déboires avec la censure de Facebook concernant ma bande-annonce pour mon roman Peut-être jamais.

Quelle surprise (ironie); je me rends compte que je suis loin d’être le seul dans ma situation! Facebook censure beaucoup plus que l’on pense, mais surtout, il semble y avoir une fixation contre les images ou vidéos à caractère homosexuel. Est-ce représentatif de la société d’aujourd’hui? J’ose espéré que non, mais je ne suis pas dupe. Je sais qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire pour éduquer les gens, même ceux qui ont un pouvoir décisionnel.

De mon côté, la relation avec Facebook s’est envenimée. Las de toujours contrôler et supprimer mes publicités, le réseau social a décidé de bannir toute publication de vidéo sur ma page d’auteur. C’est vraiment honteux de leur part. Mais je ne peux pas y faire grand-chose. Je perds des ventes de 200$ par jour environ, car la publicité était vraiment payante au niveau des ventes de roman. C’est très triste, mais comment réussir à se battre contre un géant? J’invite tous ceux qui ne sont pas d’accord avec Facebook à partager la bande-annonce sur leur page et à acheter mon roman, si le coeur vous en dit :)

Je croyais terminer les ventes avec mes derniers exemplaires, mais Archambault m’a demandé de nouvelles copies, nous sommes donc retourné en réimpression pour une sixième fois en un an! J’ai déjà atteint mon but depuis longtemps avec ce livre, je continue parce qu’il y a de la demande, mais je dois avouer que je suis un peu fatigué de ne pas réussir à atteindre les gens en raison de ma bande-annonce banni sur ma page. Mais on ne lâche pas! Après tout, je ne serai pas le premier auteur que l’on aura voulu mettre à l’index!

Tous les renseignements sur mon roman et la bande-annonce se trouve sur www.peut-etre-jamais.com!

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22 mai 2015

Mon ex à moi

exmoi

Il faut absolument que je vous parle de la série québécoise Mon ex à moi, qui met en vedette Sophie Desmarais, Jean-François Nadeau et une panoplie de comédiens! Je dois l’avouer, au départ, j’ai trouvé les pubs dans le métro un peu ringardes, et j’avais tout de suite capté que le graffiti à la station Bonaventure était fake. Mais là, gros mea culpa!

Je m’explique! Quand j’ai commencé à écouter les premiers épisodes de la série, je n’étais pas convaincu. Je n’ai jamais été un grand fan de burlesque et je trouvais que le tout était tiré par les cheveux et surjoué. J’avais l’impression que le personnage d’Amélie en faisait trop pour la caméra. Je pouvais même prédire les événements qui s’en venaient. Mais quelques épisodes ont suffi à m’absorber complètement. Je crois que c’est dû à la relation du personnage avec son premier ex (oui, il y en a plusieurs). Quand j’ai vu les échanges avec Sébastien Huberdeau, dans le rôle d’un pervers sexuel, je me suis tout de suite vu dans mon ancien couple avec mon ex. Même jeux sexuels, même consommation, même plaisir malsain.

Mais mon grand coup de coeur va à Jean-François Nadeau. Quel homme! Il dégage un mystère et une attraction sympathique; on a quasiment envie de lui donner la lune. Selon moi, il a dû rendre bien des femmes heureuses, et briser bien des coeurs! Mais revenons à la série; une fois que l’on accepte le concept «comédie», on accepte tout. Il faut dire qu’en plein milieu de la série, les personnages s’approfondissent et deviennent plus intéressants. Le côté burlesque s’efface un peu plus pour laisser la place à la réalité; la perte de l’amour nous entraîne dans une spirale de souffrance qui nous fait faire les pires niaiseries. Et l’auteur, Émilie Fanning, disait justement que cette série était un peu un guide des choses à ne pas faire pour reconquérir son ex. Il faut dire qu’Amélie use de plusieurs stratégies, plus folles les unes que les autres, mais peu à peu, on comprend son obsession et l’ex n’est pas aussi clair dans son rejet. C’est comme la vraie vie au final! Il y a toujours des messages cachés, des offres qui n’en ont pas l’air, des regrets ou des actions qui pourraient donner l’impression qu’une personne revient sur sa décision de terminer la relation. C’est tellement bien intégré à la réalité que je me suis reconnu à plusieurs moments dans la folie d’Amélie.

Il y a aussi un autre point très important dans la série; la présentation de la sexualité, ou devrais-je dire, des sexualités. Enfin, voilà une série qui nous montre la sexualité des trentenaires sans la magnifier; et je ne sais pas si c’est générationnel, si c’est l’influence de la porno sur le web, mais je vois de plus en plus la sexualité abordée sous le concept des jeux de pouvoir (poussés à leur limite). On ne parle plus de relation «simple» entre un homme et une femme, mais bien de pulsions et de dérives sexuelles qui amènent vers des jeux de rôles, vers la domination et la soumission, vers la fusion et une sorte d’extase qui finit par devenir malsaine. C’est un portrait très juste de la sexualité d’aujourd’hui, et c’est ce qui est le mieux réussi dans la série.

La musique a également une place primordiale dans plusieurs scènes, et je suis content quand j’entends les producteurs dirent qu’ils ont investi beaucoup d’argent à ce niveau. Une peine d’amour passe définitivement par la musique que l’on écoute, et des années plus tard, entendre une chanson qui nous ramène à une époque moins glorieuse est toujours un élément très instructif dans nos vies.

Bref, je suis en amour avec cette série, et je suis d’autant plus heureux qu’une deuxième saison a été annoncée pour l’an prochain! Bravo à Séries+ d’avoir osé quelque chose de nouveau et d’avoir investi pour cette production québécoise.

La série vous intrigue? Sachez que vous pouvez visionner tous les épisodes gratuitement jusqu’au 23 juin prochain, directement sur le site de Séries+. Je vous la conseille fortement, surtout si vous êtes dans la fin vingtaine, début trentaine. Je suis certain que tout le monde peut se reconnaître dans cette histoire. Et non, même si les premiers épisodes sont plus faibles et donnent l’impression de chicklit pour la télé, si vous continuez et regardez 4-5 épisodes, vous verrez vite qu’on se fait rapidement absorber par cette sympathique série. À voir absolument! Et ce Jean-François Nadeau; ouf! Je me répète, mais quel homme!!

Bande-annonce (Mon ex à moi – 16 épisodes d’environ 22 minutes)

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09 mai 2015

Chronique sur Peut-être jamais – Les Pétards – Radio Fierté

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Voici une chronique sur le roman Peut-être jamais faite par Miguel Doucet et Jo Bocan de l’émission Les Pétards au 980 Radio Fierté.

Oui, le son n’est pas top, mais on entend quand même très bien. Pour ceux qui veulent avoir une meilleure idée du sujet du roman, c’est exactement ce que vous devriez écouter! (4 minutes)

Et oui, ce n’est pas « Collin », mais bien « Collins », comme phil 😉

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07 mai 2015

KINK + Patrick Watson

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Deux belles découvertes cette semaine. D’abord, le documentaire KINK produit par James Franco. Je sais, je suis un peu en retard, ça date de 2013, mais je n’avais pas eu la chance de le voir encore. On rentre de plein fouet dans le tournage de films pornos pour adultes très consentants. C’est chaud, très chaud.

Le documentaire n’est clairement pas pour tout le monde, mais il devrait quand même être visionné par tous. Parce qu’il est temps de se rendre compte qu’apprécier une sexualité différente n’est pas un crime à notre époque. Ça ne devrait jamais l’être, d’ailleurs. Non, on ne voit pas James Franco à l’écran, mais oui, on voit des bites et des femmes nues. Pourtant, le contexte n’est pas là pour romantiser la chose, au contraire. On parle d’adultes consentants qui explorent leurs limites, parfois même des limites qu’ils ne connaissent pas encore.

Ce que j’ai aimé? Tout est fait dans le respect, mais surtout, dans la vérité des actes. J’ai beaucoup souri quand ils passent en entrevue une actrice qui se dit ouverte aux crachats sur le visage, et la productrice de répondre: « We love you!»

Il ne faut pas se leurrer, il y a toute sorte de sexualité et ce n’est pas parce qu’on ne la pratique pas qu’elle est mal. Il suffit de faire le parallèle facile entre l’hétérosexualité et l’homosexualité. Je crois que l’acceptation de toutes ces pratiques vient aussi du fait d’accepter sa propre sexualité et de l’explorer selon ses propres limites.

Un documentaire qui porte à réfléchir et que je conseille fortement. Il vous fera peut-être dire que vous n’êtes pas si pervers que ça, après tout!

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Dans un tout autre ordre d’idées, je me dois de vous parler du nouvel album de Patrick Watson qui sortira le 12 mai prochain. Quelle claque! Quel disque!

Je dois me confesser, je n’ai jamais été un grand fan de Patrick Watson, je gardais bien deux ou trois pièces de ses précédents opus, mais sans plus. Avec ce disque, c’est tout le contraire. Il n’y a rien à jeter. Je suis rentré dans l’univers du musicien en quelques écoutes, et je n’en ai toujours pas décroché. C’est un peu un mix du vieux Radiohead avec des éléments électroniques tout en douceur et mélodiques. C’est d’ailleurs la voie que Radiohead devrait suivre (mais je sais que ce ne sera pas le cas lol). Bref, il s’agit ici d’un album maîtrisé, qui se construit dans une gradation émotionnelle que je n’avais pas entendue depuis longtemps. On sent la cohésion et le travail pour faire un vrai album concept. Et ça manque tellement de nos jours!

La deuxième partie de l’album est simplement magique, alliant piano, jazz, voix fantomatiques et envolées lyriques. Je suis particulièrement amoureux des deux dernières pièces du disque Know that you know et Places you will go. C’est beau, c’est touchant, sans être quétaine, c’est clairement le genre de musique que je recherche en ce début d’été. J’espère le voir en concert très bientôt!

Enfin, c’est ce soir que nous saurons la setlist de la nouvelle tournée de Lana Del Rey. Je sais qu’elle n’est pas forte sur les changements de chanson durant ses tournées, donc on devrait être fixé vers 23h00. Je dois avouer que j’ai peur de voir ce qui va en ressortir, mais en même temps, je m’en balance un peu, puisque les places que j’ai achetées ne sont pas très chères, mais j’aimerais quelques bonnes pièces tout de même. À suivre.

En extra; j’avais une chanson dans la tête depuis des mois, sans arriver à me souvenir du titre, du DJ ou même du titre de l’album. C’est chose faite grâce à la magie de Facebook! Ce que j’avais en tête depuis si longtemps, c’était la chanson « Top Cat » de DJ Ramasutra (album: East Infection). Je le réécoute présentement, et il avait vraiment fait du bon travail. Je me demande ce qu’il devient aujourd’hui!

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03 mai 2015

Pas encore tout à fait «ça»

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Il y a de ces moments dans la vie où tout peut basculer d’un côté positif ou négatif. J’ai vécu ce genre de semaine. Une longue semaine qui a commencé dans un down très intense… parce que j’ai fait du binge watching pour me taper les 2 saisons complètes de la série Nouvelle adresse.

J’en avais déjà parlé lors des premiers épisodes de la série; je ne m’y retrouvais pas et je trouvais le sujet trop dramatique pour vraiment embarquer. J’ai redonné une chance, et même si le sujet, qui ne fait que devenir de plus en plus dramatique, m’était connu, j’ai fini par être complètement absorbé. Avec la finale de la deuxième saison, je suis très satisfait et j’ai hâte de voir la suite. Je dois avouer que je m’étais beaucoup plus accroché aux histoires secondaires qu’à l’histoire principale. Beaucoup de vérités et de réalité dans cette série. Je reviens donc sur mes paroles et je la suggère fortement.

Revenir sur mes paroles, je le fais de plus en plus souvent. Je pense que c’est signe de sagesse et du fait de vieillir aussi. Je pense surtout à mon entraînement pour perdre du poids. Je croyais, naïvement peut-être, que le gym 4 fois par semaine allait régler mes problèmes, mais force est de constater que ce n’est pas encore assez. Je croyais que de réduire ma consommation d’alcool allait aider aussi, ce n’est pas assez non plus. Je comprends de plus en plus que pour atteindre ses buts, il faut travailler, puis s’arrêter pour analyser les résultats. La plupart du temps, on se rend compte que même si on travaille fort, ce n’est pas encore tout à fait ça. Ce n’est pas assez. Je me suis donc rendu à l’évidence. Il faudra en faire plus. Encore plus. Je dois avouer que ça me fait un peu peur, mais je n’ai d’autres choix que de repousser les limites des limites que je pensais acceptables. Même mon cousin m’a proposé d’aller courir sur le Mont-Royal avec lui. Je hais la course. Mais je pense que je n’ai plus le choix. Alors, on va travailler là-dessus dans les prochaines semaines.

Je reviens aussi sur mes paroles à propos des amis. Je dois avouer que je pensais que ça y était de mes anciennes relations. J’allais un peu à reculons à cette fête du vendredi soir. Mais j’avais tout faux. Encore une fois, je me suis trompé, car j’ai passé une excellente soirée en compagnie de gens, qui se sont éloignés, certes, mais qui restent encore très importants pour moi. J’espère que ce sera l’adage d’un été prometteur à venir. Je suis toujours plein d’espoir quand la saison estivale s’amène. Ça ne fonctionne pas toujours comme je le veux, mais ma nouvelle maxime est de faire le plus d’efforts possible pour en arriver à être heureux dans tous les domaines de ma vie.

Mon chum ne cesse de me rappeler que seuls le présent et l’avenir comptent. Je travaille encore à oublier le passé. Et je sais que dès que la drogue est en jeu, c’est ce passé qui revient me hanter ou m’exciter si facilement. La coupure est bien là, mais on a tous des moments de faiblesse. Il faut que je me dise que ces moments ne sont que passages, presque créés par ma faute.

La semaine passée, quelques jours après ma dernière entrée sur ce blogue, Facebook a une nouvelle fois banni ma publicité pour mon roman. Cette fois-ci, je ne peux même plus afficher la bande-annonce sur ma propre page personnelle. C’est ridicule, mais bon, c’était aussi le temps de prendre une décision logique par rapport à mon roman. Il a déjà plus d’une année sur le marché, je crois qu’il est temps de passer à autre chose. Il me reste une dizaine de copies. Je n’ai pas de doute, je les écoulerai facilement. Mais ce sera ensuite terminé. J’aurais bien voulu atteindre le chiffre magique de 1 000 exemplaires vendus. Mais je me contenterai de 850 copies, et avec le sourire.

Le temps passe, les projets du passé doivent s’effacer aussi pour laisser la place à d’autres objectifs.

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21 avr 2015

Nouvelles en vrac

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Bonjour à tous! J’espère que vous allez aussi bien que moi! Je dois dire que je suis très heureux ces temps-ci, et c’est en partie grâce à Facebook, parce que pour le moment, ma bande-annonce n’est pas censurée sur le réseau. Je croise les doigts pour que ça dure!

J’essaie d’être optimiste, même si je sais que c’est probablement une question de temps avant que Facebook revienne sur sa décision. Donc, j’en profite le temps que ça passe! Et je dois avouer que je suis plus que satisfait de la réponse des gens. Beaucoup, beaucoup de livres sont vendus à partir de mon site www.peut-etre-jamais.com et sur Amazon aussi. Ça me fait chaud au cœur de voir que même après une année entière, le roman Peut-être jamais continue à avoir du succès! Je reçois énormément de commentaires positifs sur la lecture du livre et c’est toujours un plaisir de lire vos appréciations. Je me sens choyé. Je suis également étonné de la tranche d’âge touchée par le texte, ça varie vraiment entre 18 et 70 ans, et c’est un excellent indice pour moi! Tout ça me met dans un questionnement un peu délicat, vaut-il mieux disparaître pendant que le buzz est là ou continuer jusqu’à ce qu’il s’atténue? En d’autres mots, est-ce que je dois continuer la promotion et recommander des copies, c’est un peu ce que je me demande présentement. Le marché français est très actif par rapport à mon livre, et si vous saviez tous les coins où je l’envoie… j’apprends quasiment un peu plus ma géographie de la carte de la France chaque jour!

Dans les autres nouvelles, je dois avouer que je vais très bien. Je travaille de plus en plus sur mon corps, je me façonne une santé, je m’éloigne de mes vices, et tout va très très bien. Les réparations dans mon appartement sont terminées, je vis des soirées très intéressantes avec les amis, tout va bien dans mon couple, et j’ai complètement mis de côté mes histoires du passé. Mon psy m’a envoyé des fleurs et est fier de moi. C’est flatteur.

Mais vous me connaissez, je me méfie toujours de ces moments d’allégresse; on ne sait jamais quand la montagne redescend. Alors, pour le moment, je profite et je vis. C’est tout ce qui importe! Merci encore à tous pour vos bons mots sur mes écrits. Je sais que je suis choyé.

N’oubliez pas, vous pouvez aimer la page Facebook de Peut-être jamais!

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14 avr 2015

La stabilité

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Nous y voilà, donc. Rendu à cette stabilité, précaire, certes, mais n’empêche. Elle est là, à ma portée, et ces derniers jours m’ont fait comprendre qu’il n’en tenait qu’à moi à l’accueillir à bras ouverts.

Pas toujours facile, évidemment. Mais j’en suis à un moment de ma vie où la liste de mes excès et de mes côtés excentriques s’achève. Peu à peu, les lumières d’alarme s’éteignent. Toute ma vie, je devrai me surveiller et être un peu méfiant, surtout lors de ces moments, où justement je pense avoir repris le dessus sur ma vie. Nous sommes tous des êtres complexes, mais certains prennent des chemins plus sinueux que d’autres. Je fais partie de cette catégorie, et bien que j’ai adoré ce que certains excès ont provoqué dans ma vie, il y a une balance, une certaine stabilité à respecter.

Je n’en prends pas conscience simplement à cet instant, mais la réflexion semble tout à coup plus palpable. Est-ce un leurre? Seul le temps le dira. Pour le moment, ce que j’en dirais, c’est que je possède tous les éléments nécessaires pour me forger une vie plus saine, et quand je dis ça, j’entends surtout moins « alcoolique ». Il m’arrive encore de boire seul, par moment, parce que j’ai toujours éprouvé un plaisir dans cette activité, mais j’ai drastiquement diminué les fréquences. J’arrive au point où je me rends compte que ce n’est plus nécessaire. Ce n’est même pas une « écoeurantite », c’est surtout un ennui et un désintérêt.

Et pourtant, vendredi soir, debout devant la cuvette de l’Olympia, j’ai vomi. Vomir ne m’arrive que très peu. Et je sais très bien que la cause de ces vomissements a été provoquée par le vin cheap vendu là-bas. Bon, le gin ingéré au préalable n’a pas aidé ma cause. Mais je me suis rendu compte que j’ai raté complètement le concert de Damien Rice, aux toilettes ou dans les vapes. Mais qu’est-ce qui me pousse autant à boire pour apprécier un concert? Je me suis souvent posé la question. C’est très difficile à expliquer, mais ça remonte à très loin, quand j’étais tant absorbé par la musique que je sentais mon cerveau décroché vers l’arrière et vivre le rythme. Ce genre d’occasion n’arrivait que peu souvent, mais quand ça me prenait, c’était toujours sous influence. Je me rends compte que j’ai longtemps (trop longtemps) voulu reproduire cette sensation. Le hic, c’est qu’en vieillissant, même si la musique occupe une place très importante dans ma vie, je ne peux plus m’y abandonner comme dans ma jeunesse. C’est peut-être mon état d’adulte qui transforme le tout, qui ne me permet plus de m’abandonner autant, mais j’ai eu beau tout essayer, impossible de revivre ces abandons du passé. Soit j’en ressors frustré et je trouve le concert nul, soit je perds la carte et je ne me souviens plus du moment. Rendu là, outre être malade et perdre beaucoup d’argent, je n’y gagne absolument rien. Il faut donc se rendre à l’évidence; à quoi bon?

Dernièrement, j’ai beaucoup discuté avec mon copain de ces dépendances qui tournent autour de moi et qui font des déplacements. J’ai parlé de la cause de mon excès. Avant, je les mettais sur la faute de mon ex. Consommer pour me retrouver dans le même genre de situation que je vivais jadis. Vouloir revivre des instants mentalement, absorbé par une substance quelconque. Tenter de retrouver un lien, même embrouillé, avec la vie d’avant, avec ce que je désirais encore au fond de moi; être dominé, sans savoir réellement pourquoi. Trouver dans la sexualité sous influence un regain d’énergie, de perversion, de satisfaction. Mais je suis loin de cette époque, je suis rendu ailleurs. Le passé ne m’intéresse plus. L’écriture de mon roman a tout effacé pour tout réécrire. Je me rends compte que je n’ai plus besoin de m’embrouiller l’esprit pour vivre. Cet espace-temps de ma jeunesse adulte n’a plus sa place dans la vie que je veux mener aujourd’hui.

Et puis, consommer voulait aussi dire s’échapper. Se sauver de l’absence de l’autre. S’éloigner de la douleur de la perte. Mais le cliché prévaut; le temps arrange les choses. Pas facilement. Mais l’idée de la perte finit par faire son chemin et on passe à un autre appel.

J’aurai toujours un certain plaisir à m’enivrer. Je crois que c’est en moi. Ça peut s’atténuer, mais disparaître complètement? Je ne suis pas convaincu. Et ce n’est pas mon but non plus. Je suis surtout à la recherche d’un équilibre. Et je veux de plus en plus m’expliquer les raisons qui me poussent à boire. Je pense que c’est un pas dans la bonne direction.

Ça fera bientôt un an que je consulte un nouveau psy. D’abord, pour mes problèmes liés à mon poids et mon acceptation physique. Mais très vite, les sessions se sont orientées vers mon passé et ce qui me poussait à agir ainsi. En ce moment, je considère que je reprends le contrôle. C’est un contrôle fragile, je dois le guetter souvent, car la dérape n’est jamais bien loin. Elle ne sera jamais bien loin, car elle est une réponse facile aux difficultés quotidiennes. Mais le simple fait de ne plus avoir l’envie de me détruire pour me prouver que j’existe ou que j’ai existé est une bonne nouvelle. Et l’essentiel, c’est que je ne regrette rien. Déjà, ça ne sert pas à grand-chose d’avoir des regrets, mais surtout, toutes ces spirales malsaines m’auront amené à être celui que je suis aujourd’hui. Et présentement, je me sens complet.

Certes, ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours. Je me bats toujours avec mon poids, avec ce corps dont je ne suis jamais réellement satisfait. Mais j’y vais étape par étape, petit pas par petit pas. Il ne sert à rien de devenir drastique et de replonger dans quelques semaines. Je travaille donc sur ma mentalité, sur mes besoins dans la vie, et non pas sur mes dépendances. Les dépendances sont comme l’argent; parfois on en a beaucoup, à d’autres moments, c’est plus serré. C’est donc une recherche de stabilité qui m’accapare. Et je suis loin d’être à plaindre à ce niveau. J’ai un chum qui m’aime, une famille qui m’apprécie, un environnement de travail agréable où je suis reconnu à ma juste valeur, des amis qui importent, une alimentation saine et beaucoup de sport.

C’est ainsi que se dessine mon avenir. En équilibre. Et c’est ce que je recherche à présent. Une vie saine, tournée vers l’avenir, mais surtout vécue au présent.

J’ai fait du chemin depuis 2012. Je dis 2012, car c’est l’année qui coïncide avec la fin de l’écriture de mon roman, et tout ce qui s’en est suivi par la suite. Je ne suis plus le gamin que j’étais. La trentaine m’a rentré dedans assez durement, mais je crois que je réussis peu à peu à surmonter le vide et l’angoisse de ne pas savoir quoi faire de ma vie. Il y a quelque chose de satisfaisant à accepter notre place; l’endroit où nous sommes rendus, les défis qui s’amènent. En quelque sorte, je suis en paix avec moi-même et mon présent. Et ça, c’est très rare pour un être de mon genre.

J’ai perdu beaucoup d’illusions depuis quelques années. Entre autres que les gens autour de mon univers resteraient là à jamais. J’ai cessé de croire que je pouvais figer mon existence et continuer à la vivre de la même manière. Les gens changent, même s’ils restent un peu identiques. Ceux qui naviguent autour de mes eaux le prouvent clairement. Les rencontres, les expériences, les habitudes; tout cela est sans cesse en mouvement, et je l’accepte. C’est ainsi, on ne peut rien y changer.

Ça me fait un énorme bien de lâcher prise. De me dire que je ne peux pas tout contrôler. Et c’est la réalité. Je ne peux pas tout contrôler. J’accepte donc de ne plus être le centre d’intérêt de certaines personnes, et c’est correct ainsi. Le déclic a eu lieu avec une certaine histoire avec ma cousine. On s’était brouillé pour quelque chose de pas nécessairement claire, et j’ai adopté l’attitude parfaite: les gens se brouillent, parfois ils ont leur raison qu’on ne comprend pas. Dans ce temps-là, il vaut mieux ne pas se battre, et surtout ne pas tenter de rapprochement trop direct (comme si on voulait régler le problème). Ceux qui importent reviennent. Et c’est un peu ma philosophie du moment. Moi, j’aime tout le monde. C’est souvent positif, mais ça peut devenir négatif, car je demande beaucoup de mes amitiés. Parfois, les chums de mes amies ne voient pas cela d’un bon œil. Avant, je me serais jeté dans la gueule du loup pour tenter de mettre cartes sur table et de régler le problème, mais avec le temps, je me rends compte que c’est justement ce qui fout la marde. Alors, il vaut mieux être patient, attendre que les autres se rendre compte d’eux-mêmes que je ne leur veux aucun mal et aucune négativité. C’est un peu triste, mais souvent, je constate que mon caractère fait en sorte que les gens qui me connaissent peu me jugent selon de mauvais critères. Ils pensent que je veux accaparer leur bien-aimé, alors que ce n’est aucunement le cas. Ça m’est arrivé par moment de vouloir régler tout ça, mais je me suis vite retrouvé dans une situation encore pire qu’elle ne l’était. Je pense qu’il faut laisser aller. Éviter d’envenimer la chose. Et puis, il faut bien l’admettre, j’ai passé l’âge de faire des crises d’amitié. Les gens ne nous appartiennent pas, et il faut que l’envie vienne d’eux, pas de moi. C’est la clé. Une clé qui me coûtera probablement quelques amis, mais je deviens plus sain d’esprit quand je ne m’embête plus avec des ouï-dire du passé. J’ai souvent eu le désir de sauver les gens. De vouloir recoller les morceaux brisés pour une phrase dite trop vite ou mal comprise. Ce n’est plus le genre de pression que j’ai envie de me mettre sur les épaules.

Il y a tant de gens adorables et agréables sur le chemin de notre parcours. J’ai décidé de lâcher prise sur les histoires négatives. Alors, voilà. C’est ce que je suis en ce moment, c’est ce que je vis de l’intérieur, et je suis en paix avec mon passé et mon présent. Le reste est de l’inconnu, et je serai toujours curieux de savoir ce qui s’en vient pour moi.

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31 mar 2015

Peut-être jamais fête sa première année avec une promo!

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Que le temps file! L’an passé à pareille date, j’étais extrêmement anxieux quelques heures avant le lancement de mon roman. Un an déjà…

Ce roman, c’était d’abord un gros pari envers moi-même. Je ne fais jamais les choses comme les autres écrivains, je suppose que c’est ce qui me démarque, mais je dois avouer que j’avais une certaine crainte à lancer un livre de la sorte. Non, je n’ai aucunement honte des scènes crues ou de tout ce qui est mentionné dans ce livre. Je me suis très bien éloigné du texte pour prendre le recul nécessaire et comprendre que je suis loin d’être le personnage principal de Peut-être jamais. Je me souviens que j’appréhendais beaucoup la réaction des gens et leurs associations avec ma propre vie. Maintenant que tout ceci est chose du passé, je peux regarder tout cela d’un autre œil, et il n’y a pas de doute, j’aurais pu me casser la gueule, y perde beaucoup d’argent, mais non, j’ai bien fait de me faire confiance et de plonger dans cette aventure qui n’a vraiment pas été de tout repos!

Quand on envoie un texte dans le public, on ne sait jamais réellement la réaction qu’il provoquera. Je pense que le pire, c’est qu’il n’y ait aucune réaction. Or, ce ne fut pas le cas avec mon roman, et je tiens à remercier encore une fois tous ceux qui y ont mis du sien. Derrière Peut-être jamais, il y a une équipe formidable qui m’a aidé à atteindre mon public, et j’en serai reconnaissant pour toujours.

Je tiens aussi à remercier les maisons d’édition qui ont lu le texte, même si certaines ont fini par le refuser. C’est en fait le plus beaucoup cadeau qu’elles pouvaient me faire, car j’ai trouvé une place très agréable aux Éditions de l’Interdit,  (merci à Chantal Morin!) et je dois avouer que je suis un auteur choyé, car je peux enfin l’avouer, ce roman m’a rapporté beaucoup. Au niveau monétaire, certes, mais aussi au niveau humain.

Je suis très fier de me retrouver encore sur les tablettes de Renaud-Bray et de Archambault, après un an (quand on sait qu’un roman ne dure que quelques mois dans les librairies habituellement, c’est une belle chance!) À ce jour, il se vend encore environ 50 exemplaires de Peut-être jamais par mois. Nous avons dépassé les 800 exemplaires vendus, et c’est grâce à la curiosité des lecteurs et à leur intérêt pour un livre différent de ce qui se fait dans le milieu.

Je tiens encore une fois à remercier certaines personnes qui ont eu beaucoup d’importance dans le marketing et le peaufinage de ce livre. Je pense à me belle Aimée Verret, qui a travaillé sans compter les heures, à Louis-Michel Guénette, pour la magnifique couverture, à Mathieu Blanchard et Nicolas Gendron, Jean-Philippe Richard, Lili Gagnon et Antoine Portelance, pour leur participation à la bande-annonce. Je pense également aux libraires, comme Billy Robinson chez Coop, à Pierre-Gabriel Dumoulin chez Archambault, à Monique Gervais chez Renaud-Bray, à Marilou Bernier chez Carcajou et à Françoise Careille à la Librairie du Square. J’en oublie sûrement beaucoup, et je m’en excuse.

Je voudrais également remercier les critiques. Ce sont d’abord eux qui ont propagé la bonne nouvelle en semant leurs critiques positives ici et là. Je pense à Rachelle McDuff du Journal Metro, à Léo Gagnon, journaliste chez Rive-Sud Express, à Benoît Migneault chez Fugues, à Lucie Renaud chez La Recrue du mois, à Yannick Ollassa de Livresquement Boulimique, à David Warriner chez Quebec Reads, à Lionel Clément chez L’Ivre de Lire et à Séb Hm de l’émission de radio Le Shower.

En rafale, merci à Philippe Schnobb, Éric Clément, Raymond Bock, Anna kriz, Frédéric Bouchard, Guillaume LT, Émilie Vincent, Laurent McCutcheon, Robert Bourdon, Pierre Cavale, Annie Primeau, Philippe Franche, Margaux Davoine-Ousset, Jade Tousignant, Simon Bernier, Élizabeth Simpson, Alexandre Trudel, Marilyne Houde, Michael Wall, Dany Mador et Émilie Richard.

Mais surtout, je voudrais remercier les 800 lecteurs qui ont semblé avoir eu beaucoup de plaisir à me lire. Tous les commentaires que j’ai reçus m’ont touché au cœur. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous êtes des lecteurs spéciaux, qui vont au-delà des préjugés et qui aiment découvrir de nouveaux textes. Dans un monde où la littérature perd beaucoup d’intérêt chez le public, je me sens choyé d’avoir pu rejoindre autant de gens. Merci à vous, lecteurs, de m’avoir écrit vos commentaires, d’avoir partagé la bande-annonce et d’en avoir parlé autour de vous. Sans vous, le texte ne vit pas et il n’est qu’encre sèche sur papier ou tablette!

Le marché littéraire québécois est un petit marché qui décourage souvent les auteurs, mais vous m’avez tous montré qu’on pouvait être lu, même en étant un auteur émergent. Je le prends comme un acte d’amour et je vous remercie mille fois pour votre fidélité.

Enfin, je voulais remercier mon meilleur ami: Nicolas Pomerleau. Parce que je sais que c’est sur lui que j’ai déversé toutes mes craintes, tous mes projets de marketing et toutes mes appréhensions. Merci d’avoir été là au bon moment, de m’avoir motivé en me disant que ça allait fonctionner.

Et pour mes futurs lecteurs, en ce jour de célébration, je vous invite à commander votre exemplaire de Peut-être jamais. Pour fêter cette première année de publication, je vous offre mon roman en rabais pour un temps limité (cette offre se termine le 1er avril à minuit). En commandant votre exemplaire papier ici ou sur www.peut-etre-jamais.com, inscrivez le code promotionnel PEJ2015 dans la section «Ajouter des instructions particulières pour le vendeur» et vous obtiendrez 2.00$ de rabais sur votre achat. Le roman est aussi en promotion numérique chez Amazon (mobi) ou chez Kobo (epub) à moitié prix (4.99).

Merci encore à tous pour cette belle aventure littéraire!

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27 mar 2015

Tristesse et frustration

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C’était la même chose en 2012, ça venait me chercher autant, et force est de constater que même trois années plus tard, je suis toujours en criss de ce que je lis sur les réseaux sociaux.

J’ai mal à ma société québécoise présentement. Je ne peux pas croire qu’on en soit rendu là. Quand je lis sur Facebook que les manifestants l’ont bien cherché, ça me fout en rogne. Je ne peux pas croire que les gens soient si simple d’esprit, qu’ils en arrivent à une telle conclusion, sans se souvenir de leur propre époque. Allumez gang! Des manifestations, il y en a toujours eu, et il y en aura toujours. Le seul changement, c’est que Charest a eu peur de la révolte des étudiants en 2012, et il a créé une loi de marde pour justifier les actes de violence des policiers. Et c’est tellement ironique; parce que les policiers sont autant contre les procédures du gouvernement que les étudiants. Si ce beau monde s’unissait au lieu d’obéir à des ordres d’un gouvernement libéral merdique… me semble que. Allumez, non?

Je n’arrive pas à croire qu’on puisse justifier le fait d’ouvrir le feu directement face à une foule (alors que la procédure pour séparer des manifestants est de tirer dans les airs ou au sol). Il faut être vraiment en manque de sensationnalisme et assumer son désir de violence intérieure pour poser un acte comme celui qui a été posé par l’agent qui a fait feu dans la face d’une manifestante étudiante. Même si elle était entourée de gars (c’est quoi ce raisonnement à la con là?).

Sérieusement, je trouve que le Québec fait de plus en plus pitié. Quand je lis des trucs comme « bien mérité » ou « elle avait juste à ne pas être là », ça me fout en rogne. Je ne veux pas faire d’amalgame facile, mais ce que je lis sur les réseaux sociaux, ça provient en grande partie des baby-boomers de 45 et plus. On voit qu’ils ont la mémoire courte. C’est vrai que c’est facile d’oublier quand on a tout eu pas cher et qu’on payait ses études à bas prix et sa maison 40 000$ max dans le temps. Ce manque de compassion m’attriste tellement. On juge les étudiants qui sont dans la rue en leur disant qu’ils ne savent même pas pourquoi ils y sont. Eh bien, laissez-moi vous dire que ça dépasse les frais de scolarité.

J’ai vécu en France. Savez-vous ce qu’ils faisaient les étudiants français? Ils empilaient des chaises jusqu’au plafond pour éviter tout passage d’étudiants dans l’école. That’s it! C’est à croire que les étudiants devraient devenir de plus en plus radicaux pour faire passer le message. Excusez-moi, mais ceux qui chialent le plus, ce ne sont pas eux, ce sont les vieux derrière leurs écrans. Et pourtant, ils ne comprennent pas qu’on se bat pour une cause qui assurerait des avantages à leurs petits-enfants. Je n’arrive pas à comprendre les « grands-parents » qui jugent les manifestations. N’avez-vous pas de petits-enfants? Ne pensez-vous pas à l’avenir de leur progéniture? Toute cette histoire qui se répète est désolante.

On aime tant notre individualisme. Dès qu’on est dérangé dans notre horaire, on chie sur ceux qui osent se lever de leur divan et aller manifester pour l’avenir de notre société. Lâchez TVA et la Voix pis ouvrez donc votre subjectivité un peu. Calice.

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13 mar 2015

Leave Joël Legendre Alone!!!

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Eh là, là, là, là. C’est à peu près ce qui est sorti de ma bouche hier, quand j’ai lu le grand titre du Journal de Montréal : « J’AI MENTI ». Je n’ai pas l’intention de revenir sur les diverses théories concernant une guerre de réseau où Monsieur Legendre serait une victime collatérale parce qu’il est passé de TVA à Radio-Canada. Je veux surtout m’attarder aux débilités que je lis sur les réseaux sociaux. Il faut que je pèse mes mots, parce que je suis à deux doigts de laisser échapper un « pauvre petit peuple québécois ». Et loin de moi l’envie de recevoir la pierre, en me faisant dire par quelques homophobes que c’est normal que je défende mes « frères ».

Sérieusement, qui suis-je pour juger? Et c’est un peu ce que chaque Québécois devrait se demander avant d’écrire une ligne sur Facebook. Je n’en reviens pas de cette propension à vouloir détruire l’autre, surtout quand un geste posé ne change, disons-le honnêtement, crissement rien à notre vie. Comme disait Simon-Olivier Fecteau, ça nous rend même le personnage un peu moins parfait, plus sympathique.

Et puis, si chaque Québécois se tournait pour observer de plus près son passé et ses folles années, je suis convaincu que plusieurs se reverraient dans les parcs, dans les champs, dans les boisés, dans les voitures, à faire bien plus que du necking. « Oui, mais il fait ça avec des inconnus!!!!! » de me répondre certains! Ma réflexion sur ce point; la petite amie de la St-Jean de 1999 qui t’a sucé dans les buissons, la connaissais-tu vraiment plus que ça? C’était peut-être l’amie d’une amie, mais je trouve que les gens ont la mémoire courte (ou veulent bien oublier leurs petites frasques). Le problème de Legendre? On ne lui a pas appris comment fonctionnait Grindr!

Je me rends compte qu’en plus d’être un peuple de chialeurs, on s’offense vraiment pour des babioles, et qu’est-ce qui en résulte? Une permission. Une pseudo-permission; car soudain des homophobes se sentent à l’aise de critiquer les gais et de faire des amalgames vraiment déplacés. Non, ce n’est pas parce qu’il s’est touché dans un parc qu’il aurait violé un enfant ou qu’il se serait exhibé volontairement devant lui. Il n’est peut-être pas futé d’avoir choisi un lieu de ce genre à 14 heures de l’après-midi, il a joué gros et s’est fait prendre (sans jeu de mots)! Et, je ne cautionne pas les branlettes en plein air, mais mon dieu, arrêtez de jouer les offensés pour si peu.

Si vous voulez vraiment être offensés, lisez mon livre à la place, c’est bien plus croustillant qu’une branlette dans un parc! Mais moi, évidemment, je n’ai jamais prétendu vivre un bonheur parfait et être blanc comme neige :)

Parlant de mes romans, c’est fait; Archambault vient de recevoir une nouvelle arrivée de la version de poche. Ça se passe ici pour acheter votre exemplaire! Vous pouvez encore trouver la version originale chez Renaud-Bray.

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26 fév 2015

Mars 2015 – Le défi

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J’écris ces quelques mots dans une oisiveté déconcertante, parce que je suis encore dans les limites du deadline, oui, vous savez, ces fameux deadlines que je m’oblige à suivre quelques fois par année? Oui voilà…

Alors, ça y est. La décision a été prise hier après-midi. Je me suis beaucoup observé durant le dernier mois, et force est d’admettre que l’alcool occupe beaucoup trop de place dans ma vie (et dans mon bedon!) Je sais, je sais, je suis un adepte des solutions radicales, mais avec le temps, je me rends compte que je dois suivre une ligne dure, sinon je m’accorde trop d’écarts.

Quand je suis sorti du bureau de mon patron, un mélange de sentiments de peur et de soulagement s’est mis à me faire tourner la tête. Je venais de sceller un pacte avec moi-même; le mois de mars sera celui de la remise à neuf (lire de la remise en forme). J’ai changé mon horaire de travail pour y inclure le gym 5 fois par semaine. Du lundi au vendredi. Bon, je fréquentais déjà le gym 3 fois par semaine depuis 2 ans, mais ça ne servait pas à grand-chose, puisque je buvais mes efforts en fin de journée. Je dois inévitablement accompagner l’entraînement intensif d’une limite drastique au niveau de l’alcool.

Je ne suis pas maso non plus, je me suis permis un écart d’alcool lors de 4 soirées du mois de mars. Elles sont déjà planifiées et les numéros gagnants sont les: 6, 13, 14 et 20 mars. Certains trouveront peut-être que mon pari ne tient plus la route, puisque je me permets ces 4 jours de boire, mais come on, ceux qui me lisent depuis longtemps savent que la restriction n’est clairement pas mon amie! Alors il faut savoir doser!

Ce que je veux dire, c’est que ce ne sera pas facile. Parce que je suis un buveur solitaire. Eh oui, je bois et j’y prends plus de plaisir lorsque je suis seul. Je sais que je ne suis pas une exception dans cette situation. Je dirais même qu’en milieu social, je bois beaucoup moins pour mieux me comporter, mais chez moi, entre mes quatre murs, c’est le party! Reste qu’à 31 ans, il faut savoir choisir le last call!

Voici donc ma tentative, mais surtout mon défi des prochaines semaines. On s’entend que les prochaines 48 heures seront hautes en intoxication, mais ça fait partie de la game! Voyez-vous comment ça me stresse? Je n’arrête pas d’écrire en franglais! ahah!

Dans un autre ordre d’idées, cette nuit, j’ai rêvé que je me défendais. Je me défendais de ne pas avoir écrit une ligne depuis bientôt un an. Je me revois encore, dans les limbes, en train de me justifier en disant «oui, mais mon roman n’est même pas sorti depuis un an encore!». Je me dis donc que cette pause plus calme pourrait être l’élément déclencheur d’un nouveau départ. Je risque probablement de venir écrire ma misère ici beaucoup plus fréquemment. Ça fait partie du jeu!

Bonne fin de semaine à tous. C’est la Nuit blanche, ce week-end! Qu’est-ce que je vais faire? J’attends la nouvelle saison de House of Cards de pied ferme! Ce sera une autre sorte de nuit blanche!

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25 fév 2015

Entrevue et extrait exclusif du roman Peut-être jamais sur La Cité!

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Je vous invite à lire l’entrevue que j’ai accordée à La Cité, un site interactif qui s’intéresse à la bisexualité, mais aussi à la sexualité et à l’identité. Je vous invite également à lire un extrait exclusif du roman Peut-être jamais, soit les pages 61 à 69. Bonne lecture! 


 

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23 fév 2015

2009-2015

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Ce soir, j’avais rendez-vous au Gesù avec Jay-Jay Johanson, pour un concert bien différent de ce que j’avais vécu en 2009 à l’Ex-centris.

Je ne sais pas trop comment aborder la chose. En fait, je suis mélangé entre déception et soulagement. Je m’explique: pour moi, Jay Jay Johanson est un artiste mélancolique, qui joue des pièces mélancoliques. En 2009, quand je l’ai vu en concert pour la première fois, il venait de sortir l’excellent disque Self Portrait et une année avant, nous avions eu droit à son disque au titre long de deux pieds The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known. Deux disque que j’avais énormément écouté. Deux disques que j’écoutais encore plus parce que je venais de me faire crisser-là par mon ex.

Je ne me rappelle pas de grand chose, outre le regard du journaliste Charles deschenes qui m’observait en se demandant pourquoi je pleurais du début à la fin du show. Oui, j’avais bu de la vieille bière en grosse Quilles, oui j’avais fumé mille cigarettes, et oui, j’étais au gouffre du désespoir. Mais la libération que ce concert m’avait fait… ouf, c’était magique, lumineux (malgré tout) et simplement parfait dans le choix des chansons.

Ce n’était pas le cas, ce soir. Je n’ai pas versé une larme. Zéro. Je dois avouer que ma première impression a été d’être en colère (et de chialer, diront certains) mais après coup, je dois me rendre à l’évidence. Ce n’est pas nécessairement le concert qui était problématique (même si j’ai trouvé le choix des chansons douteux; pré-enregistrement de guitare pour Hawkeye, alors qu’il aurait très bien pu faire Suffering. Mais surtout, absence de toutes pièces de l’album Self Portrait). Avec le mince recul, je me suis rendu compte que tout partait de moi; de mes émotions, de ce que je vis, ou plutôt de ce que je ne vis plus.

Et j’ai compris que je venais de passer un nouveau chapitre. Même si mes pièces favorites avaient été jouées, je ne pense pas que j’aurais vécu la même tristesse, parce que je ne suis plus où j’étais. Tout simplement. Et ça, pour moi, c’est tout un avancement. Parce que j’ai tellement retenu le passé et sa fausse illusion nostalgique; ça aurait été dramatique de me sentir dans le même état d’esprit qu’en 2009.

Ça m’a fait réfléchir sur la raison pour laquelle je vais voir des concerts, et sur ce fameux hasard qui nous fait choisir un artiste chouchou plutôt qu’un autre. Car la musique, comme les souvenirs, avance et se modifie selon notre perception du temps. Je ne suis plus l’être que j’étais en 2009, je ne suis plus le garçon ravagé par une rupture, celui que je décris si bien dans Peut-être jamais est rendu loin de moi. Il est une entité à part entière qui ne m’appartient plus. Je trouve que c’est un très beau deuil. Sans souffrance, sans déchirement. Le temps a fait son travail, et je le félicite.

Je commence peu à peu à apprécier le fait de vieillir. Certes, je déteste trouver un cheveu blanc par-ci par-là, mais je travaille à accepter le fait que je ne suis plus dans la vingtaine. J’ai toujours autant de difficulté à voir les amis jadis proches s’éloigner, mais je comprends un peu plus. Je comprends que la vie nous amène des gens et que ceux-ci repartent plus loin par moment. Quand je regarde vers l’arrière, je sais que je n’ai pas toujours été parfait, mais je suis quand même heureux de mes acquis. Même si je sais que l’acquis ne rime jamais avec l’amitié. Je n’ai cependant plus la force de me battre pour des gens qui ne veulent plus être en ma présence. Ça n’a rien d’égoïste. Je comprends l’évolution humaine, les changements de cap, les nouvelles relations qui nous font partir à la dérive. Bref!

Toute cette histoire de concert m’a fait réfléchir aux moments marquants où j’ai pleuré ma vie durant une chanson. Et, même si mes amis pensent que ça arrive sans cesse, je peux dire que c’est somme toute très rare. Je peux compter ces moments sur une main, ou peut-être six doigts. Les voici donc:

1. Godspeed you! Black emperor – BBF3 (2000 / 2011)

2. Radiohead – Fake plastic trees (2001)

3. Massive Attack – Group 4 (2006)

4. Interpol – The Lighthouse (2011)

5. Radiohead – Reckoner (2012)

Et évidemment, le show de Jay-Jay Johanson en entier en 2009 😉

C’est tout, en fait. Je n’ai pas tant braillé que ça dans les concerts, vous voyez! :)

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21 fév 2015

Dubai s’enflamme


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Alors qu’on veut construire un phare à Québec, la tour Torch (!) s’enflamme à Dubai!

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