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31 Mai 2019

Le départ

Quelques mots avant de terminer ce long chapitre.


Oui, je l’avoue, il m’est arrivé à quelques reprises de me retirer de ce blogue pour des périodes plus ou moins longues. Je revenais toujours par la suite. Aujourd’hui, la différence, c’est que je ne renouvellerai pas le nom de domaine. Alors, il n’y aura pas de retour possible. Et je suis très zen avec cela.

Ce qui me convainc encore plus, c’est que je n’ai pas vraiment envie de parler de moi pour cette dernière entrée. En fait, j’ai surtout envie de parler des autres. Dans cette ère où le je-me-moi se multiplie sur diverses plateformes sociales, il me semble qu’on ne prend pas assez le temps de parler des autres et de leur importance dans notre vie.

Je dirai donc que je vais très bien, que j’ai encore beaucoup appris, cette année, et que je suis heureux de ce perpétuel apprentissage de ce qu’est le simple acte de vivre une existence. La seule chose qui m’a le plus surpris au cours des dernières années, c’est de voir et de tenter de mieux comprendre ce qu’est la hiérarchisation des hommes. Car oui, elle existe. Je ne parle pas de politique ou de travail, ni même d’influence ou de rapport de force. Je constate plutôt la façon dont les interactions entre les hommes sont différentes selon la personne qui se présente devant vous. J’ai surtout appris que je pouvais me placer en haut de la pyramide, même si je me plaisais parfois à être tout en bas. On peut se sentir bien dans la soumission, comme on peut se sentir bien dans la domination. Il n’y a pas de jugement sur la place occupée, tant qu’on est bien avec soi-même et que tout est fait de manière consentante. Les gens qui ont traversé ma vie m’ont appris que cette position peut être changeante, que rien n’est jamais vraiment figé, que rien ne reste jamais pareil. Tout change. Tout évolue. Tout se transforme. La permanence n’existe pas. Même en ce qui a trait aux relations avec les autres. Ce n’est pas toujours facile d’accepter cet état des choses, mais il faut vivre avec cette réalité. Et pour vivre, oui, je vis, il n’y a pas de doute.

Alors, même si ça n’a aucune importance pour ceux qui me lisent présentement, j’aimerais tout de même faire un hommage à tous ceux qui sont passés dans ma vie (qu’ils y soient encore ou non). Ils se reconnaîtront ou pas. Ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est qu’ils ont partagé une partie de ma vie, de mes joies et de mes peines. Et au vu de la liste, il n’y a pas à dire, on en rencontre des gens. Des grandes influences aux petits croisements; chaque personne devait avoir une place précise dans l’échiquier de mon parcours.

À tous ceux qui sont passés dans ma vie, merci!

  • Jean-Sébastien O.
  • Maxime T.
  • Sébastien B.
  • Julie B.
  • Charlène S.
  • Anick H.
  • Nicolas P.
  • Yannick C.
  • Geneviève S.
  • Catherine B.
  • Nathalie D.
  • Jean-René L.
  • Jean-Sébastien C.
  • Julie R.
  • Annie P.
  • Annie H.
  • François B.
  • Guillaume L.
  • Ricardo M.
  • Isabelle L.
  • Catherine L.
  • Émilie V.
  • Émilie R.
  • Nadia S.
  • François M.
  • Maude M.
  • Joël F.
  • Dave T.
  • Frédéric T.
  • Nicolas G.
  • Jean-Philippe R.
  • Nicolas P.
  • Anna K.
  • Régis H.
  • Catherine G.
  • Janie C.
  • Yves C.
  • Carole M.
  • Jonathan C.
  • Geneviève C.
  • Dany T.
  • Cassandre S.
  • Matthew M.
  • Pavin P.
  • Éric C.
  • Steve F.
  • Maryline H.
  • Alex T.
  • Johanne M.
  • Jean-François T.
  • Raphaël O.
  • Mélodie N.
  • Aimée V.
  • Valérie V.
  • Valérie P.
  • Frédéric B.
  • Karine P.
  • Anick R.
  • Félix S.
  • Simon Fred D.
  • Émilie D.
  • Charles V.
  • Karine R.
  • Monique G.
  • Evelyne C.
  • Élisabeth S.
  • Samuel C.
  • Patricia T.
  • Julien H.
  • Charles L.
  • Karine G.
  • Mathieu G.
  • Gabriel B.
  • Martin B.
  • Marie-Noëlle S.
  • Jean-Sébastien G.
  • Véronique F.
  • Jean-Bernard G.
  • Marie-Noëlle H.
  • Sandy B.
  • Doriane G.
  • Johanne S.
  • William R.
  • Stéphanie C.
  • Pierre B.
  • Sam O.
  • Mathieu P.
  • Jean C.
  • Alexandre J.
  • Méliza D.
  • Hugues P.
  • Benoît C.
  • Samuel L.
  • Pierre-Luc B.
  • Cloé R.
  • Gabriel B.
  • Luc S.
  • Francis C.
  • Vincent L.
  • Marie-Ève R.
  • Matthieu S.
  • Karine V.
  • Stéphanie C.
  • Patricia B. 
  • Vania L.
  • Sébastien M.
  • Jean-François R.
  • Sébastien J.
  • David P.
  • William C.
  • Antoine P. 
  • Mathieu B.
  • Martin N.
  • Mélanie R.
  • Michael W.
  • Karine T.
  • Édith H. 
  • Matthew B.
  • Nicolas F.
  • Timothé L. 
  • Chantal M.
  • Anik L.
  • Lionel B.
  • Pierre-Luc L.
  • Jess P. 
  • Sylvie B. 
  • Julie B.
  • Joëlle É.
  • Jean-Phillipe P.
  • Marie-Claude D.
  • Philippe G.
  • Anne-Marie L.
  • Louis-Michel G.
  • Laurence M.
  • Martin R.
  • Guillaume M.
  • Suzanne D.
  • Sébastien B.
  • Simon M.
  • Vanessa G.
  • Mylène B.
  • Bianca B.
  • Jodi G.
  • Mélanie H.
  • Marlène R.
  • Sophie L.
  • Daphné C.
  • Lori P.
  • Marie-Pier C.
  • Joëlle K.
  • Yannick O.
  • Jean-Paul R.
  • Phillipe S.
  • Antoni V.
  • Jacques-Yves B.
  • Caroline B.
  • David C.
  • Julia B.
  • Viviane C.
  • Ludwig N.
  • Joëlle B.
  • Geneviève S.
  • Léandro F.
  • Gerry M.
  • Étienne D.
  • Kiki
  • Valérie B.
  • Lili G.
  • Billy R.
  • Mathieu B.
  • Yannick C.
  • Guillaume P.
  • Dominique S.
  • Nathalie G.
  • Karyne S.
  • Steven S.
  • et le dernier, mais non le moindre : Rémi, le chat!

 

Enfin, je vais garder le nom de domaine www.maximecollins.com (qui n’est clairement pas à jour!), mais je ne compte pas y revenir à moins de nouvelles littéraires. Vous pourrez toujours me rejoindre sur les réseaux sociaux. Je ne suis pas compliqué à trouver!

C’est donc avec un peu d’émotion, mais beaucoup de sagesse, que je déclare la mort de Pile ou Face, après 21 années, 3 mois et 11 jours.

Paix et amour!

Au plaisir,

Maxime Collins

31 mai 2019

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29 Mai 2019

La fin arrive

LA FIN ARRIVE MES AMIS. D’ICI LE 31 MAI, JE VOUS ÉCRIRAI MES ADIEUX.

ET JE VIS BIEN AVEC ÇA.

ENJOY THE LAST POST! I KNOW I WILL!

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08 Mai 2019

Disparition du site pour de bon?

Ça m’aura pris 2 ans et demi me rendre compte que mon blogue était piraté légèrement! J’ignorais les messages de mon hébergeur, parce que je pouvais toujours accéder à ce site sans problème. Mais je n’avais jamais effectué une recherche sur Google avec mon nom, afin de cliquer sur le lien, et de constater que… et bien, ça me redirigeait vers un site fake de fausse pills pour les érections des monsieurs…

Mon hébergeur voulait me facturer 400$ pour me débarrasser de ce détail. J’ai refusé et je m’en suis occupé moi-même. J’ai réglé le problème, mais par la même occasion, j’ai pas mal scrappé toutes les archives et les liens ici. Donc tout ce qui reste d’actif se résume pas mal à la page d’accueil et les derniers textes.

Le renouvellement de l’hébergement doit se faire le 31 mai. Le renouvellement du nom de domaine doit se faire à la mi-juillet.

C’est là que je me retrouve devant le dilemme; soit celui d’abandonner le site, ou alors de continuer à payer un site pour ne garder qu’une page d’accueil sans archives accessibles. Et pour garder un fameux lien qui n’est plus si important pour moi, car il y a bien longtemps que je ne me définis plus par rapport à mes écrits ou mon blogue. J’ai passé le cap des 20 années à écrire sur ma vie, et au fil des ans, je me suis rendu compte que j’étais de plus en plus indisposé à écrire sur ma vie. La raison est simple, en vieillissant, l’ouverture et la naïveté de la jeunesse ont pris le bord. Pas que je veuille à tout prix préserver ma « réputation » (mes romans me survivront et survivront peut-être même au Web), mais depuis plusieurs mois, je ne faisais qu’écrire que je ne pouvais rien écrire!

Soyons également honnêtes, je préservais cette page pour le futur roman que je voulais faire paraître… mais bon, ce roman paraîtra-t-il? C’est une autre histoire.

Donc, je vais prendre le mois pour y réfléchir. Et peut-être en finir.

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27 Avr 2019

Je sais, je sais

Je n’ai pas respecté ma dernière promesse; celle de venir réécrire au printemps. Ce n’est pas que je n’aies rien à dire. C’est simplement que je vis. Et vivre est beaucoup mieux que de me lamenter.

Étrange tout de même comment la perspective du passé peut être chamboulée par le présent. La nostalgie des jours passés est disparue. Parfois, le simple fait de revivre l’avant remet les pendules à l’heure. Je pense que c’est ce qui est en train de se passer actuellement.

Quand l’absence se fait présente, on a tendance à magnifier ce qui a été vécu. Quand le retour de l’absence se réalise, on comprend tout le temps perdu, toutes les angoisses inutiles, tous les souvenirs que l’on a tant mis sur un piédestal.

Je pourrais dire que la vie m’aura aidé à passer au-travers de plusieurs choses, par ses jeux de hasard, par ma détermination à aller au-delà de la mémoire.

Je reconstruis peu à peu le passé tragique que j’ai élevé dans mon propre esprit. Je trouve cela… comment dire… intéressant? Rien n’arrive pour rien. Il y a de ces histoires qui continuent sans cesse, puis qui se ternissent parce que nous les revivons. Sans les regrets.

Je réécris mon histoire. Je profite de cette liberté. Et j’ai l’intime conviction que la prochaine chute sera moins brutale. Parce que je sais à quoi m’attendre. Il y a des moments où l’effet de bascule revient vers l’équilibre. Je n’en suis pas là, mais je chemine dans un entre-deux. C’est magnifique et terrifiant à la fois. Mais au contraire des événements précédents, cette fois-ci, j’accepterai la finalité des choses. Je comprendrai un jour ce que signifie l’impermanence des autres.

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03 Fév 2019

Hiver 2019

Eh lalalala. Je n’arrête pas de me dire que je ne devrais pas écrire ici présentement. J’ai de la misère à comprendre la pulsion qui me fait écrire ces mots maintenant.

J’avais pourtant promis d’écrire ici une fois par saison. On y est. HIVER 2019.

OK. Soyons honnête; je ne sais pas pourquoi je veux écrire ici. Pulsion? Obligation? Truc égoïste? Je ne sais pas trop. Quand je regarde vers l’arrière, je ne peux pas me mentir, mon automne a été extra. Je vivais une petite relation sans conséquences avec un kid de 18 ans de Sherbrooke. Je savais que ça n’allait par durer. Je n’étais pas dupe. Mais il me rendait heureux. Ben oui, il avait une belle et grosse bite. C’est ridicule quand on y pense, non? Et pourtant…

2019 m’a amené beaucoup de shits. C’est pas une grosse nouvelle, mais je dois avouer que je ne m’attendais pas à autant. Certes, je vais bien. Ce n’est pas le plus gros problème. C’est juste que je me sens dans un no where. J’adore les gens que je fréquente, mais c’est comme si j’avais l’impression de les utiliser pour arriver à un certain bonheur. Et ça, c’est mal. Right?

Ce que j’ai envie de dire, c’est que je ne reviendrais jamais en arrière. En ce qui me concerne. Le seul truc qui me dérange, c’est que je ne sais toujours pas ce que je veux. Il y avait beaucoup d’illusions dans ma tête quand je pensais que changer mon style de vie allait tout modifier. En réalité, je me rends compte que j’ai encore beaucoup de fantômes du passé à chasser. Oui, j’ai plus de confiance en moi. Oui, je m’estime mieux que jadis, mais au final, je ne sais toujours pas ce que je veux, et ça, eh bien, c’est un travail de jour en jour.

En fait, je me rends tristement compte que j’ai pas tant envie d’écrire ici. Il me reste plusieurs démons à combattre; que ce soit au niveau de la consommation ou des relations intimes. Je me demande si un jour je me sortirai de ce cercle vicieux. Je pense que j’adorerais être capable de mettre une croix sur mon passé, sur la nostalgie, sur tous ces souvenirs que je ne voudrais pas avoir vécu (pour ne pas m’en rappeler). C’est une cause perdue, je le sais bien.

Le seul point positif, c’est que je me sens de mieux en mieux dans ma vie, dans mon corps, dans mes projets d’avenir. Mais encore là, je repense au passé; à ce que j’ai été, à ce que je voulais être, à ce que je suis devenu.

Je ne regrette rien de ce que je suis devenu. Je n’ai pas de remords de ne pas avoir fait ci ou ça. Je suis bien avec moi-même. Je veux simplement m’améliorer encore plus. Devenir un homme avec de la classe. Éviter le drama et les histoires du passé. Je me pense sur la bonne voie. Mais allons, ne soyons pas naïf. Il reste beaucoup de travail sur moi-même. Sur mon passé.

Et mes cheveux ne changent rien à cette histoire…

Je tenterai un 2e essai pendant l’hiver. Je me rends compte que je ne peux pas fournir une publication de blogue adéquate présentement. Pas par paresse. Non. Simplement parce qu’il y a tant de choses en suspend, que je ne peux simplement pas porter un masque et dire que tout va bien. Pourtant, tout va bien. Je n’ai pas besoin de me travestir pour le prouver. Je ne suis juste plus aussi effronté pour abattre mes cartes sur table. Il y a 20 ans, je m’étais promis de tout dire ici. Sans filtre. Sans censure. Sans rien. Je me rends compte peu à peu que c’est délicat. Je pense que vieillir donne une certaine envie; une envie de se retirer du monde public. De simplement devenir anonyme. Les blogues, c’est un peu ne plus être de son temps. Parler dans le vide. Dire des choses qui importent peu aux autres. Qui ne donnent rien par rapport à ceux qui sont vraiment importants.
Je voudrais m’excuser pour tant de gens; ces morts, ces relations disparues, ces sentiments étranges, ces doutes, ces expériences d’un soir, ces nuits de solitude, tout ça, tout ce mal et ce bien à la fois.

Je me contenterai donc de dire une seule chose; les êtres valent mieux que les likes, tout ceux qui naviguent autour de votre vie vaudront toujours plus que votre attrait virtuel. Ce n’est pas de la fake news, c’est simplement la réalité de la vie. Cessez de vivre pour le public. Vivez pour ceux que vous connaissez, ceux qui vous donnent une certaine importance dans leur vie. Vivez. Tout simplement.

On perd énormément de gens avec les années. Si vous avez atteint plus de 30 ans alors que vous me lisez; je pense que vous comprenez ce que je veux exprimer ici. L’amour est le meilleur des moteurs. L’estime des autres vaut uniquement la peine si vous décidez de vous estimer vous-mêmes.

 

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07 Nov 2018

Des nouvelles en automne

 

J’ai complété toutes les phases. Toutes celles que je voulais effectuer à partir du 5 octobre 2017; ce jour où ma nouvelle vie a commencé tranquillement. Enfin, à l’aube des 34 ans, je comprenais que les changements drastiques du jour au lendemain, que l’on se promet sans cesse après une cuite ou des excès, eh bien, ça n’existe pas. Ça ne réussit jamais. Il n’y a que le travail et la perspicacité qui puissent réellement mener à un changement profond.

C’est donc ainsi que le 5 octobre, moi et mes 220 livres arrivions dans une nouvelle salle de gym, avec toute l’intimidation que peut avoir ce genre de place (même si je me suis entraîné dans plus d’une dizaine de salles différentes au cours de ma vie, il y a toujours un temps d’adaptation et une acclimatation, comme si on s’installait en exil dans une nouvelle ville où il faut réapprendre plusieurs codes plus ou moins nouveaux.

Je signais gros niveau intimidation, parce que ce n’est pas un entraîneur que j’allais avoir, mais bien deux! Deux univers à connaître, deux nouvelles relations à créer, encore une fois, l’image de l’exil me semble la meilleure pour montrer ce que je veux dire. Ma nouvelle vie allait donc devenir beaucoup de sport et une alimentation plus saine. Pourtant, j’était déjà végétarien depuis décembre 2017, mais je pense que mon flirt avec le vegan style ne m’avait pas aidé à l’époque. Devenir végétalien n’était pas pour moi, pour la simple et bonne raison que je m’appuyais beaucoup trop sur les céréales pour combler mon ventre. Et ça paraît assez vite. Et puis, tous ces produits transformés qui font semblant d’imiter… je trouve que c’est limite parfois pire que les produits congelés ou transformés. Bref, les dernières années au niveau de l’alimentation avaient été de grandes montagnes russes. Avant d’être végétarien, j’avais même essayé la pilule Alli (vous savez, celle qui vous fait supposément chier votre gras). Ah ça, pour aller aux toilettes, j’y allais. Mais en étant aussi excessif, comme tout le monde le sait, je m’enfilais beaucoup trop de junk en me basant sur une pilule magique. Pilule pas très magique qui m’aura fait faire quelques crises de panique et de l’hyperventilation. Bref, je partais de loin.

La rencontre avec mes deux entraîneurs s’est bien déroulée, mais avec ce genre de changement radical, il fallait évidemment aussi adapter ma routine de vie. Le gym n’étant pas à la porte, j’ai eu plusieurs occasions de pester contre la STM et la très chère ligne 55. La 55, St-Laurent, c’est un peu comme l’autobus que tu veux éviter dans ta vie. Parce qu’elle est toujours en retard. Et toujours bondée. Des belles sardines chaudes et collantes qui se touchent d’une manière loin d’allumer l’excitation sexuelle. La STM le sait, la STM s’en fout, bref, la STM je l’emmerde, mais ça tout le monde le sait 😉

Le mois de janvier est vite arrivé. Je suis devenu plus à l’aise. J’ai ravalé ma colère contre les transports en commun (ou presque lol) et j’ai continué les rendez-vous avec les entraîneurs, en m’accrochant à ce rêve un peu fou de perdre au moins 20 livres, de descendre sous ce putain de chiffre 200. Je savais que ça n’allait pas se faire en claquant des doigts. Je savais que j’allais chigner, qu’au début, mon cardio serait merdique, que la sueur coulerait sans cesse dans mes yeux, que les sacres s’aligneraient comme un nouveau langage.

Puis le poids s’est mis à descendre. Doucement, mais sûrement. Je me suis alors promis que lorsque j’aurais perdu 20 livres, je me gâterais solidement. Mais surtout, physiquement. Plus on devient gros, et plus on a l’impression de vouloir s’effacer. On sent aussi qu’on ne mérite pas d’être aimé. Que ça ne sert à rien de flirter, parce qu’on sera rejeté par ce cruel monde qu’est le monde homosexuel à Montréal. En 2017, je me sentais vieux, fatigué, sans intérêt et je ne portais que du noir, pour tenter de m’amincir, mais surtout pour tenter de disparaître. Je me contentais très bien de ces quelques sorties avec les amis qui restaient, et de beaucoup d’alcool les soirs vides et solitaires. Ce qui n’aidait pas le poids, évidemment.

Alors, ma promesse était simple: si je perdais au moins 20 livres, j’aurais le droit de recommencer à vivre, de transformer la perception négative que j’avais de moi. Je ferais même mieux; je me paierais une personnal shopper pour refaire ma garde-robe complète. Mais plus encore, j’allais régler ma perte de cheveux en me payant une greffe. C’est avec cette idée ancrée que je me suis dit qu’il fallait travailler beaucoup plus, car je savais qu’une greffe de cheveux n’allait pas être donnée. J’ai donc commencé à multiplier les heures, à travailler sept jour sur sept, à augmenter le budget; il me faudrait un minimum de 15 000 $ simplement pour mettre mon projet en branle. Je suis devenu encore plus renfermé, seul devant mon ordi, parfois en faisant du 8 h à minuit plusieurs jours par semaine. J’y prenais même goût, parce que j’ai toujours été entouré de certaines personnes qui travaillent trop. Il fallait prendre cette motivation et l’appliquer à ma vie.

L’été est arrivé, et peu à peu la première phase de mon but a été atteinte. J’avais bel et bien perdu 20 livres; de peine et de misère, en ajoutant de la course à pied le dimanche, du vélo les soirs de semaine, en plus des entraîneurs privés et du gym sur l’heure du dîner au bureau. Je reste encore surpris que mon corps n’ait pas flanché. Plusieurs de mes amis me disaient que le burn out était proche. Et je les croyais encore plus, quand je terminais de travailler pour commencer à me saouler. Mais la vie m’a donné un cadeau très précieux; je suis excessif dans tout ce que je fais, certes, mais on dirait que je m’arrête toujours à quelques pas du précipice.

Il était alors temps de passer à la phase 2. Vérifier combien allait me coûter une greffe de cheveux. Rencontrer divers chirurgiens. En cachette, parce que je ne voulais pas que ça se sache. J’ai visité deux cliniques. J’ai obtenu des devis. J’ai même pris des rendez-vous pour le grand jour. Mais quelque chose dans ma tête me disait que c’était fou de dépenser autant d’argent pour si peu de résultat. Il faut savoir que la greffe fonctionne très bien pour des gens qui ont encore des cheveux mais quelques pertes. J’étais un cas intense de mon côté. Il fallait couvrir une zone plus large. Très large. Donc, très cher. Il était évident que je ne m’en sortirais pas en bas de 30 000 $, et encore, il faudrait refaire des greffes aux cinq ans pour le reste de ma vie.

C’est alors que la magie des algorithmes est venue me sauver (pour une rare fois, avouons-le haha). À force de chercher tous ces traitements pour les cheveux, je suis tombé sur un site qui offrait une alternative à la greffe, et qui me semblait beaucoup plus dans mon budget. Les pourparlers ont commencé en juin, et au début du mois de juillet, je signais un accord avec cette entreprise, en me disant que dans le pire des cas, je perdrais 1 000 $, tout au plus.

Quand le début de septembre est arrivé, je me suis résigné; tout mon linge était devenu trop grand. Je portais encore mes jeans de taille 36, avec une ceinture qui n’arrivait même plus à retenir les pantalons. Mes t-shirt large me flottaient sur le dos. Il fallait enclencher la phase 3; la personnal shopper. À Montréal, il y a plusieurs types d’activités reliés à ce travail. Pour ceux qui ne savent pas de quoi il s’agit; en résumé, une personne magasine avec vous, refait votre garde-robe ou utilise ce qu’il y a déjà dans votre garde-robe. C’est un travail qui s’oriente beaucoup plus vers les filles, car peu de mecs sont enclins à tenter l’expérience (ce qui est très dommage, parce que ça fonctionne foutrement bien!). Trouver un personnal shopper qui se destine aux hommes est quelque chose de difficile et de facile en même temps. Selon mes recherches, il y en a seulement deux à Montréal! Je me suis donc dit que j’allais faire confiance à la vie, comme je fais depuis toujours. Premier résultat sur Google, premier contact, premier rendez-vous de pris pour début octobre. Le 5 octobre 2018, exactement un an jour pour jour alors que je pénétrais dans mon nouveau gym pour changer de vie. Je trouvais ça presque poétique.

Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre. La seule chose dont j’étais certain, c’est que rien n’allait être vraiment récupérable dans ma garde-robe (taille trop grande), et que je ne voulais pas aller magasiner en boutique avec quelqu’un. Non, je voulais le service VIP; soit celui d’arriver directement chez la personnal shopper, et d’essayer autant de morceaux possibles déjà sélectionnés selon ma nouvelle taille (oui, je suis passé de 36 à 33 de taille!) et mes critères personnels. C’est donc pour ça que j’ai opté, faisant la rencontre de la sympathique Patricia Trépanier, qui s’est occupée de moi de A à Z, dans une ambiance amicale et sereine, mais aussi avec un œil aiguisé. Dès qu’elle voyait qu’un morceau de linge ne me plaisait pas dans le miroir, elle disait NEXT! et j’essayais autre chose. Je sais que ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre ce genre de service, mais comme je ne faisais plus de greffe de cheveux, mon travail de la dernière année me permettait cet extra. Je suis ressorti de là avec 22 morceaux, des jeans aux souliers, du manteau aux ceintures, jusqu’au veston et au foulard de poche. Il ne restait donc qu’une seule phase pour compléter mon grand projet d’une année… ces fameux cheveux.

Ils sont arrivés le 30 octobre. Là aussi, ce fut des montagnes russes, car ils devaient arriver au début septembre, mais dans tout ce processus, j’ai appris qu’il fallait être patient. Tout arrive à point nommé. Il faut assumer son karma. Vincent, l’entrepreneur de la compagnie avec qui j’ai fait affaire, a été une perle. Même de Madrid, on pouvait sentir toute sa compassion et son intérêt à m’aider dans ma démarche. Le grand jour est donc arrivé à la fin d’octobre, dans le nouveau salon de coiffure de Simon Fred, une autre personne extraordinaire que la vie a mise sur mon chemin. Ça faisait déjà plus de 10 ans que je n’avais pas mis les pieds dans un salon de coiffure. N’ayant que peu de cheveux, j’avais pris l’habitude de me raser moi-même, de botcher cet élément, un peu comme j’avais maltraité mon corps les années auparavant.

J’étais nerveux. Je ne peux pas le nier. J’avais peur que ça ne fonctionne pas. J’avais peur que ça paraisse. J’avais peur d’avoir l’air fou. J’avais peur d’un flop. Même en sortant du salon, je n’étais pas convaincu. C’est si nouveau toutes ces transformations. Je m’étais habitué au poids, parce que ça s’était fait graduellement depuis un an. Je m’étais facilement habitué à mes nouveaux vêtements, parce qu’enfin, ils épousaient bien la nouvelle forme de mon corps et me faisaient beaucoup mieux paraître que mes chandails noirs et ternes. Mais les cheveux, c’était comme voir un autre que soi-même, c’était comme ne pas savoir si on me pointerait du doigt en riant. Car tous allaient s’en rendre compte, tous allaient me voir; de la famille aux amis en passant par les collègues de travail. Il fallait que j’assume. Il fallait que j’aille au bout des défis que je m’étais donnés un an plus tôt. Et puis, si ça ne marchait pas, je continuais à me dire que j’aurais essayé, et que l’échec fait partie de tout processus de changement.

Le 31 octobre, je croisais mes parents dans une soirée, et ils allaient passer tout droit, sans même me reconnaître. Drôle de date pour changer de tête, j’en conviens. Mais pour moi, l’Halloween allait durer un peu plus longtemps. J’avais peur des réactions et des premiers mots qu’on allait me dire. Mais ma mère a tout de suite pris les devants, m’a tout de suite rassuré en me disant que je paraissais dix ans plus jeune.

Ce soir, une semaine s’est déjà écoulée depuis que les 3 phases désirées un an plus tôt ont été réalisées. J’ai eu l’impression de faire un coming-out sur le Web et devant mes amis. Et les réactions ont été au-dessus de mes attentes. De beaux mots, des félicitations, des encouragements, des élans surpris. Je ne pouvais pas demander mieux.

Le chemin fut long. Et il n’est pas gagné. Il ne le sera jamais. Ce n’est pas parce que ces trois phases sont effectuées que tout s’arrête. Je sais très bien que je devrai toujours m’entraîner. Je sais très bien que je devrai toujours surveiller mon alimentation. Il n’y aura jamais rien d’acquis. Le travail devra continuer sans repos jusqu’à la fin. Sinon, je n’entrerai plus dans mon linge haha!

Pendant ces moments de transformation, ma vie intime s’est aussi améliorée. Je ne sais pas si j’en ai parlé beaucoup ici, mais j’ai toujours eu le même problème avec les hommes. Je n’attire que deux types de mecs. Les jeunes de 18-24 ans ou les plus vieux de 50 ans et plus. Il y a un an, je me sentais condamné, parce que je n’aimais pas mon reflet dans la glace. Puisque je ne me sentais pas apte à avoir une certaine confiance en moi envers les jeunes (même si ceux-ci me relançaient), je préférais ne pas avoir d’intimité. Oh oui, j’ai eu certaines expériences avec des plus vieux, mais ça me laissait vide, et j’avais vite compris que ça ne servait à rien de baiser avec des hommes qui ne m’intéressaient pas. Il valait donc mieux me retirer du marché, ne simplement plus avoir de vie sexuelle. Il faut aussi dire que ce n’est qu’en avril que j’ai réglé mon passé pour de bon. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet ici, parce que je l’ai fait si souvent, mais je devais fermer un chapitre par moi-même avant d’en commencer un nouveau, ou même avant d’avoir assez confiance en moi pour modifier ma perception de la sexualité. Ce fut chose faite. Malgré le mal qui s’en est suivi. J’ai compris plusieurs choses. Surtout qu’il ne faut pas se battre pour les gens qui ne veulent plus être dans nos vies. J’aurai mis près de 10 ans à le comprendre. Et c’est probablement ça qui m’a fait sombrer dans plusieurs autres patterns.

Pourtant, c’est tout dernièrement, probablement avec tous ces changements, que j’ai découvert que je valais beaucoup mieux que les fantômes du passé. Je n’ai pas poussé les folies trop loin, je préfère maintenant la qualité par rapport à la quantité. Mais il faut l’avouer, ce que je devais trouver pour me sauver de mon passé était somme toute simple, mais très superficiel. Et pourtant… j’ai retrouvé ce que j’aimais tant, mais avec une différence notable. Pour être cru, j’ai retrouvé une grosse bite uncut comme je les aime, mais au lieu que cela réveille mon côté soumis, c’est tout le contraire qui s’est produit. Je me suis découvert un côté dominant. Et c’est ironique de ne pas y avoir pensé avant; c’était comme trouver le meilleur des deux mondes; un petit mec avec une belle bite uncut; prêt à essayer plusieurs expériences, prêt à me donner le contrôle. J’en parle et je n’y crois pas trop encore. Pourtant, les dernières semaines me prouvent qu’au final, il ne me manquait qu’un peu de chair pour me laisser aller et prendre vraiment un rôle que j’avais déjà joué jadis plusieurs fois. À l’image de ces nouveaux cheveux qui me rendent plus jeune, j’explore moi aussi comme un ado; en faisant un 360 sur moi-même, en me permettant d’avoir du plaisir avec les yeux, tout en testant mon contrôle et mes désirs; des désirs différents qui ne sont pas dictés par des vieilles habitudes.

La seule chose que je trouve triste, mais que je comprends aussi, c’est le niveau de superficialité des réseaux de rencontres. De voir que personne ne me parlait ou presque avant… puis d’ajouter une nouvelle photo de mon moi version 2.0… pour que les offres se multiplient et fassent chauffer mon cellulaire. En même temps, je participe ironiquement à ce jeu des apparences. On y participe tous, évidemment. Alors, je prends la flatterie. Je profite de ce moment de bonheur, tout en sachant que le bonheur doit aller plus loin que l’enveloppe corporelle. Mais je continue de croire que lorsqu’on est bien dans sa peau, on attire nécessairement des gens qui sont bien dans leur peau aussi. Et comme d’habitude, je préfère faire confiance à la vie, et voir ce qui arrivera.

Une chose reste certaine; je suis loin d’être celui que j’étais lorsque j’ai mis les pieds dans ce gym, le 5 octobre 2017. Et puis, j’aurai 35 ans prochainement. Est-ce ça, le mid-life Krisis? Si c’est le cas, je trouve que j’ai clairement bien géré le truc. Je suis passé sous la barre des 200 livres et ça continue de descendre, je me sens bien dans ma vie et dans mon corps, je travaille comme un fou, oui, mais je sais m’arrêter et profiter des gens que j’aime aussi. Je découvre une nouvelle facette de ma sexualité. Je bois encore trop d’alcool, mais j’en comprends les conséquences. J’aime ma vie. J’aime l’endroit où je suis présentement. Je n’ai pas de manque; que ce soit par rapport à l’argent, à l’amitié, à l’intimité, à la famille, au travail ou à la perception de moi-même.

La seule chose qui est en suspens. C’est mon prochain roman. En lecture chez les éditeurs. Peut-être que je ne réussirai pas ma vie d’artiste et d’écrivain. (Soulèvement d’épaules). Si c’est ce que la vie me prédit, je pense que je l’accepterai, car j’ai fini de vouloir être une vedette, je n’en ai rien à foutre d’être populaire ou non, de vendre ou non. Je serai simplement triste de ne pas publier cette histoire, une histoire qu’une quinzaine de personnes ont aimée, mais après tout, on ne peut pas plaire à tous, peu importe la manière dont on tente de jouer avec son image ou de défier les années qui passent.

Voilà! C’était mon long et grand message d’espoir de l’automne. Je reviendrai peut-être à l’hiver 2019. Prenez soin de vous, et ayez confiance en vous; quand vous décidez réellement quelque chose, allez jusqu’au bout, malgré le karma, malgré les obstacles. On en ressort toujours grandi. Et c’est encore mieux si on reste vivant avec tout ça!

Je voudrais dédier tout ça à mon amie Émilie qui est décédée en septembre dernier. La première grande perte de ma vie adulte. J’espère qu’elle veille sur nous et qu’elle sait qu’elle sera toujours importante dans nos vies. La vie est courte, les gens vont mourir, c’est une fatalité avec laquelle il faut vivre. Profitons de notre temps, remettons-nous en question, et accomplissons nos rêves les plus fous.

Enfin, il faut remercier ceux qui nous accompagnent dans notre cheminement, car ils sont tellement importants à leur façon, je veux souligner leur contribution pour mon nouveau moi:

Entraîneurs : Charles Lamontagne, Raphaël Odemard
Personnal Shopper : Patricia Trepanier
Cheveux : Vincent Laroche – OneHead – Hair replacement solutions
Coiffeur : Simon Frédéric doré

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18 Juil 2018

La brèche Radiohead

Je ne pensais pas revenir si vite ici. Mais c’est plus fort que moi pour le moment. Certains le savent déjà, Radiohead a une importance (ou plutôt a eu une importance) primordiale dans ma vie…

J’ai vécu un ascenseur émotionnel ces dernières 48 heures. J’ai détesté le concert de lundi à Montréal. C’était mou, c’était mauvais, ils avaient l’air fatigués, ils ont livré une prestation molle. Je n’attendais rien du concert de ce soir (mardi). Et pourtant, si le concert de lundi était mon pire concert dans le top 16 (#16), celui de ce soir s’est hissé au numéro 1.

Le hasard fait sûrement bien des choses, mais il m’a prouvé que le moment présent reste encore le meilleur barème de la vie. Honnêtement, je me rendais à ce deuxième concert de reculons. Je pensais que le groupe allait jouer entre six et huit chansons différentes par rapport à la setlist de la veille. Mais non. Ils ont joué 19 chansons différentes. C’était un pari audacieux, un coup de dés, mais je pense que j’aurais voulu me tirer une balle si je n’avais pas assisté à la soirée de ce soir.

Il faut bien l’avouer, Radiohead a toujours bercé ma vie. Certes, les albums n’ont pas toujours été parfaits pour moi, mais reste que le groupe m’a toujours suivi dans mon cheminement et mes expériences. Ou plutôt, je l’ai toujours suivi.

Ne pas avoir d’attentes aura été le meilleur moyen d’être soufflé par un groupe qui n’a rien perdu de son mordant (alors que ce n’était pas le cas, lundi soir).

Je ne pouvais rêver d’une meilleure liste de chansons. C’était parfait de A à Z. Comme si j’avais chuchoté quoi jouer au groupe. J’ai presque eu l’impression qu’ils avaient lu mon post Reddit et qu’ils avaient acquiescé à mes demandes.

Au-delà de la satisfaction, j’ai vécu beaucoup d’émotions, ce soir. Je pensais que ça y était. Que même en entendant Reckoner, j’allais rester de marbre. J’avais envie de me prouver que le passé appartenait au passé. Que j’étais rendu ailleurs. J’ai tenu deux minutes. Jusqu’à la montée. Et puis, je me suis assis. Et j’ai vécu le moment présent. Tout en me rappelant du passé. C’était déjà foutu d’avance. Les larmes ont commencé à couler. Et plus ça avançait, plus je tremblais. Reckoner me rappelle 2007. Ce moment figé où je suis avec mes amis sur la Plaza St-Hubert, où j’ai envie de me tuer parce que le meilleur semble derrière moi. Mais cette chanson me rappelle aussi l’amour de la distance. L’amour perdu. L’amour qui revient et repart. C’est comme si cette chanson résumait parfaitement l’impermanence des autres.

On a beau faire le deuil des autres. Ils reviennent dans nos vies, dans nos souvenirs, dans nos rêves. Et ce qui fait pleurer, c’est de savoir que la vie ne sera plus jamais comme avant sans eux. C’est exactement le propos de mon nouveau roman. Étrange comme la vie aligne les astres pour nous faire avancer sur nous-mêmes.

Oh oui, je me suis saoulé ce soir. J’ai même fumé un demi-joint avant de partir vers le concert. Je n’avais plus rien à perdre avec la mauvaise setlist de la veille. Mais voilà. La vie nous joue des tours. Elle nous attend là où on ne l’attendait plus.

Et il y a eu Fake plastic trees. Encore une fois, je ne pensais pas vivre autant d’émotion. Je pensais être de marbre. Surtout, ne pas me rappeler les derniers moments où j’avais entendu cette chanson. En 2008, dans les bras de mon ex. En 2001, dans les bras de mon ex femme. Tout s’est mélangé à l’intérieur de moi. Toute la vie a défilé dans un éclair rapide. Ce fut un peu comme quand on voit les souvenirs de notre vie avant de mourir sur place. Je suppose. J’ai donc versé de nouvelles larmes. Ce n’était pas des larmes de tristesse. C’était surtout des larmes par rapport aux deuils que la vie nous présente sans cesse.

J’ai compris beaucoup de choses, ce soir. Des choses que je savais déjà, il ne faut pas se mentir. Le moment présent reste le meilleur moyen de se sortir de nos échecs. Il faut affronter, même quand la musique nous rappelle les événements passés et joyeux. Je n’ai pas pleuré de tristesse. J’ai pleuré de bonheur. Le bonheur d’avoir vécu tout ceci avec des gens. Le bonheur d’avoir partagé des moments avec les gens qui comptaient vraiment. Le bonheur d’avoir simplement pu vivre ma vie comme je l’entendais. Malgré les déceptions ou les trahisons. Ça n’a aucune importance. Vivre est beaucoup plus essentiel.

Tout cela m’a fait réaliser que je ne suis pas une personne facile avec qui vivre. J’ai plusieurs attentes envers les gens. Et souvent, je suis déçu, parce que mes attentes sont trop élevées. Parce que je donnerais autant que je veux recevoir, mais ça ne se passe pas ainsi. Je dois travailler à accepter ce genre de choses. À me dire que ce que l’on attend des autres ne peut pas toujours être à la hauteur de ce que l’on voudrait offrir.

Bref. Je reviens ici simplement parce que je viens de vivre un moment magique. Spirituel même. Et il y avait longtemps que je n’avais pas réfléchi sur les pertes et les gains qui se faufilent parmi les gens que l’on côtoie ou rencontre l’instant d’une seconde. Il ne faut pas se leurrer; nous sommes tous impermanents. Nous défonçons les portes de l’existence des autres sans savoir ce que nous en retirerons. Nous espérons nous faire aimer des autres. Sans obtenir nécessairement l’approbation que nous souhaitions. Nous sommes humains. Avec nos failles. Nos complexes. Nos défauts. Et c’est un peu l’histoire de chaque personne. Nous aimerons des gens qui se foutront de notre existence. Nous nous câlicerons des gens qui voudraient que l’on compte pour eux. La vie bouge. La vie se case. La vie s’éteint. Et plus on avance, plus on subira de rejet, de décès, de misère et d’incompréhension.

Au final, tout ça n’a que très peu d’importance. Nous allons marquer certaines personnes. D’autres nous marqueront au sang. Nous allons faire souffrir des amis. D’autres amis nous feront souffrir. Nous allons tenter de saisir le bonheur, et il nous filera entre les doigts. Mais pour un petit instant, quelques secondes, nous connaîtrons l’apogée du bonheur. Nous tenterons sans cesse de nous y référer. Que ce soit notre jeunesse, notre corps, nos relations… Nous chercherons toujours à devenir le meilleur de nous-mêmes, à faire la paix avec le passé et les autres. Même quand les autres ne seront plus là.

Qu’en restera-t-il? Je pense que malgré toutes les erreurs que l’on peut faire dans notre vie, nous devons retenir notre persistance à essayer d’être le meilleur de nous-mêmes. Et oui, quand j’écoute Radiohead, depuis plus de vingt ans, c’est là que ça me ramène. Un moment X. Un moment précis où j’ai atteint le bonheur. Comme si les concerts de ce groupe se cristallisaient dans le temps. Qu’ils pouvaient être des barèmes pour m’indiquer si je choisis le bon chemin ou le mauvais. Mais a-t-on le choix?

Enfin. J’ai vécu une soirée magnifique. Une soirée qui m’a fait prendre conscience que si je voulais avancer dans ma vie, j’allais devoir faire d’autres deuils. Des deuils difficiles. Encore. Mais je suis prêt. Et ça, même en pleurant, je peux dire que c’est une excellente nouvelle.

On s’en reparlera d’ici trois à quatre mois. Peut-être. Peut-être jamais.

 

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29 Mar 2018

Une fin heureuse

Bonjour à tous! Pas de larmoiements aujourd’hui. En fait, tout le contraire. Beaucoup de bonheur, de légèreté et de sagesse. C’est donc l’heure idéale… pour se dire au revoir.

Ça trottait dans ma tête depuis un certain temps. Même avant toutes ces histoires qu’on entend sur nos renseignements que Google ou Facebook emmagasine pour « mieux nous connaître » (lire, pour mieux s’infiltrer dans nos vies)!  Je me suis rendu compte qu’à force de laisser trop de traces sur le Web, je me nuisais probablement beaucoup plus que le bien que pouvait me procurer l’écriture ici.

Oui, j’ai vomi de nombreuses blessures sur ce blogue. Des pertes douloureuses. Que je n’arrivais pas à m’expliquer. J’ai étiré la sauce dans mon misérabilisme. Et l’image que je montrais ici était loin de la personne que je suis réellement. Ceux qui ne me connaissent pas dans la vie devaient sûrement se dire que j’étais un être somme toute assez pathétique qui ressassait sans cesse son putain de passé pas si glorieux que ça. C’est un beau résumé de ce blogue!  Mais je devais passer par là. Et je pense que j’avais besoin de l’exprimer à la planète entière. Dire que l’amour fait parfois mal. Que les moments heureux semblent si minimes par rapport aux départs qui arrivent toujours trop soudainement.

L’autre point, c’est que je venais automatiquement me plaindre ici uniquement quand ça n’allait pas bien dans une sphère de ma vie. Si on analysait ce blogue, on constaterait probablement une répétition du même problème, peu importe les dates. J’ai accumulé beaucoup de souffrances, et aujourd’hui, je n’ai plus envie de ce genre de vie. Je resterai toujours un de ces êtres nostalgiques qui aiment se rappeler son vécu. Certes. N’empêche, on se rend rarement compte que l’on va bien, parce qu’on est souvent trop absorbé par les petits problèmes de l’existence. C’est pourquoi j’en profite pour souligner que je vais bien. Que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas senti autant épanoui. Rien n’est parfait, mais tout se joue dans la perception et le regard que l’on porte sur sa propre vie.

Le blogue ne disparaîtra pas demain matin. Il sera encore disponible pour au moins une autre année. C’est que je suis en train de mettre un point final à mon prochain roman. J’en ai parlé très peu, parce qu’il me faisait peur. Il faut dire que c’est le premier roman qui ne me concerne pas vraiment personnellement. Oui, évidemment, je garde mon style et on peut me voir à travers les personnages fictifs du livre. Mais pour une fois, il n’y a rien de calqué sur ma vie, rien qui se rapprocherait de l’autofiction (sinon peut-être d’anciens fantasmes et certaines situations que nous vivons tous). Je ne sais pas ce qu’il adviendra de cet écrit. Mais je trouve ça beau d’arriver vers la fin de ce texte quelques jours avant le 4e anniversaire de la publication de mon roman précédent. Le temps file, notre vie change, notre discours et notre regard sur l’humanité se transforment en quatre années.

Je quitte donc la sphère virtuelle la tête haute. Je suis heureux. J’ai repris le contrôle de ma vie. J’ai même perdu près de 20 livres. Le sport m’aide beaucoup à envisager l’avenir positivement. Le travail me comble également. Même si je travaille beaucoup trop, mais je le fais dans le plaisir la plupart du temps, et ça, ça vaut beaucoup plus que l’argent. J’ai réussi à reprendre le contrôle de mes finances (je ne l’avais jamais réellement perdu, mais parfois j’angoissais avec le condo à payer). J’allais dire que je me taille peu à peu une place de choix dans mon domaine professionnel, mais je devrais plutôt dire: je me suis taillé une place de choix dans mon domaine professionnel. Je ressens la confiance des gens, et chaque jour, je donne le meilleur de moi-même. Eh oui, ça paie. Plus que je ne pouvais l’espérer même.

Non, je ne suis pas en couple. Mais j’ai tout de même fait un grand pas. J’ai réussi, à ma façon, à éliminer le souvenir ancré d’une relation malsaine passée. Comme si j’avais effacé les événements pour les recréer: même situation, même contexte, mais avec un autre, et sans mauvaise dépendance.

On dit que le bonheur est insaisissable, qu’une fois qu’on en prend conscience, il disparaît dans un détour obscur. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais pour le moment, je suis au sommet de ma forme, je me sens libre, j’ai reçu une belle dose d’affection dernièrement, l’argent rentre bien, mes relations familiales sont positives, et j’apprécie les amis qui me côtoient et qui restent près de moi. Ce sont les seuls qui comptent.

Oui, il y aura toujours les souvenirs des autres. Les moments plus creux. Les excès ou rechutes. Tout ça fait partie de la vie humaine. On ne s’en sort pas. Mais il faut affronter le moment présent. L’accueillir et l’accepter comme il se présente. J’aime à dire qu’on est toujours libre de nos choix. Mais plus encore, je crois que la vie nous oriente d’elle-même avec certaines avenues qu’elle nous présente.

Si j’ai un seul conseil à donner; c’est de prendre soin de vos relations humaines. Non, être amis sur Facebook ne vous garantit pas une longévité dans la vie des autres. Il faut provoquer le destin, rencontrer en chair et en os, avoir du plaisir et partager des moments. Aujourd’hui, les vrais amis savent qu’ils comptent pour moi. Ils se reconnaissent. Ils ont leur importance. Et ils ressentent que je suis quelqu’un de loyal.

Je n’ai pas toujours été fier de la manière dont j’ai traité les gens autour de moi. Je me cherchais beaucoup à une certaine époque. J’en voulais aussi si on ne s’occupait pas assez de moi. En vieillissant, je me rends compte qu’il faut cesser d’attendre la même chose en retour. Et c’est tant mieux si ça arrive. J’ai cessé de fabuler sur le futur, de me réfugier dans le passé, de regretter des actions, des moments, des paroles. Rien n’arrive pour rien. Nous sommes tous libres de travailler avec ce qui se présente. Et c’est un peu ça, vivre.

Que dire de plus. Je n’ai pas envie de dire adieux. Je sais que je pourrais revenir ici n’importe quand. Mais je dois refermer le livre de ma vie privée. Je dois couvrir mon jardin secret. En prendre soin et cesser de l’exposer aux yeux du monde. C’est un processus sain. Personne n’a besoin de tout savoir sur moi. Ou sur cette fausse représentation du moi que je dessinais ici.

Au fil des jours, certains articles disparaîtront. Surtout ceux qui concernaient mes exs. Il n’y a plus rien à dire sur eux. Il n’est plus nécessaire de laisser des traces de leur présence dans ma vie. Tout a déjà été dit dans mes romans, de toute façon.

Je serai heureux de revenir ici pour présenter mon nouveau roman, si le projet se concrétise. Si ce n’est pas le cas, eh bien, c’est la vie. Pile ou Face a fêté ses 20 ans en février dernier. 20 ans de ma vie sur le Web. À raconter le sexe, la drogue, les relations, les hauts et les bas. Je pense que j’ai fait ma part et ma place sur la toile. J’ai d’autres choses à dire, mais je garderai ça pour de vrais romans. Même si les gens lisent de moins en moins de bouquins. On verra bien, comme on dit.

Je ne sais pas si beaucoup de personnes ont eu le courage de me suivre depuis mes débuts. Je les remercie si c’est le cas. C’était une expérience assez intéressante, qui m’a fait rencontrer énormément de gens et vivre des situations, la plupart du temps, assez phénoménales.

Je suis maintenant un homme. Un adulte. Et j’ai assez de sagesse pour ne plus avoir besoin de cette béquille. C’était une belle béquille. Un beau blogue. Souvent dramatique, oui. Mais très libérateur. Je ne regrette rien. Ça faisait partie de ma vie comme le soleil qui se lève chaque matin. Je crois simplement qu’il n’est plus aussi essentiel d’exprimer mon intimité ici. Après 20 ans, je me sens un peu comme l’adolescent qui quitte la maison familiale. Et je n’ai pas de peine. Je suis prêt pour la suite.

J’espère que vous serez prêt à me suivre aussi, si je publie un prochain roman en 2019.

C’est une histoire à suivre. Et je vous remercie encore de m’avoir suivi. Que vous m’aviez détesté ou aimé n’a aucune importance. Je le faisais d’abord pour moi. Et je décide également de la fin de mes aventures de blogue pour moi. Parce qu’au final, tout a toujours été à propos de moi 😉

J’en profite pour saluer tous ceux qui sont passés dans ma vie, de même que tous ceux qui y sont encore présents.

Merci encore! See you soon (ou pas!)

Maxime xox

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14 Mar 2018

True love waits

Ça fait des siècles, on dirait.

Est-ce si réellement important?
Je ne sais pas.
Le processus est plus qu’enclenché. Je suis un adulte. Un adulte qui s’est lancé dans le travail, qui a observé monter son palier d’impôt une fois, deux fois, trois fois…

Je crois que l’amour disparu de certains amis et amours ont fait en sorte que je me suis « pitché » dans le travail. Et j’aime ça. Ouais, ça sonne weird. Mais je me rends compte que le travail est une échappatoire très efficace pour éviter de penser au passé.

Ma solution pour le passé est somme toute assez simple (essayez-là! Elle est magique). Elle se résume en quelques mots: au lieu d’avoir une pulsion et d’écrire à votre ex ou votre ex ami sur les réseaux sociaux; prenez une feuille de papier, écrivez, inscrivez l’adresse du destinataire sur l’enveloppe, puis laissez reposer jusqu’au lendemain. Le lendemain, prenez cette enveloppe cachetée, et déchirez-là.

Voilà le meilleur moyen pour sortir de vos angoisses tout en les exprimant.
Ça parait triste? Je ne suis pas certain. Devant notre réalité virtuelle, je trouve qu’il s’agit d’une solution saine qui nous permet de réfléchir à nos actes et nos pulsions. Pas une solution miracle, mais une bouée de sauvetage par moment.

Alors, voilà, je suis un adulte. Qui a compris bien des choses. Ironiquement, je n’ai pas envie de me les expliquer. C’est peut-être que je ne veux pas m’exprimer la réalité en face.

Je me sens comme quelqu’un qui achète du temps présentement.
En résumé, je me fais croire que ma mi-jeunesse me libérera un jour. Me fera connaître mieux que jadis. Et jadis est dur à battre. J’essaie sûrement de me dire let’s see what tomorrow brings. Mélange d’espoir et de désespoir.

La vie m’aura appris qu’on est et qu’on reste toujours seul. Seul enfermé dans son passé. Ou seul enfermé vers son avenir. Il faut choisir. Et c’est seulement aujourd’hui que je comprends mieux comment une personne de 40 ans et + peut tout envoyer en l’air. C’est parce qu’elle a connu la perfection avant de se retrouver devant le vide. De mon côté, j’ai l’occasion de me poser sur ma jeunesse; sur l’espoir que 34 ans n’est pas si vieux que ça. Je pense que je serais perdu complètement si je vivais dans le corps d’un homme de 45 ans. Il faut prendre ce côté positif. En faire quelque chose.

Pour le moment, je le lance sur ma carrière; sur ma vie professionnelle. Certains diront que c’est mal. Que c’est l’appât du gain. Mais je n’ai pas la tête à rêver de Disney. Je veux simplement contrôler mon horaire, ma vie, mon travail… et Dieu sait que ce n’est pas évident présentement. Il se passe beaucoup de choses au niveau professionnel. Et je perçois les désirs par rapport aux appréhensions.

Oui, j’ai remplacé l’amour et le sexe par le travail et les contrats professionnels. Je ne m’en veux pas. Il faut s’accrocher à quelque chose. Il faut faire le vide. Mais je mentirais si je disais que le travail remplace tout. Il comble bien des heures, mais il ne comblera jamais ces élans amoureux, amicaux et sexuels que j’ai vécus jadis.

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14 Fév 2018

Bonne Saint-Valentin (lol)

Bonne Saint-Valentin aux couples! Du moins, aux couples qui s’aiment encore des deux côtés haha!

Non, pas de drama aujourd’hui! Je vais faire cela très bref, parce qu’il n’est pas question de faire pitié. J’en ai ma claque anyway. Je sais que je déverse souvent toute ma mélancolie ici; celle qui ne représente en rien ce que je suis réellement. Un beau personnage.

Bref, pas de flafla. Je dis bonne Saint-Valentin aux couples heureux, qui doivent représenter 5 % de mon lectorat lol. Je vais même y aller avec une philosophie clichée; la vie est un train où tu continues ton chemin pendant que des gens embarquent et débarquent de ton wagon. Tadam!

Si j’ai appris quelque chose dernièrement, c’est que la séduction vaut toujours mieux que le cadenas du couple. Yeah, I know… pas joyeux comme réflexion.

Ce serait pathétique de dire que la Saint-Valentin me ramène vers l’arrière. Je pense plutôt que je prends cette excuse de cette « fête » pour revenir vers l’arrière. Nuance. 

Ma raison me dit: ceux qui t’ont déjà aimé sont loin dans leur vie, loin dans leur propre but, loin de toi.

Ceux qui t’ont déjà aimé jadis ont fait table rase, n’existent plus. C’est à peine si nous allons revenir dans les rêves de ces gens-là.

Et, la plupart du temps, je réussis à m’en convaincre. Mais dans ces moments qui devraient être animés et remplis d’amour, je ne peux que regarder vers l’arrière. Aucune analyse sur mon bien-être ou si j’étais vraiment heureux. Aucune importance. Car, ce qui reste dans le cerveau est égoïste. Il relate toujours le meilleur des autres, les doux souvenirs, les petits cadeaux et le sexe fabuleux! Peu importe ce que représentait notre salaire ou notre triste condition de vie jadis.

J’apprends un peu plus chaque jour que les gens qui sont débarqués de notre train n’ont plus aucune destination semblable à la nôtre. C’est un dur apprentissage. Surtout avec les putains de réseaux sociaux; qui nous rappellent que notre jadis vit encore aujourd’hui. (Et évidemment, s’épanouit totalement sur Facebook, comme une petite parure, un petit velours, une petite réussite de son triste parcours).

Et malgré tout, je reste fier. Fier de ceux qui ont embarqué dans le train, qui ont voyagé pendant plusieurs stations. C’était beau, c’était bon. Jusqu’à la catastrophe. Celle qui arrive toujours. Celle où tout le monde survit, mais sans nous.

Quelle est ma plus belle réussite en ce premier anniversaire de célibat?

Probablement d’être beaucoup plus terre à terre, ou à tout le moins, conscient que ma propre nostalgie doit être freinée; parce qu’elle est fausse. C’est de voir l’autre heureux qui nous ramène à notre propre misère. C’est de voir l’être perdu tout en étant épanoui qui nous ramène à notre propre mal-être. C’est de voir l’autre heureux, tout simplement, sans nous, sans qu’il ait besoin de notre aide, de notre soutien, de tout ce qu’on pensait qu’il n’aurait jamais pu se passer dans sa vie.

C’est ça, le choc. Observer de loin la réussite d’un autre qui a connu un certain succès sans même qu’on ait levé le petit doigt. Observer la réussite d’un autre qui n’a plus besoin de nous. Observer la réussite d’un être qui se ment peut-être, mais qui, au final, réussira toujours à se mentir quand il pense à son passé. À notre nous. Notre moi uni. Oui, à cette personne qu’il a finalement quittée. Celle qui aurait tant voulu de cette nouvelle renaissance; celle qui sera destinée à un autre; au prochain, au suivant.

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28 Jan 2018

Toujours après

Je vais faire bref cette fois-ci. Ça vient de me péter dans face lol. Décidément, cette 34e année me montre de grandes facettes de la réalité de la vie. It’s like love it or leave it. Je n’arrive même pas à croire que je n’avais pas analysé le passé de cette façon. Faut croire que vieillir nous fait réaliser plusieurs choses aussi.

Hey, en gros, je suis peut-être naïf, mais dans ce cas, je l’assume, parce que je n’avais jamais réalisé tous les adieux que je ne saisissais pas. Je dois avoir l’air stupide, right now. Pourtant, tout me semble si limpide (certains diront qu’il était temps lol).

Quand on prend le petit panier des gens qui nous tenaient à cœur depuis des années… je pense que, sans se mentir, on peut arriver à définir, après coup, le moment exact de notre dissociation. Et ironiquement, c’est rarement triste, c’est juste, la vie, la réalité, et même, c’est souvent un beau souvenir.

Loin de moi l’idée de mettre de l’ésotérique dans ce genre d’histoires,  mais je dois avouer que toutes mes finalités étaient déjà programmées, mais je ne m’en rendais simplement pas compte sur le moment, et plusieurs mois après même.

Ce sont les dernières secondes de toute rencontre qui nous indiqueront plus tard la fin d’une relation.

Exemple 1: mon premier amour de secondaire. Notre dernière rencontre. Out of nowhere. Nous étions en ligne tous les deux. Il m’invite à prendre un verre à Montréal. Nous vivons encore sur la Rive-sud. Je me laisse conduire par son char aucunement sécuritaire et sa conduite ultra mauvaise. Nous arrivons dans un bar. Ironiquement, le même bar qui précédait le trip qui allait détruire nos vies. Il me parle de ses conquêtes féminines. Je l’écoute en me disant que tout ce que je veux, c’est lui. Et pourtant, de retour chez moi, alors qu’il vient me porter en auto, je n’ai pas les couilles de lui dire tout ça. Je sais déjà qu’on ne se reverra plus jamais.

Mon deuxième grand amour, qui est venu chez moi pour la simple raison qu’il était trop accro à la drogue. Nous faisons des choses que je devrai taire, mais j’en suis satisfait. Et après quelques heures, il décide de partir. Je lui indique simplement que j’ai décidé que la drogue, c’était fini pour moi. Il me sourit. Je lui dis à bientôt, mais je ne le reverrai jamais non plus. Et après coup, je le sais, le simple fait de lui dire que je devenais clean concluait notre histoire.

Mon ex-copine, même si ex depuis longtemps, même si femme; ce soir-là; notre rencontre, notre désir, et moi qui vais trop loin. Je voudrais l’avoir pour moi, jouer un rôle d’homme qui domine encore une fois. Lui faire comprendre que je la désire, que je la veux. Et elle; de comprendre que je la veux simplement pour effacer la douleur de l’amant perdu. Elle n’avait pas tort non plus. Posséder pour éviter de souffrir de ne plus être dominé. J’en fais même un chapitre dans mon dernier roman.

Et, finalement, mon ex-meilleur ami. Qui me force à venir le voir en transport en commun à Longueuil. Chose que j’accepte, évidemment, parce que c’est mon meilleur ami. Et tout va bien. Les conversations sont saines, le futur est beau. Et notre départ, devant un bar dans le vieux Longueuil, à se serrer si fortement dans nos bras. Un adieu que je voyais comme un au revoir. Mais un adieu réel, puisque c’est la dernière fois que je le voyais. J’aurais dû comprendre que son attachement si fort était un message plus grand que l’instant du moment.

Et pourtant, je sais très bien que peu importe, on n’arrive jamais à saisir les adieux de ceux que l’on aime, au moment où ils se déroulent. C’est seulement plus tard qu’on comprend toute la charge et toute la portée de ces étreintes qui signifiaient des adieux.

Je ne pourrai pas dire que mes 34 ans auront été de tout repos. Toutes ces pertes m’ont fait réfléchir à la signification des gens dans nos vies. J’ai finalement compris que nous étions tous sur un compteur; nous avons tous une date d’expiration. Ma seule tristesse restera toujours de ne pas avoir été au courant de la date exacte. Mais c’est un peu ça, vivre, exister et communiquer (ou non) avec nos semblables.

Je pense que si je vous donnais le simple exercice de réfléchir à votre dernier moment avec un être cher, vous pourriez trouver des éléments qui vous dictaient déjà qu’il s’agissait d’un adieu définitif. Certes, on essaie de faire du sens avec nos derniers moments. Mais je pense que la plupart du temps, on essaie beaucoup de remettre tout ça sur la faute de l’autre, en se disant que si cette personne était revenue nous relancer, la relation aurait continué. C’est un énorme mensonge. Je pense que chaque personne nous dicte son adieu lors d’une dernière rencontre. Il faut simplement analyser le tout avec du recul. Et dans 95% des cas, on se rend compte que, même inconsciemment, chaque personne qui est entrée dans notre vie a annoncé son départ au dernier moment.

Il faut ensuite gérer cette perte, cette absence. Se dire que rien n’arrive pour rien. 

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24 Jan 2018

La fausse représentation de nos nombreux secrets

Tous semblables; il est inutile de préciser que nous avons tous nos secrets, ou plutôt une représentation de nous-mêmes en public par rapport à notre réalité intérieure. Jusque-là, rien de scandaleux; il est même sain d’avoir notre jardin secret.

Mais je questionne beaucoup sur cette représentation erronée que l’on offre dans le monde virtuel et dans la vraie vie, par rapport à ce que nous vivons et cachons dans notre for intérieur. Déjà, je me considère beaucoup trop comme un livre ouvert, et je sais que ce blogue a longtemps fait partie de ce livre ouvert pour tous justement. Évidemment, plus les années avancent, plus les difficultés s’accumulent, et plus l’on se rend compte qu’on n’en dit pas beaucoup sur nous ou sur les événements réels de nos vies.

Je ne mens que très rarement. Sur le Web, je veux dire. Dans la réalité, le mensonge blanc est facile et quasi instantané. Il ne fait de mal à personne; on le fait tous, on le vit tous, ce n’est pas le propos de ce que je veux raconter ici. Ce qui m’inquiète, c’est l’impossibilité de fournir une honnêteté totale sur ce que je vis et sur ma réalité de la vie. Ce n’est pas par pudeur (on le sait depuis longtemps), c’est plutôt pour éviter que les choses s’ébruitent. C’est un peu idiot, mais les conséquences d’être un livre ouvert sont trop nombreuses pour s’ouvrir aussi facilement.

En dire trop sur nos désirs démontre souvent un degré de dépendance dans les yeux des autres. Ou alors des appels à l’aide qui n’en sont pas réellement. Il est donc difficile de parler de ma vie professionnelle, de ma vie intime, même de mes amitiés ou de mes attirances.

Nous arrivons au début du mois de février bientôt; et ce mois a toujours pris l’allure d’une introspection pour moi. Cette année, il revêt également le triste anniversaire de ma première année de célibat. Triste n’est pas le bon mot, puisque je ne suis pas triste d’être seul, je suis surtout déçu des relations humaines. Et il faut dire que 2017 a été une année de pertes assez intense de mon côté.

Je n’ai pas nécessairement envie de revenir sur les ex-amours ou les ex-amitiés. C’est certain que j’y pense encore par moment. On le fait tous. En silence. Moments de faiblesse qu’on ne veut surtout pas dévoiler aux autres. La vie avance, les gens s’effacent, on connaît tous ce tralala du quotidien qui nous frappe après des mois de déni. L’ironie, c’est que je n’ai jamais eu une vie aussi rangée et dictée par le travail et le sport. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais encore ici, je dois garder des secrets que je voudrais bien dévoiler au grand jour. Eh non. Nous ne sommes plus en 2001 où quelques centaines ou milliers de personnes pouvaient me lire sans me connaître réellement. Chaque mot qui s’écrit peut maintenant se retrouver dans les mauvaises mains, et c’est un peu cet élément de l’anonymat du Web qui n’existe plus dont je m’ennuie.

Alors, il faut parler en paraboles. Pas le choix. Même si on n’a pas de message direct à faire passer à quelqu’un en particulier. C’est notre triste réalité du virtuel à présent. Dire, sans rien dire. Ou du moins, sans tout dire.

Ce que je peux dire, c’est que je ressens le manque de chaleur humaine. Oh, il y a bien du désir, de la séduction, des tentatives, des erreurs, des doutes… mais rien qui m’anime assez pour bouleverser mon monde. Même les bouleversements professionnels ne me procurent pas le challenge que j’aurais espéré. Inutile de dire que mes amours inexistants ne me procurent rien non plus.

Je crois que je développe tranquillement une peur de rencontrer. Une peur que je rejette allègrement sur deux points en particulier: ne pas me sentir assez bien dans ma peau, mais surtout une peur de faire des actes qui pourraient m’affecter (disons-le; sexuellement parlant). Cette peur d’attraper des virus commence à me rendre paresseux. Et je ne pense pas que je suis le seul dans ce cas. On a tous envie de baiser, sans avoir nécessairement envie des étapes préalables. Mais en même temps, on n’a pas envie de prendre le premier inconnu, parce qu’on a peur de se retrouver avec une laide infection. Alors, on tourne en rond. On ouvre les applications de rencontre, sans pousser le jeu jusqu’à la rencontre. Et les mois passent, et on ne rencontre personne. Et on se plaint qu’on ne rencontre pas. Mais l’envie y est-elle vraiment?

J’aimerais que ce soit plus simple. Ou plutôt, j’aimerais être plus naïf ou plus frondeur; pas dans le sens de me foutre des précautions, mais au moins de cesser d’avoir peur de la peur. Un coup de poignet plus tard, et c’est oublié jusqu’au prochain questionnement. Alors, on travaille (trop), on paie les factures et on écoute Netflix. N’est-ce pas une vie terne pour un trentenaire?

Je suis pourtant assez lucide; je ne cherche pas nécessairement le coup de foudre. Je ne sais même pas si je cherche l’amour. Ce que je sais, c’est que j’attends quelque chose. Quelque chose qui ne vient pas. Qui ne viendra peut-être jamais. Je me surprends par moment, à me dire: eh ben, voilà. Tu as vécu ce que tu avais à vivre; tes passions, tes folies, tes trips lumineux ou dark, ta sexualité débridée, ta sexualité de couple posé, ton désir ardent de l’autre. Peut-être est-ce le temps d’accepter que rien d’autre ne viendra. Peut-être est-ce le temps de te dire que tu as déjà vécu le meilleur et qu’il est derrière toi. 

Je hais me dire ce genre de truc. Ça m’horripile de me dire que, peut-être, la vie va continuer ainsi, dans une attente qui ne sera jamais comblée. N’est-ce pas triste, même dramatique, à mon âge? Est-ce la réalité de notre monde, que de ne plus pouvoir espérer quelque chose de vrai, de poignant et même d’intense? Je ne sais pas. Car on ne peut jamais réellement savoir.

J’essaie de vivre dans le présent. Du mieux que je le peux. Avec les pertes obligatoires. Les deuils à oublier. Les amours et les amitiés du passé. En réalité, la plus grande ironie présentement, c’est que je vis sans vraiment vivre. Ou alors, je vis au jour le jour, dans le présent, parce que c’est ce qu’on nous enseigne à faire: n’imagine surtout par un futur inconnu, ne reviens surtout pas vers la nostalgie du passé non plus. Mais ce présent vécu, quand il se résume au travail, au sport et à une vie bien rangée; que reste-t-il de divertissant?

Parfois, je me dis que j’ai été trop choyé dans ma jeunesse. Voilà. C’est la raison ultime de ce grand vide qui persiste. Mais avec le temps, j’ai appris à me méfier de ce genre de raisonnement. Chaque fois que je l’ai eu, quelques mois plus tard, je regrettais d’avoir pensé de la sorte. Parce qu’on veut tous revenir un peu en arrière, revivre certains moments, certaines rencontres, certains événements. Mais la vieillesse prend le dessus. Ce n’est pas nécessairement le mal, mais ça me semble toujours plus laid que ce qui était dans l’avant.

Et mes petits bonheurs des derniers temps se résument beaucoup plus à une destruction de l’avenir qu’à un cheminement lumineux vers l’avant. Non, il n’y a plus de sexe intense. Non, il n’y a plus de drogues malsaines. Non, il n’y a plus de nuits blanches. Et parfois, je me dis: ce qu’il en reste, c’est une vie linéaire, sans intensité, sans passion et avec beaucoup de masques. Je suppose qu’on s’assagit avec le temps et les années, qu’on devient tranquille par obligation.

Certes, je pourrais tout envoyer balader. Mais pour quoi? Il n’y a rien de plus qui me motive à réaliser une coupure drastique avec ce que je suis. Parce que, malgré tout, je ne suis pas mauvais, je ne vais pas mal; la vie me berce doucement de jour en jour. Et surtout, je n’ai envie d’aucun événement dramatique pour me foutre une claque en plein visage. Même si je sais que c’est souvent avec ça qu’on se réveille; la grande gifle, le pathos qui nous fait prendre conscience de quelque chose, qui nous fait faire un virage complet.

Moi, dans le fond, tout ce que je voudrais est bien simple. Mais encore une fois, mon masque virtuel ne peut prendre le dessus sur le masque que je porte en société. Ça fait partie du pacte. Et même si je souhaitais une destruction totale de mon être virtuel, je ne pourrais jamais me passer de ce que je suis ici ou partout sur la toile. Il y a comme une injustice, un combat perdu d’avance. Le seul moyen de passer outre, ce serait de rencontrer le bouleversement que l’on recherche tous; mais celui qui ne fait pas mal, celui qui s’amène dans son positivisme, pour nous brasser la cage et nous faire réaliser qu’on devait parcourir tout ce chemin plat avant de s’envoyer en l’air allègrement.

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03 Jan 2018

En 2018

En 2018, j’ai souhaité Bonne Année à mon « meilleur ami » depuis les 17 dernières années. Il a vu le message. Il m’a bloqué de Facebook.

En 2018, j’ai souhaité Bonne Année à mon ex. Il s’est mis en couple le jour d’après.

En 2018, j’ai souhaité Bonne Année à mon autre ex. Il a supprimé mon message directement.

C’était les trois derniers jours de 2018 où je pensais à ces personnes. Parce que je mérite crissement mieux que ça.

Bon c’est pas vrai. Mon ex Fred mérite amplement de retourner en couple, d’être aimé à sa juste valeur. Parce que c’est une très bonne personne et il mérite vraiment du bon et de la joie. Ceci étant dit, j’ai tout de même froncé les sourcils quand j’ai vu que son nouveau mec était fiancé juste deux mois auparavant. Isn’t it weird? Ça ne me regarde plus anyway.

Me voilà donc de retour sur le marché. Dans tous les sens du terme. Les nouvelles amours, les nouvelles amitiés, les nouveaux hommes, les nouveaux jeux sexuels, bring it.

Je le répète comme un perroquet depuis des mois et des années, je veux tuer la nostalgie et cesser de vivre dans le passé. C’est le moment parfait pour faire table rase. Pour absorber le choc simpliste: ceux qui ne veulent pas de moi n’ont qu’à aller se faire foutre. Et pour de bon. Je raye. Je biffe. Je discarte.

2018, ce sera s’ouvrir vers l’inconnu et la nouveauté. Point-barre. Bonne année à tous, sauf aux trous de cul dont je ne veux plus entendre parler!

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28 Déc 2017

Résumé de 2017

Ce sera un court résumé. Right on spot. Je ne sais pas comment décrire 2017, parce que je ne connais pas ce qui vient ensuite, c’est aussi niaiseux que ça.

Je mentionnerai seulement quelques points. 2017 a été hard en criss. Cela étant dit, la difficulté apporte un éveil supplémentaire. I guess. 

Je prends le temps d’écrire ici, pendant que ma pizza végé brûle dans le four, parce que le moment est là, c’est le temps, c’est l’heure des bilans. Comme je disais, ce sera short & sweet (ou pas).

Je ne sais même pas par quoi commencer. Allons-y avec les pertes. Soyons honnêtes. Depuis 2009, malgré la rupture, je n’avais jamais coupé les ponts avec mon ex. C’est weirdi know, mais… c’était de même. Au mois d’août dernier, alors qu’on aurait pu se voir, il a chocké. Pas d’explication. Plus de 45 jours avant que je me tanne et lui dise fuck off. Je l’aurai toujours dans le coeur, celui-là, mais je lui ai écrit qu’il était mort pour moi. La vie a décidé que j’allais le croiser sur la rue parce qu’il travaille devant chez moi. Faudra faire avec.

2018 est le départ définitif (oui, pléonasme) du passé. Everything is fine now. Il m’est physiquement et mentalement impossible de continuer le combat de la nostalgie. Il y a trop d’autres préoccupations, d’autres objectifs.

2017 a été de la merde, disons-le, au moins jusqu’en octobre, où j’ai décidé de me prendre en mains, pour de bon. Et le chemin s’est ouvert; je commence tranquillement à redécouvrir ma vie. Pas encore sexuellement, non. Je ne sais pas ce qui m’empêche, mais je prends mon temps.

En 2017, j’ai aussi perdu un être cher, sans comprendre pourquoi. Je suppose que c’est un peu ainsi quand un proche voit la vie de quelqu’un d’apprécié s’éteindre. Je ne sais pas. Mais je le ressens au même niveau que la perte de l’Ex. C’est la première fois que je vais utiliser ce blogue si directement: « hey Pom, si tu me lis, sache que je n’ai aucune rancune ou rancœur envers toi. Je ne saurai jamais ce que j’ai fait de si dramatique pour que tu signes la fin de notre amitié, mais je t’aimerai toujours, peu importe où tu es, ce que tu fais ou ce que tu as réalisé. Je respecte ton choix, c’est le tien, je ne veux pas le juger, tu as le droit de penser ce que tu veux de moi, de me reprocher bien des choses. Si mon absence te rend plus heureux, je suis content pour toi. C’est correct, je ne formulerai aucun reproche. Take care mon meilleur ami. »

Ce qui fait le plus mal? Quand je me connecte au travail et qu’on me demande une question codée: « Le prénom de votre meilleur ami ».

2017 m’aura enlevé un ancien amour de dix ans et un meilleur ami de plus de quinze ans.

Je ne suis pas exceptionnel, je suis certain que tout ceci est arrivé à tous ceux qui me lisent et qui ont plus de 30 ans. On croit que l’on est toujours unique, que tout ce que l’on vit est original, est digne d’une exception. Au fond de nous, on sait bien que c’est faux, mais on préfère se dire que personne ne peut réussir à nous comprendre. On pourrait presque dire we’ve wasted so much time. Mais ce ne sera pas mon cas.

Comme pour mes relations amoureuses, je ne regretterai jamais mes relations amicales. On peut bien me renier, m’ignorer, me rayer de sa liste, tous les souvenirs resteront, tout le bon d’avant sera là, je garderai le meilleur pour toujours.

Il ne faut pas seulement souligner le négatif. La vie nous apporte parfois autre chose que du mal. Pour exemple, je n’ai jamais été aussi épanoui au niveau du travail et de la famille. On demande mon expertise partout en mettant le bon prix. Ma relation avec mes parents n’a jamais été aussi saine. Je n’ai jamais ressenti autant d’amour en les serrant dans mes bras avant leur prochain départ. Même avec ma famille élargie. Je me sens choyé d’être aussi bien entouré. Ma relation avec ma cousine est encore plus forte. Tout va bien, et je pense que c’est ce qui compte. J’ai vécu également un merveilleux souper de Noël avec mes amis de jeunesse. De belles confidences. Et une joie de partage remplie de bonheur et d’alcool.

On ne peut pas tout avoir dans la vie. C’est un peu ce que 2018 m’annonce. Mais je prends tout le positif, et je laisse la nostalgie aux autres.

Eh non, je n’ai toujours pas recommencé à dater.  Bientôt 10 mois. Je n’en ai aucune honte. C’était un choix personnel. Mais le désir s’amène, les histoires s’effacent, c’est l’heure de se remettre à jour. Et c’est commencé.

Ne reste plus qu’à vivre, et à voir les gens qui seront présents.

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06 Déc 2017

La vie qui s’amuse

Eh lalalalala…. Je ne devrais pas être en train d’écrire ceci, mais mes doigts s’activent quand même sur le clavier… J’ai de la difficulté à comprendre pourquoi la vie s’acharne sur le passé. C’est de l’ironie pure et dure. Avec un petit coup de poignard au ventre en prime.

What are the odds? Seriously? C’est ce que je me suis dit quand je revenais du travail au coin de ma rue. En fait, la première chose qui m’a passé en tête, après la sensation d’un coup de couteau au ventre, c’est que cette petite intersection a toujours eu son importance inconsciente dans mon existence. Je me suis d’abord dit que le scénario se répétait.

En effet, il y a plus de 10 ans, sur ce même coin de rue, je croisais mon premier amour par hasard. Je m’en souviens encore. Je revenais d’une journée de travail au ministère de l’Éducation, et comme ça, par hasard, nos chemins se croisaient après 8 années de silence. J’avais trouvé l’événement cocasse. On ne s’était rien dit, je n’avais que prononcé son prénom par surprise.

Je savais qu’un jour j’allais recroiser l’autre amour de ma vie. Je me disais que ça allait être au hasard d’un détour, quand on ne s’y attend pas, car on ne s’y attend vraiment jamais, même si Montréal est plus petit que l’on pense.

Plus de 10 ans après ce détail, sur le même coin de rue, j’ai recroisé Luc. Il tapotait sur son cellulaire; peut-être pour faire semblant de ne pas me voir, peut-être qu’il ne m’a réellement pas vu. Ces événements se passent souvent trop rapidement; je m’en suis rendu compte, j’ai pensé m’arrêter, puis je me suis souvenu que ça ne servait à rien de courir après quelqu’un qui nous fuit depuis si longtemps. Mais je ne peux m’empêcher de ressentir un petit pincement. L’effet de surprise, mais surtout l’effet de répétition.

Je ne connais pas la raison du pourquoi, mais cet axe, ce petit bout de chemin, cette rue bien connue, c’est quand même celle où j’ai décidé de m’établir, d’y acheter un condo. Je ne comprends pas les raisons de la vie, je n’ai pas d’explications, je me demande juste le pourquoi de cet acharnement.

C’est comme si chaque fois que je m’émancipais de mon passé, on me le rappelle à la première occasion. Je ne suis pas si naïf, j’ai fait A+B assez vite; Luc travaille exactement à l’endroit où je travaillais il y a presque 10 ans. Comme si la vie voulait appuyer sur le bobo, faire en sorte que l’on se recroise.

Je sais, je devrais considérer le tout comme une anecdote. Car, ce n’est pas plus que ça, au final. J’en suis bien conscient. Et pourtant, une petite voix me crie que ça n’a pas de sens, et que même si je devrais cesser de faire du sens avec tout ça justement, le seul moyen de me sortir la tête de tout ça, c’est de continuer mon chemin en souriant. C’est bien ce que je compte faire. Je ne crois pas qu’il y a plusieurs solutions à ce « problème ». Garder la tête haute, sourire, et continuer son chemin. Un peu à l’image de l’existence en général. Ce n’est pas si original de croiser le passé sur son chemin. Ça fait juste foutre un peu le bordel dans nos sentiments.

Il est peut-être là le problème. Je dois être dû pour recommencer à fréquenter des hommes. La triste réalité, c’est que je n’en ai pas vraiment envie. Il y a bien le désir sexuel. L’espèce de folie interne qui me dit qu’il serait fucking temps de sucer une bite. Mais un coup de branlette, et je reviens vers le désintérêt. Pour ça, je ne suis pas comme mon ex, justement. Je ne remplace pas assez facilement ceux qui m’ont marqué.

J’ai lu mon horoscope quelques secondes avant de sortir du métro. Quelques secondes avant de croiser feu l’amour de ma vie. Ça bouleverse toujours un petit peu, ça pète toujours un peu comme un feu d’artifice dans les tripes. On ne peut pas combattre contre ça. Je risque de croiser Luc de nombreuses fois. Il faudra être fort sur ce coin de rue. Retenir le désir de l’arrêter. Retenir le désir même d’y penser.

Une chance que tout va bien ailleurs.

Même si sans amour ni sexualité, la vie n’a pas vraiment de sens. Deal with it. 

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17 Nov 2017

40 jours sans médias sociaux

Défi réussi: larguer Facebook pendant 40 jours. Ce n’est pas grand-chose, certes, mais pour moi qui étais somme toute accro aux réseaux sociaux, j’avais envie de parler de ma petite expérience.

Pour les puristes et négatifs; en 40 jours, j’ai publié trois messages sur mon mur. Le premier pour réagir à l’affaire Salvail, le suivant pour réagir à l’élection de Valérie Plante et le dernier pour remercier les gens pour leurs souhaits d’anniversaire.

Ceci étant dit, je dois avouer que j’appréhendais beaucoup mon absence virtuelle. Facebook s’immisce doucement mais fermement dans nos vies, et c’est le quotidien, au jour le jour, qui m’a le plus manqué au départ. Par exemple, ouvrir mon cellulaire le matin et tenter de consulter mon mur, avant de me rendre compte que je n’avais plus l’application. D’ailleurs, l’application Messenger de Facebook est très intrusive. Même en la supprimant complètement, elle restait tout de même sur mon téléphone pour m’avertir que quelqu’un m’écrivait un message. Tout pour ne pas se faire oublier! J’ai dû faire quelques tours de passe-passe pour m’en débarrasser pour de bon.

Ceci étant fait, les premiers jours ont tout de même été difficiles. Tout ce temps libre, tout à coup; tout ce temps gratuit à ne pas faire défiler des publications légères, des quiz et des publicités. Après trois jours, l’envie se faisait déjà moindre. Comme on s’habitue à la présence de quelqu’un, il faut s’habituer à son absence aussi.

L’autre élément, c’est que je ne voulais pas avertir les gens que je délaissais Facebook. Je trouvais que ça faisait mal paraître, comme si j’avais voulu me faire convaincre de ne pas partir du réseau, un peu comme un mec qui a besoin de se faire dire je t’aime! Facebook n’allait pas dire son dernier mot! Oh non! Il a commencé son travail en m’envoyant des courriels chaque jour: Avez-vous lu ce que votre ami X a publié il y a 24 heures? Un peu à l’image de quelqu’un qui veut arrêter de boire… mais qui travaille dans un bar. Il faut prendre sur soi-même.

Et parlant de boire, c’était un peu la constatation malsaine que je voyais en Facebook. J’ai fini par réaliser que j’aimais (le mot est faible) boire de l’alcool et m’installer sur les réseaux sociaux pour m’amuser avec les autres. Un peu comme si je voulais être seul dans la foule, sans réellement assumer cette solitude. Et au nombre de niaiseries que je publiais sur ma page ou celle d’amis, j’avais vraiment ce désir de créer une brèche, une vive déchirure dans ce paradoxe.

Il faut dire aussi que j’avais autre chose pour m’occuper. Ne plus boire d’alcool, éviter la fête, me concentrer sur moi-même et mon corps. À coup d’entraînements intensifs avec des professionnels, jusqu’à cinq fois par semaine. Avec l’absence de l’alcool venait tout naturellement un moindre désir de me connecter aux réseaux sociaux. Une belle raison pour se taire, ou du moins, pour éviter d’écrire des conneries.

Les 40 jours maintenant derrière moi, j’en tire une belle leçon: le juste milieu. Au départ, j’étais certain que j’allais tout simplement revenir sur Facebook et reprendre ce que j’avais mis sur pause un petit moment. Mais prendre du temps pour soi fait changer de perception sur notre vie et nos actions. Certes, je reviendrai sur Facebook. J’y écrirai des statuts. J’échangerai encore certains messages. Mais je crois que j’étais bien naïf de penser que tout allait revenir comme avant. Ce ne sera pas une question d’efforts ou de me retenir de publier, c’est plutôt mon intérêt qui a changé, ma vision de la chose qui s’est modifiée. En fait, je n’ai plus besoin de Facebook. Et c’est la même chose pour tous. Nous n’en avons pas besoin. C’est Facebook qui a besoin de nous. Pour nous dévorer nos précieuses années, pour faire en sorte que l’on passe le plus de temps possible avec lui, loin de la vraie vie, loin de ce qui compte vraiment.

Maintenant, quand j’observe certains chroniqueurs dans ma liste, qui publient plusieurs messages par jour (non liés à leur travail), j’ai plutôt un sentiment de tristesse pour eux. Ils devraient prendre ce temps pour créer, pour peaufiner leur art, pour passer du temps avec leur famille ou leurs amis. Quelque chose de moins virtuel. Quelque chose qui recherche moins l’approbation ou la confrontation des inconnus qu’ils ne verront jamais. À chacun ses choix et sa vie, je ne suis pas là pour me la jouer sauveur et faire une secte anti-Facebook. Je suis juste très zen de ne plus me sentir obligé d’agrémenter mon réseau social. Et je pense que le point le plus essentiel est le suivant: les vrais amis, eux, n’ont pas besoin de nous lire sur une plateforme. Ils savent où nous sommes, ce que l’on vit, ce qui importe, les bons coups comme les mauvais.

À la différence des gens qui publient seulement le côté lumineux de leur vie, j’étais de ceux qui balançaient aussi le côté sombre et le côté chialeux. Je n’en ressens plus le besoin à présent. Et c’est réellement un sentiment de libération. Je n’ai plus besoin d’une course aux likes, de savoir qui me lit, qui me juge ou qui m’appuie. Tout ça n’est que du virtuel, de la notoriété inexistante, impalpable et dont personne ne se souviendra dans quelque temps.

Je ne veux par contre pas donner l’impression d’être amer ou de juger ceux qui prennent du plaisir à envahir leur Facebook de messages. Ce n’est pas mon but, et à vrai dire, je n’ai aucun intérêt à partir en croisade pour convaincre qui que ce soit du bien fait de larguer ce réseau. Vivre et laisser vivre. C’est un peu ma conclusion sur cette expérience.

Alors, qu’ai-je fait de tout ce temps? Comme je l’ai dit plus haut, beaucoup d’entraînement; ce qui m’a libéré l’esprit. De la course, du vélo, des poids, des circuits, de la boxe, du gym. Je me trouve par contre bien naïf d’avoir cru que j’allais atteindre mes buts en six semaines. J’ai finalement compris qu’il n’y a pas de recette miracle. Ce n’est clairement pas en six semaines que je vais me remettre totalement en forme. J’ai perdu quasiment 10 livres, c’est un bon début, mais j’ai compris qu’il en serait ainsi pour le reste de ma vie. Je me suis bâti un équilibre durant ces quelques semaines, et mon intention est de continuer dans cette voie. C’est facile quand on y pense, mais ce fut tout un processus de parvenir à cette constatation. Car on cherche toujours la facilité, la rapidité. Mais non. Ça n’existe pas.

Mon plus grand highlight de l’automne reste quand même la rencontre avec mes deux entraîneurs privés. Oui, ils m’ont fait sacré mon lot de jurons, oui j’ai sué, j’ai dégoutté devrais-je dire, mais c’est exactement ce dont j’avais besoin. Me faire pousser dans le dos, me faire dire que j’étais capable d’en faire plus, de me dépasser dans chaque petit mouvement. Je lève donc mon chapeau à Charles et Raphaël, qui m’ont toujours accueilli d’abord comme un ami, au lieu d’un simple client.

Sans alcool, il y a aussi plus de lucidité. Que ce soit au travail ou dans la vie en général. Dans mon cas, encore plus par rapport à mon passé, ce passé auquel je tenais tant sans réellement savoir pourquoi. C’était surtout parce que je noyais le deuil à répétition dans le vin. Lorsqu’on élimine cet élément, on n’a pas le choix de réfléchir un peu plus à ce qui nous a amenés là. Et j’ai fait du chemin à ce niveau. Je suis en constant apprentissage certes, mais j’ai appris à laisser les gens partir avec plus de sérénité. Non, on ne remplace jamais ceux qui ont influencé notre vie, on ne peut pas les oublier non plus, mais on peut accepter leur départ, et je peux dire que j’ai enfin scellé ces petits deuils pour lesquels je m’accrochais comme à une bouée dans l’océan. J’ai compris que je pouvais lâcher la bouée, et qu’au final, mes pieds touchaient encore au sol. Je marche donc tranquillement vers le rivage pour me sortir de l’eau.

En apprenant à se connaître ainsi et en continuant à travailler sur soi-même, on finit par mieux se comprendre, et on sait de plus en plus ce qu’on désire et ce qu’on ne veut pas. La preuve est que je n’ai pas du tout rencontré durant ces six semaines. À vrai dire, le sexe était peut-être également une échappatoire pour moi. Vieillir, mais aussi diminuer mes soirées folles, m’a permis de me concentrer sur l’essentiel; m’ouvrir à quelqu’un qui comptera vraiment pour moi. Je ne suis pas dupe; le monde gai est un monde rempli de déceptions, mais je ne ressens plus l’urgence de baiser pour baiser, et encore moins de trouver l’amour le plus vite possible. J’ai confiance qu’en étant de mieux en mieux avec moi-même, je pourrai enfin offrir du bonheur dans la vie d’un autre. Histoire à suivre.

Alors voilà, c’était le petit récit de mes 40 derniers jours. Je ne les regrette pas. Ils m’ont montré le chemin à poursuivre, et ils m’ont surtout fait prendre conscience qu’avec un peu d’efforts, je retrouvais ma détermination d’avant.

Ma première publication Facebook sera donc cette entrée de blogue. Peu de gens la liront, parce que ce sera trop long, mais ces mêmes personnes passeront trois heures à faire défiler une barre de navigation pour lire des messages idiots et voir des publicités sur leur mur. On ne peut pas changer la technologie ni les gens, on peut juste s’aider à améliorer son existence en diminuant les choses frivoles et virtuelles qui n’ont aucune importance.

Il était temps… à maintenant 34 ans.

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13 Oct 2017

La facilité n’existe pas

Note 1: personne ne va lire cette entrée, puisqu’elle ne sera pas publiée sur Facebook (c’est là qu’on est rendu, eh oui). Note 2: Après ce beau petit texte kétaine en image, je peux dire que je suis encore dans la difficulté.

La semaine numéro 1 s’achève déjà, et je dois avouer que je suis mitigé. En fait, c’est la première fois que je ressens un vrai obstacle dans mes décisions. Ça arrive souvent le vendredi, quand il n’y a rien de prévu à l’horaire, quand je sais que je vais rentrer du travail et me retrouver seul dans mon condo. Je pourrais dire que la solitude ne me dérange pas le moins du monde, et c’est la réalité, sauf dans ce petit espace-temps du vendredi soir au samedi, où le choix de sortir boire un verre n’est plus possible, et où je me dis qu’il est quand même préférable de ne pas tenter le diable, car voir des amis qui boivent de l’alcool et fument devant moi, c’est un peu trop tôt pour mon petit état mental.

J’ai fait ce que j’avais dit que j’allais faire. J’ai engagé deux entraîneurs privés pour me botter le cul. Je viens d’achever une semaine de cinq entraînements. Dans deux gyms différents. Avec des horaires différents chaque jour. Avec des gens différents. Avec des exercices différents. Avec des menus différents.

Les soirs d’entraînements intensifs et supervisés, quand je reviens chez moi vers 19 heures, j’ai à peine le courage de me faire un souper léger, puis je m’écrase pour une heure ou deux, avant d’aller dormir vers 21 heures. C’est comme un rythme de vie fou et lent à la fois. L’appréhension de l’entraînement, puis le plaisir d’en avoir terminé, puis la chute vers Orphée; et on recommence le lendemain.

S’il y a une chose qui me surprend, c’est que dès les 3e et 4e rendez-vous, j’ai vu que ce n’était pas si difficile physiquement. Je veux dire, je me rappelle le premier entraînement, et je n’étais même pas capable de m’asseoir pour aller faire cacaaaa. Maintenant, je suis à peine raqué  le jour d’après.

Pour ce qui est des réseaux sociaux, c’est ma plus belle découverte. Je ne sais pas si c’est le silence du début qui me fait ça (ça ne fait que quelques jours après tout), mais je ne m’ennuie pas tant de Facebook. Je trouve que c’était plutôt un automatisme pour remplir le temps. Et pour dire des niaiseries. La perte de Facebook me semble donc être le moins pire des maux. C’est, évidemment, l’alcool qui me manque le plus. Quoique je n’ai aucunement envie de boire après mes entraînements en soirée.

J’ai augmenté facilement mes nuits de sommeil de six heures à huit heures, voire plus. Et je m’écroule après une branlette bien méritée. Je croyais que j’allais m’emmerder de longues heures devant la télé. Résultat? Je ne suis même pas capable de suivre mes émissions favorites et je suis en retard partout. Ce nouveau mode de vie m’empêche quasiment de passer plus de temps devant l’écran. Et les entraînements ont aussi diminué ma charge de travail. Oui, le niveau monétaire s’abaisse, mais il est compensé, car moins de dépenses en alcool et cigarettes. Je suppose que tout s’équilibre. Ou peut-être même que j’en ressortirai gagnant. Je ne sais pas, je l’apprendrai le mois prochain.

Le plus gros hic, c’est que l’alcool me faisait perdre la notion du temps. Me faisait perdre ce sentiment présent qui me rappelle sans cesse que l’amour n’a pas trouvé sa place dans ma vie. J’ai aimé, mais je n’aime plus depuis un bon moment. Je me contente de lectures, de sueurs, de travail et d’entraînements. Mon psy me demandait dernièrement où j’allais puiser mon plaisir; vous savez, ce qui nous donne le courage de continuer à vivre. En coupant tous les vices, où allais-je trouver le désir de continuer tout de même à apprécier la vie? Plus le temps passe, et plus je me rends compte que tout est inséré dans un système de consommation; nous recherchons l’illusion du plaisir, ou alors la fuite du bonheur perdu. Toi et moi, on n’est pas si différent. Observe tes gestes. Regarde tes actions. Analyse ce que tu consommes. Tu en prendras conscience aussi. 

Je ne suis pas là pour changer le monde. Je suis là pour changer mon mode de vie. Je ne suis pas là pour dicter des règles. Je suis là pour tenter de respecter un rythme de vie qui me permettra de vivre plus longtemps, sans même savoir si la fin arrivera demain. On ne sait jamais. Mais j’ai passé l’âge de me faire croire que ça ne sert à rien de cesser de se saouler ou de fumer, parce qu’on pourrait se faire frapper par un bus le lendemain. Tout ce processus me rappelle surtout une simple maxime: vivre sera toujours dangereux, mais mourir à petit feu dans les liquides ou la fumée, en pensant que le vide est comblé, c’est encore plus néfaste que de prendre le pari de se lever chaque jour comme s’il s’agissait du dernier de notre existence. 

J’ai coupé tout contact avec ce qui me faisait souffrir dans mon passé. Non, c’est faux de croire que l’on en ressort gagnant. Ça prend beaucoup plus de temps. Ça demande beaucoup plus de résilience. Ce n’est pas parce qu’on oublie les gens que notre cœur les efface aussi facilement. Mais ça devient définitivement plus facile sans artifices, sans faux espoir comblé par ce vide rempli de substances X.

J’ai toujours eu la mauvaise manie de sur-analyser chaque action posée, chaque petit geste de mon passé, mais quand la bruine s’efface, on y voit plus clair, on souffre autant, mais on ne tait plus cette douleur, et c’est seulement à ce moment-là qu’elle finit par se dissoudre, tranquillement, comme une vapeur qui monte vers le plafond avant de s’éclipser totalement.

Je suis cette vapeur, mon passé représente cette vapeur, le temps qui passe se disperse ainsi. Quand j’étais sous influence, j’avais cette peur de l’oubli; oublier ce que j’avais été jadis, oublier le bonheur, les relations, les plaisirs, tout ce qui m’avait forgé. Il m’aura fallu un bon moment avant de comprendre que c’est dans l’oubli que l’on finit par vivre le moment présent, celui qui importe, à la seconde près.

On ne se le cachera pas; on attribut beaucoup de nos lacunes, de nos erreurs et de nos décisions dramatiques au passé, on hait le passé ou au contraire on le porte en héros, en s’y référant pour comparer notre présent. Que ce soit positif ou négatif, il faut cesser cette comparaison vaine. Et c’est sans cesse l’alcool qui nous ramène vers ce jeu comparatif. Jadis, c’était d’autres substances. Ce pourrait être toute autre chose pour vous; le café, le vin, les jeux de hasard, le travail, la famille…

Si cette première semaine m’a appris une seule chose, c’est celle du décrochage. Il n’y a plus rien à faire pour ce qui a été. Il n’y a que des fabulations pour ce qui sera. C’est ici et maintenant qu’il faut placer toute sa concentration.

Cesser de fuir vers l’arrière ou vers l’avant. Voilà le réel combat.

À écouter: Dear Criminals – Not yet the end (cliquez sur le nuage SoundCloud)

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17 Sep 2017

Décompte d’une disparition

Ça se trame depuis début juin, je crois. Cette espèce de plan de match que je me suis tant fait subir de nombreuses fois. Difficile de savoir quand c’est la bonne ou non. Après tout, c’est le travail d’une vie. Non, je ne donnerai pas de date. Non, je ne dresserai pas la liste de mes projets. Avec le temps, j’ai compris que fermer ma gueule était souvent mieux pour moi.

Ouais, mais là, tu l’ouvres ta gueule, non?

Euhhh. Ouais. Ben c’est ça être une personne remplie de contradictions haha! Bon, alors, tout ce que je veux dire, c’est que je ne veux pas préciser des dates fixes ou expliquer des résolutions. Si j’entreprends tout ça, ce n’est justement que pour moi, pas pour la toile entière.

Ce que je peux dire par contre, c’est que je sais d’avance que je vais en baver. Que je vais chigner. Si, si. Comme un gros bébé. La bonne nouvelle? Personne n’en sera témoin. Pas ici. Ni nulle part ailleurs.

En fait, cette surexposition de moi-même et de mes états d’âme me nuit beaucoup plus qu’il m’en profite. C’est souvent plus fort que moi malgré tout. Et c’est un peu devenu le journal que je m’écris à moi-même. Grand bien me fasse. Mais pas cette fois-ci. Je change de méthode. Il faut dire que les défis qui m’attendent me semblent représenter l’Everest pour moi. On ira un jour à la fois. Je risque d’être trop crevé pour m’apitoyer sur mon sort de toute manière.

Juste l’observation du décompte qui s’écoule me donne certaines angoisses. Je fais déjà quelques tests d’avance ici et là. Et si je me fie à mon sommeil et à mes rêves, ce ne sera clairement pas de tout repos.

Tout ça me fait aussi prendre conscience que dans la dernière année, j’ai beaucoup trop vécu dans le regard des autres. Ce qu’ils pensent de moi, s’ils me jugent sur ci ou ça. J’étais également dans l’attente. Et tout le monde sait qu’attendre quelqu’un est le pire des pièges, car c’est comme si on installait des barrières ou une prison autour de nous.

Je n’attends donc plus rien de personne, sinon de moi-même. Et c’est aussi là que ça se complique. Ai-je assez de force et d’estime pour me rendre au bout des défis qui s’annoncent dans les prochaines semaines? Je garderai cette réponse pour moi.

Même si j’ai réalisé des bonds de géant dans ma vie ces derniers temps, je ne suis pas encore là où je veux être. De toute façon, il n’y a jamais rien d’acquis. Ce sera un travail constant, et au début, je me doute bien qu’il sera présent à la minute près.

Mais bon, ça faisait longtemps que je voulais me mettre en danger. Dans le sens de sortir de ma zone de confort. J’ai toujours été très fort sur les excuses bidon et les dates fictives. Comme si en une nuit, j’allais devenir un autre homme. Mon côté optimiste m’a toujours dit que c’était possible. Mais le côté pratique sait que le travail n’est jamais fini, que la ligne d’arrivée, dans le fond, elle doit être repoussée le plus loin possible, puisqu’elle signifie ironiquement la mort.

En résumé, je suis confiant, mais apeuré. Je sais déjà que je vais avoir envie de me replier en boule sur moi-même, que je vais subir beaucoup de douleurs physiques et mentales. Et étrangement, c’est un peu ce qui me motive à aller encore plus loin, du moins, à ne pas lâcher ces défis que je considère encore comme complètement dingues pour le moment.

Vous me pardonnerez donc mon absence prolongée, mais je n’ai de compte à rendre à personne.

Suis-je prêt? Non.

J’ai encore quelque temps pour me faire à l’idée.

Tout le monde saura probablement quand ce sera commencé.
Parce que je ne serai… simplement plus là.

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08 Sep 2017

Le calme avant la tempête

Ok! Je me trouve drôle. Un peu sarcastique avec tout ce qui se passe dans le monde présentement. Ça me démontre encore une fois que mes petits problèmes sont minimes face à la destruction qui se produit en ce moment.

Comme je l’avais annoncé précédemment, je commence la construction de ma nouvelle vie. Celle qui élimine tout élément de drama, celle qui me remet en forme, celle qui tue toutes les dépendances. Tout ça est prévu pour se mettre en place en octobre. Une belle histoire à suivre.

Ce que je peux dire, par contre, c’est que ça fait un mois que j’ai fait le vrai deuil de l’ex-ex. Et pourtant, il me poursuit encore la nuit. Il est là, pas en couple, non; simplement dans le danger de se faire surprendre, dans ces moments si intenses que nous avons jadis vécu ensemble. C’est tellement ironique et presque amusant, cette manière de rêver à mes exs. C’est comme s’ils revenaient vers moi tout en étant matché, et chaque fois, on se fait surprendre, par un ami, par son chum, par des parents, etc. Dans mes rêves, je suis toujours en train de courir après l’amour évanoui. Ma tête et mon corps se dissocient, il semblerait que je sois deux entités uniques. Mes rêves me réveillent vers 4 heures du matin, et je deviens en criss. Soit je me branle, soit j’écoute une émission de chats pour me rendormir.

Reste est que je suis de plus en plus motivé à prendre ma vie en main. À affronter mes peurs, à me faire détruire par l’inconnu. C’est justement ce que je racontais à mon psy dernièrement. Au final, je n’ai pas besoin d’un chum. Non. Ce dont j’ai besoin, c’est d’un entraîneur qui puisse me casser, me briser les illusions, faire en sorte que je souffre et que je chiale, comme une petite tapette qui pense qu’elle ne peut pas aller au-delà de ses forces. C’est faux. Clairement. Je veux justement que l’on me brise pour passer au-delà de qui je suis vraiment. J’ai une envie forte d’être dominé par quelqu’un qui sonne à ma porte à 8 heures le matin pour m’obliger à aller courir 10 km. J’ai ce besoin qu’on me force à suer ma vie. Et la bonne nouvelle, c’est que j’ai déjà commencé les démarches pour que ce genre de truc arrive réellement.

J’ai conversé avec le psy; j’ai vécu trois deuils au mois d’août.

1- Dire adieu à mon ex-ex en lui expliquant ce que je ressentais (c’était le 6 août)

2- Accepter de me faire flusher par mon meilleur ami qui a perdu tout sens de la répartie et qui m’accuse de tous les maux (sérieux… j’espère qu’il ouvrira un jour les yeux)

3- Faire le deuil du Nightlife

Honnêtement, ce dernier point a été le plus facile. Je suis sorti au club Le Cinq downtown Montréal sur De la Montagne. Je pense que c’était la première fois que je sortais dans un club sans petits cachets. J’ai eu beaucoup de plaisir. Mais même avant de m’y rendre, je savais que c’était mes adieux au NightLife. Et je suis relativement assez bien avec ça. La boucle est faite. C’était superbe comme finale. Le deuil sera moins difficile.

Le 7 octobre prochain, ce sera aussi la date d’une nouvelle vie. En fait, d’un nouveau mode de vie. Je me suis toujours dit que ma porte de sortie se trouverait dans le sport. J’ai choisi un entraîneur privé. Les démarches sont déjà engagés. J’ai beau m’entraîner trois par semaine et être quasi végétalien, mon hic, c’est que j’ai besoin de quelqu’un qui me juge, qui me brise, qui me défonce en étant présent durant tout mon entraînement.

Encore une fois, je n’ai pas vu l’été passer, mais elle a quand même été différente, parce qu’il n’y avait plus de drogue. J’ai tué mon temps dans le travail. Ça me rapportera plus que des lendemains de veille sans fin.

Je me prépare donc tranquillement à faire ce que je souhaitais depuis très longtemps. Me lancer dans l’inconnu et les peurs, justement pour briser ce confort trop parfait que je vivais malgré les problèmes financiers. Je dois voir au-delà du financier. Je dois me plonger dans l’inconnu avec violence. Et j’espère être violenté physiquement pas la suite (non, ce n’est pas une inside sexuelle). En fait, je pense prendre un bon six mois de repos niveau rencontre. J’en suis à me dire que je ne me plais pas assez présentement pour accepter de plaire à un autre.

La masturbation sera de mise. Un petit désert s’annonce. Mais il me semble tellement prometteur, qu’il ne me dérange pas du tout.

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27 Août 2017

Une question simple

La question est simple: combien de fois peut-on modifier la trajectoire de notre vie? Combien de fois peut-on décider de faire un 180 degrés et réussir à ne pas retomber dans nos anciennes habitudes? Je ne parle pas de tout plaquer pour recommencer sa vie ailleurs, je me questionne simplement sur les grandes décisions qui orientent qui nous sommes et ce que nous devenons.

Peut-être que tout ceci est de la grande foutaise. Peut-être que chaque année qui passe, chaque mois ou chaque semaine qui s’écoulent nous orientent automatiquement vers un nouveau destin. Mais au-delà des aléas de nos propres décisions quotidiennes, j’ai la ferme impression qu’il est possible de réorienter sa vie de but en blanc, après de grandes souffrances ou simplement parce que ce que nous vivons ne nous convient plus.

Ce n’est pas réellement mon cas, mais je me questionne tout de même. Des changements drastiques, j’en ai fait et j’en fais depuis des années. Pourtant, j’ai quand même cette impression étrange que je suis sur le quai et que le bateau vogue vers le large sans moi. Ce n’est pas toujours une mauvaise chose de rester les pieds fermes sur ses acquis,  mais si on ressent un manque, je pense qu’il est de notre devoir de réagir et de corriger le tir.

Je ne dirais pas que je suis malheureux et qu’il s’agit d’un choix drastique. Non. Je dirais plutôt que j’ai effectué beaucoup de changements dans ma vie, mais que je n’ai pas encore atteint le point adéquat (l’atteint-on un jour? S’en rend-on compte? C’est une autre question.)

Quand je pense aux grands revirements d’une vie, je me fixe sur deux choses: la santé et les gens qui nous entourent. Je suis très excessif sur le premier point. Je suis dépendant sur le deuxième. Mais je fais des progrès, du moins, je le crois.

Je ne sais pas si je pourrais nommer tous les revirements de ma vie. Je pourrais m’amuser à nommer plusieurs éléments comme l’affirmation de mon homosexualité, le choix de mes études, le choix de partir vivre à l’étranger, le choix de faire tous mes voyages outre-mer, le choix de m’engager en couple, le choix de cesser la drogue, le choix d’acheter un condo, le choix de devenir végétarien et presque végétalien, le choix d’avoir un travail, même deux… mais d’un autre côté, je n’ai jamais choisi de quitter certaines personnes, je n’ai jamais choisi mes ruptures, je n’ai jamais choisi d’être ce que je suis et ce qui m’a construit grâce à mes expériences.

Mon psy me dirait de me relaxer et de regarder où j’en suis (avec une certaine fierté dans la voix), mais ce n’est pas suffisant pour moi. J’ai sans cesse l’impression qu’il manque un autre revirement drastique, qui ferait de moi quelqu’un que je respecte et que j’apprécie comme il est.

On passe son temps à se construire par rapport au regard des autres. Même ceux qui clament haut et fort qu’ils s’en foutent sont obsédés par ce qui se dit sur eux ou sur leurs projets. C’est normal, c’est humain.

Ces derniers temps, beaucoup de gens importants ont pris la décision de quitter mon chemin. Un peu comme des adieux faits au croisement d’une route, ces gens ont décidé de bifurquer à gauche alors que je m’orientais vers la droite. À chacun ses décisions. Je ne suis pas là pour les juger. Je n’ai jamais affirmé que j’étais blanc comme neige non plus. Plus je vieillis et plus je me rends compte qu’un simple mot déplacé peut créer une onde de choc qui anéantit parfois une relation. Ça fait aussi partie du jeu des relations interpersonnelles.

Avec le temps, je me rends surtout compte que je n’ai plus aucune envie de jouer à la victime. De me dire que cette personne a eu tort de faire ceci ou cela. C’est comme si j’avais compris que les impressions et les interprétations des autres ne m’appartenaient pas. C’est libérateur, tout en étant angoissant à la fois. Mais je garde un sentiment zen par rapport à tout ça, car je sais que même sans explication, les gens nous délaissent et vont voir ailleurs si c’est mieux.

Le problème, c’est que le scorpion en moi est très loyal, jusqu’à qu’il décide que c’est fini. Et, une fois que le processus est enclenché, c’est un peu comme si c’était trop tard. Autant en amour qu’en amitié, je suis loyal, jusqu’à la trahison. Ce n’est pas la première fois ni la dernière que je serai trahi, et j’ai appris avec le temps à ne plus être aussi dramatique envers les gens qui disparaissaient. N’empêche. Il est très difficile de revenir me voir après ce genre de trahison. J’ai souvent de la difficulté à tourner la page dans mes relations, mais une fois que c’est fait, les retours en arrière sont très rares.

J’aime bien l’idée d’un temps-tampon. Même si parfois, je ne respecte pas mes propres décisions, la plupart du temps, lorsque je décide quelque chose, je m’y tiens. Même avec les dépendances. Eh oui. L’humain a besoin de plusieurs essais-erreur, mais une fois que c’est ancré, une fois que la grande vague s’est échouée et est morte sur le rivage, le retour en arrière devient impossible.

Ironiquement, je suis également connu pour être un mec de dates et de deadlines. Je ne les respecte pas toujours certes, mais si je regarde en arrière, je me surprends à voir plus de réussites que d’échecs. Il y a donc quelque chose d’encouragement dans cette motivation à créer une genre de carapace (encore une fois). Je ne lancerai aucune date sur ce blogue, car j’ai appris à protéger mes arrières. Et je me sens tout de même généreux dans le délai que je m’offre, mais force est de constater que j’ai encore besoin de me renouveler, de changer de mode de vie, de devenir encore mieux.

La différence à présent, c’est que je n’ai plus envie de décrire le tout comme des deuils. Non. Les deuils sont déjà faits depuis longtemps. Je sens que je tangue dans un entre-deux; entre continuer ainsi et modifier tout ce que je connaissais jadis. C’est un sentiment euphorique, mais également effrayant. L’humain a toujours peur de l’inconnu. Mais je caresse cet inconnu avec une volonté et une curiosité que je ne me connaissais pas avant. Je pense que c’est un bon pas vers l’avant.

Le pire, c’est que je n’ai pas à changer tant que ça. J’ai emmagasiné beaucoup d’acquis depuis les deux dernières années. Mon style de vie s’est radicalement transformé. Il me manque encore quelques éléments. Un autre changement drastique pour arriver à être celui que je veux être, à m’aimer tel que je suis.

C’est un défi universel, qui se passe chez de nombreuses personnes. C’est peut-être le signe de la crise de mi-vie. Mid-life crisis. Et pourtant, je reste calme et posé par rapport à tout ça. Malgré toutes les pertes, malgré l’intimité et l’amour qui ne sont pas là au quotidien, je ne peux pas me plaindre d’être dans une mauvaise passe. Je me conforte et j’accepte ce que je vis présentement. Je suis comme la chenille qui se transformera en papillon bientôt (esti de phrase quétaine hahaha).

En résumé, mon défi pour la prochaine année est somme toute assez simple; me surprendre. Me déstabiliser. Me retirer de cette zone de confort que j’apprécie trop. Je ne cherche pas à me faire peur avec des expériences ultimes ou intenses. Non, ce n’est pas le but. Je veux seulement me brasser la cage. Affronter des choses que je ne pense pas aimer, des événements que je ne connais pas, des expériences que je ne voudrais pas vraiment vivre volontairement.

Si j’ai appris une chose dans ma courte existence, c’est que le meilleur sentiment se résume à peu de choses: se surprendre de vivre des moments que l’on n’aurait pas pensé vivre, se décoincer dans ses activités, découvrir l’inconnu et avoir peur. Peur de l’échec, peur de ne pas y arriver, peur de ne pas se lancer. Car, au final, sans la peur, il n’y a pas d’adrénaline, il n’y a pas d’inconnu, il n’y a pas de nouvelles expériences et de nouvelles découvertes.

Mon défi de la prochaine année est assez simple, il se contentera d’un seul mot: oser. Oser la différence. Oser franchir la peur de perdre. Oser la nouveauté. Oser se planter. Solidement, s’il le faut.

 

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14 Août 2017

La grande déception

Il y a des constatations plus tristes que d’autres. Vous commencez à me connaître, je parle énormément d’amitié et d’amour sur ce blogue. Ce sont probablement les sujets qui importent le plus dans ma vie. Il arrive que l’on doive couper les ponts une bonne fois pour toutes. C’est d’ailleurs ce que j’ai entrepris dernièrement avec un ex. Mais quand le choix ne vient pas de nous, c’est toujours un peu confrontant…

Il n’y a pas à dire, j’y ai cru depuis bientôt près de vingt ans. Vingt années à se dire que rien ne pourra nous séparer. De mon côté, tout était (et est encore) limpide. Mais comment réagir quand le rejet provient des autres? C’est toujours la grande question remplie d’interrogations.

Se faire flusher par des amis, ça arrive à tout le monde dans la vie. C’est un passage obligé. Mais quand il est question d’amitié qui date de plus de 20 ans, ça reste un choc, un peu comme une rupture amoureuse que l’on ne veut pas croire. Je suis d’abord passé par le déni, je pense que je suis maintenant dans la phase de la colère. Quoiqu’elle n’est pas aussi intense que j’aurais pu le croire.

Je suis scorpion, je suis loyal, et c’est en amitié que ça se représente le plus. Je me suis souvent battu pour des amitiés, parce que je ne pouvais pas croire que deux personnes qui ont vécu autant d’aventures pouvaient décider du jour au lendemain de disparaître dans la vie de l’un et l’autre.

Et qu’on me comprenne bien. Je n’ai plus la pensée magique de l’adolescent qui se dit best friend forever et tout ce genre de tralala. Je sais que la vie éloigne les gens, que la distance géographique ou même le travail ou le couple peuvent diminuer les fréquences de rencontres. Mais il y a des gens qui comptent tant dans nos cœurs, que même si on ne les voit pas pendant des mois, ça n’a aucune importance; on sait qu’on pourra les revoir un an plus tard, et que rien ne sera détruit au niveau amical.

Le problème vient souvent de l’interprétation des autres. Je ne dis pas qu’on est blanc comme neige, mais il arrive que des amis nous reprochent des choses qu’on ne peut pas contrôler, en raison de simples moyens logiques ou logistiques. Et c’est exactement ce qui arrive dans le cas présent. Mon meilleur ami, je ne le connais plus, parce qu’il s’est volontairement mis de côté, dans de grands élans dramatiques, comme s’il voulait tester l’amitié de tous ceux qui l’aimaient. Jusque-là, ça peut passer.

Cependant, quand je demande des nouvelles à cet ami, et qu’il me répond bêtement qu’il est juste «trop tard pour prendre des nouvelles», ça me fait bouillir. C’est comme si le reproche m’était dû entièrement, comme si je n’avais pas assez fait d’efforts à la hauteur de cette personne. Pourtant, c’est elle qui a décidé d’aller vivre ailleurs, c’est elle qui a décidé de supprimer son compte Facebook, pour être bien certain de créer une disparition dramatique. Et le message était clair avant même que je m’en rende compte: il faisait ses adieux à ses amis d’avants, pour ensuite disparaître complètement des réseaux sociaux. Et quand je le texte, j’ai droit à des reproches enfantins, du genre, c’est trop tard maintenant (je précise que notre dernière conversation ne remontait qu’à la mi-juillet).

Quand il m’a mandaté de faire son message à tous ceux que l’on connaît (Tu passeras le mot), j’ai trouvé ça tellement insultant et bête. Je respecte le choix de quelqu’un de partir ailleurs et de vouloir faire le ménage dans sa vie. Je respecte cette envie de faire du ménage et d’éliminer certaines personnes de nos vies. Mais tout balayer du revers de la main? Sans justification? Alors que c’est lui-même qui a décidé de s’isoler et de couper contact? Comment peut-il avoir l’audace de me dire que c’est trop tard quand je veux prendre de ses nouvelles? Ça me dépasse.

Et, puis, c’est comme s’il me donnait (m’avait donné plutôt) trop d’importance, comme s’il était de mon devoir de le sauver de je ne sais quoi, de m’occuper de lui comme un parent malade, de le chouchouter comme dans un couple. Je suis désolé, mais ce genre de reproches, de 1) me fait sentir cheap, de 2) me donne trop d’importance et de 3) fait en sorte que c’est comme si je devais le remercier d’avoir toujours été là pour moi, alors que de son avis, je n’ai jamais été là pour lui.

Je crois que certains ont la mémoire courte. Mais passons. En gros, je fais partie du lot, j’ai été flushé comme les autres, au même niveau, sans distinction par rapport à nos vingt ans d’amitié. Et ça, je trouve ça déloyal. D’abord, de me faire mettre sur le même pied d’égalité avec tous les autres qui importaient moins. Mais surtout de me faire porter un genre de fardeau de culpabilité, comme si j’avais pu le sauver de je-ne-sais-quoi.

Je ne crois pas que l’on peut sauver quelqu’un d’une dépression. On peut l’aider, discuter, lui faire voir un autre point de vue, mais je ne pense pas qu’on peut se la jouer Superman et régler tous les problèmes d’un ami avec notre simple présence. Surtout si la dépression est sévère.

Il faut dire que l’ami en question avait déjà annoncé son futur départ de ma vie, en me disant qu’on vivait deux rythmes de vie différents et qu’on était plus à la même place. Et alors? Je ne suis pas à la même place que mes amis qui ont des nouveau-nés, je ne suis pas à la même place que mes amis qui connaissent la gloire littéraire ou médiatique, je ne suis pas à la même place que plein de personnes, et on reste dans des relations amicales charmantes. Et là, on parle de mon meilleur ami…

Je comprends très bien qu’il ne l’a pas eu facile. Mais au-delà des difficultés de la vie, il y a aussi des choix de vie. Et tout comme moi, il n’a pas toujours fait les bons. Je ne l’ai jamais jugé sur ça. Je serais mal placé, d’ailleurs. Mais un moment donné, on ne peut pas toujours accuser les autres. Je ne pense pas que ça lui apporte quoi que ce soit d’en vouloir à ceux qui l’aiment. Il me semble qu’il s’agit d’un processus destructeur qui ne mène à rien. Rendu là, je sais que mes mots ne valent plus grand-chose et que je ne peux pas revenir en arrière.

Je pense tout de même que dans la colère, on attribue beaucoup d’accusations gratuites, et je n’ai pas à me sentir coupable du chemin qu’il a pris. Sinon, je serais probablement sur ce même chemin moi aussi, et ce n’est clairement pas le cas.

Alors tout cela laisse place à l’incompréhension, à des paroles que je reçois comme des lames de couteaux. Comme si tout était de ma faute, comme si j’étais celui qui l’a entraîné dans sa perte. Et, je l’aurais probablement cru si j’avais eu 20 ans. Mais voilà, je suis un adulte. J’ai vécu de nombreux au revoir, de nombreuses déceptions amicales, et plusieurs deuils durant les dernières années. Pourtant, j’étais loin de penser que je devrais faire un deuil de cette grande amitié qui m’a apporté beaucoup de choses.

C’est triste de ne pas être en mesure de sauver les gens qu’on aime. C’est triste de se sentir impuissant devant cette rage et cette haine qui nous sont balancées au visage. Je ne pourrai jamais dire que je n’ai pas travaillé sur cette relation. Si je me rappelle bien une chose, c’est qu’en 2008, j’ai douté une fois de notre amitié, et la réponse que j’avais obtenue m’avait secoué comme jamais: tu n’as pas le droit de me faire ça, tu n’as pas le droit de giving up sur notre amitié. Et c’était vrai. Je n’avais pas le droit de faire une chose du genre. Je l’avais compris rapidement. Cette amitié valait plus que bien des relations. Près de 10 ans plus tard, c’est l’inverse qui se produit, et quand ce serait à mon tour d’affirmer ces paroles dures, je n’ai droit qu’à des reproches, puis du silence. Comme quoi, les gens oublient vite selon leur position.

Je garde tout de même un espoir. Malgré tout. Il arrive que les gens aient besoin de distance pour se rendre compte de ceux qui comptent vraiment pour eux. Je doute, certes, parce que je sais que la vie n’est pas toujours rose, mais je continue ma promesse. Je n’abandonnerai pas. Je serai toujours là. Quand il en aura besoin, quand il verra enfin que je ne suis pas contre lui, mais avec lui. Peut-être ne le verra-t-il jamais, mais dans ce cas, je ne peux rien y faire.

Je lui ai dit que ma porte était toujours ouverte, et je le pense encore. Je me rends simplement compte qu’on ne peut forcer la main des autres. Si cette personne pense que je lui ai fait du mal volontairement, que puis-je faire pour l’en dissuader? On ne peut pas rentrer dans la tête des gens. Surtout quand on ne sait pas trop pourquoi ils nous accusent ainsi, après qu’ils se soient retirés eux-mêmes de nos vies.

En une semaine, j’aurai donc perdu l’amour de ma vie et l’amitié de ma vie. Pour ce qui est de l’amour, ce fut mon choix, parce qu’il en allait de ma santé mentale, il fallait guérir d’une relation qui n’allait jamais reprendre de toute façon. Encore aujourd’hui, j’accepte ma décision d’avoir couper contact avec l’ex le plus destructif de ma vie. Mais je n’ai jamais choisi de me faire jeter comme un vieux kleenex par mon meilleur ami. C’est triste, mais mon instinct me dit que je n’ai pas le privilège de m’apitoyer sur mon sort et de faire du drama avec tout ça. En fait, s’il y a un point positif à la vie adulte, c’est bien de se calmer au niveau des émotions dramatiques. J’ai appris que je ne pouvais pas contrôler les autres. Ce fut un apprentissage douloureux, rempli de pertes et de moments de désespoir, mais je suis zen avec tout ça.

Il faut parfois faire amende honorable et avoir confiance pour la suite. Je souhaite tout le bonheur de monde à mon ami, même s’il décide que je n’en suis plus un. Il aura toujours l’option de revenir prendre de mes nouvelles, et de mon côté, non, je ne lui dirai pas que c’est déjà trop tard.

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05 Août 2017

Réfléchir pour se réinventer

Oui, oui, j’existe encore! J’ai simplement appris à fermer ma bouche quand je sentais que je n’avais rien de pertinent à dire. Ça vaut mieux sur notre cher Internet 3.0.

J’aime bien donner de mes nouvelles, mais on dirait que c’est de moins en moins important pour moi de mettre à jour ce blogue. La raison se trouve peut-être simplement dans ma vie présente: je n’ai pas grand-chose à dire, ou plutôt, je n’ai envie de ne rien dire, pour la simple et bonne raison que je me concentre sur moi, et que j’ai de plus en plus horreur de parler de mes petits white rich people problems. Je le dis à la rigolade, bien sûr, car je suis loin d’être riche. Mais je suis blanc et je suis un privilégié de la société. C’est comme si tout ça m’avait explosé au visage ces derniers temps. J’en parlais à mon psy, justement. En lui disant que… well, ce qu’on est en train de faire, c’est de parler de problématiques tellement minimes, que c’est presque honteux de dire que ce sont des problèmes.

Que ce soit au niveau de la perception physique de soi-même, de ses problèmes financiers ou relationnels, je trouve que c’est un peu chercher le pou dans un jardin en santé. J’exagère un peu la métaphore; car je sais qu’on peut être riche et bien entouré, mais ça ne fait pas de nous quelqu’un de bien dans sa peau. J’ajouterais quand même que si on se compare, on se console. Ça ne veut pas dire que je minimise mes questionnements, ça veut juste dire que je les perçois par rapport à ce que j’observe autour de moi.

J’ai la chance de pouvoir «arriver» à vivre seul dans un condo, j’ai la «chance» d’avoir deux jobs pour y arriver. J’ai la «chance» de mettre ma santé en jeu pour des enjeux monétaires, sans me sentir brûler entièrement. Mais tout ça est très relatif. S’il y a une chose qu’on ne peut m’accuser d’être, c’est bien de faire de l’argent sans travailler. J’en connais peu qui se taperaient des 60 à 80 heures par semaine. Avouons-le, la plupart des gens chignent dès qu’ils atteignent 40 heures. Et j’étais pareil aussi avant. Être responsable et assumer un mode de vie plus intéressant est souvent plus difficile et rempli de sacrifices. J’en assume les conséquences. Et même après des semaines de travail trop folles, je me considère chanceux de ne justement pas avoir deux emplois au salaire minimum.

C’est un peu comme si je remerciais la vie, tout en comprenant que les gens qui nous observent en pensant que tout est si facile pour faire de l’argent se foutent le doigt dans l’œil solide. Souvent, on regarde le gazon du voisin et on se dit: bah… il fout rien, et il gagne une fortune! C’est tellement ne pas connaître la condition des autres. Je suis tombé malade solidement la semaine dernière. Et je sais que la cause était un mélange de trop de travail et de trop de sport. À vrai dire, c’est ce qui représente le mieux ma vie ces derniers temps. J’essaie de garder la tête haute, en partageant ma vie professionnelle devant un ordinateur vs des sessions de sport intensives. Pas toujours facile.

Côté perso, j’ai aussi vécu de vilaines montagnes russes, parce lui (oui, lui, le méchant mec du roman), m’est revenu avec une proposition débile. Je l’ai évidemment balayé d’une main, mais je lui en avais proposé une autre, et il devait y réfléchir… mais ce fut un échec. Après m’avoir dit qu’il me reviendrait dans les prochains jours, plus d’un mois plus tard, aucune nouvelle. La déception a refait place à la colère, puis à la résignation. Finalement, tout ça m’aura appris que de revenir vers le passé est TOUJOURS une mauvaise chose. Je sais, je sais, il y a des gens qui nous accrochent, qui pensent peut-être eux-mêmes qu’ils auront un pouvoir infini sur nous, mais se faire niaiser aux deux ans, ça finit par lasser, et on finit par ne plus avoir une once d’intérêt envers ces personnes toxiques qui ne pensent qu’à leur petit bonheur, tout en nous plaçant dans une case «au cas où».

Je pourrais faire tellement de ravage en déballant toute cette histoire en public. Mais encore une fois, cette personne n’en vaut plus la peine. Elle n’a plus ses couilles de jadis. Sûrement trop centré à reconquérir une autre histoire passée. Je n’ai plus de sympathie pour ce genre de personne, malgré le seul souvenir qui reste; celui du bon sexe. Eh bien, désolé, mais le sexe n’est rien sans une certaine forme de respect de la part de l’autre. Comprenez-moi bien, j’ai toujours adoré les jeux de rôles, mais j’ai toujours détesté me faire prendre pour un épais dans un contexte non sexuel. Il y a certaines personnes qui doivent disparaître de nos vies pour de bon. Cette personne a choisi le silence (si, si, après m’avoir dit qu’elle me répondrait dans quelques jours). C’est tellement pathétique que tout intérêt de ma part s’est évanoui entièrement.

Qu’en est-il donc de ma vie sexuelle alors? Un gros zéro. Rien. Niet. Et je m’en fous. Pour le moment, je n’ai aucune envie de baiser des inconnus, je n’ai aucune envie de faire du dating, je me sens un peu asexué. C’est comme si tout l’élément sexuel qui prenait une place si importante dans ma vie s’était évanoui doucement. C’est peut-être l’âge. Quoique je me trouve un peu jeune pour ne plus avoir de pulsion. Mais je me suis rendu compte que les pulsions qui me poussaient à rencontrer pour du cul étaient également toxiques, et souvent se produisaient sous influence. Puisque je vis maintenant une vie rangée sans artifices, les pulsions se sont atténuées naturellement. Évidemment que je souhaite vivre une sexualité active et épanouissante. Mais pour le moment, mes efforts sont ailleurs. L’intérêt n’y est plus. Des histoires sans lendemain, très peu pour moi.

J’ai terminé mon prochain roman il y a un mois. Il est présentement dans les mains de mon premier lecteur bêta. Je n’y crois pas trop, à ce livre. Mais je suis heureux de l’avoir complété. D’avoir encore une fois réalisé un projet de A à Z. Il ne se passera probablement rien avec le texte (je baisse vraiment mes attentes), mais au moins, je serai allé au bout de cette histoire. Mon psy me demandait s’il ne s’agissait pas d’un deuil caché envers l’écriture. Je lui ai répondu que je n’en savais rien. Si j’ai quelque chose de plus à écrire plus tard, je pense que je le ferai, mais je reste ancré dans cette école qui me dicte que je dois vivre ma vie avant de pouvoir la transposer par écrit. La bonne nouvelle, c’est que le dernier roman n’a rien à voir avec ma vie personnelle. C’est d’ailleurs peut-être la première raison qui me fait dire que ça n’ira pas plus loin. On verra bien ce que le futur me réserve.

Mon végétarisme continue. Ça fera bientôt plus de 8 mois. Je m’en porte très bien. J’essaie de commencer à flirter avec le vegan. Mon seul problème reste le fromage. Dans quelques jours, je testerai mon premier «fauxmage» fait maison. On verra bien. Je dirais que la nutrition est ma principale activité après le travail et le sport. Et pourtant, ma physionomie ne se transforme pas (dans ma perception, je reste toujours aussi gros). Mais bon, je le fais pour d’autres raisons aussi. Et je sens que je vais toujours devoir me battre envers cette perception de moi-même. Autant l’accepter et explorer avec celle-ci.

Sinon, sur une note plus optimiste, je vais bien. Bon, j’ai l’impression de sortir d’une guerre à cause d’un rhume d’été persistant, mais sinon, je suis bien chez moi, je vois des amis en masse, même si les anciens amis n’offrent aucune nouvelle d’eux-mêmes; ils sont occupés ailleurs, c’est leur choix. Mais je vais relativement bien. Ça fait tout de même plus de 4 ans que je n’ai pas pris de vacances (genre une semaine de congé), et je devrais réviser ça l’an prochain, car je pense qu’il serait sain pour moi de faire au moins un petit voyage, mais bon, on fait comme on peut avec un condo à payer seul. Pour le moment, je ne m’en fais pas trop. Je me considère toujours comme un privilégié de la vie, même si je roule de paie en paie. J’ai quand même évolué énormément depuis la dernière année. Et on dirait qu’il m’est impossible de chigner sur ma triste condition. Je trouve que ce serait malhonnête.

Si je pouvais faire un souhait monumental pour l’année 2018, ce serait de rencontrer un homme qui me plaît, avec qui je pourrais enfin prévoir de fonder une famille.

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11 Juin 2017

Contradictions

Je savais déjà que la vie était remplie de contradictions, ce n’était pas un secret pour personne. Par contre, je me fais toujours rire quand j’élabore de grandes théories sur le moment présent de mon existence (souvent devant mon psy), et que quelques jours plus tard, tout ce que j’avais dit prend le bord et me contredit.

Je racontais dernièrement qu’il n’y avait plus aucune spontanéité dans ma vie. Du genre appeler les amis sur un coup de tête et se réunir, comme quand c’était si facile, il y a plusieurs années. Je disais que pour voir mon monde, je devais toujours faire des projets d’avance, insérer les gens sur des dates de calendrier. Je continue à le croire pour l’essentiel de ma vie sociale, et pourtant, vendredi soir, le hasard semblait bien placé, parce que j’ai revu de vieux amis, en lançant des invitations sur un coup de tête. Et, à ma grande surprise, tout a fonctionné.

Quelques jours auparavant, un autre ami me lançait une invitation de dernière minute, que j’acceptais tout bonnement. Alors, les grandes paroles et les beaux résumés de vie pour mon psy; ils ont pris le bord, en effet. Ça n’a aucune importance, bien évidemment, mais ça reflète bien une chose; j’ai encore beaucoup de difficulté à me lire, et je vais souvent chercher les points les plus négatifs afin de justifier ce qui ne fonctionne plus ou ce qui part en vrille.

Je me suis rendu compte d’un autre élément important aussi. Je crois qu’on pense souvent que les gens nous font du mal volontairement. Comme s’ils avaient fomenté un plan ultime pour nous nuire. Mais je dois me raviser. Je pense que le mal que l’on perçoit de la part des autres prend de grandes proportions parce qu’on scénarise les événements selon notre perception. Impossible de s’en empêcher bien sûr, mais ça m’a remis les pieds sur terre. Le mal volontaire perçu chez l’autre, c’est souvent du préfabriqué pour donner du sens.

En fait, je crois surtout que les gens s’en foutent. Ou sont indifférents par rapport aux répercussions de leurs paroles ou de leurs gestes. Je ne m’exclus pas de l’équation. Je pense que le travail à faire de mon côté, c’est de cesser de faire du sens ou de la symbolique avec les actions des gens qui m’entourent. C’est encore une question de laisser-aller, évidemment. Mais plus que ça, c’est une question de ne pas accorder autant d’importance à une déception personnelle qui n’était pas un plan diabolique construit de toute pièce chez l’autre.

Mais le sens, on veut tous en faire. Ça nous permet de relativiser, tout en dramatisant. Mais, au final, moi aussi, j’ai besoin de m’influer un peu de je-m’en-foutisme. Je pense que c’est la clé pour éviter les paroles trop dures, les regrets niaiseux.

Je reprends peu à peu mon indépendance. Je veux dire en ce sens : ne plus m’inquiéter de ce que les autres pensent, ne pas leur donner des intentions planifiées. Au final, ça revient beaucoup à vivre et laisser vivre, sans imposer quoi que ce soit. Mon petit caractère contrôlant va devoir se calmer les petits nerfs. C’est logique.

Je dis que je retrouve mon indépendance, parce que l’été qui s’annonce me semble un été consacré à la différence, à la nouveauté. Pour cesser de se réfugier dans ce que l’on connait par coeur, surtout dans le passé qui, non, n’était pas nécessairement mieux avant. Le fait d’avoir fait du ménage dans mes sentiments m’aide beaucoup à devenir plus posé, plus calme, plus raisonné.

Je suis peut-être plus prêt que je ne le pense à me tremper le doigt d’orteil pour rencontrer quelqu’un. Pas de pression, pas de promesse. Juste se laisser guider par le soleil, le vent et les rencontres sur notre chemin.

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08 Juin 2017

Travail, ex & maladie

La vie est tellement étrange (non, sérieux?). Mon ex est venu me porter des babioles. Un petit vingt minutes top chrono. Une histoire classée où je lui ai dit « Awesome! » en le prenant dans mes bras.

Il s’agissait d’une référence voulue par rapport à un statut Facebook où j’avais relayé que les meilleurs copains fumaient de l’herbe. Je me suis souvenu de sa réponse full ironique: « Awesome! » J’ai ri. En fait, on s’est mis à rire. Et c’est ainsi qu’il est parti avec les derniers restes de ce qui se trouvait dans le condo. Du liquide à verre de contact et une théière.

C’était un peu étrange, mais pas dans le sens de déplaisant. La chanson de Madonna – Power of Goodbye est partie sur mon cellulaire. C’était presque arrangé avec le gars des vues. Ça aura duré un bon 20 minutes. Du blabla comme tous les couples non déchirés doivent avoir en fin de rupture. Cette façon de dire qu’on refuse de rencontrer de nouvelles personnes (et c’est la réalité, cette fois-ci). Nous n’avons aucune envie de baise, de relations, de rencontrer des inconnus. On semble bien l’assumer.

Je me suis posé la question, en revenant vers le passé, pour savoir comment ça s’était passé avec mon autre ex. Et je me suis rappelé que la dernière chose qu’on s’était dite, c’était « à bientôt », et des années plus tard, je ne l’ai toujours pas revu. Je crois que je préfère la finalité de ma dernière relation, car elle n’inclut aucune promesse, juste une vraie finalité; la vraie vie de deux personnes qui se respectent, mais qui se séparent.

J’ai commencé mon nouvel emploi en tant que réviseur aujourd’hui. Au final, ce fut une grosse journée. Je m’en fais beaucoup pour si peu. J’en parlais avec mon psy dernièrement; je m’accroche au travail comme à une bouée de sauvetage. C’est un peu le seul sens de ma vie présentement.

C’est comme si je n’avais pas envie de réfléchir aux amitiés compliquées, aux absences dans ma vie. Mais je garde la tête haute, je construis un certain avenir (peu importe le temps que j’ai encore ici, sur terre). C’est comme si j’étais relax en étant stressé. On s’inquiète tellement pour peu de choses.

Je pense que ma vie amoureuse n’est pas près de s’améliorer. Je n’ai pas la force de me la jouer réseaux sociaux ou sites de rencontres. Je n’en ai aucun intérêt. C’est triste, mais c’est comme ça.

Pour ce qui est de Luc (wow, ça faisait longtemps que je n’avais pas nommé son nom!), l’attente s’est transformée en colère. Pas une immense colère, mais plutôt une colère de déception. Cette colère a fait place à de la résilience. Il a gagné, il ne m’intéresse plus. Par contre, je ne peux m’empêcher de me maudire, car mon inconscient rêve toujours à lui (ou même à mon premier amour). C’est le manque de sexualité dans ma vie, je suppose. Mais, c’est tout. Il n’y a plus rien. (Occasion already passed).

C’est donc fou, de se dire, de comprendre, et d’observer qu’il n’y a plus aucun élément sexuel ou physique dans notre vie. C’est le néant. Depuis bientôt 6 mois. Le silence. L’absence. Le vide. Et pourtant, je m’en fous. C’est comme si moins de pratique = moins de désir.

Je pense aussi que je suis atteint de la Maladie de Biermer. Ce serait logique. On va entrer dans une phase de tests d’ici novembre. Si ce n’est pas concluant, l’avenir s’annonce comme une piqûre hebdomadaire à vie. À suivre…

Mais je vais bien. Je continue mon petit bout de chemin. Et surtout, je fête mes 6 mois en tant que végétarien, mais surtout mes deux ans en tant que gars sobre de chimique.

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30 Mai 2017

Ne pas jouer la victime

Alors, voilà. Nous n’avons pas été assez conscients. Nous n’avons pas su garder les promesses du passé. Nous avons joué la carte de l’ego, un ego selfish, un ego qui trouve que son bonheur est trop ou pas assez bon pour l’autre devant nous. On avait la chance de faire différent, de se promettre qu’on ne serait pas le portrait de nos parents la décennie suivante. On a échoué, comme tous les trentenaires qui échouent probablement. Aucune différence. Les promesses d’adolescence s’étiolent, deviennent poussières et s’évaporent avec les années.

 
Je ne jouerai pas à la victime. Je joue sans le savoir depuis un trop grand moment. C’est ça l’amour, l’amitié… ça s’éteint. On ne voit jamais les signes avant-coureurs du meurtre. C’est comme un crime, oui. Ça tue du jour au lendemain, de la minute à la seconde. Et les corps morts se soulèvent et s’éloignent, dans une indifférence qui tue de nouveau.
 
Rien ne sert de se la jouer victime. On a 50 % des torts, c’est évident. On pense par contre tous que c’est l’autre qui abandonne en premier. On ne le saura jamais. On va continuer à vivre. Parce qu’il le faut bien. Parce qu’une hypothèque doit être payée, parce que le travail nous appelle, parce que les enfants doivent manger, parce que la famille doit continuer. Un jour ou l’autre, on se souviendra. Une pensée, une image, un voyage; la perte se remémorera à nos esprits.
 
Mais nous n’avons pas été assez forts. Comme la génération qui nous précédait. Comme toute histoire qui n’est malheureusement jamais indestructible. Tout se meurt. Le corps, la vie, les relations. On se lancera dans le capitalisme, dans la fertilisation, dans l’hédonisme. Pour oublier, oublier ce que l’on a été.
 
Si on ne change pas, les autres, eux, nous voient changer. Ou ils changent eux-mêmes. C’est le cycle éternel. Le jeu des jours qui s’égrainent.
 
Ne pas jouer à la victime. D’abord, parce que ça ne sert à rien. Ça ne ramènera jamais le passé. Décider de vivre sa vie avec les gens qui sont réellement présents. Qui naviguent autour de nous; même si nous sommes tous le satellite instable d’un autre.
 
Je n’aimerai plus jamais comme j’ai aimé. Je ne prendrai plus jamais l’amitié pour acquis. Tout s’efface, tout disparait, en peu de mots, en trop peu d’adieux.
 
Tous ceux que l’on connaissait ne nous reconnaissent plus. Les plus grands amis nous disent que la séparation, c’est mieux comme ça. Les anciens amours préfèrent ne rien répondre ou s’offusquer. Des mots durs, ou pas de mots. Je ne saurai jamais quelle est la pire des conclusions.
 
Et le pire, c’est que je n’en veux à aucun d’eux. J’ai cru naïvement que les promesses du passé avaient force de loi sur tous les événements. L’adolescence m’aura menti. Ce n’est pas un secret pour personne. L’adolescence trompe sans cesse. Rien ne sert de jouer à la victime. Les gens se quittent, les gens disparaissent sans raison ou avec raison. Nous avons tous cette date d’expiration.
 
Si je n’ai qu’une seule réponse, ce sera celle-ci : Ces gens, je les ai aimés. Et je les aime encore. C’est parfois ma faute, parfois non. On ne peut contrôler les aléas de l’amour et de l’amitié. J’ai le cœur gros, mais j’ai un gros cœur qui les accueillera toujours. Même si très peu viendront. Ce sont les destins, les hasards, les perceptions. Ce sont des choses incontrôlables, même à l’ère des grandes communications.
 
Rien ne sert de mettre un baume sur la blessure. On finit toujours par comprendre plus tard. Mais je refuse de jouer à la victime. Je suis rempli d’amour, un amour qui a su mal s’exprimer. Je n’ai pas d’autre choix que de déchirer les pages. Je garderai l’essentiel, toujours avec cette impression que l’on se reverra et que ce sera comme jadis. Nous n’avons pas su prédire ce qui allait arriver. Nous avons profité du temps alloué comme s’il était infini. On savait peut-être intérieurement que tout allait éclater. Mais le beau de la chose, c’est que l’on continuait tout de même à se prédire l’éternel; un espace-temps où seule la mort nous séparerait un jour. Notre naïveté était adorable. Parce que les maux d’adolescence sont des mots adorables. Avec le recul.
 
Nous sommes maintenant des adultes. Nous n’avons pas été assez prudents. Ou nous avons cessé de croire nos paroles d’enfant. À la vie, à la mort… ou jusqu’à ce que le temps et l’éloignement nous séparent.

 

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11 Mai 2017

#Adulting

Ça devait arriver tôt ou tard. C’est arrivé sur le tard. Certaines personnes sont de vieilles âmes, d’autres sont des ados attardés. Je me plais à croire que j’ai choisi le juste milieu, ou du moins, je dois mettre les deux pieds dans cette voie.

Il n’y a pas de drames. Pas d’histoires croustillantes. Ou si peu. C’est comme se réveiller d’un long rêve, faire un petit gain de lucidité et se rendre compte qu’il faudrait que ce gain ne soit pas que de passage. Il y a de ces moments dans une vie où l’on s’arrête un instant pour observer le temps, pour analyser le passé et regarder vers l’avenir. Comme plusieurs le savent, j’excelle dans la manière de scruter l’arrière en avançant à l’aveuglette. Ce temps est révolu. Je pense que ce n’est plus une question de choix; c’est un fait. Pas alternatif.

La semaine passée, durant quelques nuits de suite, je me suis réveillé en sursaut vers quatre heures du matin. Le cœur qui pompe, l’engourdissement dans les bras; les signes d’un ACV ou d’une crise de panique. Pourtant, je n’ai plus d’angoisses comme je pouvais en avoir sur les vilains médicaments de merde (j’en ai parlé il y a quelques semaines). Il fallait bien se rendre à une évidence claire comme le cristal; trop d’alcool. Trop de ce liquide précieux qui donne l’illusion de se détendre, mais qui bousille par en dedans. Et après maintes réflexions, la raison de recourir au vino est fort simple; c’est ironiquement pour éviter de retourner dans le passé. Mais évidemment, une fois réchauffé, la seule chose qui intéresse est justement ce regard vers l’arrière. Je l’ai pratiqué jusqu’à l’usure de mon cynisme. Et puis, je me suis dit que ça suffisait. En fait, c’est très simple. Soit je me calme les nerfs, soit je me cale sous terre.

Comme je n’ai pas prévu ma mort à l’agenda, j’ai décidé d’appliquer la recette de la vie adulte. Oui, il y aura d’autres dérapes, oui, il y aura des occasions alcooliques. Je ne suis pas dupe. Mon problème n’est pas là. J’ai toujours expliqué à mon psy que je préférais boire seul; qu’en événement social, je buvais beaucoup moins; parce que j’avais cette retenue un peu étrange; celle de ne pas faire de folie. Or, avec le Web et les réseaux sociaux, la folie alcoolique peut faire encore pire qu’un verre de trop entre amis.

L’autre constat, c’est que je ne cesse de pleurnicher sur mon poids; je mange bien, je suis végé, je ne consomme que très peu de sucre… mais j’oublie trop souvent cet élément qui se retrouve dans l’alcool. Les sucres de l’alcool; ennemis numéro 1. Ensuite, je me regarde aller; je me défonce au gym, j’ai recommencé la course à pied régulièrement; et c’est comme regarder un plateau sans résultats. Oui, je me maintiens et je ne prends pas de kilogras, oui mon médecin m’a annoncé que j’avais perdu 3 kg depuis la dernière fois. Mais c’est trop peu pour tous les efforts que j’y mets.

Puis, il y a le travail. Beaucoup beaucoup de travail. De nouvelles responsabilités, toujours plus de contrats, de projets, de formations et de demandes. J’en suis venu à un constat précis: je ne peux plus m’offrir le privilège de rentrer au travail lendemain de veille. Aussi ridicule que ça. Et pourtant, même hangover, je vais courir, je vais m’entraîner, je vais former de nouveaux employés, donner des cours, apprendre de nouvelles fonctions, etc.

Pourquoi j’ai mis autant de temps à comprendre tout ça? La raison est idiote: je ne me sentais pas affecté par mes excès. Me coucher saoul aux petites heures et me réveiller pour le travail quelques minces heures plus tard ne semblaient pas trop m’affecter. Je continuais quand même à aller au gym, à suer mon sucre alcoolique. Mais avec les années, j’ai dû me rendre à l’évidence. Je n’ai plus vingt ans.

Il n’y aura pas de résolutions, pas de défi, pas de deadlines. Non. Il va y avoir un arrêt simple. Sans drama. Sans déplacements. J’en parle comme si ça allait être facile, mais je sais que ça ne le sera pas. Pourtant, le sentiment qui monte en moi en est un de fatigue. Fatigué de cette routine où l’alcool prend beaucoup trop de place. Fatigué de sentir le petit cœur qui ne suit pas. Fatigué de mes discussions ou de mes statuts flous sur les réseaux. Il y a des époques pour chaque moment d’une existence. Il y a des crochets, des petites coches dans la linéarité d’une vie, où l’on doit voir les choses en face. Cesser d’envoyer tout balader en se disant que ça ne sert à rien de toute façon.

Et puis, il y a le plus grand problème de ma vie; cet accrochage vers le passé. Vers ce désir du passé. Même si tout a été dit. Même si le retour vers l’autre n’est pas une option saine, ni même possible. Je crois que mes fantasmes du passé ont surpassé la vie réelle que je mène à présent. En fait, c’est comme si je sentais que je n’avais pas avancé depuis des années; de très longues années. Toujours enfermé dans l’attente: un signe, un mot, un geste, un retour magiques. Mais il n’y a rien de magique dans les relations humaines. Et je ne comprendrai jamais pourquoi j’ai sans cesse ce désir de me battre jusqu’à la résignation pour ceux que j’aime ou que j’ai jadis aimés. On dirait que c’est dans mon ADN.

Il faut dire que malgré plusieurs refus, j’ai eu droit à des signes d’espoir. Peut-être était-ce de l’ennui de l’autre côté. Pas de l’ennui de moi. De l’ennui, tout court. Et quand une personne s’emmerde, il arrive qu’elle donne des signaux incohérents. Mais tout reste ma faute. Car personne ne devrait jamais s’accrocher à ces petits éléments d’espoir qui traversent les années, mais n’en donnent pas assez.

J’ai pensé que cette semaine allait être la semaine la plus intense de mon année 2017. Et je suis pas mal convaincu que je me suis trompé. La vie avait un Plan C. Je n’en connais pas encore tous les aboutissements. Mais parfois le hasard se charge de ces choses-là.

Aujourd’hui, j’ai compris le sens du mot doser. J’ai toujours eu de la difficulté à doser mes émotions, mes réactions, mes actions. Et il m’a rappelé que je devais doser. Il l’a écrit en riant. Comme s’il minimisait les dix dernières années. Alors, pour une fois, je vais l’écouter. Je vais doser mes élans. Calmer l’alcool aidera. Je vais réussir à doser mes sentiments. J’ai compris qu’ils ne servaient à rien. On ne sait pas toujours pourquoi certaines personnes se présentent dans nos vies. Mais je pense qu’on peut déceler la bullshit. C’est ma conclusion. J’ai compris que le dosage de mes émotions n’était pas le plus grave des problèmes. Ce qui importe, c’est de doser les retours vers le passé. On peut bien se sentir nostalgique par moment. Mais inutile de chercher à le recréer. Je pense qu’il faut finir par être réaliste; on ne recrée pas ce qui s’est perdu. On ne revit pas une vieille histoire. On ne replonge pas dans une relation comme on reprend la lecture d’un roman après un long moment. Et même quand on lit un roman deux fois, sa propre signification se substitue au souvenir que l’on avait.

Par peur d’un ACV en pleine nuit, j’ai aussi décidé de faire la paix avec ceux avec qui j’avais eu des embrouilles dans le passé. Pas pour revenir vers eux comme avant. Non. Simplement pour laisser la nouvelle empreinte de mon «moi présent». Simplement pour être en paix avec ce que j’ai pu avoir dit ou écrit. On ne se cachera pas les choses; il y aura d’autres incompréhensions, d’autres moments où j’enverrai chier le peuple, mais au moins, pour ce qui est des gens du passé, ma liste est maintenant à zéro. Je n’en veux plus à personne. Je ne garde plus aucune animosité envers qui que ce soit. Même pas envers lui.

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05 Avr 2017

Lâcher prise (part II)

De plus en plus étrange de parler de mon je-me-moi ici, alors que je regarde ce qui se passe en Syrie, ou plus près de nous, avec le cher crosseur de gouvernement provincial (Bombardier, Hydro, Charest). Mais bon, mon travail est de ramener le personnel à l’universel, alors passons…

J’ai vécu (je vis) une petite rechute extrême niveau alcool. Je hais ça, mais bon, j’essaie de dealer avec tout ça. Dans la section « Bonnes nouvelles », mes finances se sont replacées. C’est fou comme avoir de l’argent enlève un boulet à nos vies. Je travaille beaucoup, certes, mais ça me semble moins pire qu’au départ. Je dirais que je me suis habitué à cette situation. L’humain s’habitue à tout. Le hic, c’est que je sens mon cœur qui veut sortir de ma poitrine, et ça, ce n’est pas très rassurant, mais je sais pertinemment que c’est lié à ma consommation d’alcool. Bon dieu, un jour j’aimerais réussir à me sevrer pour de bon. À suivre…

J’ai eu une grosse discussion avec mon psy, hier. On a touché le bobo, comme on dit. Je savais déjà que j’étais control freak (ou très anal comme dirait mon amie Evelyne lol), mais je n’avais pas fait le lien directement avec ma façon de m’abandonner. On est arrivé au constat que je refuse de lâcher prise, que je ne réussis jamais à m’abandonner. Pour éviter d’y réfléchir, je m’impose des extrêmes; que ce soit dans l’alcool, dans le travail… au moins, pas encore dans le sexe.

En effet, je suis très tranquille. C’est probablement la peur de retourner vers d’anciennes habitudes, où j’étais un peu trop adepte des soirées sans lendemain. On vieillit, hein? Je dis ça parce que je me rends bien compte que je suis rapidement blasé par la game gay qui se joue sur les réseaux de rencontres. En fait, je me rends compte que je n’ai pas beaucoup d’intérêt à rencontrer de nouvelles personnes (ou du moins, à faire une démarche en ce sens sur les sites de dating). C’est tellement chiant, avouons-le. Et pourtant, avec le printemps, vient la sève qui monte et le côté horny aussi. On verra bien ce que la vie me réserve.

Ça me ramène vers mon ex. Pas le dernier, l’autre d’avant. Toujours l’autre d’avant, on dirait. J’ai encore des pulsions de pantouflards. Comme si je voulais me retourner vers quelque chose que je connaissais d’avance. I know, c’est malsain. Et il faut que j’arrête de me voiler la face. Ce n’est qu’un désir sexuel. Désir qui a été encore plus important, parce que j’ai croisé le mec de mon ex sur Grindr. Je ne sais pas si le petit coquin faisait ça dans son dos (je m’en calice, dans un sens), mais je n’ai pas pu m’empêcher d’aller répandre la bonne nouvelle. Et je me suis senti tellement con après. En fait, c’est comme si j’avais eu de fausses illusions. Comme si je croyais que mon ex ne ferait pas de moves tant qu’il est en couple. C’est comme si j’avais l’espoir niaiseux qu’il attende d’être enfin célibataire pour me recontacter. Quelle stupidité! Mais j’y croyais, comme un mec aveuglé par sa nostalgie et son passé. J’ai poussé le truc loin, en lui demandant qu’est-ce que je pourrais donc faire pour qu’il revienne, l’histoire d’une soirée. J’ai mangé une belle claque dans face quand il m’a dit qu’il ne reviendrait pas. Jamais.

Il fallait accuser le coup. Et ce fut notre dernier échange. Probablement le dernier des derniers. Alors, je lui ai promis un truc. Un dernier cadeau de fête. Un cadeau d’adieu. Disparaître de sa vie, le jour de sa fête. I know, ça fait presque romantique de la manière dont je l’écris. Et, cette fois-ci, j’ai décidé que c’était là. Lâcher prise pour de bon. Cesser d’avoir ce mince petit espoir con (et pourtant, je ne voudrais jamais revenir en couple avec cet ex). Tout est une question de pulsions sexuelles. Si on ajoute l’alcool. Je déraille. Et, j’ai déraillé beaucoup trop souvent. Quand quelqu’un veut vraiment être dans notre vie, il s’arrange pour s’y présenter. C’est une phrase toute conne, mais c’est bel et bien une réalité.

Après la séance de psy, je me suis trouvé juste con. Con de me battre pour quelqu’un qui n’en a rien à faire de moi. Ça suffit, la dramatisation. La réalité m’est aussi revenue dans la face grâce aux amis. «C’est la xième fois que tu lui dis que tu vas disparaître de sa vie. Fais-le donc pour vrai, une fois pour toutes. » Oui, c’est logique. Mais les pulsions, les fucking pulsions hein!

Bref, mon travail des prochains mois est de lâcher prise (encore, oui). Arrêter de me brouiller la tête pour éviter toutes ces pensées et ces réflexions. Pas évident. J’ai pourtant réussi à lâcher prise avec tous les amis du passé. J’applique la même règle que plus tôt: si quelqu’un ne fait pas l’effort de vouloir être dans ta vie, ne perds pas ton temps. Voilà.

C’est le moment de passer à l’autre étape. D’en finir pour de bon. En finir de finir. Il n’y a plus rien à retirer du passé. Je dois vivre le moment présent. Et, surtout, arrêter de m’enfermer dans ma tête. Je dirais que depuis que j’ai cessé ces putains de médicaments qui me faisaient chier, la confiance a repris le dessus. Out les crises d’angoisses. Out les doutes sur moi-même. Je vais dire comme le déclare si bien Mariana Mazza; il faut s’assumer dans son corps et dans son esprit. Si ça ne plaît pas, fuck off!

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12 Mar 2017

Luminosité

Je n’ai pas lu ma dernière entrée de blogue, mais j’ai encore le ressenti que ça sonnait full drama. C’est peut-être l’arrivée prochaine du printemps ou le changement d’heure, mais voilà que je sens un peu de lumière pointer le bout de son nez. C’est assez agréable. Un peu comme si je retrouvais un peu de liberté.

Je pense que les grandes claques dans la face sont souvent bénéfiques pour établir des tournants à 180 degrés. Je crois aussi que les événements que j’ai vécus au cours du dernier mois m’ont assommé, avant de me faire renaître peu à peu. Certes, je n’ai toujours aucun intérêt à me remettre dans le bain des éternelles discussions inutiles sur les sites de rencontre, et puis, j’ai pris le temps de me demander à quoi ça rimait. Si je n’ai pas envie d’établir des liens avec des inconnus, c’est que je ne suis pas prêt, tout simplement. Il faut cesser de forcer les choses. Évidemment, j’ai les hormones dans le tapis et la main droite fatiguée, mais vaut mieux ça que de se faire chier avec le premier venu. Alors, laissons ça au temps, et peut-être au réveil du printemps, qui fait toujours monter la sève d’un coup sec.

La liberté que je goûte est aussi un apaisement par rapport aux anciennes relations. Je m’attache trop ardemment, mais une fois que je décide que c’est bel et bien la fin, je n’en fais qu’à ma tête de scorpion. Je passe à autre chose, et c’est presque enivrant, parce que pour une fois, je fais table rase du passé, sans cette stupide nostalgie énervante qui me pressait tant à toujours regarder vers l’arrière.

Je pense que l’arrêt de mes médicaments se fait aussi déjà ressentir. Comme si les angoisses s’apaisaient, que la confiance revenait tranquillement. Même cet étrange désir obscur que l’on appelle: écrire. On verra bien.

C’était la première fin de semaine depuis un long moment où j’ai pu me reposer, prendre du temps pour moi, établir de nouveaux menus de recettes végé. Ça m’a fait du bien, même si étonnamment, j’aurais souhaité avoir plus de travail pour combler quelques heures supplémentaires, en ce moment même. Mais je suis reconnaissant. Il faut éviter d’être un junkie du travail, comme un junkie dans les autres domaines.

Vendredi prochain est une date importante pour moi. Si tout se passe comme prévu, ce sera enfin le moment où je ferai table rase de mes dettes. Il n’y a pas de sentiment plus agréable que de payer ses quatre cartes de crédit au complet, de remettre le compteur à zéro. Certes, mon hypothèque planera toujours au-dessus de ma tête. Mais ce n’est pas la même chose. Je me rends tout de même compte que manquer d’argent est un élément lourd dans notre bonheur. On aimerait tous ne pas avoir à se préoccuper de savoir si on va arriver à payer tous les comptes à la fin du mois. C’est humain, et quand on voit les factures s’accumuler, on a tous ce petit pincement, cette petite angoisse supplémentaire qui en rajoute sur le reste de nos préoccupations. Je ne suis pas dupe. Il y aura d’autres dépenses imprévues, d’autres moments plus difficiles plus tard, mais je me considère tout de même choyer, car il m’aura fallu moins d’un an, après l’achat d’un condo, pour retomber sur mes pattes. Oui, il y a la deuxième job, mais elle comble autre chose en plus de l’argent, et elle ne m’affecte pas autant que je le craignais au départ.

Pour ce qui est de mes amitiés, je pense que je dramatise également. Les visages changent, la vie change, ça fait partie de la game. J’ai retiré tout ressentiment de mes relations amicales, qu’elles soient en santé ou en puéril. Je serai toujours heureux de revoir les gens qui m’ont apporté du bonheur dans ma vie. Et si on ne se revoit plus, c’est la vie, c’est ainsi. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de cycles dans l’amitié. Il fut des temps où je n’avais que des amies féminines, puis toutes les femmes se sont barrées, et il ne restait que mes amitiés masculines. Présentement, c’est un peu le contraire qui se produit; il y a un retour en force des femmes dans ma vie, et presque de l’absence des garçons. Ça n’a pas tant d’importance. Je me rends aussi compte que les amitiés professionnelles prennent le dessus. C’est intéressant. On rencontre beaucoup plus de personnalités différentes en fréquentant nos collègues de travail. Je pense que ça évite de s’enfermer dans un moule d’amitié trop restreint ou identique à nos manières de concevoir le monde.

Ça m’amène aussi à percevoir les réseaux sociaux d’une autre façon. C’est comme si je m’en détachais tranquillement. En fait, je n’ai même pas besoin de trolls pour me faire comprendre que les débats sur la toile sont futiles et souvent voués à créer de la frustration dont on pourrait se passer. C’est la raison pour laquelle je ne me prononce que très rarement sur la place publique à présent. Ça draine de l’énergie, une énergie que je peux mettre ailleurs, sur moi-même et sur les prochains défis qui s’amènent. Ça fait longtemps que j’ai fait une croix sur cette espèce d’aura de pseudo célébrité, de clics et de J’aime. Après plus de 15 ans à raconter ma vie ici, j’ai vécu mon lot de changement par rapport aux réseaux sociaux, et j’ai décroché. Plus envie de me battre dans le vide, simplement le désir de continuer mon chemin, de ressasser mes expériences ici (on ne s’en sort pas!) et de vivre ma vie en étant bien avec moi-même, sans réfléchir à ce qu’un inconnu idiot ou saoul dans son sous-sol pense de moi, de mon existence ou de mon opinion. Je ne m’en porte que mieux.

La seule ironie dans toute cette histoire, c’est de continuer à me raconter ici. Mais j’ai l’excuse de pouvoir dire que je me racontais déjà dans les années 1990, 2000, 2010… alors, je ne me sens pas imposteur, je ne fais que continuer mes habitudes. Je sais que parfois, je devrais fermer ma gueule et éviter de déblatérer sur ma petite personne et le monde qui m’entoure, mais au final, la seule personne que je peux blesser en agissant ainsi, c’est bien moi. J’en prends donc tout le blâme, et je continue quand même, parce que c’est viscéral, c’est quelque chose que je dois sortir de moi. Et de toute façon, le rapport à ma vie intime est bien moindre qu’il était jadis. Quand j’écris, je me plais à m’imaginer que ça n’intéresse personne, ou plutôt, que ça ne choque plus personne. Du moins, pas les gens qui me connaissent et savent qui je suis réellement.

Alors, voilà, un peu de lumière dans ma vie en montagnes russes des dernières années. On tourne la page. On change une nouvelle fois de chapitre, et on s’adapte. C’est tout ce qui compte pour être bien avec soi-même, pour préserver son intégrité… et pour ce qui est des commentaires des autres, ça n’a aucune importance. Je suis de la vieille école, j’ai plusieurs années de vie publique derrière la cravate, et je n’ai aucunement peur des répercussions que pourraient provoquer les récits que je vomis sur ce blogue.

Honnêtement, ça fait du bien. De poser des mots sur cette situation. D’être en paix avec moi-même et ce processus étrange de me livrer tout entier dans les affres du Web. J’en paierai peut-être le prix un jour, mais comme à mon habitude, après un peu de dramatisation, je vais assumer et m’y faire, car je suis ainsi, même dans les pires moments, dans les pires textes trop véridiques et qui ne devraient pas être publiés aux yeux de tous, je garde la tête hors de l’eau, je respire un grand coup, et je continue ma route.

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07 Mar 2017

L’angoisse du recul

Avec tous les deuils qui se sont passés dernièrement dans ma vie, j’ai décidé d’arrêter plusieurs choses. La première chose: ce sont mes médicaments. Non, je ne parle pas d’antidépresseurs, je n’en ai jamais pris. Mais je prenais quand même du Xenical, une petite pilule magique pour supposément faire maigrir. Or, la petite pilule magique a fait beaucoup de ravages. Certes, je n’ai pas pris de poids. Mais j’ai eu droit à de belles crises de panique (parfois très intenses).

Je dois parler de ce médicament, parce que je veux que les gens sachent à quoi s’attendre en prenant ces pilules d’Orlistat. Ce médicament nous fait chier (et plus que dans le sens du terme). En fait, pour résumé, le médicament «détruit» 30 % du gras que l’on absorbe. Vous mangez une pizza et des frites? Un cachet, et vous allez chier votre vie sur la bolle. Ce sera d’une belle couleur orange fluo.

Quand je n’étais pas végétarien, j’observais les effets instantanément. En d’autres mots, je chiais ma vie. Depuis que je suis végé, adieu la couleur orange. Elle n’arrive que si je consomme beaucoup de fromages gras ou de produits laitiers. Il arrive qu’une habitude prenne du temps à se perdre. Ce fut le cas de ce médicament malsain. Pas de couleur orangée aux toilettes, mais les effets secondaires multipliés, jusqu’aux crises de panique intenses. Ça ne m’était jamais arrivé avant. Quand je prends du recul et que je regarde la dernière année, je me rends bien compte que quelque chose a changé: en plus de suer, d’avoir de la difficulté à respirer et de sentir des effets d’angoisses; on ne peut pas dire que le médicament fait honneur à sa réputation. Au départ, je pensais que mes maux étaient un résultat de ma consommation de jadis. Mais c’est faux. Après avoir lu sur le sujet, je me rends compte que plusieurs personnes qui ont pris ce médicament ont développé des problèmes d’angoisses, des crises de panique out of nowhere. C’est également mon cas.

Il m’aura fallu une année entière pour m’en rendre compte. Ces derniers mois, je jonglais entre l’idée de la santé physique et de la santé mentale. Je me suis longuement questionné à savoir s’il valait mieux perdre du poids et être angoissé, ou prendre du poids et se sentir bien mentalement. C’est con, je sais. Mais si vous n’êtes pas en surpoids, vous ne pouvez pas juger de ce que les gens peuvent subir pour maigrir. Je suis donc le prototype clé de ce médicament. J’ai tenté de perdre du poids (inefficace!) avec le Xenical. Tout ce que j’ai récolté, ce sont de la sudation et des crises de panique vraiment intenses (et parfois dangereuse; si je repense à la pire que j’ai faite sur l’autoroute à 110 km/h.)

J’ai quand même une crainte immense; celle de reprendre plus de poids après avoir cessé la prise de ce médicament. Il paraît que ça arrive souvent. Pourtant, j’essaie de me raisonner, de me dire que mon alimentation est 100 fois mieux que ce qu’elle était il y a à peine trois mois. Fini le gras, les viandes, le sucre, les sauces, et je viens peu à peu à bout du fromage. Je garde quand même la crainte de devenir énorme. Oui, je m’entraîne trois fois par semaine. Oui, je marche près de 10 000 pas par jour, mais même avec une pilule, semble-t-il que ce n’est pas assez pour perdre du poids. Alors, je crois que ce journal virtuel doit se transformer en agenda nutritionnel. Il est l’heure de cesser de subir des effets secondaires qui ruinent ma vie.

Des exemples? Outre l’épisode de panique sur l’autoroute, je peux nommer les angoisses en réunion de travail, les angoisses dans les transports en commun, l’énorme crise de panique devant un groupe de 12 personnes inconnues, la sudation extrême, et surtout le fait de se sentir fatigué à temps plein.

Si cette pilule m’a appris une chose, c’est que l’on est maître de son destin. Au départ, quand je prenais ces cachets, je continuais à manger du restaurant gras. Amir, au coq, pizza du coin, etc. Maintenant que je ne consomme plus ces repas par choix, l’habitude de prendre la pilule est restée. Mais plus de merde orange. Alors, à quoi bon? Eh bien, c’est la peur. La peur de voir le poids stable remonter la pente. Encore une fois, ceux qui n’ont jamais été gros ne comprendront pas. Mais quand on se trouve gros, on cherche tous les moyens pour arriver à ses fins. Même de payer 100 $ par mois pour une pilule magique, qui n’est pas magique du tout dans mon cas.

Alors, il est temps de dire adieu aux crises d’angoisse. J’ai atteint un point de saturation. Si je ne peux plus être dans un théâtre dans le noir sans paniquer, il y a un grave problème. Ce Xenical m’a transformé en personne craintive d’un mal imaginaire. C’est tellement triste. Je souhaite vraiment que les effets ne soient pas continuels avec la cessation du médicament. Sinon, je ressentirai un regret pour le reste de ma vie.

Pour ceux qui lorgnaient vers le Xenical; je vous le dis, l’effort ne vaut pas le résultat. Apprenez à mieux manger. Point. Comme je l’ai mentionné plus tôt, la seule chose que ce médicament m’aura apprise, c’est de réviser mon alimentation. Quand on voit de l’orange fluo dans un bol, c’est signe qu’on mange trop gras. C’est le seul point positif de cet expérience.

Fin de la parenthèse sur ce médicament malsain.

Comment je vais? Difficile à dire. J’ai vécu deux deuils back to back. Mais il fallait qu’ils se vivent. J’ai perdu mon chum. Qu’ai-je fait par la suite? Me saouler la gueule et retourner écrire à mon ex. Mauvaise idée. Idée débile, je sais. C’est comme si j’avais eu besoin de combler le vide. Or, cette fois-ci, la conversation aura été plus éclairante. Je lui ai demandé textuellement ce qu’il faudrait faire pour le revoir. C’était une suggestion de mon psy. Et il avait raison. Car, quand mon ex m’a dit qu’il n’y avait rien à faire, que c’était fini pour de bon; j’ai lu ces mots noir sur blanc, et ce fut une triste révélation. On ne revient pas dans le passé. Même si les fantasmes peuvent être encore présents dans nos têtes. Il ne faut jamais être tenté par le passé. Ça ne sert à rien. C’est de l’énergie et des espoirs perdus.

J’ai reçu une réponse. Non, rien, il ne se passera rien. Ces simples petits mots ont eu l’effet d’une guérison instantanée. Je suppose que j’avais besoin de les lire. De les ancrer dans ma réalité. Enfin, le mot fin. Le verdict officiel. L’étape du deuil s’est donc enclenchée deux fois. Perdre son chum et perdre son ex pour de bon. Ça m’a shaké de l’intérieur. Ça m’a bouleversé pour de bon. Et puis, rien.

L’acceptation. Car il n’y a rien d’autre à faire que d’accepter de repartir à zéro. La différence? Pas de plongeon dans l’alcool ou la drogue. Rien. Devenir adulte. Pour de bon.

La réalité, c’est ça. Aucune envie de boire une peine. Aucune envie de rencontrer des prospects sexuels. Je n’ai établi aucun contact avec personne. Plus de deux minutes sur les sites de rencontre m’ont donné une aversion profonde. Je dois rester seul. Vivre avec moi-même. Affronter le vide. Éviter l’aide des solutions faciles.

J’ai décidé de lancer mon énergie dans le travail. J’ai choisi de prendre une deuxième job. Travailler à temps plus que plein. 80 heures par semaine. Me sortir de mes dettes. Remplacer la soûlerie quotidienne sur mon divan par un travail acharné. On pourrait dire que je suis aussi extrémiste d’une autre façon, mais j’aime mieux le travail que le hung over.

Mes vieux amis se sont éclipsés dans la maternité ou dans des lieux géographiques éloignés. Mes parents se sont exilés pour l’hiver. Je n’ai plus aucune obligation de couple. J’ai seulement un condo à payer. C’est terriblement triste, mais je ne le vois pas comme ça. J’essaie d’en tirer le positif pour me concentrer sur le moment présent. Pour éviter de retourner sans cesse vers une nostalgie qui déforme l’actuel.

Alors, comment je vais? Je ne suis pas à plaindre. Je me sens les deux pieds dans l’adulting. Cet espace d’entre-deux entre l’adolescence et la vie adulte. J’ai tout perdu. Tout. Toutefois, je n’ai pas encore perdu toute ma tête. C’est passé proche, je l’avoue. Mais je suis un combattant. Un jour, il m’arrivera peut-être quelque chose de beau. Peut-être pas. Mais j’ai ce désir de vivre. Avec une tête saine. Avec le moins d’angoisse. Et sans besoin de médicament pour y arriver.

Comment se dessinent les prochains mois? Beaucoup de travail. Et beaucoup de sport. Une alimentation végé, que j’ai adoptée avec bonheur et que j’aime. Réduire ma consommation de fromage gras, car c’est le seul problème qui reste. Je n’ai même plus la force (ni le temps) de boire chaque soir. C’est une excellente nouvelle. Je ne consomme plus. Une autre excellente nouvelle. J’ai envie de simplicité. De bonheur créé par les gens, non pas par les substances que j’ingère. Oui, je prendrai un verre à l’occasion. Mais, c’est tout.

J’ai 33 ans. Je me considère comme quelqu’un d’intelligent, tout de même sain d’esprit. Mon corps ne mérite plus tout ce que je lui ai fait subir jadis. Oui, je suis engorgé financièrement. Un condo, c’est pas aussi facile qu’il n’en paraît. Surtout pour une personne seule. Mais c’est à moi de faire mes choix, à moi de créer mon propre équilibre qui, je l’espère, me mènera au bonheur, un jour. Un jour peut-être encore lointain, mais un jour, sûrement.

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11 Fév 2017

I don’t blame you

Je cherche depuis un long moment à commencer une phrase qui ne sonne pas cheesy, mais c’est un peu impossible dans cette situation. Tout se passe toujours trop vite, et après coup, on se demande si on a vraiment vécu ce qui vient de se dérouler quelques minutes auparavant. Si je pouvais résumer le tout, je pense que je décrirais ça comme de la simplicité poétique. Probablement parce que je suis un pseudo-écrivain qui a besoin de faire du sens avec tout ce qu’il vit.

Il est arrivé en après-midi, comme à son habitude. Avec sa joie de vivre habituelle. Il est venu s’asseoir sur le divan à mes côtés. Comme à son habitude. Et c’était la fin des habitudes.

J’ai eu droit à la fameuse phrase que tout le monde déteste entendre: il faut qu’on se parle. Je me suis redressé, méfiant. Puis, il m’a annoncé qu’il allait enfin changer de poste à son travail. Je me suis dit qu’il allait me parler de nouveaux horaires qui compliqueraient nos rencontres. Mais il a simplement dit: Ça, c’était la bonne nouvelle. 

J’ai retenu mon souffle, mais les mots s’enlignaient un après l’autre, la sentence était prononcée.

C’est fini.

Dire que je ne m’y attendais pas serait minimiser les choses. Encore quelques heures auparavant, il commentait un de mes statuts en parlant de la Saint-Valentin.

Il m’a parlé de son amour atténuée, de ce qui l’énervait chez moi, de ces trop nombreuses dépendances qui m’accompagnent. Je n’ai pas su quoi répondre quand il m’a parlé de mes amis, trop néfastes ou trop présents, je ne sais plus. Il m’a refait le parcours de sa vie et de ses exs, en disant qu’il n’aurait pas dû accepter quelqu’un comme moi. Que je n’étais pas l’homme qu’il lui fallait. Qu’il n’était pas l’homme que je voulais. Il m’a décrit un homme qui n’a aucune dépendance, qui est toujours sain dans son corps et dans sa tête. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui souhaiter de trouver cet homme.

Cette conversation me semblait si simple, les yeux humides, assis sur le canapé à flatter Rémi couché sur le dos. Il m’a dit qu’il ne s’était pas ennuyé lors de notre séparation de deux semaines à Noël. Il m’a demandé si moi, je m’étais ennuyé. J’ai été légèrement piqué, lui répliquant que j’avais l’impression que la seule chose qui l’aurait satisfait aurait été que je lui dise chaque jour que je m’ennuie. Il a tout balayé du revers de la main, m’a dit qu’il ne sentait pas assez de démonstration affective de ma part. Peut-être qu’il n’a pas tort, il est vrai que je ne suis pas le plus démonstratif.

Je me suis mis à sourire, à rire même, lorsqu’il m’a dit que la sexualité était vraiment bien, qu’il n’en avait jamais manqué. Je pense lui avoir répliqué: au moins tu diras pas que je baisais mal. Il y avait une certaine simplicité dans ces échanges qui m’ont rappelé tout ce qu’il était. Un bon gars, simple, franc et léger. Je l’ai remercié de m’avoir aidé à atteindre une vie plus saine. Mais pas encore assez pour lui. Il m’a dit qu’il ne savait pas ce que cette relation lui avait apporté. J’ai suggéré qu’il allait peut-être le savoir plus tard. Il n’y avait rien de méchant dans ses paroles ni dans mes réponses. Nous étions comme nous avions toujours été.

Je lui ai pris la main. Il m’a dit que j’étais une bonne personne, que je ne devais pas douter de ça. On n’avait juste pas les mêmes visées d’avenir. Il m’a offert de m’aider à aller faire l’épicerie. Je lui ai répondu que je n’avais pas vraiment la tête à aller me promener dans des allées avec mon ex.

Et le moment de silence qui a suivi l’a encouragé à se lever. Une conversation d’à peine 30 minutes. Je n’ai pas cherché à le retenir. Je l’ai simplement suivi jusqu’à l’entrée, en me disant qu’il valait mieux terminer tout cela de la manière la plus positive possible. Après tout, nous avions vécu une relation somme toute positive. Il a eu de la difficulté à lasser ses bottes. J’ai attendu patiemment qu’il pose son sac sur son dos. Et la finale était tout prêt.

Je l’ai serré dans mes bras. Les larmes se sont mises à couler. Prends soin de toi. J’ai déposé un baiser sur sa bouche. Je l’ai pris une nouvelle fois dans mes bras, en flattant le derrière de ses cheveux. Nos corps se sont éloignés, puis j’ai saisi sa tête pour venir déposer un dernier baiser sur son front. C’est là que le coup au cœur est arrivé; comme un petit poignard qui s’insère en nous et nous coupe le souffle.

La porte s’est refermée derrière lui. Je n’ai pas enclenché le verrou, je trouvais que ça ternissait la dernière image qu’il aurait pu avoir de moi.

Le silence. La solitude. Le vide qui m’a envahi peu de temps après.

C’est fini. Ces deux petits mots que personne ne veut vraiment entendre.

Mais je ne peux pas le blâmer, je sais que je suis quelqu’un de complexe, pas facile à vivre, avec mes zones d’ombres. Pourtant, quand je repense à mes autres relations, cette simplicité dans cette rupture me montre que je suis devenu un adulte. Pas de chicane, pas de crises, pas d’histoires à demi terminées. J’ai pensé: c’est la première fois que je me fais laisser en hiver. Je sais, ça n’a aucun rapport, mais c’est ce qui m’est passé par la tête.

Je respecterai toujours cet homme qui m’a suivi dans mes périples des dernières années. Il n’y a pas de haine, de rancœur ou de rancunes. Seulement cette simplicité déstabilisante. Cette simplicité de l’être qui est toujours resté lui-même. Je ne regrette en rien cette relation. Elle m’a beaucoup apprise, a peut-être fait une meilleure personne de moi-même.

Je ne décide que très rarement d’écrire moi-même le mot Fin. Peut-être que je pousse les gens à prendre la décision à ma place inconsciemment. Je ne sais pas, c’est ainsi que mes histoires de cœur se terminent la plupart du temps. Même si je vais mieux dans mes habitudes de vie, dans ma manière d’interagir, dans mes excès qui ont vraiment diminué, je pense que j’ai encore beaucoup de travail à faire.

Je crois également que je vais rester seul pour un bon petit bout de temps. Il faut que je me retrouve, que j’accepte ce que je suis et que j’apprenne à vivre mon célibat. Ce mot me semble tellement étrange. Je suppose qu’il faut parfois être brassé de l’intérieur pour pouvoir comprendre qui nous sommes réellement.

J’ai refusé de voir les amis, ce soir. Parce que j’avais besoin de mettre des mots sur ce que je vis. Je sais que c’est ridicule d’écrire aussi rapidement après des événements qui se sont produits si fraîchement, mais ça semble être ma routine de vie. C’est ma seule manière de gérer ma peine. De toute façon, il fallait que ça sorte tout de suite, comme ça. Les prochains jours seront plus difficiles. Mais il faut que je garde le cap, surtout pas noyer tout ça dans l’alcool. Ce serait une mauvaise décision. Il faut cesser de se faire du mal quand on a de la peine. Je ne suis plus dans l’auto-destruction. Je préfère la jouer rationnel. Il m’a dit: nous ne sommes pas un bon fit. Peut-être. Mais je ne regrette pas notre expérience de vie. Ce petit bout de chemin et cette chute qui semblent étranges… ça fait partie de moi, à présent. On absorbe toujours en nous un peu de ceux que l’on fréquente.

Même s’il m’a dit qu’il réfléchissait à me quitter depuis environ trois semaines, ça n’a pas d’importance. Ça ne me fait pas rager. Je préfère accepter son honnêteté. Me dire qu’on a été bien ensemble. Je vais m’ennuyer de me coller contre lui la nuit. Je vais m’ennuyer de nos réveils les fins de semaine. Je vais m’ennuyer de cette simplicité et de cette joie de vivre qu’il avait toujours. Et je vais essayer d’être plus fort que tout ça. De prendre le meilleur de ce qu’il m’a laissé. Même si notre chapitre à nous est maintenant terminé.

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30 Jan 2017

La normalité de la trentaine?

Vers la fin de ma vingtaine, je disais souvent que j’avais perdu des amis, que les liens s’étaient détruits, ou que nos chemins s’étaient simplement séparés. Arrivé bientôt à la mi-trentaine, je me dis que j’étais un peu trop sévère (ou dramatique). 

Oui, il m’arrive encore de penser que j’ai été trahi, que j’ai été tassé même, mais je me rends compte que je m’en faisais beaucoup pour les aléas naturels de la vie. En fait, je ne devais pas comprendre que la vie est faite pour les séparations. Je me considère encore chanceux, parce que ces séparations n’égalent pas la mort de mes proches. Pas encore.

Avec le temps, j’ai aussi compris que les séparations nous permettaient de comprendre l’importance qu’avaient les autres dans nos vies. Trop peu, trop tard? Je ne suis pas si certain. En d’autres mots, je crois vivre tout ce qu’un humain vit généralement. La perte ne devrait pas toujours être triste ni violente.

Avec tous les gens que l’on rencontre sur le chemin de notre vie, il est tout à fait normal d’en voir disparaître plusieurs. Tout est dans la manière de faire les adieux ou les « au revoir ». Si je me suis souvent senti blessé d’être éliminé de la vie de certains amis en raison de leurs relations amoureuses, je pense maintenant que c’est quelque chose d’inévitable. On ne peut pas plaire à tous, et quand quelqu’un veut vraiment nous faire disparaître de la vie d’un de nos amis, parfois, on n’a juste pas le choix. Mais ce n’est pas toujours ainsi non plus.

Dernièrement, j’ai dit « au revoir » à mon meilleur ami. Et je craignais que ce soit très triste et drama, mais au contraire, il y avait quelque chose de lumineux dans cet adieu (temporaire, je l’espère). En fait, j’étais heureux des nouveaux défis de mon ami. Je lui souhaite la meilleure des chances, et il faut dire qu’il y a des gens que l’on peut quitter et retrouver sans que cela nous affecte, comme si on s’était vu hier pour la dernière fois. Je ne sais pas ce qui en sera de ma relation avec mon meilleur ami, mais une chose est certaine; lors de ce dernier verre dans un bar miteux, j’ai encore eu la confirmation que certaines personnes sont là pour rester, et qu’il serait très difficile de les éliminer ou de me faire éliminer de leur vie. Peut-être que nous ne nous verrons plus pendant des mois, mais j’ai eu le plaisir de constater que ce genre d’amitié passe au-dessus de tout.

Ce qui est vrai pour tout le monde, c’est que la trentaine nous éloigne des autres. Pas nécessairement volontairement, mais par les simples aléas de la vie quotidienne. Que ce soit à cause de déménagements, de nouveau-nés, de nouvelles relations amoureuses, ou simplement parce que le temps nous manque. Il y en a pour qui je n’ai eu aucun problème à accepter la coupure des ponts (des gens que je considérais souvent néfastes pour moi, de toute façon), il y en a avec qui ce fut plus difficile, du moins de mon côté, parce que j’ai souvent tenté de me battre pour sauver certaines relations amicales, mais pour le moment, je me sens dans une belle phase. Une étape de ma vie où je n’ai plus d’agressivité ou de rancœur envers ceux qui me quittent. Ça fait partie de la vie. C’est ainsi. Il faut s’y accommoder. Bientôt, c’est probablement la mort qui me séparera des êtres que j’aime le plus au monde. Il vaut mieux commencer à devenir zen envers ce processus. Ne surtout pas tomber dans une noirceur.

Évidemment, on ne comprend pas toujours pourquoi les relations amicales prennent des distances. Il y a tant de raisons. Mais on dirait que j’accepte maintenant beaucoup plus facilement ce processus de séparation, que jadis lorsque j’étais dans la vingtaine et où je me sentais plutôt trahi par les gens que j’aime.

J’ai compris avec le temps, parce que je le vis moi-même, qu’on choisit un peu son parcours, qu’on décide d’être là où l’on a envie d’être. Et c’est correct. C’est la logique qui découle du fait de vieillir. On change nos habitudes aussi. On boit moins. On se drogue moins. On évite les situations plus folles. On devient adulte. Encore. Eh oui.

Je crois que c’est la raison pour laquelle j’ai fait la paix avec les gens qui ont pris leur distance, qui m’ont quitté (drastiquement ou avec le temps). C’est un peu la même chose de mon côté; on privilégie les gens qui nous ressemblent, qui vivent les mêmes choses que nous à l’instant X. Ça ne veut pas dire que je me ferme à l’inconnu ou aux situations différentes des miennes (la plus grande preuve de cela, c’est que je ne m’enferme pas avec des gens qui me ressemblent parfaitement). J’aime la confrontation, les divergences d’opinions, les situations de vie qui ne me concernent pas directement.

Je dois tout de même avouer que les dernières années m’ont éloigné des amis des dix dernières années. Il y a eu des non-dits, des trahisons, des événements où je n’avais rien à voir, mais où j’étais déjà déclaré coupable. Je me suis battu. Cela a été un échec lamentable. J’ai surtout compris qu’on ne peut pas se battre quand un amoureux ou une amoureuse d’un ou d’une amie décide qu’il ne nous aime pas. C’est ainsi. Il faut larguer les armes et accepter que l’on ne puisse pas plaire à tous. Et la vie, c’est ça: prendre des chances en aimant des gens, et accepter qu’il y a probablement une date de péremption sur nos relations. Ça ne veut pas dire que l’on ne s’aime plus. Ça veut simplement dire que l’on est plus assez important pour certaines personnes, que tout notre amour ne vaut rien par rapport aux doutes ou aux conflits qui peuvent se produire.

Et puis, de nouvelles personnes entrent dans nos vies. Elles illuminent notre mal-être, elles deviennent aussi importantes que les amis de jadis. Tout est un cycle. Tout est en mouvement.

Ça m’a pris du temps à comprendre qu’on ne pouvait pas recréer les amitiés d’antan. J’ai toujours eu cette espèce de fibre nostalgique un peu malsaine. Ce désir de ne pas laisser s’échapper les êtres qui me sont chers. Mais avec la sagesse des années qui s’écoulent, je me rends compte qu’il est inutile de se battre. Les relations se tissent et s’éloignent selon les aléas du temps.

Si on est chanceux, il en restera quelques-uns près de notre lit de mort.

Tout ça est un peu comme une déchirure amoureuse. Ou, du moins, ce l’était jadis. Je crois que la perte des amitiés peut être aussi dévastatrice que la perte amoureuse. On ne s’y attend jamais. Mais surtout, il y a rarement une précision aussi claire quand une relation amicale se meurt. On se voit une dernière fois, puis on ne se voit plus. Il peut même ne rien s’être passé. Seulement un silence, qui se remarque au fil des années. Le plus grave problème de notre époque, c’est qu’aujourd’hui, on peut encore suivre nos anciennes amitiés virtuellement. On peut les apercevoir faire un commentaire sur Facebook ou Twitter. Devenir amis avec une personne près de nous. Le hasard de se croiser dans la rue devient moins important, car l’on sait que l’on peut surveiller la vie d’un ancien ami par les réseaux sociaux. À moins d’un grand conflit et d’un bannissement, les gens ne nous bloqueront pas du monde virtuel. Ils continueront à vivre, à commenter, à exister dans ce milieu un peu étrange que l’on appelle le Web.

Il faut faire avec notre temps, comme on dit. Mais n’y a-t-il pas quelque chose de plus cruel, que de voir l’évolution d’une ancienne amitié, de façon anonyme, dans l’ombre; être témoin de gens qui continuent leur vie sans nous. Je suppose aussi que c’est le même rapport avec les exs. Mais j’essaie de ne pas les garder sur mon Facebook, ceux-là.

Bref, je m’éloigne de mon sujet. J’ai dit « au revoir » à mon meilleur ami dans une ambiance légère et positive. Peut-être parce que je sais que même à l’autre bout du monde, il sera toujours important pour moi. Et je pense l’être aussi pour lui. Ça donne peut-être un léger baume au coeur. Mais tout ça n’est qu’exception. Car en général, les gens disparaissent « naturellement », avec les années, avec les événements ou les changements.

Et, pourtant, je suis zen. Ça me va. En fait, je me sens très positif ces derniers temps. Parce que ma vie n’est pas mauvaise, parce qu’il n’y a pas de grands nuages, parce que j’ai aussi cessé de me battre pour retrouver des amis qui avaient volontairement décidé de m’éliminer de leur vie.

Je reste quelqu’un de très possessif en amitié. J’aime voir ceux que je veux. Sans les autres. Sans cette cacophonie que pourrait m’apporter des gens que je ne veux pas voir. C’est sûrement la raison pour laquelle je préfère organiser mes soirées. Je me coupe peut-être de nouvelles rencontres intéressantes. C’est à réfléchir. Mais s’il y a quelque chose qui m’anime dans la vie, c’est bien de voir ceux que j’ai envie de voir. De profiter de ces moments trop éphémères. Sans bruit de fond inutile. Sans ces personnes de trop qui m’empêchent d’être moi-même, qui sait?

Ce n’est probablement pas (sûrement pas) la meilleure façon de conserver ses amitiés. Mais pour moi, c’est instinctif. J’aime peut-être trop les gens que j’aime (à la limite de vouloir les garder pour moi uniquement), mais je suis ainsi. Et j’ai compris que même si je n’avais pas ce genre de comportement, les amis viendraient et partiraient quand même comme bon leur semble. Alors, il vaut mieux profiter de l’instant. Et quand c’est moi qui choisis cet instant, à ma manière, avec mes règles et mes choix, je m’en porte mieux, je suis heureux. Souvent, à la fin de la soirée, je vois dans les yeux de mes amis qu’ils ont apprécié ce petit moment. Il s’agit d’un espace-temps, minuscule et partagé. Peut-être en vue de plusieurs autres moments, peut-être pour un dernier au revoir.

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27 Déc 2016

TOP 10 album 2016

Voici donc mon TOP 10 de mes meilleurs albums pour 2016!


01. Radiohead – A moon Shaped pool

02. Blue Foundation – Blood Moon

03. Kroy – Scavenger

04. On dead waves – On dead waves

05. Max Jury – Max Jury

06. David Bowie – Blackstar

07. Kanye West – The life of Pablo

08. Tindersticks – The Waiting Room

09. Moderat – III

10. Bon Iver – 22, A Million

En extra:

Charlotte Cardin et son EP Big Boy:

Et Dear Criminals, et leur EP Strip:

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26 Déc 2016

La réaction #DesGens

Noël est déjà derrière nous. Ce fut des Fêtes relativement tranquilles et sages. Et c’est bien tant mieux. Je suis de retour chez moi, après avoir vu les deux familles et les amis. Toutes mes activités sociales sont maintenant en pause jusqu’au 30 décembre. Amen.

Pas de résolutions, cette année. J’ai plutôt décidé de les faire une vingtaine de jours avant le premier janvier. Parce que je sais combien les résolutions de veille du jour de l’An disparaissent en coup de vent facilement quelques jours plus tard. Pas de danger, cette fois-ci.

Je suis resté très discret avec les amis et les réseaux sociaux concernant un virement important dans ma vie. Parce qu’avec le temps, je me rends compte je ne suis pas pris au sérieux. Ce n’est pas méchant, on me taquine surtout en se basant sur mes ambivalences du passé. C’est vrai que j’ai souvent eu l’air hésitant, prenant de grandes résolutions… pour mieux les oublier quelques jours/semaines après. Il est vrai que je n’ai pas été le plus grand exemple du: quand je dis quelque chose, je m’y tiens. J’avais une volonté de fer dans ma jeunesse, mais tout ce que j’ai consommé dans ma vie l’a un peu ramollie, m’a peut-être rendu un peu plus faible à certains égards.

C’est pourquoi il y a une vingtaine de jours, je n’ai pas dit à personne que j’arrêtais de manger de la viande. Je savais qu’on allait se mettre à rire et faire des paris sur le nombre de jours où j’allais tenir ma promesse. C’est très humain, je suppose. Et évidemment, ma décision s’est répandue quand même, et c’est exactement ce qui s’est produit. Je pense que les gens aiment beaucoup constater les échecs chez leurs pairs. Ça leur permet souvent de se donner une meilleure conscience personnelle. En observant l’échec chez les autres, on se rassure en se disant qu’on fait bien de rester dans le statu quo. C’est un peu triste, dans un sens. Mais je ne me suis pas senti touché, cette fois-ci.

Parce que j’ai approché ce nouveau défi de manière ouverte, sans restriction ni contrôle. Pas question de jouer de culpabilité, de m’empêcher de tricher si l’occasion se présentait, etc. J’ai décidé de couper la viande, et non, en premier lieu, ce n’est pas une question environnementale. Je ne vois pas pourquoi j’utiliserais cette raison, alors qu’elle n’a pas été le moteur de ma décision. Je me suis surtout rendu compte que la viande amenait autre chose de néfaste. Du moins, pour moi. Les sauces, les marinades, la crème, le fromage gratiné… c’est surtout ce qui accompagnait mes plats de viande habituels, et c’est ça qui n’était pas bon pour ma santé. Éliminer la viande, c’est aussi éliminer plusieurs de ces éléments. C’est fou comme on mange de la viande… pour en cacher le goût avec toute sorte de stratagèmes. J’avais déjà coupé la viande rouge depuis plusieurs années, n’ayant jamais été fan de steaks ou de burger. C’était facile. Ces dernières années, je m’en tenais surtout au poulet et à la dinde. Parfois, au lapin. Même mes sauces à spaghetti ne contenaient que très peu de viande. Ce fut donc facile de tout remplacer par des lentilles.

Je pensais m’ennuyer de la viande, avoir à combattre ardemment pour éviter d’en manger. Mais c’est tout le contraire qui s’est produit. Je n’ai eu aucun manque. Rien. Le seul élément qui m’a un peu perturbé, c’est l’absence de bacon, dans une salade, par exemple. Mais une fois qu’on oublie cet élément, il n’y a pas grand-chose de difficile. Comme je l’ai dit, je refuse les restrictions, et je mange encore parfois des œufs, des produits laitiers et du poisson. Je ne buvais pas de lait, ne mangeait pas de yaourt. Mon gros défi est vraiment de réduire le fromage, cet aliment que j’apprécie trop. Et c’est tristement le plus gras. Tout ne peut pas être si facile.

Manger végé, ça demande de l’organisation. Il faut dire que depuis que j’avais cessé de fumer, il me manquait une passion. Le lien peut paraître étrange pour certains, mais j’avais besoin de me pitcher dans quelque chose d’autre. M’occuper l’esprit en cherchant des recettes, en essayant à tout prix de diversifier mon alimentation, pour ne pas m’ennuyer et justement retourner à la viande par paresse. Le déclic qui m’a permis de continuer et de ne pas lâcher, c’est que je me suis vite rendu compte que je pouvais encore faire les mêmes recettes, simplement en retirant la chair animale. C’est tout aussi bon.

Oui, j’ai mangé deux, trois tranches de dinde à Noël. Pourquoi? Parce que je ne veux pas être celui qui fait chier les gens avec ses choix personnels. S’il y a quelque chose qui m’horripile, c’est bien ceux qui sentent le besoin de convaincre les autres que leurs méthodes alimentaires sont plus saines, que tout le monde devrait choisir leur façon de vivre. Ça ne se passe pas ainsi. Et je ne veux pas être celui qui fait chier et qui fait changer les menus lors des soupers. Je donne toujours l’option de manger avant une soirée, ou alors je ne mange que ce qui accompagne la viande. Pour Noël, oui, j’ai mangé la dinde, mais j’ai évité le ragoût et la tourtière. Pourtant, mon corps m’a bien fait comprendre qu’il n’aimait pas cet élément disparu depuis quelques semaines. La digestion a été plutôt difficile.

C’est une autre chose que je remarque depuis que je mange végé; la réponse du corps. C’est fou comme on oublie que notre corps nous parle, que notre estomac nous donne des signes. Ces deux jours de réveillons m’ont montré que la viande bouleverse mon système, beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé.

Bref, quand les gens me disent en pleine face que je ne vais pas tenir le coup, ils ne comprennent pas mon attitude face à ce nouveau mode de vie. Il n’y a pas de défi, pas de restrictions, et si je dois manger un peu de viande dans un souper de famille, ce ne sera pas un drame hystérique. Je vais simplement continuer à manger végé chez moi, dans la vie de tous les jours, et ça, ça ne regarde personne. C’est drôle comment les gens pensent parfois que l’on fait des choix de vie pour leur prouver quelque chose. Je n’ai rien à prouver à personne. Je fais ce que je veux.

Dans un autre ordre d’idées, je dois dire que je ne me suis jamais senti aussi libre. Ce qui est ironique, puisque j’ai une hypothèque de 193 000$ qui plane au-dessus de ma tête. En fait, je pense que je me sens libre parce que j’ai appris à laisser aller toute frustration envers les autres. J’ai toujours pris mes relations interpersonnelles au sérieux. Ma vingtaine était une histoire de pacte d’amitié et de relations tissées serrées. Mais je ne comprenais pas encore bien que la vie est en mouvance, que ce qui était vrai l’année d’avant ne le serait plus nécessairement l’année suivante. Je concevais mes relations d’une façon protectionniste. Comme si les gens m’appartenaient ou me devaient sans cesse quelque chose. Il m’a fallu un certain temps avant de comprendre qu’on apparaît dans la vie des autres, et que ce sont ensuite à eux d’en faire ce qu’ils en veulent. C’est pourquoi je ne considère plus que j’ai perdu des amis. Je trouve même que cette manière de voir les choses est étrange. On ne perd pas d’amis. Il y a des mésententes, des discussions difficiles, des disparitions, mais si je n’ai rien à me reprocher, il n’y a rien à faire d’autre que de suivre cette vie en mouvement.

Mes relations ne sont plus ce qu’elles ont pu être jadis, mais à mon avis, elles tiennent encore la route et la plus belle preuve de tout cela, c’est que je vois ceux que j’ai envie de voir. C’est aussi dans ces temps de Noël qu’on se rend compte des endroits où l’on veut être. C’est un peu comme si je m’étais rendu compte qu’il était faux de croire que l’on a des obligations, que l’on doit être absolument de toutes les soirées ou les événements. Je vais là où j’ai envie d’aller. Je fais des soupers avec les gens que je désire voir. Je me présente aux endroits qui m’intéressent. Ça peut paraître stupide, mais j’ai compris qu’il était inutile de se forcer à se rendre dans des événements où on n’a pas envie d’être. C’est simpliste comme tout, mais le comprendre et l’adapter à notre vie nous donne un sentiment de liberté très intéressant.

2016 a été une année difficile pour plusieurs personnes autour de moi. J’ai eu la chance de ne pas trop subir de difficultés. Pour moi, 2016 n’a pas été la pire année de ma vie. Je dirais même qu’elle a été somme toute plus positive que les autres. C’est peut-être ça devenir adulte, je ne sais pas. On s’en fout, en fait. On peut toujours trouver des significations à tout ce que l’on vit. Mon plus beau défi, c’est de toujours respecter mes feelings. C’est pourquoi je me fâche de moins en moins. J’ai éliminé l’amertume de ma vie. Je n’ai plus le temps de m’obstiner avec les autres non plus. Au départ, je croyais que c’était le signe d’un renoncement, d’une abdication.  Mais j’avais tort. En vieillissant, on choisit ses batailles. Et j’ai choisi de ne plus me battre contre les autres. Je suis ce que je suis. On m’aime ou on me déteste. Ça n’a tellement pas d’importance.

Hier, j’ai appris le décès de George Michael. 53 ans. Quelle tristesse! Son disque Older a été un disque clé dans ma vie. Il avait quelque chose de spirituel, de profond. Il me manquera. Si j’avais été plus vieux, j’aurais adoré assister à l’un de ses concerts pour cet album. C’est trop tard, évidemment. Mais ceux qui ne connaissent pas ce disque devraient y jeter une oreille. C’est pour moi son meilleur disque solo. Jazzy et oriental. The Strangest thing est pour moi une de ses meilleures pièces à vie. Sans oublier Free, cet instrumental qui termine l’album. Je pense que je n’ai jamais autant médité sur un disque. Oui, peut-être avec l’album Splinter de Sneakers pimps.

Tout ça me fait penser que je devrais faire mon TOP 10 des meilleurs albums de 2016 pour moi. Je vais y réfléchir prochainement et j’afficherai probablement ce TOP ici.

Je vous souhaite un Joyeux Noël et une excellente nouvelle année. Merci à tous ceux qui me suivent encore, même si je n’écris à peine qu’une fois par mois.

 

 

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06 Nov 2016

Sables mouvants

sable

Il y a un truc vraiment ironique dans la vie. Peut-être que plus tard, on y voit moins de cynisme et on se met à rire en se tournant vers certaines périodes de notre passé. Mais présentement, je vis une dichotomie entre la qualité de ma vie (entendre; ce que j’ai réglé de mes démons) vs la qualité de la présence des autres dans cette même vie.

J’en vois déjà qui lèvent les yeux au ciel en se disant que je vais chialer sur mon sort ou me plaindre de x ou y. Pas tout à fait. En réalité, si on dresse une ligne du temps et une ligne de nos buts, je serais foutrement ingrat de dire que je ne suis pas satisfait du déroulement. Je pense que mon combat gagné, le plus important, devait être par rapport aux substances que j’ingérais. Et la bonne nouvelle, c’est que je suis passé à autre chose, pour de bon, sans nostalgie (si ce n’est peut-être ma taille qui était plus fine… mais ça ne valait pas la destruction du corps). Ça s’est aussi amélioré côté alcool, quoique j’ai du travail encore à faire de ce côté. J’ai beau avoir diminué de 75 % dans ma fréquence, reste que je me gâte encore un peu trop quand je m’en permets.

Ma vie s’améliore aussi côté travail, avec de nouveaux avantages qui m’ont montré que la persévérance peut payer (même si je me considère encore sous-payé, mais il faut faire la part des choses). J’aime mon travail, j’y suis heureux et j’arrive à remplir mes responsabilités niveau hypothèque. Quand je dis mon salaire à quelqu’un, que je lui parle de mes mensualités, la plupart n’arrive pas à comprendre comment j’y arrive. Ça demande beaucoup de sacrifices. Mais j’aurais de la difficulté à revenir en arrière. Voilà pourquoi je dis que plus les années s’écoulent sur cette ligne de temps, plus mes buts sont atteints. Ce n’est pas facile, mais il faut ce qu’il faut.

Ce que j’ai remarqué, c’est que les sacrifices touchent surtout la vie sociale. Moins de sorties, pas de restaurants et le moins de bars possibles. Ça tombe bien, j’avais pas mal fait le tour des soirées qui s’étirent jusqu’à 5 heures du matin. Et puisque les paradis artificiels ne m’intéressent plus, ça passe encore. C’est surtout au niveau des amitiés que tout déraille. Dans la vingtaine, on fait des acquis amicaux. On s’imagine que les moments resteront figés, qu’ils se répéteront sans cesse jusqu’à notre dernier souffle. Dans la trentaine, on comprend qu’il ne reste pas grand-chose de ces beaux idéaux. Et comme je l’expliquais dans un article précédent, ce n’est pas nécessairement des disputes ou des malentendus qui détruisent nos relations amicales. C’est le jeu du temps, des absences, des occupations multiples qui font en sorte qu’on ne peut plus se séparer en quatre (on vieillit, on cherche le confort de notre salon, le petit bonheur sale de la télévision et du diable Netflix).

Je réagis toujours un peu tout croche quand on s’approche de mon anniversaire. Parce que c’est souvent à ce moment-là que les compteurs se remettent à zéro. Que l’on voit qui sont les gens importants dans notre vie. Je m’étais fait la même réflexion l’an passé (et pourtant, j’avais eu un anniversaire fantastique), mais je me rappellerai toujours la réaction d’une de mes amies qui était rentrée chez moi en s’exclamant: mais qui sont ces gens? C’était la seule de mon ancien groupe d’amis qui avait daigné venir fêter avec la quinzaine de personnes qui étaient là (tous des visages inconnus pour elle, car comme je l’ai dit, la vie est mouvante, et ceux qui étaient là pour nous hier, ne le sont pas nécessairement aujourd’hui). Je me rappelle que ça m’avait un peu blessé. Mais je pense que j’ai toujours eu la mauvaise attitude par rapport à tout ça; moi j’étais allé à leur anniversaire, à leurs soirées, à leurs événements. Mais le renvoi d’ascenseur n’y était pas.

Cette année, j’avais pris la décision de simplement… ne rien faire. Pas de déception, pas d’obligation, rien. Et j’aurais dû suivre cette idée. Mais j’étais saoul vendredi dernier, et on m’a convaincu de lancer une invitation comme ça. Je l’ai fait parce que j’avais bu, mais sinon j’aurais résisté. Encore une fois, ça m’a montré le vrai visage de certaines personnes. Quelqu’un qui quitte une conversation sans même prendre la peine de dire qu’il est simplement occupé ou qu’il ne peut pas, je trouve que c’est un manque de respect flagrant. Si j’avais eu 25 ans, j’aurais probablement critiqué et fait une scène. À bientôt 33 ans, je trouve ça irrespectueux, et ça s’arrête là, tout simplement. Je ne sais pas pourquoi je me battais tant pour des amitiés à sens unique. J’ai toujours trouvé que les plus belles amitiés étaient celles qui étaient loyales et égalitaires. Mais mon discours s’est modifié, et je suis à l’âge où je n’ai plus de temps pour ce genre de bataille. Je resterai donc silencieux. Après tout, si je suis supposé n’attendre rien d’eux, ils ne seront pas surpris de ne plus attendre rien de moi.

La réalité, c’est que je vois encore beaucoup le bien chez les gens qui me sont chers. Je vis dans un monde légèrement naïf. Les années à venir me montreront probablement que j’avais tort de ne voir que le bon chez les autres. Et il n’y a pas de rancœur. Sables mouvants. La vie n’avance pas en ligne droite. Je me dois simplement de perdre mes illusions sur l’importance que certaines personnes accordent à ma présence ou à ma personne. Ce n’est pas plus mal. On apprend. C’est sain.

Je discutais avec un autre ami qui me racontait que les gens le trouvent parfois lourd et trop insistant. J’ai avoué à cet ami que c’était vrai. C’était une conversation calme et honnête. Ç’a eu l’air de le faire avancer dans son cheminement. Et c’est seulement maintenant que ça me frappe; peut-être que je suis ainsi? Peut-être que c’est moi qui en demande trop aux amis autour de moi. Pas dans le sens où je les harcèle, non. Plutôt dans mes attentes envers eux. Après tout, chacun sa vie, chacun ses occupations. Je pense que m’effacer un peu ne peut pas faire de tort. En même temps, une partie de moi reste encore submergée de doutes. En s’effaçant, on signe souvent un acte de disparition. Mais si c’est ce qui devait arriver de toute façon, alors c’était dû pour arriver.

J’ai la même philosophie en amitié qu’en amour. Je pense que je serai toujours heureux de croiser des personnes qui ont été importantes pour moi, que ce soit dans une année ou dans dix ans. Mais cette vision des choses m’a toujours enfermé dans un monde de bizounours un peu trop utopique. C’est comme quand je disais à mon premier amour que l’on se reverrait à l’âge de 40 ans, ou quand je disais à mon ex de revenir me voir dans 5-10 ans. Au final, cette porte entrouverte, cette mince lueur d’espoir; elle ne fait pas vivre, non, elle transforme l’attente en colère, puis en résignation. Et une fois la page tournée, la souffrance vécue, c’est comme s’il n’y avait plus de retour en arrière possible.

Parlant d’ex, j’ai eu une discussion avec le mien. Une vraie discussion. Entre deux adultes, sans jeux de séduction ou sans espoir/attente. J’ai enfin eu les explications de sa disparition. Ce n’était pas une belle histoire. Il se soigne à présent. Et je n’en dirai pas plus, car il n’y a plus rien à dire sur ce sujet qui ne concerne que lui et sa vie personnelle. Comme vous pouvez le constater aussi, je suis devenu beaucoup plus discret sur ma relation de couple aussi. En fait, je ne gagne plus rien à exposer ma vie intime ici. C’est peut-être la raison pour laquelle je parle si souvent en paraboles. Comme une discussion qui frôle un peu l’onirisme, sans pointer des individus en particulier. On pourra dire que j’ai enfin appris à mieux gérer mes histoires et mes racontars. Je sais, ça fait un blogue plutôt plat et lisse. Mais c’est beaucoup plus rassurant que les confrontations qui en découlaient par la suite.

Alors, je suis zen. Presque comme un spectateur zen, qui regarde la vie des autres comme l’alignement des planètes; peut-être qu’un jour je recroiserai certaines personnes, mais peut-être aussi qu’il vaut mieux que le passé se perde dans l’univers et ne revienne jamais.

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15 Oct 2016

Return/Rewind

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J’ai passé une superbe soirée à l’autre bout de la ville. J’en ai profité pour boire, chose que j’évite de faire en semaine, maintenant.

J’ai raté le dernier métro. Non, la STM a flushé le dernier métro, ne respectant pas ses horaires pour fêter son 50e (on est tellement surpris)!

J’ai dû me rabattre sur 2 autobus avec transfert. Soit, 2 heures à poiroter et à être dans notre si belle ville qui fêtait l’année des transports en commun dernièrement…

Et puis, j’ai laissé tomber toute ma haine, parce que je me suis mis à observer le centre-ville et tout à coup, chaque bâtiment me racontait ma propre histoire.

J’ai croisé le Hyatt, cet hôtel où je me suis fait mettre à la porte par mon ex-blonde. Je savais que c’était déjà fini. Je voulais juste baiser un vagin une dernière fois dans ma vie.

Puis le Travelodge est arrivé… l’air de rien. Alors qu’il s’agissait de la première fois où j’allais dormir avec mon ex, où j’allais le sucer, ou je ne m’attendais certainement pas à m’enfermer dans une bulle pendant 10 ans.

On a ensuite roulé vers le village, et j’ai revu mon premier amant, qui allait nous acheter du Poppers alors que c’était encore légal.

Tout près, l’afterhour le Circus, où je me suis revu, complètement gelé, avec ma cousine et de nombreuses amies. J’ai repensé à Ricardo, à notre danseuse nue qu’on avait attirée… et à nos jeux.

Puis le feu Drugstore, où je prenais un verre… des pintes plutôt, avec les amis d’Internet. Je me suis rappelé que c’était la dernière fois que j’avais fêté l’Halloween là-bas… Tout juste à côté du Steak Frites qui a changé de nom dernièrement, et où j’ai connu plusieurs plaisirs amicaux et animaux.

La vie est comme un quartier et des rues qui se défilent et se rejoignent sous nos yeux. On continue à avancer sans savoir vraiment ce qui nous marquera. On continue à vivre notre présent sans en reconnaître les effets qu’il aura sur nous plus tard.

C’est triste et tellement beau à la fois.

Alors qu’on se concentre trop souvent sur les souvenirs du passé, on ne remarque que très rarement que notre présent sera notre nostalgie à venir.

C’est peut-être une question d’âge, une question d’expériences qui doivent se réaliser. J’essaie fort d’oublier tout ça. De ne vivre que pour l’instant. Mais rien n’est facile dans ce passé qui nous poursuit sans cesse.

Une chose est certaine. Même si je voulais, je ne pourrais jamais regretter ma jeunesse, ce serait inutile d’essayer de me convaincre que je n’ai pas vécu ma vie à fond. Et puis, je n’ai aucun remords.

Mon seul combat, c’est de rayer tout ça d’un grand trait. De ne plus porter d’importance aux souvenirs soudains; que ce soit un hôtel, un bar, un magasin ou un coin de rue. C’est pour le moment chose impossible, car je suis prisonnier de cette beauté naïve qui me ramène sans cesse aux instants d’avant.

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07 Oct 2016

Sobriété

sansal

Les derniers dix jours m’ont apporté beaucoup de réflexions. Des bonnes et des moins bonnes. J’ai tenté la sobriété. Complète. Zéro alcool. Je pense que l’alcool était un refuge dans ma vie. Pour calmer le passé. Pour l’éloigner tout en l’approchant.

Être sobre pendant plusieurs jours, c’est voir la vie différemment. Aucun doute. On se remet à se questionner, à se demander vers où on va, à se dire qu’on n’a pas atteint tous les buts qu’on désirait atteindre. Le plus important, c’est que je me suis rendu compte que sans boire, je pouvais lever 200 livres au Bench (douche bag!!!) et 60 livres en poids libres (douche bag bis!!!).

En fait, être sobre, c’est reprendre le rythme d’une vie « normale », dans le sens où on ne tait plus les problématiques de nos vies. Et quand je parle de problèmes, je trouve que j’exagère. Parce que j’en ai pas de problème. Bon, j’ai appris que je devrai porter des lunettes au travail, c’est un peu le gros drame de ma vie. Sinon, je suis un adulte bien normal. Et c’est justement ce qui me fait peur; être un adulte normal.

C’est comme si j’appréciais être un peu plus « twisted » et que là, ben il n’y a plus rien pour me faire vivre ce sentiment. C’est la triste réalité; je suis bien dans ma vie, à ma place, avec des objectifs précis. Oui, je dois perdre du poids. C’est une obsession. Une obsession qui perdure depuis l’âge de 14 ans, alors que je pesais à peu près le même poids qu’aujourd’hui. Mais la sobriété me fait analyser le tout autrement.

C’est fou comme arrêter de boire remet les choses en place. Je dois l’avouer, ça m’a presque donné envie d’écrire. Je pense que j’utilisais (j’utilise) l’alcool pour éviter d’affronter les choses. Et pourtant… quand je serre la bite de mon homme au petit matin, quand il essaie de me pénétrer pour le fun, même si on doit se lever dans quelques minutes, je me sens bien. En harmonie avec ma vie, avec ce qu’elle m’apporte.

Le plus gros problème, c’est lorsque je reviens du travail la semaine. Je tourne en rond. Vraiment. L’alcool endort mes sentiments. Elle les gèle, un peu comme la drogue le faisait jadis, I guess. C’est un peu comme si je comprenais pourquoi tout est dramatique lorsque je suis sous influence. Je me rappelle les relations perdues, les amitiés larguées… Au final, j’ai compris que boire m’apportait plus de souffrances que de libération. Ça pourra paraître banal pour certains, mais pour moi, c’est comme une révélation.

J’ai reçu un message de mon ex (en réponse à un message d’il y a plus de 6 mois). Notre conversation a duré pendant 3 phrases. Il est ailleurs. Je suis ailleurs. Tout ça est déjà fini depuis longtemps. Et j’ai vite compris que sa réponse provenait de son surmoi, cet état qui se révèle quand on a bu. Il devait être saoul pour m’avoir répondu après tant de temps. Je mentirais si je disais que ça ne m’a pas atteint d’une certaine façon. On est toujours bouleversé quand on reçoit des nouvelles de ceux que l’on a jadis aimés. Ce fut mon cas.

J’ai voulu lui répondre. Un truc un peu mélo-drama… mais je m’en suis empêché. Ça vaut mieux pour ma santé mentale.

Tout ça me fait dire qu’on n’oublie jamais réellement les gens que l’ont a aimés jadis. Ça fait partie du processus du deuil. Et je ne suis plus rendu à ces étapes. Les mois et les années sont passés. Comme une autre de mes ex me disait: c’est déjà fini, depuis longtemps. Et c’est vrai. Il faut apprendre à prendre une distance, à se dire que le moment présent compte plus que les souvenirs du passé.

Je travaille sur ça. Sans alcool, c’est plus facile. Plus facile pour le poids aussi. Alors, ça va bien. Et c’est la même chose pour les amitiés. On ne peut pas forcer les gens à rester dans nos vies. Je me suis tellement accroché aux gens que j’adorais, sans avoir de retour; c’est un jeu qui se joue à deux; je me rends compte qu’il est inutile de vouloir garder des ponts avec des gens qui n’en ont rien à foutre. Mais je me sens de plus en plus choyé; les personnes que je fréquente aujourd’hui sont honnêtes; exit les jeux d’amitié, on voit qui sont les gens qui s’intéressent réellement à nous. Pour le reste, je crois qu’il faut laisser aller.

C’est fou comme nos amis les plus proches peuvent devenir des connaissances. Mais ça fait partie de la game. Les amitiés, c’est un peu comme les ex au final. On sait à l’intérieur de nous que c’est terminé, on tente de se battre pour renverser la vapeur par moment, mais quand ce n’est plus d’actualité, rien ne sert de se battre.

Et ça, je le comprends juste maintenant. C’est comme si je sentais que j’allais disparaître de la vie de plusieurs personnes, en leur laissant le choix de revenir s’ils le veulent. On sait tous que ça ne se passe pas comme ça dans la suite des choses. Mais quand on aime, il faut savoir laisser aller les événements, se dire qu’il faut que ce soit réciproque. Sinon, à quoi bon? Je me pose la question réellement. Je n’ai plus la force de me forcer pour voir des gens qui n’en ont plus rien à foutre de moi. C’est la même chose du côté relationnel. Quand la distance et le temps n’arrangent rien, il n’y a plus rien à faire, sinon que de vivre sa vie avec les personnes présentes, car ce sont elles qui comptent le plus.

La lucidité qui s’empare de moi en ce moment est comme un énorme cheminement. Il faut que la nostalgie des relations reste là où elle est. On ne peut pas recréer artificiellement des relations parfaites qui se sont déroulées jadis. Il faut vivre au présent, et accepter que les gens nous quittent. De manière brutale, parfois, mais peu importe. C’est ainsi que l’on vieillit.

Devenir adulte, c’est tellement fucking compliqué. (Dit le mec qui va avoir besoin de lunettes pour travailler bientôt…)

En terminant, je vous suggère une chanson de Kroy, qui n’a rien à voir avec son album, mais cette chanson est « twisted » comme je l’aime, c’est la chanson COLD. C’est juste Wow!


 

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15 Sep 2016

La vie adulte qui te rentre dans face

censure

Eh bien, eh bien. Je sens que je me répète un peu, mais voilà, je n’ai pas beaucoup de temps à investir dans ce blogue. La raison est simple, je suis devenu un fucking adulte. C’est triste à dire dans un sens. Peut-être positif dans l’autre. Je ne sais pas, je suis encore en train de jauger toutes les répercussions de ma vie.

Avec un condo à payer, des factures qui s’accumulent, seulement quelques exemplaires de roman à vendre; on dirait que j’ai perdu le fil. Je m’éloigne de l’écriture, et, même si je trouve tout cela très malsain, je ne peux qu’en venir à une simple conclusion: il faut du temps pour écrire, mais surtout, il faut avoir quelque chose à dire. Ce qui n’est pas mon cas présentement. Non pas que je n’ai plus d’idées de roman, mais c’est comme si avec les années, je me rendais de plus en plus compte que mon rêve d’adolescence s’épuisait. D’ailleurs, il n’avait jamais été très solide, parce que j’ai souvent cherché la gloire avant la littérature.

Je pense que je me sentirai toujours un imposteur dans le domaine littéraire. J’ai beau avoir 6 romans de publiés derrière la cravate, j’ai toujours l’impression d’être au point A. J’essaie de minimiser la chose en me disant que lorsque j’aurai quelque chose à dire/écrire, je prendrais les moyens nécessaires pour y arriver.

Mais pour l’instant, en travaillant 55 h par semaine, je ne trouve plus le temps pour rien. J’ai compris ce qu’était le capitaliste malsain: soit perdre ses libertés afin de payer une hypothèque. Évidemment, je dramatise un peu. Même si j’ai plusieurs tâches à accomplir, même si je manque cruellement de temps à cause du travail, je crois qu’il y a (qu’il y aura) toujours une petite voix en moi qui va me hurler qu’il ne faut pas cesser l’écriture.

Mais, c’est difficile. Dans le sens où mes désirs de la vingtaine ne sont plus ce qu’ils sont maintenant dans la trentaine. Ce n’est pas que je ne veux pas, c’est surtout que je suis épuisé par le travail. On cherche tous à améliorer son sort. C’est humain. Et le sacrifice est humain aussi. On ne peut pas être mentalement à plusieurs endroits à la fois. C’est la triste réalité.

Et pourtant, je vais bien. Je dirais même que c’est tranquille. Terminé les grands questionnements de vie, terminé les souffrances atroces par rapport au passé. Je continue dans la vie, je fonce. J’essaie d’améliorer mon sort. On essaie tous d’améliorer son sort.

Je dirais que mes amis sont plus tristes que moi. Certains encore ancrés dans la dépendance, d’autres qui continuent de fréquenter les mauvaises personnes, et il y a ceux dont je ne pourrais dire, car le temps qui passe équivaut souvent à l’éloignement.

Je ne sais pas encore tout à fait quoi penser de mon été. Tranquille est le mot qui me revient sans cesse. J’ai vu ceux qui comptaient sporadiquement, et c’est comme si je connaissais déjà l’avenir. On ne peut plus être aussi perspicace que dans notre jeunesse. Chacun maîtrise à peu près son temps, ses envies et sa vie. Une chose est certaine, les événements se transforment, les amitiés changent, et plusieurs n’évoluent pas vers un bon chemin. Je suppose que ça fait partie de la vie.

Quand j’étais jeune et que je questionnais mes parents au sujet de leurs amis d’enfance, je n’arrivais pas à comprendre que seul le temps pouvait les distancier. Je m’imaginais de grands drames, des disputes, des ruptures douloureuses… mais avec les années, je comprends que l’on ne peut être maître de ce qui se produit dans la vie des autres. C’est peut-être mieux ainsi.

Mon copain n’arrête pas de me répéter qu’il faut s’entourer de relations saines et positives. Je commence à y croire de plus en plus. Avant le drama me faisait vivre, ou en tout cas, je sentais que je vivais plus en raison des situations intenses qui se produisaient dans ma vie ou autour de moi. Je suppose que vieillir entraîne une chose que je ne pourrais expliquer; il vaut mieux être entouré de gens simples et aimants, plutôt que de complications et de drames.

Je dois l’avouer, me sentir zen me semble étrange, surtout par rapport aux autres. Je suppose que je trouve mes complications dans le travail et les relations professionnelles. J’adore mon travail, mais beaucoup d’obstacles se dressent sur mon chemin. Des décisions difficiles seront sûrement à venir. Je tente de faire confiance au destin. Je sais, je sais, je suis peut-être naïf.

Tout ça est peut-être l’une des raisons de mon silence ici. Il n’y a rien à dire, sinon que de raconter les déboires de mes amis et connaissances. Je ne pense pas que ça leur plairait. Pour le reste, même si j’en arrache financièrement, tout ce que je peux dire, c’est que tout va bien. J’ai fermé beaucoup de portes. Je continuerai à en fermer dans les prochains mois.

Maintenant, je comprends mieux ce que me racontaient mes parents.

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01 Août 2016

Radiohead – 15 ans plus tard

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Difficile de croire que ça fait déjà 15 ans que j’ai vu mon premier show de Radiohead. La bonne nouvelle dans toute cette histoire? Le t-shirt acheté en 2001 à Oxford en Angleterre me faisait encore parfaitement hier, 15 ans plus tard!

Ne nous excitons pas! Je devais avoir acheté un t-shirt vraiment trop grand pour moi à l’époque haha! Je ne ferai pas de critique du show, puisque pour une fois (si rare, diront certains!) le groupe a joué tout ce que j’avais envie d’entendre. Pas de temps mort. Quasi un sans-faute. Et pourtant, c’est la première fois que je ne pleurais pas lors d’un show de Radiohead. Les temps changent, je suppose. Même pas une petite larme sur Reckoner ou Let down! Ce n’est pas une question de fierté. C’est peut-être dû à l’environnement festif d’Osheaga. C’est peut-être aussi parce que j’ai enfin avancé dans ma vie. Je ne suis plus stuck between pieces (la pognes-tu?)

Je suppose qu’avec le temps, je deviens plus zen. Ou je lâche prise. Enfin. C’est quand même étrange de ne plus avoir de petit hamster qui court de désespoir dans sa tête. Pas que je m’en ennuie, loin de là, mais toujours cette impression de vivre plus intensément dans la douleur.

Être heureux et léger, ça s’apprend. Souvent à la dure. Oh, j’ai encore des petits problèmes à régler, mais bon Dieu qu’ils semblent minces à comparer à il y a quelques années.

C’est drôle, car chaque fois que je vais voir un show de Radiohead, on dirait que ça marque une étape importante dans ma vie, une étape de changement. C’était mon 9e show en 15 ans, je ne peux plus dire qu’on ne change pas! C’est sûr qu’on ne pas tout contrôler dans notre vie. Surtout pas les autres. Je l’ai appris difficilement, mais là je le comprends mieux. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, mais pour le moment, je ne m’en tire pas si mal. Je déteste écrire ce genre de phrase noir sur blanc, parce que souvent les lendemains après avoir écrit ça, ça devient super apocalyptique! Je préfère dire que tout est relativement parfait, même si rien n’est jamais parfait.

Je n’écris plus. Je sais, je sais, c’est triste. Mais je me rends compte avec les années que je dois vivre avant d’écrire. Je ne pense pas m’en sortir; il faut toujours que je m’inspire de mon vécu pour mettre en scène des livres qui me plaisent. On ne peut pas vivre et écrire à la fois. Certains sont capables. Il semble que ce ne soit pas mon cas. J’accepte le tout. Je ferai probablement un autre défi de NanoWrimo en novembre, histoire de terminer un 2e roman que j’avais commencé l’automne passé. Pour ce qui est de celui qui repose présentement, les chances sont minces. Ça parle de prise d’otages, et tous les événements qui se déroulent dans le monde ne me donnent pas vraiment envie de continuer le récit. On verra bien s’il ressort du tiroir un jour.

Il me reste encore une dizaine de romans à vendre, je ne pense pas en faire imprimer d’autres. Je les garde pour l’événement du 12 août. J’espère que vous ferez votre part (que ce soit avec mon livre ou non) pour acheter un roman québécois ce jour-là!

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30 Juin 2016

Marcher contre l’autre

A silhouetted couple on a beach, walking away from each other. A seagull looks on.

J’ai renouvelé Pile ou Face pour une autre année, puis je me suis demandé pourquoi? Ouch.

Je ne pense pas que ce soit parce que je n’ai plus rien à dire. C’est juste que j’essaie de me protéger, de protéger les gens autour de moi. Il est loin le temps où je pouvais bavarder de toutes les expériences que je vis. Enfin, disons que l’innocence d’Internet n’y est plus. J’ai relu les milliers de messages que j’avais reçus dans les premières années de ce blogue. On peut dire qu’il y avait des gens qui avaient des visions très précises de ce qu’allait devenir mon avenir. C’est correct. C’est juste un peu un choc de lire ça des années plus tard. Après 18 ans à écrire ma vie sur le Web, je me demande pourquoi j’ai ce besoin (maintenant très rare) de revenir ici pour raconter ce qui se passe. Je ne sais pas trop, c’est comme un enfant dont on veut prendre des nouvelles. Je prends des nouvelles de moi-même, je me demande où j’en suis. C’est peut-être sain. Ou pas.

En fait, je sais très bien pourquoi je reviens ici, maintenant. J’ai écouté une nouvelle fois le film Unfaithful avec mon chum hier. Oui, ça n’a pas très bien vieilli (et ça donne une claque dans face, parce que ça montre qu’on se fait vieux), mais c’est encore tellement poignant.

Revoir ce film, c’est comme une gifle. Parce que ça me ramène en 2002, quand tout était possible. Quand j’étais en couple avec une femme, même si on baisait un mec. C’est surtout la musique qui m’a frappé. J’ai dû retenir mes larmes à plusieurs moments, parce que… parce que je ne sais pas… oui, j’aurais eu à m’expliquer peut-être. J’ai même préféré sortir sur le balcon, laisser passer les images dans ma tête pendant que mon chum prenait sa douche dans la salle de bain.

Et puis, la musique du générique. Cette petite chanson au piano qui dure à peine une minute; ça m’a rappelé tous ces gens que j’ai «perdus» dans ma vie. Ouais, ouais, on croise des gens qui arrivent et qui partent, et le blabla philosophique qui vient avec. J’ai l’impression que ça passait mieux avant. Quand j’étais plus jeune. Peut-être parce que je connaissais moins de gens justement.

Et l’ironie de la chose, c’est que je me souviendrai toujours du moment où j’ai écouté ce film, à 18 ans. Je ne comprenais pas encore tout à fait comment ça allait ressembler à la suite de ma vie, un jour. Mon chum a jugé Diane Lane, c’était prévisible.

Il y a quelques jours, j’ai eu une grande conversation avec Tania. Oui, oui. Pour ceux qui s’en rappellent. Pire encore, mon ancien amant Sébastien est débarqué de France directement chez moi. Je ne dirais pas que ça m’a fucké, car l’eau a coulé sur les ponts. Mais j’ai trouvé le tout très ironique. Comme si la vie voulait me rappeler ma jeunesse, ce que j’ai perdu, ce que j’ai gagné, ce que je n’ai pas accompli, ce que j’ai refusé ou accepté.

Je ne peux pas dire que je vais mal. Ce serait malhonnête. Je ne peux pas dire que je suis nostalgique, car je le suis en tout temps de toute de façon. Pourtant, une petite voix dans ma tête me pousse, me dit qu’il est temps de passer à autre chose sur tous les plans. Putain que c’est pas facile de se départir de son passé. Surtout dans la trentaine. C’est un couteau tranchant, une blessure qui a du mal à se refermer.

Mais non, je ne me considère plus comme quelqu’un de blessé. J’ai fait mes choix. Les autres ont fait les leur aussi. Mais c’est toujours difficile de continuer son chemin, de se dire que ça ne sert plus à rien de vouloir ce que les autres ne veulent plus.

Ce serait trop gros de dire que je me sens abandonné. Parce que je ne ferais que me plaindre pour rien. La vie est une putain de route remplie d’obstacles, mais surtout de départs. Voilà pourquoi j’ai cessé de me battre. J’ai abdiqué. Carrément. Si je regarde vers l’arrière, j’ai l’impression qu’il n’y a plus grand-chose qui reste. La famille, que j’adore, certes. Mais les amitiés s’étiolent. Et pour toute sorte de raisons ridicules. C’est toujours un peu ridicule la perte de l’Autre.

Mes amis enfantent. Tout le monde fait des bébés. Tout le monde disparait peu à peu. Et moi, mon seul projet était un projet de condo. Maintenant que je suis installé, je ressens un vide profond. Je n’ai aucune jalousie envers les amis. Je suis bien content pour eux. On fait tous notre cocon de couple. On doit tous faire des choix. Et pourtant, je suis un peu en criss. Pas de me faire abandonner doucement. Juste de devoir toujours me battre pour voir les gens qui comptaient jadis. J’essaie d’accepter de plus en plus les aléas de la vie. C’est un peu à l’image du professionnel. On chercher à grimper dans la hiérarchie. Meilleurs salaires, meilleures conditions, meilleurs collègues. Mais quand on parle d’amitié, ça fait toujours un peu plus mal de laisser partir les autres sans rien dire. On est content pour eux, mais on connait vite la suite des choses.

À bientôt 33 ans, on dirait que je voudrais la facilité. Des amis simples, qui se présentent quand il faut, qui n’ont pas de rancœur, qui sont là parce qu’ils ont envie d’y être. Des amis qui ne demandent rien en retour, qui sont juste heureux. Je sais, je sais, c’est le plus grand mensonge de l’humanité. Quand on ne sert plus aux autres, on ne sert plus, il n’y a rien à faire pour se battre contre ça.

C’est comme s’il fallait que je me rappelle que j’ai assez donné. Que je dois prendre ce qui passe, sans rouspéter. Pas facile pour un contrôlant anal comme moi haha. Pour ceux qui se le demandent; je n’ai pas vu mon ex depuis bientôt un an. C’est correct. J’ai accepté de me faire tasser aussi. Je vis autre chose. C’est plus au niveau des amitiés que ça fait mal. Je ne pensais pas que l’amitié devait se gérer comme une relation de couple. Je suis naïf peut-être. Je ne travaille pas assez ce genre de chose. Mais dans ma tête, ça devrait être simple, c’est pourquoi l’amitié existe. Quand il faut faire des pieds et des mains pour voir quelqu’un, quand une personne dit qu’elle viendra et ne vient pas, il faut lâcher prise. Et je travaille sur ça. J’ai cessé depuis longtemps de faire des drames. Mais je les vis quand même à l’intérieur. C’est un rejet. Et personne n’aime être rejeté. Mais que faut-il en conclure?

Rien.

C’est ça, le problème. Il faut vieillir. Laisser passer l’absence. Se dire que si l’autre veut vraiment nous voir, il sait comment nous rejoindre. Mais on sait tous que ça n’arrivera pas. Le seul problème dans ma petite tête, c’est que ça me donne l’impression de ne plus être apprécié à ma juste valeur. Et je devrais combattre cet état. Ce n’est pas du tout ça. C’est simplement que l’autre personne trouve plus d’intérêt ailleurs. Elle reviendra peut-être un jour, mais quand les mois s’écoulent, il ne faut plus trop y compter. Il faut que je devienne zen avec ça.

On perd tous des amis proches en route. Normal. Des amitiés de 10 ans et plus? Ça fait un peu plus chier. Mais il y a tellement d’éléments qui rentrent en ligne de compte. On peut pas en vouloir aux autres de vouloir vivre leur vie sans nous. Sans moi.

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23 Mai 2016

Jour 1

adulte

Je suis content que ça m’arrive en début de saison estivale. Au moins, ça sent moins la bullshit. Du genre «Je vais me calmer parce que l’été est fini, je vais devenir adulte et blablabla…» Non, cette fois la claque vient avant les conneries et les excès de l’été. Vraiment pas une mauvaise chose, au final.

Je pensais que je n’avais plus rien à dire ici. Faut croire que j’arrive à me surprendre encore. Signe que je suis encore bien vivant, et pas sur le pilote automatique. Faut dire que le stress est retombé, que je suis maintenant installé, et qu’il ne me reste qu’à payer pour les x années de ma vie à venir. Ahah, j’ai un ton tellement dramatique pour rien.

La vraie prise de conscience est arrivée vendredi soir. Celle de la semaine passée était juste le prélude, je suppose. Je me suis retrouvé seul dans un concert de Moderat au Métropolis (oui, la salle de concert où je m’étais promis de ne plus jamais remettre les pieds). Je me suis vite souvenu pourquoi. La chaleur, la foule, le son à faire exploser les tympans. Entouré de gamins qui commencent à peine à vivre leurs expériences de vie. Je me suis demandé ce que je crissais là. Après un concert pénible, je suis retourné chez moi à pied. En marchant dans le Village animé, un endroit que j’ai très peu fréquenté dans ma vie. Encore la foule à l’extérieur, à faire la ligne pour entrer dans des bars qui ne m’intéressent plus depuis longtemps. J’ai pressé le pas vers chez moi, puis j’ai continué à boire quelques bières jusqu’aux petites heures, sur mon balcon, à tendre l’oreille vers la rue un peu bruyante. Les temps ne changent pas, mais moi oui. Je pense que j’ai passé le cap des soirées électro, de la défonce, des moments où l’angoisse et l’anxiété du corps se manifestent à cause de la fatigue des muscles, du manque de sommeil, de tous ces éléments que je semblais tolérer facilement avant.

Il fallait bien que je me rende à cette évidence un jour. Le cycle du changement n’en finissait plus de finir, mais j’ai enfin compris qu’il était complété. Quand il n’y a plus de plaisir à faire ce que l’on faisait jadis, il vaut mieux cesser de s’entêter et apprendre à vivre cette nouvelle étape de vie.

Hier soir, je regardais mon meilleur ami s’exciter de sortir dans les bars, pour déraper un dimanche, comme si c’était si original. Et moi, je n’aurais pas pris sa place pour rien au monde. J’ai mangé ma petite papillote de légumes et ma truite avec mon chum, on a bien pris quelques verres, puis on est allé se coucher vers minuit. En fait, je l’ai laissé dormir sur le divan, car il semblait trop bien.

Dans mon grand lit, j’ai eu du mal à trouver le sommeil. C’est toujours un peu confrontant d’accepter de laisser partir une partie de sa jeunesse. De se dire que c’est ainsi que les folies s’arrêtent. Qu’il faut commencer à s’économiser physiquement et mentalement si on veut se sortir de ses patterns. Mais je n’ai plus besoin de lutter. Je n’ai plus besoin de me forcer à rester sage. Je n’ai juste plus envie de m’éclater «gratuitement».

Cette nuit, j’ai fait un rêve. J’étais avec des amis, devant une pharmacie. Je ne sais pas trop ce qu’on attendait. On avait bien du plaisir. Jusqu’à ce que je vois mon ex arriver, me croiser sans me voir, puis pénétrer à l’intérieur du bâtiment. Comme à l’habitude dans mes rêves, j’ai senti une boule au ventre, puis je l’ai suivi, parce qu’il me semble que je voulais l’accuser de ne pas me donner une once d’attention. Mais quand je suis arrivé près de lui dans la pharmacie, je l’ai observé avec un autre. Ils se serraient dans leur bras, s’embrassaient comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis des siècles. J’ai ressenti leur amour. Mais pour une fois, pas de haine, pas de frustration, pas même envie d’une confrontation. J’ai fini par détourner le regard de leur bonheur, puis je suis reparti vers la sortie.

Dire que j’étais calme et serein quand je me suis réveillé serait faux. Mais la boule au ventre, elle, n’y était plus. Cet élément peut sembler banal, mais pour moi, il fait toute la différence. Je me suis tourné sur le côté et j’ai serré mon chum dans mes bras. Avec la jeunesse s’en vont aussi les anciens amours. Je suppose que c’est le processus normal des choses. Avec beaucoup de lenteur dans mon cas. Mais j’y suis habitué.

J’ai enfin tenu ma promesse, ce matin. J’ai enfilé mes shorts et je suis allé courir un petit 4 km. Histoire de m’y remettre doucement. Le parcours de course, au bord du fleuve, est des plus charmants. Ce sera parfait pour tout l’été et l’automne. Je dirais la même chose pour la vue de mon balcon. C’est beau, c’est doux, c’est plaisant et relaxant. Je suis bien. Bien installé. Bien dans ma peau. Bien dans mes choix. J’espère que l’été sera à l’image de ce calme et de cette sérénité.

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14 Mai 2016

Le droit chemin

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J’écris aujourd’hui comme si j’apprenais à écrire pour la première fois. Il est encore tôt. Samedi matin. Avant 7 heures. J’habite mon condo depuis bientôt trois semaines. Oui, j’ai une vue du pont Jacques-Cartier et une vue sur la ronde. Une autre étape de vie. Mais suis-je plus adulte? Je ne le croirais pas.

Qu’est-ce qu’un blogue personnel en 2016? Je me le demande souvent. À quoi ça sert? À quoi ça mène? Pourquoi ai-je si besoin par moment d’y écrire? Pourquoi je n’ai pas écrit depuis le mois de mars? Tant de questions, et aucune réponse claire et directe. Oui, il n’y a pas de doutes. J’en suis à une nouvelle étape de ma vie. Les phases s’enchaînent. La satisfaction, elle, c’est plus indécis.

Le soleil se lève, explose dans les fenêtres de ma chambre à coucher. Chaleur et lumière. Incapable de bien dormir depuis une quinzaine de jours. L’impression d’être devenu irritable. D’en vouloir au monde entier. Et ironiquement, se sentir bien. Être quand même confiant d’avoir pris la bonne décision. Je vis des sentiments en contradiction depuis un long moment déjà. C’est difficile, mais sain. Enfin, je crois que c’est sain.

Pas facile d’adopter des habitudes saines. De vivre selon des principes en lesquels on croit plus ou moins. On dirait qu’il y a toujours cette petite voix dans ma tête qui me dit fuck everything. Cette nuit, c’était l’anniversaire de ma cousine et de son copain. Une fête qui s’est déroulée comme avant. Comme si j’avais couru après ma jeunesse qui s’éloigne pour tenter de la retenir encore un peu. Mais le soleil est maintenant déjà levé depuis longtemps. Une impression de bonheur éphémère. Un questionnement sur ce que c’est que d’être réellement heureux.

Hier, je m’obstinais avec un des membres d’un forum musical que je fréquente. Il argumentait que le nouveau disque de Radiohead n’a rien à voir avec la perfection du passé. Je lui ai répondu qu’il devait grandir, cesser de vivre dans cette foutue nostalgie des expériences et plaisirs adolescents. J’ai eu l’impression de me parler à moi-même. Depuis le début mars, je tenais le coup. Presque parfait. Mais au fond de moi, je savais que ce n’était qu’une question de temps avant de subir un écart, avant de tout remettre en doute. En fait, non, ce n’est pas du doute. C’est simplement comme si je courais derrière le fil de ma vie, à chercher sans cesse ce que je pourrais changer pour me faire croire que ça va mieux maintenant.

Et le pire, c’est que ça va mieux. Je suis dans un environnement sain. Dans un milieu sain. Tout devrait être empreint de sainteté. Et pourtant, il suffit d’une simple nuit pour faire basculer tous mes acquis. Auparavant, j’aurais haussé les épaules, je me serais dit que c’est la vie. Mais ce n’est pas mon sentiment présentement. Non, ce n’est pas la vie. Ce sont mes choix. Dictés par mes pulsions, certes, mais ces élans de désir ne se tairont probablement jamais.

Je parle en parabole. Ça me fait chier. Doit être la raison pour laquelle je me fais discret ici. À 32 ans, je sais ce que je veux, mais c’est comme si un mur m’empêchait de vraiment atteindre mes buts. C’est un combat constant. Une lutte à finir qui ne finit jamais. Et puis, au final, je me rends compte qu’il n’y a pas de contradictions. Je suis humain. Un humain avec ses hauts et ses bas, avec ses réussites et ses échecs, avec ses défis et ses faiblesses.

Mais je ne m’en veux pas. Je ne m’en tiens pas rigueur. Inutile de se flageller, de se punir. Alors, je jette la serviette. Pas de façon défaitiste. J’ai toujours été exigeant envers moi-même. Je ne me suis jamais trouvé parfait. Et c’est normal. Pour tout le monde.

Ce blogue n’a plus aucune importance. J’y ai raconté ma vie, mes malheurs, mes bonheurs, mes amours, mes tristesses, mes pensées sombres, mes regains de joie. Je me suis fait du bien. Je n’ai jamais voulu me censurer. J’aurai réussi à réaliser un premier but avec tous ces écrits. Partir du négatif pour créer une réaction positive. J’en suis encore à me demander ce que sera la suite. S’il y aura suite un jour.

Il ne faut pas se méprendre. Je parle d’écriture ici. Pas de mon passé personnel. Je suis jeune. Même si j’ai pris un sacré coup de vieux avec tout ce stress. Tout ce parcours était nécessaire. Et je le dis honnêtement. Je n’ai plus grand-chose à vendre, si ce n’est que de continuer à me vendre à moi-même. Pour m’encourager pour le suite. Pour me convaincre que je ne suis pas à plaindre. Que ce qui s’en vient pourra être mieux. Mieux qu’avant, assurément.

Je ne pense pas pouvoir dire un jour que j’ai accompli tout ce que je voulais faire. Mais je n’ai plus de rancune envers tout ça. La seule chose qui m’importe, c’est de faire en sorte que ma trentaine soit aussi diversifiée que ma vingtaine. J’apprends la résilience. J’apprends à tolérer la vieillesse. À accepter qui je suis.

Ça m’aura pris beaucoup de travail sur moi-même pour en venir à une toute petite conclusion: je vaux quelque chose, peu importe mes réalisations et mes échecs. J’ai décidé de traiter mes échecs comme des écarts. Apprendre de ses erreurs. Vivre par rapport au jour précédent. Pour le reste, on verra bien, plus tard, quand je me retournerai pour observer le chemin parcouru. Non, il ne sera pas droit. Le chemin n’est droit pour personne. Je fuis les lignes droites. Elles ne sont jamais tout à fait réelles. Et c’est la beauté de la vie. Du moins, c’est ce que je crois.

Je dois surtout apprendre à aimer les autres comme ils m’aiment.

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31 Mar 2016

5 ans après

passe

Et voilà, on y est. C’est ici que le vrai décompte commence. La journée du 31 mars est vraiment une journée remplie de signification pour moi. En 2013, je terminais la dernière révision de mon roman avant de l’envoyer en correction. Mais surtout en 2014, je dois avouer que je chiais beaucoup plus dans mes culottes qu’en ce moment. C’était jour de lancement. Le Jour X. Il faisait heureusement beaucoup plus ensoleillé qu’aujourd’hui. J’étais dans un tout autre état d’esprit. Deux ans, c’est un peu comme dix ans pour moi, si je reviens vers l’arrière. Je ne m’attendais pas à vivre tout ce qui allait suivre. Je ne m’attendais pas à grand-chose, si je suis honnête. J’étais encore trop embrouillé dans d’autres petits drames devenus inutiles au fil du temps.

Quand je pose un regard vers l’arrière en ce moment, le petit gars que je vois, c’est celui avec un manque de confiance, qui fait trop la fête, surtout pour oublier le bon sexe (alors qu’ironiquement, il n’avait jamais eu autant de partenaires sexuels). C’est le gamin qui n’a pas été capable de retenir sa souffrance de perdre un seul être, qui a dû l’exprimer aux yeux du monde, comme si ça rachetait la peine de la disparition de l’ex. C’est tout de même spécial les réactions qu’on peut avoir par rapport à certaines personnes dans nos vies.

Bref, il y a du chemin qui a été fait. Beaucoup de chemin et de travail sur ma propre petite personne, qui est quand même loin d’être parfaite ou à mon goût, mais ça c’est un autre débat. Si je suis heureux d’une chose, c’est que j’ai réussi à tasser les gens néfastes dans ma vie, que j’ai gardé le meilleur des autres, que j’ai pardonné à beaucoup de monde, mais aussi que j’accepte que certaines personnes ne veulent pas me pardonner. Ça fait partie de la game.

Je pensais en avoir beaucoup à dire sur ce 31 mars 2014, sur Peut-être jamais, sur le processus, sur l’écriture, le lancement, et tralala. Mais au final, non. Parce que wow, j’ai tout dit. Tout est là. Il n’y a rien à ajouter. Je me questionne encore à savoir si ça faite tant de bien que ça ou non. Je suppose que je ne le saurai jamais.

Et quand je disais que les 31 mars sont persistants dans leur signification, je faisais référence aux boîtes qui m’entourent présentement. C’est reparti pour un déménagement en avril. Après 5 ans à vivre au même endroit. Quand je regarde ce petit appartement, je ne peux que voir défiler les dernières années. Beaucoup de drames, beaucoup de sexes, beaucoup de joie, beaucoup de projets, beaucoup de nuits blanches, beaucoup de souvenirs d’adulescent.

J’ai eu du plaisir ici. Des rencontres. Des conversations que je ne crois plus jamais revivre dans ma vie. Des confidences énormes et intenses. Toute une vie magnifique, malgré les coups bas. Je me suis vu maigrir, je me suis vu engraisser, je me suis vu me muscler, je me suis vu me frustrer. C’était un peu comme le prolongement de ma jeunesse qui ne voulait pas mourir. Maintenant, quand je regarde ce qui s’en vient, je n’ai pas le choix de voir les obligations, les paiements, le travail et la vie d’adulte. Mais au contraire d’il y a 5 ans, aujourd’hui, je n’y vois plus quelque chose de si négatif. De toute façon, ça fait des mois que je n’ai pas posé les pieds dans une boîte de nuit (et je ne m’en ennuie pas). Il m’arrive par moment de ressentir un petit désir pour les euphories d’avant, mais il est vite dispersé quand je me rappelle les lendemains de veille.

J’aurais vraiment tout fait ici. Ma vie artistique, ma vie sexuelle, ma vie nostalgie, ma vie professionnelle, ma vie amoureuse, ma vie amicale… Et le grand saut sera un long vertige. Je ne garde rien. Outre mon lit et ma laveuse-sécheuse. Tout le reste ne m’appartient plus. Tout est donné, tout est vendu, tout est jeté. Les vieux meubles que j’ai transportés comme des pièces à conviction des relations passées, la vaisselle qui ne m’appartenait pas, l’électronique désuète, les tables vernies à la sueur de mon front, le divan, la bibliothèque qu’on avait dû monter par le balcon, les luminaires qui se trouvaient dans mon premier appartement en 2006, les pôles à rideaux, les ventilateurs, la pharmacie, le frigo, le four, le lave-vaisselle. Adieu. Bye bye. Je recommence tout à zéro. Il n’y aura plus de souvenirs, plus de références à l’avant, plus rien même des morceaux de vêtements que je portais jadis. Se débarrasser de tout. Faire table rase. Ne restera que la présence de Rémi, l’abyssin. Une présence réconfortante, le seul lien qui pourrait me lier au passé.

Et je crois que lorsque je poserai le pied hors de cet appartement, ce sera bien la fin. Même si dans cet appart, j’ai ramassé mon ex à la petite cuillère deux fois plutôt qu’une. Mais bon, il n’y a plus grand-chose qui m’étonne, ce devait être la 4e fois après la deuxième rupture. J’en suis venu à en avoir assez des drames, du niaisage et surtout des mensonges. Je pense que toute cette époque m’a permis de comprendre que le mensonge était le pire poison. Ce doit être un peu pour ça que mon chum me trouve trop direct par moment. Quand j’ai fait quelque chose qui lui déplaît, il le sait avant même de poser un pied chez moi. C’est comme ça que je veux définir ma vie et mes actes à présent.

En même temps, je n’ai jamais eu la chienne comme ça. Une vraie chienne. Une chienne qui remplit de doutes, du genre : vais-je être capable de subvenir à mes besoins? Quel est le plan B de la vie pour fucker toute la patente? Je ne suis pas dupe, je sais très bien que d’autres choses vont arriver. It’s part of the process.

Alors, pour résumer ma vie et sa différence avec 2014, l’année de mon lancement, je dirais que j’ai repris mon projet de publication pour en faire un projet d’achat de condo. Je me doute bien que je ne serai probablement pas aussi gagnant dans ce projet que je l’ai été avec le roman. J’espère juste être capable de me sortir la tête de l’eau et de ne pas trop regretter mon choix. Mais ça, seul l’avenir le dira. Et il y a trop de données et d’éléments pour faire en sorte que je sois rassuré et confiant. Car le destin est un mystère, un mystère que je ne veux pas connaître de toute façon.

Alors voilà! En souhaitant un beau 2e anniversaire de publication à Peut-être jamais, je me souhaite surtout une transition agréable et pas trop dramatique. Et quand je regarde les deux dernières semaines qui viennent de se passer, je me dis que ce n’est pas gagné. Je suis passé près d’une crise cardiaque pour des chaises IKEA (!), j’ai pété une coche contre mon fournisseur d’électroménagers et je trouve déjà la banque qui m’offre mon prêt hypothécaire complètement idiote (elle lit les relevés de compte à l’envers et m’accusait de ne pas avoir assez de fonds pour le condo). Ça promet pour la suite! Il est vraiment temps que je recommence à courir sérieusement.

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09 Mar 2016

Copier-coller

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Bon. Je ne pensais pas revenir à ce blogue avec ce sujet, mais puisque je me retrouve devant un problème éthique, je vais m’y attarder. Je viens de découvrir un autre forum de piratage où l’on partage gratuitement et illégalement mon dernier roman en version électronique.

Au début, la rage. La frustration de voir tous ces mercis un à la suite de l’autre. Pire encore, ça fait déjà plus de 8 mois que c’est disponible, offert à tous. Une fois la colère passée viennent les questionnements sur l’attitude à adopter. Oubliez la police, la police du web ou toutes ces niaiseries. Il est prouvé que de faire fermer un site de téléchargements illégaux ne sert à rien, sinon de motiver d’autres personnes à en ouvrir des dizaines d’autres.

Et c’est là que j’ai commencé à analyser ma frustration; jamais, au grand jamais, je n’ai téléchargé illégalement un roman sur ce genre de site. Si je n’ai pas envie d’acheter un bouquin, la bibliothèque me semble la solution la plus simple. Pourtant, si je faisais un Kanye West de moi-même et que je publiais une capture d’écran de mon ordinateur, on verrait bien que je suis présentement sur un site de streaming afin d’écouter la 4e saison de House of Cards.

J’ai voulu me tester plus loin. Qu’en est-il de la musique? Coupable, je suis. J’ai beau dire que je vais encourager les artistes que j’aime en concert (ce qui est vrai), je n’achète que ce que je ne réussis pas à trouver, ainsi que les artistes québécois. Mais c’est comme si ma façon de consommer la musique n’était pas similaire à ma façon de consommer des livres. Alors que j’ai un haussement d’épaules devant le téléchargement musical, je me colle au discours que Rogers Waters tenait à Tout le monde en parle dimanche dernier: à force de téléchargements, plus personne ne voudra créer. Et je suis tout à fait conscient que musicien ou écrivain, c’est du pareil au même. Construire une oeuvre prend des années de labeur, de doutes, de souffrance, de petites joies. Mais quand on regarde le résultat au niveau finances, c’était déjà pas du luxe, si on doit tout offrir gratuitement, à quoi bon y mettre tant d’efforts? Certains diront qu’il y aura toujours quelqu’un qui passera outre ces détails monétaires pour créer. Le hic? C’est qu’on se retrouvera avec de la création de gosses de riches. Et Dieu sait que ce n’est pas souvent là que se trouve le génie créateur.

Bref, toute cette histoire me fait sourire, car elle me montre deux facettes de ma personnalité. Certains pourraient me reprocher la chose en disant: c’est normal que ça te touche, ce serait de l’argent qui te serait dû! Mais je pense que ma réflexion va au-delà du simple intérêt mercantile. C’est comme si j’avais une échelle de gradation concernant le téléchargement illégal (et ce qui est bon, de ce qui est mal). Peut-être que c’est parce que le réflexe musical est plus vieux que le réflexe de lecteur. Après tout, les liseuses sont arrivées bien après les lecteurs MP3. Et présentement, je continue à me dire que je préfère vraiment le contact avec le papier lors de mes lectures. Je n’ai pas de bidule électronique pour stocker des centaines de livres (et je continue à garder un doute sur les personnes qui en ont autant sur leur machine. Les lisent-ils réellement?) Pourtant, je me rappelle qu’en 2004-2005, je refusais toujours de posséder un lecteur MP3. Je croyais encore aux disques compacts. Les temps changent. J’aime me dire que le livre connaîtra une finale différente. À suivre!

Dans un autre ordre d’idées, pour ceux que ça intéresse, j’en suis à la phase III (voir texte précédent). Je réalise à peu près une phase par mois. C’est sur 7 étapes. Tout va bien pour le moment (bon, ce n’est pas si facile, mais rien n’est facile). Ce qui s’amène dans les deux prochains mois sera complètement fou, alors que je ne promets pas d’être très régulier ici. Tout ça est un peu en réaction à ma vie passée, aux boulets que j’ai trop longtemps traînés. Ces 7 phases sont un peu l’entrée officielle dans le monde adulte (même si j’y suis depuis bien plus de 10 ans, je sais). Il y en a qui apprennent un peu moins vite que les autres, et alors? 😉

Ah oui! Dernière chose! Certains d’entre-vous ont remarqué que le site www.peut-etre-jamais.com redirige maintenant vers la section Livres de Pile ou Face. C’est normal. Je n’ai pas renouvelé le contrat d’hébergement cette année. Mais il reste encore quelques copies chez Archambault ou directement par moi! Ne vous cassez pas la tête à télécharger illégalement ce roman 😛

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29 Jan 2016

Les phases

phases

Mes chers amis, d’abord, je m’excuse pour le peu de mises à jour ici. Je suis pris dans un tourbillon de vie très intense, duquel j’ose espérer me sortir en mai… seulement.

Ces dernières semaines ont été charnières, parce qu’elles m’ont fait grandir. Encore un peu plus. Pas que de bonnes nouvelles, certes, mais beaucoup de positif. La plus grosse problématique, c’est qu’il m’est de plus en plus difficile de parler de moi-même aussi librement que je le faisais jadis. Et puis, ça devient égocentrique à la longue, non?

Je vis une période faste. Mais rempli de questionnements (ça, ça ne change pas!), ce qui est nouveau, c’est surtout les prises de décisions que je dois effectuer dans les prochains mois. On pense que notre vie sera un long fleuve tranquille dans la trentaine, eh bien, on a tout faux. C’est comme si je devais faire des choix obscurs qui sont garants de mon avenir. Mais c’est peut-être moi qui mets trop l’accent sur les répercussions de chaque petit mouvement de vie.

J’en parlais avec mon psy dernièrement; je suis dans plusieurs phases, comme la lune; où l’on mélange deuils et maturité. Je sais, je sais, la vie est faite d’une suite de petits deuils, c’est ce qu’on appelle l’évolution. Il faut savoir oublier des gestes, des pratiques, des moments, des anciens amis… 2016 sera définitivement la fin de plusieurs chapitres, à commencer avec un grand morceau; celui de mon appartement. Ça peut paraître étrange pour certains, mais depuis 4 ans, j’ai accumulé tant de souvenirs dans mon antre. Ce n’est pas le lieu qui importe vraiment, c’est plutôt la mémoire des gens qui sont venus le partager avec moi. Je me rappelle 2011, quand je suis débarqué ici, dans ce petit espace agréable et nouveau. Je traînais encore des histoires, des douleurs, des déceptions. On en traîne toujours, peu importe où l’on pose ses pieds. Mais il s’agissait d’un grand pas pour moi. Après deux échecs amoureux; prendre la chance d’un renouveau, essayer de se libérer des démons du passé. Tout ça s’est passé relativement bien, puis mal, puis bien, puis mal.

Bientôt, je laisserai cet espace derrière moi. Je tenterai l’inconnu. Je m’approcherai encore un peu plus de ce moment «adulte» que j’ai tant voulu repousser malgré tout. Mais à force de repousser l’évidence, on devient une caricature de la personne que l’on voudrait être.

Dans ce lieu, plusieurs hommes sont passés. Peu sont restés. Même chose pour les amis. D’une année à l’autre, ce n’est jamais pareil. On crée des liens, on en brise d’autres. Ça fait partir du vécu. J’ai longtemps cru que j’étais une mauvaise personne; parce que j’ai rarement été complètement heureux de vivre. J’apprends peu à peu à ne plus m’en faire. À me dire qu’il y aura toujours quelque chose d’autre. Il le faut. Sinon, on meurt.

Mon psy dit que je n’ai pas assez de fun. Que le seul plaisir qui semble me convenir vient des nombreuses substances qui ont parsemé mon chemin. Je travaille sur mon cas. Par phase. Et c’est un peu ma thématique de 2016; une phase par mois. En essayant de ne pas trop stresser, d’éviter la pression. Pas facile. Je suis quelqu’un qui me réfugie sans cesse dans le plaisir rapide; celui qui se consomme et s’oublie dès le lendemain. Mais peu à peu, mon but est d’éliminer ce genre de plaisir néfaste à ma vie. Je n’ai pas encore tous les moyens ou toutes les solutions pour réussir à me protéger de la nostalgie et du présent. J’y travaille, certes, mais j’ai une propension à revenir vers l’arrière, à toujours trouver que c’était mieux avant. Parfois, je me dis que je fais erreur, que de quitter mon petit nid pas cher et confortable, pour me cribler de dettes et d’insécurités, n’est pas la solution ultime. Mais j’ai vécu un déclic dernièrement: il faut avancer. Il faut foncer vers cette peur de l’inconnu, au risque de se péter la gueule, évidemment.

Les prochaines semaines seront des semaines cruciales pour mon avenir. Et je haïs cela, dans la mesure où je sais très bien que dès que l’on fait des plans, la vie se charge de faire dévier notre trajet pour nous amener vers un autre chemin. Je tente de ne pas me faire d’attentes, de ne pas trop organiser tout ce qui s’en vient, mais c’est fou, je pourrais dresser une liste de 20 items que je dois planifier prochainement. C’est même beaucoup plus angoissant que la publication de mon dernier roman. Il y a des coups de dés hasardeux, et il y a de la planification à effectuer, mais vous le savez, plus on planifie, moins ça se passe comme on l’espérait. Je dois être superstitieux, je préfère m’attendre au pire, même si je sais que le pire pourrait être encore pire et me surprendre.

Il m’arrive de plus en plus de me questionner, comme ça, en me demandant si toutes ces actions vont voir le jour, si je ne mourrai pas avant d’un accident banal. J’admire les gens qui se croient prédestinés. Parce que je n’arrive pas à me visualiser dans une simple vie, dans la simplicité du quotidien. On dirait qu’il y a toujours une faille, un mais si

Même si le prochain roman avance, je m’interroge sans cesse. Qu’est-ce que j’essaie de dire? Qu’est-ce que je ne saisis pas dans cette histoire, dans ces personnages? C’est la première fois que j’ai tant de recul devant un texte. Peut-être parce qu’il n’est pas écrit au «Je». Peut-être parce que cette histoire concerne les autres, et pas moi tout à fait directement. Quoique…

Ça m’a fait bizarre quand Renaud-Bray m’a annoncé qu’il ne restait que deux exemplaires de mon livre à vendre. Même chose chez Archambault. Même un rabais de 50% avec le code JAN1650 chez Kobo jusqu’au 31 janvier… Ça m’indique que c’est la fin d’un chapitre plus grand encore. Et pourtant, je continue sans cesse à recevoir des commentaires de lecteurs (ce que j’apprécie au plus haut point). Mais de plus en plus, c’est comme si on me parlait d’un livre qui ne me concerne pas. Il a maintenant sa propre vie, il n’existe plus dans mes veines. Il raconte le passé, et ce passé n’est plus présent. Encore un petit deuil, un tout petit.

Je ne deviens plus adulte. Je suis adulte. Et cette constatation me fige, me fout la chienne, vient jouer dans mon cerveau de jeune adolescent attardé. Je ne fais que penser à la suite, à ce qui s’en vient, et quand j’ai un peu trop peur, je cherche le plaisir facile. Ça crée des conflits, en moi, avec les autres. Ça me fait douter de chaque petit choix. Et puis, tout à coup, je me frappe métaphoriquement; je me dis que c’est ça vieillir. On a beau croiser notre passé; que ce soit des anciens amants au supermarché ou à la bibliothèque, que ce soit des anciennes connaissances qu’on ignore dans le métro (que pourrait-on se dire?) ou que ce soit simplement des hasards qui nous rappellent que nous n’avons plus 20 ans. Tout ça devient angoisse. Tout ça donne le goût de se réfugier dans ce qu’on connait le mieux. Et pourtant, je travaille à me sortir de ce cycle. Mais il n’y a rien de facile.

Pour que ce soit facile, il faudra passer l’étape des deuils. Faire en sorte que le passé n’existe plus. Qu’il soit un roman, une histoire, une page écrite et déchirée.

Encore aujourd’hui, je considère que j’ai eu de la chance. D’abord, de me sortir des habitudes vicieuses, ensuite d’avoir réussi à créer à partir des pires moments. Il ne me reste qu’à cesser de vanter ce passé qui était loin d’être rose. Mais le défi, il est là; se sentir bien dans le moment présent, sans chercher le regret à travers la nostalgie et les gens qui nous ont percutés de plein fouet plusieurs années avant.

J’ai laissé tomber les résolutions. J’ai laissé tomber les countdown. Être adulte, c’est apprendre à assumer ses décisions; faire face à ses choix, même si le résultat n’est pas celui qu’on attendait. Ouais, voilà. On en est là. Et la liste est longue. Je ne sais toujours pas si, une fois les éléments de cette liste rayée, je serai plus heureux. Mais une chose est certaine, j’aurai essayé.

On s’en reparlera au mois de mai.

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28 Déc 2015

Mon avis sur les livres de Guillaume Lambert et de Stéphane Lefebvre

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J’ai finalement terminé la lecture du livre de Guillaume Lambert. Plusieurs d’entre vous m’en avaient glissé un mot, parce que le synopsis de l’histoire ressemblait étrangement à mon roman Peut-être jamais.

J’hésite à qualifier ce livre de «roman»; d’abord parce qu’il fait à peine plus de 100 pages, mais surtout parce qu’il ne s’agit pas d’un roman construit en tant que tel. On est plutôt dans les bribes de pensées, dans des anecdotes racontées de manière déconstruite. La lecture est plaisante. Je m’y suis reconnu dans certains segments (surtout ceux liés à l’espionnage sur les réseaux sociaux). J’avais peur de ma lecture au départ, car je ne voulais pas retrouver un copier-coller de mon roman (surtout que Peut-être jamais est passé près d’être publié chez Leméac, donc j’étais méfiant). Mais force est d’admettre que mis à part le résumé derrière le livre, ce texte n’a rien à voir avec mon roman.

Le problème avec les livres qui ne font qu’une centaine de pages, c’est qu’il est impossible de s’attacher aux personnages. Ce n’est pas assez étoffé, ce n’est pas une histoire en tant que telle, ce sont des bribes, des pensées, des pièces de puzzle que le lecteur doit mettre en place. Je ne suis pas un grand fan de ce genre de livre, je préfère encore les romans qui s’étendent, qui nous font apprivoiser peu à peu un personnage central. Si vous avez aimé Peut-être jamais, vous aimerez probablement ce livre de Guillaume Lambert, mais comme je le disais plus tôt, pour moi, ce n’est pas vraiment un roman, c’est un essai littéraire, une autofiction fermée sur le récit mental de l’auteur. On en ressort avec… rien. Pas que ce soit négatif en soi, mais ce ne sera pas un coup de coeur pour moi. J’ai compris le défi de l’auteur, j’ai de l’empathie pour ce qu’il raconte, mais ça s’arrête là.

C’était quand même beaucoup plus intéressant que l’autre roman que j’ai lu; celui de Stéphane Lefebvre, Infidélités.

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La prémisse du livre était pourtant très accrocheuse! Un mec hétéro annonce à son groupe d’amis qu’il est devenu gai. Malheureusement, on évacue toute cette histoire dès les premiers chapitres. La suite est une ribambelle de clichés par-dessus clichés sur les désirs d’un hétéro pour les femmes et pour l’adultère. Plusieurs phrases sont moralisatrices alors qu’elles essaient d’être modernes. J’ai eu de la difficulté à continuer ma lecture jusqu’à la fin. Dommage.

J’en profite pour vous souhaiter une excellente nouvelle année. Mon année 2016 devrait être assez différente des dernières années. Pour plusieurs raisons, mais j’aurai l’occasion d’en reparler. Santé et bonheur à tous!

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11 Déc 2015

Amours plurielles

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Il n’y a pas à redire, même si la cause contre l’homophobie est loin d’être gagnée, pendant qu’une exposition de photos dans un parc subit la haine de certains radicaux imbéciles à Toulouse, en France, au Québec, ce même genre d’exposition peut avoir lieu dans un collège! Je sais qu’on a toujours été un peu plus à l’avance par rapport à notre niveau de tolérance à Montréal, mais je dois avouer que j’ai été charmé par cette petite expo dont les clichés ont été pris par Marianne Braunwell (avec la collaboration de Béatrice Noël et d’Amélie-Shuka Gadbois-Blanchette).

J’ai beaucoup aimé l’idée du projet, soit de mettre en avant-plan les élèves et les professeurs d’une école qui jouent très bien le jeu des amours plurielles devant la caméra (alors que la plupart des acteurs ne sont pas gais ou lesbiennes). Ces jeunes (et moins jeunes) ont sûrement dû démontrer beaucoup d’ouverture pour accepter de se mettre dans cet état de vulnérabilité, mais au-delà du risque posé, il y a surtout un naturel et une poésie qui se dégagent de tous ces clichés.

Une exposition qui nous amène à nous poser plusieurs questions sur la tolérance et la différence, et c’est terriblement d’actualité ces derniers jours, alors que l’on semble vivre dans un monde qui accorde beaucoup trop d’importance à la peur de l’Autre et de l’inconnu.

Je dois avouer que ma partie favorite de l’exposition a concerné une présentation sur cubes où l’on voit Tous les matins du monde en compagnie de Charles-Alexandre Brazeau Robinson et de Charles-Antoine Garneau.

Ce qu’il y a de beau, ce sont aussi leurs témoignages par rapport à cette expérience :

« Cela ne me dérangeait pas de poser pour Amours plurielles, je supporte la cause et je rendais service à une amie. C’était drôle, car je n’avais jamais vécu ce genre d’expérience, mais disons que c’était assez gênant au début, mais on s’habitue. » Charles-Alexandre Brazeau Robinson

« J’ai accepté ce projet, car je trouvais cela intéressant et que je trouvais que c’était une opportunité pour montrer qu’être homosexuel ce n’est pas mal. C’était assez malaisant lors de la prise des premières photos, mais plus qu’on en prenait plus on était à l’aise. » Charles-Antoine Garneau

Vous pouvez retrouver toutes les photos et divers textes concernant ce beau projet sur le site http://amoursplurielles.com.

 

 

 

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03 Déc 2015

La crise de la trentaine?

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J’aurais beaucoup de sujets à aborder aujourd’hui. Je ne sais pas trop comment commencer, donc ce sera sûrement du point par point.

Je veux d’abord commencer par le film Love de Gaspar Noé que j’ai vu lundi dernier. Vous devez savoir que je n’ai rien contre la sexualité explicite; pas du tout même, si elle sert le récit, il n’y a aucun problème. Mais l’impression que j’ai eue en voyant ce film, c’est que le réalisateur voulait tenir son public attentif en diffusant des scènes explicites. Sérieusement, en supprimant les scènes de cul de ce film, on a droit à tous les mauvais clichés de films français (la mort, le deuil, le temps, blablabla). Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas emmerdé autant au cinéma. Gaspar Noé nous sert de belles phrases improvisées sur la vie humaine, et il nous balance des pipes, des trios, des orgies et des éjaculations en plein visage (c’est le cas de le dire)! S’il n’y avait pas ces scènes de sexe, le film serait encore plus vide. Et la mauvaise manie de ce réalisateur, c’est de prolonger le supplice, de faire en sorte qu’on soit exaspéré jusqu’à la fin. La scène avec l’enfant dans le bain est tellement pathétique, je ne peux pas croire que des gens se retrouvent et apprécient ce genre de navet. Je n’ai vu qu’un seul autre film de ce réalisateur (Irréversible), et au moins, dans ce film, on comprenait que la fin était plus lente, plus amoureuse et cheesy. Mais ici, les longueurs sont troublantes. Je ne suis pas sortie de cette projection choqué, je suis sortie du cinéma en criss, parce que j’ai eu l’impression qu’on m’a fait perdre mon temps.

amour

C’est tout le contraire qui s’est passé avec le documentaire L’Amour au temps du numérique de Sophie Lambert diffusé à Télé-Québec. Je lisais Judith Lussier dans le Journal Metro aujourd’hui, et je dois avouer que je n’ai pas compris son point de vue. On ne parle pas de tous les jeunes adultes, certes, mais on parle quand même de nombreux cas, même si ceux-ci ont été triés sur le volet. C’est une représentation assez exacte des amours que vivent cette génération qui vient (déjà) après moi. Je l’ai connu à ses débuts, et je dois avouer que je suis bien content de ne pas avoir grandi avec ces phénomènes de réseaux sociaux et d’hypersexualisation. J’étais à la limite, comme on dit. J’ai compris exactement le propos du documentaire, et quand certains journalistes essaient de minimiser la chose, j’ai l’impression que c’est le signe qu’ils n’ont pas vécu la chose et qu’ils croient que leurs propres expériences sont un exemple parfait du «je ne suis pas comme eux». Eh bien, désolé, chers journalistes, peut-être que vous étiez déconnectés de la réalité, mais ce documentaire représente bien la génération d’aujourd’hui, et quand même beaucoup celle qui vient avant.

Vous pouvez voir les deux parties du documentaire sur le site de Télé-Québec. Ça vaut le détour.

Je saute du coq à l’âne, et je voulais aborder le sujet des trolls sur Facebook et sur le Web en général. Bon dieu que c’est rendu grave! Je ne veux pas sonner dramatique, et j’accepte facilement la critique, mais ces derniers temps, j’ai l’impression que les réseaux sociaux sont devenus un Far West pathétique. Je reçois près de 5-6 demandes d’amitié par jour sur Facebook, et avant, j’acceptais tout le monde, mais j’ai dernièrement vécu beaucoup trop de trolling pour continuer à accepter tout le monde sans analyser leur profil. Quand on ne me spam pas sur mon mur Facebook avec des messages idiots de prêts ridicules, on me bitch sans même m’avoir lu. Je dois avouer que ça me fait sourire. C’est fou comme certaines personnes ont du temps à perdre à vouloir détruire les autres. Je m’amuse dans mes réponses, en jouant d’ironie, mais je me rends compte que tout ça commence à me tirer beaucoup d’énergie. Il faut que je me rende à l’évidence, je vais devoir commencer à mieux surveiller qui j’accepte et qui je refuse. C’est triste.

Sinon, dans les autres nouvelles, Renaud-Bray vient de renouveler mon entente de roman jusqu’au 31 janvier 2016. C’est fou! Ça fera bientôt deux ans que mon roman est sur les tablettes! Même dans les maisons d’édition normales, ce laps de temps est perçu comme un miracle. Je sais que l’histoire achève, mais je suis encore agréablement surpris des critiques qui sortent deux ans plus tard. Et les critiques me font parfois sourire. Je dois avouer que j’avais été chanceux; je n’avais pas vraiment reçu de critiques négatives sur mon roman. Mais parfois, les critiques sortent en même temps, et elles sont tellement opposées entre elles, que je ne peux m’empêcher de rire. Le meilleur exemple s’est produit cette semaine, où j’ai eu droit à une critique moyenne versus une critique parfaite. Voici une critique sur le site du Contemporaliste et en voici une autre sur le site Le Fil rouge. Attention aux spoilers pour ceux qui n’ont pas lu le livre encore.

Tout ça me conforte dans ma position sur le milieu de l’édition. Je dois l’avouer, je suis un peu un éditeur. Beaucoup même. Comme je me suis occupé de tous les segments du processus de publication de mon roman, je connais les rouages. Et tout ça me fait hésiter, ça me donne presque le goût de retourner à l’université pour approfondir mes connaissances en édition. Je crois que j’ai réussi là où peu de gens y sont arrivés. La question que je me pose, c’est est-ce qu’il y a un avenir dans le milieu de l’édition? J’en doute de plus en plus. J’ai l’impression que les prochaines années me donneront raison; que si un auteur veut vraiment se faire connaître, il devra se fier à lui-même, et certainement pas à une maison d’édition qui lui donnera 10 %. Quand je me compare aux autres écrivains qui ont publié dans les maisons traditionnelles, je ne peux que me réjouir de ne pas m’être fait avaler par le réseau. Entre faire 1500$ de profit et 15000$, je choisis la deuxième option. Mais je considère que tout le travail effectué n’en vaut peut-être pas la peine. Ce n’est en rien une question d’être reconnu par les pairs, ça, c’est un détail. Mais dans notre nouveau millénaire, je comprends que la façon d’éditer un livre n’est plus pareil qu’il y a quelques années. Les temps changent, et le milieu du livre a beaucoup de difficulté à s’adapter. Je ne sais pas ce que je deviendrai en tant qu’auteur, mais ce qui me rassure, c’est que je suis capable de mener à moi-même une maison d’édition qui fait du profit. Et ça, je reste surpris que les maisons d’édition normales ne l’aient pas encore compris, qu’elles ne soient pas encore venues chercher mes services. Ça sonne un peu pompeux, mais leur but n’est-il pas de faire de l’argent? Moi, je sais comment. C’est leur perte, comme on dit…

Je pense que je suis dans une sorte de crise de la trentaine. À me demander ce qui serait la meilleure avenue; continuer sur le chemin de l’indépendance, ou m’allier à une maison d’édition qui a déjà fait ses preuves.

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28 Nov 2015

Écrire un roman en 28 jours

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Nous sommes le 28 novembre 2015, et je viens de mettre un point final à un nouveau roman écrit en 28 jours, qui fait pour l’instant 196 pages, 45 chapitres et 51 218 mots.

Peu importe le contenu de ce roman, la première chose que je tiens à faire, c’est me féliciter moi-même. Vraiment. Je n’aurais jamais cru qu’un simple défi sur Internet allait me pousser autant. Ni que j’allais être si assidu. Quand je lisais certains auteurs connus dirent qu’ils écrivent leur roman en 29 jours, je me disais: «Facile! Ils font ça de leur journée, sans se soucier d’avoir un 2e emploi, de devoir continuer à payer le loyer et tout le tralala.» Et malgré tout, j’y suis parvenu. En travaillant 38 heures par semaine, en m’entraînant 4 à 5 fois par semaine aussi. C’est certain que ma vie sociale en a pris un coup, mais présentement, ce doit être mon foie qui remercie enfin le ciel que ce soit terminé. Du moins, cette partie.

Je ne mentirai pas. Écrire demande de la volonté. C’est un défi. Écrire chaque jour demande plus que ça. Et s’il n’y avait pas eu l’alcool, je ne sais pas si j’y serais arrivé après les longues journées de travail. J’ai évité les saoûleries (parce qu’écrire saoul ne fonctionne pas). La bière low calories m’a beaucoup aidé, et quelques bouteilles de vin ici et là. Pour les dernières 48 heures, et pour les dernières scènes plus difficiles que je devais écrire, je me suis permis du rhum (ce fut la seule fois).

On ne se mentira pas. Il s’agit d’un premier jet. c’est raw. Je sais très bien que je devrais ajouter 10 000 mots pour ensuite en raturer 15 000. Ça fait partie du processus de la réécriture. Mais je n’en suis pas encore là. Pour le moment, je profite de ce succès. Parce qu’il faut cesser de se mentir; après Peut-être jamais, j’ai vécu une longue période de page blanche (presque 3 ans). J’avais besoin de quelque chose pour me botter le cul, pour me remettre en selle.

J’ai suivi les conseils du NanoWrimo: ne pas se relire. Juste écrire, continuer où l’on s’est arrêté chaque jour. La proximité avec mes personnages s’est développée, mais pas dans la même optique qu’avec mon livre précédent. J’ai ajouté de la distance, du recul, j’ai choisi (pour le moment) de raconter l’histoire à la 3e personne. Ça m’a permis d’être moins affecté par les événements, de moins m’investir dans les émotions de mes personnages. Peut-être que c’est un piège, peut-être que le livre s’en ressentira. Je n’en ai aucune idée à cette étape.

C’est la première fois que j’écrivais un roman sans suivre un plan précis. J’avais bien une idée qui me trottait dans la tête depuis un an (signe qu’elle est potable pour l’exploiter), mais je n’ai pas pris des pages et des pages de notes, je n’ai pas dressé de plan chapitre par chapitre, je me suis laissé aller au gré du moment. Ça annonce beaucoup de rature, de coins qui ont peut-être été tournés trop ronds, mais pour le moment, je repousse tous ces doutes et ces questionnements. Je me suis donné un défi, je l’ai relevé, je m’y suis tenu, et ça, ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Pour vous donner une idée, j’ai écrit le roman Peut-être jamais sur une période de 5 ans. Il faisait environ 55 000 mots.

Écrire sans faire de plan, c’est surtout problématique pour terminer un livre. Je ne peux pas dire que je suis 100% satisfait de ma finale, mais elle est différente de tout ce que j’ai écrit depuis que j’ai commencé à écrire des livres. Il y a quelque chose d’universel, de plus général dans mon écriture. Je n’ai pas encore trouvé de titre pour le roman. C’est un autre des nombreux détails qui sera à élaborer avec le travail de réécriture.

Je crois que je reste assez zen. Je ne prédis pas que ce roman sortira un jour dans le public. Ça, c’est le travail qui va suivre qui va le dicter. Il y a mille choses à revoir, mais au moins, je sens que mes personnages sont ancrés et solides. Il faudra mettre du temps pour les amplifier, pour leur donner un sens et des justifications à leurs actes, mais ils sont quand même bien construits. Je pensais devoir me battre avec des problèmes de récits, d’anachronismes, des problématiques qui m’auraient fait douter de la suite du récit, mais c’est comme si j’avais vomi une ligne du temps, et elle me semble solide pour le moment.

Mon roman traite de plusieurs sujets; il s’intéresse aux demi-vérités, aux subterfuges, aux mensonges que les hommes se racontent pour se sentir plus légers, à toutes ces omissions qu’on cache aux autres. On reconnaîtra ma plume, car je touche encore aux sujets des dépendances, des obsessions, même un peu aux jeux de rôles dans les relations. Mais rien à voir avec le précédent.

Ça fait du bien d’écrire sur des choses que l’on ne vit pas nécessairement. Quoique certains me reconnaîtront quand même parmi tous les personnages. Le livre est aussi beaucoup plus violent, et il aurait pu l’être encore plus, mais les événements qui se sont déroulés à Paris dernièrement ont changé ma perception des choses. Pour le mieux, je crois.

Plein de doutes et de questionnements continuent de s’entrecroiser dans ma tête; est-ce plausible? Est-ce logique? Y a-t-il un sens aux actions de ces personnages? Sont-ils assez humains ou trop robots? Beaucoup de travail à venir, certes, mais pour le moment, je prends une pause, je lève mon verre, et je profite de cette belle réalisation.

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15 Nov 2015

La possessivité

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Prenez note: je ne commenterai pas les attentats de Paris, parce qu’avec toutes les conneries que j’ai lues sur les réseaux sociaux, j’ai une saturation complète de stupidité jusqu’à la fin de l’année. Je ne rajouterai pas une couche de plus par-dessus tout ça. Mes plus chères sympathies à tous ceux concernés de près ou de loin (on l’est tous) et aux amis/lecteurs français.

Le titre de cette entrée (la possessivité) a été le thème de ma fin de semaine, et je n’ai pas pris qu’une année de plus ces derniers jours, j’ai été submergé par de petits moments de sagesse qui ont été très importants pour moi. On peut dire que j’ai fait une analyse de mon passé, mon présent et des relations que j’ai entretenues autour de moi. Tout ça est parti d’un simple article banal comme il y en a des milliers sur la toile chaque novembre; la description du signe du zodiaque le plus intense: le scorpion. On lit toujours un peu la même chose: passionné, intense, protecteur, jaloux et possessif (et un merveilleux amant, évidemment!)

À force de se faire parler de notre signe, on en vient à faire des associations personnelles (et on aime tellement quand ça colle pile sur notre personnalité, même quand c’est quasi négatif!) Ça m’a trotté beaucoup en tête, ces derniers jours, ce concept de la possession des autres. Pas dans le sens violent ou macabre, mais simplement de la possessivité égoïste, souvent plus menée par des élans amoureux/amicaux; en d’autres mots, pas pour mal faire, juste parce que c’est dans mon signe et je suis comme ça.

Mais après coup, je me suis rendu compte que j’analysais surtout mon ancien moi-même, et les dernières années qui s’étaient écoulées. J’ai toujours eu cette façon étrange de « tomber amoureux » de personnes extraordinaires, et de vouloir me les accaparer, parce que je suis bien avec eux, parce que j’aime les voir sans obstacle (les obstacles ont longtemps été les autres autour). Pour donner un exemple concret, j’ai toujours préféré recevoir chez moi et dresser la liste des invités selon mon envie, à deux doigts de refuser qu’un tel ou un autre se présente (ok, en refusant que certaines autres personnes se présentent)! Loin de moi l’idée d’être de mauvaise foi, le but était surtout de passer de bons moments avec les gens de qui j’étais vraiment proche, pour éviter de se perdre dans des conversations moins intéressantes, pour me concentrer strictement sur l’essentiel; la vie des gens que j’aime.

Je l’ai souvent ressenti dans mon groupe d’amis gais, où je préférais toujours les voir sans qu’ils ne soient accompagnés. Ce n’est pas que je détestais leur douce moitié, c’est simplement que ça m’enlevait du temps avec les gens qui comptent vraiment. Mais cette habitude de possessivité m’a souvent nui. Elle a parfois créé des qui-propos où je donnais l’impression de ne pas aimer les chums/blondes de mes amis. Honnêtement, l’ironie c’est que ce fut rarement le cas. C’est bien arrivé à une ou deux reprises, mais ce ne fut jamais la norme.

La dernière année m’a appris que je travaillais beaucoup trop fort pour des choses de peu d’importance. Avouons-le un peu; au lieu de paraître franc et de montrer mon amitié, j’avais plutôt cette impression de donner du fil à retordre aux amis et de rendre les choses compliquées pour rien.

Avec le temps, je me suis aussi rendu compte que plus on voulait attacher les gens, plus ils déliaient leurs cordes rapidement pour s’éloigner. Et le travail que j’ai dû faire sur moi, c’est de laisser les gens s’éloigner, en espérant peut-être qu’un jour, ils reviennent vers moi, puisque je leur laissais maintenant leur liberté.

Est-ce que tout s’est passé ainsi? Loin de là. Mais j’ai compris que c’était correct aussi. Il arrive qu’on lâche prise sur certaines personnes, non pas parce que l’amitié n’y est plus, mais peut-être que ces êtres restent encore avec l’idée qu’on veut les contrôler, les manipuler ou leur imposer des rencontres. Mais je ne fais plus ça de plus un long moment (imposer des rencontres), car ça ne fonctionne pas de toute façon. C’est à l’image de Facebook, et des événements; quand tous disent qu’ils viendront, on peut déjà calculer le nombre de futurs absents. Et parfois, la vie nous surprend, fait disparaitre ceux qu’on croyait pourtant beaucoup plus présents dans nos vies.

Et il faut se concentrer sur ceux qui restent. Cessez de penser à ce qui manque et vivre le moment avec ceux qui y sont. Certes, on peut être déçu, triste, on peut en vouloir, on peut même se dire qu’on leur remettra la monnaie de leur pièce (les scorpions comprendront), mais quand on s’arrête un instant, on se rend vite compte du ridicule de la chose. C’est un peu comme aimer un ex qui se contrefout de notre amour. Il n’y a pas d’issue, il n’y a que du travail perdu, que des efforts qui ne valent rien. C’est là qu’il faut lâcher prise, se défaire de notre colère ou de notre déception. Il n’y a aucun drame. Les gens se croisent et se décroisent sur la ligne du temps.

Chaque année, chaque anniversaire, c’est un nouveau chapitre, une façon de voir et de savoir qui seront à nos côtés l’année suivante. Ce n’est pas un gage de réussite, ça ne veut pas dire grand-chose, mais ça donne une idée précise des relations qui s’étiolent et des nouvelles amitiés qui se créent.

Vers quatre heures, ce matin, je me suis arrêté un instant, et j’ai compris que j’étais choyé. Je suis entouré de personnes vraies, où il n’y a pas de jeux d’apparences, de faux-semblants, de superficialité ou de masque. Ce sont des gens vrais, honnêtes, qui ne cherchent pas à créer des histoires inutiles ou dramatiques comme j’en ai jadis vécu. Et il y a cet autre point essentiel; on finit par ressentir clairement quand on intéresse quelqu’un ou quand il joue la politesse en s’en foutant complètement. J’ai mis du temps à déceler ce genre de trucs, parce que j’ai souvent voulu que « ça fonctionne » et que tout soit en harmonie, en me basant sur la chimie du passé, en essayant de recréer sans cesse les bonnes soirées d’antan. Mais je me suis rendu à l’évidence que la répétition du passé n’est jamais exacte, et surtout, elle n’est que très rarement au rendez-vous, même si on invite le même groupe de personnes. Il faut donc le vivre au présent, mais surtout avoir une bonne dose de laisser-aller, de lâcher prise.

Facebook a quelque chose de cruel, parce qu’on se retrouve amis avec des gens avec qui le courant ne passe plus comme avant. On ne les supprime pas toujours. On les garde, en souvenir du passé peut-être, je ne sais pas. Mais si Facebook n’existait pas (ou n’importe quel réseau qui fige le passé) on ne serait probablement plus « amis » avec de nombreuses personnes, et on ne connaîtrait pas ce qu’elles vivent non plus.

En fin de semaine, j’ai passé du temps avec les gens que j’aimais. J’en ai découvert d’autres que je ne connaissais pas, mais j’ai aussi redécouvert des amis qui s’étaient éloignés sur la ligne du temps et qui sont revenus. C’est là que j’ai compris que c’est le moment présent qui compte, pas les souvenirs d’avant.

J’ai dit que j’étais choyé parce j’ai vu environ 25 personnes en 48 heures. J’ai été reçu à souper par des gens que je considère comme de vrais petites étoiles positives dans ma vie. J’ai reçu des amis qui se sont entassés dans mon petit appartement. Mais surtout, j’ai pensé à moi, j’ai oublié les absents, et j’ai profité de mon bonheur. J’ai été agréablement surpris de la chimie naturelle entre les invitées (des gens qui ne se connaissaient pas entre eux au départ, mais qui ont semblé cliquer facilement). Ça m’a enlevé un stress, celui de devoir jouer à l’animateur de foule. Le petit concept cocktail et bulles était parfait. Et je ne me suis même pas saoulé. Signe que je n’ai plus besoin de m’engourdir l’esprit pour avoir du plaisir. Dans le lot, il y avait des gens que je n’avais pas vus depuis des années, et c’était un bel honneur pour moi qu’ils aient choisi de passer du temps en ma compagnie, c’était leur choix.

J’ai cessé de m’approprier les gens, de les attacher, de les vouloir à tout prix à mes côtés, et je crois que ça me réussit bien. C’est ainsi que je veux définir le reste de ma vie; une maison ouverte prête à accueillir ceux qui ont envie d’être là, tout simplement. Je m’en suis tellement fait avec les relations amicales un peu boiteuses, j’ai tant essayé de recoller des morceaux qui laisseraient de toute évidence apparaître la colle et les fissures. Beaucoup d’énergie à couper du vide au couteau. Beaucoup d’analyses, de réflexions, de remises en question. Et pendant qu’on s’acharne sur ça, la vie passe et on ne voit plus l’essentiel.

Vieillir, c’est aussi accepter de ne pas être le centre d’intérêt des autres. C’est accepter que tous ont leurs obligations, leurs petits problèmes, leur rythme de vie où des choix doivent être pris. J’ai longtemps dit que ce n’était pas les paroles qui comptaient, mais bien les actions, et j’ai l’impression que tout ça prend encore plus de sens. J’ai rendu les armes, j’ai fermé les batailles pour garder les amitiés lisses en surface. Je profiterai des gens quand ils seront là. Certains disparaîtront pour toujours, d’autres reviendront peut-être dans les années à venir, ça n’a plus d’importance. Et ça va aussi me permettre de mieux choisir où je me sens le plus apprécié, où j’ai l’impression d’être vraiment invité et voulu. Il y a une espèce d’abstraction dans ce que je raconte, parce que l’amitié est difficile à décrire entre deux personnes, parce qu’on ne sait jamais trop (comme en amour) qui aime le plus, qui tient le plus à l’autre, qui veut plus voir l’autre. Et c’est là que je m’en remets aux gestes, plus qu’aux paroles.

32 ans déjà. Beaucoup de chemin parcouru. Beaucoup de travail sur ma conception des relations humaines. Sur mon comportement jadis possessif envers les autres. Sur cet élan qui me pousse à laisser certaines personnes s’éloigner sans le prendre personnel. Hausser les épaules, tout simplement, et se dire que la vie est un cycle, qu’on recroisera bien ceux qui comptent vraiment. Les adieux en amitié ne sont pas vraiment comparables aux ruptures de couple, parce qu’il faut plus de temps pour se rendre compte du départ d’un ami qui ne nous doit pas nécessairement d’explication. Ça peut faire aussi mal quand on comprend, mais la peur de perdre l’autre a laissé sa place au plaisir de découvrir de nouvelles personnes tout aussi extraordinaires que les fantômes du passé,

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05 Nov 2015

Ne pas se poser de questions

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C’est un peu ironique de venir prendre le temps d’écrire ici alors que je suis en retard dans mon défi du Nanowrimo, mais je me rends compte que c’est quasiment essentiel de faire le lien entre ces deux formes d’écriture. Du moins, je crois que ça m’aide à respirer un peu.

Ce n’est pas très dramatique, mais je vais devoir mettre les bouchées doubles ce week-end si je veux y arriver. Ce n’est pas si mal, je pensais que ce genre de nouvelles négatives allaient arriver bien plus tôt! On ne lâche pas. C’est un peu bizarre d’écrire sans se poser de questions (bon, on l’avoue, je n’y arrive pas totalement, parce que ça arrive que le «à quoi bon?» me passe en tête, mais j’essaie de le chasser vite vite.) 7 123 mots pour le moment. Et ce soir, j’ai osé (enfin, c’est sorti tout seul), j’ai écrit ma première scène de cul. J’essaie d’y aller avec un peu plus de parcimonie tout de même. Je ne veux pas répéter l’expérience du roman précédent. Mais c’est intéressant de décrire des choses fictives, en utilisant la 3e personne en prime, histoire de me détacher de tout ça.

J’ai enfin réussi à obtenir une copie audio de Peut-être jamais, celle qui est dédiée à la Bibliothèque Nationale. Ça dure 5h41!!! C’est vraiment spécial d’entendre ses écrits à haute voix, qui plus est, lus par quelqu’un d’autre. On dirait que par écrit, c’est plus doux, alors que quand c’est lu, ça fesse beaucoup plus. Ça m’a donné une autre image du roman, une image plus dure, plus difficile et hard. C’est une expérience.

Me forcer à écrire chaque soir m’a aussi forcé à rétablir une routine de vie plus stricte. Et je me suis découvert une obsession pour la course en prime. Décidément, le mois de novembre s’annonce coupé au couteau dans son horaire. Mon agenda est déjà bien rempli (trop), et le reste est dédié à écrire et lire. Je suis quand même bien heureux de m’être imposé ce rythme de vie. Je ne sais pas si ça va donner quelque chose de concret, mais au moins, le coup de pied au cul est là.

Et même si j’ai le sentiment ne pas avoir atteint la vie parfaite (est-ce possible?) je me sens sur les bons rails. Plus le temps avance, et plus je me questionne, à savoir ce que je recherche tant, ce qui me manque tant pour atteindre ce bonheur que l’on recherche sans cesse. J’ai la fâcheuse habitude de me dire que j’avais trouvé l’équilibre, une fois que je l’ai perdue. Ce doit être pourquoi je me pose tant de questions, pour tenter de comprendre ce qui cloche. Parce que rien ne cloche vraiment. Mais jamais, au grand jamais, je ne dirai que je suis complètement heureux. Ce serait appeler le destin à me jeter un mauvais sort, à me faire regretter mes paroles.

Pourtant, hier, en famille, avec amis et amour, tout était parfait. Je hais utiliser ce mot. Je le trouve trop porteur d’un sens léger et superficiel. Mais je ne sais pas trop comment m’expliquer ma vie d’aujourd’hui. Il y a eu beaucoup de deuils, beaucoup de souffrances, et même si cet état reste (et restera?) toujours latent en moi, je ne peux pas vraiment me plaindre. Je me dis qu’on en recherche toujours plus, qu’on n’est jamais réellement satisfait à 100%. C’est peut-être ce qui nous pousse à nous surpasser, après tout.

Je pense que je suis sur la bonne voie; que ce soit par la force d’écrire, par la force de mes relations interpersonnelles, par les gens qui m’entourent, par l’amour que je reçois… Plus les jours passent, plus je m’éloigne de ce petit être fragile qui prenait toute la place dans mon roman précédent. J’ai vieilli, je continue de vieillir, et tout ce que je peux souhaiter, c’est que ça continue ainsi. Il est vraiment temps de faire table rase du passé, de l’utiliser à des fins littéraires uniquement, de cesser de m’en faire avec les fantômes qui n’existent plus dans ma vie.

Hier, en revenant d’une belle journée remplie d’amour et d’amitié, mon chum a croisé un vieil ami. Et le souvenir est revenu comme un train qui frappe; ce vieil ami, c’est une personne avec qui j’ai échangé quelques phrases, il y a dix ans. Il avait posé un avertissement. M’avait dit que je devais me méfier de mon ex. Que ce n’était pas tout à fait la personne qu’il disait être. Après 10 ans, j’ai reconnu qu’il avait raison sur le fond. À l’époque, ça ne servait à rien de me prévenir, c’était trop tôt. Mais comme tous les conseils que l’on reçoit, on les comprend souvent à retardement. Ça fait partie de l’apprentissage. Pourtant, je sais très bien que j’aurais fait à ma tête quand même. Que l’amour est plus fort que tout, même devant des avertissements clairs et directs. It’s the game, the game of life. 

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01 Nov 2015

Défi Nano

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Bonjour! Alors, allez-vous bien après toutes ces fêtes d’Halloween? Sérieusement, je n’ai jamais vu autant de photos de déguisement sur ma timeline! Moi qui n’aime pas l’Halloween, haha, tant mieux si vous avez eu du fun!

J’en ai eu aussi, rassurez-vous! Et j’ai trouvé ça bien drôle de voir mon mec complètement pété, parce que habituellement, c’est mon rôle haha! Je n’ai pas grand-chose à écrire ces temps-ci, et je dois même vous avertir que je n’écrirai que très peu au mois de novembre, probablement, parce que j’ai accepté le défi de faire le NanoWrimo. Il s’agit d’écrire 50 000 mots pour un roman pendant le mois de novembre. C’est un défi complètement débile, mais j’avais besoin d’un bon coup de pied au cul pour arriver simplement à me remettre en phase d’écriture. Je pense que pour le Jour 1, je peux dire: mission accomplie. Je viens de pondre 2 741 mots! Je ne sais pas si c’est l’influence de l’Halloween qui vient de se passer, mais j’écris vraiment du stock sadique. Je m’enligne vers un projet de roman complètement débile (like usual), mais cette fois-ci, je tente l’éloignement complet de ma vie. Je découvre des personnages bien étranges durant mon écriture. C’est intéressant. Mais surtout, je retrouve le chill qui me parcourt l’échine lorsque j’écris, et ça, on peut déjà dire que ce n’était pas arrivé depuis 2 ans au moins!

Honnêtement, le but du NaNoWrimo, ce n’est pas d’écrire un roman parfait, c’est simplement de se forcer le cul à pondre du texte pendant un mois. Les autres mois qui suivent servent à se réviser et à se corriger. Même si le Jour 1 a été splendide, je ne me fais d’illusions, il y aura des moments difficiles, des pages blanches et beaucoup de doutes. Mais ça fait partie de la game, et sérieusement, si je réussis à écrire au moins 30 000 mots durant novembre, ce sera toujours bien ça!

J’ai pondu un plan de roman qui traînait dans ma tête depuis 1 an (c’est ma méthode habituelle) jeudi dernier. Et c’est drôle, mais parfois, il suffit d’avoir un premier plan pour que toutes les pièces se mettent en place. Je n’ai aucune idée de l’avenir de ce projet, je ne sais pas s’il me tient assez à coeur pour que je puisse en faire quelque chose de concret, tout est tellement hypothétique, mais c’est le beau de la chose.

Il faut se rendre à l’évidence; on ne changera pas le monde de personne ici. Le temps est révolu en ce qui a trait à la littérature. Non, la littérature ne change pas la vie, sauf peut-être la vie de l’auteur qui écrit. Et ça m’a pris du temps, mais je me rends compte que c’est cette forme d’art qui manquait à ma vie depuis quelques années déjà.

Je ne prends aucun engagement, sauf celui de tenter de réussir ce défi un peu fou. On verra bien où ça me mènera, et le beau de la chose, c’est que le NanoWrimo, c’est écrire sans vraiment se relire. Donc, on pond du texte, on en vomit, et on verra plus tard si on peut en faire du sens et une histoire. C’est donc un défi à suivre, et j’en reparlerai sûrement au cours des prochaines semaines!

Pour ce qui est de mon roman précédent, la fin est vraiment tout près. Quelques copies à peine disponibles, des librairies bientôt en rupture de stock, j’ai réussi mon pari avec ce livre-là, mais là, je dois continuer et avancer. Si vous souhaitez faire un beau cadeau de Noël à quelqu’un de votre entourage, il est encore temps de lui acheter Peut-être jamais dédicacé!

Bon mois de novembre à tous! (ouch! J’oubliais que j’allais gagner une année aussi ce mois-ci lol)!

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23 Oct 2015

Le stress

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Ça y est; je viens de lire dans un article du 24h que les homosexuels sont moins stressés que les hétérosexuels! Étude bidon? On s’en fout, j’ai autant de stress que tous les autres… parce que je me suis acheté un condo, et je ne pense qu’aux mésaventures que j’ai entendues autour de moi.

Eh oui, hier, je suis allé visiter mon futur condo. Les choses s’enlignent et avancent, mais bon Dieu que je ne suis pas certain de ce move. Je ne sais pas si c’est ma propension au drame, mais j’ai toujours l’impression que les choses vont mal virer. Déjà, l’ascenseur ne fonctionnait pas! Bonjour les frais de condo qui vont tripler!

Ce qui m’a fait aussi sourire, c’est que mon chum m’accompagnait, et il a été reconnu par un voisin de l’étage. Je me rends compte que le 5e sera vraiment gai! Ça ne me dérange pas outre mesure, mais ça me fait sourire. Après tout, on est près du quartier, hein!

Alors, comme je disais, le condo prend forme. On a installé le plancher et les tuiles de la salle de bain. C’est très bien fait. Je n’ai pas à redire. Mais j’ai la crainte de m’être embarqué dans une histoire dramatique (probablement parce que le négatif l’emporte souvent dans mes idées). J’essaie d’être zen, mais je me dis; on verra en temps et lieu. Le temps file, justement. Pour le moment, je réussis à mettre le montant d’argent de côté que je m’étais promis, mais j’ai toujours la crainte de me faire crosser par le promoteur. On verra!

J’ai vécu beaucoup d’émotions ces derniers temps. Mon psy semble me trouver courageux et audacieux. Ça fait étrange de se faire dire par quelqu’un qu’on s’améliore, alors qu’on ne le ressent pas vraiment. La semaine passée, j’ai fait le party, comme dans le temps, avec tout ce que ça inclut. Et j’ai dû ramasser la douleur d’un ami aux petites heures du matin. Il n’arrive pas à oublier son ex. En lui parlant, je me mordais une lèvre, parce que tout ce que je lui disais me faisait penser à mon propre cas. C’est toujours étrange d’être la personne qui voit le portrait de l’extérieur, qui trouve tout cela si simple, qui répète: « oublie-là, passe à autre chose, c’est fini », mais quand je prononçais ces paroles, je les prononçais d’abord pour moi, en serrant les dents. Je suis certes passé à autre chose, mais le rappel du passé nous fait toujours un peu mal.

Je continue à vendre des romans. Beaucoup de romans. Malgré Facebook qui s’entête à me bannir… mais bon, je garde ce qui m’illumine, et ces temps-ci, ce sont encore les beaux commentaires sur mon écriture. Et je suis surpris, parce que je reçois aussi de très beaux commentaires sur mes romans précédents. Tout ça m’a poussé à remettre en vente mes anciens romans (en format papier aussi!). Je me suis dit, pourquoi pas? Les impressions de lecteurs sont si positives. Alors, je me suis lancé. Je vous invite aussi à visiter la page de vente de mes romans précédents!

Le retour à l’écriture est prévu pour novembre, et je dois l’avouer, je suis terrifié à l’idée de recommencer le processus de l’écriture d’un livre. Pourtant, c’est une pulsion qui me pousse, qui vit en moi. Il faudra que je m’y remette, même si ce n’est pas encore tout à fait clair. J’ai encore ce désir de raconter la vie, de la travestir pour en soutirer des leçons et des apprentissages. Ce ne sera pas facile. Vraiment pas. Il y a tant de choses qui se produisent ces derniers mois, et les mois qui s’annoncent n’auront rien de reposant. Mais à quoi bon vivre si on n’écrit pas. C’est ce dont j’essaie de me convaincre. À suivre, comme on dit!

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12 Oct 2015

Cela porte-t-il malchance de dire que nous sommes heureux?

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Aujourd’hui, je me questionne à savoir si c’est porteur de malchance que de dire que nous sommes heureux à la minute présente. Il me semble que le peu de fois où j’en ai parlé, les badlucks sont arrivés 24 heures plus tard. On fait le pari? Go.

Vraiment. Il y a quelque chose de maléfique à dire que nous sommes heureux à la seconde près. Je ne sais pas si je suis trop superstitieux, mais pour l’instant, je m’en fous; c’est tellement rare de se rendre compte que l’on atteint une passe heureuse, que je préfère l’immortaliser tout de suite, au risque que cela ne dure que très peu de temps.

Avec les années qui passent, je me rends compte qu’il y a du bon à faire du ménage dans sa vie et dans ses relations. C’est peut-être le fait de vieillir, mais je laisse de plus en plus les relations complexes et fucked top derrière moi. Peut-être que je n’en ai plus la force, mais je préfère dire que je n’ai plus de temps à perdre avec des gens qui ne me méritent pas. Il n’y a pas à dire; depuis quelques semaines, je me sens zen (malgré un sautillement de l’oeil qui semble m’annoncer que je suis trop stressé; je mets cela sur le dos du processus de l’achat d’un condo). Justement, le bonheur se met peut-être en place parce que tout semble bien s’enligner, mais je ne suis pas dupe, je sais que je vais en baver d’ici un an!

On laisse ces mauvais présages de côté et on en profite. On en profite pour dire que tout va bien dans ma vie. Que ce soit au niveau du poids, en raison du fait que je ne consomme plus, peut-être aussi parce que j’ai appris à aimer courir et que c’est rendu une obligation (ouais, je rentre dans le moule du mec fatiguant qui fait du jog!).

Mais avant tout, je me rends compte que couper les ponts avec les personnes néfastes dans ma vie me fait un bien fou. Il y a vraiment eu un déclic ce dernier mois; j’ai décidé de laisser-aller. Ça va jusque dans la promo de mon dernier roman; il faut se rendre à l’évidence; la fin est arrivée, et je l’accepte avec le sourire. Avec à peine une douzaine de livres à vendre, je me fous un peu de rester avec ces exemplaires. J’ai plutôt envie de passer à la nouvelle étape, de me remettre à écrire sérieusement, de prendre du temps pour moi; pour mes petits besoins de jeunes adultes. Me la jouer égoïste avec les gens que j’aime et qui importent. Je reçois encore des commentaires extrêmement positifs sur mes écrits, et ça me remplit de bonheur. J’ai déjà commencé à faire mes impôts. L’aventure de Peut-être jamais m’aura rapporté au minimum 10 000$. Ça ne paraît pas être grand-chose pour 5 ans d’écriture (et de souffrances), mais je sais que plusieurs de mes collègues n’arrivent même pas à recevoir deux ou trois mille dollars de redevances. Alors, je ne peux que me compter chanceux d’être un écrivain au Québec qui a réussi à percer en France. Après une année et demie à m’asseoir sur mes acquis, il est temps de me remettre dans une position délicate; il est temps d’écrire autre chose. Je pense que le prochain roman s’éloignera de moi, mais je garderai inévitablement les thématiques qui me sont chères. Elles seront simplement explorées d’une autre manière, d’une manière qui ne me touche plus autant personnellement. C’est un pari à suivre!

J’ai passé une superbe fin de semaine, d’abord samedi avec les amis de mon chum, à faire un rallye dans la forêt, à sentir le grand air, à regarder les belles feuilles remplies de couleurs. C’était beau, c’était bien, j’ai rencontré des gens très sympas. Je remercie mon chum d’avoir des amis aussi extraordinaires. C’en est suivi un beau souper à Saint-Sauveur avec ma belle Anna et son amie Stéphanie, une des premières lectrices de Peut-être jamais d’ailleurs. On a eu un plaisir fou, et c’est exactement ce genre de moments que je veux multiplier à l’avenir.

J’ai passé Thanksgiving avec mes parents. Ma mère se remet tranquillement d’une opération à l’oeil. Tout semble bien aller pour elle. Je me sens rassurée, car je la vois rayonnante. Et c’est hier seulement que je me suis rendu compte que c’était bon d’être en famille intime, d’éloigner justement les mésententes familiales à cause d’une ou deux personnes. Ce beau souper n’avait rien à voir avec les soupers médiocres que je pouvais vivre en compagnie de mon ex. J’ai vu que mes parents appréciaient réellement mon nouveau copain, et que c’était réciproque. Ça m’a fait penser aux soupers que je pouvais vivre avec mon ancienne copine. Mais à présent, je peux être celui que je suis vraiment. Un mec qui aime un mec.

On a discuté de mon prochain condo; j’ai l’impression que c’est un projet qui tient beaucoup à coeur à mes parents, et ça me fait chaud au coeur de le savoir. On a discuté famille, avenir, bébé, adoption, travail et promotion. Je sais que les années qui s’amènent ne seront pas nécessairement faciles, mais elles me donnent beaucoup plus espoir que lorsque je me droguais chaque fin de semaine pour vivre du sexe minable ou pour oublier ma misère solitaire.

Hier, j’ai dit à mon meilleur ami que ça y était; que je commençais ma vraie vie d’adulte. Et pour une fois, je ne regrette pas ma jeunesse. Certes, elle m’a permis de me définir en tant qu’homme, mais je ne l’envie plus (trop de maux de coeur, de maladresse, de non-dits et de manipulation émotionnelle).

Je suis à une étape de ma vie où j’ai envie de rencontrer de nouvelles personnes accueillantes, sans jugement, où j’ai envie de découvrir des parcours différents, des gens qui ne te rabaissent pas dans ta face ou dans ton dos. J’ai beaucoup d’amour et d’amitié à donner, mais je n’ai plus de temps à perdre avec des relations qui tournent à vide; je n’ai surtout plus l’intention de me battre pour des gens qui ne veulent pas de moi, ou pire, qui veulent que je modifie mes comportements pour plaire à leurs critères.

Je suis ce que je suis, je m’accepte de plus en plus dans ma tête, dans mon corps et dans mes choix de vie. Je me rends compte que j’ai trop longtemps écouté les autres; me faisant dire que je ne valais pas grand-chose, ou pire, que je devais faire ceci ou cela pour valoir plus aux yeux de certains. Ça n’a plus d’importance à présent. Je vis pour moi, pour mes envies, pour mes désirs, et pour ceux que je respecte, parce qu’ils me respectent à mon tour.

Bon Thanksgiving à tous!

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28 Sep 2015

Avancer

condo

La vie est parfois très très lente, puis lors de certains moments, tout s’accélère et on comprend souvent tout ce qui nous ralentissait autant.

Ce n’est pas qu’il ce soit passé des choses extravagantes dans ma vie au cours des dernières semaines, mais c’est simplement le relent des expériences passées et le recul de certains événements qui m’ont fait accélérer dans ce que je peux considérer mon nouveau point de départ.

Je dois l’avouer, ma dernière entrée de blogue a fait jaser plus que je ne le croyais. Comme quoi, il suffit d’écrire quelques mots comme masturbation, sperme et homosexualité pour sonner une cloche chez les gens et se propager sur la toile. Je prends note!

En fait, ma dernière entrée a été écrite à chaud, en revenant de la soirée où j’avais rencontré Jean-François (roman Pile ou Face, et un peu au début de Peut-être jamais pour ceux qui suivent mes écrits). Enfin, «rencontré» est un grand mot. Croiser du regard serait plus approprié. Je crois que c’est extrêmement libérateur d’avoir vécu cette soirée. Malgré mes mots maussades qui ont suivi.

Pourquoi au juste? Parce que ça m’a permis de relativiser sur mes amours passées. Depuis quelque temps, je sens le détachement complet se faire à propos de mon passé, et je dois avouer que c’est l’une des premières fois de ma vie que je vis ce genre de feeling. Ne plus en avoir à foutre ne veut pas dire nécessairement oublier tout ce qui a précédé, mais au moins, émotionnellement, en faire le deuil et régler tout ça une fois pour toutes. C’était déjà chose faite avec le premier amour depuis longtemps, mais c’était plus difficile avec mon ex. Pourtant, à présent, je me sens libre. Je sais, je sais, je suis un mec de cycle, et ça me prend environ 5 ans pour en finir avec l’histoire d’avant, et j’accepte ma lenteur (chacun son rythme dans les deuils).

J’ai enfin compris qu’il n’y a plus rien à faire quand on ne peut plus rien retirer d’une relation. Je suis Scorpion. Je m’attache aux gens et je ne les laisse que rarement partir, à moins que ce soit ma propre décision. Évidemment, la vie nous joue des tours et comme on ne peut pas contrôler les gens, j’ai parfois souffert du départ de certaines personnes. Mais j’en suis venu à me dire que, dans le fond, j’ai eu tout ce que je désirais avec mes anciennes relations. Il n’y a plus rien à retirer de tout ça. Et s’il y a quelque chose qui me frustre (et qui me permet de tirer la plogue plus facilement), c’est bien de me faire ignorer ou de me faire rayer de la vie de quelqu’un sans autres explications.

Et c’est exactement ce qui s’est passé avec mon ex. En quelque sorte.

J’ai toujours dit que la meilleure preuve d’amour, ce n’était de ne jamais attacher quelqu’un à nous. Et je continue dans mon exploration de cette maxime. Par contre, mon côté scorpion n’accepte que très rarement de reprendre quelqu’un qui m’a jeté. Je l’ai déjà fait, et ça ne m’a qu’amené du négatif. J’ai donc naturellement décidé de classer cette histoire pour de bon. Il n’y a plus rien à tirer de tout cela depuis longtemps de toute façon. À force d’avoir voulu aider des gens qui ne se rendent pas compte de tous les efforts qu’on met pour eux, on perd l’intérêt. Et c’est exactement ce qui s’est produit. Je reprendrai donc mon franglais de ma dernière entrée: I don’t care anymore.

C’est fou comme c’est libérateur. Je me dis que j’avais peut-être besoin d’un nouveau projet pour m’éloigner de toute cette noirceur. Présentement, c’est le projet de condo qui m’en demande beaucoup. En 2014, le projet de roman m’en demandait encore plus, mais il était relié de façon malsaine à cet ex. Aujourd’hui, plus rien ne nous relie, et le cordon semble officiellement coupé. Alors, je lui souhaite la meilleure des chances dans sa vie. Et je me tourne vers le présent et l’avenir.

Ces derniers jours, j’ai capoté un peu. Je n’avais pas compris qu’acheter un condo neuf demande tant de prises de décisions. C’est quasiment comme avoir une entreprise privée. Et comme je ne suis pas un grand amateur de design et que je ne connais rien aux tendances cuisine et salle de bain, je dois dire que l’aventure s’est vécue en montagnes russes! Mais, ce soir, tout a été décidé. Et j’assume assez bien mes choix. Reste à voir comment ça se transposera une fois réalisé, mais ça… c’est à suivre… en avril prochain!

Voilà donc ma nouvelle aventure à court terme. Comme vous commencez à me connaître, vous savez que j’aime me la jouer dramatique. Donc, je n’arrête pas de pousser mes craintes, du style: «je vais faire faillite!», «je vais haïr ça», «le promoteur va me crosser, je le sens», «mais dans quoi je me suis embarqué?», etc, etc, etc. Mais ça fait partie de la game, et il faut simplement que je me calme les nerfs. Après tout, ce n’est que du matériel et du cash. Vaut mieux se concentrer sur les relations et les gens.

Avec tout ça, c’est aussi le temps d’en finir très bientôt avec la vente de mon roman. Ça tombe bien, il ne reste pas beaucoup d’exemplaires à vendre. J’en ai 13 en ma possession, et voici la liste des autres endroits où vous pourrez le trouver (à noter que Archambault a réussi à avoir quelques copies supplémentaires! Eh oui, peu importe le Archambault, vous pouvez le demander à votre librairie locale si vous ne vivez pas près de Montréal!):

Vous pouvez encore commander votre exemplaire avec la promo dédicace + bande-sonore et précédent roman en format numérique (Comme si de rien n’était) sur la page du roman au www.peut-etre-jamais.com!

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17 Sep 2015

À toi, mon passé

kissing

À toi, mon passé, envers lequel je n’ai aucune animosité, aucun regret et surtout pas de remords. Ce soir, il s’est passé un beau grand déclic dans mon petit cerveau d’être humain. Et c’est en anglais que ça sonne le mieux; I don’t care anymore.

C’était une soirée somme toute anecdotique. Quelques verres avec de bons amis, puis quelques rencontres avec des fantômes du passé. Tu en faisais partie. Un simple verre nous séparait. Toi, à l’extérieur. Moi, à l’intérieur. Je t’ai naïvement attendu. Je me disais qu’après tout ce temps, je n’étais plus un danger. Tu m’avais même dit, il y a au moins 10 ans de cela, que tu n’avais rien contre moi. Mais la fierté et l’orgueil sont des moteurs puissants. Je suis convaincu que tu n’avais aucune intention de protéger quoi que ce soit. Ta virilité? Tu l’as prouvé depuis bien longtemps. Ton hétérosexualité? Tu as amené ta preuve avec toi. Rien d’autre ne nous séparait qu’un simple verre, quelques pas à peine à franchir. Tu sais très bien que je n’aurais jamais osé faire ces quelques pas, parce que moi, je n’ai jamais rien eu de négatif à dire envers toi. J’en ai peut-être trop dit à l’époque, j’ai peut-être causé un bouleversement trop énorme dans ton petit coeur d’adolescent, mais entre toi et moi, ce n’était que des babioles. Rien de fatal. Rien qui aurait pu nuire à ta si belle réputation de garçon parfait.

Je te fais sans doute encore peur. En raison de mes mots. En raison de ce que je balance sur le Web. Tu t’es probablement arrêté depuis 15 ans. Me lire te trouble probablement encore trop. Peur de découvrir un mot de trop envers toi. Mais ne t’inquiète pas, je me contrebalance complètement de ta vie, comme tu le fais si bien envers moi également. Il n’y a pas de malaise, il n’y a pas de rancune, il n’y a rien, en fait.

Je n’ai aucune intention de régler des comptes, car ils se sont effacés depuis un très long moment. 15 ans. 15 ans pile. Ne fais pas l’innocent. Tu m’as remarqué. Je t’ai remarqué. Tu t’es éclipsé; tu avais sans doute peur de dévoiler ton passé à ton entourage. Tu as probablement tant travaillé à le rendre lisse et limpide. Et ça me fait sourire. Ce soir, j’ai appris que je pouvais encore terrifier quelqu’un. Au point où un simple bonsoir poli n’était pas de mise. Et une vieille amie du secondaire me l’a confirmé; Il n’a pas envie de te parler. 

Ne t’inquiète pas. Je m’en doutais.

Je ne suis pas triste. Ni nostalgique. J’ai déjà tellement donné. Ça m’a fait sourire. Étrangement. Parce que je me posais vraiment la question. Va-t-il faire ce premier pas, ou sera-t-il lâche jusqu’au bout? Réponse nette et précise. C’est tout ce que j’avais besoin de savoir.

Ne t’en fais plus. Nos secrets vont mourir du passage du temps. Je ne parlerai plus de ces trois ans de découvertes. Je ne dirai rien sur les multiples tromperies envers nos copines de l’époque. Je ne parlerai pas des masturbations mutuelles après minuit. Ni du partage d’une brosse à dent après avoir tenté de se foutre un doigt au cul. Pas un mot sur nos frenchs sous la douche. Rien sur le fait de m’étouffer sous la force de ton sperme dans ma gorge. Rien non plus sur le partage de ma copine de l’époque; à t’embrasser pendant que tu pénétrais probablement l’une des premières femmes de ta vie. Une vraie femme. Ne t’inquiète pas, je ne me vanterai pas de tout ce que je n’ai pas dit dans le roman Pile ou Face. Pas un mot sur l’après-bal, où tu m’as choisi pour te sucer en pleine rue alors que tu avais ma cousine à disponibilité, pas un mot sur notre séance photo pornographique, pas un mot sur l’orgie à 5 qui nous a presque coûté la vie parce que je voulais faire foncer la New Beetle dans un mur après cette soirée atroce. Pas un mot sur la douleur de te perdre pour un simple trip ridicule qui aura marqué la fin des choses entre nous. Non, tu n’as pas à craindre. Tes amis, ton petit cercle, personne ne saura rien. Tu conserveras ta chère réputation.

Et je souris encore, parce que je sonne un peu amer, mais j’en ris. Jeunesse, oblige. Mon grand, sache que je n’ai jamais voulu faire de toi un pédé. Tu as dessiné ta voie comme tu l’entendais. Avec des phrases comme une bite n’a pas d’oeil ou encore sucer, c’est pas pédé. Et je te félicite. J’ai toujours douté, un peu, je l’avoue, que tu finirais comme moi. Mais ce n’est pas le cas. Pas pour le moment. Ce ne le sera probablement jamais. Mais qui sait ce que tu fais en cachette. Ça ne me regarde pas. Après tout, tu te traitais toi-même de bisexuel, et à maintes reprises appart ça. Te souviens-tu notre promesse? On se reverra à 40 ans. Peut-être. À toi de voir, moi je n’ai aucun problème à assumer ma vie, à assumer mon passé et le fil de nos histoires qui se sont croisées. Je constate même que tu fais des efforts, tu as même des amis gais. Bravo. Qui sait ce que tu fais avec eux? Ça ne me regarde pas. Plus rien ne me regarde, en fait. Et je suis très zen avec ça.

Par contre, le fait de ne pas avoir encore assez de couilles pour venir mettre le passé à plat, ça, je ne peux m’empêcher de trouver ça cheap. Mais je me rappelle trop bien que c’est ta façon de faire. Même à l’époque, tu le disais toi-même: on est toujours seul. Même les meilleurs amis ne dureront pas. Tu n’as peut-être pas tort. Mais à 16 ans, ce genre de discours m’avait détruit. Il me faisait perdre mes illusions si vite sur les amitiés et les amours. Car perdre ami et amour à la fois, ce n’est jamais facile. Mais t’inquiètes, d’autres clones de toi-même t’ont vite remplacé. Et force est de constater que tu n’avais pas tort.

Le processus fut sensiblement le même avec mon ex. En fait, je me rends compte que je suis une bouée. Je suis serviable jusqu’à ce que l’autre retrouve le bonheur et s’éclipse. Mais au final, toutes ces histoires m’ont fait réfléchir. N’est-ce pas la même chose pour tout le monde? Nous sommes des bouées les uns pour les autres, jusqu’à ce que nous trouvions mieux ailleurs. Et le cycle se répète infiniment. C’est la nature humaine. I like you a lot, until…

Je te remercie ancien amant-ami. Te revoir à travers une fenêtre m’a fait réaliser bien des choses. Je m’étais toujours demandé pourquoi j’avais choisi la voie de l’écriture. Je savais bien que c’était pour me souvenir.  Mais aujourd’hui, je sais que c’était surtout pour trafiquer le réel. Parce que la fiction est bien plus alléchante. Mais tant mieux si tout ce processus me permet de retrouver l’écriture.

J’ai toujours été quelqu’un qui se cherchait en analysant ses propres expériences personnelles. Maintenant, je me suis trouvé. Il n’y a pas de réponse à fabriquer avec le passé. Il n’y a rien. Que du vide. Que des souvenirs qui ne veulent plus dire grand-chose. N’empêche. Une seule chose compte, à présent. Le présent.

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16 Sep 2015

Honeymoon – Lana Del Rey (critique)

honeymoon

Ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis pas trop du genre pop américaine, mais avec le cas Lana Del Rey, je dois avouer que l’exception confirme la règle. Je suis fan. Et j’avais beaucoup de craintes sur ce nouvel album qui sort vendredi le 18 septembre. Eh bien, je dois l’avouer, ce nouvel opus de la diva est parfait pour la saison automnale qui s’amène!

Que peut-on reprocher à Lana Del Rey sur Honeymoon? Peut-être deux choses; d’abord, l’image de l’album, qui ne reflète en rien le disque. Je ne comprends pas du tout le rapport, d’ailleurs. Elle qui aime tant soigner son image; on dirait que ça sort de nulle part, comme une touriste qui ferait un tour guidé en autobus. La deuxième chose est plus personnelle; son titre Terrence Loves you. C’est d’ailleurs ce titre qui m’avait fait énormément douter (je m’attendais à une énorme déception, surtout qu’elle disait en entrevue que c’est son titre favori. Pour moi, c’est le plus faible du disque. J’y reviendrai.)

cover[1]

Je regarde encore cette pochette, et sérieux, je ne la comprends pas. Mais passons sur le design, et attaquons-nous aux chansons directement!

01. Honeymoon – C’est la première pièce du disque, et c’est aussi la première chose qu’elle nous a offerte en juin dernier pour annoncer ce nouvel album. J’ai été charmé après deux, trois écoutes. On continue le lien qui s’était créé dans Ultraviolence, mais on sent de la maturité dans la voix et l’ambiance cinématographique colle parfaitement. Choix étonnant pour en faire un single, mais Lana ne fait jamais comme les autres. Ce doit être pour ça que je l’aime!

02. Music to Watch Boys To – Il y avait beaucoup d’anticipation sur le web concernant ce titre. Il faut dire qu’en mai dernier, Lana tournait un vidéoclip pour cette pièce. On attendait un morceau rythmé, à l’image de ce qu’elle avait pu offrir dans Born to Die, mais surprise, il s’agit d’une pièce downtempo avec de la… flute! Perso, ce n’est pas ma favorite, et je trouve la cassure avec Honeymoon un peu trop direct, car la chanson commence avec le refrain (ce qui est un drôle de choix), mais c’est du pur Lana.

03. Terrence Loves You – Là, je dois dire que j’ai eu peur! Il y a ici tout ce que je déteste (car je peux être critique aussi oui, oui!) chez Lana Del Rey. Je ne ressens aucune émotion à l’écoute de cette pièce, je trouve que ça manque de mélodie, que la profondeur est plaquée, et ces hum-hum-hum, c’est juste un gros non pour moi. Si l’album devait ressembler à ça, j’aurais été plutôt de glace. Plusieurs personnes m’ont dit qu’il s’agissait de leur chanson favorite, eh bien, moi, je ne comprends pas. Je l’aurais même complètement écarté de la tracklisting (c’est probablement ce que je ferai dans ma liste d’ailleurs!)

04. God Knows I Tried – Ici, la guitare western s’harmonise parfaitement avec le chant. Il y a de la mélancolie comme j’aime. Et je dirais que c’est à ce moment que j’ai compris que le reste de l’album serait à la hauteur de mes attentes. Lana Del Rey ne réinvente rien, mais ce qu’elle crée donne l’impression d’avoir déjà été en nous. Vous savez, comme les chansons tristes de notre enfance que l’on fredonne par moment sans savoir vraiment d’où nous vient la mélodie? Ça peut sembler «facile», mais c’est très efficace. Certains diront qu’elle répète trop les mots du titre, mais on s’en fout. J’ai également lu un commentaire d’un autre fan qui se demandait pourquoi on a donné la chanson titre du nouveau James Bond à Sam Smith. Je me le demande aussi. Lana aurait été parfaite pour ce rôle, et elle le prouve tout au long de cet album.

05. High By The Beach – La première chanson que l’on pourrait considérer de plus upbeat sur le disque. Ce qui m’énerve quand on découvre des pièces avant d’entendre l’album dans un tout, c’est qu’on est déjà familier (trop familier) avec les singles. J’ai toujours trouvé que ça gâchait le plaisir et l’uniformité d’un disque, mais bon. High by the Beach est la dernière pièce que l’artiste a écrite pour ce disque. Je suppose qu’elle a dû se dire que l’album était trop calme et qu’il fallait bien quelque chose de plus dirty. On s’entend, on parle de Lana, donc ce n’est pas le gros upbeat non plus, mais je trouve encore la pièce très efficace; on y sent la mer, la chaleur, les criquets même! Je m’attarde rarement à la voix, mais ici, j’adore comment elle chante son flow. C’est réussi, mais je l’ai déjà trop écouté, malheureusement.

06. Freak – Avec ce titre, l’album commence à prendre une nouvelle couleur. Je ne sais pas si c’est de la facilité, mais bon dieu que Lana aime répéter la couleur «blue», et pour quelqu’un qui s’attarde aux paroles, ça peut parfois énerver, mais perso, je n’en fais pas de cas. Freak ne sera sans doute pas ma pièce favorite, mais elle annonce vraiment une nouvelle couleur à cet album, et la suite ne sera qu’encore mieux. Je prédis que ce sera l’une des préférées sur l’album. Mais moi, j’ai déjà mes coups de cœur. D’ailleurs…

07. Art Deco – Le voici mon premier coup de cœur! Lana réussit à créer une ambiance onirique dès le départ, et notre oreille s’y accroche. Même si le titre semble tout droit sorti d’un album de Lady Gaga, la comparaison s’arrête là. Le jeu du chant et la répétition de Lies nous hantent et nous donnent envie d’y revenir très rapidement. Quand je pense à ce titre, je pense au calme d’un aquarium. C’est l’un des titres qui donnent le plus d’images. C’est très calme, comme le sera d’ailleurs le reste de l’album. On est très loin des trucs insipides radiophoniques.

08. Burnt Norton (Interlude) – Il n’y a pas grand-chose à dire sur cet interlude qui dure moins de deux minutes, et où Lana nous récite un poème. Pourtant, je trouve que le titre a sa place sur l’album.

09. Religion – L’interlude se termine et nous amène vers une guitare sèche qui peut rappeller un peu ce que pouvait faire Madonna. Il s’agit de mon deuxième coup de cœur. Encore une fois, on dirait une mélodie qu’on connait déjà, mais ça fonctionne à merveille. La mélancolie et la nostalgie s’y croisent, ça me donne une impression d’écouter du vieux trip-hop de qualité. J’aime cette batterie lourde cachée derrière la voix. Certains diront que Lana s’épanche trop en laissant glisser ses murmures, mais pour moi, la construction est parfaite et je ne m’ennuie pas!

10. Salvatore – Encore un très grand coup de cœur! Cette chanson nous fait automatiquement voyager. Il s’agit de la pièce la plus différente du reste de l’album, et elle remplit parfaitement son rôle. Lana se permet quelques paroles en italien, et ça ajoute encore plus d’exotisme. Encore une fois, on se surprend à fredonner la mélodie qu’on semble déjà connaître. Ça m’a fait directement penser aux boîtes de bijoux de l’époque et à cette petite musique triste qui s’activait dès qu’on ouvrait la boîte (vous vous souvenez, avec la petite ballerine qui tournait sur elle-même?). J’adore!

11. The Blackest Day – Encore un autre excellent titre. Pour moi qui aime la musique dramatique, je suis servi. La deuxième partie de l’album est vraiment ma préférée. Les plus beaux titres s’enchaînent dans une douleur et une mélancolie qui me touchent droit au cœur. J’avais un peu peur, car il s’agit de l’une des pièces les plus longues sur l’album, et parfois Lana en met trop, mais ici, ça fonctionne encore une fois, et le titre prend de plus en plus d’ampleur. Pour une rare fois, je ne trouve pas que Lana a fait du remplissage inutile comme elle pouvait parfois le faire sur Ultraviolence. C’est triste, c’est beau, c’est triste et beau à mourir.

12. 24 – Je dois avouer que je m’attendais à une histoire d’âge, mais le 24 est pour les 24 heures d’une journée. Encore une fois, on est dans la mélancolie dramatique, dans la perte, dans la douleur cristalline; c’est jazzy, ça me parle. On ajoute un côté plus grandiose en prime, avec un petit côté mexicain, sans oublier cette guitare western en arrière-plan, et ce saxophone qui est discret, mais presque présent partout sur l’album. C’est tout en subtilité. Encore une belle réussite.

13. Swan Song – Ce ne sera pas ma favorite et je n’ai pas grand-chose à dire sur cette pièce, surtout après la perfection des six chansons précédentes, mais elle ne m’irrite pas (c’est déjà bien lol!) Elle me fait un peu penser à Black Beauty, une des chansons bonus sur Ultraviolence, mais elle est quand même meilleure que cette dernière. Disons que c’est une pièce « Okay ».

14. Don’t Let Me Be Misunderstood – Je n’ai jamais été un grand fan des reprises de Lana. J’ai vraiment détesté The Other Woman, où la voix de Lana ne me plaisait pas du tout. Pourtant, ici, j’ai eu une agréable surprise. Il s’agit vraiment d’une reprise de Nina Simone à la sauce Lana. Avec le drame. Et avec ces cordes et cet orgue (orgue qui revient aussi très souvent durant tout l’album). Je sais déjà que certains ne seront pas capables de le supporter, cet orgue. Mais moi, il ne me dérange pas. Il ne s’agit pas d’une fermeture d’album en force, j’aurais vu Honeymoon comme dernière pièce beaucoup plus facilement, mais comme on dit en bon québécois: ça fait la job!

Verdict? Pour moi, il s’agit définitivement d’un meilleur album que Ultraviolence. J’étais tellement certain de détester que je dois avouer que je suis tombé de ma chaise après ma première écoute. Cet album réunit plusieurs éléments que j’adore en musique (surtout le côté dramatique et mélancolique). C’est l’album de Lana Del Rey le plus direct, celui que j’ai apprécié le plus facilement du premier coup. Je vous conseille son achat les yeux fermés. Si vous aimez les ambiances cinématographiques et cette empreinte de nostalgie dans les chansons, vous devriez être comblés aussi!

9/1o

 

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15 Sep 2015

Disponibilité des derniers exemplaires de PEUT-ÊTRE JAMAIS!

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Si vous n’avez pas encore acheté votre exemplaire de Peut-être jamais, voici les derniers endroits où vous pouvez vous procurer le roman. Cette fois-ci, c’est la «vraie» fin; il n’y aura plus de réimpression du roman.

Vous pouvez encore commander votre exemplaire avec la promo dédicace + bande-sonore et précédent roman en format numérique (Comme si de rien n’était) sur la page du roman au www.peut-etre-jamais.com!

CONCOURS POUR TOUS! 

Vous désirez obtenir un exemplaire gratuit du roman Peut-être jamais? Inscrivez-vous au concours sur le forum Mix de plaisirs (concours en ligne jusqu’au samedi 19 septembre 2015!) Bonne chance à tous!

 

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11 Sep 2015

La fin de l’aventure approche

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Grosse semaine pour moi. Il s’est passé 14 000 affaires. Que ce soit mon bannissement de Facebook, mes pourparlers avec iTunes, les papiers de condo qui n’en finissent plus, le temps supplémentaire grugé par ma job ou la presque mort de mon chat Rémi… ouf, par où commencer?

Allons-y par le début; la fin de l’aventure du roman Peut-être jamais s’achève. Je ne suis pas à plaindre, ça fera bientôt 20 mois. Mais c’est Facebook qui a mis la hachette dans mon élan de ventes à l’international. Après avoir banni plusieurs de mes publicités pour ma bande-annonce, voilà que mon compte publicitaire a été banni au complet. Ce que ça signifie? Ça veut dire que je ne peux plus faire aucune publicité sur le réseau. Conséquence? Mes ventes en Europe se sont effondrées. Me voilà donc, avec mes 23 dernières copies… Il faudra bien que je me débrouille pour les vendre tout de même, et ça, c’est sans compter les exemplaires qui restent au Archambault et Renaud-Bray. Je fais confiance à ma bonne étoile, et peut-être à toi, qui lis cette entrée de blogue; c’est ta dernière chance d’acheter une copie, car je n’en recommanderai plus, puisque je n’ai plus de moyen pour publiciser mon livre.

On dit que rien n’arrive pour rien dans la vie. Eh bien, je vais tenter de me la jouer zen et de me dire que ça suffit. Ce roman a eu une belle existence. Il est temps de passer à autre chose, tout simplement. Si certains veulent m’aider à trouver preneur pour les derniers exemplaires, n’hésitez pas à communiquer avec moi! Au final, j’aurai vendu près de 1500 romans. Pas mal pour un livre que les éditeurs hésitaient à publier. Quelle sera la suite des choses? Je n’en ai aucune idée, je suis tellement pris dans différentes choses ces derniers temps. Ça m’amène à parler de iTunes, et de son système à la Kafka. Depuis avril 2014, iTunes retient mes paiements pour mes ventes de roman, sous prétexte que je dois leur envoyer des formulaires de taxes canadiennes. Je les ai envoyés deux fois, mais rien ne bouge, et les réponses se font rares et nébuleuses. Encore de l’argent que je ne suis pas certain de toucher. Les dessous du monde littéraire = beaucoup d’obstacles. Histoire à suivre, si Brandon du service des taxes peut enfin me répondre un jour…

Sinon, oui, j’ai acheté un condo sur l’île de Montréal. Projet un peu fou, mais pour le moment, j’aime ce que j’ai acheté. C’est du neuf. C’est tout près d’un métro. Je suis au Top de l’immeuble comme je le voulais, avec un balcon vers les feux de la Ronde et un accès à la terrasse du toit. J’ai obtenu un deal dans mes prix, enfin, il y a tellement de flou dans ces histoires d’achat, que je ne sais pas si je m’en sortirai. À suivre ici aussi. C’est pour avril 2016.

J’ai vécu beaucoup de stress ces derniers jours. J’ai pleuré beaucoup. Je croyais que je vivais mes dernières 24 heures avec mon chat, Rémi. Pour ceux qui ont lu mon roman, inutile de dire que la fiction a presque rejoint la réalité, mais pas aussi rose bonbon. L’idée de perdre mon chat m’a inévitablement fait penser à mon ex, et à tout le chemin que j’avais parcouru depuis. Reste que toute cette histoire me semble triste à mourir. Mais la mort fait partie de la vie. Et ça m’a donné une bonne impression de ce qui s’en vient à l’avenir, malheureusement. On ne sait pas encore ce que Rémi a. Peut-être une bactérie, peut-être un virus, peut-être une grosse fièvre pour avoir avalé de quoi. D’ici deux semaines, si son état ne s’améliore pas, je devrai retourner chez le véto. Encore une histoire à suivre…

J’ai l’impression que ma vie s’accélère. Ou que le monde adulte m’avale et me dit que c’est le moment de faire un homme de moi. C’est sûrement ça, et pour l’une des premières fois, on dirait que j’accepte de me faire absorber par ce monstre. En me regardant dans le miroir, je vois bien que l’adolescent en moi s’éloigne de plus en plus. J’ai encore quelques dépendances à régler, mais elles sont d’ordre mineur. Je suis fier de ne plus me saouler, de ne plus toucher aux bouteilles de vin si facile à vider. Je n’ai été saoul qu’une seule fois durant tout l’été, et c’était la semaine passée. Je me sens prêt à vieillir. Même si cette semaine m’a rentré dedans comme un 18 roues. Wellit gets better, comme on dit.

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22 Août 2015

L’art de garder ses amitiés?

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Eh là, là. Ça devient de plus en plus difficile de tenir un blogue et d’y écrire avec le coeur. Non pas que l’envie n’y est pas, c’est surtout qu’à mon âge, je devrais avoir passé le trip journal intime. Et pourtant, je me rappelle tendrement ma jeunesse où je pouvais venir vomir tout ici dans l’anonymat. À quoi sert un blogue personnel passé l’âge de 30 ans?

C’est une question que je me pose de plus en plus. Non, ce n’est pas une annonce de fermeture (comme j’ai pu en faire le long de nos nombreuses années ensemble depuis 1999). Au final, le processus d’inversement s’est fait complètement; ça y est, je parle beaucoup plus de ma vie dans mes romans que sur ce blogue. Il faudrait que je le voie comme une réussite. Je suppose.

Mais je trouve difficile de parler des sentiments et des émotions sans établir le contexte réel des situations. Je m’étais d’ailleurs promis de ne pas faire ce que je suis en train de faire aujourd’hui, soit écrire aux petites heures du matin, dans un état de doute un peu embrouillé et mélancolique, propre aux premières lueurs des samedis de fin d’été, sous le nouveau vent qui annonce l’automne. Mais j’y suis, déjà lancé, alors voilà.

J’aurais envie d’écrire combien il est éprouvant et difficile de voir quelqu’un près de moi s’enfoncer, descendre dans des abîmes qui semblent sans fin, pour aller toucher un fond qui semble encore loin. Peut-être qu’il n’y a pas de fond. Et pourtant, j’ai placé tant de confiance et d’espoir en cette personne. C’est se sentir inapte et dans l’impossibilité de fournir une aide. Pour la simple et bonne raison que je ne suis pas bien placé pour fournir cette aide. Je peux donner mon oreille, je peux serrer le corps de l’autre dans mes bras et dire que ça va bientôt passer, mais mon rôle est limité. Que faire quand quelqu’un n’entend pas les conseils, qu’il ne semble pas comprendre qu’il faut aller chercher de l’aide extérieure? Je sais, je sais, il y a des moments où ce genre d’effort semble trop énorme… alors, comme une coquille, je regarde cette personne se refermer et s’isoler des autres.

Jusqu’à quel degré peut-on se mêler de la vie et des choix de nos amis? Jusqu’où avons-nous droit d’entrer dans leur existence? De les bouleverser au point qu’ils en retirent quelque chose de bon pour eux? Je me suis souvent mêlé de ce qui ne me regardait pas, et je l’ai regretté autant de fois. Depuis quelques années, j’ai appris à m’effacer quand je sentais qu’on ne voulait pas mon opinion ou qu’on ne voulait pas écouter ce que j’avais à dire. Je ne parle pas de critiquer l’autre gratuitement; je parle de le réveiller de son état léthargique, de tenter de lui ouvrir les yeux. Mais le manque de recul donne un résultat contraire: je deviens la cible, c’est moi que l’on hait, que l’on accuse de ne pas se mêler de ses affaires.

Je remarque que la plupart des gens qui ont un mal-être autour de moi cherchent à se réveiller un matin, guéris, complètement. J’ai beau expliquer que les solutions miracles n’existent pas, que c’est le parcours pour arriver à la transformation qui importe, pas simplement le résultat. Mais comment expliquer cela à quelqu’un qui ne voit pas de lumière au bout du tunnel (sans jeu de mots). Je deviens alors témoin; témoin de la tristesse, de la nostalgie, des regrets maudits et des choix malsains. Je ne peux que regarder, attendre, et être là, que les nuages restent sombres ou qu’ils finissent par se dissiper.

Avec le recul et le temps, je pense que j’ai moi-même été dans cette situation un peu folle. Celle où l’on sent le sol se dérober sous nos pieds, ce moment où plus rien ne semble faire de sens, où l’on souhaiterait justement mourir ou nous téléporter vers notre nouveau moi, sans passer par les étapes cruciales et douloureuses de la guérison. Quand je regarde vers l’arrière, je constate que j’étais peut-être pareil; dans une semi-dépression, à ne pas trouver de moyens plus efficaces que d’engourdir le mal. Comme je l’avais déjà fait de nombreuses fois, quand tout n’était pas encore si près du gouffre.

Alors, aujourd’hui, j’observe. Je comprends. Je conseille parfois timidement, mais je sais que je ne peux pas me mettre dans la peau de l’autre, et même si je ressens ce qu’il vit, le cheminement se doit d’être réalisé étape par étape, sur la durée, avec les moments chiants et les soirées dramatiques.

Mais comment réagir quand l’autre s’enfonce tant que même nos avertissements et nos cris d’alarme ne suffisent pas? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je reste dubitatif, malgré la rage qui me surprend souvent. Ce n’est pas en déclamant des vérités que l’on offre de l’aide. Ce n’est pas en secouant l’autre ni en lui disant ce qu’il veut entendre.

Je pense que j’ai le défaut de la qualité d’un pur scorpion. J’aime mes amis comme j’aime dans une relation de couple. Je pique pour réveiller l’autre, pour obtenir une réaction, pour faire avancer les choses; mais le résultat n’est pas rose. Je deviens vite une cible, celui qui cherche l’attention, qui fait une scène avec quelque chose que la personne essaie de taire, d’oublier, d’ignorer.

J’ai pourtant appris le laisser-aller, avec une confiance aveugle (presque naïve), parce que j’ai toujours cette impression que lorsque les autres auront compris le cheminement à suivre pour s’en sortir, qu’ils auront réussi à s’extirper de leur mal; leur premier réflexe sera de revenir vers moi. Pas pour que je puisse entendre tu avais raison. Ça, ça n’a aucune importante (et je peux me tromper par moment). J’ai surtout la naïveté de croire qu’après une grande noirceur, on reconnaît ceux qui ont voulu nous aider, qu’on comprend même pourquoi ils ne voulaient pas nous conseiller trop drastiquement.

Malheureusement, il est très rare de recevoir le juste retour du balancier. Dans le meilleur des mondes, l’histoire est oubliée, et on fait comme si de rien n’était. On publie son bonheur (réarrangé) sur Facebook, et on récolte les félicitations à demi-mot. Car peu de gens connaissaient vraiment notre état. Je parle évidemment pour les autres, car si je me retourne et me regarde, j’ai fait tout le contraire, en exposant des années de douleurs vives sur le Web. Mais je suis une exception, un être différent, celui qui s’est toujours dit que toute bonne chose (ou mauvaise) pouvait s’expliquer par écrit, et avec une profondeur beaucoup plus longue que 140 caractères ou un statut ambigu sur les médias sociaux.

Ça fait bizarre de se retrouver dans la peau de celui qui est passé par-dessus la déprime, et qui observe maintenant ce mal chez d’autres personnes. Et je le dis sous toute réserve, car on n’est jamais à l’abri d’une rechute. N’empêche. Je ne comprends peut-être pas la dépression médicamentée, car je ne l’ai jamais vécue et je n’ai jamais rien pris pour ça, mais j’ai souvent l’impression de me reconnaître dans les chemins sinueux des autres. Pas facile de ne pas vouloir aider, de se taire et de hocher la tête en silence. C’est pourtant ce que je fais avec beaucoup de personnes autour de moi ces temps-ci. J’ai cessé de les compter. Je constate simplement qu’il y a une multiplication ces derniers mois. C’est correct, ça vient souvent par passe. Le bonheur fout parfois le camp en groupe. Mais je me sens tout de même impuissant, à regarder des scènes malheureuses tout en me disant que mon rôle est d’écouter, pas de suggérer.

Je crains surtout l’avenir à court terme, les folies passagères et les actes de désespoir. Mais je reste ouvert et je dis haut et fort que ces personnes peuvent compter sur moi en temps de crise. M’écouteront-elles? C’est le grand point d’interrogation; une question à laquelle je ne souhaite pas tout à fait répondre, par peur d’apprendre de mauvaises nouvelles.

Pour ceux pour qui l’amitié compte plus que tout, le deuil est cruel et très prenant. Il y a beaucoup d’énergie consacrée à se retenir, à laisser nos idées préconçues de côté et à ne pas envahir l’autre de nos solutions souvent trop simplistes. Je ne cherche pas à donner un cours, je dis juste qu’il est plus bénéfique d’éviter les conversations moralisatrices. Il faut offrir son écoute active, sans se transformer en pseudo-psychologue. Un grand défi quand on voit l’autre dépérir devant nos yeux. Pas facile de «refuser» de jouer au sauveur.

Et puis, égoïstement, il y a aussi notre propre personne. Tout parait si simple quand on conseille les autres, mais arriver à appliquer nos propres analyses à nos situations personnelles se révèle souvent plus difficile, par manque de recul peut-être, mais aussi par orgueil. Car celui qui conseille se donne trop souvent le rôle de quelqu’un qui a réussi là où de tristes âmes sont en train d’échouer. Pourtant, c’est le syndrome de l’Iceberg; on vit tous des échecs et des déceptions sous la surface. Ils sont essentiels à notre cheminement. Quand quelqu’un me dit que c’est facile pour moi, car j’ai, à ses yeux, tout réussi, je retiens un rire nerveux. J’ai envie de me dire: s’ils savaient… ou plutôt; s’ils avaient vraiment porté attention aux petits détails, ils auraient su. 

Je m’en voudrais probablement si toutes ces déprimes se résorbaient en mort d’homme. Je m’invectiverais sûrement de ne pas avoir assez confronté l’autre, pour l’empêcher de tomber dans une solution qui semble régler tout à court terme. Pas facile, pas facile du tout quand on voit des gens dépérir sous nos yeux.

Et ne parlons pas de ceux qui n’allaient pas bien, et qui ont fini par nous quitter malgré tout. Peut-être sont-ils plus heureux aujourd’hui, mais ça, je ne le saurai jamais. Je ne m’en fais pas avec ça. S’ils ont à revenir, je les accueillerai avec amour et compassion. Je me trouve quand même bizarre d’accorder autant de fidélité aux amitiés. Je ne sais pas ce qui explique cela. C’est un peu la peur de la perte, je suppose. Mais c’est inévitable aussi.

Alors voilà, j’ai parlé en parabole, pour éviter de plonger dans un sujet qui me bouleverse encore par moment. Ce n’est pas une mince tâche de se dire qu’il n’y a rien à faire, que même le plus grand geste que l’on pourrait poser (en quelque sorte, il s’agirait de forcer l’autre à consulter) ne suffit pas. Il ne reste donc que la confiance envers le temps. Mais le temps est si long et si rapide à la fois.

Dans ma vie, j’ai certes abandonné des amitiés pour le bien de ma propre santé mentale, mais je sais surtout que je me suis fait abandonner, parce que je donnais trop mon avis, parce que les gens préféraient peut-être éviter de me décevoir, ou alors ils étaient peut-être honteux de rester aussi longtemps dans le même pattern. Pourtant, je suis l’exemple parfait du mec qui a vécu 5-6 ans de calvaire en public. Mais il vaut mieux arrêter les comparaisons ici. J’ai appris que l’on ne pouvait pas se targuer de connaître la douleur de l’autre, même si on l’avait vécue d’une manière similaire. Il faut se rendre à l’évidence; il y a autant de solutions pour s’en sortir que d’être humains sur la planète. Il faut juste relativiser.

Et ça, la relativisation, c’est la partie la plus difficile.

Surtout si on se met à l’expliquer à l’autre.

Un jour, j’en ferai un roman. Ouais. Un jour, peut-être. Ou peut-être jamais.

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17 Août 2015

Après un mois de silence

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J’aurais pouvoir aimé dire «après un mois de vacances», mais ce serait un énorme mensonge, car je n’ai pas de vacances – en tout cas, pas de longues semaines! J’ai choisi volontairement de prendre une pause de mon blogue, parce que c’est l’été et je suis humain, après tout! Ça fait du bien de s’éloigner un peu, par moment.

Est-ce que j’ai réalisé tout ce que je voulais faire pendant mon été? Loin de là. En fait, mon constat est plutôt simple: on se donne beaucoup de défis pour la période estivale, alors qu’on devrait justement réduire le tout au minimum, et simplement profiter de ce que la vie nous présente. N’empêche, il s’est quand même passé beaucoup de choses dans ma vie, de petits changements, de nouveaux constats et de nouvelles résolutions.

La plus belle résolution réalisée déjà depuis mai dernier, c’est mon arrêt d’alcool. Surtout mon arrêt de vin. J’ai adopté la bière 3% Clear 2.0 de Sleeman (bonjour la pub gratuite!) et je m’en tiens à ça. C’est comme si j’avais enfin appris à boire avec modération, mais surtout, je n’ai plus l’envie de me saouler la gueule comme un porc, et je l’ai surtout constaté il y 2 semaines, quand je suis sorti en ville pour le lancement du DVD de Coming-out de mon ami Mathieu Blanchard. J’avais fait une exception à la règle, et après trois coupes de vin, j’étais saoul sur le carreau! Il faut croire que le corps s’habitue vite à ne plus être intoxiqué. Ce qui me plait, c’est que ce n’est plus un effort à fournir, c’est devenu naturel; l’envie de boire de grande quantité d’alcool m’est passée. J’ai confiance que ça dure.

Un autre grand constat dans ma vie, c’est que je viens de comprendre que mon époque « concerts » était peut-être révolue. Après avoir subi une énorme déception au concert d’Interpol au Métropolis à la fin juillet, je me suis rendu que je ne faisais que chialer sans cesse sur mon insatisfaction lors des concerts. C’est souvent lié aux setlists des groupes, je l’avoue, mais après réflexion, c’est de plus en plus lié à la maudite salle du Métropolis que je déteste. Le coup de grâce est arrivé quand, pour faire plus d’argent (pour accueillir plus de fans, diront les acteurs d’Evenko), la salle a décidé de retirer les bancs au deuxième étage. Déjà que ces bancs inconfortables n’étaient pas un luxe, maintenant nous avons droit à des gens évachés sur les comptoirs et debout pendant trop longtemps (surtout dans le cas d’Interpol où le groupe est arrivé sur scène à 23h). Après une bonne analyse de la situation, je me suis rendu compte que j’engloutissais d’énormes sommes d’argent (en frais afférents, hein Evenko!) dans tous ces concerts rarement intéressants. Car outre le billet de spectacle, il faut inclure l’alcool (quoique maintenant c’est moins imposant!) et ça inclut souvent une sortie en ville, donc resto et autres dépenses. Évidemment, je ne crois pas être capable d’éviter les concerts en tout temps. Par exemple, si Radiohead revient en concert à Montréal un jour, c’est clair que j’y serai. Mais je tenterai d’éviter le Métropolis le plus possible. C’est dommage pour Patrick Watson qui y joue en décembre, mais je m’en tiens à ma décision.

Est-ce que j’ai écrit durant l’été? Pas une miette. J’ai bien deux idées de projet, mais je ne suis pas encore rendu à l’étape de l’écriture. J’ai donc pris des notes, lu quelques ouvrages (pfff! Regardez le mensonge ici haha, j’ai commencé à lire quelques ouvrages serait plus adéquat comme formulation!) mais je ne me sens pas prêt encore. La paresse? Oui, il y a un peu de ça. Il faut dire que je suis encore bien occupé par la vente de Peut-être jamais. Je suis toujours dans un entre-deux concernant la durée de vie de ce projet. Je n’aurais pas cru vendre encore autant un an et demi après la publication. C’est une excellente nouvelle, mais c’est comme si je ne voulais pas que le roman meure. Et c’est peut-être ce qui m’empêche de me concentrer sur du nouveau. Parlant de vente de romans, Renaud-Bray et Archambault sont vraiment à fond dans le projet et ont tous les deux repris une bonne quantité de romans. C’était la deuxième fois pour Renaud-Bray (normal, car ils avaient demandé 125 livres lors de leur première commande) et c’est déjà la huitième fois pour Archambault. Je continue à être agréablement surpris de toutes ces ventes. Je suis présentement à sec niveau roman, mais je devrais recevoir une nouvelle commande d’ici 2-3 jours. Vous pouvez donc toujours commander votre exemplaire dédicacé, qui vient avec deux cadeaux, soit mon roman précédent en format numérique de votre choix (Comme si de rien n’était) ainsi que la bande-sonore du roman Peut-être jamais! Nous avons dépassé le cap des 1000 copies vendues depuis belle lurette, et qui sait, peut-être que je serai classé dans les best-sellers très bientôt (au Québec, on parle de best-seller dès 1500 exemplaires vendus!). À suivre! Si vous avez lu le roman et si vous désirez en parler, je vous suggère de joindre mes deux pages Facebook, celle du livre et celle de l’auteur!

Sinon, dans les autres nouvelles, ben… j’ai perdu 20 livres! Il faut croire qu’avec moi, c’est pendant l’été que je maigris, et pas pendant l’hiver! Évidemment, il ne faut pas se leurrer; la seule solution pour perdre du poids pour moi, c’est de diminuer la quantité de nourriture que j’ingère (certains capoteraient à voir comment je mange peu par moment), et d’accentuer le gym et le sport. Ah! Et le fait de ne plus vider de bouteille de vin doit m’aider aussi! J’ai aussi le projet de recommencer à courir en septembre. J’étais bien parti au début de l’été, mais mon cousin m’a lâché trop vite, et je n’avais pas encore acquis la confiance en moi pour partir courir tout seul (la paresse, encore?) Je dois avouer que j’aimais bien me faire pousser dans le cul par mon cousin. Dommage. Mais je sais qu’il faut apprendre à se «gérer» soi-même.

Bref, voilà pour les grandes lignes de ma vie pour cet été. Je tais d’autres éléments de ma vie, parce que vous savez qu’on ne peut pas tout raconter sur un blogue lorsqu’on devient connu. C’est maintenant mon cas, et je dois dealer avec ça. Bonne fin d’été à tous! Et merci encore de m’avoir encouragé dans mon projet littéraire un peu fou qui ne cadre pas du tout avec l’offre de livres sur le marché en ce moment! J’ai toujours pensé que j’avais un groupe de lecteurs différents des autres lecteurs traditionnels, et ça, j’en suis fier!

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16 Juil 2015

Retour en librairie + 3 playlists à télécharger!

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(oui, je cherchais une image qui mixait l’idée du roman et de la musique lol). Alors, ça y est! Peut-être jamais est de retour chez Archambault et chez Renaud-Bray. Pour Renaud-Bray, il faudra attendre encore quelques jours le temps que le livre soit distribué aux quatre coins du Québec, mais il est déjà possible de l’acheter sur le site des deux librairies. Si vous pensez à cette option, je vous invite tout de même à passer par www.peut-etre-jamais.com (dédicace du livre en prime!) Le roman est listé à 16,95$ en librairie et 15,95$ sur mon site Web!

Sinon, je me suis encore amusé à concocter une playlist musicale. Cette fois-ci, je l’ai appelé Dark, Twisted & Beated. Je l’ai séparé en trois parties de 25 chansons. Ce sont des MP3 que j’offre gratuitement pour un temps limité. Cela vous permettra de connaître de nouveaux groupes et d’aller ensuite encourager ceux que vous aimez! Je considère cette playlist comme une playlist parfaite pour les moments intimes (ou la baise!), pour un fond sonore lors des soupers, pour se préparer à sortir ou encore quand on revient d’une soirée. Plus rythmée et moins dramatique que mes playlists habituelles, quoiqu’on retrouve quelques moments d’accalmies ici et là! Pour vous donner une meilleure idée, je vous fait la liste de tous les artistes ainsi que des chansons de chaque partie. En connaissez-vous beaucoup? Si oui, félicitations! En espérant vous en faire découvrir un peu quand même!

Dark, Twisted & Beated PART1
01 – Dizzy wright -good times
02 – Massive attack -name taken
03 – Radiohead – Bloom Remix by Jamie XX
04 – Jungle – Julia
05 – Gus Gus – Over
06 – Dominik Eulberg – Die Alphenstrandläufer von Spiekeroog
07 – The Knux – Shine again
08 – Vitalic – Allan Dellon
09 – Röyksopp & Robyn – Every little thing
10 – Kanye West – New Slaves
11 – Deadmau5 – Slip
12 – ZHU – Faded
13 – Maps – Nothing
14 – Blur – There Are Too Many of Us
15 – Atoms For Peace – Stuck Together Pieces
16 – Naomi – How many loves
17 – Caribou – Selfish boy
18 – Herbert – The Last Beat
19 – Robyn – None of Dem
20 – Muse – DarkShines
21 – Janet Jackson – Velvet Rope
22 – Asaf Avidan – The Labyrinth Song
23 – Thom Yorke & DJ Shadow – Rabbit in Your Headlights
24 – Avia – Warm
25 – Gus Gus – This is what you get when you mess with love


Dark, Twisted & Beated PART2

01 – Röyksopp – Skulls
02 – Noctural Sunshine – Believe
03 – Major Lazer – Lean on
04 – Moderat – Versions
05 – Hot Chip – Started Right
06 – Emile Haynie – A Kiss Goodbye
07 – Red Snapper – Image of you
08 – Metronomy – The Bay
09 – Kinobe – Celestion
10 – Girls in hawaii – Mallory’s Height
11 – Spoon – The Ghost of you Lingers
12 – 3D and Vermona – Euan Me
13 – Dr. Dre – Still D.R.E.
14 – Thom Yorke – The Mother Lode
15 – !!! – Made Of Money
16 – Chinese Man – You suck me
17 – Archive – Parvaneh (Butterfly)
18 – Robin Schulz – Prayer in C
19 – Lady Gaga – Bloody Mary
20 – U2 – Cedars of Lebanon
21 – Danger Mouse & Daniele Luppi – Season’s Tree
22 – Von Daler feat. Natasja – Real Love
23 – Infinity Ink
24 – Villagers – Home
25 – Kruder & Dorfmeister (Lamb) – Trans Fatty Acid


Dark, Twisted & Beated PART3

01 – Flunk – Shoreline
02 – Portishead – Humming
03 – Apparat – Useless Information
04 – Broken Bells – The Angel and the Fool
05 – Fujiya & Miyagi – Vagaries of Fashion
06 – Kid Loco – Sleep [Doctor L Remix]
07 – Vitalic – Second Lives [LifeLike Remix]
08 – Beach House – Bluebird
09 – 13 & God – Beat on us
10 – The Presets – I Go Hard, I Go Home
11 – Kandle – Not up to me
12 – Blue Foundation – Ricochet
13 – Gui Boratto – Telecaster
14 – Dirty Elegance – Angelic Remedy
15 – Jamie Jones – Forward Motion
16 – Trentmoller – Shades of Marble [Remix]
17 – Tricky – Parenthesis [The Antlers Remix]
18 – Paul Weller – Wild Wood [Portishead Remix]
19 – Lana Del Rey – Honeymoon
20 – Britney Spears – Get Naked [I Got a plan]
21 – Burial – Ghost Hardware
22 – Zomby – Mozaik
23 – Bang Gang – Inside
24 – Massive Attack – Group 4
25 – Julien Knafo – La Confession

Les fichiers sont des fichiers .RAR, il vous faut un petit logiciel gratuit pour déziper ce genre de fichier. Ce n’est pas très compliqué, demandez l’aide d’un ami si vous éprouvez des difficultés 🙂 Je ne peux pas garantir que les liens seront fonctionnels au-delà d’une semaine, ne tardez donc pas à faire vos téléchargements! Bonne écoute!
UPDATE: Pour ceux qui avaient raté la playlist DOWN (voir 8 juillet pour le tracklisting), voici un nouveau lien (valide pour les 7 prochains jours): http://we.tl/xiKRRp1yqt et voici le lien de la playlist UPBEAT: http://we.tl/u3sRAlmIO7
Et au cas où, voici des liens miroirs valides aussi pour 7 jours:

Dark, Twisted & Beated PART1
Dark, Twisted & Beated PART2
Dark, Twisted & Beated PART3

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08 Juil 2015

Bonnes nouvelles + cadeau musical!

AB

J’ai parfois l’impression de me répéter, mais j’enligne les bonnes nouvelles et j’en parle souvent (je sais), mais ce doit être que je m’attendais tellement à peu du Québec et du monde francophone, que j’en suis un peu renversé.

Oui, je croyais effectivement que le Québec de non-lecteur et le Québec parfois homophobe n’allaient pas bien recevoir mon dernier roman. Je n’osais même pas penser à la France, où j’en vois tellement de toutes les couleurs sur Facebook par rapport à ma bande-annonce… Mais force est de constater que je me suis planté sur toute la ligne, et avoir su, j’aurais imprimé 1 000 exemplaires directement (eh oui, on s’y approche très vite)! Ce qui devait arriver arriva donc; le beau problème: nous sommes dans notre neuvième réimpression. Et je me suis moi-même mal organisé, car je ne suis pas arrivé à fournir la demande des librairies Archambault et Renaud-Bray (elles sont toutes les deux à sec). D’ici une dizaine de jours, tout devrait être revenu dans l’ordre. Vous pouvez tout de même continuer à passer votre commande pour obtenir votre exemplaire dédicacé en allant sur le site www.peut-etre-jamais.com! D’ailleurs, on se prépare à une grosse promotion pour la journée du 12 août prochain. Ce sera le temps de montrer que vous ne dites pas simplement des paroles en l’air, mais que vous encouragez bien un auteur québécois en achetant une copie de son roman, ce jour-là. Si vous n’avez pas encore le mien, vous savez ce qu’il vous reste à faire 🙂

Dans un tout autre ordre d’idée, un ami me demandait de lui faire découvrir mon univers musical à l’aide d’une liste de lecture. J’ai donc acquiescé à sa demande, et je me suis dit que j’allais en profiter pour partager cet univers avec vous. La première liste de lecture contient 37 pièces (mp3), elles sont un peu plus upbeat, et c’est un peu ce genre de setlist que je ferais si j’étais un artiste rempli de cash et de talent! Vous pouvez télécharger ça ici: liste upbeat (attention, c’est gros!). La deuxième liste réunit les meilleures pièces dramatiques à mon avis (tout pour s’ouvrir les veines!) Ben oui, ça se peut aller bien mentalement et écouter de la musique sombre, on ne recommencera pas le débat sur ça, certain! Il s’agit d’une liste de 34 pièces (mp3) toutes plus déchirantes les unes que les autres. Vous pouvez télécharger ça ici: liste downbeat (attention, c’est gros!).

Les fichiers sont encodés en .RAR, c’est comme un ZIP. Que vous soyez sur PC ou MAC, il vous faut un petit programme pour dézipper les fichiers (genre WinRAR). Je compte sur votre intelligence informatique pour y arriver.

Pour vous donner une idée plus précise de la liste des chansons, voici deux captures d’écran (incomplètes). Cliquez sur les images pour agrandir.

UPBEAT

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DOWNBEAT

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C’est tout pour aujourd’hui! Soyez rapide sur le téléchargement, car je ne laisse ça ouvert au public qu’une semaine tout au plus!

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24 Juin 2015

Change-t-on vraiment?

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Est-ce utopique de penser que l’humain peut changer, faire évoluer sa personnalité pour atteindre une certaine sagesse, grandir intérieurement en même temps que physiquement? Change-t-on vraiment, ou n’est-ce qu’une simple suite logique vers un chemin chaotique qui nous amène inévitablement aux portes de la grande finale?

En cette journée de St-Jean, je redeviens un peu nostalgique, et je tourne la tête vers l’arrière pour observer cette date magique qui a annoncé tant de bouleversement dans ma «plus si jeune vie». Au primaire, c’était l’annonce de la fin des cours. Au secondaire, c’était l’annonce des fêtes sans fin. À l’âge adulte, c’est l’annonce d’un unique congé en pleine semaine. Qu’est-il advenu de notre excitation de jeunesse? Le début de l’été reste encore d’actualité, mais les temps changent… ou changent-ils réellement?

Quand je me tourne vers l’arrière, je garde un portrait plutôt satisfaisant de ces fêtes dans les parcs ou dans les maisons de banlieue vides d’adultes. Même passé 18 ans, j’ai toujours trouvé une signification au 23 et 24 juin. Pour moi, c’était d’abord l’occasion de voir ou de revoir des amis; même les plus renfermés. Il s’agissait de rendez-vous précis, d’abord dans le 450, où tout le monde se dirigeait vers un même endroit, en quête d’une aventure souvent créée par diverses drogues. Aujourd’hui, le sens est différent, mais la réunion des amis m’importe toujours autant. Pourtant, la St-Jean rime souvent avec absence. Et de plus en plus en vieillissant. Je sais qu’il vaut mieux ne pas accorder d’importance aux absents, mais on arrive difficilement à les oublier, surtout quand ils ont marqué les souvenirs passés.

Et pourtant, cette situation survenait aussi dans ma jeunesse. Ce qui me porte à croire que les humains ne changent pas. Et je serai sûrement décousu dans mes explications, mais ce que j’essaie d’exprimer n’a que très peu à voir avec cette fête du 23 et 24 juin. En fait, c’est surtout le constat suivant qui me hante: même quand on revoit les gens qui ont été près de nous, ils ont beau être restés les mêmes, ils semblent avoir changé. Ils ont pourtant la même allure (à quelques degrés physiques près, ils vieillissent comme nous), mais quelque chose semble différent. On a tous fait une expérience semblable: rencontrer quelqu’un qui fut important dans notre vie, et ne pas arriver à le reconnaître comme avant. On se dit alors que cette personne a changé, que la vie l’a fait évoluer ou régresser, mais… je pense que c’est un leurre.

On ne change pas. Notre personnalité reste la même. Nos défauts peuvent même s’accentuer, nos qualités aussi, je l’espère. C’est toujours difficile d’arriver à ce constat, car souvent, on voudrait revoir les gens comme on les a quittés. C’est un peu comme avec les ex. On garde souvent un souvenir trafiqué et ancré en mémoire; cet épisode si nostalgique où tout semblait parfait. Et on a beau vouloir recréer la connexion, elle semble inadéquate ou brisée. Ce n’est pas que nous sommes si différents, c’est surtout que le temps a fait son oeuvre et nous a fait oublier ce qui nous avait charmés chez l’autre. Et, elle est là la vérité qui fait mal. Une fois qu’une histoire s’est terminée, le désir de vouloir la réactiver quelques années plus tard est une utopie beaucoup trop optimiste pour ce que nous offre la réalité.

Je travaille fort pour éviter d’être déçu par les gens. En fait, si c’était possible, je préférerais n’avoir jamais d’attentes. Ce serait beaucoup plus simple d’éviter la déception, surtout quand on a réellement envie de revoir une personne. C’est que le souvenir de celle-ci nous semble encore limpide. Le choc est toujours brutal. Mais j’ai fini par croire que ce ne sont pas nos personnalités qui se transforment; ce sont simplement les nouvelles expériences et les milieux de vie divergents entre deux personnes qui provoquent cet étrange état.

Je n’ai jamais pris mes relations humaines pour acquis. J’ai déjà été abasourdi d’en perdre certaines d’un coup sec, voire violemment. Mais je ne pense pas avoir cru un jour qu’une relation durerait toute la vie. Sauf peut-être dans mon adolescence, où il était de bon augure de se promettre l’éternité. Et je l’ai promis, le cœur sur la main (ou sur autre chose!) Encore aujourd’hui, je n’ai pas oublié ces pactes. Mais ils se sont vite révélés irréalisables, parce que la vie avance, et il est souvent impossible de prédire les aléas et la direction que prendront toutes ces rencontres.

Ce qui me bouleverse, c’est qu’il y a de ces gens qui reviennent comme des printemps, pour venir sucer votre énergie et disparaître pour les 12 prochains mois. En amour comme en amitié, les êtres restent sensiblement les mêmes, toute la vie durant, jusque dans leurs habitudes: il y aura les amis réguliers, les connaissances occasionnelles, et avec les médias sociaux bien installés, il y a maintenant les inconnus qui deviennent vite «pas si inconnus que ça». Mais personne ne change vraiment. C’est notre degré de fréquentation qui nous donne une impression d’évolution. Et il faut parfois être critique devant cette grande mascarade qui se déroule sur Facebook. J’évite de comparer changement et empreinte du temps.

Je me suis d’ailleurs rendu compte que j’avais cessé de courir après ce temps, que l’angoisse s’était évaporée comme par enchantement. Et ça m’a fait peur. Depuis mes premières peines de jeunesse, je n’ai jamais cessé de regarder vers l’arrière pour me rappeler le bonheur d’avoir vécu certains moments, avant que les personnes ne «changent». Mais il s’agit d’un mécanisme de défense facile et paresseux. Pour donner du sens à des événements ou à des situations qui restent souvent sans réponse. Pourquoi une amitié ne s’est-elle pas développée comme prévu? Pourquoi un amoureux est-il maintenant considéré comme un amour du passé? Après ma dernière rupture très douloureuse, je m’étais promis de ne plus jeter ce coup d’œil vers l’arrière, ou du moins, de ne plus tenter de trouver des significations grâce à des explications bidon. Il faut cesser de se convaincre que deux êtres qui prennent des routes différentes le font uniquement parce qu’ils ont changé. La réalité, c’est que les séparations sont rarement dues à la transformation extrême d’une personnalité. Cette dernière a toujours existé, même si elle était parfois enfouie ou cachée. Ce qu’on appelle le changement au fond, c’est la découverte profonde de l’autre et de ses convictions (chose de plus en plus difficile à discerner avec nos modes de vie en 140 caractères, autant dans le virtuel que dans le réel, d’ailleurs).

Il faut l’avouer; c’est tellement difficile de se sentir contenté et totalement satisfait de nos jours. Quand tout nous semble éphémère, la seule chose qu’il nous reste, c’est ce passé que l’on embellit sans même s’en rendre compte, en utilisant des moments marquants que l’on réécrit jour après jour dans notre mémoire. Ce passé fictionnel nous fait-il changer pour autant? Non, on ne change pas vraiment. On accumule. On tente de faire de meilleurs choix. On encaisse les échecs. Mais à l’image des souvenirs altérés, changer demeure quelque chose d’intangible. On surnomme ça la sagesse, l’évolution, la fin de l’adolescence, la maturité… mais ce ne sont que des mots qui nous rassurent, qui posent un sens clair et net sur des pages raturées des centaines de fois. Jusqu’à ce que la beauté du moment soit figée. À notre goût.

Quand je ne vois pas tous les amis que je voulais voir à la St-Jean, je ne leur en veux pas. Même à ceux qui choisissent de rester seuls à la maison, par paresse, par mal-être, pas gêne ou peut-être même par désintérêt. Quand je recroise des ex, je ne leur en veux pas non plus. Même si j’ai été trompé, même si on m’a menti, même s’il y a eu des drames. Parce que cette personne devant moi n’a pas changé, elle désirait simplement partir ailleurs, dans un autre milieu, dans une autre vie où je n’existerais plus. Quand on commence réellement à connaître son partenaire, il nous donne inévitablement l’impression de ne pas être celui qui nous a conquis lors du premier rendez-vous. Ce peut être positif, mais souvent, la peur prend le dessus et c’est le moment des adieux. Dans notre société du paraître, en savoir trop sur l’autre brise le mystère, le rend tout à coup trop direct, plus ardu à tolérer. C’est une raison assez forte pour faire fuir la passion. L’autre aurait trop changé par rapport au début de la relation.

Mais on ne change pas, je le répète. Il ne s’agit que de perceptions qui viennent nous troubler dès que la curiosité de l’autre a été attisée. Après tout, c’est le cercle parfait des attentes jusqu’aux déceptions. Si tout s’était bien passé, si la vie était perfection, nous n’aurions aucun problème à rester dans ce que nous avons connu de meilleur et de plaisant. Mais l’existence nous offre très rarement ce genre d’occasion. On se surprend toutefois à rêver les uns des autres, à se demander ce que la relation aurait pu être si notre partenaire n’avait pas autant changé. On se gave de bullshit nostalgique, sans jamais s’apercevoir de notre erreur, un peu à la manière du boulimique qui se fait vomir jour après jour en ignorant volontairement la douleur dans sa gorge et son œsophage.

Alors, à quoi ça sert de se dire que l’on vieillit, mais que l’on ne change pas? Je pense que ça rassure et ça inquiète en même temps. Ça rassure, car l’espoir de revoir les autres nous aguiche; et on dira que les gens changent, car c’est le physique qui frappe le regard dès le départ. Mais si on s’y attarde un peu, on retrouvera ce qui a fait notre bonheur ou notre malheur chez l’autre personne, et en amour, c’est souvent les deux à la fois. C’est comme s’ennuyer, en deux définitions: on s’ennuie de l’autre, car on se rend compte qu’il a gardé ce côté qui nous avait plu et attiré à l’époque, mais on s’ennuie aussi avec l’autre, car on se rend compte qu’il n’y a pas eu d’évolution ou, comme on aime le dire, de changement. C’est le propre des couples qui se sont séparés et qui reviennent ensemble. On retrouve rapidement les patterns qui nous énervaient jadis.

Les St-Jean sont comme de grands compteurs qui repartent à zéro. Comme un second Jour de l’an. Avant, ça dressait le portrait de ce qui s’annonçait durant l’été et le reste de l’année. Maintenant, j’y crois de moins en moins. On donne du sens à ce qui nous arrange… Depuis quelques années, je m’en amuse, je dois l’avouer. Je fais toujours une soirée portes ouvertes pour la St-Jean, et le slogan est simple: «venez avant, venez après, un petit bonjour ou bonsoir quand ça vous chante!» Parfois, une seule personne se pointe, d’autres fois nous sommes trois. Ce soir, nous étions 4. Pas en même temps. Et pas nécessairement ceux que je croyais voir. Et c’est correct ainsi. C’est même original et amusant. Et chaque année, je me rends compte que j’ai eu du plaisir. Il est toujours différent de la St-Jean précédente, mais il est tout de même là. Ça devrait être assez. Mais à force de répéter une tradition, on finit par comprendre certains comportements. Des comportements qui ne changent pas, que ce soit à 20 ou 30 ans.

J’ai pensé moi-même que j’avais changé, que j’étais devenu un meilleur homme. Mais force est de constater que je me mentais. Délibérément. Je n’ai pas changé. À l’image de celui qui attend une compensation, j’avais des attentes. J’en ai d’ailleurs encore, même si je me trouve ridicule d’en avoir. Il n’y a rien à faire. Peut-être fermer les yeux, se dire qu’il n’y a pas de seconde chance. Se convaincre de l’impossibilité du recommencement. Personne ne change à nos côtés. Personne ne peut nous transcender à 100%. Il faut cesser de regarder vers l’arrière pour de bon, faire une croix sur nos fausses impressions, sur ces fragments que l’on reconstruit sans cesse afin de flatter notre ego.

N’empêche. Comment réagir quand notre propre passé nous retrouve et vient ralentir notre rythme candide qui s’approche toujours un peu plus de la ligne d’arrivée? Il faudrait se forcer à hausser les épaules, ignorer cette tentation de vouloir recréer du sens, puis continuer son chemin, à l’image d’un gamin naïf qui s’enfonce dans la forêt à la tombée de la nuit. Éviter de souffrir parce qu’on s’est inventé des scènes de vie retravaillées. Bannir le travestissement de notre vécu et contrer le travail magnifié du cerveau. Dans un monde parfait, ce phénomène serait connu pour être l’étape ultime; une grande finale où l’on s’autoriserait enfin à vivre une explosion cinématographique de nos souvenirs trafiqués et de notre passé maquillé. Une seule fois. One shot deal. Parce qu’on a réussi à éviter le piège des chimères. S’offrir un orgasme créatif pour panser les plaies des années écoulées. Juste avant notre dernier souffle. Comme dans les films de propagande catho, où l’on revoit les amours, les amitiés et la famille défiler de façon ésotérique. Des sourires et du positif. Puis, le mensonge abrupt. Et, plus rien. Il serait déjà trop tard de toute façon.

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14 Juin 2015

Sense8 – N’abandonnez pas!

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La nouvelle série des auteurs de la Matrice (Andy Wachowski, Lana Wachowski) a fait son apparition sur Netflix le 5 juin dernier. Les critiques ne sont pas du même avis que le pubic, et j’ai envie de croire que ces critiques ont seulement regardé les 3-4 premiers épisodes. Il ne faut pas abandonner et je vous suggère fortement d’écouter la série en entier!

Je dois le dire d’avance, je ne suis pas un grand amateur de science-fiction, de truc paranormal ou de films action-horreur-étrange. Mais je dois avouer que j’ai été conquis par cette nouvelle série. Le problème qui semble affliger plusieurs critiques, c’est que l’émission prend du temps à démarrer. Mais il faut être logique; nous avons affaire à 8 personnages dits « principaux », il faut donc mettre la table et donner une chance au spectateur de s’attacher à ces personnages. Les 4 premiers épisodes présentent donc un portrait de la vie de ceux-ci, et une fois qu’on y est, l’action peut commencer un peu plus, et je crois que les scénaristes ont vu juste, parce qu’on s’attache finalement à ces 8 protagonistes et on s’intéresse à leurs parcours, et surtout aux interactions futures qui se produiront entre eux.

Ça parle de quoi? Difficile à dire sans brûler des punchs de la série, mais en gros, ce sont 8 personnages reliés par la pensée (ils peuvent se déplacer mentalement dans l’univers des autres). Je n’ose pas en dire plus, pour vous laisser le plaisir d’apprivoiser. Certains semblent avoir critiqué la nouvelle série de Netflix en se basant sur des extraits qu’ils avaient vu; il faut dire qu’une scène de l’épisode 6 a particulièrement attirée l’intérêt des gens. Il s’agit d’une scène d’orgie entre les personnages. Vous pouvez la visionner ci-dessous, ça ne donne aucun spoiler, c’est simplement agréable à regarder haha (enfin, ça doit dépendre pour qui hehe). Donc, je défends la série contre ceux qui l’accusent d’être trop sexuelle (ont-ils vu des séries comme Games of throne ou True blood?)

Extrait de l’orgie de l’épisode 6 (Sense8):

C’est peut-être parce que je suis gai, mais je me suis fortement attaché aux personnages masculins de cette série (le policier, le petit voleur qui fait un full frontal dans l’épisode 5, l’acteur mexicain, qui me fait malheureusement trop penser à Vivian dans Les Anges de la téléréalité ahah), bref le casting est très intéressant et très éclectique. Couple lesbien, couple homo, fille trans [une vraie!], couple interracial, etc. Je dirais qu’il y en a pour tous les goûts et toutes les cultures.

Le plus gros reproche que je peux faire à la série de Netflix, c’est le générique du début. On voit clairement le copier-coller du générique de House of Cards. Ils ont changé la musique et les images, mais on est dans un plagiat remarquable! Heureusement, Netflix copie Netflix, donc on peut leur pardonner la chose. Voici ce que je veux dire:

Générique de House of Cards:

Générique de Sense8:

Je vous conseille donc vivement la série, même pour les gens (je dirais: surtout pour les gens) qui ne sont pas habitués à la science-fiction ou qui n’aiment pas nécessairement ce type d’histoire!

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06 Juin 2015

Retrouvailles du secondaire – La Presse+

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Aujourd’hui, un article sur les retrouvailles du secondaire a été publié dans le cahier Pause sur La Presse+ par la journaliste Isabelle Dubé. J’y ai participé.

Vous pouvez lire l’article complet en suivant ce lien. Par contre, l’article ne présentait pas les photos (il faut être abonné à La Presse+ pour les voir). Voici donc ce que j’avais envoyé à la journaliste. Y’a pas à dire; on vieillit, hein?

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Merci à Vanessa Grutman, Émilie Larocque, Catherine Bérubé et Jean-Sébastien Caron pour l’autorisation de publication des photos.
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02 Juin 2015

Muse – Drones (critique)

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Chaque fois, c’est la même histoire. Ma relation d’amour/haine avec Muse me donne toujours l’espoir que le prochain album sera puissant et intense. Chaque fois, c’est pourtant une déception amère (depuis Absolution, donc carrément depuis 10 ans!) Mais je ne peux m’en empêcher, dès l’annonce de nouveau matériel, je dois aller entendre ce que le groupe nous réserve. Alors, qu’en est-il de ce nouvel album aux paroles insipides appelé Drones?

Je dois l’avouer, je crois que le groupe s’est perdu dans ses expérimentations depuis très longtemps. Quand évolution ne rime pas avec qualité, c’est souvent ce qui arrive. Peut-être que Muse devrait prendre une pause beaucoup plus longue pour réussir à retrouver une créativité, ou peut-être que c’est simplement perdu d’avance. J’ai toujours détesté le Muse grand public; les mélodies à la Coldplay ou U2, et c’était encore pire quand le groupe se prenait pour Queen. Et au risque d’en décevoir beaucoup, ce nouvel album lorgne encore du côté de Queen. Le problème principal, c’est que le côté mélodique est souvent absent. On écoute des chansons qui auraient pu être jouées par n’importe quel groupe FM, et c’est parfois très honteux.

Vous commencez à comprendre que je ne garderai pas grand-chose de ce nouvel opus. En effet, c’est bien le cas. J’avais beaucoup d’espoir à entendre les membres du groupe expliquer qu’ils allaient revenir à leurs origines (mais on sait bien que quand les musiciens disent ce genre de truc, ils ne livrent que très rarement la marchandise).

Voici donc mes impressions sur les 10 chansons de l’album (car il y a deux titres qui n’en sont pas vraiment).

Dead inside – Il faut l’avouer, on ne s’attend pas du tout à ça pour un premier titre. Dès le départ, les envolées répétitives et criardes déstabilisent. On se croirait dans une pièce des années 1990, avec un riff peu original et quelques sons électroniques. Après quelques écoutes, on finit par s’habituer, mais on a connu le groupe plus inspiré avec ses premiers titres. On est très loin d’un Sunburn ou New born. La progression de la chanson me fait vraiment penser à ce qui pouvait jouer à la radio dans ma jeunesse. Rien de très original. 6/10

[Drill sergeant]/Psycho – On passe sur les 22 secondes inutiles de Drill sergeant (je hais quand les groupes font ce genre de gimmick). Heureusement, Psycho relève l’intérêt et n’est pas si mauvaise en soi. On atteint même un intérêt qui rappelle le passé vers la fin de la pièce, mais le tout reste encore un peu trop répétitif et à mon avis, ils auraient dû raccourcir légèrement la pièce. 7/10

Mercy – Oh là là… Muse avait-il besoin de remplacer Starlight lors des tournées? Encore plus cheesy que cette dernière, voici exactement ce que je hais le plus de ce groupe. Un son banal, une mélodie merdique, vraiment rien d’intéressant avec ce titre, c’est d’ailleurs ce genre de titre qui me rend honteux d’avoir apprécié Muse dans ses meilleures années. Je n’arrive jamais vraiment à comprendre comment le groupe peut être si bon et si mauvais à la fois. Enfin, soyons honnête, ça fait 10 ans que le groupe ne propose plus grand-chose de vraiment vraiment bon. 1/10

Reapers – Ça commence très bien, pour un titre musclé, ça rappelle la très bonne Bliss, mais tout semble se gâcher rapidement. On dirait que le groupe fait souvent le choix de mélanger trois rythmes différents en pensant que ça fera une bonne chanson. Encore une fois, je pense qu’en cherchant à faire trop diversifié, c’est la cohérence qui en prend un coup. Cette pièce me fait parfois penser aux chansons punk de ma jeunesse, mais je me demande encore où sont la mélodie et la mélancolie que j’aimais tant chez le groupe. Je dois avouer que la pièce est quand même une des meilleures sur l’album, et c’est plutôt triste d’en arriver à ce constat! 7/10

The Handler – Enfin, quelque chose de potable pour Muse. On est presque surpris d’apprécier cette pièce dès la première écoute. C’est vers cette voie qu’aurait dû se diriger le groupe. Ce sera malheureusement la seule vraie réussite de l’album. On se retrouve au temps d’OoS, et on embarque assez facilement dans cette folie. On en aurait pris beaucoup plus dans ce même genre-là. Dommage. Après cette chanson, c’est aussi le début de la grande dégringolade, car la deuxième partie du disque fait mal aux oreilles! 9/10

[JFK]/Defector – Encore une pièce «vide» de 55 secondes avant Defector. Ça commence bien, mais dès que la voix du chanteur se pose, on est de retour dans une vibe à la Queen. Encore une fois, ce qui manque à Muse, c’est le côté mélancolique qui faisait leur renommée. La pièce n’est pas mauvaise, mais on l’a entendu des milliers de fois chez d’autres groupes. On pense tout de suite à la musique de stade, et on sait que cette pièce sera «parfaite» pour les arénas. Ça passe encore à ce stade, mais la suite va devenir très très triste… 7/10

Revolt – On ne peut s’empêcher de rire dès la première écoute. La voix qui se pose sur cette chanson est affreuse et cheesy à souhait. C’est affreux. C’est indigne de ce groupe, et on comprend vite que la bataille est perdue d’avance; Muse ne reviendra jamais à ses premiers amours. Ils en sont incapables, ou ils n’ont pas le désir d’aller plus loin dans leur musique. Une chanson de jeune ado. Peut-être tentent-ils d’attirer de jeunes fans. J’ose espérer que les jeunes ont plus de goût et j’ai de la difficulté à croire que quelqu’un peut aimer ce genre de musique. On sent encore l’influence vocale de Queen, et on en a déjà marre. Vraiment affreux. 1/10

Aftermath – Ça commence pourtant bien. On entend des influences à la Pink Floyd. Il y a même un peu de mélancolie dans les notes. On a tant d’espoir! La première partie de la chanson est donc digérable, même au niveau du chant, mais ça se gâte très vite dès que les arrangements s’amènent. On entend les échos de Blackout, une chanson que j’ai toujours détesté sur Absolution. On se demande: «mais pourquoi???» On dirait que le chanteur veut se la jouer spirituel, puis le ton change vers quelque chose que Coldplay aurait sûrement refusé d’enregistrer. La dernière partie de la chanson ne convainc pas et retourne vers les mauvaises gimmicks du groupe; cheesy et anecdotique. Dommage. 5/10

The Globalist – Il y avait beaucoup d’espoir pour cette chanson. Matt avait même indiqué en entrevue que la pièce était une suite de l’excellente Citizen Erased. On s’est peut-être trop accroché à ces paroles, et les premiers instants de la longue pièce de 10 minutes donnent beaucoup d’espoir. Encore une fois, au lieu de se concentrer sur quelque chose de plus simple, Muse fait du collage de plusieurs rythmes, et les passages sont plus ou moins réussis. Mais je dois avouer que la moitié de la chanson donne une bonne première impression. Elle rappelle l’excellente Hoodoo, sur BH&R. Même le sifflement du début passe très bien. La mélancolie que l’on attendait tant est au rendez-vous (enfin), mais la progression de la chanson laisse un goût amer en bouche. Les éléments étaient pourtant tous réunis pour donner un chef d’oeuvre marquant, malheureusement, on sent le «collage» des bouts de chansons, et on pourrait l’accepter, mais Muse a voulu jouer la carte de l’anticlimax, et quelle erreur à mon avis! La partie plus rythmée de la chanson aurait dû durer beaucoup plus longtemps avant le breakdown qui nous ramène un piano quasiment identique à une pièce que j’ai toujours détesté: United states of Eurasia. mais QUEL DOMMAGE! Il y a ici le pire gâchis de l’album! On a droit à une progression digne de Godspeed you! Black emperor, mais tout est coupé court par un piano merdique et un long 4 minutes plutôt inutile. J’ai toujours aimé quand Muse sortait le piano, mais ici, c’est encore Queen qui prend le contrôle et c’est d’une répétition insipide, tellement insipide qu’elle gâche le morceau. 6/10

Drones – Pas grand-chose à dire ici. Le chanteur applique des couches de voix l’une par-dessus l’autre dans une tentative catho pas très réussi. Ça s’éternise et ça ne mène pas à grand-chose. Voilà donc un album qui se finit de façon tiède, très loin d’une finale choc. On hésite à recommencer l’album, car ça ne convainc pas du tout. Triste. Tellement triste. 2/10

Alors voilà, au final, un album plutôt moyen pour ce groupe dont je n’attends plus grand-chose. Est-ce que je serai de retour pour un éventuel concert? Probablement. Parce que Muse en concert est très différent que sur album, et parce que j’ai encore l’espoir d’entendre certains veilles chansons, surtout vu les dernières setlists du groupe. On verra si ça tient la route selon ce qu’ils décident de jouer quand ils passeront dans mon coin, mais ma naïveté me perdra sûrement et me fera acheter un billet pour les entendre (et chialer parce qu’ils n’ont pas joué ce que je voulais!). Ça fait partie de la game, comme on dit!

Ci-dessous, voici donc le meilleur de ce nouvel album; la pièce The Handler.

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27 Mai 2015

Critique: Opium – Jay-Jay Johanson

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Jay-Jay Johanson est productif; après un album plutôt fade en 2013, il revient avec un album très réussi. Critique!

Je dois avouer que j’ai une relation du type amour-haine avec la musique de Jay-Jay Johanson; il peut produire la perfection sur une chanson et devenir sirupeux sur la suivante. Outre les disques Poison et Self-portrait, j’ai toujours jeté la moitié des chansons de Jay-Jay Johanson. La raison? Quand Johanson devient mielleux, je n’adhère pas. Je ne suis pas capable de ces pièces acoustiques ou dénudées. Mais quand Jay-Jay décide d’ajouter des beats à ses chansons, là, je suis tout ouïe.

Je n’attendais rien de ce nouvel album (Opium), mais je dois avouer que je reste agréablement surpris de la qualité du disque. Enfin, Jay-Jay revient à ce qu’il fait de mieux; de la musique rythmée. Tout en gardant sa mélancolie, il accompagne ses pièces de beats vraiment intéressants. On navigue entre le trip-hop, le jazz et le blues. C’est parfait!

Je dois aussi avouer que Jay-Jay Johanson m’a un peu déçu lors de sa dernière tournée. Nous avions beaucoup discuté de ses choix pour la setlist de sa tournée, et même s’il m’avait promis bien des choses (par exemple, jouer la pièce Suffering!), force est de constater qu’il n’a pas livré la marchandise. Grâce à ce nouveau disque, je ne lui tiens pas rancœur.

Il faut dire que son album précédent, Cockroach, ne m’avait pas impressionné. Il y avait certes la très bonne pièce Mr Fredrikson, mais pour le reste, il n’y avait pas grand-chose à garder. Sur son nouvel album Opium, Jay-Jay semble avoir compris ce que son public lui demandait. Outre l’ennuyante Be Yourself, ce disque atteint une qualité que je n’avais pas vu chez cet artiste depuis 2008-2009!

On passe par plusieurs ambiances (même le reggae avec la pièce Alone too long!) sur cet album et on est vite conquis par la qualité des compositions. Ce qui est dommage avec Jay-Jay, c’est que lors de ses tournées, il n’est accompagné que d’un pianiste (alors qu’en Europe il amène son groupe). Je peux comprendre les difficultés et l’argent manquant au niveau de la tournée, mais je crois que l’artiste devrait se forcer un peu plus pour rendre ses concerts plus organiques. Ce disque se prête parfaitement à cet exercice!

Je sais que je ne reverrai pas Jay-Jay en concert de si tôt, mais ce disque me fait faire la paix avec l’artiste. Je me rends compte qu’il est encore capable de beaucoup et c’est un excellent point pour lui. Il n’y a presque rien à jeter sur ce nouvel album, et je vous encourage à écouter ces nouvelles chansons.

Mes coups de cœurs: I love him so, Scarecrow, I don’t know much about loving

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26 Mai 2015

Dix ans sans voiture

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Le 25 juillet prochain, ça fera dix années que je n’ai plus de voiture. Mes derniers moments en tant que propriétaire d’auto se sont déroulés à deux heures du matin, à la sortie du pont tunnel, j’avais décidé de conduire relax dans la voie de droite, jusqu’à ce qu’une van de 18 roues décide de se coller vers la droite sans faire son angle mort, donc sur ma voiture directement. J’ai eu la chance d’être près de la cabine; l’auto s’est lancée dans un 360, j’ai frappé deux, trois voitures à 100 km/h. Je resterai toujours marqué par le bruit plus rapide que la vitesse du choc. Entendre l’annonce de sa mort probable avant de sentir la voiture se soulever du bitume et déraper sans contrôle. Je me souviens avoir regardé dans le rétroviseur, avant que celui-ci ne se décroche pour me revoler en plein visage. Ma radio flambant neuve expulsée, le cul de mon char en accordéon, et moi, ne comprenant toujours pas comment je pouvais encore être conscient. C’est que j’ai été «miraculé», m’en sortant avec un bleu sur le front et un autre sur le genou. Ma petite voiture sport; une perte totale. Non, je n’étais pas saoul. Non, ce n’était pas mon erreur. Mais on ne peut jamais prévoir ce genre de choses-là. J’ai pris l’argent des assurances, et je suis déménagé en France. Je n’ai plus de voiture depuis.

Chaque fois que j’ai eu à reprendre le volant depuis cet événement, ce n’était jamais pour de très longs trajets. Et je m’en contentais bien. Mais en fin de semaine, pour la première fois depuis de nombreuses années, j’ai emprunté la voiture de maman pour me rendre à Tremblant. J’en ai fait un peu d’angoisse, quelques jours avant. Je me voyais déjà maudire mon chum au ciel en lui disant: «Tu vois, c’est de ta faute si on est mort!» Mais j’avais oublié un point plutôt important; j’aime conduire. Bon Dieu que j’aime conduire.

Les 4-5 heures sur la route m’ont rappelé que la voiture avait une signification particulière dans ma vie. Elle me rappelait surtout la maîtrise de mon existence, le contrôle sur mes relations et sur ma destinée. Je m’explique…

J’ai enfin mis le doigt sur cette impression d’avoir été plus responsable dans le début de ma vingtaine que vers la fin de celle-ci. C’était la responsabilité de la conduite. Avec mes amis plus jeunes, c’était inévitable; j’étais souvent le conducteur désigné. C’est moi qui trimbalais les autres. Et je le faisais avec plaisir, la musique dans le tapis. En fin de semaine, j’ai retrouvé mes vieux disques compacts. Ça faisait dix ans que je ne les avais pas insérés dans une radio de voiture. Ce fut comme si je revoyais ma jeunesse se dérouler en film devant moi. Cette réalité s’est révélée en revenant de Tremblant, sous le soleil chaud, avec le disque de Doves – Lost souls.

C’est là que je me suis rendu compte que la voiture me rendait «homme» dans mes relations. Que ce soit avec ma première petite copine que j’allais chercher au secondaire, que ce soit pour me rendre chez mon premier amour, plein d’espoir et d’images de masturbation mutuelle en tête, que ce soit pour me rendre à Montréal, chez mon premier amant, pour des séances secrètes dans le dos de son chum. Mais ça m’a surtout fait penser à mes deux relations les plus sérieuses; d’abord avec Sarah, qui me laissait toujours le volant, préférant se laisser conduire comme une princesse. Et ça m’arrangeait bien. Parcourir le Québec en entier, de Trois-Rivières à Sept-Îles; des heures de conduite, des heures de musique avec la route qui défile. Cette impression de liberté, de contrôle sur sa vie et ses relations. Voilà ce que la voiture voulait dire pour moi. Les verres fumés, la clope au bec, le stéréo dans le tapis, avec les basses bien vibrantes. Être l’homme de la situation; posséder la vie de l’autre entre ses mains.

Et c’était la même chose avec mon ex-chum. Cette idée d’impressionner l’autre, de le conduire où ses désirs le voulaient, ça me donnait une dose de virilité. Et toutes ces histoires sexuelles; des pipes en conduisant, de la sexualité dans les stationnements, des retours d’aventures diverses.

Alors quand j’ai inséré le disque de Doves dans le lecteur de la voiture ce week-end, les images ont défilé naturellement. Je regardais mon chum en train de somnoler à ma droite, crevé de son Spartan Race, et tout ce que j’avais en tête, c’était toutes ces relations que j’avais conduites. Toute cette route, ces parcours, ces destinations en compagnie des gens aimés. Les visages des filles et des garçons qui ont côtoyé ma vie et mon sexe se sont mis à défiler à vive allure. Nostalgie vers le passé, mais rien de dramatique, plutôt le sourire aux coins des lèvres, à me dire qu’il y en a eu des gens qui m’ont fait confiance, qui ont remis leur vie entre mes mains. J’ai alors repensé aux épisodes moins glorieux; les retours de rave, les muffins au pot qui s’activent tout à coup sur la route, les soirées de frustration après des trips plus ou moins réussis. C’est là que je me suis rendu compte de toute l’importance que la voiture avait eu dans ma jeunesse de 450.

J’habite maintenant à Montréal, je n’ai pas nécessairement besoin d’une voiture, mais je dois avouer que cette escapade m’a donné des envies soudaines de recommencer à conduire. Je sais que ça ne vaut pas la peine d’avoir une voiture, surtout pas en hiver, mais l’été, je mentirais si je disais que je cracherais sur une voiture offerte. Pourtant, je connais ma malchance liée aux autos. Outre ma perte totale, je suis resté coincé de nombreuses fois sur le pont Champlain, j’ai eu de nombreuses crevaisons, plusieurs accrochages et quelques peurs assez foudroyantes. Dans la plupart des cas, je n’y étais pour rien, mais la vie m’a montré que je n’étais pas le plus apte à posséder une voiture. Et là, je ne parle même pas des bris mécaniques et de la fortune que cela m’en coûtait en réparation.

J’ai arrêté de conduire alors que le gaz était vendu 75 cents le litre. Je ne crois pas que je m’achèterai une voiture de si tôt, mais je ne peux me mentir; cette petite balade ce week-end m’a fait retrouver des souvenirs et m’a fait comprendre pourquoi j’aimais tant conduire.

J’ai aussi réalisé que j’étais à un endroit dans ma vie où je me plaisais, où la souffrance n’était plus au menu, où les histoires passées ne me blessaient plus. Ça prend parfois de tout petits détails pour se rendre compte… qu’on est heureux, qu’on touche à ce qui s’apparente au bonheur, et qu’on peut enfin espérer en profiter un peu.

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22 Mai 2015

Dans le Fugues cette semaine

fuguescensure

Cette semaine, j’ai accordé une entrevue à Samuel Larochelle pour le magazine Fugues à propos de mes déboires avec la censure de Facebook concernant ma bande-annonce pour mon roman Peut-être jamais.

Quelle surprise (ironie); je me rends compte que je suis loin d’être le seul dans ma situation! Facebook censure beaucoup plus que l’on pense, mais surtout, il semble y avoir une fixation contre les images ou vidéos à caractère homosexuel. Est-ce représentatif de la société d’aujourd’hui? J’ose espéré que non, mais je ne suis pas dupe. Je sais qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire pour éduquer les gens, même ceux qui ont un pouvoir décisionnel.

De mon côté, la relation avec Facebook s’est envenimée. Las de toujours contrôler et supprimer mes publicités, le réseau social a décidé de bannir toute publication de vidéo sur ma page d’auteur. C’est vraiment honteux de leur part. Mais je ne peux pas y faire grand-chose. Je perds des ventes de 200$ par jour environ, car la publicité était vraiment payante au niveau des ventes de roman. C’est très triste, mais comment réussir à se battre contre un géant? J’invite tous ceux qui ne sont pas d’accord avec Facebook à partager la bande-annonce sur leur page et à acheter mon roman, si le coeur vous en dit 🙂

Je croyais terminer les ventes avec mes derniers exemplaires, mais Archambault m’a demandé de nouvelles copies, nous sommes donc retourné en réimpression pour une sixième fois en un an! J’ai déjà atteint mon but depuis longtemps avec ce livre, je continue parce qu’il y a de la demande, mais je dois avouer que je suis un peu fatigué de ne pas réussir à atteindre les gens en raison de ma bande-annonce banni sur ma page. Mais on ne lâche pas! Après tout, je ne serai pas le premier auteur que l’on aura voulu mettre à l’index!

Tous les renseignements sur mon roman et la bande-annonce se trouve sur www.peut-etre-jamais.com!

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22 Mai 2015

Mon ex à moi

exmoi

Il faut absolument que je vous parle de la série québécoise Mon ex à moi, qui met en vedette Sophie Desmarais, Jean-François Nadeau et une panoplie de comédiens! Je dois l’avouer, au départ, j’ai trouvé les pubs dans le métro un peu ringardes, et j’avais tout de suite capté que le graffiti à la station Bonaventure était fake. Mais là, gros mea culpa!

Je m’explique! Quand j’ai commencé à écouter les premiers épisodes de la série, je n’étais pas convaincu. Je n’ai jamais été un grand fan de burlesque et je trouvais que le tout était tiré par les cheveux et surjoué. J’avais l’impression que le personnage d’Amélie en faisait trop pour la caméra. Je pouvais même prédire les événements qui s’en venaient. Mais quelques épisodes ont suffi à m’absorber complètement. Je crois que c’est dû à la relation du personnage avec son premier ex (oui, il y en a plusieurs). Quand j’ai vu les échanges avec Sébastien Huberdeau, dans le rôle d’un pervers sexuel, je me suis tout de suite vu dans mon ancien couple avec mon ex. Même jeux sexuels, même consommation, même plaisir malsain.

Mais mon grand coup de coeur va à Jean-François Nadeau. Quel homme! Il dégage un mystère et une attraction sympathique; on a quasiment envie de lui donner la lune. Selon moi, il a dû rendre bien des femmes heureuses, et briser bien des coeurs! Mais revenons à la série; une fois que l’on accepte le concept «comédie», on accepte tout. Il faut dire qu’en plein milieu de la série, les personnages s’approfondissent et deviennent plus intéressants. Le côté burlesque s’efface un peu plus pour laisser la place à la réalité; la perte de l’amour nous entraîne dans une spirale de souffrance qui nous fait faire les pires niaiseries. Et l’auteur, Émilie Fanning, disait justement que cette série était un peu un guide des choses à ne pas faire pour reconquérir son ex. Il faut dire qu’Amélie use de plusieurs stratégies, plus folles les unes que les autres, mais peu à peu, on comprend son obsession et l’ex n’est pas aussi clair dans son rejet. C’est comme la vraie vie au final! Il y a toujours des messages cachés, des offres qui n’en ont pas l’air, des regrets ou des actions qui pourraient donner l’impression qu’une personne revient sur sa décision de terminer la relation. C’est tellement bien intégré à la réalité que je me suis reconnu à plusieurs moments dans la folie d’Amélie.

Il y a aussi un autre point très important dans la série; la présentation de la sexualité, ou devrais-je dire, des sexualités. Enfin, voilà une série qui nous montre la sexualité des trentenaires sans la magnifier; et je ne sais pas si c’est générationnel, si c’est l’influence de la porno sur le web, mais je vois de plus en plus la sexualité abordée sous le concept des jeux de pouvoir (poussés à leur limite). On ne parle plus de relation «simple» entre un homme et une femme, mais bien de pulsions et de dérives sexuelles qui amènent vers des jeux de rôles, vers la domination et la soumission, vers la fusion et une sorte d’extase qui finit par devenir malsaine. C’est un portrait très juste de la sexualité d’aujourd’hui, et c’est ce qui est le mieux réussi dans la série.

La musique a également une place primordiale dans plusieurs scènes, et je suis content quand j’entends les producteurs dirent qu’ils ont investi beaucoup d’argent à ce niveau. Une peine d’amour passe définitivement par la musique que l’on écoute, et des années plus tard, entendre une chanson qui nous ramène à une époque moins glorieuse est toujours un élément très instructif dans nos vies.

Bref, je suis en amour avec cette série, et je suis d’autant plus heureux qu’une deuxième saison a été annoncée pour l’an prochain! Bravo à Séries+ d’avoir osé quelque chose de nouveau et d’avoir investi pour cette production québécoise.

La série vous intrigue? Sachez que vous pouvez visionner tous les épisodes gratuitement jusqu’au 23 juin prochain, directement sur le site de Séries+. Je vous la conseille fortement, surtout si vous êtes dans la fin vingtaine, début trentaine. Je suis certain que tout le monde peut se reconnaître dans cette histoire. Et non, même si les premiers épisodes sont plus faibles et donnent l’impression de chicklit pour la télé, si vous continuez et regardez 4-5 épisodes, vous verrez vite qu’on se fait rapidement absorber par cette sympathique série. À voir absolument! Et ce Jean-François Nadeau; ouf! Je me répète, mais quel homme!!

Bande-annonce (Mon ex à moi – 16 épisodes d’environ 22 minutes)

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09 Mai 2015

Chronique sur Peut-être jamais – Les Pétards – Radio Fierté

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Voici une chronique sur le roman Peut-être jamais faite par Miguel Doucet et Jo Bocan de l’émission Les Pétards au 980 Radio Fierté.

Oui, le son n’est pas top, mais on entend quand même très bien. Pour ceux qui veulent avoir une meilleure idée du sujet du roman, c’est exactement ce que vous devriez écouter! (4 minutes)

Et oui, ce n’est pas « Collin », mais bien « Collins », comme phil 😉

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07 Mai 2015

KINK + Patrick Watson

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Deux belles découvertes cette semaine. D’abord, le documentaire KINK produit par James Franco. Je sais, je suis un peu en retard, ça date de 2013, mais je n’avais pas eu la chance de le voir encore. On rentre de plein fouet dans le tournage de films pornos pour adultes très consentants. C’est chaud, très chaud.

Le documentaire n’est clairement pas pour tout le monde, mais il devrait quand même être visionné par tous. Parce qu’il est temps de se rendre compte qu’apprécier une sexualité différente n’est pas un crime à notre époque. Ça ne devrait jamais l’être, d’ailleurs. Non, on ne voit pas James Franco à l’écran, mais oui, on voit des bites et des femmes nues. Pourtant, le contexte n’est pas là pour romantiser la chose, au contraire. On parle d’adultes consentants qui explorent leurs limites, parfois même des limites qu’ils ne connaissent pas encore.

Ce que j’ai aimé? Tout est fait dans le respect, mais surtout, dans la vérité des actes. J’ai beaucoup souri quand ils passent en entrevue une actrice qui se dit ouverte aux crachats sur le visage, et la productrice de répondre: « We love you!»

Il ne faut pas se leurrer, il y a toute sorte de sexualité et ce n’est pas parce qu’on ne la pratique pas qu’elle est mal. Il suffit de faire le parallèle facile entre l’hétérosexualité et l’homosexualité. Je crois que l’acceptation de toutes ces pratiques vient aussi du fait d’accepter sa propre sexualité et de l’explorer selon ses propres limites.

Un documentaire qui porte à réfléchir et que je conseille fortement. Il vous fera peut-être dire que vous n’êtes pas si pervers que ça, après tout!

patrick-watson

Dans un tout autre ordre d’idées, je me dois de vous parler du nouvel album de Patrick Watson qui sortira le 12 mai prochain. Quelle claque! Quel disque!

Je dois me confesser, je n’ai jamais été un grand fan de Patrick Watson, je gardais bien deux ou trois pièces de ses précédents opus, mais sans plus. Avec ce disque, c’est tout le contraire. Il n’y a rien à jeter. Je suis rentré dans l’univers du musicien en quelques écoutes, et je n’en ai toujours pas décroché. C’est un peu un mix du vieux Radiohead avec des éléments électroniques tout en douceur et mélodiques. C’est d’ailleurs la voie que Radiohead devrait suivre (mais je sais que ce ne sera pas le cas lol). Bref, il s’agit ici d’un album maîtrisé, qui se construit dans une gradation émotionnelle que je n’avais pas entendue depuis longtemps. On sent la cohésion et le travail pour faire un vrai album concept. Et ça manque tellement de nos jours!

La deuxième partie de l’album est simplement magique, alliant piano, jazz, voix fantomatiques et envolées lyriques. Je suis particulièrement amoureux des deux dernières pièces du disque Know that you know et Places you will go. C’est beau, c’est touchant, sans être quétaine, c’est clairement le genre de musique que je recherche en ce début d’été. J’espère le voir en concert très bientôt!

Enfin, c’est ce soir que nous saurons la setlist de la nouvelle tournée de Lana Del Rey. Je sais qu’elle n’est pas forte sur les changements de chanson durant ses tournées, donc on devrait être fixé vers 23h00. Je dois avouer que j’ai peur de voir ce qui va en ressortir, mais en même temps, je m’en balance un peu, puisque les places que j’ai achetées ne sont pas très chères, mais j’aimerais quelques bonnes pièces tout de même. À suivre.

En extra; j’avais une chanson dans la tête depuis des mois, sans arriver à me souvenir du titre, du DJ ou même du titre de l’album. C’est chose faite grâce à la magie de Facebook! Ce que j’avais en tête depuis si longtemps, c’était la chanson « Top Cat » de DJ Ramasutra (album: East Infection). Je le réécoute présentement, et il avait vraiment fait du bon travail. Je me demande ce qu’il devient aujourd’hui!

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03 Mai 2015

Pas encore tout à fait «ça»

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Il y a de ces moments dans la vie où tout peut basculer d’un côté positif ou négatif. J’ai vécu ce genre de semaine. Une longue semaine qui a commencé dans un down très intense… parce que j’ai fait du binge watching pour me taper les 2 saisons complètes de la série Nouvelle adresse.

J’en avais déjà parlé lors des premiers épisodes de la série; je ne m’y retrouvais pas et je trouvais le sujet trop dramatique pour vraiment embarquer. J’ai redonné une chance, et même si le sujet, qui ne fait que devenir de plus en plus dramatique, m’était connu, j’ai fini par être complètement absorbé. Avec la finale de la deuxième saison, je suis très satisfait et j’ai hâte de voir la suite. Je dois avouer que je m’étais beaucoup plus accroché aux histoires secondaires qu’à l’histoire principale. Beaucoup de vérités et de réalité dans cette série. Je reviens donc sur mes paroles et je la suggère fortement.

Revenir sur mes paroles, je le fais de plus en plus souvent. Je pense que c’est signe de sagesse et du fait de vieillir aussi. Je pense surtout à mon entraînement pour perdre du poids. Je croyais, naïvement peut-être, que le gym 4 fois par semaine allait régler mes problèmes, mais force est de constater que ce n’est pas encore assez. Je croyais que de réduire ma consommation d’alcool allait aider aussi, ce n’est pas assez non plus. Je comprends de plus en plus que pour atteindre ses buts, il faut travailler, puis s’arrêter pour analyser les résultats. La plupart du temps, on se rend compte que même si on travaille fort, ce n’est pas encore tout à fait ça. Ce n’est pas assez. Je me suis donc rendu à l’évidence. Il faudra en faire plus. Encore plus. Je dois avouer que ça me fait un peu peur, mais je n’ai d’autres choix que de repousser les limites des limites que je pensais acceptables. Même mon cousin m’a proposé d’aller courir sur le Mont-Royal avec lui. Je hais la course. Mais je pense que je n’ai plus le choix. Alors, on va travailler là-dessus dans les prochaines semaines.

Je reviens aussi sur mes paroles à propos des amis. Je dois avouer que je pensais que ça y était de mes anciennes relations. J’allais un peu à reculons à cette fête du vendredi soir. Mais j’avais tout faux. Encore une fois, je me suis trompé, car j’ai passé une excellente soirée en compagnie de gens, qui se sont éloignés, certes, mais qui restent encore très importants pour moi. J’espère que ce sera l’adage d’un été prometteur à venir. Je suis toujours plein d’espoir quand la saison estivale s’amène. Ça ne fonctionne pas toujours comme je le veux, mais ma nouvelle maxime est de faire le plus d’efforts possible pour en arriver à être heureux dans tous les domaines de ma vie.

Mon chum ne cesse de me rappeler que seuls le présent et l’avenir comptent. Je travaille encore à oublier le passé. Et je sais que dès que la drogue est en jeu, c’est ce passé qui revient me hanter ou m’exciter si facilement. La coupure est bien là, mais on a tous des moments de faiblesse. Il faut que je me dise que ces moments ne sont que passages, presque créés par ma faute.

La semaine passée, quelques jours après ma dernière entrée sur ce blogue, Facebook a une nouvelle fois banni ma publicité pour mon roman. Cette fois-ci, je ne peux même plus afficher la bande-annonce sur ma propre page personnelle. C’est ridicule, mais bon, c’était aussi le temps de prendre une décision logique par rapport à mon roman. Il a déjà plus d’une année sur le marché, je crois qu’il est temps de passer à autre chose. Il me reste une dizaine de copies. Je n’ai pas de doute, je les écoulerai facilement. Mais ce sera ensuite terminé. J’aurais bien voulu atteindre le chiffre magique de 1 000 exemplaires vendus. Mais je me contenterai de 850 copies, et avec le sourire.

Le temps passe, les projets du passé doivent s’effacer aussi pour laisser la place à d’autres objectifs.

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21 Avr 2015

Nouvelles en vrac

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Bonjour à tous! J’espère que vous allez aussi bien que moi! Je dois dire que je suis très heureux ces temps-ci, et c’est en partie grâce à Facebook, parce que pour le moment, ma bande-annonce n’est pas censurée sur le réseau. Je croise les doigts pour que ça dure!

J’essaie d’être optimiste, même si je sais que c’est probablement une question de temps avant que Facebook revienne sur sa décision. Donc, j’en profite le temps que ça passe! Et je dois avouer que je suis plus que satisfait de la réponse des gens. Beaucoup, beaucoup de livres sont vendus à partir de mon site www.peut-etre-jamais.com et sur Amazon aussi. Ça me fait chaud au cœur de voir que même après une année entière, le roman Peut-être jamais continue à avoir du succès! Je reçois énormément de commentaires positifs sur la lecture du livre et c’est toujours un plaisir de lire vos appréciations. Je me sens choyé. Je suis également étonné de la tranche d’âge touchée par le texte, ça varie vraiment entre 18 et 70 ans, et c’est un excellent indice pour moi! Tout ça me met dans un questionnement un peu délicat, vaut-il mieux disparaître pendant que le buzz est là ou continuer jusqu’à ce qu’il s’atténue? En d’autres mots, est-ce que je dois continuer la promotion et recommander des copies, c’est un peu ce que je me demande présentement. Le marché français est très actif par rapport à mon livre, et si vous saviez tous les coins où je l’envoie… j’apprends quasiment un peu plus ma géographie de la carte de la France chaque jour!

Dans les autres nouvelles, je dois avouer que je vais très bien. Je travaille de plus en plus sur mon corps, je me façonne une santé, je m’éloigne de mes vices, et tout va très très bien. Les réparations dans mon appartement sont terminées, je vis des soirées très intéressantes avec les amis, tout va bien dans mon couple, et j’ai complètement mis de côté mes histoires du passé. Mon psy m’a envoyé des fleurs et est fier de moi. C’est flatteur.

Mais vous me connaissez, je me méfie toujours de ces moments d’allégresse; on ne sait jamais quand la montagne redescend. Alors, pour le moment, je profite et je vis. C’est tout ce qui importe! Merci encore à tous pour vos bons mots sur mes écrits. Je sais que je suis choyé.

N’oubliez pas, vous pouvez aimer la page Facebook de Peut-être jamais!

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14 Avr 2015

La stabilité

balance

Nous y voilà, donc. Rendu à cette stabilité, précaire, certes, mais n’empêche. Elle est là, à ma portée, et ces derniers jours m’ont fait comprendre qu’il n’en tenait qu’à moi à l’accueillir à bras ouverts.

Pas toujours facile, évidemment. Mais j’en suis à un moment de ma vie où la liste de mes excès et de mes côtés excentriques s’achève. Peu à peu, les lumières d’alarme s’éteignent. Toute ma vie, je devrai me surveiller et être un peu méfiant, surtout lors de ces moments, où justement je pense avoir repris le dessus sur ma vie. Nous sommes tous des êtres complexes, mais certains prennent des chemins plus sinueux que d’autres. Je fais partie de cette catégorie, et bien que j’ai adoré ce que certains excès ont provoqué dans ma vie, il y a une balance, une certaine stabilité à respecter.

Je n’en prends pas conscience simplement à cet instant, mais la réflexion semble tout à coup plus palpable. Est-ce un leurre? Seul le temps le dira. Pour le moment, ce que j’en dirais, c’est que je possède tous les éléments nécessaires pour me forger une vie plus saine, et quand je dis ça, j’entends surtout moins « alcoolique ». Il m’arrive encore de boire seul, par moment, parce que j’ai toujours éprouvé un plaisir dans cette activité, mais j’ai drastiquement diminué les fréquences. J’arrive au point où je me rends compte que ce n’est plus nécessaire. Ce n’est même pas une « écoeurantite », c’est surtout un ennui et un désintérêt.

Et pourtant, vendredi soir, debout devant la cuvette de l’Olympia, j’ai vomi. Vomir ne m’arrive que très peu. Et je sais très bien que la cause de ces vomissements a été provoquée par le vin cheap vendu là-bas. Bon, le gin ingéré au préalable n’a pas aidé ma cause. Mais je me suis rendu compte que j’ai raté complètement le concert de Damien Rice, aux toilettes ou dans les vapes. Mais qu’est-ce qui me pousse autant à boire pour apprécier un concert? Je me suis souvent posé la question. C’est très difficile à expliquer, mais ça remonte à très loin, quand j’étais tant absorbé par la musique que je sentais mon cerveau décroché vers l’arrière et vivre le rythme. Ce genre d’occasion n’arrivait que peu souvent, mais quand ça me prenait, c’était toujours sous influence. Je me rends compte que j’ai longtemps (trop longtemps) voulu reproduire cette sensation. Le hic, c’est qu’en vieillissant, même si la musique occupe une place très importante dans ma vie, je ne peux plus m’y abandonner comme dans ma jeunesse. C’est peut-être mon état d’adulte qui transforme le tout, qui ne me permet plus de m’abandonner autant, mais j’ai eu beau tout essayer, impossible de revivre ces abandons du passé. Soit j’en ressors frustré et je trouve le concert nul, soit je perds la carte et je ne me souviens plus du moment. Rendu là, outre être malade et perdre beaucoup d’argent, je n’y gagne absolument rien. Il faut donc se rendre à l’évidence; à quoi bon?

Dernièrement, j’ai beaucoup discuté avec mon copain de ces dépendances qui tournent autour de moi et qui font des déplacements. J’ai parlé de la cause de mon excès. Avant, je les mettais sur la faute de mon ex. Consommer pour me retrouver dans le même genre de situation que je vivais jadis. Vouloir revivre des instants mentalement, absorbé par une substance quelconque. Tenter de retrouver un lien, même embrouillé, avec la vie d’avant, avec ce que je désirais encore au fond de moi; être dominé, sans savoir réellement pourquoi. Trouver dans la sexualité sous influence un regain d’énergie, de perversion, de satisfaction. Mais je suis loin de cette époque, je suis rendu ailleurs. Le passé ne m’intéresse plus. L’écriture de mon roman a tout effacé pour tout réécrire. Je me rends compte que je n’ai plus besoin de m’embrouiller l’esprit pour vivre. Cet espace-temps de ma jeunesse adulte n’a plus sa place dans la vie que je veux mener aujourd’hui.

Et puis, consommer voulait aussi dire s’échapper. Se sauver de l’absence de l’autre. S’éloigner de la douleur de la perte. Mais le cliché prévaut; le temps arrange les choses. Pas facilement. Mais l’idée de la perte finit par faire son chemin et on passe à un autre appel.

J’aurai toujours un certain plaisir à m’enivrer. Je crois que c’est en moi. Ça peut s’atténuer, mais disparaître complètement? Je ne suis pas convaincu. Et ce n’est pas mon but non plus. Je suis surtout à la recherche d’un équilibre. Et je veux de plus en plus m’expliquer les raisons qui me poussent à boire. Je pense que c’est un pas dans la bonne direction.

Ça fera bientôt un an que je consulte un nouveau psy. D’abord, pour mes problèmes liés à mon poids et mon acceptation physique. Mais très vite, les sessions se sont orientées vers mon passé et ce qui me poussait à agir ainsi. En ce moment, je considère que je reprends le contrôle. C’est un contrôle fragile, je dois le guetter souvent, car la dérape n’est jamais bien loin. Elle ne sera jamais bien loin, car elle est une réponse facile aux difficultés quotidiennes. Mais le simple fait de ne plus avoir l’envie de me détruire pour me prouver que j’existe ou que j’ai existé est une bonne nouvelle. Et l’essentiel, c’est que je ne regrette rien. Déjà, ça ne sert pas à grand-chose d’avoir des regrets, mais surtout, toutes ces spirales malsaines m’auront amené à être celui que je suis aujourd’hui. Et présentement, je me sens complet.

Certes, ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours. Je me bats toujours avec mon poids, avec ce corps dont je ne suis jamais réellement satisfait. Mais j’y vais étape par étape, petit pas par petit pas. Il ne sert à rien de devenir drastique et de replonger dans quelques semaines. Je travaille donc sur ma mentalité, sur mes besoins dans la vie, et non pas sur mes dépendances. Les dépendances sont comme l’argent; parfois on en a beaucoup, à d’autres moments, c’est plus serré. C’est donc une recherche de stabilité qui m’accapare. Et je suis loin d’être à plaindre à ce niveau. J’ai un chum qui m’aime, une famille qui m’apprécie, un environnement de travail agréable où je suis reconnu à ma juste valeur, des amis qui importent, une alimentation saine et beaucoup de sport.

C’est ainsi que se dessine mon avenir. En équilibre. Et c’est ce que je recherche à présent. Une vie saine, tournée vers l’avenir, mais surtout vécue au présent.

J’ai fait du chemin depuis 2012. Je dis 2012, car c’est l’année qui coïncide avec la fin de l’écriture de mon roman, et tout ce qui s’en est suivi par la suite. Je ne suis plus le gamin que j’étais. La trentaine m’a rentré dedans assez durement, mais je crois que je réussis peu à peu à surmonter le vide et l’angoisse de ne pas savoir quoi faire de ma vie. Il y a quelque chose de satisfaisant à accepter notre place; l’endroit où nous sommes rendus, les défis qui s’amènent. En quelque sorte, je suis en paix avec moi-même et mon présent. Et ça, c’est très rare pour un être de mon genre.

J’ai perdu beaucoup d’illusions depuis quelques années. Entre autres que les gens autour de mon univers resteraient là à jamais. J’ai cessé de croire que je pouvais figer mon existence et continuer à la vivre de la même manière. Les gens changent, même s’ils restent un peu identiques. Ceux qui naviguent autour de mes eaux le prouvent clairement. Les rencontres, les expériences, les habitudes; tout cela est sans cesse en mouvement, et je l’accepte. C’est ainsi, on ne peut rien y changer.

Ça me fait un énorme bien de lâcher prise. De me dire que je ne peux pas tout contrôler. Et c’est la réalité. Je ne peux pas tout contrôler. J’accepte donc de ne plus être le centre d’intérêt de certaines personnes, et c’est correct ainsi. Le déclic a eu lieu avec une certaine histoire avec ma cousine. On s’était brouillé pour quelque chose de pas nécessairement claire, et j’ai adopté l’attitude parfaite: les gens se brouillent, parfois ils ont leur raison qu’on ne comprend pas. Dans ce temps-là, il vaut mieux ne pas se battre, et surtout ne pas tenter de rapprochement trop direct (comme si on voulait régler le problème). Ceux qui importent reviennent. Et c’est un peu ma philosophie du moment. Moi, j’aime tout le monde. C’est souvent positif, mais ça peut devenir négatif, car je demande beaucoup de mes amitiés. Parfois, les chums de mes amies ne voient pas cela d’un bon œil. Avant, je me serais jeté dans la gueule du loup pour tenter de mettre cartes sur table et de régler le problème, mais avec le temps, je me rends compte que c’est justement ce qui fout la marde. Alors, il vaut mieux être patient, attendre que les autres se rendre compte d’eux-mêmes que je ne leur veux aucun mal et aucune négativité. C’est un peu triste, mais souvent, je constate que mon caractère fait en sorte que les gens qui me connaissent peu me jugent selon de mauvais critères. Ils pensent que je veux accaparer leur bien-aimé, alors que ce n’est aucunement le cas. Ça m’est arrivé par moment de vouloir régler tout ça, mais je me suis vite retrouvé dans une situation encore pire qu’elle ne l’était. Je pense qu’il faut laisser aller. Éviter d’envenimer la chose. Et puis, il faut bien l’admettre, j’ai passé l’âge de faire des crises d’amitié. Les gens ne nous appartiennent pas, et il faut que l’envie vienne d’eux, pas de moi. C’est la clé. Une clé qui me coûtera probablement quelques amis, mais je deviens plus sain d’esprit quand je ne m’embête plus avec des ouï-dire du passé. J’ai souvent eu le désir de sauver les gens. De vouloir recoller les morceaux brisés pour une phrase dite trop vite ou mal comprise. Ce n’est plus le genre de pression que j’ai envie de me mettre sur les épaules.

Il y a tant de gens adorables et agréables sur le chemin de notre parcours. J’ai décidé de lâcher prise sur les histoires négatives. Alors, voilà. C’est ce que je suis en ce moment, c’est ce que je vis de l’intérieur, et je suis en paix avec mon passé et mon présent. Le reste est de l’inconnu, et je serai toujours curieux de savoir ce qui s’en vient pour moi.

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31 Mar 2015

Peut-être jamais fête sa première année avec une promo!

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Que le temps file! L’an passé à pareille date, j’étais extrêmement anxieux quelques heures avant le lancement de mon roman. Un an déjà…

Ce roman, c’était d’abord un gros pari envers moi-même. Je ne fais jamais les choses comme les autres écrivains, je suppose que c’est ce qui me démarque, mais je dois avouer que j’avais une certaine crainte à lancer un livre de la sorte. Non, je n’ai aucunement honte des scènes crues ou de tout ce qui est mentionné dans ce livre. Je me suis très bien éloigné du texte pour prendre le recul nécessaire et comprendre que je suis loin d’être le personnage principal de Peut-être jamais. Je me souviens que j’appréhendais beaucoup la réaction des gens et leurs associations avec ma propre vie. Maintenant que tout ceci est chose du passé, je peux regarder tout cela d’un autre œil, et il n’y a pas de doute, j’aurais pu me casser la gueule, y perde beaucoup d’argent, mais non, j’ai bien fait de me faire confiance et de plonger dans cette aventure qui n’a vraiment pas été de tout repos!

Quand on envoie un texte dans le public, on ne sait jamais réellement la réaction qu’il provoquera. Je pense que le pire, c’est qu’il n’y ait aucune réaction. Or, ce ne fut pas le cas avec mon roman, et je tiens à remercier encore une fois tous ceux qui y ont mis du sien. Derrière Peut-être jamais, il y a une équipe formidable qui m’a aidé à atteindre mon public, et j’en serai reconnaissant pour toujours.

Je tiens aussi à remercier les maisons d’édition qui ont lu le texte, même si certaines ont fini par le refuser. C’est en fait le plus beaucoup cadeau qu’elles pouvaient me faire, car j’ai trouvé une place très agréable aux Éditions de l’Interdit,  (merci à Chantal Morin!) et je dois avouer que je suis un auteur choyé, car je peux enfin l’avouer, ce roman m’a rapporté beaucoup. Au niveau monétaire, certes, mais aussi au niveau humain.

Je suis très fier de me retrouver encore sur les tablettes de Renaud-Bray et de Archambault, après un an (quand on sait qu’un roman ne dure que quelques mois dans les librairies habituellement, c’est une belle chance!) À ce jour, il se vend encore environ 50 exemplaires de Peut-être jamais par mois. Nous avons dépassé les 800 exemplaires vendus, et c’est grâce à la curiosité des lecteurs et à leur intérêt pour un livre différent de ce qui se fait dans le milieu.

Je tiens encore une fois à remercier certaines personnes qui ont eu beaucoup d’importance dans le marketing et le peaufinage de ce livre. Je pense à me belle Aimée Verret, qui a travaillé sans compter les heures, à Louis-Michel Guénette, pour la magnifique couverture, à Mathieu Blanchard et Nicolas Gendron, Jean-Philippe Richard, Lili Gagnon et Antoine Portelance, pour leur participation à la bande-annonce. Je pense également aux libraires, comme Billy Robinson chez Coop, à Pierre-Gabriel Dumoulin chez Archambault, à Monique Gervais chez Renaud-Bray, à Marilou Bernier chez Carcajou et à Françoise Careille à la Librairie du Square. J’en oublie sûrement beaucoup, et je m’en excuse.

Je voudrais également remercier les critiques. Ce sont d’abord eux qui ont propagé la bonne nouvelle en semant leurs critiques positives ici et là. Je pense à Rachelle McDuff du Journal Metro, à Léo Gagnon, journaliste chez Rive-Sud Express, à Benoît Migneault chez Fugues, à Lucie Renaud chez La Recrue du mois, à Yannick Ollassa de Livresquement Boulimique, à David Warriner chez Quebec Reads, à Lionel Clément chez L’Ivre de Lire et à Séb Hm de l’émission de radio Le Shower.

En rafale, merci à Philippe Schnobb, Éric Clément, Raymond Bock, Anna kriz, Frédéric Bouchard, Guillaume LT, Émilie Vincent, Laurent McCutcheon, Robert Bourdon, Pierre Cavale, Annie Primeau, Philippe Franche, Margaux Davoine-Ousset, Jade Tousignant, Simon Bernier, Élizabeth Simpson, Alexandre Trudel, Marilyne Houde, Michael Wall, Dany Mador et Émilie Richard.

Mais surtout, je voudrais remercier les 800 lecteurs qui ont semblé avoir eu beaucoup de plaisir à me lire. Tous les commentaires que j’ai reçus m’ont touché au cœur. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous êtes des lecteurs spéciaux, qui vont au-delà des préjugés et qui aiment découvrir de nouveaux textes. Dans un monde où la littérature perd beaucoup d’intérêt chez le public, je me sens choyé d’avoir pu rejoindre autant de gens. Merci à vous, lecteurs, de m’avoir écrit vos commentaires, d’avoir partagé la bande-annonce et d’en avoir parlé autour de vous. Sans vous, le texte ne vit pas et il n’est qu’encre sèche sur papier ou tablette!

Le marché littéraire québécois est un petit marché qui décourage souvent les auteurs, mais vous m’avez tous montré qu’on pouvait être lu, même en étant un auteur émergent. Je le prends comme un acte d’amour et je vous remercie mille fois pour votre fidélité.

Enfin, je voulais remercier mon meilleur ami: Nicolas Pomerleau. Parce que je sais que c’est sur lui que j’ai déversé toutes mes craintes, tous mes projets de marketing et toutes mes appréhensions. Merci d’avoir été là au bon moment, de m’avoir motivé en me disant que ça allait fonctionner.

Et pour mes futurs lecteurs, en ce jour de célébration, je vous invite à commander votre exemplaire de Peut-être jamais. Pour fêter cette première année de publication, je vous offre mon roman en rabais pour un temps limité (cette offre se termine le 1er avril à minuit). En commandant votre exemplaire papier ici ou sur www.peut-etre-jamais.com, inscrivez le code promotionnel PEJ2015 dans la section «Ajouter des instructions particulières pour le vendeur» et vous obtiendrez 2.00$ de rabais sur votre achat. Le roman est aussi en promotion numérique chez Amazon (mobi) ou chez Kobo (epub) à moitié prix (4.99).

Merci encore à tous pour cette belle aventure littéraire!

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27 Mar 2015

Tristesse et frustration

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C’était la même chose en 2012, ça venait me chercher autant, et force est de constater que même trois années plus tard, je suis toujours en criss de ce que je lis sur les réseaux sociaux.

J’ai mal à ma société québécoise présentement. Je ne peux pas croire qu’on en soit rendu là. Quand je lis sur Facebook que les manifestants l’ont bien cherché, ça me fout en rogne. Je ne peux pas croire que les gens soient si simple d’esprit, qu’ils en arrivent à une telle conclusion, sans se souvenir de leur propre époque. Allumez gang! Des manifestations, il y en a toujours eu, et il y en aura toujours. Le seul changement, c’est que Charest a eu peur de la révolte des étudiants en 2012, et il a créé une loi de marde pour justifier les actes de violence des policiers. Et c’est tellement ironique; parce que les policiers sont autant contre les procédures du gouvernement que les étudiants. Si ce beau monde s’unissait au lieu d’obéir à des ordres d’un gouvernement libéral merdique… me semble que. Allumez, non?

Je n’arrive pas à croire qu’on puisse justifier le fait d’ouvrir le feu directement face à une foule (alors que la procédure pour séparer des manifestants est de tirer dans les airs ou au sol). Il faut être vraiment en manque de sensationnalisme et assumer son désir de violence intérieure pour poser un acte comme celui qui a été posé par l’agent qui a fait feu dans la face d’une manifestante étudiante. Même si elle était entourée de gars (c’est quoi ce raisonnement à la con là?).

Sérieusement, je trouve que le Québec fait de plus en plus pitié. Quand je lis des trucs comme « bien mérité » ou « elle avait juste à ne pas être là », ça me fout en rogne. Je ne veux pas faire d’amalgame facile, mais ce que je lis sur les réseaux sociaux, ça provient en grande partie des baby-boomers de 45 et plus. On voit qu’ils ont la mémoire courte. C’est vrai que c’est facile d’oublier quand on a tout eu pas cher et qu’on payait ses études à bas prix et sa maison 40 000$ max dans le temps. Ce manque de compassion m’attriste tellement. On juge les étudiants qui sont dans la rue en leur disant qu’ils ne savent même pas pourquoi ils y sont. Eh bien, laissez-moi vous dire que ça dépasse les frais de scolarité.

J’ai vécu en France. Savez-vous ce qu’ils faisaient les étudiants français? Ils empilaient des chaises jusqu’au plafond pour éviter tout passage d’étudiants dans l’école. That’s it! C’est à croire que les étudiants devraient devenir de plus en plus radicaux pour faire passer le message. Excusez-moi, mais ceux qui chialent le plus, ce ne sont pas eux, ce sont les vieux derrière leurs écrans. Et pourtant, ils ne comprennent pas qu’on se bat pour une cause qui assurerait des avantages à leurs petits-enfants. Je n’arrive pas à comprendre les « grands-parents » qui jugent les manifestations. N’avez-vous pas de petits-enfants? Ne pensez-vous pas à l’avenir de leur progéniture? Toute cette histoire qui se répète est désolante.

On aime tant notre individualisme. Dès qu’on est dérangé dans notre horaire, on chie sur ceux qui osent se lever de leur divan et aller manifester pour l’avenir de notre société. Lâchez TVA et la Voix pis ouvrez donc votre subjectivité un peu. Calice.

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13 Mar 2015

Leave Joël Legendre Alone!!!

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Eh là, là, là, là. C’est à peu près ce qui est sorti de ma bouche hier, quand j’ai lu le grand titre du Journal de Montréal : « J’AI MENTI ». Je n’ai pas l’intention de revenir sur les diverses théories concernant une guerre de réseau où Monsieur Legendre serait une victime collatérale parce qu’il est passé de TVA à Radio-Canada. Je veux surtout m’attarder aux débilités que je lis sur les réseaux sociaux. Il faut que je pèse mes mots, parce que je suis à deux doigts de laisser échapper un « pauvre petit peuple québécois ». Et loin de moi l’envie de recevoir la pierre, en me faisant dire par quelques homophobes que c’est normal que je défende mes « frères ».

Sérieusement, qui suis-je pour juger? Et c’est un peu ce que chaque Québécois devrait se demander avant d’écrire une ligne sur Facebook. Je n’en reviens pas de cette propension à vouloir détruire l’autre, surtout quand un geste posé ne change, disons-le honnêtement, crissement rien à notre vie. Comme disait Simon-Olivier Fecteau, ça nous rend même le personnage un peu moins parfait, plus sympathique.

Et puis, si chaque Québécois se tournait pour observer de plus près son passé et ses folles années, je suis convaincu que plusieurs se reverraient dans les parcs, dans les champs, dans les boisés, dans les voitures, à faire bien plus que du necking. « Oui, mais il fait ça avec des inconnus!!!!! » de me répondre certains! Ma réflexion sur ce point; la petite amie de la St-Jean de 1999 qui t’a sucé dans les buissons, la connaissais-tu vraiment plus que ça? C’était peut-être l’amie d’une amie, mais je trouve que les gens ont la mémoire courte (ou veulent bien oublier leurs petites frasques). Le problème de Legendre? On ne lui a pas appris comment fonctionnait Grindr!

Je me rends compte qu’en plus d’être un peuple de chialeurs, on s’offense vraiment pour des babioles, et qu’est-ce qui en résulte? Une permission. Une pseudo-permission; car soudain des homophobes se sentent à l’aise de critiquer les gais et de faire des amalgames vraiment déplacés. Non, ce n’est pas parce qu’il s’est touché dans un parc qu’il aurait violé un enfant ou qu’il se serait exhibé volontairement devant lui. Il n’est peut-être pas futé d’avoir choisi un lieu de ce genre à 14 heures de l’après-midi, il a joué gros et s’est fait prendre (sans jeu de mots)! Et, je ne cautionne pas les branlettes en plein air, mais mon dieu, arrêtez de jouer les offensés pour si peu.

Si vous voulez vraiment être offensés, lisez mon livre à la place, c’est bien plus croustillant qu’une branlette dans un parc! Mais moi, évidemment, je n’ai jamais prétendu vivre un bonheur parfait et être blanc comme neige 🙂

Parlant de mes romans, c’est fait; Archambault vient de recevoir une nouvelle arrivée de la version de poche. Ça se passe ici pour acheter votre exemplaire! Vous pouvez encore trouver la version originale chez Renaud-Bray.

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26 Fév 2015

Mars 2015 – Le défi

alcool

J’écris ces quelques mots dans une oisiveté déconcertante, parce que je suis encore dans les limites du deadline, oui, vous savez, ces fameux deadlines que je m’oblige à suivre quelques fois par année? Oui voilà…

Alors, ça y est. La décision a été prise hier après-midi. Je me suis beaucoup observé durant le dernier mois, et force est d’admettre que l’alcool occupe beaucoup trop de place dans ma vie (et dans mon bedon!) Je sais, je sais, je suis un adepte des solutions radicales, mais avec le temps, je me rends compte que je dois suivre une ligne dure, sinon je m’accorde trop d’écarts.

Quand je suis sorti du bureau de mon patron, un mélange de sentiments de peur et de soulagement s’est mis à me faire tourner la tête. Je venais de sceller un pacte avec moi-même; le mois de mars sera celui de la remise à neuf (lire de la remise en forme). J’ai changé mon horaire de travail pour y inclure le gym 5 fois par semaine. Du lundi au vendredi. Bon, je fréquentais déjà le gym 3 fois par semaine depuis 2 ans, mais ça ne servait pas à grand-chose, puisque je buvais mes efforts en fin de journée. Je dois inévitablement accompagner l’entraînement intensif d’une limite drastique au niveau de l’alcool.

Je ne suis pas maso non plus, je me suis permis un écart d’alcool lors de 4 soirées du mois de mars. Elles sont déjà planifiées et les numéros gagnants sont les: 6, 13, 14 et 20 mars. Certains trouveront peut-être que mon pari ne tient plus la route, puisque je me permets ces 4 jours de boire, mais come on, ceux qui me lisent depuis longtemps savent que la restriction n’est clairement pas mon amie! Alors il faut savoir doser!

Ce que je veux dire, c’est que ce ne sera pas facile. Parce que je suis un buveur solitaire. Eh oui, je bois et j’y prends plus de plaisir lorsque je suis seul. Je sais que je ne suis pas une exception dans cette situation. Je dirais même qu’en milieu social, je bois beaucoup moins pour mieux me comporter, mais chez moi, entre mes quatre murs, c’est le party! Reste qu’à 31 ans, il faut savoir choisir le last call!

Voici donc ma tentative, mais surtout mon défi des prochaines semaines. On s’entend que les prochaines 48 heures seront hautes en intoxication, mais ça fait partie de la game! Voyez-vous comment ça me stresse? Je n’arrête pas d’écrire en franglais! ahah!

Dans un autre ordre d’idées, cette nuit, j’ai rêvé que je me défendais. Je me défendais de ne pas avoir écrit une ligne depuis bientôt un an. Je me revois encore, dans les limbes, en train de me justifier en disant «oui, mais mon roman n’est même pas sorti depuis un an encore!». Je me dis donc que cette pause plus calme pourrait être l’élément déclencheur d’un nouveau départ. Je risque probablement de venir écrire ma misère ici beaucoup plus fréquemment. Ça fait partie du jeu!

Bonne fin de semaine à tous. C’est la Nuit blanche, ce week-end! Qu’est-ce que je vais faire? J’attends la nouvelle saison de House of Cards de pied ferme! Ce sera une autre sorte de nuit blanche!

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25 Fév 2015

Entrevue et extrait exclusif du roman Peut-être jamais sur La Cité!

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Je vous invite à lire l’entrevue que j’ai accordée à La Cité, un site interactif qui s’intéresse à la bisexualité, mais aussi à la sexualité et à l’identité. Je vous invite également à lire un extrait exclusif du roman Peut-être jamais, soit les pages 61 à 69. Bonne lecture! 


 

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23 Fév 2015

2009-2015

jay

Ce soir, j’avais rendez-vous au Gesù avec Jay-Jay Johanson, pour un concert bien différent de ce que j’avais vécu en 2009 à l’Ex-centris.

Je ne sais pas trop comment aborder la chose. En fait, je suis mélangé entre déception et soulagement. Je m’explique: pour moi, Jay Jay Johanson est un artiste mélancolique, qui joue des pièces mélancoliques. En 2009, quand je l’ai vu en concert pour la première fois, il venait de sortir l’excellent disque Self Portrait et une année avant, nous avions eu droit à son disque au titre long de deux pieds The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known. Deux disque que j’avais énormément écouté. Deux disques que j’écoutais encore plus parce que je venais de me faire crisser-là par mon ex.

Je ne me rappelle pas de grand chose, outre le regard du journaliste Charles deschenes qui m’observait en se demandant pourquoi je pleurais du début à la fin du show. Oui, j’avais bu de la vieille bière en grosse Quilles, oui j’avais fumé mille cigarettes, et oui, j’étais au gouffre du désespoir. Mais la libération que ce concert m’avait fait… ouf, c’était magique, lumineux (malgré tout) et simplement parfait dans le choix des chansons.

Ce n’était pas le cas, ce soir. Je n’ai pas versé une larme. Zéro. Je dois avouer que ma première impression a été d’être en colère (et de chialer, diront certains) mais après coup, je dois me rendre à l’évidence. Ce n’est pas nécessairement le concert qui était problématique (même si j’ai trouvé le choix des chansons douteux; pré-enregistrement de guitare pour Hawkeye, alors qu’il aurait très bien pu faire Suffering. Mais surtout, absence de toutes pièces de l’album Self Portrait). Avec le mince recul, je me suis rendu compte que tout partait de moi; de mes émotions, de ce que je vis, ou plutôt de ce que je ne vis plus.

Et j’ai compris que je venais de passer un nouveau chapitre. Même si mes pièces favorites avaient été jouées, je ne pense pas que j’aurais vécu la même tristesse, parce que je ne suis plus où j’étais. Tout simplement. Et ça, pour moi, c’est tout un avancement. Parce que j’ai tellement retenu le passé et sa fausse illusion nostalgique; ça aurait été dramatique de me sentir dans le même état d’esprit qu’en 2009.

Ça m’a fait réfléchir sur la raison pour laquelle je vais voir des concerts, et sur ce fameux hasard qui nous fait choisir un artiste chouchou plutôt qu’un autre. Car la musique, comme les souvenirs, avance et se modifie selon notre perception du temps. Je ne suis plus l’être que j’étais en 2009, je ne suis plus le garçon ravagé par une rupture, celui que je décris si bien dans Peut-être jamais est rendu loin de moi. Il est une entité à part entière qui ne m’appartient plus. Je trouve que c’est un très beau deuil. Sans souffrance, sans déchirement. Le temps a fait son travail, et je le félicite.

Je commence peu à peu à apprécier le fait de vieillir. Certes, je déteste trouver un cheveu blanc par-ci par-là, mais je travaille à accepter le fait que je ne suis plus dans la vingtaine. J’ai toujours autant de difficulté à voir les amis jadis proches s’éloigner, mais je comprends un peu plus. Je comprends que la vie nous amène des gens et que ceux-ci repartent plus loin par moment. Quand je regarde vers l’arrière, je sais que je n’ai pas toujours été parfait, mais je suis quand même heureux de mes acquis. Même si je sais que l’acquis ne rime jamais avec l’amitié. Je n’ai cependant plus la force de me battre pour des gens qui ne veulent plus être en ma présence. Ça n’a rien d’égoïste. Je comprends l’évolution humaine, les changements de cap, les nouvelles relations qui nous font partir à la dérive. Bref!

Toute cette histoire de concert m’a fait réfléchir aux moments marquants où j’ai pleuré ma vie durant une chanson. Et, même si mes amis pensent que ça arrive sans cesse, je peux dire que c’est somme toute très rare. Je peux compter ces moments sur une main, ou peut-être six doigts. Les voici donc:

1. Godspeed you! Black emperor – BBF3 (2000 / 2011)

2. Radiohead – Fake plastic trees (2001)

3. Massive Attack – Group 4 (2006)

4. Interpol – The Lighthouse (2011)

5. Radiohead – Reckoner (2012)

Et évidemment, le show de Jay-Jay Johanson en entier en 2009 😉

C’est tout, en fait. Je n’ai pas tant braillé que ça dans les concerts, vous voyez! 🙂

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21 Fév 2015

Dubai s’enflamme


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Alors qu’on veut construire un phare à Québec, la tour Torch (!) s’enflamme à Dubai!

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20 Fév 2015

Librairie du Square

crédit photo: Radio-Canada

Françoise Careille – Librairie du Square

Pour les personnes de Montréal qui ne désirent pas passer par les grandes chaînes comme Archambault ou Renaud-Bray, vous pouvez visiter La Librairie du Square (3453 Rue Saint-Denis), une librairie indépendante fort agréable, tenue par Françoise Careille, qui vend quelques exemplaires de Peut-être jamais!

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12 Fév 2015

nouveau site

Capture d'écran 2015-02-12 21.43.05

Un nouveau site pour le roman Peut-être jamais!

Vous pouvez visiter le nouveau site d’achat pour obtenir votre exemplaire du roman Peut-être jamais! Passez par www.maximecollins.com ou www.peut-etre-jamais.com !

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10 Fév 2015

Web 2.0: Dénoncez l’homophobie et retrouvez-vous misogyne en moins de 24 heures

taboucrédit photo : www.journaldesfemmes.com

 

 

J’avais oublié l’adage du Web 2.0: dénoncez quelque chose et l’on vous accusera automatiquement d’autres choses en moins de 24h.

C’est exactement ce qui s’est passé avec mon entrée d’hier, et je suis bluffé (encore une fois) d’être passé de dénonciateur à «agresseur» (rien de moins!)

C’est que j’ai osé utiliser le mot « tabou », pas pour viser directement, mais plutôt pour décrire, de manière peut-être maladroite, j’en conviens, une comparaison entre ce qui est accepté par Facebook et refusé lorsqu’on l’appose, beaucoup plus doucement, à une situation entre deux hommes.

Pour avoir lu l’oeuvre complète de Simone de Beauvoir et avoir suivi de nombreux cours sur le féminisme en études littéraires à l’université, je trouve plutôt malhonnête de me faire accuser de misogynie, surtout parce que j’ai l’impression qu’on se sert de mon propos sur l’homophobie de Facebook pour déplacer le sujet vers une fausse accusation de misogynie. Alors voilà ce qu’on aurait dû lire au lieu de ma tournure de phrase qui contenait une supposée accusation portée envers les femmes. (Un peu plus et on m’accusait de propager la culture du viol…)

Ce que je voulais exprimer, donc, c’était ce clivage devenu monnaie courante concernant l’hypersexualisation des vidéoclips de rap, vidéos qui sont créées et pensées par des hommes, et surtout fait pour tenter/réussir à convaincre de cette sexualité déformée qui prévaut, soit que le corps des femmes est un objet qu’on peut piller sans problème et affiché dans toutes les situations sexistes possibles, comme s’il s’agissait d’une réalité caduc. En aucun cas, et voilà où l’on m’a mal cité, je n’ai affirmé que les femmes qui tournaient ces clips étaient directement des « salopes » (dois-je avoir peur de réutiliser ce mot puisqu’on m’a accusé de violence verbale?)

Je pense que le déraillement a eu lieu parce que j’ai voulu faire une comparaison entre ma bande-annonce et le vidéoclip de Nicki Minaj (Anaconda). Ma réflexion était simple: pourquoi Facebook autorise autant de nudité et de situations sexistes dans des vidéoclips hétéronormatifs, mais qu’il refuse quelque chose de 100 fois plus doux concernant une situation homosexuelle? Je reste encore convaincu qu’une bonne partie de la réponse se trouve derrière le fait qu’il s’agit d’une représentation qui montre deux hommes qui s’aiment. C’est ce que je considère comme de l’homophobie latente.

Ensuite, que Nicki Minaj veuille se dénuder, jouer avec ses fesses et se frotter au sol au nom du féministe (ou au nom de la célébrité ou de l’argent, d’ailleurs), soit. Je revendique seulement qu’un homme puisse faire la même chose. Sans censure.

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09 Fév 2015

Homophobie chez Facebook

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Alors là, je suis bluffé par l’homophobie de Facebook. Je m’explique…

Il y a un an, j’ai publié la bande-annonce de mon roman Peut-être jamais. Aucun problème pour la publication. J’ai évidemment profité de l’option publicitaire offerte par Facebook. En 2014, pas de problème pour publier la vidéo et en faire la promotion. Après tout, il n’y a eu aucune censure de la part de Youtube ou de Vimeo.

Les mois passent… et c’est seulement ces dernières semaines que les problèmes commencent. Après une publicité de la bande-annonce qui roule depuis 365 jours, tout à coup, Facebook juge la vidéo trop osée pour ses membres. Je décide de prendre le tout avec un grain de sel, me disant que c’est probablement l’image fixe de la vidéo qui pose problème (on voit deux garçons sur le point de s’embrasser). Je décide de changer cette image pour quelque chose de plus doux, mais rien n’y fait. Facebook décide que ce n’est pas l’image de présentation le problème, c’est la vidéo au complet.

Je décide de porter le jugement en appel, et j’échange de nombreux courriels avec le service de publicité de la boîte. Je suis même étonné qu’on me réponde rapidement et directement, mais ce qu’on me dit est très honteux. On considère que deux hommes qui vont s’embrasser est de la pornographie, ce qui me met vraiment hors de moi. J’ai beau faire un parallèle avec toutes les vidéos sexuelles et beaucoup plus dénudées qui sont affichées sur ce réseau social (je pense aux vidéoclips en petites tenues de filles qui se se frottent ou même de vidéos carrément sexistes où l’on voit la poitrine généreuse d’une fille à peine habillée), rien à faire. On considère que ma vidéo reste de la pornographie.

Je m’excuse, mais on est fucking loin de la porno avec ma bande-annonce. D’abord, on voit à peine des corps nus, et les plans sont très serrés sur les visages plutôt que sur les corps. Je n’ai pas d’autres choix que d’accuser Facebook de faire du profilage homophobe. Pour tester mon appréhension, je mets une vidéo d’un couple hétéro sexuel peu vêtu qui s’embrasse; tiens donc! Aucune censure. Je pousse mon étude plus loin, et je place la même vidéo sur Twitter, histoire de voir ce qu’eux en pensent: aucune censure encore.

Je trouve ça tellement désolant qu’en 2015 encore on a de la difficulté à accepter la différence. Ça me met vraiment hors de moi. Après plusieurs échanges avec le service de publicité, et en appuyant sur le fait que la publicité est en ligne depuis un an et a été vue par plus de 150 000 personnes; on me répond ceci:

Your ad was previously approved to help it not lose its delivery potential. However, please note, one ad can be subject to multiple levels of review.

Comme c’est facile… Évidemment, je ne peux rien faire de plus pour les convaincre. C’est peine perdue. Ma bande-annonce n’est plus acceptée sur le réseau social, et je suis désolé, mais c’est clairement de l’homophobie dissimulé. Décidément, les États-Unis ont encore beaucoup de chemin à faire.

Pendant ce temps, tous les vidéoclips de femmes-objets qui se la jouent «salopes» passent sans problème, mais quel sacrilège de voir deux hommes qui s’aiment… Honte à Facebook pour ce coup-là.

Je vous invite à partager en grand nombre la bande-annonce de Peut-être jamais sur Facebook. Il suffit de poster cette adresse dans votre statut: https://vimeo.com/102979807

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07 Fév 2015

Des nouvelles

Je sais, je sais, je me fais plus discret ces derniers temps. Pas toujours facile de jongler avec la vie quotidienne et ses petits caprices. Je profite de ce petit moment pour vous dire que je vais bien, très bien même.

Bon, la perfection n’existe pas, et je dois avouer que je suis en plein combat contre les kilogras que j’ai pris en trop durant le temps des Fêtes; mais ça n’a rien à voir avec ma gourmandise, c’est plutôt la cheville cassée qui m’a immobilisé et empêché de faire du cardio. Je dois avouer que c’est difficile de reprendre le rythme de cet automne, mais j’attribue cela à la météo… et à un peu de paresse.

La vie est douce et tranquille, sauf dans mes nuits. J’ai recommencé à faire dix mille rêves étranges. J’en suis même à rêver que j’ai déjà écrit mon prochain roman et que c’est excellent haha! Parlant de roman, il m’en reste encore quelques-uns et ils sont à petits prix (voir dans le coin à droite de votre écran pour un achat rapide). On a sûrement dépassé les 600 exemplaires vendus, et j’ai arrêté de compter depuis longtemps.

Ce qui est intéressant, c’est que le temps arrange les choses. J’ai enfin fait la paix avec moi-même et mon passé. Je crois que c’est une excellente nouvelle pour moi. J’ai pris la décision de ranger tout ça dans une petite boîte et de continuer à vivre ma vie comme si ça n’existait plus trop. Je ne renie pas la personne que j’ai été, mais j’ai cessé de plonger dans une nostalgie qui me bloquait dans mon avancement. Un jour ou l’autre, il faut bien passer à autre chose.

Je suis encore en questionnement par rapport à ce blogue. Il ne faut pas m’en vouloir. Passé 30 ans, je n’ai plus aussi envie d’étaler ma vie privée sur la toile. Ma vie se retrouve bien assez dans mes précédents romans 😉

Donc, en résumé, je me sens bien, je vais bien, je suis bien entouré. Plus vraiment par les amis du passé, qui semblent avoir d’autres préoccupations et d’autres activités, mais ça fait partie de la game. Au fond de moi, je sais qui importe et qui n’est plus essentiel. Je n’en veux à personne, je n’ai aucun ennemi et je suis zen. Il ne me reste qu’à me botter le cul pour enclencher le processus d’écriture d’un nouveau roman.

Et encore aujourd’hui, je doute qu’il arrivera. 

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31 Jan 2015

Tournage de Peut-être jamais.

 

Bande-annonce [REMIX] du roman Peut-être jamais de Maxime Collins from M2014 on Vimeo.

Le 1er et 2 février 2014 avait lieu le tournage de la bande-annonce de Peut-être jamais. Il vous est encore possible d’acheter votre exemplaire papier en utilisant PayPal à la droite de l’écran, en vous rendant sur www.maximecollins.com, en le commandant sur Amazon (Canada/Europe) ou en visitant Renaud-Bray. Vous pouvez également vous procurez une copie numérique sur Amazon, Kobo, Fnac, iTunes ou directement ici.

 

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04 Jan 2015

Top 10 musical – 2014

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Jamais très très facile de choisir un TOP10 pour une année entière. Il y a toujours des oubliés ou des choix déchirants, mais je crois que c’est un bon exercice pour analyser ce qui nous a marqués le plus durant les 12 derniers mois.

Ma constatation, c’est que mes goûts ont été plutôt mainstream, cette année. Bon, j’exagère un peu, mais ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas de groupes obscurs ou très underground. Parfois, je trouve que plus on vieillit, et plus on cherche la facilité en musique, mais je continue à me forcer pour faire des découvertes, et je trouve toujours quelque chose qui n’a pas encore atteint son plein potentiel! Loin d’être une fierté de hipster, c’est surtout le plaisir de partager mes découvertes qui m’anime. Allons-y!

Numéro 10

Black Keys – Turn blue

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On commence avec quelque chose qui n’est pas très original. J’ai d’ailleurs longuement hésité entre The Black Keys et le petit dernier de Röyksopp, mais j’ai finalement tranché, parce que le disque de Röyksopp m’a trop agacé avec ses gammicks dignes des années 2000 (on frôlait parfois le trance un peu cheap par moment). Bref, pour revenir à Turn blue, il gagne la dixième position parce que The Black Keys a réussi à faire un bon disque qui ressemble à leur matériel tout en s’en éloignant (bon, sans prise de risque, mais il vaut mieux un ver d’oreille qu’une chanson qui ne va nulle part!) Je sais que plusieurs n’aiment pas la réalisation de Danger Mouse, mais moi elle ne me pose aucun problème. Ça ne révolutionne pas le genre, mais The Black Keys, c’est comme une bonne bière entre amis, c’est toujours agréable quand ça se produit, encore plus quand ce n’était pas prévu!

Pièces à écouter: Year in Review, Fever, In our Prime, 10 lovers, Weight of Love

Numéro 09

GusGus – Mexico

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Alors là, on change complètement de genre. Je dois avouer que j’arrive sur le tard avec GusGus, car c’est avec cet album que je les découvre. On m’en avait déjà parlé, mais c’est Rajotte qui m’a poussé à l’écouter. Je suis bien allé jeter une oreille dans la discographie du groupe, mais je dois avouer que c’est vraiment ce petit dernier qui me branche. C’est le genre de disque à écouter avant de sortir ou pour se donner de la motivation en fin de soirée (ou pour se réveiller le matin, pour certains!) On flirte avec le dance, l’électro, les textures sont intéressantes, le mélange de la voix masculine et féminine aussi. Un peu à la manière de The Black Keys, ça ne révolutionne rien, mais c’est juste agréable et dansant. La chanson Crossfade, ma préférée, m’est restée très longtemps dans la tête. On y revient souvent pour mettre de l’ambiance.

Pièces à écouter: Crossfade, Another Life, Airwaves, This is What You Get When You Mess With Love

Numéro 08

Interpol – El Pintor

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La première écoute a été une catastrophe! Voilà, c’est dit. Je pense même que j’avais déclaré à l’époque qu’elle m’avait donné un mal de tête. Mais le disque méritait un peu de travail et d’attention de ma part. Ce n’est pas le chef d’oeuvre du groupe, et je ne sais pas si on peut l’espérer encore un jour, mais je pense que Interpol a livré de bonnes chansons. Pas de grands succès éclatants, mais quelques bons riffs qui nous ont fait oublié l’album précédent (les albums précédents, devrais-je dire!) Si vous êtes comme moi et que les paroles passent en deuxième, vous trouverez votre bonheur et reconnaîtrez la patte d’Interpol. Je suis vraiment triste qu’une tempête de neige les ait empêchés de venir jouer à Montréal (surtout que j’avais convaincu le groupe de jouer deux de mes chansons favorites!). C’est parti remise, mais dans très très longtemps.

Pièces à écouter: My Desire, Same Town, New Story, My Blue Supreme, Breaker 1

Numéro 07

Spoon – They Want My Soul

spoon

Belle surprise que cette présence de Spoon dans mon Top 10. Je dois avouer que je les avais perdus de vu depuis 2006, parce que leur nouveau matériel ne surpassait pas l’excellent disque Ga Ga Ga Ga Ga. C’est donc avec joie que j’accueille cette petite pépite musicale qui est livrée avec une maîtrise parfaite, tout en gardant son côté catchy et amuseur. On sent que le groupe a encore beaucoup de plaisir, et les mélodies me semblent plus travaillées que sur leurs deux derniers compacts. Ceux qui me connaissent savent que j’aime la musique mélancolique, mais pas racoleuse. Et j’ai l’impression que c’est exactement ce que nous présente Spoon. C’est réussi!

Pièce à écouter: Outliner, Knock Knock Knock, Rainy Taxi, I Just Don’t Understand


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03 Jan 2015

BILAN 2014

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C’est toujours la même petite angoisse en début d’année. Même si on se dit que notre meilleure résolution serait de ne pas prendre de résolutions. Jetez un œil vers la dernière année amène son lot de remises en question. Comme si on voulait additionner et soustraire les bons et les moins bons coups de 2014. Oh well…

La première constatation, c’est que mon année 2014 a été bien remplie, mais que j’ai fait mon lot de conneries (comme à chaque année, je suppose!) Je ne sais pas si c’est parce que la fin décembre m’a amené un défi de plus qui m’a fait prendre du recul et me regarder moi-même aller, mais force est d’admettre que la perfection n’est pas pour bientôt en ce qui a trait à mon hygiène de vie et mon comportement. Mais je ne me jette pas la pierre, d’autres le feront mieux que moi de toute façon.

Ma conclusion est quand même positive: ça aurait pu être pire que ça. Il y a eu du très bon, et un peu de mauvais. Au final, 2014 n’a pas été catastrophique; elle m’a surtout montré que je peux faire la job d’un entrepreneur, même avec peu de moyens au départ. C’est une bonne nouvelle, quoique je ne sais pas encore comment m’en servir.

2014 m’a tout de même apporté beaucoup plus de questionnements que de réponses, notamment en ce qui concerne mes projets d’avenir et ce que je voudrais réaliser comme prochain défi. Quand j’avais 28 ou 29 ans, et que j’avais lu Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles de Nicolas Langelier, je pensais avoir saisi toute l’essence du propos. Mais c’est seulement à 31 ans que je comprends vraiment tout ce que ça représente. Je ne suis pas à plaindre dans mon cheminement artistique (si je jouais au jeu de la comparaison, on pourrait nuancer, mais là n’est pas le point); je crois donc que je me suis débrouillé avec mes moyens et avec ma détermination, et tous ces efforts ont somme toute été récompensés. J’ai appris le dur défi de construire son «CV artistique». Mais voilà que je comprends une réalité un peu plus difficile; ce n’était qu’une pierre parmi d’autres, et je n’en suis qu’à construire des fondations pour une certaine suite. Mon plus grand problème présentement, c’est de donner une orientation à ces fondations, et surtout me décider pour savoir quelle pierre je veux ajouter pour continuer ma «construction». Pour le moment, c’est le doute. Et le doute n’est pas une mauvaise chose en soi. Seulement, je sais que je devrai trancher bientôt.

2014 m’a donné des envies diverses. J’ai beaucoup observé le milieu de la réalisation, de la scénarisation, des acteurs et des producteurs. J’aimerais bien faire plus de ce côté-là, car je suis de plus en plus attiré par le travail d’équipe, chose totalement opposée à l’écriture d’un roman. J’aurais cette espèce de désir de collaboration avec un scénariste, et je pense que le simple fait de repasser sur un scénario déjà écrit par un autre me ferait triper. C’est comme si peu à peu, j’avais envie d’ouvrir mes horizons, de sortir de la solitude du roman, pour communiquer plus, pour prendre le pouls d’une équipe, pour vivre l’esprit de groupe et la discussion des brainstorms. Je pense qu’il faudrait que je rencontre un mentor; le hic, c’est que je voudrais apporter ma contribution sur son projet, pas nécessairement imposer mes idées de projet. Bref, il faut que j’explore ce domaine en 2015.

Après avoir travaillé quelques années sur un roman et avoir vécu sa mise en marché de A à Z, j’ai beaucoup appris du milieu littéraire. Je ne veux pas le renier, mais je veux un peu de recul. Les bons coups ont été nombreux avec Peut-être jamais, et l’expérience, quoiqu’éreintante, a été formidable. Elle m’a surtout fait rencontrer une panoplie de gens formidables, et les retours ont été excellents. Maintenant qu’on peut dire que le projet est bouclé et réussi, j’en suis à me demander What’s next? Sans être une résolution, j’aimerais bien me donner un ultimatum (vous savez que j’en suis friand): je me dis que je veux être fixé sur mon prochain projet avant le premier anniversaire du lancement de mon roman (31 mars 2015). La marge est assez large, et on verra ce que le premier trimestre me réserve).

J’ai pris les dernières semaines pour me poser (et c’est le cas de le dire); m’être cassé la cheville n’a pas été une expérience agréable, mais elle m’a permis de m’arrêter réellement. De ne pas trop me perdre dans le tourbillon des Fêtes sans fin. J’ai eu du plaisir en famille et entre amis, mais raisonnablement. Bon ok, le 31 décembre, j’ai fait la folie d’aller cogner chez mes voisins pour finir le jour de l’An avec eux. Et j’ai eu du plaisir. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de mes voisins, résumons le tout de la façon suivante: Madame hurlait son bonheur sexuel un peu trop fort et trop souvent à mon goût, et même si je comprenais la raison de sa passion (son mec), ce n’était pas cool quand ça arrivait 4 fois par jour/nuit! On en a même parlé, verre de champagne à la main, et on a réussi à tourner le tout à blague. Maintenant, reste à savoir si ma présence aura été un « OK » pour qu’ils soient encore plus bruyants, ou si tout cela instaurera un respect un peu plus fréquent. 2015 nous le dira.

2014 aura aussi été l’année des engueulades et des réconciliations. J’en compte 2-3 de marquantes, où mon lâchez prise m’a permis de me rendre compte que toutes ces obstinations ne mènent à rien. Je sais que je n’ai pas été très très patient quand j’étais dans la planification de mon livre et de son marketing. Une période stressante qui a pu se refléter sur mon comportement plus incisif et direct. Mais je n’ai plus d’ennemis. Je n’en ai pas besoin. On ne peut pas faire l’unanimité, certes, mais je ne m’en fais pas trop. C’est la raison pour laquelle, pour l’une des premières fois, je n’ai aucune animosité ou malaises avec quiconque en ce début d’année. Pas d’histoires non-réglées, pas de conflits que je veux oublier. De ce côté-là, je suis en totale zénitude, et je suis bien avec moi-même.

Perdre ma motricité m’a aussi permis d’être plus reconnaissant pour cette chose que l’on prend trop souvent pour acquise: la santé. Je ne peux pas dire que je ménage ma santé à 100% encore, mais mon but est de travailler vraiment fort pour arriver à une année où j’aurai laissé de côté plusieurs mauvaises habitudes. J’ai déjà commencé le travail avec la vilaine cigarette. Oui, il m’est arrivé d’en griller une dans un party, mais ce désir de m’allumer une clope après un repas ou en journée est définitivement derrière moi. Je refuse de retourner dans ce monde que j’ai eu tant de mal à quitter. Je ne veux plus acheter de paquets, et si je dois donner 2$ pour en griller une parce que j’ai levé un peu trop le coude, je le ferai en me disant que plus jamais je ne veux retrouver de bâtons de tabac dans ma poche ou à la maison. Et puis, fumer, c’est tellement out. Plus je vieillis et plus je me rends compte que je dois améliorer mon cardio. Je croise fortement les doigts pour ne pas avoir de séquelles de mon accident dans le métro, car j’ai besoin de l’entraînement pour me donner une discipline de vie. J’ai hâte de retourner au travail, surtout pour les sessions de gym en après-midi. En 2013, je m’étais d’ailleurs promis de faire un don aux Amputés de guerre. Je ne l’avais pourtant pas fait, et je me suis trouvé cheap. Cette année, ma cheville cassée m’a rappelé plus ardemment la difficulté que certains amputés doivent subir dans leur démarche pour réapprendre à vivre avec un membre en moins. Je suis loin de me considérer comme une victime au même égard qu’eux. Mais de les comprendre un peu, dans une moindre mesure, m’a permis de me mettre à leur place. Je voulais donner pour cette cause depuis longtemps. J’avais déjà donné mon temps en tant que bénévole chez Gai Écoute, mais cette fois-ci, il me semblait important de faire quelque chose de différent. Et pour ceux qui ne le savaient pas, les Amputés de guerre fournissent aussi des services (gratuits et sans obligation ni harcèlement) très intéressants, notamment le plus populaire: le fameux système de plaques porte-clés numérotées. Saviez-vous que si vous retrouvez des clés dotées d’un numéro des Amputés de guerre, il vous suffisait de les déposer dans une boîte aux lettres?

En 2014, j’ai également consulté pour mes problèmes liés à la nourriture. Il y a eu beaucoup de chemins de parcourus et je suis content d’avoir continué, malgré le prix des séances et mon pauvre régime d’assurances. Je le répète; pour moi, voir un psy est une activité dont tout le monde devrait se vanter. Si j’avais des moyens infinis, je prendrais rendez-vous toutes les deux semaines toute l’année. Ma psychanalyse s’est transformée, après six mois d’analyse, et la source du problème se déterre tranquillement. Ça passe par le cœur, évidemment. Ça brasse les sentiments et les souvenirs. Et je pense même que c’est la raison pour laquelle je deviens de moins en moins personnel ici.

L’autre raison, c’est que je ne peux plus tout dire. À mon âge, un blogue qui s’écrit sous notre propre nom devient une menace directe envers nous-mêmes. Je ne dis pas que je dois me censurer (je n’écrirais plus du tout si c’était le cas), mais il m’est arrivé d’éviter de venir écrire, parce que je savais que mes propos blesseraient des gens ou ne me feraient pas une bonne publicité. Et quand je parle de publicité, je ne veux pas dire que j’ai peur de passer pour le salaud ou le garçon pas gentil. Je ne cherche pas à protéger mon ego, j’en viens tout simplement à une conclusion normale pour un homme d’une trentaine d’années: il vaut parfois mieux se fermer la gueule! Tout simplement.

Je crois que j’essaie peu à peu de m’éloigner de la nostalgie aussi. Ce blogue a tout de même 16 ans derrière la cravate. Tout dire à 20 ans et tout dire à 30 ans n’invitent pas aux mêmes conséquences. Mais je ne lâche pas pour autant. Je cherche toujours de nouvelles orientations pour ce blogue. Il est comme un ado en constante quête de mutation. C’est humain. Je voudrais peut-être me diriger vers l’entrevue. Dans divers domaines. C’est une approche que je vais tenter d’élaborer durant les prochains mois. En parlant sans cesse de moi, j’ai parfois eu l’impression que certains pouvaient penser qu’il ne s’agissait que d’un plan marketing pour vendre plus de livres. Ces gens ne devaient pas me connaître avant. Mais qu’importe! J’ai une idée qui se construit peu à peu et qui me semble intéressante; mélangeant littérature et musique. On verra si les artistes embarquent, car j’ai de plus en plus envie de parler des autres. Après avoir raconté toute ta vie, il était temps! (je suis certain que c’est ce que certains diront haha!)

Bref, 2014 est terminé, je considère que j’ai marqué l’année comme un grain de poussière dans l’océan, mais j’y étais, bien présent; avec une offre qui fait changement et qui ne plaît pas à tous. Et, tant mieux! Il faut de la variété, surtout quand on apprend que 97% du marketing littéraire est en fonction des livres de cuisine (page 27 pour les curieux)! Il y a bien les livres numériques, mais j’ai l’impression que mes clients sont surtout situés en France, en Suisse et en Belgique. La vague viendra peut-être plus tard pour le Québec.

Je termine sur mon bon coup et mon moins bon coup à propos de mon roman, justement.

  • Bon coup: Définitivement la bande-annonce du roman, qui continue à circuler sur la toile et à faire connaître le livre dans les autres pays francophones.
  • Moins bon coup: Définitivement la date du lancement, qui tombait un lundi, fin mars, une semaine avant les élections provinciales. Il y a des choses qu’on ne contrôle pas, mais si un jour je fais une autre soirée importante, je viserai probablement les jeudis, sans hockey de préférence 😉

Dans les prochains jours, j’essaierai de faire mon Top 10 des albums musicaux qui m’ont marqué en 2014. C’est toujours un moment déchirant!

Voilà, c’est ainsi que je finis mon pseudo-bilan. Je suis confiant pour 2015, et je souhaite de la santé à tout le monde. À moi aussi et à mes proches. Soyez vrais entre vous, c’est vraiment tout ce qui compte. J’ai laissé tomber l’hypocrisie et les beaux sourires faux en 2014 et c’était l’une des plus belles résolutions. On continue à s’aimer soi-même et à faire fi des méchancetés des autres!

Je sais que la culture occupe une place de moins en moins grande dans la vie des gens, mais souvenez-vous que c’est ce qui nourrit votre âme et fait de vous des personnes plus ouvertes et empathiques envers les autres!

Bonne année 2015 à mes lecteurs et à tous ceux qui viennent d’arriver ici pour la première fois!

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