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Des nouvelles en automne

 

J’ai complété toutes les phases. Toutes celles que je voulais effectuer à partir du 5 octobre 2017; ce jour où ma nouvelle vie a commencé tranquillement. Enfin, à l’aube des 34 ans, je comprenais que les changements drastiques du jour au lendemain, que l’on se promet sans cesse après une cuite ou des excès, eh bien, ça n’existe pas. Ça ne réussit jamais. Il n’y a que le travail et la perspicacité qui puissent réellement mener à un changement profond.

C’est donc ainsi que le 5 octobre, moi et mes 220 livres arrivions dans une nouvelle salle de gym, avec toute l’intimidation que peut avoir ce genre de place (même si je me suis entraîné dans plus d’une dizaine de salles différentes au cours de ma vie, il y a toujours un temps d’adaptation et une acclimatation, comme si on s’installait en exil dans une nouvelle ville où il faut réapprendre plusieurs codes plus ou moins nouveaux.

Je signais gros niveau intimidation, parce que ce n’est pas un entraîneur que j’allais avoir, mais bien deux! Deux univers à connaître, deux nouvelles relations à créer, encore une fois, l’image de l’exil me semble la meilleure pour montrer ce que je veux dire. Ma nouvelle vie allait donc devenir beaucoup de sport et une alimentation plus saine. Pourtant, j’était déjà végétarien depuis décembre 2017, mais je pense que mon flirt avec le vegan style ne m’avait pas aidé à l’époque. Devenir végétalien n’était pas pour moi, pour la simple et bonne raison que je m’appuyais beaucoup trop sur les céréales pour combler mon ventre. Et ça paraît assez vite. Et puis, tous ces produits transformés qui font semblant d’imiter… je trouve que c’est limite parfois pire que les produits congelés ou transformés. Bref, les dernières années au niveau de l’alimentation avaient été de grandes montagnes russes. Avant d’être végétarien, j’avais même essayé la pilule Alli (vous savez, celle qui vous fait supposément chier votre gras). Ah ça, pour aller aux toilettes, j’y allais. Mais en étant aussi excessif, comme tout le monde le sait, je m’enfilais beaucoup trop de junk en me basant sur une pilule magique. Pilule pas très magique qui m’aura fait faire quelques crises de panique et de l’hyperventilation. Bref, je partais de loin.

La rencontre avec mes deux entraîneurs s’est bien déroulée, mais avec ce genre de changement radical, il fallait évidemment aussi adapter ma routine de vie. Le gym n’étant pas à la porte, j’ai eu plusieurs occasions de pester contre la STM et la très chère ligne 55. La 55, St-Laurent, c’est un peu comme l’autobus que tu veux éviter dans ta vie. Parce qu’elle est toujours en retard. Et toujours bondée. Des belles sardines chaudes et collantes qui se touchent d’une manière loin d’allumer l’excitation sexuelle. La STM le sait, la STM s’en fout, bref, la STM je l’emmerde, mais ça tout le monde le sait 😉

Le mois de janvier est vite arrivé. Je suis devenu plus à l’aise. J’ai ravalé ma colère contre les transports en commun (ou presque lol) et j’ai continué les rendez-vous avec les entraîneurs, en m’accrochant à ce rêve un peu fou de perdre au moins 20 livres, de descendre sous ce putain de chiffre 200. Je savais que ça n’allait pas se faire en claquant des doigts. Je savais que j’allais chigner, qu’au début, mon cardio serait merdique, que la sueur coulerait sans cesse dans mes yeux, que les sacres s’aligneraient comme un nouveau langage.

Puis le poids s’est mis à descendre. Doucement, mais sûrement. Je me suis alors promis que lorsque j’aurais perdu 20 livres, je me gâterais solidement. Mais surtout, physiquement. Plus on devient gros, et plus on a l’impression de vouloir s’effacer. On sent aussi qu’on ne mérite pas d’être aimé. Que ça ne sert à rien de flirter, parce qu’on sera rejeté par ce cruel monde qu’est le monde homosexuel à Montréal. En 2017, je me sentais vieux, fatigué, sans intérêt et je ne portais que du noir, pour tenter de m’amincir, mais surtout pour tenter de disparaître. Je me contentais très bien de ces quelques sorties avec les amis qui restaient, et de beaucoup d’alcool les soirs vides et solitaires. Ce qui n’aidait pas le poids, évidemment.

Alors, ma promesse était simple: si je perdais au moins 20 livres, j’aurais le droit de recommencer à vivre, de transformer la perception négative que j’avais de moi. Je ferais même mieux; je me paierais une personnal shopper pour refaire ma garde-robe complète. Mais plus encore, j’allais régler ma perte de cheveux en me payant une greffe. C’est avec cette idée ancrée que je me suis dit qu’il fallait travailler beaucoup plus, car je savais qu’une greffe de cheveux n’allait pas être donnée. J’ai donc commencé à multiplier les heures, à travailler sept jour sur sept, à augmenter le budget; il me faudrait un minimum de 15 000 $ simplement pour mettre mon projet en branle. Je suis devenu encore plus renfermé, seul devant mon ordi, parfois en faisant du 8 h à minuit plusieurs jours par semaine. J’y prenais même goût, parce que j’ai toujours été entouré de certaines personnes qui travaillent trop. Il fallait prendre cette motivation et l’appliquer à ma vie.

L’été est arrivé, et peu à peu la première phase de mon but a été atteinte. J’avais bel et bien perdu 20 livres; de peine et de misère, en ajoutant de la course à pied le dimanche, du vélo les soirs de semaine, en plus des entraîneurs privés et du gym sur l’heure du dîner au bureau. Je reste encore surpris que mon corps n’ait pas flanché. Plusieurs de mes amis me disaient que le burn out était proche. Et je les croyais encore plus, quand je terminais de travailler pour commencer à me saouler. Mais la vie m’a donné un cadeau très précieux; je suis excessif dans tout ce que je fais, certes, mais on dirait que je m’arrête toujours à quelques pas du précipice.

Il était alors temps de passer à la phase 2. Vérifier combien allait me coûter une greffe de cheveux. Rencontrer divers chirurgiens. En cachette, parce que je ne voulais pas que ça se sache. J’ai visité deux cliniques. J’ai obtenu des devis. J’ai même pris des rendez-vous pour le grand jour. Mais quelque chose dans ma tête me disait que c’était fou de dépenser autant d’argent pour si peu de résultat. Il faut savoir que la greffe fonctionne très bien pour des gens qui ont encore des cheveux mais quelques pertes. J’étais un cas intense de mon côté. Il fallait couvrir une zone plus large. Très large. Donc, très cher. Il était évident que je ne m’en sortirais pas en bas de 30 000 $, et encore, il faudrait refaire des greffes aux cinq ans pour le reste de ma vie.

C’est alors que la magie des algorithmes est venue me sauver (pour une rare fois, avouons-le haha). À force de chercher tous ces traitements pour les cheveux, je suis tombé sur un site qui offrait une alternative à la greffe, et qui me semblait beaucoup plus dans mon budget. Les pourparlers ont commencé en juin, et au début du mois de juillet, je signais un accord avec cette entreprise, en me disant que dans le pire des cas, je perdrais 1 000 $, tout au plus.

Quand le début de septembre est arrivé, je me suis résigné; tout mon linge était devenu trop grand. Je portais encore mes jeans de taille 36, avec une ceinture qui n’arrivait même plus à retenir les pantalons. Mes t-shirt large me flottaient sur le dos. Il fallait enclencher la phase 3; la personnal shopper. À Montréal, il y a plusieurs types d’activités reliés à ce travail. Pour ceux qui ne savent pas de quoi il s’agit; en résumé, une personne magasine avec vous, refait votre garde-robe ou utilise ce qu’il y a déjà dans votre garde-robe. C’est un travail qui s’oriente beaucoup plus vers les filles, car peu de mecs sont enclins à tenter l’expérience (ce qui est très dommage, parce que ça fonctionne foutrement bien!). Trouver un personnal shopper qui se destine aux hommes est quelque chose de difficile et de facile en même temps. Selon mes recherches, il y en a seulement deux à Montréal! Je me suis donc dit que j’allais faire confiance à la vie, comme je fais depuis toujours. Premier résultat sur Google, premier contact, premier rendez-vous de pris pour début octobre. Le 5 octobre 2018, exactement un an jour pour jour alors que je pénétrais dans mon nouveau gym pour changer de vie. Je trouvais ça presque poétique.

Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre. La seule chose dont j’étais certain, c’est que rien n’allait être vraiment récupérable dans ma garde-robe (taille trop grande), et que je ne voulais pas aller magasiner en boutique avec quelqu’un. Non, je voulais le service VIP; soit celui d’arriver directement chez la personnal shopper, et d’essayer autant de morceaux possibles déjà sélectionnés selon ma nouvelle taille (oui, je suis passé de 36 à 33 de taille!) et mes critères personnels. C’est donc pour ça que j’ai opté, faisant la rencontre de la sympathique Patricia Trépanier, qui s’est occupée de moi de A à Z, dans une ambiance amicale et sereine, mais aussi avec un œil aiguisé. Dès qu’elle voyait qu’un morceau de linge ne me plaisait pas dans le miroir, elle disait NEXT! et j’essayais autre chose. Je sais que ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre ce genre de service, mais comme je ne faisais plus de greffe de cheveux, mon travail de la dernière année me permettait cet extra. Je suis ressorti de là avec 22 morceaux, des jeans aux souliers, du manteau aux ceintures, jusqu’au veston et au foulard de poche. Il ne restait donc qu’une seule phase pour compléter mon grand projet d’une année… ces fameux cheveux.

Ils sont arrivés le 30 octobre. Là aussi, ce fut des montagnes russes, car ils devaient arriver au début septembre, mais dans tout ce processus, j’ai appris qu’il fallait être patient. Tout arrive à point nommé. Il faut assumer son karma. Vincent, l’entrepreneur de la compagnie avec qui j’ai fait affaire, a été une perle. Même de Madrid, on pouvait sentir toute sa compassion et son intérêt à m’aider dans ma démarche. Le grand jour est donc arrivé à la fin d’octobre, dans le nouveau salon de coiffure de Simon Fred, une autre personne extraordinaire que la vie a mise sur mon chemin. Ça faisait déjà plus de 10 ans que je n’avais pas mis les pieds dans un salon de coiffure. N’ayant que peu de cheveux, j’avais pris l’habitude de me raser moi-même, de botcher cet élément, un peu comme j’avais maltraité mon corps les années auparavant.

J’étais nerveux. Je ne peux pas le nier. J’avais peur que ça ne fonctionne pas. J’avais peur que ça paraisse. J’avais peur d’avoir l’air fou. J’avais peur d’un flop. Même en sortant du salon, je n’étais pas convaincu. C’est si nouveau toutes ces transformations. Je m’étais habitué au poids, parce que ça s’était fait graduellement depuis un an. Je m’étais facilement habitué à mes nouveaux vêtements, parce qu’enfin, ils épousaient bien la nouvelle forme de mon corps et me faisaient beaucoup mieux paraître que mes chandails noirs et ternes. Mais les cheveux, c’était comme voir un autre que soi-même, c’était comme ne pas savoir si on me pointerait du doigt en riant. Car tous allaient s’en rendre compte, tous allaient me voir; de la famille aux amis en passant par les collègues de travail. Il fallait que j’assume. Il fallait que j’aille au bout des défis que je m’étais donnés un an plus tôt. Et puis, si ça ne marchait pas, je continuais à me dire que j’aurais essayé, et que l’échec fait partie de tout processus de changement.

Le 31 octobre, je croisais mes parents dans une soirée, et ils allaient passer tout droit, sans même me reconnaître. Drôle de date pour changer de tête, j’en conviens. Mais pour moi, l’Halloween allait durer un peu plus longtemps. J’avais peur des réactions et des premiers mots qu’on allait me dire. Mais ma mère a tout de suite pris les devants, m’a tout de suite rassuré en me disant que je paraissais dix ans plus jeune.

Ce soir, une semaine s’est déjà écoulée depuis que les 3 phases désirées un an plus tôt ont été réalisées. J’ai eu l’impression de faire un coming-out sur le Web et devant mes amis. Et les réactions ont été au-dessus de mes attentes. De beaux mots, des félicitations, des encouragements, des élans surpris. Je ne pouvais pas demander mieux.

Le chemin fut long. Et il n’est pas gagné. Il ne le sera jamais. Ce n’est pas parce que ces trois phases sont effectuées que tout s’arrête. Je sais très bien que je devrai toujours m’entraîner. Je sais très bien que je devrai toujours surveiller mon alimentation. Il n’y aura jamais rien d’acquis. Le travail devra continuer sans repos jusqu’à la fin. Sinon, je n’entrerai plus dans mon linge haha!

Pendant ces moments de transformation, ma vie intime s’est aussi améliorée. Je ne sais pas si j’en ai parlé beaucoup ici, mais j’ai toujours eu le même problème avec les hommes. Je n’attire que deux types de mecs. Les jeunes de 18-24 ans ou les plus vieux de 50 ans et plus. Il y a un an, je me sentais condamné, parce que je n’aimais pas mon reflet dans la glace. Puisque je ne me sentais pas apte à avoir une certaine confiance en moi envers les jeunes (même si ceux-ci me relançaient), je préférais ne pas avoir d’intimité. Oh oui, j’ai eu certaines expériences avec des plus vieux, mais ça me laissait vide, et j’avais vite compris que ça ne servait à rien de baiser avec des hommes qui ne m’intéressaient pas. Il valait donc mieux me retirer du marché, ne simplement plus avoir de vie sexuelle. Il faut aussi dire que ce n’est qu’en avril que j’ai réglé mon passé pour de bon. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet ici, parce que je l’ai fait si souvent, mais je devais fermer un chapitre par moi-même avant d’en commencer un nouveau, ou même avant d’avoir assez confiance en moi pour modifier ma perception de la sexualité. Ce fut chose faite. Malgré le mal qui s’en est suivi. J’ai compris plusieurs choses. Surtout qu’il ne faut pas se battre pour les gens qui ne veulent plus être dans nos vies. J’aurai mis près de 10 ans à le comprendre. Et c’est probablement ça qui m’a fait sombrer dans plusieurs autres patterns.

Pourtant, c’est tout dernièrement, probablement avec tous ces changements, que j’ai découvert que je valais beaucoup mieux que les fantômes du passé. Je n’ai pas poussé les folies trop loin, je préfère maintenant la qualité par rapport à la quantité. Mais il faut l’avouer, ce que je devais trouver pour me sauver de mon passé était somme toute simple, mais très superficiel. Et pourtant… j’ai retrouvé ce que j’aimais tant, mais avec une différence notable. Pour être cru, j’ai retrouvé une grosse bite uncut comme je les aime, mais au lieu que cela réveille mon côté soumis, c’est tout le contraire qui s’est produit. Je me suis découvert un côté dominant. Et c’est ironique de ne pas y avoir pensé avant; c’était comme trouver le meilleur des deux mondes; un petit mec avec une belle bite uncut; prêt à essayer plusieurs expériences, prêt à me donner le contrôle. J’en parle et je n’y crois pas trop encore. Pourtant, les dernières semaines me prouvent qu’au final, il ne me manquait qu’un peu de chair pour me laisser aller et prendre vraiment un rôle que j’avais déjà joué jadis plusieurs fois. À l’image de ces nouveaux cheveux qui me rendent plus jeune, j’explore moi aussi comme un ado; en faisant un 360 sur moi-même, en me permettant d’avoir du plaisir avec les yeux, tout en testant mon contrôle et mes désirs; des désirs différents qui ne sont pas dictés par des vieilles habitudes.

La seule chose que je trouve triste, mais que je comprends aussi, c’est le niveau de superficialité des réseaux de rencontres. De voir que personne ne me parlait ou presque avant… puis d’ajouter une nouvelle photo de mon moi version 2.0… pour que les offres se multiplient et fassent chauffer mon cellulaire. En même temps, je participe ironiquement à ce jeu des apparences. On y participe tous, évidemment. Alors, je prends la flatterie. Je profite de ce moment de bonheur, tout en sachant que le bonheur doit aller plus loin que l’enveloppe corporelle. Mais je continue de croire que lorsqu’on est bien dans sa peau, on attire nécessairement des gens qui sont bien dans leur peau aussi. Et comme d’habitude, je préfère faire confiance à la vie, et voir ce qui arrivera.

Une chose reste certaine; je suis loin d’être celui que j’étais lorsque j’ai mis les pieds dans ce gym, le 5 octobre 2017. Et puis, j’aurai 35 ans prochainement. Est-ce ça, le mid-life Krisis? Si c’est le cas, je trouve que j’ai clairement bien géré le truc. Je suis passé sous la barre des 200 livres et ça continue de descendre, je me sens bien dans ma vie et dans mon corps, je travaille comme un fou, oui, mais je sais m’arrêter et profiter des gens que j’aime aussi. Je découvre une nouvelle facette de ma sexualité. Je bois encore trop d’alcool, mais j’en comprends les conséquences. J’aime ma vie. J’aime l’endroit où je suis présentement. Je n’ai pas de manque; que ce soit par rapport à l’argent, à l’amitié, à l’intimité, à la famille, au travail ou à la perception de moi-même.

La seule chose qui est en suspens. C’est mon prochain roman. En lecture chez les éditeurs. Peut-être que je ne réussirai pas ma vie d’artiste et d’écrivain. (Soulèvement d’épaules). Si c’est ce que la vie me prédit, je pense que je l’accepterai, car j’ai fini de vouloir être une vedette, je n’en ai rien à foutre d’être populaire ou non, de vendre ou non. Je serai simplement triste de ne pas publier cette histoire, une histoire qu’une quinzaine de personnes ont aimée, mais après tout, on ne peut pas plaire à tous, peu importe la manière dont on tente de jouer avec son image ou de défier les années qui passent.

Voilà! C’était mon long et grand message d’espoir de l’automne. Je reviendrai peut-être à l’hiver 2019. Prenez soin de vous, et ayez confiance en vous; quand vous décidez réellement quelque chose, allez jusqu’au bout, malgré le karma, malgré les obstacles. On en ressort toujours grandi. Et c’est encore mieux si on reste vivant avec tout ça!

Je voudrais dédier tout ça à mon amie Émilie qui est décédée en septembre dernier. La première grande perte de ma vie adulte. J’espère qu’elle veille sur nous et qu’elle sait qu’elle sera toujours importante dans nos vies. La vie est courte, les gens vont mourir, c’est une fatalité avec laquelle il faut vivre. Profitons de notre temps, remettons-nous en question, et accomplissons nos rêves les plus fous.

Enfin, il faut remercier ceux qui nous accompagnent dans notre cheminement, car ils sont tellement importants à leur façon, je veux souligner leur contribution pour mon nouveau moi:

Entraîneurs : Charles Lamontagne, Raphaël Odemard
Personnal Shopper : Patricia Trepanier
Cheveux : Vincent Laroche – OneHead – Hair replacement solutions
Coiffeur : Simon Frédéric doré

Une question simple

La question est simple: combien de fois peut-on modifier la trajectoire de notre vie? Combien de fois peut-on décider de faire un 180 degrés et réussir à ne pas retomber dans nos anciennes habitudes? Je ne parle pas de tout plaquer pour recommencer sa vie ailleurs, je me questionne simplement sur les grandes décisions qui orientent qui nous sommes et ce que nous devenons.

Peut-être que tout ceci est de la grande foutaise. Peut-être que chaque année qui passe, chaque mois ou chaque semaine qui s’écoulent nous orientent automatiquement vers un nouveau destin. Mais au-delà des aléas de nos propres décisions quotidiennes, j’ai la ferme impression qu’il est possible de réorienter sa vie de but en blanc, après de grandes souffrances ou simplement parce que ce que nous vivons ne nous convient plus.

Ce n’est pas réellement mon cas, mais je me questionne tout de même. Des changements drastiques, j’en ai fait et j’en fais depuis des années. Pourtant, j’ai quand même cette impression étrange que je suis sur le quai et que le bateau vogue vers le large sans moi. Ce n’est pas toujours une mauvaise chose de rester les pieds fermes sur ses acquis,  mais si on ressent un manque, je pense qu’il est de notre devoir de réagir et de corriger le tir.

Je ne dirais pas que je suis malheureux et qu’il s’agit d’un choix drastique. Non. Je dirais plutôt que j’ai effectué beaucoup de changements dans ma vie, mais que je n’ai pas encore atteint le point adéquat (l’atteint-on un jour? S’en rend-on compte? C’est une autre question.)

Quand je pense aux grands revirements d’une vie, je me fixe sur deux choses: la santé et les gens qui nous entourent. Je suis très excessif sur le premier point. Je suis dépendant sur le deuxième. Mais je fais des progrès, du moins, je le crois.

Je ne sais pas si je pourrais nommer tous les revirements de ma vie. Je pourrais m’amuser à nommer plusieurs éléments comme l’affirmation de mon homosexualité, le choix de mes études, le choix de partir vivre à l’étranger, le choix de faire tous mes voyages outre-mer, le choix de m’engager en couple, le choix de cesser la drogue, le choix d’acheter un condo, le choix de devenir végétarien et presque végétalien, le choix d’avoir un travail, même deux… mais d’un autre côté, je n’ai jamais choisi de quitter certaines personnes, je n’ai jamais choisi mes ruptures, je n’ai jamais choisi d’être ce que je suis et ce qui m’a construit grâce à mes expériences.

Mon psy me dirait de me relaxer et de regarder où j’en suis (avec une certaine fierté dans la voix), mais ce n’est pas suffisant pour moi. J’ai sans cesse l’impression qu’il manque un autre revirement drastique, qui ferait de moi quelqu’un que je respecte et que j’apprécie comme il est.

On passe son temps à se construire par rapport au regard des autres. Même ceux qui clament haut et fort qu’ils s’en foutent sont obsédés par ce qui se dit sur eux ou sur leurs projets. C’est normal, c’est humain.

Ces derniers temps, beaucoup de gens importants ont pris la décision de quitter mon chemin. Un peu comme des adieux faits au croisement d’une route, ces gens ont décidé de bifurquer à gauche alors que je m’orientais vers la droite. À chacun ses décisions. Je ne suis pas là pour les juger. Je n’ai jamais affirmé que j’étais blanc comme neige non plus. Plus je vieillis et plus je me rends compte qu’un simple mot déplacé peut créer une onde de choc qui anéantit parfois une relation. Ça fait aussi partie du jeu des relations interpersonnelles.

Avec le temps, je me rends surtout compte que je n’ai plus aucune envie de jouer à la victime. De me dire que cette personne a eu tort de faire ceci ou cela. C’est comme si j’avais compris que les impressions et les interprétations des autres ne m’appartenaient pas. C’est libérateur, tout en étant angoissant à la fois. Mais je garde un sentiment zen par rapport à tout ça, car je sais que même sans explication, les gens nous délaissent et vont voir ailleurs si c’est mieux.

Le problème, c’est que le scorpion en moi est très loyal, jusqu’à qu’il décide que c’est fini. Et, une fois que le processus est enclenché, c’est un peu comme si c’était trop tard. Autant en amour qu’en amitié, je suis loyal, jusqu’à la trahison. Ce n’est pas la première fois ni la dernière que je serai trahi, et j’ai appris avec le temps à ne plus être aussi dramatique envers les gens qui disparaissaient. N’empêche. Il est très difficile de revenir me voir après ce genre de trahison. J’ai souvent de la difficulté à tourner la page dans mes relations, mais une fois que c’est fait, les retours en arrière sont très rares.

J’aime bien l’idée d’un temps-tampon. Même si parfois, je ne respecte pas mes propres décisions, la plupart du temps, lorsque je décide quelque chose, je m’y tiens. Même avec les dépendances. Eh oui. L’humain a besoin de plusieurs essais-erreur, mais une fois que c’est ancré, une fois que la grande vague s’est échouée et est morte sur le rivage, le retour en arrière devient impossible.

Ironiquement, je suis également connu pour être un mec de dates et de deadlines. Je ne les respecte pas toujours certes, mais si je regarde en arrière, je me surprends à voir plus de réussites que d’échecs. Il y a donc quelque chose d’encouragement dans cette motivation à créer une genre de carapace (encore une fois). Je ne lancerai aucune date sur ce blogue, car j’ai appris à protéger mes arrières. Et je me sens tout de même généreux dans le délai que je m’offre, mais force est de constater que j’ai encore besoin de me renouveler, de changer de mode de vie, de devenir encore mieux.

La différence à présent, c’est que je n’ai plus envie de décrire le tout comme des deuils. Non. Les deuils sont déjà faits depuis longtemps. Je sens que je tangue dans un entre-deux; entre continuer ainsi et modifier tout ce que je connaissais jadis. C’est un sentiment euphorique, mais également effrayant. L’humain a toujours peur de l’inconnu. Mais je caresse cet inconnu avec une volonté et une curiosité que je ne me connaissais pas avant. Je pense que c’est un bon pas vers l’avant.

Le pire, c’est que je n’ai pas à changer tant que ça. J’ai emmagasiné beaucoup d’acquis depuis les deux dernières années. Mon style de vie s’est radicalement transformé. Il me manque encore quelques éléments. Un autre changement drastique pour arriver à être celui que je veux être, à m’aimer tel que je suis.

C’est un défi universel, qui se passe chez de nombreuses personnes. C’est peut-être le signe de la crise de mi-vie. Mid-life crisis. Et pourtant, je reste calme et posé par rapport à tout ça. Malgré toutes les pertes, malgré l’intimité et l’amour qui ne sont pas là au quotidien, je ne peux pas me plaindre d’être dans une mauvaise passe. Je me conforte et j’accepte ce que je vis présentement. Je suis comme la chenille qui se transformera en papillon bientôt (esti de phrase quétaine hahaha).

En résumé, mon défi pour la prochaine année est somme toute assez simple; me surprendre. Me déstabiliser. Me retirer de cette zone de confort que j’apprécie trop. Je ne cherche pas à me faire peur avec des expériences ultimes ou intenses. Non, ce n’est pas le but. Je veux seulement me brasser la cage. Affronter des choses que je ne pense pas aimer, des événements que je ne connais pas, des expériences que je ne voudrais pas vraiment vivre volontairement.

Si j’ai appris une chose dans ma courte existence, c’est que le meilleur sentiment se résume à peu de choses: se surprendre de vivre des moments que l’on n’aurait pas pensé vivre, se décoincer dans ses activités, découvrir l’inconnu et avoir peur. Peur de l’échec, peur de ne pas y arriver, peur de ne pas se lancer. Car, au final, sans la peur, il n’y a pas d’adrénaline, il n’y a pas d’inconnu, il n’y a pas de nouvelles expériences et de nouvelles découvertes.

Mon défi de la prochaine année est assez simple, il se contentera d’un seul mot: oser. Oser la différence. Oser franchir la peur de perdre. Oser la nouveauté. Oser se planter. Solidement, s’il le faut.

 

L’angoisse du recul

Avec tous les deuils qui se sont passés dernièrement dans ma vie, j’ai décidé d’arrêter plusieurs choses. La première chose: ce sont mes médicaments. Non, je ne parle pas d’antidépresseurs, je n’en ai jamais pris. Mais je prenais quand même du Xenical, une petite pilule magique pour supposément faire maigrir. Or, la petite pilule magique a fait beaucoup de ravages. Certes, je n’ai pas pris de poids. Mais j’ai eu droit à de belles crises de panique (parfois très intenses).

Je dois parler de ce médicament, parce que je veux que les gens sachent à quoi s’attendre en prenant ces pilules d’Orlistat. Ce médicament nous fait chier (et plus que dans le sens du terme). En fait, pour résumé, le médicament «détruit» 30 % du gras que l’on absorbe. Vous mangez une pizza et des frites? Un cachet, et vous allez chier votre vie sur la bolle. Ce sera d’une belle couleur orange fluo.

Quand je n’étais pas végétarien, j’observais les effets instantanément. En d’autres mots, je chiais ma vie. Depuis que je suis végé, adieu la couleur orange. Elle n’arrive que si je consomme beaucoup de fromages gras ou de produits laitiers. Il arrive qu’une habitude prenne du temps à se perdre. Ce fut le cas de ce médicament malsain. Pas de couleur orangée aux toilettes, mais les effets secondaires multipliés, jusqu’aux crises de panique intenses. Ça ne m’était jamais arrivé avant. Quand je prends du recul et que je regarde la dernière année, je me rends bien compte que quelque chose a changé: en plus de suer, d’avoir de la difficulté à respirer et de sentir des effets d’angoisses; on ne peut pas dire que le médicament fait honneur à sa réputation. Au départ, je pensais que mes maux étaient un résultat de ma consommation de jadis. Mais c’est faux. Après avoir lu sur le sujet, je me rends compte que plusieurs personnes qui ont pris ce médicament ont développé des problèmes d’angoisses, des crises de panique out of nowhere. C’est également mon cas.

Il m’aura fallu une année entière pour m’en rendre compte. Ces derniers mois, je jonglais entre l’idée de la santé physique et de la santé mentale. Je me suis longuement questionné à savoir s’il valait mieux perdre du poids et être angoissé, ou prendre du poids et se sentir bien mentalement. C’est con, je sais. Mais si vous n’êtes pas en surpoids, vous ne pouvez pas juger de ce que les gens peuvent subir pour maigrir. Je suis donc le prototype clé de ce médicament. J’ai tenté de perdre du poids (inefficace!) avec le Xenical. Tout ce que j’ai récolté, ce sont de la sudation et des crises de panique vraiment intenses (et parfois dangereuse; si je repense à la pire que j’ai faite sur l’autoroute à 110 km/h.)

J’ai quand même une crainte immense; celle de reprendre plus de poids après avoir cessé la prise de ce médicament. Il paraît que ça arrive souvent. Pourtant, j’essaie de me raisonner, de me dire que mon alimentation est 100 fois mieux que ce qu’elle était il y a à peine trois mois. Fini le gras, les viandes, le sucre, les sauces, et je viens peu à peu à bout du fromage. Je garde quand même la crainte de devenir énorme. Oui, je m’entraîne trois fois par semaine. Oui, je marche près de 10 000 pas par jour, mais même avec une pilule, semble-t-il que ce n’est pas assez pour perdre du poids. Alors, je crois que ce journal virtuel doit se transformer en agenda nutritionnel. Il est l’heure de cesser de subir des effets secondaires qui ruinent ma vie.

Des exemples? Outre l’épisode de panique sur l’autoroute, je peux nommer les angoisses en réunion de travail, les angoisses dans les transports en commun, l’énorme crise de panique devant un groupe de 12 personnes inconnues, la sudation extrême, et surtout le fait de se sentir fatigué à temps plein.

Si cette pilule m’a appris une chose, c’est que l’on est maître de son destin. Au départ, quand je prenais ces cachets, je continuais à manger du restaurant gras. Amir, au coq, pizza du coin, etc. Maintenant que je ne consomme plus ces repas par choix, l’habitude de prendre la pilule est restée. Mais plus de merde orange. Alors, à quoi bon? Eh bien, c’est la peur. La peur de voir le poids stable remonter la pente. Encore une fois, ceux qui n’ont jamais été gros ne comprendront pas. Mais quand on se trouve gros, on cherche tous les moyens pour arriver à ses fins. Même de payer 100 $ par mois pour une pilule magique, qui n’est pas magique du tout dans mon cas.

Alors, il est temps de dire adieu aux crises d’angoisse. J’ai atteint un point de saturation. Si je ne peux plus être dans un théâtre dans le noir sans paniquer, il y a un grave problème. Ce Xenical m’a transformé en personne craintive d’un mal imaginaire. C’est tellement triste. Je souhaite vraiment que les effets ne soient pas continuels avec la cessation du médicament. Sinon, je ressentirai un regret pour le reste de ma vie.

Pour ceux qui lorgnaient vers le Xenical; je vous le dis, l’effort ne vaut pas le résultat. Apprenez à mieux manger. Point. Comme je l’ai mentionné plus tôt, la seule chose que ce médicament m’aura apprise, c’est de réviser mon alimentation. Quand on voit de l’orange fluo dans un bol, c’est signe qu’on mange trop gras. C’est le seul point positif de cet expérience.

Fin de la parenthèse sur ce médicament malsain.

Comment je vais? Difficile à dire. J’ai vécu deux deuils back to back. Mais il fallait qu’ils se vivent. J’ai perdu mon chum. Qu’ai-je fait par la suite? Me saouler la gueule et retourner écrire à mon ex. Mauvaise idée. Idée débile, je sais. C’est comme si j’avais eu besoin de combler le vide. Or, cette fois-ci, la conversation aura été plus éclairante. Je lui ai demandé textuellement ce qu’il faudrait faire pour le revoir. C’était une suggestion de mon psy. Et il avait raison. Car, quand mon ex m’a dit qu’il n’y avait rien à faire, que c’était fini pour de bon; j’ai lu ces mots noir sur blanc, et ce fut une triste révélation. On ne revient pas dans le passé. Même si les fantasmes peuvent être encore présents dans nos têtes. Il ne faut jamais être tenté par le passé. Ça ne sert à rien. C’est de l’énergie et des espoirs perdus.

J’ai reçu une réponse. Non, rien, il ne se passera rien. Ces simples petits mots ont eu l’effet d’une guérison instantanée. Je suppose que j’avais besoin de les lire. De les ancrer dans ma réalité. Enfin, le mot fin. Le verdict officiel. L’étape du deuil s’est donc enclenchée deux fois. Perdre son chum et perdre son ex pour de bon. Ça m’a shaké de l’intérieur. Ça m’a bouleversé pour de bon. Et puis, rien.

L’acceptation. Car il n’y a rien d’autre à faire que d’accepter de repartir à zéro. La différence? Pas de plongeon dans l’alcool ou la drogue. Rien. Devenir adulte. Pour de bon.

La réalité, c’est ça. Aucune envie de boire une peine. Aucune envie de rencontrer des prospects sexuels. Je n’ai établi aucun contact avec personne. Plus de deux minutes sur les sites de rencontre m’ont donné une aversion profonde. Je dois rester seul. Vivre avec moi-même. Affronter le vide. Éviter l’aide des solutions faciles.

J’ai décidé de lancer mon énergie dans le travail. J’ai choisi de prendre une deuxième job. Travailler à temps plus que plein. 80 heures par semaine. Me sortir de mes dettes. Remplacer la soûlerie quotidienne sur mon divan par un travail acharné. On pourrait dire que je suis aussi extrémiste d’une autre façon, mais j’aime mieux le travail que le hung over.

Mes vieux amis se sont éclipsés dans la maternité ou dans des lieux géographiques éloignés. Mes parents se sont exilés pour l’hiver. Je n’ai plus aucune obligation de couple. J’ai seulement un condo à payer. C’est terriblement triste, mais je ne le vois pas comme ça. J’essaie d’en tirer le positif pour me concentrer sur le moment présent. Pour éviter de retourner sans cesse vers une nostalgie qui déforme l’actuel.

Alors, comment je vais? Je ne suis pas à plaindre. Je me sens les deux pieds dans l’adulting. Cet espace d’entre-deux entre l’adolescence et la vie adulte. J’ai tout perdu. Tout. Toutefois, je n’ai pas encore perdu toute ma tête. C’est passé proche, je l’avoue. Mais je suis un combattant. Un jour, il m’arrivera peut-être quelque chose de beau. Peut-être pas. Mais j’ai ce désir de vivre. Avec une tête saine. Avec le moins d’angoisse. Et sans besoin de médicament pour y arriver.

Comment se dessinent les prochains mois? Beaucoup de travail. Et beaucoup de sport. Une alimentation végé, que j’ai adoptée avec bonheur et que j’aime. Réduire ma consommation de fromage gras, car c’est le seul problème qui reste. Je n’ai même plus la force (ni le temps) de boire chaque soir. C’est une excellente nouvelle. Je ne consomme plus. Une autre excellente nouvelle. J’ai envie de simplicité. De bonheur créé par les gens, non pas par les substances que j’ingère. Oui, je prendrai un verre à l’occasion. Mais, c’est tout.

J’ai 33 ans. Je me considère comme quelqu’un d’intelligent, tout de même sain d’esprit. Mon corps ne mérite plus tout ce que je lui ai fait subir jadis. Oui, je suis engorgé financièrement. Un condo, c’est pas aussi facile qu’il n’en paraît. Surtout pour une personne seule. Mais c’est à moi de faire mes choix, à moi de créer mon propre équilibre qui, je l’espère, me mènera au bonheur, un jour. Un jour peut-être encore lointain, mais un jour, sûrement.

La réaction #DesGens

Noël est déjà derrière nous. Ce fut des Fêtes relativement tranquilles et sages. Et c’est bien tant mieux. Je suis de retour chez moi, après avoir vu les deux familles et les amis. Toutes mes activités sociales sont maintenant en pause jusqu’au 30 décembre. Amen.

Pas de résolutions, cette année. J’ai plutôt décidé de les faire une vingtaine de jours avant le premier janvier. Parce que je sais combien les résolutions de veille du jour de l’An disparaissent en coup de vent facilement quelques jours plus tard. Pas de danger, cette fois-ci.

Je suis resté très discret avec les amis et les réseaux sociaux concernant un virement important dans ma vie. Parce qu’avec le temps, je me rends compte je ne suis pas pris au sérieux. Ce n’est pas méchant, on me taquine surtout en se basant sur mes ambivalences du passé. C’est vrai que j’ai souvent eu l’air hésitant, prenant de grandes résolutions… pour mieux les oublier quelques jours/semaines après. Il est vrai que je n’ai pas été le plus grand exemple du: quand je dis quelque chose, je m’y tiens. J’avais une volonté de fer dans ma jeunesse, mais tout ce que j’ai consommé dans ma vie l’a un peu ramollie, m’a peut-être rendu un peu plus faible à certains égards.

C’est pourquoi il y a une vingtaine de jours, je n’ai pas dit à personne que j’arrêtais de manger de la viande. Je savais qu’on allait se mettre à rire et faire des paris sur le nombre de jours où j’allais tenir ma promesse. C’est très humain, je suppose. Et évidemment, ma décision s’est répandue quand même, et c’est exactement ce qui s’est produit. Je pense que les gens aiment beaucoup constater les échecs chez leurs pairs. Ça leur permet souvent de se donner une meilleure conscience personnelle. En observant l’échec chez les autres, on se rassure en se disant qu’on fait bien de rester dans le statu quo. C’est un peu triste, dans un sens. Mais je ne me suis pas senti touché, cette fois-ci.

Parce que j’ai approché ce nouveau défi de manière ouverte, sans restriction ni contrôle. Pas question de jouer de culpabilité, de m’empêcher de tricher si l’occasion se présentait, etc. J’ai décidé de couper la viande, et non, en premier lieu, ce n’est pas une question environnementale. Je ne vois pas pourquoi j’utiliserais cette raison, alors qu’elle n’a pas été le moteur de ma décision. Je me suis surtout rendu compte que la viande amenait autre chose de néfaste. Du moins, pour moi. Les sauces, les marinades, la crème, le fromage gratiné… c’est surtout ce qui accompagnait mes plats de viande habituels, et c’est ça qui n’était pas bon pour ma santé. Éliminer la viande, c’est aussi éliminer plusieurs de ces éléments. C’est fou comme on mange de la viande… pour en cacher le goût avec toute sorte de stratagèmes. J’avais déjà coupé la viande rouge depuis plusieurs années, n’ayant jamais été fan de steaks ou de burger. C’était facile. Ces dernières années, je m’en tenais surtout au poulet et à la dinde. Parfois, au lapin. Même mes sauces à spaghetti ne contenaient que très peu de viande. Ce fut donc facile de tout remplacer par des lentilles.

Je pensais m’ennuyer de la viande, avoir à combattre ardemment pour éviter d’en manger. Mais c’est tout le contraire qui s’est produit. Je n’ai eu aucun manque. Rien. Le seul élément qui m’a un peu perturbé, c’est l’absence de bacon, dans une salade, par exemple. Mais une fois qu’on oublie cet élément, il n’y a pas grand-chose de difficile. Comme je l’ai dit, je refuse les restrictions, et je mange encore parfois des œufs, des produits laitiers et du poisson. Je ne buvais pas de lait, ne mangeait pas de yaourt. Mon gros défi est vraiment de réduire le fromage, cet aliment que j’apprécie trop. Et c’est tristement le plus gras. Tout ne peut pas être si facile.

Manger végé, ça demande de l’organisation. Il faut dire que depuis que j’avais cessé de fumer, il me manquait une passion. Le lien peut paraître étrange pour certains, mais j’avais besoin de me pitcher dans quelque chose d’autre. M’occuper l’esprit en cherchant des recettes, en essayant à tout prix de diversifier mon alimentation, pour ne pas m’ennuyer et justement retourner à la viande par paresse. Le déclic qui m’a permis de continuer et de ne pas lâcher, c’est que je me suis vite rendu compte que je pouvais encore faire les mêmes recettes, simplement en retirant la chair animale. C’est tout aussi bon.

Oui, j’ai mangé deux, trois tranches de dinde à Noël. Pourquoi? Parce que je ne veux pas être celui qui fait chier les gens avec ses choix personnels. S’il y a quelque chose qui m’horripile, c’est bien ceux qui sentent le besoin de convaincre les autres que leurs méthodes alimentaires sont plus saines, que tout le monde devrait choisir leur façon de vivre. Ça ne se passe pas ainsi. Et je ne veux pas être celui qui fait chier et qui fait changer les menus lors des soupers. Je donne toujours l’option de manger avant une soirée, ou alors je ne mange que ce qui accompagne la viande. Pour Noël, oui, j’ai mangé la dinde, mais j’ai évité le ragoût et la tourtière. Pourtant, mon corps m’a bien fait comprendre qu’il n’aimait pas cet élément disparu depuis quelques semaines. La digestion a été plutôt difficile.

C’est une autre chose que je remarque depuis que je mange végé; la réponse du corps. C’est fou comme on oublie que notre corps nous parle, que notre estomac nous donne des signes. Ces deux jours de réveillons m’ont montré que la viande bouleverse mon système, beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé.

Bref, quand les gens me disent en pleine face que je ne vais pas tenir le coup, ils ne comprennent pas mon attitude face à ce nouveau mode de vie. Il n’y a pas de défi, pas de restrictions, et si je dois manger un peu de viande dans un souper de famille, ce ne sera pas un drame hystérique. Je vais simplement continuer à manger végé chez moi, dans la vie de tous les jours, et ça, ça ne regarde personne. C’est drôle comment les gens pensent parfois que l’on fait des choix de vie pour leur prouver quelque chose. Je n’ai rien à prouver à personne. Je fais ce que je veux.

Dans un autre ordre d’idées, je dois dire que je ne me suis jamais senti aussi libre. Ce qui est ironique, puisque j’ai une hypothèque de 193 000$ qui plane au-dessus de ma tête. En fait, je pense que je me sens libre parce que j’ai appris à laisser aller toute frustration envers les autres. J’ai toujours pris mes relations interpersonnelles au sérieux. Ma vingtaine était une histoire de pacte d’amitié et de relations tissées serrées. Mais je ne comprenais pas encore bien que la vie est en mouvance, que ce qui était vrai l’année d’avant ne le serait plus nécessairement l’année suivante. Je concevais mes relations d’une façon protectionniste. Comme si les gens m’appartenaient ou me devaient sans cesse quelque chose. Il m’a fallu un certain temps avant de comprendre qu’on apparaît dans la vie des autres, et que ce sont ensuite à eux d’en faire ce qu’ils en veulent. C’est pourquoi je ne considère plus que j’ai perdu des amis. Je trouve même que cette manière de voir les choses est étrange. On ne perd pas d’amis. Il y a des mésententes, des discussions difficiles, des disparitions, mais si je n’ai rien à me reprocher, il n’y a rien à faire d’autre que de suivre cette vie en mouvement.

Mes relations ne sont plus ce qu’elles ont pu être jadis, mais à mon avis, elles tiennent encore la route et la plus belle preuve de tout cela, c’est que je vois ceux que j’ai envie de voir. C’est aussi dans ces temps de Noël qu’on se rend compte des endroits où l’on veut être. C’est un peu comme si je m’étais rendu compte qu’il était faux de croire que l’on a des obligations, que l’on doit être absolument de toutes les soirées ou les événements. Je vais là où j’ai envie d’aller. Je fais des soupers avec les gens que je désire voir. Je me présente aux endroits qui m’intéressent. Ça peut paraître stupide, mais j’ai compris qu’il était inutile de se forcer à se rendre dans des événements où on n’a pas envie d’être. C’est simpliste comme tout, mais le comprendre et l’adapter à notre vie nous donne un sentiment de liberté très intéressant.

2016 a été une année difficile pour plusieurs personnes autour de moi. J’ai eu la chance de ne pas trop subir de difficultés. Pour moi, 2016 n’a pas été la pire année de ma vie. Je dirais même qu’elle a été somme toute plus positive que les autres. C’est peut-être ça devenir adulte, je ne sais pas. On s’en fout, en fait. On peut toujours trouver des significations à tout ce que l’on vit. Mon plus beau défi, c’est de toujours respecter mes feelings. C’est pourquoi je me fâche de moins en moins. J’ai éliminé l’amertume de ma vie. Je n’ai plus le temps de m’obstiner avec les autres non plus. Au départ, je croyais que c’était le signe d’un renoncement, d’une abdication.  Mais j’avais tort. En vieillissant, on choisit ses batailles. Et j’ai choisi de ne plus me battre contre les autres. Je suis ce que je suis. On m’aime ou on me déteste. Ça n’a tellement pas d’importance.

Hier, j’ai appris le décès de George Michael. 53 ans. Quelle tristesse! Son disque Older a été un disque clé dans ma vie. Il avait quelque chose de spirituel, de profond. Il me manquera. Si j’avais été plus vieux, j’aurais adoré assister à l’un de ses concerts pour cet album. C’est trop tard, évidemment. Mais ceux qui ne connaissent pas ce disque devraient y jeter une oreille. C’est pour moi son meilleur disque solo. Jazzy et oriental. The Strangest thing est pour moi une de ses meilleures pièces à vie. Sans oublier Free, cet instrumental qui termine l’album. Je pense que je n’ai jamais autant médité sur un disque. Oui, peut-être avec l’album Splinter de Sneakers pimps.

Tout ça me fait penser que je devrais faire mon TOP 10 des meilleurs albums de 2016 pour moi. Je vais y réfléchir prochainement et j’afficherai probablement ce TOP ici.

Je vous souhaite un Joyeux Noël et une excellente nouvelle année. Merci à tous ceux qui me suivent encore, même si je n’écris à peine qu’une fois par mois.

 

 

Chill out man

plage

 

Ça y est. On touche à autre chose, le tournant est définitivement arrivé. Je goûte au bonheur et j’en profite, car on ne sait jamais quand il peut nous être enlevé.

Je ne suis pas habitué aux articles joyeux! C’est quelque chose de nouveau pour moi. Aujourd’hui, j’ai le même feeling que si j’étais sur une plage. Tous mes problèmes (ils sont si petits) n’existent plus. Et non, je ne suis pas sous influence haha!

Je bois bien un petit verre de blanc en écrivant ces lignes, mais je m’en fou! Je suis enfin libre de mon passé. Parce que je l’ai décidé. Parce que la vie m’amène de nouvelles expériences et des gens formidables sur ma route.

J’ai pourtant cette impression de n’être jamais en vacances (même si je le suis présentement). C’est que j’ai un peu trois emplois à la fois ces temps-ci. Celui qui achève, c’est la promotion de mon roman. Les commentaires de lecture continuent d’entrer à profusion; on aime, on veut prendre le personnage principal dans ses bras, on me rappelle que mon livre est trop court, que j’aurais pu continuer des centaines de pages encore. Mais non, ce n’était pas nécessaire. J’ai dit tout ce que j’avais à dire. Et c’est merveilleux, j’en prends conscience simplement maintenant. Après tous les doutes, le cafard, la peur, la crainte d’avoir écrit quelque chose de trop dur, de trop réducteur, de trop coincé dans une petite niche; on envoie valser tout ça; j’ai écrit un roman sur la vie, sur une période de vie plutôt douloureuse, et j’en suis sorti, et le plus beau, c’est que la nostalgie s’est effacée avec la publication. Les idées noires se sont envolées. J’ai accepté la disparition d’un seul être, afin d’en faire entrer plusieurs autres dans ma vie. Et je me sens bien, je ne me suis jamais senti aussi bien depuis des années. I’m fixed.

J’ai recommencé à travailler pour Worldtop, une compagnie qui me tient à cœur, parce que les gens qui la forment sont sympathiques, ouverts d’esprit, heureux d’utiliser Internet et les réseaux sociaux à leur pleine capacité. Et j’ai de la misère à le croire, mais voilà, je fais déjà plus d’argent en une journée que mon emploi principal chez SDL. C’est merveilleux, je voudrais que ça dure pour la vie, et même si je ne me fais pas trop d’illusion, je sais que mon boss est astucieux, qu’il suit la technologie avec intérêt, et qu’au final, il nous proposera toujours quelque chose pour faire plus d’argent, car le but n’est pas secret: le but est de devenir riche. Tout simplement.

Ah oui! Je suis devenu végétarien aussi. Mais non restrictif. Je suis la logique du livre de Allen Carr. Très intéressant, d’ailleurs! Il explique que le but est d’améliorer son alimentation, sans restriction comme avec les régimes. Et honnêtement, ça fonctionne assez bien. De savoir qu’on peut faire des écarts de malbouffe (il inclut la viande et les produits laitiers dans cette catégorie), ça donne l’impression de ne pas être au régime, simplement de suivre le bon gros sens. Je n’ai pas de carences, je me nourris super bien, je me sens plus en forme, même mes cacas sont en santé haha!

Ça fait longtemps que je n’ai pas parlé de bites non plus. Parlons-en! La vie m’amène d’étranges contradictions, mais elle me permet de mieux analyser mes désirs et mes pulsions. J’ai été gâté dernièrement. Vous le savez si vous me lisez depuis longtemps ou si vous avez lu mon roman, j’ai toujours ce rêve de bite parfaite. Je ne répéterai pas ce que la bite parfaite signifie pour moi, je l’ai assez dit. Tout ce que je veux ajouter, c’est que mes rencontres m’offrent de très beaux morceaux, mais ça va plus loin que ça. Je comprends que la bite vient avec le mode de vie. Ça sonne bizarre? Peu importe! Ce que je veux dire, c’est que la bite est attachée à un être (eh oui!) et le mode de vie de cet être me donne beaucoup d’indices sur mes propres désirs de bites! La vie m’oppose deux bites parfaites; celles qui viennent avec les mauvaises habitudes (excès, domination, drogue et relation malsaine) vs celles qui viennent avec le bon gars (respectueux, attentionné, à l’écoute, doux mais actif au lit).

Je me retrouve donc dans des situations opposées; une soirée à faire des lignes avec la bite parfaite, l’autre soirée à me coller et me faire masser par un autre homme à la bite parfaite. Parmi ces expériences, la réponse est déjà là; je n’ai plus besoin de dope pour apprécier ma vie sexuelle. Et ça, ben ça, c’est magique de le savoir. De l’apprécier.

Avec mon état si joyeux, je me rends compte que la seule chose qui me manque vraiment, ce sont les amis. Les « anciens » amis, même si je les considère comme mes amis encore. Le problème vient du fait que j’ai des amis aux agendas ultra booké, ce qui signifie que je vois mes amis selon les dates d’un calendrier. Ce n’est pas très agréable, sauf lors des dates précises où je les vois. Parfois, je l’avoue, quand je regarde mon newsfeed de Facebook, j’observe des gens qui semblent vivre des occasions amicales impromptues, au hasard. Et je l’ai déjà vécu également. C’est ce qui me manque le plus; appeler les amis sans rendez-vous, réussir à les rejoindre et les réunir comme ça, sans avoir besoin de passer par une date de calendrier.

J’ai des amis précoces. Non, ce n’est pas le mot, car qu’est-ce que la précocité? Surtout à notre âge! J’ai des amis en couple, qui préfèrent (évidemment) la vie de couple aux occasions hasardeuses. Je respecte cela. C’est pourquoi j’ai une nouvelle ouverture, pour rencontrer d’autres personnes, pour reformer un cercle plus aléatoire au niveau amical. Pas facile dans la trentaine, je le sais bien. Mais jamais je ne reprocherai à mes amis d’avoir d’autres activités sans moi. Ça fait partie de la game. Je n’ai plus envie de forcer quiconque à me voir. Je n’ai plus envie d’être l’organisateur de soirée où les amis se défileront. Ça ne m’intéresse plus. Je veux suivre la parade, ne plus être l’investigateur. Et ce simple constat m’enlève beaucoup de poids sur mes épaules. Même si je suis à côté d’un métro, les amis trouvent que j’habite loin de la vie active. Alors, soit. Je les verrai bien quand ils le voudront! Mais j’ai cessé d’en vouloir aux amis. Ils ne sont pas la cible. Ils font ce qu’ils peuvent avec le temps dont ils disposent.

Alors voilà; que ce soit au niveau monétaire, artistique, amical, sexuel; tout va bien. Je suis heureux. La drogue ne fait plus vraiment partie de ma vie. Je peux apprécier mon existence sans la brouiller. Parfois, je m’ennuie, mais c’est ainsi. Je travaille plus. Je profite du soleil. Je ne suis clairement pas à plaindre. Ce sera un bel été. Parce que je l’ai décidé.

Et les mots font de la pression. Ils sont là. Ils poussent. Ils veulent que je me lance vers un nouveau projet. Je ne connais pas encore ce projet. Je ne sais pas si je veux le connaître tout de suite. Tout va tellement bien. Pourquoi me mettre de la pression avec un nouveau roman? Probablement parce que c’est impossible de dissocier la littérature de ma vie. Je pense que je suis un conteur. Il me faut quelque chose à écrire. Et même si ça n’a pas rapport avec ma vie, je sens que le prochain projet est plus près que je n’aurais pu le croire. Histoire à suivre!

Bon été à tous! Soyez heureux et chill.