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Luminosité

Je n’ai pas lu ma dernière entrée de blogue, mais j’ai encore le ressenti que ça sonnait full drama. C’est peut-être l’arrivée prochaine du printemps ou le changement d’heure, mais voilà que je sens un peu de lumière pointer le bout de son nez. C’est assez agréable. Un peu comme si je retrouvais un peu de liberté.

Je pense que les grandes claques dans la face sont souvent bénéfiques pour établir des tournants à 180 degrés. Je crois aussi que les événements que j’ai vécus au cours du dernier mois m’ont assommé, avant de me faire renaître peu à peu. Certes, je n’ai toujours aucun intérêt à me remettre dans le bain des éternelles discussions inutiles sur les sites de rencontre, et puis, j’ai pris le temps de me demander à quoi ça rimait. Si je n’ai pas envie d’établir des liens avec des inconnus, c’est que je ne suis pas prêt, tout simplement. Il faut cesser de forcer les choses. Évidemment, j’ai les hormones dans le tapis et la main droite fatiguée, mais vaut mieux ça que de se faire chier avec le premier venu. Alors, laissons ça au temps, et peut-être au réveil du printemps, qui fait toujours monter la sève d’un coup sec.

La liberté que je goûte est aussi un apaisement par rapport aux anciennes relations. Je m’attache trop ardemment, mais une fois que je décide que c’est bel et bien la fin, je n’en fais qu’à ma tête de scorpion. Je passe à autre chose, et c’est presque enivrant, parce que pour une fois, je fais table rase du passé, sans cette stupide nostalgie énervante qui me pressait tant à toujours regarder vers l’arrière.

Je pense que l’arrêt de mes médicaments se fait aussi déjà ressentir. Comme si les angoisses s’apaisaient, que la confiance revenait tranquillement. Même cet étrange désir obscur que l’on appelle: écrire. On verra bien.

C’était la première fin de semaine depuis un long moment où j’ai pu me reposer, prendre du temps pour moi, établir de nouveaux menus de recettes végé. Ça m’a fait du bien, même si étonnamment, j’aurais souhaité avoir plus de travail pour combler quelques heures supplémentaires, en ce moment même. Mais je suis reconnaissant. Il faut éviter d’être un junkie du travail, comme un junkie dans les autres domaines.

Vendredi prochain est une date importante pour moi. Si tout se passe comme prévu, ce sera enfin le moment où je ferai table rase de mes dettes. Il n’y a pas de sentiment plus agréable que de payer ses quatre cartes de crédit au complet, de remettre le compteur à zéro. Certes, mon hypothèque planera toujours au-dessus de ma tête. Mais ce n’est pas la même chose. Je me rends tout de même compte que manquer d’argent est un élément lourd dans notre bonheur. On aimerait tous ne pas avoir à se préoccuper de savoir si on va arriver à payer tous les comptes à la fin du mois. C’est humain, et quand on voit les factures s’accumuler, on a tous ce petit pincement, cette petite angoisse supplémentaire qui en rajoute sur le reste de nos préoccupations. Je ne suis pas dupe. Il y aura d’autres dépenses imprévues, d’autres moments plus difficiles plus tard, mais je me considère tout de même choyer, car il m’aura fallu moins d’un an, après l’achat d’un condo, pour retomber sur mes pattes. Oui, il y a la deuxième job, mais elle comble autre chose en plus de l’argent, et elle ne m’affecte pas autant que je le craignais au départ.

Pour ce qui est de mes amitiés, je pense que je dramatise également. Les visages changent, la vie change, ça fait partie de la game. J’ai retiré tout ressentiment de mes relations amicales, qu’elles soient en santé ou en puéril. Je serai toujours heureux de revoir les gens qui m’ont apporté du bonheur dans ma vie. Et si on ne se revoit plus, c’est la vie, c’est ainsi. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de cycles dans l’amitié. Il fut des temps où je n’avais que des amies féminines, puis toutes les femmes se sont barrées, et il ne restait que mes amitiés masculines. Présentement, c’est un peu le contraire qui se produit; il y a un retour en force des femmes dans ma vie, et presque de l’absence des garçons. Ça n’a pas tant d’importance. Je me rends aussi compte que les amitiés professionnelles prennent le dessus. C’est intéressant. On rencontre beaucoup plus de personnalités différentes en fréquentant nos collègues de travail. Je pense que ça évite de s’enfermer dans un moule d’amitié trop restreint ou identique à nos manières de concevoir le monde.

Ça m’amène aussi à percevoir les réseaux sociaux d’une autre façon. C’est comme si je m’en détachais tranquillement. En fait, je n’ai même pas besoin de trolls pour me faire comprendre que les débats sur la toile sont futiles et souvent voués à créer de la frustration dont on pourrait se passer. C’est la raison pour laquelle je ne me prononce que très rarement sur la place publique à présent. Ça draine de l’énergie, une énergie que je peux mettre ailleurs, sur moi-même et sur les prochains défis qui s’amènent. Ça fait longtemps que j’ai fait une croix sur cette espèce d’aura de pseudo célébrité, de clics et de J’aime. Après plus de 15 ans à raconter ma vie ici, j’ai vécu mon lot de changement par rapport aux réseaux sociaux, et j’ai décroché. Plus envie de me battre dans le vide, simplement le désir de continuer mon chemin, de ressasser mes expériences ici (on ne s’en sort pas!) et de vivre ma vie en étant bien avec moi-même, sans réfléchir à ce qu’un inconnu idiot ou saoul dans son sous-sol pense de moi, de mon existence ou de mon opinion. Je ne m’en porte que mieux.

La seule ironie dans toute cette histoire, c’est de continuer à me raconter ici. Mais j’ai l’excuse de pouvoir dire que je me racontais déjà dans les années 1990, 2000, 2010… alors, je ne me sens pas imposteur, je ne fais que continuer mes habitudes. Je sais que parfois, je devrais fermer ma gueule et éviter de déblatérer sur ma petite personne et le monde qui m’entoure, mais au final, la seule personne que je peux blesser en agissant ainsi, c’est bien moi. J’en prends donc tout le blâme, et je continue quand même, parce que c’est viscéral, c’est quelque chose que je dois sortir de moi. Et de toute façon, le rapport à ma vie intime est bien moindre qu’il était jadis. Quand j’écris, je me plais à m’imaginer que ça n’intéresse personne, ou plutôt, que ça ne choque plus personne. Du moins, pas les gens qui me connaissent et savent qui je suis réellement.

Alors, voilà, un peu de lumière dans ma vie en montagnes russes des dernières années. On tourne la page. On change une nouvelle fois de chapitre, et on s’adapte. C’est tout ce qui compte pour être bien avec soi-même, pour préserver son intégrité… et pour ce qui est des commentaires des autres, ça n’a aucune importance. Je suis de la vieille école, j’ai plusieurs années de vie publique derrière la cravate, et je n’ai aucunement peur des répercussions que pourraient provoquer les récits que je vomis sur ce blogue.

Honnêtement, ça fait du bien. De poser des mots sur cette situation. D’être en paix avec moi-même et ce processus étrange de me livrer tout entier dans les affres du Web. J’en paierai peut-être le prix un jour, mais comme à mon habitude, après un peu de dramatisation, je vais assumer et m’y faire, car je suis ainsi, même dans les pires moments, dans les pires textes trop véridiques et qui ne devraient pas être publiés aux yeux de tous, je garde la tête hors de l’eau, je respire un grand coup, et je continue ma route.