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Radiohead – 15 ans plus tard

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Difficile de croire que ça fait déjà 15 ans que j’ai vu mon premier show de Radiohead. La bonne nouvelle dans toute cette histoire? Le t-shirt acheté en 2001 à Oxford en Angleterre me faisait encore parfaitement hier, 15 ans plus tard!

Ne nous excitons pas! Je devais avoir acheté un t-shirt vraiment trop grand pour moi à l’époque haha! Je ne ferai pas de critique du show, puisque pour une fois (si rare, diront certains!) le groupe a joué tout ce que j’avais envie d’entendre. Pas de temps mort. Quasi un sans-faute. Et pourtant, c’est la première fois que je ne pleurais pas lors d’un show de Radiohead. Les temps changent, je suppose. Même pas une petite larme sur Reckoner ou Let down! Ce n’est pas une question de fierté. C’est peut-être dû à l’environnement festif d’Osheaga. C’est peut-être aussi parce que j’ai enfin avancé dans ma vie. Je ne suis plus stuck between pieces (la pognes-tu?)

Je suppose qu’avec le temps, je deviens plus zen. Ou je lâche prise. Enfin. C’est quand même étrange de ne plus avoir de petit hamster qui court de désespoir dans sa tête. Pas que je m’en ennuie, loin de là, mais toujours cette impression de vivre plus intensément dans la douleur.

Être heureux et léger, ça s’apprend. Souvent à la dure. Oh, j’ai encore des petits problèmes à régler, mais bon Dieu qu’ils semblent minces à comparer à il y a quelques années.

C’est drôle, car chaque fois que je vais voir un show de Radiohead, on dirait que ça marque une étape importante dans ma vie, une étape de changement. C’était mon 9e show en 15 ans, je ne peux plus dire qu’on ne change pas! C’est sûr qu’on ne pas tout contrôler dans notre vie. Surtout pas les autres. Je l’ai appris difficilement, mais là je le comprends mieux. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, mais pour le moment, je ne m’en tire pas si mal. Je déteste écrire ce genre de phrase noir sur blanc, parce que souvent les lendemains après avoir écrit ça, ça devient super apocalyptique! Je préfère dire que tout est relativement parfait, même si rien n’est jamais parfait.

Je n’écris plus. Je sais, je sais, c’est triste. Mais je me rends compte avec les années que je dois vivre avant d’écrire. Je ne pense pas m’en sortir; il faut toujours que je m’inspire de mon vécu pour mettre en scène des livres qui me plaisent. On ne peut pas vivre et écrire à la fois. Certains sont capables. Il semble que ce ne soit pas mon cas. J’accepte le tout. Je ferai probablement un autre défi de NanoWrimo en novembre, histoire de terminer un 2e roman que j’avais commencé l’automne passé. Pour ce qui est de celui qui repose présentement, les chances sont minces. Ça parle de prise d’otages, et tous les événements qui se déroulent dans le monde ne me donnent pas vraiment envie de continuer le récit. On verra bien s’il ressort du tiroir un jour.

Il me reste encore une dizaine de romans à vendre, je ne pense pas en faire imprimer d’autres. Je les garde pour l’événement du 12 août. J’espère que vous ferez votre part (que ce soit avec mon livre ou non) pour acheter un roman québécois ce jour-là!

Le droit chemin

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J’écris aujourd’hui comme si j’apprenais à écrire pour la première fois. Il est encore tôt. Samedi matin. Avant 7 heures. J’habite mon condo depuis bientôt trois semaines. Oui, j’ai une vue du pont Jacques-Cartier et une vue sur la ronde. Une autre étape de vie. Mais suis-je plus adulte? Je ne le croirais pas.

Qu’est-ce qu’un blogue personnel en 2016? Je me le demande souvent. À quoi ça sert? À quoi ça mène? Pourquoi ai-je si besoin par moment d’y écrire? Pourquoi je n’ai pas écrit depuis le mois de mars? Tant de questions, et aucune réponse claire et directe. Oui, il n’y a pas de doutes. J’en suis à une nouvelle étape de ma vie. Les phases s’enchaînent. La satisfaction, elle, c’est plus indécis.

Le soleil se lève, explose dans les fenêtres de ma chambre à coucher. Chaleur et lumière. Incapable de bien dormir depuis une quinzaine de jours. L’impression d’être devenu irritable. D’en vouloir au monde entier. Et ironiquement, se sentir bien. Être quand même confiant d’avoir pris la bonne décision. Je vis des sentiments en contradiction depuis un long moment déjà. C’est difficile, mais sain. Enfin, je crois que c’est sain.

Pas facile d’adopter des habitudes saines. De vivre selon des principes en lesquels on croit plus ou moins. On dirait qu’il y a toujours cette petite voix dans ma tête qui me dit fuck everything. Cette nuit, c’était l’anniversaire de ma cousine et de son copain. Une fête qui s’est déroulée comme avant. Comme si j’avais couru après ma jeunesse qui s’éloigne pour tenter de la retenir encore un peu. Mais le soleil est maintenant déjà levé depuis longtemps. Une impression de bonheur éphémère. Un questionnement sur ce que c’est que d’être réellement heureux.

Hier, je m’obstinais avec un des membres d’un forum musical que je fréquente. Il argumentait que le nouveau disque de Radiohead n’a rien à voir avec la perfection du passé. Je lui ai répondu qu’il devait grandir, cesser de vivre dans cette foutue nostalgie des expériences et plaisirs adolescents. J’ai eu l’impression de me parler à moi-même. Depuis le début mars, je tenais le coup. Presque parfait. Mais au fond de moi, je savais que ce n’était qu’une question de temps avant de subir un écart, avant de tout remettre en doute. En fait, non, ce n’est pas du doute. C’est simplement comme si je courais derrière le fil de ma vie, à chercher sans cesse ce que je pourrais changer pour me faire croire que ça va mieux maintenant.

Et le pire, c’est que ça va mieux. Je suis dans un environnement sain. Dans un milieu sain. Tout devrait être empreint de sainteté. Et pourtant, il suffit d’une simple nuit pour faire basculer tous mes acquis. Auparavant, j’aurais haussé les épaules, je me serais dit que c’est la vie. Mais ce n’est pas mon sentiment présentement. Non, ce n’est pas la vie. Ce sont mes choix. Dictés par mes pulsions, certes, mais ces élans de désir ne se tairont probablement jamais.

Je parle en parabole. Ça me fait chier. Doit être la raison pour laquelle je me fais discret ici. À 32 ans, je sais ce que je veux, mais c’est comme si un mur m’empêchait de vraiment atteindre mes buts. C’est un combat constant. Une lutte à finir qui ne finit jamais. Et puis, au final, je me rends compte qu’il n’y a pas de contradictions. Je suis humain. Un humain avec ses hauts et ses bas, avec ses réussites et ses échecs, avec ses défis et ses faiblesses.

Mais je ne m’en veux pas. Je ne m’en tiens pas rigueur. Inutile de se flageller, de se punir. Alors, je jette la serviette. Pas de façon défaitiste. J’ai toujours été exigeant envers moi-même. Je ne me suis jamais trouvé parfait. Et c’est normal. Pour tout le monde.

Ce blogue n’a plus aucune importance. J’y ai raconté ma vie, mes malheurs, mes bonheurs, mes amours, mes tristesses, mes pensées sombres, mes regains de joie. Je me suis fait du bien. Je n’ai jamais voulu me censurer. J’aurai réussi à réaliser un premier but avec tous ces écrits. Partir du négatif pour créer une réaction positive. J’en suis encore à me demander ce que sera la suite. S’il y aura suite un jour.

Il ne faut pas se méprendre. Je parle d’écriture ici. Pas de mon passé personnel. Je suis jeune. Même si j’ai pris un sacré coup de vieux avec tout ce stress. Tout ce parcours était nécessaire. Et je le dis honnêtement. Je n’ai plus grand-chose à vendre, si ce n’est que de continuer à me vendre à moi-même. Pour m’encourager pour le suite. Pour me convaincre que je ne suis pas à plaindre. Que ce qui s’en vient pourra être mieux. Mieux qu’avant, assurément.

Je ne pense pas pouvoir dire un jour que j’ai accompli tout ce que je voulais faire. Mais je n’ai plus de rancune envers tout ça. La seule chose qui m’importe, c’est de faire en sorte que ma trentaine soit aussi diversifiée que ma vingtaine. J’apprends la résilience. J’apprends à tolérer la vieillesse. À accepter qui je suis.

Ça m’aura pris beaucoup de travail sur moi-même pour en venir à une toute petite conclusion: je vaux quelque chose, peu importe mes réalisations et mes échecs. J’ai décidé de traiter mes échecs comme des écarts. Apprendre de ses erreurs. Vivre par rapport au jour précédent. Pour le reste, on verra bien, plus tard, quand je me retournerai pour observer le chemin parcouru. Non, il ne sera pas droit. Le chemin n’est droit pour personne. Je fuis les lignes droites. Elles ne sont jamais tout à fait réelles. Et c’est la beauté de la vie. Du moins, c’est ce que je crois.

Je dois surtout apprendre à aimer les autres comme ils m’aiment.

Après un mois de silence

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J’aurais pouvoir aimé dire «après un mois de vacances», mais ce serait un énorme mensonge, car je n’ai pas de vacances – en tout cas, pas de longues semaines! J’ai choisi volontairement de prendre une pause de mon blogue, parce que c’est l’été et je suis humain, après tout! Ça fait du bien de s’éloigner un peu, par moment.

Est-ce que j’ai réalisé tout ce que je voulais faire pendant mon été? Loin de là. En fait, mon constat est plutôt simple: on se donne beaucoup de défis pour la période estivale, alors qu’on devrait justement réduire le tout au minimum, et simplement profiter de ce que la vie nous présente. N’empêche, il s’est quand même passé beaucoup de choses dans ma vie, de petits changements, de nouveaux constats et de nouvelles résolutions.

La plus belle résolution réalisée déjà depuis mai dernier, c’est mon arrêt d’alcool. Surtout mon arrêt de vin. J’ai adopté la bière 3% Clear 2.0 de Sleeman (bonjour la pub gratuite!) et je m’en tiens à ça. C’est comme si j’avais enfin appris à boire avec modération, mais surtout, je n’ai plus l’envie de me saouler la gueule comme un porc, et je l’ai surtout constaté il y 2 semaines, quand je suis sorti en ville pour le lancement du DVD de Coming-out de mon ami Mathieu Blanchard. J’avais fait une exception à la règle, et après trois coupes de vin, j’étais saoul sur le carreau! Il faut croire que le corps s’habitue vite à ne plus être intoxiqué. Ce qui me plait, c’est que ce n’est plus un effort à fournir, c’est devenu naturel; l’envie de boire de grande quantité d’alcool m’est passée. J’ai confiance que ça dure.

Un autre grand constat dans ma vie, c’est que je viens de comprendre que mon époque « concerts » était peut-être révolue. Après avoir subi une énorme déception au concert d’Interpol au Métropolis à la fin juillet, je me suis rendu que je ne faisais que chialer sans cesse sur mon insatisfaction lors des concerts. C’est souvent lié aux setlists des groupes, je l’avoue, mais après réflexion, c’est de plus en plus lié à la maudite salle du Métropolis que je déteste. Le coup de grâce est arrivé quand, pour faire plus d’argent (pour accueillir plus de fans, diront les acteurs d’Evenko), la salle a décidé de retirer les bancs au deuxième étage. Déjà que ces bancs inconfortables n’étaient pas un luxe, maintenant nous avons droit à des gens évachés sur les comptoirs et debout pendant trop longtemps (surtout dans le cas d’Interpol où le groupe est arrivé sur scène à 23h). Après une bonne analyse de la situation, je me suis rendu compte que j’engloutissais d’énormes sommes d’argent (en frais afférents, hein Evenko!) dans tous ces concerts rarement intéressants. Car outre le billet de spectacle, il faut inclure l’alcool (quoique maintenant c’est moins imposant!) et ça inclut souvent une sortie en ville, donc resto et autres dépenses. Évidemment, je ne crois pas être capable d’éviter les concerts en tout temps. Par exemple, si Radiohead revient en concert à Montréal un jour, c’est clair que j’y serai. Mais je tenterai d’éviter le Métropolis le plus possible. C’est dommage pour Patrick Watson qui y joue en décembre, mais je m’en tiens à ma décision.

Est-ce que j’ai écrit durant l’été? Pas une miette. J’ai bien deux idées de projet, mais je ne suis pas encore rendu à l’étape de l’écriture. J’ai donc pris des notes, lu quelques ouvrages (pfff! Regardez le mensonge ici haha, j’ai commencé à lire quelques ouvrages serait plus adéquat comme formulation!) mais je ne me sens pas prêt encore. La paresse? Oui, il y a un peu de ça. Il faut dire que je suis encore bien occupé par la vente de Peut-être jamais. Je suis toujours dans un entre-deux concernant la durée de vie de ce projet. Je n’aurais pas cru vendre encore autant un an et demi après la publication. C’est une excellente nouvelle, mais c’est comme si je ne voulais pas que le roman meure. Et c’est peut-être ce qui m’empêche de me concentrer sur du nouveau. Parlant de vente de romans, Renaud-Bray et Archambault sont vraiment à fond dans le projet et ont tous les deux repris une bonne quantité de romans. C’était la deuxième fois pour Renaud-Bray (normal, car ils avaient demandé 125 livres lors de leur première commande) et c’est déjà la huitième fois pour Archambault. Je continue à être agréablement surpris de toutes ces ventes. Je suis présentement à sec niveau roman, mais je devrais recevoir une nouvelle commande d’ici 2-3 jours. Vous pouvez donc toujours commander votre exemplaire dédicacé, qui vient avec deux cadeaux, soit mon roman précédent en format numérique de votre choix (Comme si de rien n’était) ainsi que la bande-sonore du roman Peut-être jamais! Nous avons dépassé le cap des 1000 copies vendues depuis belle lurette, et qui sait, peut-être que je serai classé dans les best-sellers très bientôt (au Québec, on parle de best-seller dès 1500 exemplaires vendus!). À suivre! Si vous avez lu le roman et si vous désirez en parler, je vous suggère de joindre mes deux pages Facebook, celle du livre et celle de l’auteur!

Sinon, dans les autres nouvelles, ben… j’ai perdu 20 livres! Il faut croire qu’avec moi, c’est pendant l’été que je maigris, et pas pendant l’hiver! Évidemment, il ne faut pas se leurrer; la seule solution pour perdre du poids pour moi, c’est de diminuer la quantité de nourriture que j’ingère (certains capoteraient à voir comment je mange peu par moment), et d’accentuer le gym et le sport. Ah! Et le fait de ne plus vider de bouteille de vin doit m’aider aussi! J’ai aussi le projet de recommencer à courir en septembre. J’étais bien parti au début de l’été, mais mon cousin m’a lâché trop vite, et je n’avais pas encore acquis la confiance en moi pour partir courir tout seul (la paresse, encore?) Je dois avouer que j’aimais bien me faire pousser dans le cul par mon cousin. Dommage. Mais je sais qu’il faut apprendre à se «gérer» soi-même.

Bref, voilà pour les grandes lignes de ma vie pour cet été. Je tais d’autres éléments de ma vie, parce que vous savez qu’on ne peut pas tout raconter sur un blogue lorsqu’on devient connu. C’est maintenant mon cas, et je dois dealer avec ça. Bonne fin d’été à tous! Et merci encore de m’avoir encouragé dans mon projet littéraire un peu fou qui ne cadre pas du tout avec l’offre de livres sur le marché en ce moment! J’ai toujours pensé que j’avais un groupe de lecteurs différents des autres lecteurs traditionnels, et ça, j’en suis fier!

2009-2015

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Ce soir, j’avais rendez-vous au Gesù avec Jay-Jay Johanson, pour un concert bien différent de ce que j’avais vécu en 2009 à l’Ex-centris.

Je ne sais pas trop comment aborder la chose. En fait, je suis mélangé entre déception et soulagement. Je m’explique: pour moi, Jay Jay Johanson est un artiste mélancolique, qui joue des pièces mélancoliques. En 2009, quand je l’ai vu en concert pour la première fois, il venait de sortir l’excellent disque Self Portrait et une année avant, nous avions eu droit à son disque au titre long de deux pieds The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known. Deux disque que j’avais énormément écouté. Deux disques que j’écoutais encore plus parce que je venais de me faire crisser-là par mon ex.

Je ne me rappelle pas de grand chose, outre le regard du journaliste Charles deschenes qui m’observait en se demandant pourquoi je pleurais du début à la fin du show. Oui, j’avais bu de la vieille bière en grosse Quilles, oui j’avais fumé mille cigarettes, et oui, j’étais au gouffre du désespoir. Mais la libération que ce concert m’avait fait… ouf, c’était magique, lumineux (malgré tout) et simplement parfait dans le choix des chansons.

Ce n’était pas le cas, ce soir. Je n’ai pas versé une larme. Zéro. Je dois avouer que ma première impression a été d’être en colère (et de chialer, diront certains) mais après coup, je dois me rendre à l’évidence. Ce n’est pas nécessairement le concert qui était problématique (même si j’ai trouvé le choix des chansons douteux; pré-enregistrement de guitare pour Hawkeye, alors qu’il aurait très bien pu faire Suffering. Mais surtout, absence de toutes pièces de l’album Self Portrait). Avec le mince recul, je me suis rendu compte que tout partait de moi; de mes émotions, de ce que je vis, ou plutôt de ce que je ne vis plus.

Et j’ai compris que je venais de passer un nouveau chapitre. Même si mes pièces favorites avaient été jouées, je ne pense pas que j’aurais vécu la même tristesse, parce que je ne suis plus où j’étais. Tout simplement. Et ça, pour moi, c’est tout un avancement. Parce que j’ai tellement retenu le passé et sa fausse illusion nostalgique; ça aurait été dramatique de me sentir dans le même état d’esprit qu’en 2009.

Ça m’a fait réfléchir sur la raison pour laquelle je vais voir des concerts, et sur ce fameux hasard qui nous fait choisir un artiste chouchou plutôt qu’un autre. Car la musique, comme les souvenirs, avance et se modifie selon notre perception du temps. Je ne suis plus l’être que j’étais en 2009, je ne suis plus le garçon ravagé par une rupture, celui que je décris si bien dans Peut-être jamais est rendu loin de moi. Il est une entité à part entière qui ne m’appartient plus. Je trouve que c’est un très beau deuil. Sans souffrance, sans déchirement. Le temps a fait son travail, et je le félicite.

Je commence peu à peu à apprécier le fait de vieillir. Certes, je déteste trouver un cheveu blanc par-ci par-là, mais je travaille à accepter le fait que je ne suis plus dans la vingtaine. J’ai toujours autant de difficulté à voir les amis jadis proches s’éloigner, mais je comprends un peu plus. Je comprends que la vie nous amène des gens et que ceux-ci repartent plus loin par moment. Quand je regarde vers l’arrière, je sais que je n’ai pas toujours été parfait, mais je suis quand même heureux de mes acquis. Même si je sais que l’acquis ne rime jamais avec l’amitié. Je n’ai cependant plus la force de me battre pour des gens qui ne veulent plus être en ma présence. Ça n’a rien d’égoïste. Je comprends l’évolution humaine, les changements de cap, les nouvelles relations qui nous font partir à la dérive. Bref!

Toute cette histoire de concert m’a fait réfléchir aux moments marquants où j’ai pleuré ma vie durant une chanson. Et, même si mes amis pensent que ça arrive sans cesse, je peux dire que c’est somme toute très rare. Je peux compter ces moments sur une main, ou peut-être six doigts. Les voici donc:

1. Godspeed you! Black emperor – BBF3 (2000 / 2011)

2. Radiohead – Fake plastic trees (2001)

3. Massive Attack – Group 4 (2006)

4. Interpol – The Lighthouse (2011)

5. Radiohead – Reckoner (2012)

Et évidemment, le show de Jay-Jay Johanson en entier en 2009 😉

C’est tout, en fait. Je n’ai pas tant braillé que ça dans les concerts, vous voyez! 🙂

Critique : Tomorrow’s Modern Boxes – Thom Yorke

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Ce n’est plus une surprise pour beaucoup de gens; presque tout le monde est au courant que Thom Yorke a sorti un nouvel album solo vendredi dernier.

Je me suis laissé quelques jours pour mieux faire mijoter le tout avant de balancer une critique sur laquelle je voudrais revenir plus tard. Maintenant, après plusieurs écoutes, me voilà convaincu: Thom Yorke a livré un effort qui présente somme toute quelques intérêts, mais qui ne révolutionnera pas son statut de bidouilleur.

Je vais tout de suite l’avouer, je préfère Yorke avec Radiohead que le Yorke électro. Attention, je ne dis pas que tout est mauvais quand il est seul. The Eraser était un excellent album. Et même sur la toile, j’ai lu plusieurs opinions qui disaient préférer ce nouvel album à ce qu’il a livré avec Atoms for Peace. Sur ce côté, je ne suis pas d’accord, et voici ce que j’en pense.

Tomorrow’s Modern Boxes n’est pas un mauvais album, il contient quelques titres intéressants, mais sur 8 chansons, je n’en apprécie que la moitié. C’est un score qui me fait penser à l’album The king of Limbs. En effet, le dernier disque de Radiohead (encore 8 morceaux! On s’ennuie des longues tracklists de 14 chansons de la période Hail to the thief!) n’était réussi qu’à demi.

Le problème avec Yorke, c’est que son travail en solo reste un travail solitaire assez hermétique. Il y a bien Nigel, mais je serais curieux d’entendre un album de collaborations entre Yorke et d’autres musiciens. Ce qui reflète un peu mon état d’esprit à l’écoute de ce dernier disque: je trouve qu’il manque d’envolées et de punch. C’est trop calme, un peu plat, et l’émotion vient rarement.

Je ne déteste pas ça, j’aime aussi la musique calme et relax, mais ce genre de downtempo (parfait pour l’automne, j’en conviens) finit par me lasser rapidement. Sur une courte galette de 8 pièces, l’effet se fait ressentir encore plus vite.

A Brain in a bottle annonce tout de suite le portrait de ce qui suivra. La voix de Thom Yorke joue à cache-cache, parfois derrière une beatbox, parfois à l’avant-plan. C’est agréable, il n’y a pas de doute, mais on doit reconnaître que la force vocale du chanteur n’est plus ce qu’elle était. Ou alors Yorke n’avait pas envie de grandes envolées. C’est peut-être un choix esthétique. L’impression qui s’en dégage, c’est que tout cela est bien gentil, mais en comparaison à The Eraser, où les morceaux me semblaient mieux construits, ici, tout me semble tourner en boucle. Boucles de voix, boucles de synthé, boucles de piano, boucles de beatbox et quelques effets électro discrets.

Ça fonctionne bien sur la chanson Guess Again! Mais on dirait presqu’un remix de Pyramid song. Heureusement, il y a bien une petite perle et je dirais même que l’oeuvre de ce disque ne réside qu’en une seule pièce: The Mother Lode. Même si on joue encore dans la répétition et les boucles, la voix de Yorke prend enfin son rôle au sérieux et occupe toute la place en tant qu’instrument. Les deux dernières minutes représentent ce qu’il y a de plus émotif, à mon avis, sur ce nouvel album solo.

J’aime bien la mélancolie de Trust Ray également. Mais je dois avouer que les dernières chansons me laissent de glace (jeu de mots plate à propos du titre de la pièce There Is No Ice (For My Drink)!) Je ne sais pas, après 5 morceaux dans un même genre, je trouve que l’album manque de substance et se répète. Pink section me donne une impression de remplissage. Peut-être que mon avis va évoluer avec le temps, mais pour moi, l’album d’Atoms for peace reste supérieur à cet album solo. Je sais que plusieurs me contrediront, mais c’est ma conclusion.

Maintenant, il ne reste qu’à espérer que Yorke se soit vidé l’âme en solo, mais surtout qu’il sera d’attaque pour le nouvel enregistrement de l’album de Radiohead. Les gars sont en studio depuis début septembre. On verra bien combien de temps ça va leur prendre avant de balancer un nouvel album sur la toile, méthode qui semble avoir gagné le cœur du groupe.

 

Auteur 2.0

 

 

Cover PatDion


 

J’allais écrire un long « post » de blogue sur les discussions entourant le prix du livre, les problèmes des librairies et des éditeurs, mais surtout, le calvaire d’un auteur; qui se tape toute la job et qui ne reçoit à peu près rien, mais deux blogueurs ont exprimé exactement ma pensée dans leurs récents écrits.

Premièrement, le chroniqueur Patrick Dion fait un Radiohead de lui-même en offrant son plus récent livre dans une formule « payez ce que vous voulez » pour le format électronique. Le format livre est à 15 $. Tout ça me rappelle mes jeunes années, quand on me traitait de fou en 2001, alors que je vendais le roman « Pile ou Face » dans un genre similaire. J’avais été le premier étonné d’en écouler 300 copies. Ça en faisait des jeunes lecteurs qui me suivaient depuis 1998, avec qui je me suis questionné sur le cul et les relations interpersonnelles, posé là, tout près d’eux sur leur table de nuit. Un petit miracle en soi. Aujourd’hui, ces jeunes sont dans la trentaine comme moi, et je leur souhaite d’avoir compris qui ils étaient vraiment (bonjour l’optimisme!).

Bref! Patrick Dion dit quelque chose de très vrai dans son billet :

«  Je pensais qu’une fois publié, un auteur voyait les portes des maisons d’édition s’ouvrir de façon magique devant lui. J’avais tort. »

 

Je me souviens m’être dit la même chose, au mot près. Je croyais que

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Atoms for peace + Hôtel Morphée

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