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Contradictions

Je savais déjà que la vie était remplie de contradictions, ce n’était pas un secret pour personne. Par contre, je me fais toujours rire quand j’élabore de grandes théories sur le moment présent de mon existence (souvent devant mon psy), et que quelques jours plus tard, tout ce que j’avais dit prend le bord et me contredit.

Je racontais dernièrement qu’il n’y avait plus aucune spontanéité dans ma vie. Du genre appeler les amis sur un coup de tête et se réunir, comme quand c’était si facile, il y a plusieurs années. Je disais que pour voir mon monde, je devais toujours faire des projets d’avance, insérer les gens sur des dates de calendrier. Je continue à le croire pour l’essentiel de ma vie sociale, et pourtant, vendredi soir, le hasard semblait bien placé, parce que j’ai revu de vieux amis, en lançant des invitations sur un coup de tête. Et, à ma grande surprise, tout a fonctionné.

Quelques jours auparavant, un autre ami me lançait une invitation de dernière minute, que j’acceptais tout bonnement. Alors, les grandes paroles et les beaux résumés de vie pour mon psy; ils ont pris le bord, en effet. Ça n’a aucune importance, bien évidemment, mais ça reflète bien une chose; j’ai encore beaucoup de difficulté à me lire, et je vais souvent chercher les points les plus négatifs afin de justifier ce qui ne fonctionne plus ou ce qui part en vrille.

Je me suis rendu compte d’un autre élément important aussi. Je crois qu’on pense souvent que les gens nous font du mal volontairement. Comme s’ils avaient fomenté un plan ultime pour nous nuire. Mais je dois me raviser. Je pense que le mal que l’on perçoit de la part des autres prend de grandes proportions parce qu’on scénarise les événements selon notre perception. Impossible de s’en empêcher bien sûr, mais ça m’a remis les pieds sur terre. Le mal volontaire perçu chez l’autre, c’est souvent du préfabriqué pour donner du sens.

En fait, je crois surtout que les gens s’en foutent. Ou sont indifférents par rapport aux répercussions de leurs paroles ou de leurs gestes. Je ne m’exclus pas de l’équation. Je pense que le travail à faire de mon côté, c’est de cesser de faire du sens ou de la symbolique avec les actions des gens qui m’entourent. C’est encore une question de laisser-aller, évidemment. Mais plus que ça, c’est une question de ne pas accorder autant d’importance à une déception personnelle qui n’était pas un plan diabolique construit de toute pièce chez l’autre.

Mais le sens, on veut tous en faire. Ça nous permet de relativiser, tout en dramatisant. Mais, au final, moi aussi, j’ai besoin de m’influer un peu de je-m’en-foutisme. Je pense que c’est la clé pour éviter les paroles trop dures, les regrets niaiseux.

Je reprends peu à peu mon indépendance. Je veux dire en ce sens : ne plus m’inquiéter de ce que les autres pensent, ne pas leur donner des intentions planifiées. Au final, ça revient beaucoup à vivre et laisser vivre, sans imposer quoi que ce soit. Mon petit caractère contrôlant va devoir se calmer les petits nerfs. C’est logique.

Je dis que je retrouve mon indépendance, parce que l’été qui s’annonce me semble un été consacré à la différence, à la nouveauté. Pour cesser de se réfugier dans ce que l’on connait par coeur, surtout dans le passé qui, non, n’était pas nécessairement mieux avant. Le fait d’avoir fait du ménage dans mes sentiments m’aide beaucoup à devenir plus posé, plus calme, plus raisonné.

Je suis peut-être plus prêt que je ne le pense à me tremper le doigt d’orteil pour rencontrer quelqu’un. Pas de pression, pas de promesse. Juste se laisser guider par le soleil, le vent et les rencontres sur notre chemin.