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Sables mouvants

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Il y a un truc vraiment ironique dans la vie. Peut-être que plus tard, on y voit moins de cynisme et on se met à rire en se tournant vers certaines périodes de notre passé. Mais présentement, je vis une dichotomie entre la qualité de ma vie (entendre; ce que j’ai réglé de mes démons) vs la qualité de la présence des autres dans cette même vie.

J’en vois déjà qui lèvent les yeux au ciel en se disant que je vais chialer sur mon sort ou me plaindre de x ou y. Pas tout à fait. En réalité, si on dresse une ligne du temps et une ligne de nos buts, je serais foutrement ingrat de dire que je ne suis pas satisfait du déroulement. Je pense que mon combat gagné, le plus important, devait être par rapport aux substances que j’ingérais. Et la bonne nouvelle, c’est que je suis passé à autre chose, pour de bon, sans nostalgie (si ce n’est peut-être ma taille qui était plus fine… mais ça ne valait pas la destruction du corps). Ça s’est aussi amélioré côté alcool, quoique j’ai du travail encore à faire de ce côté. J’ai beau avoir diminué de 75 % dans ma fréquence, reste que je me gâte encore un peu trop quand je m’en permets.

Ma vie s’améliore aussi côté travail, avec de nouveaux avantages qui m’ont montré que la persévérance peut payer (même si je me considère encore sous-payé, mais il faut faire la part des choses). J’aime mon travail, j’y suis heureux et j’arrive à remplir mes responsabilités niveau hypothèque. Quand je dis mon salaire à quelqu’un, que je lui parle de mes mensualités, la plupart n’arrive pas à comprendre comment j’y arrive. Ça demande beaucoup de sacrifices. Mais j’aurais de la difficulté à revenir en arrière. Voilà pourquoi je dis que plus les années s’écoulent sur cette ligne de temps, plus mes buts sont atteints. Ce n’est pas facile, mais il faut ce qu’il faut.

Ce que j’ai remarqué, c’est que les sacrifices touchent surtout la vie sociale. Moins de sorties, pas de restaurants et le moins de bars possibles. Ça tombe bien, j’avais pas mal fait le tour des soirées qui s’étirent jusqu’à 5 heures du matin. Et puisque les paradis artificiels ne m’intéressent plus, ça passe encore. C’est surtout au niveau des amitiés que tout déraille. Dans la vingtaine, on fait des acquis amicaux. On s’imagine que les moments resteront figés, qu’ils se répéteront sans cesse jusqu’à notre dernier souffle. Dans la trentaine, on comprend qu’il ne reste pas grand-chose de ces beaux idéaux. Et comme je l’expliquais dans un article précédent, ce n’est pas nécessairement des disputes ou des malentendus qui détruisent nos relations amicales. C’est le jeu du temps, des absences, des occupations multiples qui font en sorte qu’on ne peut plus se séparer en quatre (on vieillit, on cherche le confort de notre salon, le petit bonheur sale de la télévision et du diable Netflix).

Je réagis toujours un peu tout croche quand on s’approche de mon anniversaire. Parce que c’est souvent à ce moment-là que les compteurs se remettent à zéro. Que l’on voit qui sont les gens importants dans notre vie. Je m’étais fait la même réflexion l’an passé (et pourtant, j’avais eu un anniversaire fantastique), mais je me rappellerai toujours la réaction d’une de mes amies qui était rentrée chez moi en s’exclamant: mais qui sont ces gens? C’était la seule de mon ancien groupe d’amis qui avait daigné venir fêter avec la quinzaine de personnes qui étaient là (tous des visages inconnus pour elle, car comme je l’ai dit, la vie est mouvante, et ceux qui étaient là pour nous hier, ne le sont pas nécessairement aujourd’hui). Je me rappelle que ça m’avait un peu blessé. Mais je pense que j’ai toujours eu la mauvaise attitude par rapport à tout ça; moi j’étais allé à leur anniversaire, à leurs soirées, à leurs événements. Mais le renvoi d’ascenseur n’y était pas.

Cette année, j’avais pris la décision de simplement… ne rien faire. Pas de déception, pas d’obligation, rien. Et j’aurais dû suivre cette idée. Mais j’étais saoul vendredi dernier, et on m’a convaincu de lancer une invitation comme ça. Je l’ai fait parce que j’avais bu, mais sinon j’aurais résisté. Encore une fois, ça m’a montré le vrai visage de certaines personnes. Quelqu’un qui quitte une conversation sans même prendre la peine de dire qu’il est simplement occupé ou qu’il ne peut pas, je trouve que c’est un manque de respect flagrant. Si j’avais eu 25 ans, j’aurais probablement critiqué et fait une scène. À bientôt 33 ans, je trouve ça irrespectueux, et ça s’arrête là, tout simplement. Je ne sais pas pourquoi je me battais tant pour des amitiés à sens unique. J’ai toujours trouvé que les plus belles amitiés étaient celles qui étaient loyales et égalitaires. Mais mon discours s’est modifié, et je suis à l’âge où je n’ai plus de temps pour ce genre de bataille. Je resterai donc silencieux. Après tout, si je suis supposé n’attendre rien d’eux, ils ne seront pas surpris de ne plus attendre rien de moi.

La réalité, c’est que je vois encore beaucoup le bien chez les gens qui me sont chers. Je vis dans un monde légèrement naïf. Les années à venir me montreront probablement que j’avais tort de ne voir que le bon chez les autres. Et il n’y a pas de rancœur. Sables mouvants. La vie n’avance pas en ligne droite. Je me dois simplement de perdre mes illusions sur l’importance que certaines personnes accordent à ma présence ou à ma personne. Ce n’est pas plus mal. On apprend. C’est sain.

Je discutais avec un autre ami qui me racontait que les gens le trouvent parfois lourd et trop insistant. J’ai avoué à cet ami que c’était vrai. C’était une conversation calme et honnête. Ç’a eu l’air de le faire avancer dans son cheminement. Et c’est seulement maintenant que ça me frappe; peut-être que je suis ainsi? Peut-être que c’est moi qui en demande trop aux amis autour de moi. Pas dans le sens où je les harcèle, non. Plutôt dans mes attentes envers eux. Après tout, chacun sa vie, chacun ses occupations. Je pense que m’effacer un peu ne peut pas faire de tort. En même temps, une partie de moi reste encore submergée de doutes. En s’effaçant, on signe souvent un acte de disparition. Mais si c’est ce qui devait arriver de toute façon, alors c’était dû pour arriver.

J’ai la même philosophie en amitié qu’en amour. Je pense que je serai toujours heureux de croiser des personnes qui ont été importantes pour moi, que ce soit dans une année ou dans dix ans. Mais cette vision des choses m’a toujours enfermé dans un monde de bizounours un peu trop utopique. C’est comme quand je disais à mon premier amour que l’on se reverrait à l’âge de 40 ans, ou quand je disais à mon ex de revenir me voir dans 5-10 ans. Au final, cette porte entrouverte, cette mince lueur d’espoir; elle ne fait pas vivre, non, elle transforme l’attente en colère, puis en résignation. Et une fois la page tournée, la souffrance vécue, c’est comme s’il n’y avait plus de retour en arrière possible.

Parlant d’ex, j’ai eu une discussion avec le mien. Une vraie discussion. Entre deux adultes, sans jeux de séduction ou sans espoir/attente. J’ai enfin eu les explications de sa disparition. Ce n’était pas une belle histoire. Il se soigne à présent. Et je n’en dirai pas plus, car il n’y a plus rien à dire sur ce sujet qui ne concerne que lui et sa vie personnelle. Comme vous pouvez le constater aussi, je suis devenu beaucoup plus discret sur ma relation de couple aussi. En fait, je ne gagne plus rien à exposer ma vie intime ici. C’est peut-être la raison pour laquelle je parle si souvent en paraboles. Comme une discussion qui frôle un peu l’onirisme, sans pointer des individus en particulier. On pourra dire que j’ai enfin appris à mieux gérer mes histoires et mes racontars. Je sais, ça fait un blogue plutôt plat et lisse. Mais c’est beaucoup plus rassurant que les confrontations qui en découlaient par la suite.

Alors, je suis zen. Presque comme un spectateur zen, qui regarde la vie des autres comme l’alignement des planètes; peut-être qu’un jour je recroiserai certaines personnes, mais peut-être aussi qu’il vaut mieux que le passé se perde dans l’univers et ne revienne jamais.

Return/Rewind

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J’ai passé une superbe soirée à l’autre bout de la ville. J’en ai profité pour boire, chose que j’évite de faire en semaine, maintenant.

J’ai raté le dernier métro. Non, la STM a flushé le dernier métro, ne respectant pas ses horaires pour fêter son 50e (on est tellement surpris)!

J’ai dû me rabattre sur 2 autobus avec transfert. Soit, 2 heures à poiroter et à être dans notre si belle ville qui fêtait l’année des transports en commun dernièrement…

Et puis, j’ai laissé tomber toute ma haine, parce que je me suis mis à observer le centre-ville et tout à coup, chaque bâtiment me racontait ma propre histoire.

J’ai croisé le Hyatt, cet hôtel où je me suis fait mettre à la porte par mon ex-blonde. Je savais que c’était déjà fini. Je voulais juste baiser un vagin une dernière fois dans ma vie.

Puis le Travelodge est arrivé… l’air de rien. Alors qu’il s’agissait de la première fois où j’allais dormir avec mon ex, où j’allais le sucer, ou je ne m’attendais certainement pas à m’enfermer dans une bulle pendant 10 ans.

On a ensuite roulé vers le village, et j’ai revu mon premier amant, qui allait nous acheter du Poppers alors que c’était encore légal.

Tout près, l’afterhour le Circus, où je me suis revu, complètement gelé, avec ma cousine et de nombreuses amies. J’ai repensé à Ricardo, à notre danseuse nue qu’on avait attirée… et à nos jeux.

Puis le feu Drugstore, où je prenais un verre… des pintes plutôt, avec les amis d’Internet. Je me suis rappelé que c’était la dernière fois que j’avais fêté l’Halloween là-bas… Tout juste à côté du Steak Frites qui a changé de nom dernièrement, et où j’ai connu plusieurs plaisirs amicaux et animaux.

La vie est comme un quartier et des rues qui se défilent et se rejoignent sous nos yeux. On continue à avancer sans savoir vraiment ce qui nous marquera. On continue à vivre notre présent sans en reconnaître les effets qu’il aura sur nous plus tard.

C’est triste et tellement beau à la fois.

Alors qu’on se concentre trop souvent sur les souvenirs du passé, on ne remarque que très rarement que notre présent sera notre nostalgie à venir.

C’est peut-être une question d’âge, une question d’expériences qui doivent se réaliser. J’essaie fort d’oublier tout ça. De ne vivre que pour l’instant. Mais rien n’est facile dans ce passé qui nous poursuit sans cesse.

Une chose est certaine. Même si je voulais, je ne pourrais jamais regretter ma jeunesse, ce serait inutile d’essayer de me convaincre que je n’ai pas vécu ma vie à fond. Et puis, je n’ai aucun remords.

Mon seul combat, c’est de rayer tout ça d’un grand trait. De ne plus porter d’importance aux souvenirs soudains; que ce soit un hôtel, un bar, un magasin ou un coin de rue. C’est pour le moment chose impossible, car je suis prisonnier de cette beauté naïve qui me ramène sans cesse aux instants d’avant.

Le droit chemin

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J’écris aujourd’hui comme si j’apprenais à écrire pour la première fois. Il est encore tôt. Samedi matin. Avant 7 heures. J’habite mon condo depuis bientôt trois semaines. Oui, j’ai une vue du pont Jacques-Cartier et une vue sur la ronde. Une autre étape de vie. Mais suis-je plus adulte? Je ne le croirais pas.

Qu’est-ce qu’un blogue personnel en 2016? Je me le demande souvent. À quoi ça sert? À quoi ça mène? Pourquoi ai-je si besoin par moment d’y écrire? Pourquoi je n’ai pas écrit depuis le mois de mars? Tant de questions, et aucune réponse claire et directe. Oui, il n’y a pas de doutes. J’en suis à une nouvelle étape de ma vie. Les phases s’enchaînent. La satisfaction, elle, c’est plus indécis.

Le soleil se lève, explose dans les fenêtres de ma chambre à coucher. Chaleur et lumière. Incapable de bien dormir depuis une quinzaine de jours. L’impression d’être devenu irritable. D’en vouloir au monde entier. Et ironiquement, se sentir bien. Être quand même confiant d’avoir pris la bonne décision. Je vis des sentiments en contradiction depuis un long moment déjà. C’est difficile, mais sain. Enfin, je crois que c’est sain.

Pas facile d’adopter des habitudes saines. De vivre selon des principes en lesquels on croit plus ou moins. On dirait qu’il y a toujours cette petite voix dans ma tête qui me dit fuck everything. Cette nuit, c’était l’anniversaire de ma cousine et de son copain. Une fête qui s’est déroulée comme avant. Comme si j’avais couru après ma jeunesse qui s’éloigne pour tenter de la retenir encore un peu. Mais le soleil est maintenant déjà levé depuis longtemps. Une impression de bonheur éphémère. Un questionnement sur ce que c’est que d’être réellement heureux.

Hier, je m’obstinais avec un des membres d’un forum musical que je fréquente. Il argumentait que le nouveau disque de Radiohead n’a rien à voir avec la perfection du passé. Je lui ai répondu qu’il devait grandir, cesser de vivre dans cette foutue nostalgie des expériences et plaisirs adolescents. J’ai eu l’impression de me parler à moi-même. Depuis le début mars, je tenais le coup. Presque parfait. Mais au fond de moi, je savais que ce n’était qu’une question de temps avant de subir un écart, avant de tout remettre en doute. En fait, non, ce n’est pas du doute. C’est simplement comme si je courais derrière le fil de ma vie, à chercher sans cesse ce que je pourrais changer pour me faire croire que ça va mieux maintenant.

Et le pire, c’est que ça va mieux. Je suis dans un environnement sain. Dans un milieu sain. Tout devrait être empreint de sainteté. Et pourtant, il suffit d’une simple nuit pour faire basculer tous mes acquis. Auparavant, j’aurais haussé les épaules, je me serais dit que c’est la vie. Mais ce n’est pas mon sentiment présentement. Non, ce n’est pas la vie. Ce sont mes choix. Dictés par mes pulsions, certes, mais ces élans de désir ne se tairont probablement jamais.

Je parle en parabole. Ça me fait chier. Doit être la raison pour laquelle je me fais discret ici. À 32 ans, je sais ce que je veux, mais c’est comme si un mur m’empêchait de vraiment atteindre mes buts. C’est un combat constant. Une lutte à finir qui ne finit jamais. Et puis, au final, je me rends compte qu’il n’y a pas de contradictions. Je suis humain. Un humain avec ses hauts et ses bas, avec ses réussites et ses échecs, avec ses défis et ses faiblesses.

Mais je ne m’en veux pas. Je ne m’en tiens pas rigueur. Inutile de se flageller, de se punir. Alors, je jette la serviette. Pas de façon défaitiste. J’ai toujours été exigeant envers moi-même. Je ne me suis jamais trouvé parfait. Et c’est normal. Pour tout le monde.

Ce blogue n’a plus aucune importance. J’y ai raconté ma vie, mes malheurs, mes bonheurs, mes amours, mes tristesses, mes pensées sombres, mes regains de joie. Je me suis fait du bien. Je n’ai jamais voulu me censurer. J’aurai réussi à réaliser un premier but avec tous ces écrits. Partir du négatif pour créer une réaction positive. J’en suis encore à me demander ce que sera la suite. S’il y aura suite un jour.

Il ne faut pas se méprendre. Je parle d’écriture ici. Pas de mon passé personnel. Je suis jeune. Même si j’ai pris un sacré coup de vieux avec tout ce stress. Tout ce parcours était nécessaire. Et je le dis honnêtement. Je n’ai plus grand-chose à vendre, si ce n’est que de continuer à me vendre à moi-même. Pour m’encourager pour le suite. Pour me convaincre que je ne suis pas à plaindre. Que ce qui s’en vient pourra être mieux. Mieux qu’avant, assurément.

Je ne pense pas pouvoir dire un jour que j’ai accompli tout ce que je voulais faire. Mais je n’ai plus de rancune envers tout ça. La seule chose qui m’importe, c’est de faire en sorte que ma trentaine soit aussi diversifiée que ma vingtaine. J’apprends la résilience. J’apprends à tolérer la vieillesse. À accepter qui je suis.

Ça m’aura pris beaucoup de travail sur moi-même pour en venir à une toute petite conclusion: je vaux quelque chose, peu importe mes réalisations et mes échecs. J’ai décidé de traiter mes échecs comme des écarts. Apprendre de ses erreurs. Vivre par rapport au jour précédent. Pour le reste, on verra bien, plus tard, quand je me retournerai pour observer le chemin parcouru. Non, il ne sera pas droit. Le chemin n’est droit pour personne. Je fuis les lignes droites. Elles ne sont jamais tout à fait réelles. Et c’est la beauté de la vie. Du moins, c’est ce que je crois.

Je dois surtout apprendre à aimer les autres comme ils m’aiment.

Change-t-on vraiment?

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Est-ce utopique de penser que l’humain peut changer, faire évoluer sa personnalité pour atteindre une certaine sagesse, grandir intérieurement en même temps que physiquement? Change-t-on vraiment, ou n’est-ce qu’une simple suite logique vers un chemin chaotique qui nous amène inévitablement aux portes de la grande finale?

En cette journée de St-Jean, je redeviens un peu nostalgique, et je tourne la tête vers l’arrière pour observer cette date magique qui a annoncé tant de bouleversement dans ma «plus si jeune vie». Au primaire, c’était l’annonce de la fin des cours. Au secondaire, c’était l’annonce des fêtes sans fin. À l’âge adulte, c’est l’annonce d’un unique congé en pleine semaine. Qu’est-il advenu de notre excitation de jeunesse? Le début de l’été reste encore d’actualité, mais les temps changent… ou changent-ils réellement?

Quand je me tourne vers l’arrière, je garde un portrait plutôt satisfaisant de ces fêtes dans les parcs ou dans les maisons de banlieue vides d’adultes. Même passé 18 ans, j’ai toujours trouvé une signification au 23 et 24 juin. Pour moi, c’était d’abord l’occasion de voir ou de revoir des amis; même les plus renfermés. Il s’agissait de rendez-vous précis, d’abord dans le 450, où tout le monde se dirigeait vers un même endroit, en quête d’une aventure souvent créée par diverses drogues. Aujourd’hui, le sens est différent, mais la réunion des amis m’importe toujours autant. Pourtant, la St-Jean rime souvent avec absence. Et de plus en plus en vieillissant. Je sais qu’il vaut mieux ne pas accorder d’importance aux absents, mais on arrive difficilement à les oublier, surtout quand ils ont marqué les souvenirs passés.

Et pourtant, cette situation survenait aussi dans ma jeunesse. Ce qui me porte à croire que les humains ne changent pas. Et je serai sûrement décousu dans mes explications, mais ce que j’essaie d’exprimer n’a que très peu à voir avec cette fête du 23 et 24 juin. En fait, c’est surtout le constat suivant qui me hante: même quand on revoit les gens qui ont été près de nous, ils ont beau être restés les mêmes, ils semblent avoir changé. Ils ont pourtant la même allure (à quelques degrés physiques près, ils vieillissent comme nous), mais quelque chose semble différent. On a tous fait une expérience semblable: rencontrer quelqu’un qui fut important dans notre vie, et ne pas arriver à le reconnaître comme avant. On se dit alors que cette personne a changé, que la vie l’a fait évoluer ou régresser, mais… je pense que c’est un leurre.

On ne change pas. Notre personnalité reste la même. Nos défauts peuvent même s’accentuer, nos qualités aussi, je l’espère. C’est toujours difficile d’arriver à ce constat, car souvent, on voudrait revoir les gens comme on les a quittés. C’est un peu comme avec les ex. On garde souvent un souvenir trafiqué et ancré en mémoire; cet épisode si nostalgique où tout semblait parfait. Et on a beau vouloir recréer la connexion, elle semble inadéquate ou brisée. Ce n’est pas que nous sommes si différents, c’est surtout que le temps a fait son oeuvre et nous a fait oublier ce qui nous avait charmés chez l’autre. Et, elle est là la vérité qui fait mal. Une fois qu’une histoire s’est terminée, le désir de vouloir la réactiver quelques années plus tard est une utopie beaucoup trop optimiste pour ce que nous offre la réalité.

Je travaille fort pour éviter d’être déçu par les gens. En fait, si c’était possible, je préférerais n’avoir jamais d’attentes. Ce serait beaucoup plus simple d’éviter la déception, surtout quand on a réellement envie de revoir une personne. C’est que le souvenir de celle-ci nous semble encore limpide. Le choc est toujours brutal. Mais j’ai fini par croire que ce ne sont pas nos personnalités qui se transforment; ce sont simplement les nouvelles expériences et les milieux de vie divergents entre deux personnes qui provoquent cet étrange état.

Je n’ai jamais pris mes relations humaines pour acquis. J’ai déjà été abasourdi d’en perdre certaines d’un coup sec, voire violemment. Mais je ne pense pas avoir cru un jour qu’une relation durerait toute la vie. Sauf peut-être dans mon adolescence, où il était de bon augure de se promettre l’éternité. Et je l’ai promis, le cœur sur la main (ou sur autre chose!) Encore aujourd’hui, je n’ai pas oublié ces pactes. Mais ils se sont vite révélés irréalisables, parce que la vie avance, et il est souvent impossible de prédire les aléas et la direction que prendront toutes ces rencontres.

Ce qui me bouleverse, c’est qu’il y a de ces gens qui reviennent comme des printemps, pour venir sucer votre énergie et disparaître pour les 12 prochains mois. En amour comme en amitié, les êtres restent sensiblement les mêmes, toute la vie durant, jusque dans leurs habitudes: il y aura les amis réguliers, les connaissances occasionnelles, et avec les médias sociaux bien installés, il y a maintenant les inconnus qui deviennent vite «pas si inconnus que ça». Mais personne ne change vraiment. C’est notre degré de fréquentation qui nous donne une impression d’évolution. Et il faut parfois être critique devant cette grande mascarade qui se déroule sur Facebook. J’évite de comparer changement et empreinte du temps.

Je me suis d’ailleurs rendu compte que j’avais cessé de courir après ce temps, que l’angoisse s’était évaporée comme par enchantement. Et ça m’a fait peur. Depuis mes premières peines de jeunesse, je n’ai jamais cessé de regarder vers l’arrière pour me rappeler le bonheur d’avoir vécu certains moments, avant que les personnes ne «changent». Mais il s’agit d’un mécanisme de défense facile et paresseux. Pour donner du sens à des événements ou à des situations qui restent souvent sans réponse. Pourquoi une amitié ne s’est-elle pas développée comme prévu? Pourquoi un amoureux est-il maintenant considéré comme un amour du passé? Après ma dernière rupture très douloureuse, je m’étais promis de ne plus jeter ce coup d’œil vers l’arrière, ou du moins, de ne plus tenter de trouver des significations grâce à des explications bidon. Il faut cesser de se convaincre que deux êtres qui prennent des routes différentes le font uniquement parce qu’ils ont changé. La réalité, c’est que les séparations sont rarement dues à la transformation extrême d’une personnalité. Cette dernière a toujours existé, même si elle était parfois enfouie ou cachée. Ce qu’on appelle le changement au fond, c’est la découverte profonde de l’autre et de ses convictions (chose de plus en plus difficile à discerner avec nos modes de vie en 140 caractères, autant dans le virtuel que dans le réel, d’ailleurs).

Il faut l’avouer; c’est tellement difficile de se sentir contenté et totalement satisfait de nos jours. Quand tout nous semble éphémère, la seule chose qu’il nous reste, c’est ce passé que l’on embellit sans même s’en rendre compte, en utilisant des moments marquants que l’on réécrit jour après jour dans notre mémoire. Ce passé fictionnel nous fait-il changer pour autant? Non, on ne change pas vraiment. On accumule. On tente de faire de meilleurs choix. On encaisse les échecs. Mais à l’image des souvenirs altérés, changer demeure quelque chose d’intangible. On surnomme ça la sagesse, l’évolution, la fin de l’adolescence, la maturité… mais ce ne sont que des mots qui nous rassurent, qui posent un sens clair et net sur des pages raturées des centaines de fois. Jusqu’à ce que la beauté du moment soit figée. À notre goût.

Quand je ne vois pas tous les amis que je voulais voir à la St-Jean, je ne leur en veux pas. Même à ceux qui choisissent de rester seuls à la maison, par paresse, par mal-être, pas gêne ou peut-être même par désintérêt. Quand je recroise des ex, je ne leur en veux pas non plus. Même si j’ai été trompé, même si on m’a menti, même s’il y a eu des drames. Parce que cette personne devant moi n’a pas changé, elle désirait simplement partir ailleurs, dans un autre milieu, dans une autre vie où je n’existerais plus. Quand on commence réellement à connaître son partenaire, il nous donne inévitablement l’impression de ne pas être celui qui nous a conquis lors du premier rendez-vous. Ce peut être positif, mais souvent, la peur prend le dessus et c’est le moment des adieux. Dans notre société du paraître, en savoir trop sur l’autre brise le mystère, le rend tout à coup trop direct, plus ardu à tolérer. C’est une raison assez forte pour faire fuir la passion. L’autre aurait trop changé par rapport au début de la relation.

Mais on ne change pas, je le répète. Il ne s’agit que de perceptions qui viennent nous troubler dès que la curiosité de l’autre a été attisée. Après tout, c’est le cercle parfait des attentes jusqu’aux déceptions. Si tout s’était bien passé, si la vie était perfection, nous n’aurions aucun problème à rester dans ce que nous avons connu de meilleur et de plaisant. Mais l’existence nous offre très rarement ce genre d’occasion. On se surprend toutefois à rêver les uns des autres, à se demander ce que la relation aurait pu être si notre partenaire n’avait pas autant changé. On se gave de bullshit nostalgique, sans jamais s’apercevoir de notre erreur, un peu à la manière du boulimique qui se fait vomir jour après jour en ignorant volontairement la douleur dans sa gorge et son œsophage.

Alors, à quoi ça sert de se dire que l’on vieillit, mais que l’on ne change pas? Je pense que ça rassure et ça inquiète en même temps. Ça rassure, car l’espoir de revoir les autres nous aguiche; et on dira que les gens changent, car c’est le physique qui frappe le regard dès le départ. Mais si on s’y attarde un peu, on retrouvera ce qui a fait notre bonheur ou notre malheur chez l’autre personne, et en amour, c’est souvent les deux à la fois. C’est comme s’ennuyer, en deux définitions: on s’ennuie de l’autre, car on se rend compte qu’il a gardé ce côté qui nous avait plu et attiré à l’époque, mais on s’ennuie aussi avec l’autre, car on se rend compte qu’il n’y a pas eu d’évolution ou, comme on aime le dire, de changement. C’est le propre des couples qui se sont séparés et qui reviennent ensemble. On retrouve rapidement les patterns qui nous énervaient jadis.

Les St-Jean sont comme de grands compteurs qui repartent à zéro. Comme un second Jour de l’an. Avant, ça dressait le portrait de ce qui s’annonçait durant l’été et le reste de l’année. Maintenant, j’y crois de moins en moins. On donne du sens à ce qui nous arrange… Depuis quelques années, je m’en amuse, je dois l’avouer. Je fais toujours une soirée portes ouvertes pour la St-Jean, et le slogan est simple: «venez avant, venez après, un petit bonjour ou bonsoir quand ça vous chante!» Parfois, une seule personne se pointe, d’autres fois nous sommes trois. Ce soir, nous étions 4. Pas en même temps. Et pas nécessairement ceux que je croyais voir. Et c’est correct ainsi. C’est même original et amusant. Et chaque année, je me rends compte que j’ai eu du plaisir. Il est toujours différent de la St-Jean précédente, mais il est tout de même là. Ça devrait être assez. Mais à force de répéter une tradition, on finit par comprendre certains comportements. Des comportements qui ne changent pas, que ce soit à 20 ou 30 ans.

J’ai pensé moi-même que j’avais changé, que j’étais devenu un meilleur homme. Mais force est de constater que je me mentais. Délibérément. Je n’ai pas changé. À l’image de celui qui attend une compensation, j’avais des attentes. J’en ai d’ailleurs encore, même si je me trouve ridicule d’en avoir. Il n’y a rien à faire. Peut-être fermer les yeux, se dire qu’il n’y a pas de seconde chance. Se convaincre de l’impossibilité du recommencement. Personne ne change à nos côtés. Personne ne peut nous transcender à 100%. Il faut cesser de regarder vers l’arrière pour de bon, faire une croix sur nos fausses impressions, sur ces fragments que l’on reconstruit sans cesse afin de flatter notre ego.

N’empêche. Comment réagir quand notre propre passé nous retrouve et vient ralentir notre rythme candide qui s’approche toujours un peu plus de la ligne d’arrivée? Il faudrait se forcer à hausser les épaules, ignorer cette tentation de vouloir recréer du sens, puis continuer son chemin, à l’image d’un gamin naïf qui s’enfonce dans la forêt à la tombée de la nuit. Éviter de souffrir parce qu’on s’est inventé des scènes de vie retravaillées. Bannir le travestissement de notre vécu et contrer le travail magnifié du cerveau. Dans un monde parfait, ce phénomène serait connu pour être l’étape ultime; une grande finale où l’on s’autoriserait enfin à vivre une explosion cinématographique de nos souvenirs trafiqués et de notre passé maquillé. Une seule fois. One shot deal. Parce qu’on a réussi à éviter le piège des chimères. S’offrir un orgasme créatif pour panser les plaies des années écoulées. Juste avant notre dernier souffle. Comme dans les films de propagande catho, où l’on revoit les amours, les amitiés et la famille défiler de façon ésotérique. Des sourires et du positif. Puis, le mensonge abrupt. Et, plus rien. Il serait déjà trop tard de toute façon.

Des nouvelles

Je sais, je sais, je me fais plus discret ces derniers temps. Pas toujours facile de jongler avec la vie quotidienne et ses petits caprices. Je profite de ce petit moment pour vous dire que je vais bien, très bien même.

Bon, la perfection n’existe pas, et je dois avouer que je suis en plein combat contre les kilogras que j’ai pris en trop durant le temps des Fêtes; mais ça n’a rien à voir avec ma gourmandise, c’est plutôt la cheville cassée qui m’a immobilisé et empêché de faire du cardio. Je dois avouer que c’est difficile de reprendre le rythme de cet automne, mais j’attribue cela à la météo… et à un peu de paresse.

La vie est douce et tranquille, sauf dans mes nuits. J’ai recommencé à faire dix mille rêves étranges. J’en suis même à rêver que j’ai déjà écrit mon prochain roman et que c’est excellent haha! Parlant de roman, il m’en reste encore quelques-uns et ils sont à petits prix (voir dans le coin à droite de votre écran pour un achat rapide). On a sûrement dépassé les 600 exemplaires vendus, et j’ai arrêté de compter depuis longtemps.

Ce qui est intéressant, c’est que le temps arrange les choses. J’ai enfin fait la paix avec moi-même et mon passé. Je crois que c’est une excellente nouvelle pour moi. J’ai pris la décision de ranger tout ça dans une petite boîte et de continuer à vivre ma vie comme si ça n’existait plus trop. Je ne renie pas la personne que j’ai été, mais j’ai cessé de plonger dans une nostalgie qui me bloquait dans mon avancement. Un jour ou l’autre, il faut bien passer à autre chose.

Je suis encore en questionnement par rapport à ce blogue. Il ne faut pas m’en vouloir. Passé 30 ans, je n’ai plus aussi envie d’étaler ma vie privée sur la toile. Ma vie se retrouve bien assez dans mes précédents romans 😉

Donc, en résumé, je me sens bien, je vais bien, je suis bien entouré. Plus vraiment par les amis du passé, qui semblent avoir d’autres préoccupations et d’autres activités, mais ça fait partie de la game. Au fond de moi, je sais qui importe et qui n’est plus essentiel. Je n’en veux à personne, je n’ai aucun ennemi et je suis zen. Il ne me reste qu’à me botter le cul pour enclencher le processus d’écriture d’un nouveau roman.

Et encore aujourd’hui, je doute qu’il arrivera. 

Toujours sur le bonheur

Je vais toujours bien. Ça m’étonne presque. J’ai toujours pensé que la reconstruction de soi devait se faire dans une certaine souffrance. Certes, la nostalgie revient parfois, de tout petits moments d’égarement. Mais si peu.

Lâcher prise a toujours été quelque chose de plutôt difficile avec moi. Quand j’accroche, j’accroche solide, et pas à peu près. Mon côté extrémiste se révèle là, tout entier. J’ai pris la décision de tout cesser cela. Cessez de me battre contre les choses que je ne peux pas changer. M’attarder aux choses qui peuvent se moduler avec un peu de travail.

Je passe donc des fins de semaine tranquilles. Plutôt solitaire. Ça ne me dérange pas. Je travaille, j’en profite pour faire un déplacement. De junkie à Workaholic!

Je suis sorti avec la gang du tournage de Peut-être jamais jeudi dernier. C’était amusant. On s’est retrouvé à aller voir des graines de douchebags au Stock. Ça devait faire un bon cinq ans sinon plus que je n’avais pas mis les pieds là-bas. Je me suis rendu compte que le show semblait bien meilleur il y a quelques années. Ou alors mes goûts ont changé. Un petit coup d’oeil vers la salle m’a foutu une sorte de désolation. J’ai regardé tous ces vieux hommes très sérieux (car voir de la bite rend supposément sérieux à cet âge; peut-être en raison du choix ultime qui suivra dans l’isoloir?). Ça m’a fait légèrement penser à Monsieur Baldwin dans mon roman Comme si de rien n’était. Je me suis aussi dit qu’à force de chigner sur mon ex, j’allais probablement finir comme eux!

Je lui ai d’ailleurs écrit un dernier courriel. Trois phrases. Pour lui dire que j’étais heureux et que je lui souhaitais de l’être aussi. Je suis convaincu qu’il m’en veut, pour l’un des derniers articles affichés sur ce blogue. Un autosabotage bien en règle. Un dernier petit coup pour lui faire reprendre sa vie en mains. Je n’attends pas de remerciements de sa part. Je n’attends rien, en fait. Son orgueil, sa fierté, tout ça fera sans doute en sorte qu’il ne m’adressera plus jamais la parole. Ce n’est pas l’important. Il valait mieux ça et le sauver de son gouffre profond. Je l’ai remarqué avec le temps; il est souvent mieux d’accepter le blâme et de laisser les autres penser ce qu’ils veulent, car si ça les aide à avancer, à devenir meilleur, j’atteins mon but de toute façon. Je lui ai aussi dit que s’il était dans la marde, ma porte serait toujours ouverte. Comme elle est toujours ouverte pour les amis, les disparus comme les plus récents. Je ne suis pas du genre à garder de la rancune envers les gens. Je trouve ça inutile, ça ne fait qu’ajouter du noir sur nos épaules. Bref, je sais très bien que mon courriel a dû se retrouver dans la corbeille bien rapidement. Ça me fait sourire, un peu. Un jour, il comprendra pourquoi j’ai agi ainsi. Ou pas. Reste que depuis, il semble s’être pris en main. Il est enfin en appartement. Il va devenir un homme respectable, même si j’ai toujours un peu peur qu’il se démotive et s’enlève la vie. Je ne suis pas un sauveur. J’ai fait tout ce que je pouvais, alerté tous ceux que je pouvais. Je suis donc en paix complète. Et il est maintenant temps de penser à moi.

Il m’arrive encore de m’ennuyer du rythme de vie des fins de semaine d’avant. Mais quand j’ai un doute, quand je me mets à vouloir tout balancer et recommencer le train de vie que je menais jadis, je me rappelle que ça ne m’apportait rien de plus que des mauvaises décisions, une mauvaise santé et de mauvaises fréquentations. Alors, je tiens bon.

Je ne suis pas encore parfait (je ne le serai jamais), mais je suis zen. Et je suis bien. Le reste suivra. J’ai confiance.

Chercher l’équilibre

Non, je ne suis pas mort! Je suis bien vivant, mais j’ai une certaine perte d’intérêt envers le fait de bloguer, d’abord parce que ce WordPress de merde me pose des problèmes, mais aussi parce que je me concentre à d’autres projets d’écriture (et on va l’avouer, bloguer prend du temps).

Je me sens en profonde réflexion sur mon prochain roman (enfin, celui qui est déjà écrit, mais non publié encore). Ce qui est ironique, c’est que je n’ai jamais eu autant de bons commentaires sur mes écrits (des commentaires positifs de la part de gens chez Radio-Canada et La Presse), mais ça stagne. Je voudrais le retravailler encore, mais je m’en empêche présentement, parce que je n’ai encore aucune nouvelle de mon éditeur. Il est très occupé, il m’a déjà dit que ça prendrait quelques semaines. Pas de problème. Pendant ce temps, je me concentre sur un autre roman. Un roman pour ados. Là encore, je me sens un peu perdu, parce qu’à force d’écrire, de se faire commenter, de se faire dire que c’est bon ou mauvais, on en vient à ne plus trop savoir ce que l’on devrait faire. Peu importe, je me lance quand même. Ce sera soit une courte aventure, ou une longue aventure remplie de hauts et bas. Le défi est lancé.

L’été est à nos portes, et me voilà de retour à fond dans le sport. Le gym fait partie de ma routine depuis février; 4 sessions par semaine. J’aime. J’aime parce que ça me donne un break de ma job. Une belle entente avec le boss pour me permettre d’aller m’entraîner à 14h pour revenir à 15h. Pour le moment, je m’y tiens et je suis très satisfait de ma motivation. Évidemment, rien de tout cela n’a d’incidence dans mon corps. Je suis le seul coupable. J’ai beau m’entraîner 4 fois par semaine et faire 7km de vélo pour revenir chez moi du travail chaque jour, c’est ensuite que le bât blesse. Mon système de récompense est malsain. Malsain dans le sens où je me récompense sans cesse, en me faisant croire que je fais beaucoup d’effort. Mais au final, j’annule tous ces efforts et ils se perdent. Statu quo.

Je suis toujours célibataire. Je ne rencontre plus beaucoup. Je suis dans une passe où je me lasse vite, parce que la trentaine arrive, parce que j’ai l’impression d’avoir vécu toute ma vie en condensé dans la vingtaine. Sentiment très mauvais. Pourtant, je ne lâche pas, je reste positif. Un jour, je recommencerai à aimer. Mais ce n’est pas au programme pour l’instant.

Ces temps-ci, je me sens comme un consommateur. Après la nouvelle laveuse-sécheuse et le lave-vaisselle, j’ai opté pour un nouveau Barbecue. Il faut que mes soupers soient mieux contrôlés. C’est là que le problème est. Je réussis à avoir un « régime» sain pour le déjeuner et le dîner, mais tout part en vrille quand j’arrive chez moi. Encore la mauvaise méthode des récompenses.

Je ne peux pas le nier. Je suis encore dans ma phase de plaisir. Ce qui signifie que mon plaisir passe avant ma logique. Ça se fait en un claquement de doigts, j’envoie tout balader et je me gâte. Mais ce n’est pas encore le point essentiel. Ce qui importe, c’est de retrouver la joie de vivre. D’accepter son sort. De passer à une autre étape de ma vie. Je me suis donné le défi pour 2013. Cesser la nostalgie, éliminer les souvenirs passés, les oublier pour de bons.

Ça m’a pris du temps avant de comprendre que ça ne sert à rien de courir après les gens qui ne nous aiment pas. Rien ne sert de donner de l’importance à des êtres qui s’en balancent. Voilà, c’est ma petite pensée de la journée.

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