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Hiver 2019

Eh lalalala. Je n’arrête pas de me dire que je ne devrais pas écrire ici présentement. J’ai de la misère à comprendre la pulsion qui me fait écrire ces mots maintenant.

J’avais pourtant promis d’écrire ici une fois par saison. On y est. HIVER 2019.

OK. Soyons honnête; je ne sais pas pourquoi je veux écrire ici. Pulsion? Obligation? Truc égoïste? Je ne sais pas trop. Quand je regarde vers l’arrière, je ne peux pas me mentir, mon automne a été extra. Je vivais une petite relation sans conséquences avec un kid de 18 ans de Sherbrooke. Je savais que ça n’allait par durer. Je n’étais pas dupe. Mais il me rendait heureux. Ben oui, il avait une belle et grosse bite. C’est ridicule quand on y pense, non? Et pourtant…

2019 m’a amené beaucoup de shits. C’est pas une grosse nouvelle, mais je dois avouer que je ne m’attendais pas à autant. Certes, je vais bien. Ce n’est pas le plus gros problème. C’est juste que je me sens dans un no where. J’adore les gens que je fréquente, mais c’est comme si j’avais l’impression de les utiliser pour arriver à un certain bonheur. Et ça, c’est mal. Right?

Ce que j’ai envie de dire, c’est que je ne reviendrais jamais en arrière. En ce qui me concerne. Le seul truc qui me dérange, c’est que je ne sais toujours pas ce que je veux. Il y avait beaucoup d’illusions dans ma tête quand je pensais que changer mon style de vie allait tout modifier. En réalité, je me rends compte que j’ai encore beaucoup de fantômes du passé à chasser. Oui, j’ai plus de confiance en moi. Oui, je m’estime mieux que jadis, mais au final, je ne sais toujours pas ce que je veux, et ça, eh bien, c’est un travail de jour en jour.

En fait, je me rends tristement compte que j’ai pas tant envie d’écrire ici. Il me reste plusieurs démons à combattre; que ce soit au niveau de la consommation ou des relations intimes. Je me demande si un jour je me sortirai de ce cercle vicieux. Je pense que j’adorerais être capable de mettre une croix sur mon passé, sur la nostalgie, sur tous ces souvenirs que je ne voudrais pas avoir vécu (pour ne pas m’en rappeler). C’est une cause perdue, je le sais bien.

Le seul point positif, c’est que je me sens de mieux en mieux dans ma vie, dans mon corps, dans mes projets d’avenir. Mais encore là, je repense au passé; à ce que j’ai été, à ce que je voulais être, à ce que je suis devenu.

Je ne regrette rien de ce que je suis devenu. Je n’ai pas de remords de ne pas avoir fait ci ou ça. Je suis bien avec moi-même. Je veux simplement m’améliorer encore plus. Devenir un homme avec de la classe. Éviter le drama et les histoires du passé. Je me pense sur la bonne voie. Mais allons, ne soyons pas naïf. Il reste beaucoup de travail sur moi-même. Sur mon passé.

Et mes cheveux ne changent rien à cette histoire…

Je tenterai un 2e essai pendant l’hiver. Je me rends compte que je ne peux pas fournir une publication de blogue adéquate présentement. Pas par paresse. Non. Simplement parce qu’il y a tant de choses en suspend, que je ne peux simplement pas porter un masque et dire que tout va bien. Pourtant, tout va bien. Je n’ai pas besoin de me travestir pour le prouver. Je ne suis juste plus aussi effronté pour abattre mes cartes sur table. Il y a 20 ans, je m’étais promis de tout dire ici. Sans filtre. Sans censure. Sans rien. Je me rends compte peu à peu que c’est délicat. Je pense que vieillir donne une certaine envie; une envie de se retirer du monde public. De simplement devenir anonyme. Les blogues, c’est un peu ne plus être de son temps. Parler dans le vide. Dire des choses qui importent peu aux autres. Qui ne donnent rien par rapport à ceux qui sont vraiment importants.
Je voudrais m’excuser pour tant de gens; ces morts, ces relations disparues, ces sentiments étranges, ces doutes, ces expériences d’un soir, ces nuits de solitude, tout ça, tout ce mal et ce bien à la fois.

Je me contenterai donc de dire une seule chose; les êtres valent mieux que les likes, tout ceux qui naviguent autour de votre vie vaudront toujours plus que votre attrait virtuel. Ce n’est pas de la fake news, c’est simplement la réalité de la vie. Cessez de vivre pour le public. Vivez pour ceux que vous connaissez, ceux qui vous donnent une certaine importance dans leur vie. Vivez. Tout simplement.

On perd énormément de gens avec les années. Si vous avez atteint plus de 30 ans alors que vous me lisez; je pense que vous comprenez ce que je veux exprimer ici. L’amour est le meilleur des moteurs. L’estime des autres vaut uniquement la peine si vous décidez de vous estimer vous-mêmes.

 

Sables mouvants

sable

Il y a un truc vraiment ironique dans la vie. Peut-être que plus tard, on y voit moins de cynisme et on se met à rire en se tournant vers certaines périodes de notre passé. Mais présentement, je vis une dichotomie entre la qualité de ma vie (entendre; ce que j’ai réglé de mes démons) vs la qualité de la présence des autres dans cette même vie.

J’en vois déjà qui lèvent les yeux au ciel en se disant que je vais chialer sur mon sort ou me plaindre de x ou y. Pas tout à fait. En réalité, si on dresse une ligne du temps et une ligne de nos buts, je serais foutrement ingrat de dire que je ne suis pas satisfait du déroulement. Je pense que mon combat gagné, le plus important, devait être par rapport aux substances que j’ingérais. Et la bonne nouvelle, c’est que je suis passé à autre chose, pour de bon, sans nostalgie (si ce n’est peut-être ma taille qui était plus fine… mais ça ne valait pas la destruction du corps). Ça s’est aussi amélioré côté alcool, quoique j’ai du travail encore à faire de ce côté. J’ai beau avoir diminué de 75 % dans ma fréquence, reste que je me gâte encore un peu trop quand je m’en permets.

Ma vie s’améliore aussi côté travail, avec de nouveaux avantages qui m’ont montré que la persévérance peut payer (même si je me considère encore sous-payé, mais il faut faire la part des choses). J’aime mon travail, j’y suis heureux et j’arrive à remplir mes responsabilités niveau hypothèque. Quand je dis mon salaire à quelqu’un, que je lui parle de mes mensualités, la plupart n’arrive pas à comprendre comment j’y arrive. Ça demande beaucoup de sacrifices. Mais j’aurais de la difficulté à revenir en arrière. Voilà pourquoi je dis que plus les années s’écoulent sur cette ligne de temps, plus mes buts sont atteints. Ce n’est pas facile, mais il faut ce qu’il faut.

Ce que j’ai remarqué, c’est que les sacrifices touchent surtout la vie sociale. Moins de sorties, pas de restaurants et le moins de bars possibles. Ça tombe bien, j’avais pas mal fait le tour des soirées qui s’étirent jusqu’à 5 heures du matin. Et puisque les paradis artificiels ne m’intéressent plus, ça passe encore. C’est surtout au niveau des amitiés que tout déraille. Dans la vingtaine, on fait des acquis amicaux. On s’imagine que les moments resteront figés, qu’ils se répéteront sans cesse jusqu’à notre dernier souffle. Dans la trentaine, on comprend qu’il ne reste pas grand-chose de ces beaux idéaux. Et comme je l’expliquais dans un article précédent, ce n’est pas nécessairement des disputes ou des malentendus qui détruisent nos relations amicales. C’est le jeu du temps, des absences, des occupations multiples qui font en sorte qu’on ne peut plus se séparer en quatre (on vieillit, on cherche le confort de notre salon, le petit bonheur sale de la télévision et du diable Netflix).

Je réagis toujours un peu tout croche quand on s’approche de mon anniversaire. Parce que c’est souvent à ce moment-là que les compteurs se remettent à zéro. Que l’on voit qui sont les gens importants dans notre vie. Je m’étais fait la même réflexion l’an passé (et pourtant, j’avais eu un anniversaire fantastique), mais je me rappellerai toujours la réaction d’une de mes amies qui était rentrée chez moi en s’exclamant: mais qui sont ces gens? C’était la seule de mon ancien groupe d’amis qui avait daigné venir fêter avec la quinzaine de personnes qui étaient là (tous des visages inconnus pour elle, car comme je l’ai dit, la vie est mouvante, et ceux qui étaient là pour nous hier, ne le sont pas nécessairement aujourd’hui). Je me rappelle que ça m’avait un peu blessé. Mais je pense que j’ai toujours eu la mauvaise attitude par rapport à tout ça; moi j’étais allé à leur anniversaire, à leurs soirées, à leurs événements. Mais le renvoi d’ascenseur n’y était pas.

Cette année, j’avais pris la décision de simplement… ne rien faire. Pas de déception, pas d’obligation, rien. Et j’aurais dû suivre cette idée. Mais j’étais saoul vendredi dernier, et on m’a convaincu de lancer une invitation comme ça. Je l’ai fait parce que j’avais bu, mais sinon j’aurais résisté. Encore une fois, ça m’a montré le vrai visage de certaines personnes. Quelqu’un qui quitte une conversation sans même prendre la peine de dire qu’il est simplement occupé ou qu’il ne peut pas, je trouve que c’est un manque de respect flagrant. Si j’avais eu 25 ans, j’aurais probablement critiqué et fait une scène. À bientôt 33 ans, je trouve ça irrespectueux, et ça s’arrête là, tout simplement. Je ne sais pas pourquoi je me battais tant pour des amitiés à sens unique. J’ai toujours trouvé que les plus belles amitiés étaient celles qui étaient loyales et égalitaires. Mais mon discours s’est modifié, et je suis à l’âge où je n’ai plus de temps pour ce genre de bataille. Je resterai donc silencieux. Après tout, si je suis supposé n’attendre rien d’eux, ils ne seront pas surpris de ne plus attendre rien de moi.

La réalité, c’est que je vois encore beaucoup le bien chez les gens qui me sont chers. Je vis dans un monde légèrement naïf. Les années à venir me montreront probablement que j’avais tort de ne voir que le bon chez les autres. Et il n’y a pas de rancœur. Sables mouvants. La vie n’avance pas en ligne droite. Je me dois simplement de perdre mes illusions sur l’importance que certaines personnes accordent à ma présence ou à ma personne. Ce n’est pas plus mal. On apprend. C’est sain.

Je discutais avec un autre ami qui me racontait que les gens le trouvent parfois lourd et trop insistant. J’ai avoué à cet ami que c’était vrai. C’était une conversation calme et honnête. Ç’a eu l’air de le faire avancer dans son cheminement. Et c’est seulement maintenant que ça me frappe; peut-être que je suis ainsi? Peut-être que c’est moi qui en demande trop aux amis autour de moi. Pas dans le sens où je les harcèle, non. Plutôt dans mes attentes envers eux. Après tout, chacun sa vie, chacun ses occupations. Je pense que m’effacer un peu ne peut pas faire de tort. En même temps, une partie de moi reste encore submergée de doutes. En s’effaçant, on signe souvent un acte de disparition. Mais si c’est ce qui devait arriver de toute façon, alors c’était dû pour arriver.

J’ai la même philosophie en amitié qu’en amour. Je pense que je serai toujours heureux de croiser des personnes qui ont été importantes pour moi, que ce soit dans une année ou dans dix ans. Mais cette vision des choses m’a toujours enfermé dans un monde de bizounours un peu trop utopique. C’est comme quand je disais à mon premier amour que l’on se reverrait à l’âge de 40 ans, ou quand je disais à mon ex de revenir me voir dans 5-10 ans. Au final, cette porte entrouverte, cette mince lueur d’espoir; elle ne fait pas vivre, non, elle transforme l’attente en colère, puis en résignation. Et une fois la page tournée, la souffrance vécue, c’est comme s’il n’y avait plus de retour en arrière possible.

Parlant d’ex, j’ai eu une discussion avec le mien. Une vraie discussion. Entre deux adultes, sans jeux de séduction ou sans espoir/attente. J’ai enfin eu les explications de sa disparition. Ce n’était pas une belle histoire. Il se soigne à présent. Et je n’en dirai pas plus, car il n’y a plus rien à dire sur ce sujet qui ne concerne que lui et sa vie personnelle. Comme vous pouvez le constater aussi, je suis devenu beaucoup plus discret sur ma relation de couple aussi. En fait, je ne gagne plus rien à exposer ma vie intime ici. C’est peut-être la raison pour laquelle je parle si souvent en paraboles. Comme une discussion qui frôle un peu l’onirisme, sans pointer des individus en particulier. On pourra dire que j’ai enfin appris à mieux gérer mes histoires et mes racontars. Je sais, ça fait un blogue plutôt plat et lisse. Mais c’est beaucoup plus rassurant que les confrontations qui en découlaient par la suite.

Alors, je suis zen. Presque comme un spectateur zen, qui regarde la vie des autres comme l’alignement des planètes; peut-être qu’un jour je recroiserai certaines personnes, mais peut-être aussi qu’il vaut mieux que le passé se perde dans l’univers et ne revienne jamais.