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La crise de la trentaine?

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J’aurais beaucoup de sujets à aborder aujourd’hui. Je ne sais pas trop comment commencer, donc ce sera sûrement du point par point.

Je veux d’abord commencer par le film Love de Gaspar Noé que j’ai vu lundi dernier. Vous devez savoir que je n’ai rien contre la sexualité explicite; pas du tout même, si elle sert le récit, il n’y a aucun problème. Mais l’impression que j’ai eue en voyant ce film, c’est que le réalisateur voulait tenir son public attentif en diffusant des scènes explicites. Sérieusement, en supprimant les scènes de cul de ce film, on a droit à tous les mauvais clichés de films français (la mort, le deuil, le temps, blablabla). Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas emmerdé autant au cinéma. Gaspar Noé nous sert de belles phrases improvisées sur la vie humaine, et il nous balance des pipes, des trios, des orgies et des éjaculations en plein visage (c’est le cas de le dire)! S’il n’y avait pas ces scènes de sexe, le film serait encore plus vide. Et la mauvaise manie de ce réalisateur, c’est de prolonger le supplice, de faire en sorte qu’on soit exaspéré jusqu’à la fin. La scène avec l’enfant dans le bain est tellement pathétique, je ne peux pas croire que des gens se retrouvent et apprécient ce genre de navet. Je n’ai vu qu’un seul autre film de ce réalisateur (Irréversible), et au moins, dans ce film, on comprenait que la fin était plus lente, plus amoureuse et cheesy. Mais ici, les longueurs sont troublantes. Je ne suis pas sortie de cette projection choqué, je suis sortie du cinéma en criss, parce que j’ai eu l’impression qu’on m’a fait perdre mon temps.

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C’est tout le contraire qui s’est passé avec le documentaire L’Amour au temps du numérique de Sophie Lambert diffusé à Télé-Québec. Je lisais Judith Lussier dans le Journal Metro aujourd’hui, et je dois avouer que je n’ai pas compris son point de vue. On ne parle pas de tous les jeunes adultes, certes, mais on parle quand même de nombreux cas, même si ceux-ci ont été triés sur le volet. C’est une représentation assez exacte des amours que vivent cette génération qui vient (déjà) après moi. Je l’ai connu à ses débuts, et je dois avouer que je suis bien content de ne pas avoir grandi avec ces phénomènes de réseaux sociaux et d’hypersexualisation. J’étais à la limite, comme on dit. J’ai compris exactement le propos du documentaire, et quand certains journalistes essaient de minimiser la chose, j’ai l’impression que c’est le signe qu’ils n’ont pas vécu la chose et qu’ils croient que leurs propres expériences sont un exemple parfait du «je ne suis pas comme eux». Eh bien, désolé, chers journalistes, peut-être que vous étiez déconnectés de la réalité, mais ce documentaire représente bien la génération d’aujourd’hui, et quand même beaucoup celle qui vient avant.

Vous pouvez voir les deux parties du documentaire sur le site de Télé-Québec. Ça vaut le détour.

Je saute du coq à l’âne, et je voulais aborder le sujet des trolls sur Facebook et sur le Web en général. Bon dieu que c’est rendu grave! Je ne veux pas sonner dramatique, et j’accepte facilement la critique, mais ces derniers temps, j’ai l’impression que les réseaux sociaux sont devenus un Far West pathétique. Je reçois près de 5-6 demandes d’amitié par jour sur Facebook, et avant, j’acceptais tout le monde, mais j’ai dernièrement vécu beaucoup trop de trolling pour continuer à accepter tout le monde sans analyser leur profil. Quand on ne me spam pas sur mon mur Facebook avec des messages idiots de prêts ridicules, on me bitch sans même m’avoir lu. Je dois avouer que ça me fait sourire. C’est fou comme certaines personnes ont du temps à perdre à vouloir détruire les autres. Je m’amuse dans mes réponses, en jouant d’ironie, mais je me rends compte que tout ça commence à me tirer beaucoup d’énergie. Il faut que je me rende à l’évidence, je vais devoir commencer à mieux surveiller qui j’accepte et qui je refuse. C’est triste.

Sinon, dans les autres nouvelles, Renaud-Bray vient de renouveler mon entente de roman jusqu’au 31 janvier 2016. C’est fou! Ça fera bientôt deux ans que mon roman est sur les tablettes! Même dans les maisons d’édition normales, ce laps de temps est perçu comme un miracle. Je sais que l’histoire achève, mais je suis encore agréablement surpris des critiques qui sortent deux ans plus tard. Et les critiques me font parfois sourire. Je dois avouer que j’avais été chanceux; je n’avais pas vraiment reçu de critiques négatives sur mon roman. Mais parfois, les critiques sortent en même temps, et elles sont tellement opposées entre elles, que je ne peux m’empêcher de rire. Le meilleur exemple s’est produit cette semaine, où j’ai eu droit à une critique moyenne versus une critique parfaite. Voici une critique sur le site du Contemporaliste et en voici une autre sur le site Le Fil rouge. Attention aux spoilers pour ceux qui n’ont pas lu le livre encore.

Tout ça me conforte dans ma position sur le milieu de l’édition. Je dois l’avouer, je suis un peu un éditeur. Beaucoup même. Comme je me suis occupé de tous les segments du processus de publication de mon roman, je connais les rouages. Et tout ça me fait hésiter, ça me donne presque le goût de retourner à l’université pour approfondir mes connaissances en édition. Je crois que j’ai réussi là où peu de gens y sont arrivés. La question que je me pose, c’est est-ce qu’il y a un avenir dans le milieu de l’édition? J’en doute de plus en plus. J’ai l’impression que les prochaines années me donneront raison; que si un auteur veut vraiment se faire connaître, il devra se fier à lui-même, et certainement pas à une maison d’édition qui lui donnera 10 %. Quand je me compare aux autres écrivains qui ont publié dans les maisons traditionnelles, je ne peux que me réjouir de ne pas m’être fait avaler par le réseau. Entre faire 1500$ de profit et 15000$, je choisis la deuxième option. Mais je considère que tout le travail effectué n’en vaut peut-être pas la peine. Ce n’est en rien une question d’être reconnu par les pairs, ça, c’est un détail. Mais dans notre nouveau millénaire, je comprends que la façon d’éditer un livre n’est plus pareil qu’il y a quelques années. Les temps changent, et le milieu du livre a beaucoup de difficulté à s’adapter. Je ne sais pas ce que je deviendrai en tant qu’auteur, mais ce qui me rassure, c’est que je suis capable de mener à moi-même une maison d’édition qui fait du profit. Et ça, je reste surpris que les maisons d’édition normales ne l’aient pas encore compris, qu’elles ne soient pas encore venues chercher mes services. Ça sonne un peu pompeux, mais leur but n’est-il pas de faire de l’argent? Moi, je sais comment. C’est leur perte, comme on dit…

Je pense que je suis dans une sorte de crise de la trentaine. À me demander ce qui serait la meilleure avenue; continuer sur le chemin de l’indépendance, ou m’allier à une maison d’édition qui a déjà fait ses preuves.

Ces moments de silence, suivi de: comment je me suis pété la gueule dans les profondeurs de la STM

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Presque un mois sans dire un mot. J’en ai eu envie quelquefois, puis j’oubliais, tout simplement. Je me suis posé la question, à savoir si ça signifiait que je n’avais plus rien à raconter, si je n’avais plus envie de m’expliquer ma propre vie…

La conclusion est plus subtile (difficile?) qu’une simple rationalisation de mon état. Je vis souvent le même genre de petite descente quand le projet sur lequel j’ai travaillé meurt à petit feu tranquillement. Ce n’est pas la peine de ne plus le vivre; durant ces moments, je me rends compte que j’ai fait le tour, et qu’il faudra éventuellement quelque chose, car l’humain est en constante quête de renouveau. Et ce renouveau, je ne l’ai pas encore retrouvé, et je ne suis pas convaincu que je le retrouverai dans le roman, mais ça, qui sait…

Je pourrais parler de ménage dans ma vie, mais ceux qui importent sont au courant.

Je pourrais parler de mon ex, mais j’en ai fait le tour, même si j’ai vécu tout un lot d’émotions en le croisant dernièrement.

Je pourrais parler de ma vie de couple, parce que je suis en couple avec un homme.

Je pourrais parler des ventes de mon roman, mais elles vont si bien qu’il ne reste que des miettes de livres ici et là.

Je pourrais parler de mon psy, de mes efforts pour atteindre un équilibre alimentaire, de ma manière de contrôler mes mauvaises pulsions en ce qui a trait à l’alcool.

Je pourrais me féliciter d’avoir terminé mon traitement pour cesser la cigarette lundi dernier.

Mais je pense que la vie m’a fait attendre, parce qu’elle ne voulait pas que j’écrive encore. Elle préférait me donner un nouveau défi; soit celui de me casser la gueule dans les profondeurs de la STM.

Eh oui, la STM s’est bien vengée de mes innombrables piques concernant son service et le salaire trop élevé de ses dirigeants. C’est comme si l’entreprise de transport en commun avait planifié une incantation vaudou contre moi. En fait, c’est ce que j’aimerais pouvoir dire, pour me cacher derrière ma connerie humaine, mais j’en suis venu à la conclusion qu’il fallait que j’affronte ma stupidité comme un grand. Car c’est l’un des défis que la vie m’a donné dernièrement. Voici donc le récit qui a chamboulé ma vie en trois secondes…

C’était samedi dernier, en fin d’après-midi, je devais prendre le métro, puis prendre un autobus, puis prendre un train. C’est le chemin à suivre pour se rendre chez mon copain, qui habite, comme j’aime le dire, en campagne. Je n’étais pas en retard. Peut-être un peu juste, mais si la lumière au coin de la rue était restée rouge quelques secondes de plus, probablement que je n’écrirais pas ces lignes aujourd’hui.

J’ai donc dévalé les escaliers roulants de la station de métro, comme je l’ai fait des milliers de fois. Un couple niaisait et prenait son temps devant moi, et j’ai senti l’impatience grandir dans mon ventre. C’est que j’entendais déjà le wagon qui s’en venait à quai. Quand je l’ai aperçu, il était déjà là depuis un bon moment (5 secondes). Je n’avais pas encore entendu la petite musique qui t’annonce, en te narguant presque, que c’est trop tard. J’ai donc dévalé les quelques marches en écoutant cette chanson maudite et en voyant les portes commencer à se refermer. Il me restait trois secondes. J’aurais pu simplement insérer mon sac de gym entre les portes et causer une réouverture, mais tout à coup, le défi était de réussir à rentrer dans le wagon, à y faire passer mon corps en entier. Et je me revois, aux pas de course, propulsant d’abord mon sac devant moi, réussissant à poser un pied à l’intérieur du wagon.

Ce que je n’avais pas prévu, c’était la mince couche d’eau sur le quai. La température douce qui rend la neige en slush, tout ça traîné par les bottes des gens… Mon soulier n’avait rien vu venir non plus, et c’est à ce moment que le glissement s’est produit. D’abord, dès la première fraction de seconde, je me suis étendu de tout mon long dans le wagon; j’ai presque pensé crier « victoire! ». J’aurais eu l’air complètement fou étendu au sol, mais bahhhh, j’avais vécu pire humiliation. Mais lorsque j’ai entendu un «CRACK!» par-dessus la musique de mes écouteurs, j’ai compris avant même de hurler ce qui venait d’arriver. Mon pied gauche, entre le quai et le wagon, dans ce petit espace vide où rien ne devrait s’insérer, à défaut de ne plus jamais le revoir. J’y ai vu mon pied; se tordre, se mutiler, devenir guenille dans un mouvement qui n’avait rien de naturel. Je suis tombé, le pied coincé, et mon propre poids a fracturé ma cheville… c’était inévitable. Et je le savais déjà, alors j’en ai profité pour hurler et sacrer, couché par terre, pendant que le wagon reprenait sa route vers la prochaine station, comme si de rien n’était.

Quand des passagers ont tenté de me toucher la jambe, j’ai tout de suite crié qu’il ne fallait surtout pas, qu’elle était sûrement cassée. Je me suis donc agrippé à deux gaillards, jeunes et beaux d’ailleurs (je l’ai remarqué; c’est bien la preuve que ce n’était pas mon jour de mort haha). Les deux mecs m’ont fait monter à l’étage vers le changeur. L’un a dit: « ça paraît que tu as mal! » C’est là que j’ai compris que je dégoûtais à pleine sueur, en choc traumatique, sur l’adrénaline. J’étais trempé de partout.

Le changeur était une exception à la règle: super sympathique. Il m’a servi de l’eau, m’a donné des essuie-tout pour m’essuyer la face un peu. Je ne voulais pas appeler d’ambulance, car j’étais tout près d’un hôpital. J’ai attendu les policiers du métro; encore deux beaux jeunes hommes gentils. Ils m’ont soutenu dans ma triste marche jusqu’à l’hôpital de l’autre côté de la rue. Et là-bas, une belle attente allait commencer.

Un seul médecin pour voir la pièce entière remplie de gens. Système de santé pathétique. Vraiment. Et la niaiserie encore pire; impossible de passer une radiographie avant que le médecin l’autorise. Ri-di-cu-le. Je savais pourtant que j’avais une fracture, c’était inévitable. Mais non, j’ai dû attendre 4 heures pour voir un médecin cinq secondes qui m’a dit que tout ce qu’il y avait à faire était d’aller faire… une radiographie (nonnn??? Vraiment??!) En observant les méthodes et les règles complètement ridicules de l’hôpital dans lequel je me trouvais, j’ai compris pourquoi le système de santé était ridiculement engorgé. J’en ai d’ailleurs vu de toutes les couleurs durant mon attente.

Je suis sorti vers 22h00 le soir, avec un plâtre temporaire et un verdict que je connaissais déjà au fond de moi: fracture de la cheville gauche. Le médecin n’étant pas capable de lire une radiographie comme il faut, il m’a donné rendez-vous le lundi suivant, afin qu’un radiologiste donne son avis sur la blessure (le technicien m’ayant fait passer la radio ne devant pas être assez qualifié, je suppose).

Je suis sorti de l’hôpital avec une constatation; bon dieu, il ne faudrait pas être sur le bord de la mort et atterrir dans cet endroit! Heureusement, ce n’était pas mon cas, et j’étais bien accompagné de mon meilleur ami Thomas. On a ensuite passé la soirée ensemble. Ça faisait un bail qu’on ne s’était pas vu. J’aurais préféré d’autres conditions, mais la vie ne nous laisse pas toujours le choix. Elle ne lui a pas laissé beaucoup de choix non plus; il a dû me déshabiller pour la pose du plâtre et il a joué au taxi. En poussant mon fauteuil roulant dans le couloir de l’hôpital, on s’est passé la réflexion qu’on ne vivait jamais de moment comme les autres. Nous, on ne vit pas des enterrements de vie de gars ou des mariages; on est surtout là quand l’un ou l’autre est dans la deep shit. C’est ça, la vraie amitié.

Plus tard dans la soirée, Juan est venu faire son tour, complètement saoul, et ça a permis de détendre l’atmosphère. C’était une belle visite. Mon mec est venu me voir le lendemain, puis lundi mes parents sont venus me chercher pour aller passer du temps à la maison familiale. J’ai eu droit à un arrêt de travail jusqu’en janvier, mais comme mon assurance au travail est merdique (pas d’assurance courte durée), j’ai dealé pour pouvoir continuer à travailler de la maison. Je me tape présentement des 12 heures par jour. Mais de toute façon, je n’ai que ça à faire.

Je ne serai donc pas très très sorteux durant le temps des Fêtes. L’an passé, c’était la grippe du siècle. Cette année, c’est l’handicap. J’essaie de prendre tout ça avec un grain de sel. La rengaine «chanceux dans sa malchance » s’applique souvent dans ma vie.

Toute cette aventure me fait réaliser qu’on ne sait jamais quand la vie peut basculer. Sans prendre un ton dramatique, mais… c’est si vrai qu’on ne sait pas quand notre dernier souffle sera venu. Et je suppose que c’est correct comme ça. Je ne peux pas dramatiser la chose, parce que je chignais qu’il ne se passait pas grand-chose dans ma vie dernièrement. Eh bien, voilà le nouveau défi. En fait, il y en a deux; et le plus difficile ne sera pas dans les mouvements, mais bien au niveau de la prise de poids. En arrêt de travail, mais aussi en arrêt de gym (ou du moins de cardio), j’espère que ça ne fessera pas trop fort sur la silhouette. Pour le reste, ce sera un bel indice d’observer qui viendra me voir et qui ne sera pas là. Une autre méthode pour connaître ses vrais amis en soi.

Ce qui est le plus chiant quand on perd l’usage temporaire d’une jambe? SE LAVER! Bordel que c’est un casse-tête! Une chose est certaine en tout cas, je vais économiser de l’argent. Vous imaginez? Je ne peux pas faire d’épicerie, et je ne peux même pas décider d’aller m’acheter une bouteille de vin au coin de la rue.

Sinon, je suis un danger public en fauteuil roulant. Et je suis un danger pour moi-même avec des béquilles (le p’tit Jezus ne serait pas content de m’entendre sacrer de même lol).

Alors voilà! Je vous souhaite un beau temps des Fêtes; plus actif que le mien (ce ne sera pas difficile!). Pour ceux qui cherchent encore mon roman, il reste 19 copies au Québec et 5 copies en France. J’ai aussi deux copies que je peux dédicacer pour ceux qui passent par Paypal (voir les infos dans le coin droit!) Dépêchez-vous 😉

Un livre

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Hausse à la STM, c’est confirmé.

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