Posts tagged "Maxime Collins"

5 ans après

passe

Et voilà, on y est. C’est ici que le vrai décompte commence. La journée du 31 mars est vraiment une journée remplie de signification pour moi. En 2013, je terminais la dernière révision de mon roman avant de l’envoyer en correction. Mais surtout en 2014, je dois avouer que je chiais beaucoup plus dans mes culottes qu’en ce moment. C’était jour de lancement. Le Jour X. Il faisait heureusement beaucoup plus ensoleillé qu’aujourd’hui. J’étais dans un tout autre état d’esprit. Deux ans, c’est un peu comme dix ans pour moi, si je reviens vers l’arrière. Je ne m’attendais pas à vivre tout ce qui allait suivre. Je ne m’attendais pas à grand-chose, si je suis honnête. J’étais encore trop embrouillé dans d’autres petits drames devenus inutiles au fil du temps.

Quand je pose un regard vers l’arrière en ce moment, le petit gars que je vois, c’est celui avec un manque de confiance, qui fait trop la fête, surtout pour oublier le bon sexe (alors qu’ironiquement, il n’avait jamais eu autant de partenaires sexuels). C’est le gamin qui n’a pas été capable de retenir sa souffrance de perdre un seul être, qui a dû l’exprimer aux yeux du monde, comme si ça rachetait la peine de la disparition de l’ex. C’est tout de même spécial les réactions qu’on peut avoir par rapport à certaines personnes dans nos vies.

Bref, il y a du chemin qui a été fait. Beaucoup de chemin et de travail sur ma propre petite personne, qui est quand même loin d’être parfaite ou à mon goût, mais ça c’est un autre débat. Si je suis heureux d’une chose, c’est que j’ai réussi à tasser les gens néfastes dans ma vie, que j’ai gardé le meilleur des autres, que j’ai pardonné à beaucoup de monde, mais aussi que j’accepte que certaines personnes ne veulent pas me pardonner. Ça fait partie de la game.

Je pensais en avoir beaucoup à dire sur ce 31 mars 2014, sur Peut-être jamais, sur le processus, sur l’écriture, le lancement, et tralala. Mais au final, non. Parce que wow, j’ai tout dit. Tout est là. Il n’y a rien à ajouter. Je me questionne encore à savoir si ça faite tant de bien que ça ou non. Je suppose que je ne le saurai jamais.

Et quand je disais que les 31 mars sont persistants dans leur signification, je faisais référence aux boîtes qui m’entourent présentement. C’est reparti pour un déménagement en avril. Après 5 ans à vivre au même endroit. Quand je regarde ce petit appartement, je ne peux que voir défiler les dernières années. Beaucoup de drames, beaucoup de sexes, beaucoup de joie, beaucoup de projets, beaucoup de nuits blanches, beaucoup de souvenirs d’adulescent.

J’ai eu du plaisir ici. Des rencontres. Des conversations que je ne crois plus jamais revivre dans ma vie. Des confidences énormes et intenses. Toute une vie magnifique, malgré les coups bas. Je me suis vu maigrir, je me suis vu engraisser, je me suis vu me muscler, je me suis vu me frustrer. C’était un peu comme le prolongement de ma jeunesse qui ne voulait pas mourir. Maintenant, quand je regarde ce qui s’en vient, je n’ai pas le choix de voir les obligations, les paiements, le travail et la vie d’adulte. Mais au contraire d’il y a 5 ans, aujourd’hui, je n’y vois plus quelque chose de si négatif. De toute façon, ça fait des mois que je n’ai pas posé les pieds dans une boîte de nuit (et je ne m’en ennuie pas). Il m’arrive par moment de ressentir un petit désir pour les euphories d’avant, mais il est vite dispersé quand je me rappelle les lendemains de veille.

J’aurais vraiment tout fait ici. Ma vie artistique, ma vie sexuelle, ma vie nostalgie, ma vie professionnelle, ma vie amoureuse, ma vie amicale… Et le grand saut sera un long vertige. Je ne garde rien. Outre mon lit et ma laveuse-sécheuse. Tout le reste ne m’appartient plus. Tout est donné, tout est vendu, tout est jeté. Les vieux meubles que j’ai transportés comme des pièces à conviction des relations passées, la vaisselle qui ne m’appartenait pas, l’électronique désuète, les tables vernies à la sueur de mon front, le divan, la bibliothèque qu’on avait dû monter par le balcon, les luminaires qui se trouvaient dans mon premier appartement en 2006, les pôles à rideaux, les ventilateurs, la pharmacie, le frigo, le four, le lave-vaisselle. Adieu. Bye bye. Je recommence tout à zéro. Il n’y aura plus de souvenirs, plus de références à l’avant, plus rien même des morceaux de vêtements que je portais jadis. Se débarrasser de tout. Faire table rase. Ne restera que la présence de Rémi, l’abyssin. Une présence réconfortante, le seul lien qui pourrait me lier au passé.

Et je crois que lorsque je poserai le pied hors de cet appartement, ce sera bien la fin. Même si dans cet appart, j’ai ramassé mon ex à la petite cuillère deux fois plutôt qu’une. Mais bon, il n’y a plus grand-chose qui m’étonne, ce devait être la 4e fois après la deuxième rupture. J’en suis venu à en avoir assez des drames, du niaisage et surtout des mensonges. Je pense que toute cette époque m’a permis de comprendre que le mensonge était le pire poison. Ce doit être un peu pour ça que mon chum me trouve trop direct par moment. Quand j’ai fait quelque chose qui lui déplaît, il le sait avant même de poser un pied chez moi. C’est comme ça que je veux définir ma vie et mes actes à présent.

En même temps, je n’ai jamais eu la chienne comme ça. Une vraie chienne. Une chienne qui remplit de doutes, du genre : vais-je être capable de subvenir à mes besoins? Quel est le plan B de la vie pour fucker toute la patente? Je ne suis pas dupe, je sais très bien que d’autres choses vont arriver. It’s part of the process.

Alors, pour résumer ma vie et sa différence avec 2014, l’année de mon lancement, je dirais que j’ai repris mon projet de publication pour en faire un projet d’achat de condo. Je me doute bien que je ne serai probablement pas aussi gagnant dans ce projet que je l’ai été avec le roman. J’espère juste être capable de me sortir la tête de l’eau et de ne pas trop regretter mon choix. Mais ça, seul l’avenir le dira. Et il y a trop de données et d’éléments pour faire en sorte que je sois rassuré et confiant. Car le destin est un mystère, un mystère que je ne veux pas connaître de toute façon.

Alors voilà! En souhaitant un beau 2e anniversaire de publication à Peut-être jamais, je me souhaite surtout une transition agréable et pas trop dramatique. Et quand je regarde les deux dernières semaines qui viennent de se passer, je me dis que ce n’est pas gagné. Je suis passé près d’une crise cardiaque pour des chaises IKEA (!), j’ai pété une coche contre mon fournisseur d’électroménagers et je trouve déjà la banque qui m’offre mon prêt hypothécaire complètement idiote (elle lit les relevés de compte à l’envers et m’accusait de ne pas avoir assez de fonds pour le condo). Ça promet pour la suite! Il est vraiment temps que je recommence à courir sérieusement.

Les phases

phases

Mes chers amis, d’abord, je m’excuse pour le peu de mises à jour ici. Je suis pris dans un tourbillon de vie très intense, duquel j’ose espérer me sortir en mai… seulement.

Ces dernières semaines ont été charnières, parce qu’elles m’ont fait grandir. Encore un peu plus. Pas que de bonnes nouvelles, certes, mais beaucoup de positif. La plus grosse problématique, c’est qu’il m’est de plus en plus difficile de parler de moi-même aussi librement que je le faisais jadis. Et puis, ça devient égocentrique à la longue, non?

Je vis une période faste. Mais rempli de questionnements (ça, ça ne change pas!), ce qui est nouveau, c’est surtout les prises de décisions que je dois effectuer dans les prochains mois. On pense que notre vie sera un long fleuve tranquille dans la trentaine, eh bien, on a tout faux. C’est comme si je devais faire des choix obscurs qui sont garants de mon avenir. Mais c’est peut-être moi qui mets trop l’accent sur les répercussions de chaque petit mouvement de vie.

J’en parlais avec mon psy dernièrement; je suis dans plusieurs phases, comme la lune; où l’on mélange deuils et maturité. Je sais, je sais, la vie est faite d’une suite de petits deuils, c’est ce qu’on appelle l’évolution. Il faut savoir oublier des gestes, des pratiques, des moments, des anciens amis… 2016 sera définitivement la fin de plusieurs chapitres, à commencer avec un grand morceau; celui de mon appartement. Ça peut paraître étrange pour certains, mais depuis 4 ans, j’ai accumulé tant de souvenirs dans mon antre. Ce n’est pas le lieu qui importe vraiment, c’est plutôt la mémoire des gens qui sont venus le partager avec moi. Je me rappelle 2011, quand je suis débarqué ici, dans ce petit espace agréable et nouveau. Je traînais encore des histoires, des douleurs, des déceptions. On en traîne toujours, peu importe où l’on pose ses pieds. Mais il s’agissait d’un grand pas pour moi. Après deux échecs amoureux; prendre la chance d’un renouveau, essayer de se libérer des démons du passé. Tout ça s’est passé relativement bien, puis mal, puis bien, puis mal.

Bientôt, je laisserai cet espace derrière moi. Je tenterai l’inconnu. Je m’approcherai encore un peu plus de ce moment «adulte» que j’ai tant voulu repousser malgré tout. Mais à force de repousser l’évidence, on devient une caricature de la personne que l’on voudrait être.

Dans ce lieu, plusieurs hommes sont passés. Peu sont restés. Même chose pour les amis. D’une année à l’autre, ce n’est jamais pareil. On crée des liens, on en brise d’autres. Ça fait partir du vécu. J’ai longtemps cru que j’étais une mauvaise personne; parce que j’ai rarement été complètement heureux de vivre. J’apprends peu à peu à ne plus m’en faire. À me dire qu’il y aura toujours quelque chose d’autre. Il le faut. Sinon, on meurt.

Mon psy dit que je n’ai pas assez de fun. Que le seul plaisir qui semble me convenir vient des nombreuses substances qui ont parsemé mon chemin. Je travaille sur mon cas. Par phase. Et c’est un peu ma thématique de 2016; une phase par mois. En essayant de ne pas trop stresser, d’éviter la pression. Pas facile. Je suis quelqu’un qui me réfugie sans cesse dans le plaisir rapide; celui qui se consomme et s’oublie dès le lendemain. Mais peu à peu, mon but est d’éliminer ce genre de plaisir néfaste à ma vie. Je n’ai pas encore tous les moyens ou toutes les solutions pour réussir à me protéger de la nostalgie et du présent. J’y travaille, certes, mais j’ai une propension à revenir vers l’arrière, à toujours trouver que c’était mieux avant. Parfois, je me dis que je fais erreur, que de quitter mon petit nid pas cher et confortable, pour me cribler de dettes et d’insécurités, n’est pas la solution ultime. Mais j’ai vécu un déclic dernièrement: il faut avancer. Il faut foncer vers cette peur de l’inconnu, au risque de se péter la gueule, évidemment.

Les prochaines semaines seront des semaines cruciales pour mon avenir. Et je haïs cela, dans la mesure où je sais très bien que dès que l’on fait des plans, la vie se charge de faire dévier notre trajet pour nous amener vers un autre chemin. Je tente de ne pas me faire d’attentes, de ne pas trop organiser tout ce qui s’en vient, mais c’est fou, je pourrais dresser une liste de 20 items que je dois planifier prochainement. C’est même beaucoup plus angoissant que la publication de mon dernier roman. Il y a des coups de dés hasardeux, et il y a de la planification à effectuer, mais vous le savez, plus on planifie, moins ça se passe comme on l’espérait. Je dois être superstitieux, je préfère m’attendre au pire, même si je sais que le pire pourrait être encore pire et me surprendre.

Il m’arrive de plus en plus de me questionner, comme ça, en me demandant si toutes ces actions vont voir le jour, si je ne mourrai pas avant d’un accident banal. J’admire les gens qui se croient prédestinés. Parce que je n’arrive pas à me visualiser dans une simple vie, dans la simplicité du quotidien. On dirait qu’il y a toujours une faille, un mais si

Même si le prochain roman avance, je m’interroge sans cesse. Qu’est-ce que j’essaie de dire? Qu’est-ce que je ne saisis pas dans cette histoire, dans ces personnages? C’est la première fois que j’ai tant de recul devant un texte. Peut-être parce qu’il n’est pas écrit au «Je». Peut-être parce que cette histoire concerne les autres, et pas moi tout à fait directement. Quoique…

Ça m’a fait bizarre quand Renaud-Bray m’a annoncé qu’il ne restait que deux exemplaires de mon livre à vendre. Même chose chez Archambault. Même un rabais de 50% avec le code JAN1650 chez Kobo jusqu’au 31 janvier… Ça m’indique que c’est la fin d’un chapitre plus grand encore. Et pourtant, je continue sans cesse à recevoir des commentaires de lecteurs (ce que j’apprécie au plus haut point). Mais de plus en plus, c’est comme si on me parlait d’un livre qui ne me concerne pas. Il a maintenant sa propre vie, il n’existe plus dans mes veines. Il raconte le passé, et ce passé n’est plus présent. Encore un petit deuil, un tout petit.

Je ne deviens plus adulte. Je suis adulte. Et cette constatation me fige, me fout la chienne, vient jouer dans mon cerveau de jeune adolescent attardé. Je ne fais que penser à la suite, à ce qui s’en vient, et quand j’ai un peu trop peur, je cherche le plaisir facile. Ça crée des conflits, en moi, avec les autres. Ça me fait douter de chaque petit choix. Et puis, tout à coup, je me frappe métaphoriquement; je me dis que c’est ça vieillir. On a beau croiser notre passé; que ce soit des anciens amants au supermarché ou à la bibliothèque, que ce soit des anciennes connaissances qu’on ignore dans le métro (que pourrait-on se dire?) ou que ce soit simplement des hasards qui nous rappellent que nous n’avons plus 20 ans. Tout ça devient angoisse. Tout ça donne le goût de se réfugier dans ce qu’on connait le mieux. Et pourtant, je travaille à me sortir de ce cycle. Mais il n’y a rien de facile.

Pour que ce soit facile, il faudra passer l’étape des deuils. Faire en sorte que le passé n’existe plus. Qu’il soit un roman, une histoire, une page écrite et déchirée.

Encore aujourd’hui, je considère que j’ai eu de la chance. D’abord, de me sortir des habitudes vicieuses, ensuite d’avoir réussi à créer à partir des pires moments. Il ne me reste qu’à cesser de vanter ce passé qui était loin d’être rose. Mais le défi, il est là; se sentir bien dans le moment présent, sans chercher le regret à travers la nostalgie et les gens qui nous ont percutés de plein fouet plusieurs années avant.

J’ai laissé tomber les résolutions. J’ai laissé tomber les countdown. Être adulte, c’est apprendre à assumer ses décisions; faire face à ses choix, même si le résultat n’est pas celui qu’on attendait. Ouais, voilà. On en est là. Et la liste est longue. Je ne sais toujours pas si, une fois les éléments de cette liste rayée, je serai plus heureux. Mais une chose est certaine, j’aurai essayé.

On s’en reparlera au mois de mai.

Avancer

condo

La vie est parfois très très lente, puis lors de certains moments, tout s’accélère et on comprend souvent tout ce qui nous ralentissait autant.

Ce n’est pas qu’il ce soit passé des choses extravagantes dans ma vie au cours des dernières semaines, mais c’est simplement le relent des expériences passées et le recul de certains événements qui m’ont fait accélérer dans ce que je peux considérer mon nouveau point de départ.

Je dois l’avouer, ma dernière entrée de blogue a fait jaser plus que je ne le croyais. Comme quoi, il suffit d’écrire quelques mots comme masturbation, sperme et homosexualité pour sonner une cloche chez les gens et se propager sur la toile. Je prends note!

En fait, ma dernière entrée a été écrite à chaud, en revenant de la soirée où j’avais rencontré Jean-François (roman Pile ou Face, et un peu au début de Peut-être jamais pour ceux qui suivent mes écrits). Enfin, «rencontré» est un grand mot. Croiser du regard serait plus approprié. Je crois que c’est extrêmement libérateur d’avoir vécu cette soirée. Malgré mes mots maussades qui ont suivi.

Pourquoi au juste? Parce que ça m’a permis de relativiser sur mes amours passées. Depuis quelque temps, je sens le détachement complet se faire à propos de mon passé, et je dois avouer que c’est l’une des premières fois de ma vie que je vis ce genre de feeling. Ne plus en avoir à foutre ne veut pas dire nécessairement oublier tout ce qui a précédé, mais au moins, émotionnellement, en faire le deuil et régler tout ça une fois pour toutes. C’était déjà chose faite avec le premier amour depuis longtemps, mais c’était plus difficile avec mon ex. Pourtant, à présent, je me sens libre. Je sais, je sais, je suis un mec de cycle, et ça me prend environ 5 ans pour en finir avec l’histoire d’avant, et j’accepte ma lenteur (chacun son rythme dans les deuils).

J’ai enfin compris qu’il n’y a plus rien à faire quand on ne peut plus rien retirer d’une relation. Je suis Scorpion. Je m’attache aux gens et je ne les laisse que rarement partir, à moins que ce soit ma propre décision. Évidemment, la vie nous joue des tours et comme on ne peut pas contrôler les gens, j’ai parfois souffert du départ de certaines personnes. Mais j’en suis venu à me dire que, dans le fond, j’ai eu tout ce que je désirais avec mes anciennes relations. Il n’y a plus rien à retirer de tout ça. Et s’il y a quelque chose qui me frustre (et qui me permet de tirer la plogue plus facilement), c’est bien de me faire ignorer ou de me faire rayer de la vie de quelqu’un sans autres explications.

Et c’est exactement ce qui s’est passé avec mon ex. En quelque sorte.

J’ai toujours dit que la meilleure preuve d’amour, ce n’était de ne jamais attacher quelqu’un à nous. Et je continue dans mon exploration de cette maxime. Par contre, mon côté scorpion n’accepte que très rarement de reprendre quelqu’un qui m’a jeté. Je l’ai déjà fait, et ça ne m’a qu’amené du négatif. J’ai donc naturellement décidé de classer cette histoire pour de bon. Il n’y a plus rien à tirer de tout cela depuis longtemps de toute façon. À force d’avoir voulu aider des gens qui ne se rendent pas compte de tous les efforts qu’on met pour eux, on perd l’intérêt. Et c’est exactement ce qui s’est produit. Je reprendrai donc mon franglais de ma dernière entrée: I don’t care anymore.

C’est fou comme c’est libérateur. Je me dis que j’avais peut-être besoin d’un nouveau projet pour m’éloigner de toute cette noirceur. Présentement, c’est le projet de condo qui m’en demande beaucoup. En 2014, le projet de roman m’en demandait encore plus, mais il était relié de façon malsaine à cet ex. Aujourd’hui, plus rien ne nous relie, et le cordon semble officiellement coupé. Alors, je lui souhaite la meilleure des chances dans sa vie. Et je me tourne vers le présent et l’avenir.

Ces derniers jours, j’ai capoté un peu. Je n’avais pas compris qu’acheter un condo neuf demande tant de prises de décisions. C’est quasiment comme avoir une entreprise privée. Et comme je ne suis pas un grand amateur de design et que je ne connais rien aux tendances cuisine et salle de bain, je dois dire que l’aventure s’est vécue en montagnes russes! Mais, ce soir, tout a été décidé. Et j’assume assez bien mes choix. Reste à voir comment ça se transposera une fois réalisé, mais ça… c’est à suivre… en avril prochain!

Voilà donc ma nouvelle aventure à court terme. Comme vous commencez à me connaître, vous savez que j’aime me la jouer dramatique. Donc, je n’arrête pas de pousser mes craintes, du style: «je vais faire faillite!», «je vais haïr ça», «le promoteur va me crosser, je le sens», «mais dans quoi je me suis embarqué?», etc, etc, etc. Mais ça fait partie de la game, et il faut simplement que je me calme les nerfs. Après tout, ce n’est que du matériel et du cash. Vaut mieux se concentrer sur les relations et les gens.

Avec tout ça, c’est aussi le temps d’en finir très bientôt avec la vente de mon roman. Ça tombe bien, il ne reste pas beaucoup d’exemplaires à vendre. J’en ai 13 en ma possession, et voici la liste des autres endroits où vous pourrez le trouver (à noter que Archambault a réussi à avoir quelques copies supplémentaires! Eh oui, peu importe le Archambault, vous pouvez le demander à votre librairie locale si vous ne vivez pas près de Montréal!):

Vous pouvez encore commander votre exemplaire avec la promo dédicace + bande-sonore et précédent roman en format numérique (Comme si de rien n’était) sur la page du roman au www.peut-etre-jamais.com!

Disponibilité des derniers exemplaires de PEUT-ÊTRE JAMAIS!

PEJ_fblanc

Si vous n’avez pas encore acheté votre exemplaire de Peut-être jamais, voici les derniers endroits où vous pouvez vous procurer le roman. Cette fois-ci, c’est la «vraie» fin; il n’y aura plus de réimpression du roman.

Vous pouvez encore commander votre exemplaire avec la promo dédicace + bande-sonore et précédent roman en format numérique (Comme si de rien n’était) sur la page du roman au www.peut-etre-jamais.com!

CONCOURS POUR TOUS! 

Vous désirez obtenir un exemplaire gratuit du roman Peut-être jamais? Inscrivez-vous au concours sur le forum Mix de plaisirs (concours en ligne jusqu’au samedi 19 septembre 2015!) Bonne chance à tous!

 

La fin de l’aventure approche

remi

Grosse semaine pour moi. Il s’est passé 14 000 affaires. Que ce soit mon bannissement de Facebook, mes pourparlers avec iTunes, les papiers de condo qui n’en finissent plus, le temps supplémentaire grugé par ma job ou la presque mort de mon chat Rémi… ouf, par où commencer?

Allons-y par le début; la fin de l’aventure du roman Peut-être jamais s’achève. Je ne suis pas à plaindre, ça fera bientôt 20 mois. Mais c’est Facebook qui a mis la hachette dans mon élan de ventes à l’international. Après avoir banni plusieurs de mes publicités pour ma bande-annonce, voilà que mon compte publicitaire a été banni au complet. Ce que ça signifie? Ça veut dire que je ne peux plus faire aucune publicité sur le réseau. Conséquence? Mes ventes en Europe se sont effondrées. Me voilà donc, avec mes 23 dernières copies… Il faudra bien que je me débrouille pour les vendre tout de même, et ça, c’est sans compter les exemplaires qui restent au Archambault et Renaud-Bray. Je fais confiance à ma bonne étoile, et peut-être à toi, qui lis cette entrée de blogue; c’est ta dernière chance d’acheter une copie, car je n’en recommanderai plus, puisque je n’ai plus de moyen pour publiciser mon livre.

On dit que rien n’arrive pour rien dans la vie. Eh bien, je vais tenter de me la jouer zen et de me dire que ça suffit. Ce roman a eu une belle existence. Il est temps de passer à autre chose, tout simplement. Si certains veulent m’aider à trouver preneur pour les derniers exemplaires, n’hésitez pas à communiquer avec moi! Au final, j’aurai vendu près de 1500 romans. Pas mal pour un livre que les éditeurs hésitaient à publier. Quelle sera la suite des choses? Je n’en ai aucune idée, je suis tellement pris dans différentes choses ces derniers temps. Ça m’amène à parler de iTunes, et de son système à la Kafka. Depuis avril 2014, iTunes retient mes paiements pour mes ventes de roman, sous prétexte que je dois leur envoyer des formulaires de taxes canadiennes. Je les ai envoyés deux fois, mais rien ne bouge, et les réponses se font rares et nébuleuses. Encore de l’argent que je ne suis pas certain de toucher. Les dessous du monde littéraire = beaucoup d’obstacles. Histoire à suivre, si Brandon du service des taxes peut enfin me répondre un jour…

Sinon, oui, j’ai acheté un condo sur l’île de Montréal. Projet un peu fou, mais pour le moment, j’aime ce que j’ai acheté. C’est du neuf. C’est tout près d’un métro. Je suis au Top de l’immeuble comme je le voulais, avec un balcon vers les feux de la Ronde et un accès à la terrasse du toit. J’ai obtenu un deal dans mes prix, enfin, il y a tellement de flou dans ces histoires d’achat, que je ne sais pas si je m’en sortirai. À suivre ici aussi. C’est pour avril 2016.

J’ai vécu beaucoup de stress ces derniers jours. J’ai pleuré beaucoup. Je croyais que je vivais mes dernières 24 heures avec mon chat, Rémi. Pour ceux qui ont lu mon roman, inutile de dire que la fiction a presque rejoint la réalité, mais pas aussi rose bonbon. L’idée de perdre mon chat m’a inévitablement fait penser à mon ex, et à tout le chemin que j’avais parcouru depuis. Reste que toute cette histoire me semble triste à mourir. Mais la mort fait partie de la vie. Et ça m’a donné une bonne impression de ce qui s’en vient à l’avenir, malheureusement. On ne sait pas encore ce que Rémi a. Peut-être une bactérie, peut-être un virus, peut-être une grosse fièvre pour avoir avalé de quoi. D’ici deux semaines, si son état ne s’améliore pas, je devrai retourner chez le véto. Encore une histoire à suivre…

J’ai l’impression que ma vie s’accélère. Ou que le monde adulte m’avale et me dit que c’est le moment de faire un homme de moi. C’est sûrement ça, et pour l’une des premières fois, on dirait que j’accepte de me faire absorber par ce monstre. En me regardant dans le miroir, je vois bien que l’adolescent en moi s’éloigne de plus en plus. J’ai encore quelques dépendances à régler, mais elles sont d’ordre mineur. Je suis fier de ne plus me saouler, de ne plus toucher aux bouteilles de vin si facile à vider. Je n’ai été saoul qu’une seule fois durant tout l’été, et c’était la semaine passée. Je me sens prêt à vieillir. Même si cette semaine m’a rentré dedans comme un 18 roues. Wellit gets better, comme on dit.

Leave Joël Legendre Alone!!!

legendre

Eh là, là, là, là. C’est à peu près ce qui est sorti de ma bouche hier, quand j’ai lu le grand titre du Journal de Montréal : « J’AI MENTI ». Je n’ai pas l’intention de revenir sur les diverses théories concernant une guerre de réseau où Monsieur Legendre serait une victime collatérale parce qu’il est passé de TVA à Radio-Canada. Je veux surtout m’attarder aux débilités que je lis sur les réseaux sociaux. Il faut que je pèse mes mots, parce que je suis à deux doigts de laisser échapper un « pauvre petit peuple québécois ». Et loin de moi l’envie de recevoir la pierre, en me faisant dire par quelques homophobes que c’est normal que je défende mes « frères ».

Sérieusement, qui suis-je pour juger? Et c’est un peu ce que chaque Québécois devrait se demander avant d’écrire une ligne sur Facebook. Je n’en reviens pas de cette propension à vouloir détruire l’autre, surtout quand un geste posé ne change, disons-le honnêtement, crissement rien à notre vie. Comme disait Simon-Olivier Fecteau, ça nous rend même le personnage un peu moins parfait, plus sympathique.

Et puis, si chaque Québécois se tournait pour observer de plus près son passé et ses folles années, je suis convaincu que plusieurs se reverraient dans les parcs, dans les champs, dans les boisés, dans les voitures, à faire bien plus que du necking. « Oui, mais il fait ça avec des inconnus!!!!! » de me répondre certains! Ma réflexion sur ce point; la petite amie de la St-Jean de 1999 qui t’a sucé dans les buissons, la connaissais-tu vraiment plus que ça? C’était peut-être l’amie d’une amie, mais je trouve que les gens ont la mémoire courte (ou veulent bien oublier leurs petites frasques). Le problème de Legendre? On ne lui a pas appris comment fonctionnait Grindr!

Je me rends compte qu’en plus d’être un peuple de chialeurs, on s’offense vraiment pour des babioles, et qu’est-ce qui en résulte? Une permission. Une pseudo-permission; car soudain des homophobes se sentent à l’aise de critiquer les gais et de faire des amalgames vraiment déplacés. Non, ce n’est pas parce qu’il s’est touché dans un parc qu’il aurait violé un enfant ou qu’il se serait exhibé volontairement devant lui. Il n’est peut-être pas futé d’avoir choisi un lieu de ce genre à 14 heures de l’après-midi, il a joué gros et s’est fait prendre (sans jeu de mots)! Et, je ne cautionne pas les branlettes en plein air, mais mon dieu, arrêtez de jouer les offensés pour si peu.

Si vous voulez vraiment être offensés, lisez mon livre à la place, c’est bien plus croustillant qu’une branlette dans un parc! Mais moi, évidemment, je n’ai jamais prétendu vivre un bonheur parfait et être blanc comme neige 🙂

Parlant de mes romans, c’est fait; Archambault vient de recevoir une nouvelle arrivée de la version de poche. Ça se passe ici pour acheter votre exemplaire! Vous pouvez encore trouver la version originale chez Renaud-Bray.

Tournage de Peut-être jamais.

 

Bande-annonce [REMIX] du roman Peut-être jamais de Maxime Collins from M2014 on Vimeo.

Le 1er et 2 février 2014 avait lieu le tournage de la bande-annonce de Peut-être jamais. Il vous est encore possible d’acheter votre exemplaire papier en utilisant PayPal à la droite de l’écran, en vous rendant sur www.maximecollins.com, en le commandant sur Amazon (Canada/Europe) ou en visitant Renaud-Bray. Vous pouvez également vous procurez une copie numérique sur Amazon, Kobo, Fnac, iTunes ou directement ici.

 

BILAN 2014

fluctu
 

C’est toujours la même petite angoisse en début d’année. Même si on se dit que notre meilleure résolution serait de ne pas prendre de résolutions. Jetez un œil vers la dernière année amène son lot de remises en question. Comme si on voulait additionner et soustraire les bons et les moins bons coups de 2014. Oh well…

La première constatation, c’est que mon année 2014 a été bien remplie, mais que j’ai fait mon lot de conneries (comme à chaque année, je suppose!) Je ne sais pas si c’est parce que la fin décembre m’a amené un défi de plus qui m’a fait prendre du recul et me regarder moi-même aller, mais force est d’admettre que la perfection n’est pas pour bientôt en ce qui a trait à mon hygiène de vie et mon comportement. Mais je ne me jette pas la pierre, d’autres le feront mieux que moi de toute façon.

Ma conclusion est quand même positive: ça aurait pu être pire que ça. Il y a eu du très bon, et un peu de mauvais. Au final, 2014 n’a pas été catastrophique; elle m’a surtout montré que je peux faire la job d’un entrepreneur, même avec peu de moyens au départ. C’est une bonne nouvelle, quoique je ne sais pas encore comment m’en servir.

2014 m’a tout de même apporté beaucoup plus de questionnements que de réponses, notamment en ce qui concerne mes projets d’avenir et ce que je voudrais réaliser comme prochain défi. Quand j’avais 28 ou 29 ans, et que j’avais lu Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles de Nicolas Langelier, je pensais avoir saisi toute l’essence du propos. Mais c’est seulement à 31 ans que je comprends vraiment tout ce que ça représente. Je ne suis pas à plaindre dans mon cheminement artistique (si je jouais au jeu de la comparaison, on pourrait nuancer, mais là n’est pas le point); je crois donc que je me suis débrouillé avec mes moyens et avec ma détermination, et tous ces efforts ont somme toute été récompensés. J’ai appris le dur défi de construire son «CV artistique». Mais voilà que je comprends une réalité un peu plus difficile; ce n’était qu’une pierre parmi d’autres, et je n’en suis qu’à construire des fondations pour une certaine suite. Mon plus grand problème présentement, c’est de donner une orientation à ces fondations, et surtout me décider pour savoir quelle pierre je veux ajouter pour continuer ma «construction». Pour le moment, c’est le doute. Et le doute n’est pas une mauvaise chose en soi. Seulement, je sais que je devrai trancher bientôt.

2014 m’a donné des envies diverses. J’ai beaucoup observé le milieu de la réalisation, de la scénarisation, des acteurs et des producteurs. J’aimerais bien faire plus de ce côté-là, car je suis de plus en plus attiré par le travail d’équipe, chose totalement opposée à l’écriture d’un roman. J’aurais cette espèce de désir de collaboration avec un scénariste, et je pense que le simple fait de repasser sur un scénario déjà écrit par un autre me ferait triper. C’est comme si peu à peu, j’avais envie d’ouvrir mes horizons, de sortir de la solitude du roman, pour communiquer plus, pour prendre le pouls d’une équipe, pour vivre l’esprit de groupe et la discussion des brainstorms. Je pense qu’il faudrait que je rencontre un mentor; le hic, c’est que je voudrais apporter ma contribution sur son projet, pas nécessairement imposer mes idées de projet. Bref, il faut que j’explore ce domaine en 2015.

Après avoir travaillé quelques années sur un roman et avoir vécu sa mise en marché de A à Z, j’ai beaucoup appris du milieu littéraire. Je ne veux pas le renier, mais je veux un peu de recul. Les bons coups ont été nombreux avec Peut-être jamais, et l’expérience, quoiqu’éreintante, a été formidable. Elle m’a surtout fait rencontrer une panoplie de gens formidables, et les retours ont été excellents. Maintenant qu’on peut dire que le projet est bouclé et réussi, j’en suis à me demander What’s next? Sans être une résolution, j’aimerais bien me donner un ultimatum (vous savez que j’en suis friand): je me dis que je veux être fixé sur mon prochain projet avant le premier anniversaire du lancement de mon roman (31 mars 2015). La marge est assez large, et on verra ce que le premier trimestre me réserve).

J’ai pris les dernières semaines pour me poser (et c’est le cas de le dire); m’être cassé la cheville n’a pas été une expérience agréable, mais elle m’a permis de m’arrêter réellement. De ne pas trop me perdre dans le tourbillon des Fêtes sans fin. J’ai eu du plaisir en famille et entre amis, mais raisonnablement. Bon ok, le 31 décembre, j’ai fait la folie d’aller cogner chez mes voisins pour finir le jour de l’An avec eux. Et j’ai eu du plaisir. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de mes voisins, résumons le tout de la façon suivante: Madame hurlait son bonheur sexuel un peu trop fort et trop souvent à mon goût, et même si je comprenais la raison de sa passion (son mec), ce n’était pas cool quand ça arrivait 4 fois par jour/nuit! On en a même parlé, verre de champagne à la main, et on a réussi à tourner le tout à blague. Maintenant, reste à savoir si ma présence aura été un « OK » pour qu’ils soient encore plus bruyants, ou si tout cela instaurera un respect un peu plus fréquent. 2015 nous le dira.

2014 aura aussi été l’année des engueulades et des réconciliations. J’en compte 2-3 de marquantes, où mon lâchez prise m’a permis de me rendre compte que toutes ces obstinations ne mènent à rien. Je sais que je n’ai pas été très très patient quand j’étais dans la planification de mon livre et de son marketing. Une période stressante qui a pu se refléter sur mon comportement plus incisif et direct. Mais je n’ai plus d’ennemis. Je n’en ai pas besoin. On ne peut pas faire l’unanimité, certes, mais je ne m’en fais pas trop. C’est la raison pour laquelle, pour l’une des premières fois, je n’ai aucune animosité ou malaises avec quiconque en ce début d’année. Pas d’histoires non-réglées, pas de conflits que je veux oublier. De ce côté-là, je suis en totale zénitude, et je suis bien avec moi-même.

Perdre ma motricité m’a aussi permis d’être plus reconnaissant pour cette chose que l’on prend trop souvent pour acquise: la santé. Je ne peux pas dire que je ménage ma santé à 100% encore, mais mon but est de travailler vraiment fort pour arriver à une année où j’aurai laissé de côté plusieurs mauvaises habitudes. J’ai déjà commencé le travail avec la vilaine cigarette. Oui, il m’est arrivé d’en griller une dans un party, mais ce désir de m’allumer une clope après un repas ou en journée est définitivement derrière moi. Je refuse de retourner dans ce monde que j’ai eu tant de mal à quitter. Je ne veux plus acheter de paquets, et si je dois donner 2$ pour en griller une parce que j’ai levé un peu trop le coude, je le ferai en me disant que plus jamais je ne veux retrouver de bâtons de tabac dans ma poche ou à la maison. Et puis, fumer, c’est tellement out. Plus je vieillis et plus je me rends compte que je dois améliorer mon cardio. Je croise fortement les doigts pour ne pas avoir de séquelles de mon accident dans le métro, car j’ai besoin de l’entraînement pour me donner une discipline de vie. J’ai hâte de retourner au travail, surtout pour les sessions de gym en après-midi. En 2013, je m’étais d’ailleurs promis de faire un don aux Amputés de guerre. Je ne l’avais pourtant pas fait, et je me suis trouvé cheap. Cette année, ma cheville cassée m’a rappelé plus ardemment la difficulté que certains amputés doivent subir dans leur démarche pour réapprendre à vivre avec un membre en moins. Je suis loin de me considérer comme une victime au même égard qu’eux. Mais de les comprendre un peu, dans une moindre mesure, m’a permis de me mettre à leur place. Je voulais donner pour cette cause depuis longtemps. J’avais déjà donné mon temps en tant que bénévole chez Gai Écoute, mais cette fois-ci, il me semblait important de faire quelque chose de différent. Et pour ceux qui ne le savaient pas, les Amputés de guerre fournissent aussi des services (gratuits et sans obligation ni harcèlement) très intéressants, notamment le plus populaire: le fameux système de plaques porte-clés numérotées. Saviez-vous que si vous retrouvez des clés dotées d’un numéro des Amputés de guerre, il vous suffisait de les déposer dans une boîte aux lettres?

En 2014, j’ai également consulté pour mes problèmes liés à la nourriture. Il y a eu beaucoup de chemins de parcourus et je suis content d’avoir continué, malgré le prix des séances et mon pauvre régime d’assurances. Je le répète; pour moi, voir un psy est une activité dont tout le monde devrait se vanter. Si j’avais des moyens infinis, je prendrais rendez-vous toutes les deux semaines toute l’année. Ma psychanalyse s’est transformée, après six mois d’analyse, et la source du problème se déterre tranquillement. Ça passe par le cœur, évidemment. Ça brasse les sentiments et les souvenirs. Et je pense même que c’est la raison pour laquelle je deviens de moins en moins personnel ici.

L’autre raison, c’est que je ne peux plus tout dire. À mon âge, un blogue qui s’écrit sous notre propre nom devient une menace directe envers nous-mêmes. Je ne dis pas que je dois me censurer (je n’écrirais plus du tout si c’était le cas), mais il m’est arrivé d’éviter de venir écrire, parce que je savais que mes propos blesseraient des gens ou ne me feraient pas une bonne publicité. Et quand je parle de publicité, je ne veux pas dire que j’ai peur de passer pour le salaud ou le garçon pas gentil. Je ne cherche pas à protéger mon ego, j’en viens tout simplement à une conclusion normale pour un homme d’une trentaine d’années: il vaut parfois mieux se fermer la gueule! Tout simplement.

Je crois que j’essaie peu à peu de m’éloigner de la nostalgie aussi. Ce blogue a tout de même 16 ans derrière la cravate. Tout dire à 20 ans et tout dire à 30 ans n’invitent pas aux mêmes conséquences. Mais je ne lâche pas pour autant. Je cherche toujours de nouvelles orientations pour ce blogue. Il est comme un ado en constante quête de mutation. C’est humain. Je voudrais peut-être me diriger vers l’entrevue. Dans divers domaines. C’est une approche que je vais tenter d’élaborer durant les prochains mois. En parlant sans cesse de moi, j’ai parfois eu l’impression que certains pouvaient penser qu’il ne s’agissait que d’un plan marketing pour vendre plus de livres. Ces gens ne devaient pas me connaître avant. Mais qu’importe! J’ai une idée qui se construit peu à peu et qui me semble intéressante; mélangeant littérature et musique. On verra si les artistes embarquent, car j’ai de plus en plus envie de parler des autres. Après avoir raconté toute ta vie, il était temps! (je suis certain que c’est ce que certains diront haha!)

Bref, 2014 est terminé, je considère que j’ai marqué l’année comme un grain de poussière dans l’océan, mais j’y étais, bien présent; avec une offre qui fait changement et qui ne plaît pas à tous. Et, tant mieux! Il faut de la variété, surtout quand on apprend que 97% du marketing littéraire est en fonction des livres de cuisine (page 27 pour les curieux)! Il y a bien les livres numériques, mais j’ai l’impression que mes clients sont surtout situés en France, en Suisse et en Belgique. La vague viendra peut-être plus tard pour le Québec.

Je termine sur mon bon coup et mon moins bon coup à propos de mon roman, justement.

  • Bon coup: Définitivement la bande-annonce du roman, qui continue à circuler sur la toile et à faire connaître le livre dans les autres pays francophones.
  • Moins bon coup: Définitivement la date du lancement, qui tombait un lundi, fin mars, une semaine avant les élections provinciales. Il y a des choses qu’on ne contrôle pas, mais si un jour je fais une autre soirée importante, je viserai probablement les jeudis, sans hockey de préférence 😉

Dans les prochains jours, j’essaierai de faire mon Top 10 des albums musicaux qui m’ont marqué en 2014. C’est toujours un moment déchirant!

Voilà, c’est ainsi que je finis mon pseudo-bilan. Je suis confiant pour 2015, et je souhaite de la santé à tout le monde. À moi aussi et à mes proches. Soyez vrais entre vous, c’est vraiment tout ce qui compte. J’ai laissé tomber l’hypocrisie et les beaux sourires faux en 2014 et c’était l’une des plus belles résolutions. On continue à s’aimer soi-même et à faire fi des méchancetés des autres!

Je sais que la culture occupe une place de moins en moins grande dans la vie des gens, mais souvenez-vous que c’est ce qui nourrit votre âme et fait de vous des personnes plus ouvertes et empathiques envers les autres!

Bonne année 2015 à mes lecteurs et à tous ceux qui viennent d’arriver ici pour la première fois!

Indécrottable optimiste

photosco

Une autre belle critique du roman Peut-être jamais sur le blog de Phil: « Les livres que je lis ». Attention, beaucoup de détails du roman sont dévoilés dans la critique. Ceux qui ne l’ont pas lu, spoiler alert!

J’adore l’expression qui m’est attribuée: indécrottable optimiste!

Le meilleur et le pire de Facebook

Facebook_like_thumb

Le meilleur et le pire de Facebook, où comment je peux être étonné et irrité à la fois!

Cette fin de semaine, c’était le dernier effort actif de promotion sur Facebook à propos du roman Peut-être jamais. La ligne est mince entre le désir d’écouler mes ventes et celui de me retrouver comme une personne qui harcèle trop sa liste d’«amis». Oui, je mets le mot «amis» entre guillemets, car il faut bien comprendre qu’avec Facebook, on a plusieurs amis quand ils ont besoin de nous, mais le contraire n’est pas nécessairement vrai!

Allons-y donc avec les fleurs dès le départ. Je suis complètement renversé. Je n’en reviens tout simplement pas. Vendredi soir, une idée m’amène à écrire personnellement à ma liste de Facebook, une personne à la fois. Je tente le tout pour le tout, puisque je dois écouler les dernières copies restantes, vestige de mon lancement du 31 mars. Honnêtement, je n’y croyais pas trop. Je me disais que j’allais réussir à vendre 2-3 copies grâce à ces messages personnalisés, mais surprise! Le taux de réponse dans la journée même est vite devenu insoutenable. Je n’arrivais plus à fournir à la demande de renseignements. En plus d’être flatteur, j’ai mieux compris que Facebook faisait vraiment une sélection ambiguë pour l’affichage des pages et statuts (ce qui a été d’ailleurs confirmé dernièrement).

Cela m’a évidemment amené à faire une analyse plus profonde d’une situation qui touche plusieurs artistes (écrivains et autres). Je me suis mis à observer plus attentivement les réponses positives et négatives des «amis» pour arriver à un constat flagrant: j’ai été déjoué dans ma faible anticipation de réponses! En fait, je m’attendais à ce qu’un groupe s’intéresse au livre, plutôt qu’un autre, et c’est tout le contraire qui s’est produit.

Je croyais qu’en tant écrivain, il allait de soi d’encourager nos collègues, mais les réponses reçues font état d’une tout autre réalité. Ce sont les gens qui ne lisent pas à priori qui ont communiqué avec moi le plus rapidement. J’en reste encore ébahi. En quelques minutes, une trentaine de personnes ont voulu commander le roman. Je me suis félicité d’avoir eu l’audace de renvoyer un dernier message.

Et les «collègues écrivains» eux? Tout le contraire. Des excuses banales (j’ai trop de livres à lire) ou pire, des crochets «vu» et aucune réponse. Ça confirme assez bien la logique de l’écrivain égocentrique (lisez-moi, mais je ne vous lirai pas!) En fait, ça me confronte à une réalité que je croyais tout autre: je pensais que le milieu vivait artificiellement en se soutenant mutuellement entre auteurs, mais j’ai vite compris que je faisais fausse route. Les vrais lecteurs ne sont pas écrivains. Les vrais lecteurs ne sont pas des lecteurs à la base. C’est d’autant plus agréable de les voir m’encourager, alors qu’ils ne lisent qu’un ou deux romans par année.

Plusieurs écrivains que je respectais et encourageais m’ont déçu dans leurs réponses. Mais je n’ai pas d’amertume. Au contraire, je les remercie. Maintenant, je sais qui encourager et qui ignorer totalement. C’est un beau service que l’on me rend. Il me fait aussi prendre conscience de l’étendue de Facebook, mais également de ses limites. Un peu à l’image de mon lancement, ceux que je croyais assurément présents n’ont pas été au rendez-vous, et ceux que je n’attendais pas sont venus avec cœur et gentillesse.

Voilà donc le portrait officiel: les écrivains québécois ne se lisent pas entre eux. Ils ne s’intéressent qu’à leur petit nombril. Et, à l’avenir, ce ne sera pas moi qui vais les soutenir non plus! Je leur répondrai avec un grand sourire virtuel que «je les lirai quand leur dernier roman sera en bibliothèque». N’est-ce pas les encourager tout de même? Ça semble être leur logique, alors suivons-là 😉

Je parle de tout ça à la légère et avec le sourire, mais ça me montre bien que le milieu littéraire est un milieu très sombre. Ce n’est pas là que je veux évoluer, ce n’est plus là que je veux atteindre quoi que ce soit. J’écris pour ceux qui ne lisent pas beaucoup, mais qui aiment se plonger dans une histoire qui les bouleversera. Si je peux donner le goût à la lecture à quelques personnes, c’est un défi atteint!

Alors, la conclusion? Vos lecteurs ne sont pas nécessairement ceux que vous pensez! Il y a un monde d’hypocrisie dans le milieu littéraire et artistique, et honnêtement, ça me passe 100 pieds par-dessus la tête. Je n’en ai rien à faire. Je préfère encore que ce soit un ancien ami du secondaire qui achète mon roman plutôt qu’un péteux de brou qui se prétend auteur en ayant publié une nouvelle littéraire inutile dans une revue que personne n’achète.

Au final, je n’ai pas du tout à me plaindre. Je me sens comme un auteur qui souligne son irritation le ventre plein! Certes, passer de 3000 copies vendues à 300 exemplaires vendus pourrait en décourager certains, mais on s’en fout! Mon but reste le même; écouler mes dernières copies de lancement avant le 30 juin. Je suis confiant en mon potentiel (même si je ne connais aucunement mon prochain projet littéraire) et je sais que ce livre pourrait en aider certains.

L’ironie habituelle dans tout cela? Mon roman est un succès en France! Les commentaires que je reçois sont, ma foi, presque perturbants! Quand une jeune femme française m’écrit pour me dire que Peut-être jamais l’a «turné on», je crois que c’est magnifique, que tout est possible.

Je crois au livre papier autant qu’au livre numérique. Chaque texte finit par se faufiler et trouver son lecteur. Que ce lecteur soit un érudit ou un non-lecteur importe peu; je cherche à créer la réflexion et l’émotion. Et en ce moment, j’attends encore la critique négative qui pourrait me dire le contraire. Pour le moment, tout ce que j’entends est au-dessus de mes attentes.

Tout. Sauf ma grand-mère qui semble être affectée par un chapitre de ce texte. Je sens déjà les futures scènes dramatiques à venir…

Parlant de Facebook, si vous lisez, avez lu ou allé lire mon roman Peut-être jamais, n’hésitez pas à l’indiquer directement sur Facebook, section livres!

CHAPITRE 4 : 2006 [MAKING OF]

0312-ça-commence-avec-une-cam-MO-LR

L’ÉQUIPE TECHNIQUE

Quand on pense au travail d’une bande-annonce, il faut également songer au travail derrière la caméra. Plus d’une personne ont participé au déroulement du tournage, et elles étaient tous essentielles au processus. Que ce soit au niveau de la caméra, du maquillage, du chronomètre ou même pour les photos du making of que j’affiche présentement, je me dois de remercier toute cette fabuleuse équipe.

technique

0303-trio-ascenceur-MO-LR

Philippe Franche, DOP             Mathieu Blanchard, Réalisateur               Margaux Davoine, Scripte

0319-jade_nicolas1-MO-LRJade Tousignant, Maquilleuse, en compagnie de Nicolas Gendron

0313-Jade_lili-MO-LRJade Tousignant en compagnie de Lili Gagnon

0310-mathieu_cam-ascenceur2-MO-LRNicolas Gendron regarde une scène précédemment tournée en compagnie du réalisateur Mathieu Blanchard et du caméraman Philippe Franche.

0075-philippe1-MO-LRPhilippe Franche, DOP 

Évidemment, je tiens à remercier chaleureusement le Photographe de plateau, Pierre Cavale, qui n’a bien sûr pas de photo de lui sur les lieux du tournage, puisqu’il était responsable de les prendre. Je lui emprunte donc une photo de lui-même sur son site, www.pierrecavale.com, et j’ai choisi cette photo avec une guitare, car Pierre présentait dernièrement un court-métrage où il a également composer la chanson-titre que vous pouvez écouter et acheter ici!

pierre

Pierre Cavale, Photographe de plateau


 

CHAPITRE 4: 2006

 

 

J’ai choisi la pièce Morning Mist de Sébastien Schuller, parce que, pour moi, cette chanson me ramène sans cesse à l’exil, à cette décision volontaire de partir pour refaire sa vie dans un ailleurs inconnu. Que ce soit pour un laps de temps défini ou pour la vie, il y a dans ce geste un courage et une détermination que je ne peux qu’admirer. Et, il y a la fuite, car elle est inévitable, et souvent, j’ai un peu l’impression qu’on ne sait pas toujours ce qu’on fuit. Mon personnage de Gabriel est un peu dans cette situation, mais cette « fuite » l’aide à en apprendre plus sur sa vie et ses désirs. Cette fuite devient le déclic dans la création de son avenir. Il faut parfois que les gens nous manquent avant de comprendre leur réelle place dans notre vie. La distance créée par le voyage permet ce genre de constatation, une constatation bien plus efficace qu’une rupture, par exemple, qui, elle, n’offre plus de retour vers l’arrière ou de nouvelle chance.

 

This time if it’s hard to describe
How in your strange dreams you soar
You hear this call
On your own
When you stroll away
The wind’s blowing (it’s blowing)
Drives you home
When you stroll away
When you’ve lost trust and faith
What was strong on your mind
The wind’s coming to take you
And it drives you at night
Morning Mist – Sébastien Schuller


 

« Il était soudain tout ce que j’avais toujours souhaité; petit (il ne prenait pas trop d’espace dans le lit), imberbe (sa douceur de bébé me faisait déposer mes lèvres partout sur sa peau) et son sexe, idéal, un contraste démesuré par rapport à la taille de son corps. On aurait dit une déformation, une maladie, un cancer qui aurait poussé pour rejoindre le sol. Quand il se levait pour s’habiller, je le fixais en retenant mon souffle. Puis, c’était plus fort que moi, je devais lui susurrer: «Décalotte-la!» Parfois, il obéissait, mais souvent, il se fâchait. Il me répétait qu’il était celui qui donne les ordres, que je pouvais bien quémander, mais qu’il avait toujours le dernier mot. Tout ce qu’il me disait s’ajoutait à mon excitation déjà prenante. Je buvais ses paroles comme des règles d’autorité que je ne devais jamais enfreindre. Il était roi et maître, mon plaisir devait passer par le sien, car c’était bien là la définition de mon rôle, un rôle qui me faisait ouvrir la bouche et les jambes. Impossible de me refuser à lui. Le désir de le voir nu, la pulsion de le toucher «là», de remonter les doigts vers son gland pour jouer avec l’urètre et tenter de recueillir une goutte de liquide transparent; une victoire bien méritée que je portais directement à mes lèvres, comme s’il s’agissait d’un miel rare. Devant mes gestes, Luc continuait à me fixer d’un regard sévère qui me bouleversait. Parfois, il lançait un sourire satisfait et, s’il ouvrait la bouche pour me dire que je faisais du «bon travail», j’en perdais tous mes moyens.» p. 91 

 

*** Les photos utilisées pour illustrer les articles des making of sont une gracieuseté de Pierre Cavale, photographe de plateau, de Philippe Franche, DOP et de Mathieu Blanchard, réalisateur. ***

Bande-annonce du roman « Peut-être jamais »

La voici, la voilà!
La bande-annonce du roman Peut-être jamais

N’hésitez pas à partager!

Je vous invite au lancement (entrée gratuite) au bar la Quincaillerie, le 31 mars 2014 dès 17h30, au 980, rue Rachel Est à Montréal.

Au plaisir de vous y voir!

Pour plus de renseignements, consultez la page d’événement de facebook:
https://www.facebook.com/events/577409275687807/

J’en profite pour remercier encore une fois Mathieu Blanchard, Nicolas Gendron, Jean-Philippe Richard, Lili Gagnon et Antoine Portelance!

Si vous travaillez dans un média (papier, virtuel, radio, télé, etc.) et que vous désirez faire une entrevue ou parler de mon livre, vous pouvez utiliser sans problème les photos du roman et la bande-annonce. Je répondrai avec plaisir à vos questions!

Un petit pas plus près

acteurs

Tournage de Peut-être jamais; Nicolas Gendron, Jean-Philippe Richard, Lili Gagnon, Antoine Portelance, Mathieu Blanchard

C’est en fin de semaine qu’avait lieu le tournage de la bande-annonce de « Peut-être jamais », mon nouveau roman à paraître le 31 mars prochain. Et ce fut toute une expérience.

Je ne sais pas si les plateaux de tournage se déroulent toujours ainsi, je ne sais pas si c’est un coup de chance, une bonne vision de la part du réalisateur Mathieu Blanchard, un choix d’acteurs et de techniciens parfaits; je ne saurai jamais vraiment ce qui a fait lever la sauce autant. J’étais stressé, angoissé même; j’avais peur, peur du résultat, certes, mais peur que ça devienne un tournage amateur, où encore que ce ne soit pas aussi représentatif que je ne l’avais imaginé. Eh bien, je me trompais sur toute la ligne.

Il y a d’abord eu beaucoup de jeux de hasard, de chance. La fille qui était au comptoir de l’hôtel ce samedi matin; elle était parfaite. À l’écoute, contente de m’aider, de répondre à mes petits désirs. Je lui avais annoncé que nous faisions un tournage, et j’ai osé lui demander si elle avait une grande salle de bain. Elle nous a gentiment transférés dans une chambre de luxe, avec salon et grand lit « king ». Ça commençait bien. Ensuite, l’équipe technique est arrivée, puis les comédiens, et tout de suite cette entente bon enfant, ce plaisir d’être là, et de ne pas avoir l’air de se faire chier. Je reste encore soufflé par l’entraide, par ce don de soi, mais surtout par le don du temps que toutes ces personnes formidables ont offert au projet.

Tournage Peut-être jamais - Maxime Collins, Mathieu Blanchard, Philippe Franche, Lili Gagnon, Nicolas Gendron, Antoine Portelance, Jean-Philippe Richard

Puis voir le « clap », avec le titre de mon livre. Petit frisson; petit avertissement intérieur aussi; ça y est Max, tu vas voir devant tes yeux se dérouler une bonne partie de ce que tu as imaginée (mais soyons franc, une bonne partie de ce qui s’est déroulée dans ta vie de jeune adulte). Quand on signe le contrat de l’autofiction, peu importe ce qui est vrai de ce qui est faux, tout se mélange et on a soudain l’impression que chaque scène nous rappelle clairement une image, un fragment, un regard ou un tourment qui s’est produit dix, sept, cinq ans auparavant. J’avais peur de plonger dans une nostalgie profonde, presque destructrice.

Mais non. Au contraire, toutes ces scènes devant mes yeux, c’était un geste de recul. Un petit pas de plus dans mon éloignement envers les quinze dernières années. C’est comme si l’histoire sortait de moi. Je n’ai plus besoin de m’en sauver, j’ai déjà l’impression qu’elle ne me suit plus, qu’elle s’éloigne pour n’être bientôt qu’un mirage au loin.

Et pourtant, ce que j’ai vu se dérouler devant mes yeux, ces flashs de scène, ces accords ou désaccords joués par des acteurs; j’aurais pu en pleurer, mais je me suis amusé. Appart pour deux scènes-chocs.

Ceux qui m’ont connu savent combien j’ai vanté les plaisirs du bain à trois. Ce n’est pas un gros punch de mon roman, donc je peux en parler assez ouvertement. J’en ai parlé de long en large dans mon 2e roman (non officiel) : Trois Saisons dans le désordre. Mais j’avais oublié l’image que cela pouvait projeter. En fait, c’est faux; je n’avais jamais vraiment vu l’image que cela pouvait projeter, outre peut-être dans un film que j’avais adoré (The Dreamers de Bernardo Bertolucci). Mais d’apercevoir la scène devant mes yeux, de fixer le personnage de Sébastien (Antoine Portelance) caresser les cheveux de Sarah (Lili Gagnon) alors que Gabriel (Nicolas Gendron) est entre les deux; et cette désinvolture, cette chimie malgré l’inconfort. Je n’avais d’autres mots que « beau ». C’était BEAU. Voilà tout. Et ça n’a rien à voir avec le désir sexuel dans cet instant, c’est plutôt le calme, la douceur et l’amour. Ça m’a rappelé des moments de grâce, de tous petits moments où le temps n’existait plus.

Plus il y a eu la plus grande scène pour mon évolution personnelle. Celle-ci, je ne peux pas vraiment l’expliquer, ce serait gâcher une partie émotive du roman. Mais il s’agissait d’une scène extérieure, une scène émotive; et nous n’étions que 4 pour permettre au personnage de Gabriel de se concentrer. Je le voyais faire les gestes écrits dans le scénario et j’avais une boule dans la gorge. J’ai préféré me retourner pour ne pas le déconcentrer, mais je me suis aussi détaché pour faire face à ma propre musique, avec les échos d’un personnage qui hoquette, un personnage que j’ai moi-même créé, une sorte d’alter ego qui me ressemble et ne me ressemble pas. J’ai pensé que ça y était, là, à ce moment même où était jouée une scène de mon roman. Cette espèce de libération, cette forme de courage et d’abandon, cette confiance envers le vide, et enfin l’acceptation; celle qui autorise à continuer à vivre, malgré les métamorphoses continuelles de notre existence et les chemins un peu plus sinueux que prévu. Alors, la larme est tombée. Au même moment où Gabriel s’étouffait dans sa respiration. Comme si j’avais eu besoin de le vivre par procuration alors que c’est moi-même qui avais imaginé et écrit tout ça. Étrange processus de la vie.

Après cette scène intense du dimanche matin, il n’y avait déjà plus de stress ou d’angoisse dans mon for intérieur. J’étais paisible. Je m’amusais à écouter le réalisateur, Mathieu, expliquer chaque scène aux acteurs, en ajoutant des détails, mais aussi une psychologie nette et précise. Il s’est fait plutôt discret sur son passé, mais j’ai trouvé en lui quelqu’un qui a compris parfaitement le personnage de Gabriel. Et de le voir en pleine analyse était encore quelque chose de magiquement étrange; comme s’il parlait de la vie de quelqu’un d’autre, mais qu’il avait raison sur à peu près toutes les émotions et les réactions que j’avais moi-même vécues avant d’écrire mes personnages.

Puis, il y a eu le personnage de Luc. Et un nouveau choc. J’avais bien vu des photos de distribution, mais outre les yeux bleus, je ne voyais pas encore comment l’acteur (Jean-Philippe Richard) allait réussir à me faire croire au personnage de Luc. Et pourtant, dès que j’ai ouvert la porte pour lui répondre, alors même que l’équipe complète n’était pas sur le plateau, je suis resté subjugué. C’était lui. Mathieu avait vu juste.

Je le regardais embrasser Gabriel, et je me disais que c’était ça. Il était juste même quand il jouait la domination ou la violence. Et il sentait bon, comme  mon « Luc » à l’époque. C’est la dernière scène du tournage qui m’a fait prendre conscience qu’il n’y avait pas qu’un seul Luc dans la vie. Dehors, accoté près de la porte de l’appartement, le personnage devait jouer une scène où il convainc Gabriel de quelque chose. Ce petit air à moitié piteux, mais toujours dominant. Il l’avait parfaitement. Ça m’a joué dans la tête un peu. Mais ça m’a fait comprendre que la palette humaine était vaste, mais pouvait toujours nous rappeler un être ou un moment. C’est en se détachant de l’amour perdu que l’on revient dans le monde vivant, des amours à venir.

En fin de semaine, le fantôme de mon ex s’est dissous. Oh! Il sera là encore, par moments, mais ça fait un petit bout qu’il ne vit plus à mes côtés en permanence, et comme j’ai cessé de relire mon roman, il n’apparait enfin plus dans mes rêves. Son personnage l’a déjà remplacé de toute façon.

Ce que je retiens de cette fin de semaine de tournage, c’est un peu quétaine, mais je m’en fou : j’ai eu l’impression de commencer un nouveau chapitre de ma vie en me faisant aider par les autres à recréer le passé pour enfin m’en débarrasser pour de bon. Je crois qu’il n’y a pas mieux en termes de psychanalyse.

Et de voir toutes ces personnes participer à ce projet, de les voir offrir leur aide, leur sourire, leur joie, mais surtout leur temps. De constater leur patience, leur entrain… lundi matin, je trouvais le temps bien long à mon bureau, seul. On aurait dit que cette folie positive de fin de semaine me donnait envie de continuer le tournage encore et encore. Parce que c’est comme si, en jouant et en s’appropriant des éléments et des scènes de ma vie, ils me connaissaient déjà un peu, ils étaient déjà des amis. Retrouver une petite famille, et avoir de la difficulté à la quitter pour retourner dans le quotidien du travail devant un ordinateur.

Et, chacun d’eux, je les admire. Parce qu’on peut sentir qu’ils font ce qu’ils aiment, qu’ils travaillent dans le plaisir, et, au final, c’est tout ce qui compte. Être heureux dans sa vie, se sentir bien avec ceux qui nous entourent, et pouvoir être soi-même. Complètement.

Voici donc un portrait plus précis des acteurs qui m’ont aidé à réaliser la bande-annonce de mon prochain roman. Le temps s’accélère, moins de 2 mois avant le grand jour!

 

acteurs

Nicolas Gendron, Jean-Philippe Richard, Lili Gagnon et Antoine Portelance
Sans oublier notre cher réalisateur, Mathieu Blanchard
mathieu

Groupe Facebook

Facebook_like_thumb
Je vous invite à me suivre sur Facebook sur ma page d’auteur.

Peut-être qu’un jour, il y aura des nouvelles 😉

Maxime Collins Auteur

Retour du blogue Pile ou Face

Ça y est! Pile ou Face revient enfin dans une nouvelle mouture! À l’âge de 29 ans (bientôt), il était temps de créer un nouvel univers. Exit la tristesse romanesque et le délire sur l’abandon de l’être aimé. Je suis passé à autre chose, j’ai fait mon deuil, et je suis enfin prêt à écrire sur un autre sujet que ma simple vie.

Ce ne sera pas facile au départ. Il faudra me laisser quelque temps d’adaptation, histoire que je trouve ma voix. Je dirais tout de même que le but de ce nouveau blogue sera de souligner la stupidité et l’incohérence de notre société. Je risque aussi d’aborder les sujets qui m’intéressent; donc beaucoup de musique, de films, de concerts, d’évènements et de critiques de toutes sortes.

Soyez donc indulgents, car j’écrirai probablement des entrées sur des sujets pointus, ou du moins, sur des choses que vous ne connaissez pas toujours. Un blogue, c’est un peu comme une quête: on ne sait jamais comment la courbe du temps va améliorer ou détruire un site, il faut le vivre comme l’existence, au jour le jour, sans trop se prendre la tête. C’est mon but; cesser de me retourner le cerveau.

Certes, pour ceux qui me connaissent déjà, vous vous doutez bien que mes grandes résolutions se terminent souvent par des échecs. J’aime répéter les mêmes histoires, bien que je sache que ce n’est pas la meilleure avenue. Je me fais quand même une promesse, soit celle de ne pas m’étendre aussi drastiquement sur ma vie privée.

Qu’est-ce qui s’est passé depuis plus d’un mois?

Eh bien, la petite vie qui continue son chemin. Je vous parlerai probablement de l’avancement de mon prochain roman (ça avance oui!). Il est évident que je risque de glisser à certains moments (alcool oblige!), mais ce ne sera pas une habitude.

Le but est donc clair: faire de cet espace un endroit où je peux critiquer (critiquer comme une bitch! diront certains!) et où je peux souligner l’ignorance et l’incohérence de notre actualité, de notre chère politique québécoise, mais aussi de tout ce qui fait vibrer le monde dans une propension plus culturelle et émotionnelle.

Je vous souhaite donc la bienvenue dans mon nouveau monde, en espérant que vous restiez à mes côtés dans les moments de bonheur, comme dans les moments de détresse.

Au plaisir, et bonne lecture !

Maxime Collins