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Sobriété

sansal

Les derniers dix jours m’ont apporté beaucoup de réflexions. Des bonnes et des moins bonnes. J’ai tenté la sobriété. Complète. Zéro alcool. Je pense que l’alcool était un refuge dans ma vie. Pour calmer le passé. Pour l’éloigner tout en l’approchant.

Être sobre pendant plusieurs jours, c’est voir la vie différemment. Aucun doute. On se remet à se questionner, à se demander vers où on va, à se dire qu’on n’a pas atteint tous les buts qu’on désirait atteindre. Le plus important, c’est que je me suis rendu compte que sans boire, je pouvais lever 200 livres au Bench (douche bag!!!) et 60 livres en poids libres (douche bag bis!!!).

En fait, être sobre, c’est reprendre le rythme d’une vie « normale », dans le sens où on ne tait plus les problématiques de nos vies. Et quand je parle de problèmes, je trouve que j’exagère. Parce que j’en ai pas de problème. Bon, j’ai appris que je devrai porter des lunettes au travail, c’est un peu le gros drame de ma vie. Sinon, je suis un adulte bien normal. Et c’est justement ce qui me fait peur; être un adulte normal.

C’est comme si j’appréciais être un peu plus « twisted » et que là, ben il n’y a plus rien pour me faire vivre ce sentiment. C’est la triste réalité; je suis bien dans ma vie, à ma place, avec des objectifs précis. Oui, je dois perdre du poids. C’est une obsession. Une obsession qui perdure depuis l’âge de 14 ans, alors que je pesais à peu près le même poids qu’aujourd’hui. Mais la sobriété me fait analyser le tout autrement.

C’est fou comme arrêter de boire remet les choses en place. Je dois l’avouer, ça m’a presque donné envie d’écrire. Je pense que j’utilisais (j’utilise) l’alcool pour éviter d’affronter les choses. Et pourtant… quand je serre la bite de mon homme au petit matin, quand il essaie de me pénétrer pour le fun, même si on doit se lever dans quelques minutes, je me sens bien. En harmonie avec ma vie, avec ce qu’elle m’apporte.

Le plus gros problème, c’est lorsque je reviens du travail la semaine. Je tourne en rond. Vraiment. L’alcool endort mes sentiments. Elle les gèle, un peu comme la drogue le faisait jadis, I guess. C’est un peu comme si je comprenais pourquoi tout est dramatique lorsque je suis sous influence. Je me rappelle les relations perdues, les amitiés larguées… Au final, j’ai compris que boire m’apportait plus de souffrances que de libération. Ça pourra paraître banal pour certains, mais pour moi, c’est comme une révélation.

J’ai reçu un message de mon ex (en réponse à un message d’il y a plus de 6 mois). Notre conversation a duré pendant 3 phrases. Il est ailleurs. Je suis ailleurs. Tout ça est déjà fini depuis longtemps. Et j’ai vite compris que sa réponse provenait de son surmoi, cet état qui se révèle quand on a bu. Il devait être saoul pour m’avoir répondu après tant de temps. Je mentirais si je disais que ça ne m’a pas atteint d’une certaine façon. On est toujours bouleversé quand on reçoit des nouvelles de ceux que l’on a jadis aimés. Ce fut mon cas.

J’ai voulu lui répondre. Un truc un peu mélo-drama… mais je m’en suis empêché. Ça vaut mieux pour ma santé mentale.

Tout ça me fait dire qu’on n’oublie jamais réellement les gens que l’ont a aimés jadis. Ça fait partie du processus du deuil. Et je ne suis plus rendu à ces étapes. Les mois et les années sont passés. Comme une autre de mes ex me disait: c’est déjà fini, depuis longtemps. Et c’est vrai. Il faut apprendre à prendre une distance, à se dire que le moment présent compte plus que les souvenirs du passé.

Je travaille sur ça. Sans alcool, c’est plus facile. Plus facile pour le poids aussi. Alors, ça va bien. Et c’est la même chose pour les amitiés. On ne peut pas forcer les gens à rester dans nos vies. Je me suis tellement accroché aux gens que j’adorais, sans avoir de retour; c’est un jeu qui se joue à deux; je me rends compte qu’il est inutile de vouloir garder des ponts avec des gens qui n’en ont rien à foutre. Mais je me sens de plus en plus choyé; les personnes que je fréquente aujourd’hui sont honnêtes; exit les jeux d’amitié, on voit qui sont les gens qui s’intéressent réellement à nous. Pour le reste, je crois qu’il faut laisser aller.

C’est fou comme nos amis les plus proches peuvent devenir des connaissances. Mais ça fait partie de la game. Les amitiés, c’est un peu comme les ex au final. On sait à l’intérieur de nous que c’est terminé, on tente de se battre pour renverser la vapeur par moment, mais quand ce n’est plus d’actualité, rien ne sert de se battre.

Et ça, je le comprends juste maintenant. C’est comme si je sentais que j’allais disparaître de la vie de plusieurs personnes, en leur laissant le choix de revenir s’ils le veulent. On sait tous que ça ne se passe pas comme ça dans la suite des choses. Mais quand on aime, il faut savoir laisser aller les événements, se dire qu’il faut que ce soit réciproque. Sinon, à quoi bon? Je me pose la question réellement. Je n’ai plus la force de me forcer pour voir des gens qui n’en ont plus rien à foutre de moi. C’est la même chose du côté relationnel. Quand la distance et le temps n’arrangent rien, il n’y a plus rien à faire, sinon que de vivre sa vie avec les personnes présentes, car ce sont elles qui comptent le plus.

La lucidité qui s’empare de moi en ce moment est comme un énorme cheminement. Il faut que la nostalgie des relations reste là où elle est. On ne peut pas recréer artificiellement des relations parfaites qui se sont déroulées jadis. Il faut vivre au présent, et accepter que les gens nous quittent. De manière brutale, parfois, mais peu importe. C’est ainsi que l’on vieillit.

Devenir adulte, c’est tellement fucking compliqué. (Dit le mec qui va avoir besoin de lunettes pour travailler bientôt…)

En terminant, je vous suggère une chanson de Kroy, qui n’a rien à voir avec son album, mais cette chanson est « twisted » comme je l’aime, c’est la chanson COLD. C’est juste Wow!