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I don’t blame you

Je cherche depuis un long moment à commencer une phrase qui ne sonne pas cheesy, mais c’est un peu impossible dans cette situation. Tout se passe toujours trop vite, et après coup, on se demande si on a vraiment vécu ce qui vient de se dérouler quelques minutes auparavant. Si je pouvais résumer le tout, je pense que je décrirais ça comme de la simplicité poétique. Probablement parce que je suis un pseudo-écrivain qui a besoin de faire du sens avec tout ce qu’il vit.

Il est arrivé en après-midi, comme à son habitude. Avec sa joie de vivre habituelle. Il est venu s’asseoir sur le divan à mes côtés. Comme à son habitude. Et c’était la fin des habitudes.

J’ai eu droit à la fameuse phrase que tout le monde déteste entendre: il faut qu’on se parle. Je me suis redressé, méfiant. Puis, il m’a annoncé qu’il allait enfin changer de poste à son travail. Je me suis dit qu’il allait me parler de nouveaux horaires qui compliqueraient nos rencontres. Mais il a simplement dit: Ça, c’était la bonne nouvelle. 

J’ai retenu mon souffle, mais les mots s’enlignaient un après l’autre, la sentence était prononcée.

C’est fini.

Dire que je ne m’y attendais pas serait minimiser les choses. Encore quelques heures auparavant, il commentait un de mes statuts en parlant de la Saint-Valentin.

Il m’a parlé de son amour atténuée, de ce qui l’énervait chez moi, de ces trop nombreuses dépendances qui m’accompagnent. Je n’ai pas su quoi répondre quand il m’a parlé de mes amis, trop néfastes ou trop présents, je ne sais plus. Il m’a refait le parcours de sa vie et de ses exs, en disant qu’il n’aurait pas dû accepter quelqu’un comme moi. Que je n’étais pas l’homme qu’il lui fallait. Qu’il n’était pas l’homme que je voulais. Il m’a décrit un homme qui n’a aucune dépendance, qui est toujours sain dans son corps et dans sa tête. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui souhaiter de trouver cet homme.

Cette conversation me semblait si simple, les yeux humides, assis sur le canapé à flatter Rémi couché sur le dos. Il m’a dit qu’il ne s’était pas ennuyé lors de notre séparation de deux semaines à Noël. Il m’a demandé si moi, je m’étais ennuyé. J’ai été légèrement piqué, lui répliquant que j’avais l’impression que la seule chose qui l’aurait satisfait aurait été que je lui dise chaque jour que je m’ennuie. Il a tout balayé du revers de la main, m’a dit qu’il ne sentait pas assez de démonstration affective de ma part. Peut-être qu’il n’a pas tort, il est vrai que je ne suis pas le plus démonstratif.

Je me suis mis à sourire, à rire même, lorsqu’il m’a dit que la sexualité était vraiment bien, qu’il n’en avait jamais manqué. Je pense lui avoir répliqué: au moins tu diras pas que je baisais mal. Il y avait une certaine simplicité dans ces échanges qui m’ont rappelé tout ce qu’il était. Un bon gars, simple, franc et léger. Je l’ai remercié de m’avoir aidé à atteindre une vie plus saine. Mais pas encore assez pour lui. Il m’a dit qu’il ne savait pas ce que cette relation lui avait apporté. J’ai suggéré qu’il allait peut-être le savoir plus tard. Il n’y avait rien de méchant dans ses paroles ni dans mes réponses. Nous étions comme nous avions toujours été.

Je lui ai pris la main. Il m’a dit que j’étais une bonne personne, que je ne devais pas douter de ça. On n’avait juste pas les mêmes visées d’avenir. Il m’a offert de m’aider à aller faire l’épicerie. Je lui ai répondu que je n’avais pas vraiment la tête à aller me promener dans des allées avec mon ex.

Et le moment de silence qui a suivi l’a encouragé à se lever. Une conversation d’à peine 30 minutes. Je n’ai pas cherché à le retenir. Je l’ai simplement suivi jusqu’à l’entrée, en me disant qu’il valait mieux terminer tout cela de la manière la plus positive possible. Après tout, nous avions vécu une relation somme toute positive. Il a eu de la difficulté à lasser ses bottes. J’ai attendu patiemment qu’il pose son sac sur son dos. Et la finale était tout prêt.

Je l’ai serré dans mes bras. Les larmes se sont mises à couler. Prends soin de toi. J’ai déposé un baiser sur sa bouche. Je l’ai pris une nouvelle fois dans mes bras, en flattant le derrière de ses cheveux. Nos corps se sont éloignés, puis j’ai saisi sa tête pour venir déposer un dernier baiser sur son front. C’est là que le coup au cœur est arrivé; comme un petit poignard qui s’insère en nous et nous coupe le souffle.

La porte s’est refermée derrière lui. Je n’ai pas enclenché le verrou, je trouvais que ça ternissait la dernière image qu’il aurait pu avoir de moi.

Le silence. La solitude. Le vide qui m’a envahi peu de temps après.

C’est fini. Ces deux petits mots que personne ne veut vraiment entendre.

Mais je ne peux pas le blâmer, je sais que je suis quelqu’un de complexe, pas facile à vivre, avec mes zones d’ombres. Pourtant, quand je repense à mes autres relations, cette simplicité dans cette rupture me montre que je suis devenu un adulte. Pas de chicane, pas de crises, pas d’histoires à demi terminées. J’ai pensé: c’est la première fois que je me fais laisser en hiver. Je sais, ça n’a aucun rapport, mais c’est ce qui m’est passé par la tête.

Je respecterai toujours cet homme qui m’a suivi dans mes périples des dernières années. Il n’y a pas de haine, de rancœur ou de rancunes. Seulement cette simplicité déstabilisante. Cette simplicité de l’être qui est toujours resté lui-même. Je ne regrette en rien cette relation. Elle m’a beaucoup apprise, a peut-être fait une meilleure personne de moi-même.

Je ne décide que très rarement d’écrire moi-même le mot Fin. Peut-être que je pousse les gens à prendre la décision à ma place inconsciemment. Je ne sais pas, c’est ainsi que mes histoires de cœur se terminent la plupart du temps. Même si je vais mieux dans mes habitudes de vie, dans ma manière d’interagir, dans mes excès qui ont vraiment diminué, je pense que j’ai encore beaucoup de travail à faire.

Je crois également que je vais rester seul pour un bon petit bout de temps. Il faut que je me retrouve, que j’accepte ce que je suis et que j’apprenne à vivre mon célibat. Ce mot me semble tellement étrange. Je suppose qu’il faut parfois être brassé de l’intérieur pour pouvoir comprendre qui nous sommes réellement.

J’ai refusé de voir les amis, ce soir. Parce que j’avais besoin de mettre des mots sur ce que je vis. Je sais que c’est ridicule d’écrire aussi rapidement après des événements qui se sont produits si fraîchement, mais ça semble être ma routine de vie. C’est ma seule manière de gérer ma peine. De toute façon, il fallait que ça sorte tout de suite, comme ça. Les prochains jours seront plus difficiles. Mais il faut que je garde le cap, surtout pas noyer tout ça dans l’alcool. Ce serait une mauvaise décision. Il faut cesser de se faire du mal quand on a de la peine. Je ne suis plus dans l’auto-destruction. Je préfère la jouer rationnel. Il m’a dit: nous ne sommes pas un bon fit. Peut-être. Mais je ne regrette pas notre expérience de vie. Ce petit bout de chemin et cette chute qui semblent étranges… ça fait partie de moi, à présent. On absorbe toujours en nous un peu de ceux que l’on fréquente.

Même s’il m’a dit qu’il réfléchissait à me quitter depuis environ trois semaines, ça n’a pas d’importance. Ça ne me fait pas rager. Je préfère accepter son honnêteté. Me dire qu’on a été bien ensemble. Je vais m’ennuyer de me coller contre lui la nuit. Je vais m’ennuyer de nos réveils les fins de semaine. Je vais m’ennuyer de cette simplicité et de cette joie de vivre qu’il avait toujours. Et je vais essayer d’être plus fort que tout ça. De prendre le meilleur de ce qu’il m’a laissé. Même si notre chapitre à nous est maintenant terminé.

La normalité de la trentaine?

Vers la fin de ma vingtaine, je disais souvent que j’avais perdu des amis, que les liens s’étaient détruits, ou que nos chemins s’étaient simplement séparés. Arrivé bientôt à la mi-trentaine, je me dis que j’étais un peu trop sévère (ou dramatique). 

Oui, il m’arrive encore de penser que j’ai été trahi, que j’ai été tassé même, mais je me rends compte que je m’en faisais beaucoup pour les aléas naturels de la vie. En fait, je ne devais pas comprendre que la vie est faite pour les séparations. Je me considère encore chanceux, parce que ces séparations n’égalent pas la mort de mes proches. Pas encore.

Avec le temps, j’ai aussi compris que les séparations nous permettaient de comprendre l’importance qu’avaient les autres dans nos vies. Trop peu, trop tard? Je ne suis pas si certain. En d’autres mots, je crois vivre tout ce qu’un humain vit généralement. La perte ne devrait pas toujours être triste ni violente.

Avec tous les gens que l’on rencontre sur le chemin de notre vie, il est tout à fait normal d’en voir disparaître plusieurs. Tout est dans la manière de faire les adieux ou les « au revoir ». Si je me suis souvent senti blessé d’être éliminé de la vie de certains amis en raison de leurs relations amoureuses, je pense maintenant que c’est quelque chose d’inévitable. On ne peut pas plaire à tous, et quand quelqu’un veut vraiment nous faire disparaître de la vie d’un de nos amis, parfois, on n’a juste pas le choix. Mais ce n’est pas toujours ainsi non plus.

Dernièrement, j’ai dit « au revoir » à mon meilleur ami. Et je craignais que ce soit très triste et drama, mais au contraire, il y avait quelque chose de lumineux dans cet adieu (temporaire, je l’espère). En fait, j’étais heureux des nouveaux défis de mon ami. Je lui souhaite la meilleure des chances, et il faut dire qu’il y a des gens que l’on peut quitter et retrouver sans que cela nous affecte, comme si on s’était vu hier pour la dernière fois. Je ne sais pas ce qui en sera de ma relation avec mon meilleur ami, mais une chose est certaine; lors de ce dernier verre dans un bar miteux, j’ai encore eu la confirmation que certaines personnes sont là pour rester, et qu’il serait très difficile de les éliminer ou de me faire éliminer de leur vie. Peut-être que nous ne nous verrons plus pendant des mois, mais j’ai eu le plaisir de constater que ce genre d’amitié passe au-dessus de tout.

Ce qui est vrai pour tout le monde, c’est que la trentaine nous éloigne des autres. Pas nécessairement volontairement, mais par les simples aléas de la vie quotidienne. Que ce soit à cause de déménagements, de nouveau-nés, de nouvelles relations amoureuses, ou simplement parce que le temps nous manque. Il y en a pour qui je n’ai eu aucun problème à accepter la coupure des ponts (des gens que je considérais souvent néfastes pour moi, de toute façon), il y en a avec qui ce fut plus difficile, du moins de mon côté, parce que j’ai souvent tenté de me battre pour sauver certaines relations amicales, mais pour le moment, je me sens dans une belle phase. Une étape de ma vie où je n’ai plus d’agressivité ou de rancœur envers ceux qui me quittent. Ça fait partie de la vie. C’est ainsi. Il faut s’y accommoder. Bientôt, c’est probablement la mort qui me séparera des êtres que j’aime le plus au monde. Il vaut mieux commencer à devenir zen envers ce processus. Ne surtout pas tomber dans une noirceur.

Évidemment, on ne comprend pas toujours pourquoi les relations amicales prennent des distances. Il y a tant de raisons. Mais on dirait que j’accepte maintenant beaucoup plus facilement ce processus de séparation, que jadis lorsque j’étais dans la vingtaine et où je me sentais plutôt trahi par les gens que j’aime.

J’ai compris avec le temps, parce que je le vis moi-même, qu’on choisit un peu son parcours, qu’on décide d’être là où l’on a envie d’être. Et c’est correct. C’est la logique qui découle du fait de vieillir. On change nos habitudes aussi. On boit moins. On se drogue moins. On évite les situations plus folles. On devient adulte. Encore. Eh oui.

Je crois que c’est la raison pour laquelle j’ai fait la paix avec les gens qui ont pris leur distance, qui m’ont quitté (drastiquement ou avec le temps). C’est un peu la même chose de mon côté; on privilégie les gens qui nous ressemblent, qui vivent les mêmes choses que nous à l’instant X. Ça ne veut pas dire que je me ferme à l’inconnu ou aux situations différentes des miennes (la plus grande preuve de cela, c’est que je ne m’enferme pas avec des gens qui me ressemblent parfaitement). J’aime la confrontation, les divergences d’opinions, les situations de vie qui ne me concernent pas directement.

Je dois tout de même avouer que les dernières années m’ont éloigné des amis des dix dernières années. Il y a eu des non-dits, des trahisons, des événements où je n’avais rien à voir, mais où j’étais déjà déclaré coupable. Je me suis battu. Cela a été un échec lamentable. J’ai surtout compris qu’on ne peut pas se battre quand un amoureux ou une amoureuse d’un ou d’une amie décide qu’il ne nous aime pas. C’est ainsi. Il faut larguer les armes et accepter que l’on ne puisse pas plaire à tous. Et la vie, c’est ça: prendre des chances en aimant des gens, et accepter qu’il y a probablement une date de péremption sur nos relations. Ça ne veut pas dire que l’on ne s’aime plus. Ça veut simplement dire que l’on est plus assez important pour certaines personnes, que tout notre amour ne vaut rien par rapport aux doutes ou aux conflits qui peuvent se produire.

Et puis, de nouvelles personnes entrent dans nos vies. Elles illuminent notre mal-être, elles deviennent aussi importantes que les amis de jadis. Tout est un cycle. Tout est en mouvement.

Ça m’a pris du temps à comprendre qu’on ne pouvait pas recréer les amitiés d’antan. J’ai toujours eu cette espèce de fibre nostalgique un peu malsaine. Ce désir de ne pas laisser s’échapper les êtres qui me sont chers. Mais avec la sagesse des années qui s’écoulent, je me rends compte qu’il est inutile de se battre. Les relations se tissent et s’éloignent selon les aléas du temps.

Si on est chanceux, il en restera quelques-uns près de notre lit de mort.

Tout ça est un peu comme une déchirure amoureuse. Ou, du moins, ce l’était jadis. Je crois que la perte des amitiés peut être aussi dévastatrice que la perte amoureuse. On ne s’y attend jamais. Mais surtout, il y a rarement une précision aussi claire quand une relation amicale se meurt. On se voit une dernière fois, puis on ne se voit plus. Il peut même ne rien s’être passé. Seulement un silence, qui se remarque au fil des années. Le plus grave problème de notre époque, c’est qu’aujourd’hui, on peut encore suivre nos anciennes amitiés virtuellement. On peut les apercevoir faire un commentaire sur Facebook ou Twitter. Devenir amis avec une personne près de nous. Le hasard de se croiser dans la rue devient moins important, car l’on sait que l’on peut surveiller la vie d’un ancien ami par les réseaux sociaux. À moins d’un grand conflit et d’un bannissement, les gens ne nous bloqueront pas du monde virtuel. Ils continueront à vivre, à commenter, à exister dans ce milieu un peu étrange que l’on appelle le Web.

Il faut faire avec notre temps, comme on dit. Mais n’y a-t-il pas quelque chose de plus cruel, que de voir l’évolution d’une ancienne amitié, de façon anonyme, dans l’ombre; être témoin de gens qui continuent leur vie sans nous. Je suppose aussi que c’est le même rapport avec les exs. Mais j’essaie de ne pas les garder sur mon Facebook, ceux-là.

Bref, je m’éloigne de mon sujet. J’ai dit « au revoir » à mon meilleur ami dans une ambiance légère et positive. Peut-être parce que je sais que même à l’autre bout du monde, il sera toujours important pour moi. Et je pense l’être aussi pour lui. Ça donne peut-être un léger baume au coeur. Mais tout ça n’est qu’exception. Car en général, les gens disparaissent « naturellement », avec les années, avec les événements ou les changements.

Et, pourtant, je suis zen. Ça me va. En fait, je me sens très positif ces derniers temps. Parce que ma vie n’est pas mauvaise, parce qu’il n’y a pas de grands nuages, parce que j’ai aussi cessé de me battre pour retrouver des amis qui avaient volontairement décidé de m’éliminer de leur vie.

Je reste quelqu’un de très possessif en amitié. J’aime voir ceux que je veux. Sans les autres. Sans cette cacophonie que pourrait m’apporter des gens que je ne veux pas voir. C’est sûrement la raison pour laquelle je préfère organiser mes soirées. Je me coupe peut-être de nouvelles rencontres intéressantes. C’est à réfléchir. Mais s’il y a quelque chose qui m’anime dans la vie, c’est bien de voir ceux que j’ai envie de voir. De profiter de ces moments trop éphémères. Sans bruit de fond inutile. Sans ces personnes de trop qui m’empêchent d’être moi-même, qui sait?

Ce n’est probablement pas (sûrement pas) la meilleure façon de conserver ses amitiés. Mais pour moi, c’est instinctif. J’aime peut-être trop les gens que j’aime (à la limite de vouloir les garder pour moi uniquement), mais je suis ainsi. Et j’ai compris que même si je n’avais pas ce genre de comportement, les amis viendraient et partiraient quand même comme bon leur semble. Alors, il vaut mieux profiter de l’instant. Et quand c’est moi qui choisis cet instant, à ma manière, avec mes règles et mes choix, je m’en porte mieux, je suis heureux. Souvent, à la fin de la soirée, je vois dans les yeux de mes amis qu’ils ont apprécié ce petit moment. Il s’agit d’un espace-temps, minuscule et partagé. Peut-être en vue de plusieurs autres moments, peut-être pour un dernier au revoir.

Return/Rewind

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J’ai passé une superbe soirée à l’autre bout de la ville. J’en ai profité pour boire, chose que j’évite de faire en semaine, maintenant.

J’ai raté le dernier métro. Non, la STM a flushé le dernier métro, ne respectant pas ses horaires pour fêter son 50e (on est tellement surpris)!

J’ai dû me rabattre sur 2 autobus avec transfert. Soit, 2 heures à poiroter et à être dans notre si belle ville qui fêtait l’année des transports en commun dernièrement…

Et puis, j’ai laissé tomber toute ma haine, parce que je me suis mis à observer le centre-ville et tout à coup, chaque bâtiment me racontait ma propre histoire.

J’ai croisé le Hyatt, cet hôtel où je me suis fait mettre à la porte par mon ex-blonde. Je savais que c’était déjà fini. Je voulais juste baiser un vagin une dernière fois dans ma vie.

Puis le Travelodge est arrivé… l’air de rien. Alors qu’il s’agissait de la première fois où j’allais dormir avec mon ex, où j’allais le sucer, ou je ne m’attendais certainement pas à m’enfermer dans une bulle pendant 10 ans.

On a ensuite roulé vers le village, et j’ai revu mon premier amant, qui allait nous acheter du Poppers alors que c’était encore légal.

Tout près, l’afterhour le Circus, où je me suis revu, complètement gelé, avec ma cousine et de nombreuses amies. J’ai repensé à Ricardo, à notre danseuse nue qu’on avait attirée… et à nos jeux.

Puis le feu Drugstore, où je prenais un verre… des pintes plutôt, avec les amis d’Internet. Je me suis rappelé que c’était la dernière fois que j’avais fêté l’Halloween là-bas… Tout juste à côté du Steak Frites qui a changé de nom dernièrement, et où j’ai connu plusieurs plaisirs amicaux et animaux.

La vie est comme un quartier et des rues qui se défilent et se rejoignent sous nos yeux. On continue à avancer sans savoir vraiment ce qui nous marquera. On continue à vivre notre présent sans en reconnaître les effets qu’il aura sur nous plus tard.

C’est triste et tellement beau à la fois.

Alors qu’on se concentre trop souvent sur les souvenirs du passé, on ne remarque que très rarement que notre présent sera notre nostalgie à venir.

C’est peut-être une question d’âge, une question d’expériences qui doivent se réaliser. J’essaie fort d’oublier tout ça. De ne vivre que pour l’instant. Mais rien n’est facile dans ce passé qui nous poursuit sans cesse.

Une chose est certaine. Même si je voulais, je ne pourrais jamais regretter ma jeunesse, ce serait inutile d’essayer de me convaincre que je n’ai pas vécu ma vie à fond. Et puis, je n’ai aucun remords.

Mon seul combat, c’est de rayer tout ça d’un grand trait. De ne plus porter d’importance aux souvenirs soudains; que ce soit un hôtel, un bar, un magasin ou un coin de rue. C’est pour le moment chose impossible, car je suis prisonnier de cette beauté naïve qui me ramène sans cesse aux instants d’avant.

Sobriété

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Les derniers dix jours m’ont apporté beaucoup de réflexions. Des bonnes et des moins bonnes. J’ai tenté la sobriété. Complète. Zéro alcool. Je pense que l’alcool était un refuge dans ma vie. Pour calmer le passé. Pour l’éloigner tout en l’approchant.

Être sobre pendant plusieurs jours, c’est voir la vie différemment. Aucun doute. On se remet à se questionner, à se demander vers où on va, à se dire qu’on n’a pas atteint tous les buts qu’on désirait atteindre. Le plus important, c’est que je me suis rendu compte que sans boire, je pouvais lever 200 livres au Bench (douche bag!!!) et 60 livres en poids libres (douche bag bis!!!).

En fait, être sobre, c’est reprendre le rythme d’une vie « normale », dans le sens où on ne tait plus les problématiques de nos vies. Et quand je parle de problèmes, je trouve que j’exagère. Parce que j’en ai pas de problème. Bon, j’ai appris que je devrai porter des lunettes au travail, c’est un peu le gros drame de ma vie. Sinon, je suis un adulte bien normal. Et c’est justement ce qui me fait peur; être un adulte normal.

C’est comme si j’appréciais être un peu plus « twisted » et que là, ben il n’y a plus rien pour me faire vivre ce sentiment. C’est la triste réalité; je suis bien dans ma vie, à ma place, avec des objectifs précis. Oui, je dois perdre du poids. C’est une obsession. Une obsession qui perdure depuis l’âge de 14 ans, alors que je pesais à peu près le même poids qu’aujourd’hui. Mais la sobriété me fait analyser le tout autrement.

C’est fou comme arrêter de boire remet les choses en place. Je dois l’avouer, ça m’a presque donné envie d’écrire. Je pense que j’utilisais (j’utilise) l’alcool pour éviter d’affronter les choses. Et pourtant… quand je serre la bite de mon homme au petit matin, quand il essaie de me pénétrer pour le fun, même si on doit se lever dans quelques minutes, je me sens bien. En harmonie avec ma vie, avec ce qu’elle m’apporte.

Le plus gros problème, c’est lorsque je reviens du travail la semaine. Je tourne en rond. Vraiment. L’alcool endort mes sentiments. Elle les gèle, un peu comme la drogue le faisait jadis, I guess. C’est un peu comme si je comprenais pourquoi tout est dramatique lorsque je suis sous influence. Je me rappelle les relations perdues, les amitiés larguées… Au final, j’ai compris que boire m’apportait plus de souffrances que de libération. Ça pourra paraître banal pour certains, mais pour moi, c’est comme une révélation.

J’ai reçu un message de mon ex (en réponse à un message d’il y a plus de 6 mois). Notre conversation a duré pendant 3 phrases. Il est ailleurs. Je suis ailleurs. Tout ça est déjà fini depuis longtemps. Et j’ai vite compris que sa réponse provenait de son surmoi, cet état qui se révèle quand on a bu. Il devait être saoul pour m’avoir répondu après tant de temps. Je mentirais si je disais que ça ne m’a pas atteint d’une certaine façon. On est toujours bouleversé quand on reçoit des nouvelles de ceux que l’on a jadis aimés. Ce fut mon cas.

J’ai voulu lui répondre. Un truc un peu mélo-drama… mais je m’en suis empêché. Ça vaut mieux pour ma santé mentale.

Tout ça me fait dire qu’on n’oublie jamais réellement les gens que l’ont a aimés jadis. Ça fait partie du processus du deuil. Et je ne suis plus rendu à ces étapes. Les mois et les années sont passés. Comme une autre de mes ex me disait: c’est déjà fini, depuis longtemps. Et c’est vrai. Il faut apprendre à prendre une distance, à se dire que le moment présent compte plus que les souvenirs du passé.

Je travaille sur ça. Sans alcool, c’est plus facile. Plus facile pour le poids aussi. Alors, ça va bien. Et c’est la même chose pour les amitiés. On ne peut pas forcer les gens à rester dans nos vies. Je me suis tellement accroché aux gens que j’adorais, sans avoir de retour; c’est un jeu qui se joue à deux; je me rends compte qu’il est inutile de vouloir garder des ponts avec des gens qui n’en ont rien à foutre. Mais je me sens de plus en plus choyé; les personnes que je fréquente aujourd’hui sont honnêtes; exit les jeux d’amitié, on voit qui sont les gens qui s’intéressent réellement à nous. Pour le reste, je crois qu’il faut laisser aller.

C’est fou comme nos amis les plus proches peuvent devenir des connaissances. Mais ça fait partie de la game. Les amitiés, c’est un peu comme les ex au final. On sait à l’intérieur de nous que c’est terminé, on tente de se battre pour renverser la vapeur par moment, mais quand ce n’est plus d’actualité, rien ne sert de se battre.

Et ça, je le comprends juste maintenant. C’est comme si je sentais que j’allais disparaître de la vie de plusieurs personnes, en leur laissant le choix de revenir s’ils le veulent. On sait tous que ça ne se passe pas comme ça dans la suite des choses. Mais quand on aime, il faut savoir laisser aller les événements, se dire qu’il faut que ce soit réciproque. Sinon, à quoi bon? Je me pose la question réellement. Je n’ai plus la force de me forcer pour voir des gens qui n’en ont plus rien à foutre de moi. C’est la même chose du côté relationnel. Quand la distance et le temps n’arrangent rien, il n’y a plus rien à faire, sinon que de vivre sa vie avec les personnes présentes, car ce sont elles qui comptent le plus.

La lucidité qui s’empare de moi en ce moment est comme un énorme cheminement. Il faut que la nostalgie des relations reste là où elle est. On ne peut pas recréer artificiellement des relations parfaites qui se sont déroulées jadis. Il faut vivre au présent, et accepter que les gens nous quittent. De manière brutale, parfois, mais peu importe. C’est ainsi que l’on vieillit.

Devenir adulte, c’est tellement fucking compliqué. (Dit le mec qui va avoir besoin de lunettes pour travailler bientôt…)

En terminant, je vous suggère une chanson de Kroy, qui n’a rien à voir avec son album, mais cette chanson est « twisted » comme je l’aime, c’est la chanson COLD. C’est juste Wow!


 

Jour 1

adulte

Je suis content que ça m’arrive en début de saison estivale. Au moins, ça sent moins la bullshit. Du genre «Je vais me calmer parce que l’été est fini, je vais devenir adulte et blablabla…» Non, cette fois la claque vient avant les conneries et les excès de l’été. Vraiment pas une mauvaise chose, au final.

Je pensais que je n’avais plus rien à dire ici. Faut croire que j’arrive à me surprendre encore. Signe que je suis encore bien vivant, et pas sur le pilote automatique. Faut dire que le stress est retombé, que je suis maintenant installé, et qu’il ne me reste qu’à payer pour les x années de ma vie à venir. Ahah, j’ai un ton tellement dramatique pour rien.

La vraie prise de conscience est arrivée vendredi soir. Celle de la semaine passée était juste le prélude, je suppose. Je me suis retrouvé seul dans un concert de Moderat au Métropolis (oui, la salle de concert où je m’étais promis de ne plus jamais remettre les pieds). Je me suis vite souvenu pourquoi. La chaleur, la foule, le son à faire exploser les tympans. Entouré de gamins qui commencent à peine à vivre leurs expériences de vie. Je me suis demandé ce que je crissais là. Après un concert pénible, je suis retourné chez moi à pied. En marchant dans le Village animé, un endroit que j’ai très peu fréquenté dans ma vie. Encore la foule à l’extérieur, à faire la ligne pour entrer dans des bars qui ne m’intéressent plus depuis longtemps. J’ai pressé le pas vers chez moi, puis j’ai continué à boire quelques bières jusqu’aux petites heures, sur mon balcon, à tendre l’oreille vers la rue un peu bruyante. Les temps ne changent pas, mais moi oui. Je pense que j’ai passé le cap des soirées électro, de la défonce, des moments où l’angoisse et l’anxiété du corps se manifestent à cause de la fatigue des muscles, du manque de sommeil, de tous ces éléments que je semblais tolérer facilement avant.

Il fallait bien que je me rende à cette évidence un jour. Le cycle du changement n’en finissait plus de finir, mais j’ai enfin compris qu’il était complété. Quand il n’y a plus de plaisir à faire ce que l’on faisait jadis, il vaut mieux cesser de s’entêter et apprendre à vivre cette nouvelle étape de vie.

Hier soir, je regardais mon meilleur ami s’exciter de sortir dans les bars, pour déraper un dimanche, comme si c’était si original. Et moi, je n’aurais pas pris sa place pour rien au monde. J’ai mangé ma petite papillote de légumes et ma truite avec mon chum, on a bien pris quelques verres, puis on est allé se coucher vers minuit. En fait, je l’ai laissé dormir sur le divan, car il semblait trop bien.

Dans mon grand lit, j’ai eu du mal à trouver le sommeil. C’est toujours un peu confrontant d’accepter de laisser partir une partie de sa jeunesse. De se dire que c’est ainsi que les folies s’arrêtent. Qu’il faut commencer à s’économiser physiquement et mentalement si on veut se sortir de ses patterns. Mais je n’ai plus besoin de lutter. Je n’ai plus besoin de me forcer à rester sage. Je n’ai juste plus envie de m’éclater «gratuitement».

Cette nuit, j’ai fait un rêve. J’étais avec des amis, devant une pharmacie. Je ne sais pas trop ce qu’on attendait. On avait bien du plaisir. Jusqu’à ce que je vois mon ex arriver, me croiser sans me voir, puis pénétrer à l’intérieur du bâtiment. Comme à l’habitude dans mes rêves, j’ai senti une boule au ventre, puis je l’ai suivi, parce qu’il me semble que je voulais l’accuser de ne pas me donner une once d’attention. Mais quand je suis arrivé près de lui dans la pharmacie, je l’ai observé avec un autre. Ils se serraient dans leur bras, s’embrassaient comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis des siècles. J’ai ressenti leur amour. Mais pour une fois, pas de haine, pas de frustration, pas même envie d’une confrontation. J’ai fini par détourner le regard de leur bonheur, puis je suis reparti vers la sortie.

Dire que j’étais calme et serein quand je me suis réveillé serait faux. Mais la boule au ventre, elle, n’y était plus. Cet élément peut sembler banal, mais pour moi, il fait toute la différence. Je me suis tourné sur le côté et j’ai serré mon chum dans mes bras. Avec la jeunesse s’en vont aussi les anciens amours. Je suppose que c’est le processus normal des choses. Avec beaucoup de lenteur dans mon cas. Mais j’y suis habitué.

J’ai enfin tenu ma promesse, ce matin. J’ai enfilé mes shorts et je suis allé courir un petit 4 km. Histoire de m’y remettre doucement. Le parcours de course, au bord du fleuve, est des plus charmants. Ce sera parfait pour tout l’été et l’automne. Je dirais la même chose pour la vue de mon balcon. C’est beau, c’est doux, c’est plaisant et relaxant. Je suis bien. Bien installé. Bien dans ma peau. Bien dans mes choix. J’espère que l’été sera à l’image de ce calme et de cette sérénité.

Avancer

condo

La vie est parfois très très lente, puis lors de certains moments, tout s’accélère et on comprend souvent tout ce qui nous ralentissait autant.

Ce n’est pas qu’il ce soit passé des choses extravagantes dans ma vie au cours des dernières semaines, mais c’est simplement le relent des expériences passées et le recul de certains événements qui m’ont fait accélérer dans ce que je peux considérer mon nouveau point de départ.

Je dois l’avouer, ma dernière entrée de blogue a fait jaser plus que je ne le croyais. Comme quoi, il suffit d’écrire quelques mots comme masturbation, sperme et homosexualité pour sonner une cloche chez les gens et se propager sur la toile. Je prends note!

En fait, ma dernière entrée a été écrite à chaud, en revenant de la soirée où j’avais rencontré Jean-François (roman Pile ou Face, et un peu au début de Peut-être jamais pour ceux qui suivent mes écrits). Enfin, «rencontré» est un grand mot. Croiser du regard serait plus approprié. Je crois que c’est extrêmement libérateur d’avoir vécu cette soirée. Malgré mes mots maussades qui ont suivi.

Pourquoi au juste? Parce que ça m’a permis de relativiser sur mes amours passées. Depuis quelque temps, je sens le détachement complet se faire à propos de mon passé, et je dois avouer que c’est l’une des premières fois de ma vie que je vis ce genre de feeling. Ne plus en avoir à foutre ne veut pas dire nécessairement oublier tout ce qui a précédé, mais au moins, émotionnellement, en faire le deuil et régler tout ça une fois pour toutes. C’était déjà chose faite avec le premier amour depuis longtemps, mais c’était plus difficile avec mon ex. Pourtant, à présent, je me sens libre. Je sais, je sais, je suis un mec de cycle, et ça me prend environ 5 ans pour en finir avec l’histoire d’avant, et j’accepte ma lenteur (chacun son rythme dans les deuils).

J’ai enfin compris qu’il n’y a plus rien à faire quand on ne peut plus rien retirer d’une relation. Je suis Scorpion. Je m’attache aux gens et je ne les laisse que rarement partir, à moins que ce soit ma propre décision. Évidemment, la vie nous joue des tours et comme on ne peut pas contrôler les gens, j’ai parfois souffert du départ de certaines personnes. Mais j’en suis venu à me dire que, dans le fond, j’ai eu tout ce que je désirais avec mes anciennes relations. Il n’y a plus rien à retirer de tout ça. Et s’il y a quelque chose qui me frustre (et qui me permet de tirer la plogue plus facilement), c’est bien de me faire ignorer ou de me faire rayer de la vie de quelqu’un sans autres explications.

Et c’est exactement ce qui s’est passé avec mon ex. En quelque sorte.

J’ai toujours dit que la meilleure preuve d’amour, ce n’était de ne jamais attacher quelqu’un à nous. Et je continue dans mon exploration de cette maxime. Par contre, mon côté scorpion n’accepte que très rarement de reprendre quelqu’un qui m’a jeté. Je l’ai déjà fait, et ça ne m’a qu’amené du négatif. J’ai donc naturellement décidé de classer cette histoire pour de bon. Il n’y a plus rien à tirer de tout cela depuis longtemps de toute façon. À force d’avoir voulu aider des gens qui ne se rendent pas compte de tous les efforts qu’on met pour eux, on perd l’intérêt. Et c’est exactement ce qui s’est produit. Je reprendrai donc mon franglais de ma dernière entrée: I don’t care anymore.

C’est fou comme c’est libérateur. Je me dis que j’avais peut-être besoin d’un nouveau projet pour m’éloigner de toute cette noirceur. Présentement, c’est le projet de condo qui m’en demande beaucoup. En 2014, le projet de roman m’en demandait encore plus, mais il était relié de façon malsaine à cet ex. Aujourd’hui, plus rien ne nous relie, et le cordon semble officiellement coupé. Alors, je lui souhaite la meilleure des chances dans sa vie. Et je me tourne vers le présent et l’avenir.

Ces derniers jours, j’ai capoté un peu. Je n’avais pas compris qu’acheter un condo neuf demande tant de prises de décisions. C’est quasiment comme avoir une entreprise privée. Et comme je ne suis pas un grand amateur de design et que je ne connais rien aux tendances cuisine et salle de bain, je dois dire que l’aventure s’est vécue en montagnes russes! Mais, ce soir, tout a été décidé. Et j’assume assez bien mes choix. Reste à voir comment ça se transposera une fois réalisé, mais ça… c’est à suivre… en avril prochain!

Voilà donc ma nouvelle aventure à court terme. Comme vous commencez à me connaître, vous savez que j’aime me la jouer dramatique. Donc, je n’arrête pas de pousser mes craintes, du style: «je vais faire faillite!», «je vais haïr ça», «le promoteur va me crosser, je le sens», «mais dans quoi je me suis embarqué?», etc, etc, etc. Mais ça fait partie de la game, et il faut simplement que je me calme les nerfs. Après tout, ce n’est que du matériel et du cash. Vaut mieux se concentrer sur les relations et les gens.

Avec tout ça, c’est aussi le temps d’en finir très bientôt avec la vente de mon roman. Ça tombe bien, il ne reste pas beaucoup d’exemplaires à vendre. J’en ai 13 en ma possession, et voici la liste des autres endroits où vous pourrez le trouver (à noter que Archambault a réussi à avoir quelques copies supplémentaires! Eh oui, peu importe le Archambault, vous pouvez le demander à votre librairie locale si vous ne vivez pas près de Montréal!):

Vous pouvez encore commander votre exemplaire avec la promo dédicace + bande-sonore et précédent roman en format numérique (Comme si de rien n’était) sur la page du roman au www.peut-etre-jamais.com!

À toi, mon passé

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À toi, mon passé, envers lequel je n’ai aucune animosité, aucun regret et surtout pas de remords. Ce soir, il s’est passé un beau grand déclic dans mon petit cerveau d’être humain. Et c’est en anglais que ça sonne le mieux; I don’t care anymore.

C’était une soirée somme toute anecdotique. Quelques verres avec de bons amis, puis quelques rencontres avec des fantômes du passé. Tu en faisais partie. Un simple verre nous séparait. Toi, à l’extérieur. Moi, à l’intérieur. Je t’ai naïvement attendu. Je me disais qu’après tout ce temps, je n’étais plus un danger. Tu m’avais même dit, il y a au moins 10 ans de cela, que tu n’avais rien contre moi. Mais la fierté et l’orgueil sont des moteurs puissants. Je suis convaincu que tu n’avais aucune intention de protéger quoi que ce soit. Ta virilité? Tu l’as prouvé depuis bien longtemps. Ton hétérosexualité? Tu as amené ta preuve avec toi. Rien d’autre ne nous séparait qu’un simple verre, quelques pas à peine à franchir. Tu sais très bien que je n’aurais jamais osé faire ces quelques pas, parce que moi, je n’ai jamais rien eu de négatif à dire envers toi. J’en ai peut-être trop dit à l’époque, j’ai peut-être causé un bouleversement trop énorme dans ton petit coeur d’adolescent, mais entre toi et moi, ce n’était que des babioles. Rien de fatal. Rien qui aurait pu nuire à ta si belle réputation de garçon parfait.

Je te fais sans doute encore peur. En raison de mes mots. En raison de ce que je balance sur le Web. Tu t’es probablement arrêté depuis 15 ans. Me lire te trouble probablement encore trop. Peur de découvrir un mot de trop envers toi. Mais ne t’inquiète pas, je me contrebalance complètement de ta vie, comme tu le fais si bien envers moi également. Il n’y a pas de malaise, il n’y a pas de rancune, il n’y a rien, en fait.

Je n’ai aucune intention de régler des comptes, car ils se sont effacés depuis un très long moment. 15 ans. 15 ans pile. Ne fais pas l’innocent. Tu m’as remarqué. Je t’ai remarqué. Tu t’es éclipsé; tu avais sans doute peur de dévoiler ton passé à ton entourage. Tu as probablement tant travaillé à le rendre lisse et limpide. Et ça me fait sourire. Ce soir, j’ai appris que je pouvais encore terrifier quelqu’un. Au point où un simple bonsoir poli n’était pas de mise. Et une vieille amie du secondaire me l’a confirmé; Il n’a pas envie de te parler. 

Ne t’inquiète pas. Je m’en doutais.

Je ne suis pas triste. Ni nostalgique. J’ai déjà tellement donné. Ça m’a fait sourire. Étrangement. Parce que je me posais vraiment la question. Va-t-il faire ce premier pas, ou sera-t-il lâche jusqu’au bout? Réponse nette et précise. C’est tout ce que j’avais besoin de savoir.

Ne t’en fais plus. Nos secrets vont mourir du passage du temps. Je ne parlerai plus de ces trois ans de découvertes. Je ne dirai rien sur les multiples tromperies envers nos copines de l’époque. Je ne parlerai pas des masturbations mutuelles après minuit. Ni du partage d’une brosse à dent après avoir tenté de se foutre un doigt au cul. Pas un mot sur nos frenchs sous la douche. Rien sur le fait de m’étouffer sous la force de ton sperme dans ma gorge. Rien non plus sur le partage de ma copine de l’époque; à t’embrasser pendant que tu pénétrais probablement l’une des premières femmes de ta vie. Une vraie femme. Ne t’inquiète pas, je ne me vanterai pas de tout ce que je n’ai pas dit dans le roman Pile ou Face. Pas un mot sur l’après-bal, où tu m’as choisi pour te sucer en pleine rue alors que tu avais ma cousine à disponibilité, pas un mot sur notre séance photo pornographique, pas un mot sur l’orgie à 5 qui nous a presque coûté la vie parce que je voulais faire foncer la New Beetle dans un mur après cette soirée atroce. Pas un mot sur la douleur de te perdre pour un simple trip ridicule qui aura marqué la fin des choses entre nous. Non, tu n’as pas à craindre. Tes amis, ton petit cercle, personne ne saura rien. Tu conserveras ta chère réputation.

Et je souris encore, parce que je sonne un peu amer, mais j’en ris. Jeunesse, oblige. Mon grand, sache que je n’ai jamais voulu faire de toi un pédé. Tu as dessiné ta voie comme tu l’entendais. Avec des phrases comme une bite n’a pas d’oeil ou encore sucer, c’est pas pédé. Et je te félicite. J’ai toujours douté, un peu, je l’avoue, que tu finirais comme moi. Mais ce n’est pas le cas. Pas pour le moment. Ce ne le sera probablement jamais. Mais qui sait ce que tu fais en cachette. Ça ne me regarde pas. Après tout, tu te traitais toi-même de bisexuel, et à maintes reprises appart ça. Te souviens-tu notre promesse? On se reverra à 40 ans. Peut-être. À toi de voir, moi je n’ai aucun problème à assumer ma vie, à assumer mon passé et le fil de nos histoires qui se sont croisées. Je constate même que tu fais des efforts, tu as même des amis gais. Bravo. Qui sait ce que tu fais avec eux? Ça ne me regarde pas. Plus rien ne me regarde, en fait. Et je suis très zen avec ça.

Par contre, le fait de ne pas avoir encore assez de couilles pour venir mettre le passé à plat, ça, je ne peux m’empêcher de trouver ça cheap. Mais je me rappelle trop bien que c’est ta façon de faire. Même à l’époque, tu le disais toi-même: on est toujours seul. Même les meilleurs amis ne dureront pas. Tu n’as peut-être pas tort. Mais à 16 ans, ce genre de discours m’avait détruit. Il me faisait perdre mes illusions si vite sur les amitiés et les amours. Car perdre ami et amour à la fois, ce n’est jamais facile. Mais t’inquiètes, d’autres clones de toi-même t’ont vite remplacé. Et force est de constater que tu n’avais pas tort.

Le processus fut sensiblement le même avec mon ex. En fait, je me rends compte que je suis une bouée. Je suis serviable jusqu’à ce que l’autre retrouve le bonheur et s’éclipse. Mais au final, toutes ces histoires m’ont fait réfléchir. N’est-ce pas la même chose pour tout le monde? Nous sommes des bouées les uns pour les autres, jusqu’à ce que nous trouvions mieux ailleurs. Et le cycle se répète infiniment. C’est la nature humaine. I like you a lot, until…

Je te remercie ancien amant-ami. Te revoir à travers une fenêtre m’a fait réaliser bien des choses. Je m’étais toujours demandé pourquoi j’avais choisi la voie de l’écriture. Je savais bien que c’était pour me souvenir.  Mais aujourd’hui, je sais que c’était surtout pour trafiquer le réel. Parce que la fiction est bien plus alléchante. Mais tant mieux si tout ce processus me permet de retrouver l’écriture.

J’ai toujours été quelqu’un qui se cherchait en analysant ses propres expériences personnelles. Maintenant, je me suis trouvé. Il n’y a pas de réponse à fabriquer avec le passé. Il n’y a rien. Que du vide. Que des souvenirs qui ne veulent plus dire grand-chose. N’empêche. Une seule chose compte, à présent. Le présent.

Change-t-on vraiment?

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Est-ce utopique de penser que l’humain peut changer, faire évoluer sa personnalité pour atteindre une certaine sagesse, grandir intérieurement en même temps que physiquement? Change-t-on vraiment, ou n’est-ce qu’une simple suite logique vers un chemin chaotique qui nous amène inévitablement aux portes de la grande finale?

En cette journée de St-Jean, je redeviens un peu nostalgique, et je tourne la tête vers l’arrière pour observer cette date magique qui a annoncé tant de bouleversement dans ma «plus si jeune vie». Au primaire, c’était l’annonce de la fin des cours. Au secondaire, c’était l’annonce des fêtes sans fin. À l’âge adulte, c’est l’annonce d’un unique congé en pleine semaine. Qu’est-il advenu de notre excitation de jeunesse? Le début de l’été reste encore d’actualité, mais les temps changent… ou changent-ils réellement?

Quand je me tourne vers l’arrière, je garde un portrait plutôt satisfaisant de ces fêtes dans les parcs ou dans les maisons de banlieue vides d’adultes. Même passé 18 ans, j’ai toujours trouvé une signification au 23 et 24 juin. Pour moi, c’était d’abord l’occasion de voir ou de revoir des amis; même les plus renfermés. Il s’agissait de rendez-vous précis, d’abord dans le 450, où tout le monde se dirigeait vers un même endroit, en quête d’une aventure souvent créée par diverses drogues. Aujourd’hui, le sens est différent, mais la réunion des amis m’importe toujours autant. Pourtant, la St-Jean rime souvent avec absence. Et de plus en plus en vieillissant. Je sais qu’il vaut mieux ne pas accorder d’importance aux absents, mais on arrive difficilement à les oublier, surtout quand ils ont marqué les souvenirs passés.

Et pourtant, cette situation survenait aussi dans ma jeunesse. Ce qui me porte à croire que les humains ne changent pas. Et je serai sûrement décousu dans mes explications, mais ce que j’essaie d’exprimer n’a que très peu à voir avec cette fête du 23 et 24 juin. En fait, c’est surtout le constat suivant qui me hante: même quand on revoit les gens qui ont été près de nous, ils ont beau être restés les mêmes, ils semblent avoir changé. Ils ont pourtant la même allure (à quelques degrés physiques près, ils vieillissent comme nous), mais quelque chose semble différent. On a tous fait une expérience semblable: rencontrer quelqu’un qui fut important dans notre vie, et ne pas arriver à le reconnaître comme avant. On se dit alors que cette personne a changé, que la vie l’a fait évoluer ou régresser, mais… je pense que c’est un leurre.

On ne change pas. Notre personnalité reste la même. Nos défauts peuvent même s’accentuer, nos qualités aussi, je l’espère. C’est toujours difficile d’arriver à ce constat, car souvent, on voudrait revoir les gens comme on les a quittés. C’est un peu comme avec les ex. On garde souvent un souvenir trafiqué et ancré en mémoire; cet épisode si nostalgique où tout semblait parfait. Et on a beau vouloir recréer la connexion, elle semble inadéquate ou brisée. Ce n’est pas que nous sommes si différents, c’est surtout que le temps a fait son oeuvre et nous a fait oublier ce qui nous avait charmés chez l’autre. Et, elle est là la vérité qui fait mal. Une fois qu’une histoire s’est terminée, le désir de vouloir la réactiver quelques années plus tard est une utopie beaucoup trop optimiste pour ce que nous offre la réalité.

Je travaille fort pour éviter d’être déçu par les gens. En fait, si c’était possible, je préférerais n’avoir jamais d’attentes. Ce serait beaucoup plus simple d’éviter la déception, surtout quand on a réellement envie de revoir une personne. C’est que le souvenir de celle-ci nous semble encore limpide. Le choc est toujours brutal. Mais j’ai fini par croire que ce ne sont pas nos personnalités qui se transforment; ce sont simplement les nouvelles expériences et les milieux de vie divergents entre deux personnes qui provoquent cet étrange état.

Je n’ai jamais pris mes relations humaines pour acquis. J’ai déjà été abasourdi d’en perdre certaines d’un coup sec, voire violemment. Mais je ne pense pas avoir cru un jour qu’une relation durerait toute la vie. Sauf peut-être dans mon adolescence, où il était de bon augure de se promettre l’éternité. Et je l’ai promis, le cœur sur la main (ou sur autre chose!) Encore aujourd’hui, je n’ai pas oublié ces pactes. Mais ils se sont vite révélés irréalisables, parce que la vie avance, et il est souvent impossible de prédire les aléas et la direction que prendront toutes ces rencontres.

Ce qui me bouleverse, c’est qu’il y a de ces gens qui reviennent comme des printemps, pour venir sucer votre énergie et disparaître pour les 12 prochains mois. En amour comme en amitié, les êtres restent sensiblement les mêmes, toute la vie durant, jusque dans leurs habitudes: il y aura les amis réguliers, les connaissances occasionnelles, et avec les médias sociaux bien installés, il y a maintenant les inconnus qui deviennent vite «pas si inconnus que ça». Mais personne ne change vraiment. C’est notre degré de fréquentation qui nous donne une impression d’évolution. Et il faut parfois être critique devant cette grande mascarade qui se déroule sur Facebook. J’évite de comparer changement et empreinte du temps.

Je me suis d’ailleurs rendu compte que j’avais cessé de courir après ce temps, que l’angoisse s’était évaporée comme par enchantement. Et ça m’a fait peur. Depuis mes premières peines de jeunesse, je n’ai jamais cessé de regarder vers l’arrière pour me rappeler le bonheur d’avoir vécu certains moments, avant que les personnes ne «changent». Mais il s’agit d’un mécanisme de défense facile et paresseux. Pour donner du sens à des événements ou à des situations qui restent souvent sans réponse. Pourquoi une amitié ne s’est-elle pas développée comme prévu? Pourquoi un amoureux est-il maintenant considéré comme un amour du passé? Après ma dernière rupture très douloureuse, je m’étais promis de ne plus jeter ce coup d’œil vers l’arrière, ou du moins, de ne plus tenter de trouver des significations grâce à des explications bidon. Il faut cesser de se convaincre que deux êtres qui prennent des routes différentes le font uniquement parce qu’ils ont changé. La réalité, c’est que les séparations sont rarement dues à la transformation extrême d’une personnalité. Cette dernière a toujours existé, même si elle était parfois enfouie ou cachée. Ce qu’on appelle le changement au fond, c’est la découverte profonde de l’autre et de ses convictions (chose de plus en plus difficile à discerner avec nos modes de vie en 140 caractères, autant dans le virtuel que dans le réel, d’ailleurs).

Il faut l’avouer; c’est tellement difficile de se sentir contenté et totalement satisfait de nos jours. Quand tout nous semble éphémère, la seule chose qu’il nous reste, c’est ce passé que l’on embellit sans même s’en rendre compte, en utilisant des moments marquants que l’on réécrit jour après jour dans notre mémoire. Ce passé fictionnel nous fait-il changer pour autant? Non, on ne change pas vraiment. On accumule. On tente de faire de meilleurs choix. On encaisse les échecs. Mais à l’image des souvenirs altérés, changer demeure quelque chose d’intangible. On surnomme ça la sagesse, l’évolution, la fin de l’adolescence, la maturité… mais ce ne sont que des mots qui nous rassurent, qui posent un sens clair et net sur des pages raturées des centaines de fois. Jusqu’à ce que la beauté du moment soit figée. À notre goût.

Quand je ne vois pas tous les amis que je voulais voir à la St-Jean, je ne leur en veux pas. Même à ceux qui choisissent de rester seuls à la maison, par paresse, par mal-être, pas gêne ou peut-être même par désintérêt. Quand je recroise des ex, je ne leur en veux pas non plus. Même si j’ai été trompé, même si on m’a menti, même s’il y a eu des drames. Parce que cette personne devant moi n’a pas changé, elle désirait simplement partir ailleurs, dans un autre milieu, dans une autre vie où je n’existerais plus. Quand on commence réellement à connaître son partenaire, il nous donne inévitablement l’impression de ne pas être celui qui nous a conquis lors du premier rendez-vous. Ce peut être positif, mais souvent, la peur prend le dessus et c’est le moment des adieux. Dans notre société du paraître, en savoir trop sur l’autre brise le mystère, le rend tout à coup trop direct, plus ardu à tolérer. C’est une raison assez forte pour faire fuir la passion. L’autre aurait trop changé par rapport au début de la relation.

Mais on ne change pas, je le répète. Il ne s’agit que de perceptions qui viennent nous troubler dès que la curiosité de l’autre a été attisée. Après tout, c’est le cercle parfait des attentes jusqu’aux déceptions. Si tout s’était bien passé, si la vie était perfection, nous n’aurions aucun problème à rester dans ce que nous avons connu de meilleur et de plaisant. Mais l’existence nous offre très rarement ce genre d’occasion. On se surprend toutefois à rêver les uns des autres, à se demander ce que la relation aurait pu être si notre partenaire n’avait pas autant changé. On se gave de bullshit nostalgique, sans jamais s’apercevoir de notre erreur, un peu à la manière du boulimique qui se fait vomir jour après jour en ignorant volontairement la douleur dans sa gorge et son œsophage.

Alors, à quoi ça sert de se dire que l’on vieillit, mais que l’on ne change pas? Je pense que ça rassure et ça inquiète en même temps. Ça rassure, car l’espoir de revoir les autres nous aguiche; et on dira que les gens changent, car c’est le physique qui frappe le regard dès le départ. Mais si on s’y attarde un peu, on retrouvera ce qui a fait notre bonheur ou notre malheur chez l’autre personne, et en amour, c’est souvent les deux à la fois. C’est comme s’ennuyer, en deux définitions: on s’ennuie de l’autre, car on se rend compte qu’il a gardé ce côté qui nous avait plu et attiré à l’époque, mais on s’ennuie aussi avec l’autre, car on se rend compte qu’il n’y a pas eu d’évolution ou, comme on aime le dire, de changement. C’est le propre des couples qui se sont séparés et qui reviennent ensemble. On retrouve rapidement les patterns qui nous énervaient jadis.

Les St-Jean sont comme de grands compteurs qui repartent à zéro. Comme un second Jour de l’an. Avant, ça dressait le portrait de ce qui s’annonçait durant l’été et le reste de l’année. Maintenant, j’y crois de moins en moins. On donne du sens à ce qui nous arrange… Depuis quelques années, je m’en amuse, je dois l’avouer. Je fais toujours une soirée portes ouvertes pour la St-Jean, et le slogan est simple: «venez avant, venez après, un petit bonjour ou bonsoir quand ça vous chante!» Parfois, une seule personne se pointe, d’autres fois nous sommes trois. Ce soir, nous étions 4. Pas en même temps. Et pas nécessairement ceux que je croyais voir. Et c’est correct ainsi. C’est même original et amusant. Et chaque année, je me rends compte que j’ai eu du plaisir. Il est toujours différent de la St-Jean précédente, mais il est tout de même là. Ça devrait être assez. Mais à force de répéter une tradition, on finit par comprendre certains comportements. Des comportements qui ne changent pas, que ce soit à 20 ou 30 ans.

J’ai pensé moi-même que j’avais changé, que j’étais devenu un meilleur homme. Mais force est de constater que je me mentais. Délibérément. Je n’ai pas changé. À l’image de celui qui attend une compensation, j’avais des attentes. J’en ai d’ailleurs encore, même si je me trouve ridicule d’en avoir. Il n’y a rien à faire. Peut-être fermer les yeux, se dire qu’il n’y a pas de seconde chance. Se convaincre de l’impossibilité du recommencement. Personne ne change à nos côtés. Personne ne peut nous transcender à 100%. Il faut cesser de regarder vers l’arrière pour de bon, faire une croix sur nos fausses impressions, sur ces fragments que l’on reconstruit sans cesse afin de flatter notre ego.

N’empêche. Comment réagir quand notre propre passé nous retrouve et vient ralentir notre rythme candide qui s’approche toujours un peu plus de la ligne d’arrivée? Il faudrait se forcer à hausser les épaules, ignorer cette tentation de vouloir recréer du sens, puis continuer son chemin, à l’image d’un gamin naïf qui s’enfonce dans la forêt à la tombée de la nuit. Éviter de souffrir parce qu’on s’est inventé des scènes de vie retravaillées. Bannir le travestissement de notre vécu et contrer le travail magnifié du cerveau. Dans un monde parfait, ce phénomène serait connu pour être l’étape ultime; une grande finale où l’on s’autoriserait enfin à vivre une explosion cinématographique de nos souvenirs trafiqués et de notre passé maquillé. Une seule fois. One shot deal. Parce qu’on a réussi à éviter le piège des chimères. S’offrir un orgasme créatif pour panser les plaies des années écoulées. Juste avant notre dernier souffle. Comme dans les films de propagande catho, où l’on revoit les amours, les amitiés et la famille défiler de façon ésotérique. Des sourires et du positif. Puis, le mensonge abrupt. Et, plus rien. Il serait déjà trop tard de toute façon.

Dix ans sans voiture

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Le 25 juillet prochain, ça fera dix années que je n’ai plus de voiture. Mes derniers moments en tant que propriétaire d’auto se sont déroulés à deux heures du matin, à la sortie du pont tunnel, j’avais décidé de conduire relax dans la voie de droite, jusqu’à ce qu’une van de 18 roues décide de se coller vers la droite sans faire son angle mort, donc sur ma voiture directement. J’ai eu la chance d’être près de la cabine; l’auto s’est lancée dans un 360, j’ai frappé deux, trois voitures à 100 km/h. Je resterai toujours marqué par le bruit plus rapide que la vitesse du choc. Entendre l’annonce de sa mort probable avant de sentir la voiture se soulever du bitume et déraper sans contrôle. Je me souviens avoir regardé dans le rétroviseur, avant que celui-ci ne se décroche pour me revoler en plein visage. Ma radio flambant neuve expulsée, le cul de mon char en accordéon, et moi, ne comprenant toujours pas comment je pouvais encore être conscient. C’est que j’ai été «miraculé», m’en sortant avec un bleu sur le front et un autre sur le genou. Ma petite voiture sport; une perte totale. Non, je n’étais pas saoul. Non, ce n’était pas mon erreur. Mais on ne peut jamais prévoir ce genre de choses-là. J’ai pris l’argent des assurances, et je suis déménagé en France. Je n’ai plus de voiture depuis.

Chaque fois que j’ai eu à reprendre le volant depuis cet événement, ce n’était jamais pour de très longs trajets. Et je m’en contentais bien. Mais en fin de semaine, pour la première fois depuis de nombreuses années, j’ai emprunté la voiture de maman pour me rendre à Tremblant. J’en ai fait un peu d’angoisse, quelques jours avant. Je me voyais déjà maudire mon chum au ciel en lui disant: «Tu vois, c’est de ta faute si on est mort!» Mais j’avais oublié un point plutôt important; j’aime conduire. Bon Dieu que j’aime conduire.

Les 4-5 heures sur la route m’ont rappelé que la voiture avait une signification particulière dans ma vie. Elle me rappelait surtout la maîtrise de mon existence, le contrôle sur mes relations et sur ma destinée. Je m’explique…

J’ai enfin mis le doigt sur cette impression d’avoir été plus responsable dans le début de ma vingtaine que vers la fin de celle-ci. C’était la responsabilité de la conduite. Avec mes amis plus jeunes, c’était inévitable; j’étais souvent le conducteur désigné. C’est moi qui trimbalais les autres. Et je le faisais avec plaisir, la musique dans le tapis. En fin de semaine, j’ai retrouvé mes vieux disques compacts. Ça faisait dix ans que je ne les avais pas insérés dans une radio de voiture. Ce fut comme si je revoyais ma jeunesse se dérouler en film devant moi. Cette réalité s’est révélée en revenant de Tremblant, sous le soleil chaud, avec le disque de Doves – Lost souls.

C’est là que je me suis rendu compte que la voiture me rendait «homme» dans mes relations. Que ce soit avec ma première petite copine que j’allais chercher au secondaire, que ce soit pour me rendre chez mon premier amour, plein d’espoir et d’images de masturbation mutuelle en tête, que ce soit pour me rendre à Montréal, chez mon premier amant, pour des séances secrètes dans le dos de son chum. Mais ça m’a surtout fait penser à mes deux relations les plus sérieuses; d’abord avec Sarah, qui me laissait toujours le volant, préférant se laisser conduire comme une princesse. Et ça m’arrangeait bien. Parcourir le Québec en entier, de Trois-Rivières à Sept-Îles; des heures de conduite, des heures de musique avec la route qui défile. Cette impression de liberté, de contrôle sur sa vie et ses relations. Voilà ce que la voiture voulait dire pour moi. Les verres fumés, la clope au bec, le stéréo dans le tapis, avec les basses bien vibrantes. Être l’homme de la situation; posséder la vie de l’autre entre ses mains.

Et c’était la même chose avec mon ex-chum. Cette idée d’impressionner l’autre, de le conduire où ses désirs le voulaient, ça me donnait une dose de virilité. Et toutes ces histoires sexuelles; des pipes en conduisant, de la sexualité dans les stationnements, des retours d’aventures diverses.

Alors quand j’ai inséré le disque de Doves dans le lecteur de la voiture ce week-end, les images ont défilé naturellement. Je regardais mon chum en train de somnoler à ma droite, crevé de son Spartan Race, et tout ce que j’avais en tête, c’était toutes ces relations que j’avais conduites. Toute cette route, ces parcours, ces destinations en compagnie des gens aimés. Les visages des filles et des garçons qui ont côtoyé ma vie et mon sexe se sont mis à défiler à vive allure. Nostalgie vers le passé, mais rien de dramatique, plutôt le sourire aux coins des lèvres, à me dire qu’il y en a eu des gens qui m’ont fait confiance, qui ont remis leur vie entre mes mains. J’ai alors repensé aux épisodes moins glorieux; les retours de rave, les muffins au pot qui s’activent tout à coup sur la route, les soirées de frustration après des trips plus ou moins réussis. C’est là que je me suis rendu compte de toute l’importance que la voiture avait eu dans ma jeunesse de 450.

J’habite maintenant à Montréal, je n’ai pas nécessairement besoin d’une voiture, mais je dois avouer que cette escapade m’a donné des envies soudaines de recommencer à conduire. Je sais que ça ne vaut pas la peine d’avoir une voiture, surtout pas en hiver, mais l’été, je mentirais si je disais que je cracherais sur une voiture offerte. Pourtant, je connais ma malchance liée aux autos. Outre ma perte totale, je suis resté coincé de nombreuses fois sur le pont Champlain, j’ai eu de nombreuses crevaisons, plusieurs accrochages et quelques peurs assez foudroyantes. Dans la plupart des cas, je n’y étais pour rien, mais la vie m’a montré que je n’étais pas le plus apte à posséder une voiture. Et là, je ne parle même pas des bris mécaniques et de la fortune que cela m’en coûtait en réparation.

J’ai arrêté de conduire alors que le gaz était vendu 75 cents le litre. Je ne crois pas que je m’achèterai une voiture de si tôt, mais je ne peux me mentir; cette petite balade ce week-end m’a fait retrouver des souvenirs et m’a fait comprendre pourquoi j’aimais tant conduire.

J’ai aussi réalisé que j’étais à un endroit dans ma vie où je me plaisais, où la souffrance n’était plus au menu, où les histoires passées ne me blessaient plus. Ça prend parfois de tout petits détails pour se rendre compte… qu’on est heureux, qu’on touche à ce qui s’apparente au bonheur, et qu’on peut enfin espérer en profiter un peu.

La stabilité

balance

Nous y voilà, donc. Rendu à cette stabilité, précaire, certes, mais n’empêche. Elle est là, à ma portée, et ces derniers jours m’ont fait comprendre qu’il n’en tenait qu’à moi à l’accueillir à bras ouverts.

Pas toujours facile, évidemment. Mais j’en suis à un moment de ma vie où la liste de mes excès et de mes côtés excentriques s’achève. Peu à peu, les lumières d’alarme s’éteignent. Toute ma vie, je devrai me surveiller et être un peu méfiant, surtout lors de ces moments, où justement je pense avoir repris le dessus sur ma vie. Nous sommes tous des êtres complexes, mais certains prennent des chemins plus sinueux que d’autres. Je fais partie de cette catégorie, et bien que j’ai adoré ce que certains excès ont provoqué dans ma vie, il y a une balance, une certaine stabilité à respecter.

Je n’en prends pas conscience simplement à cet instant, mais la réflexion semble tout à coup plus palpable. Est-ce un leurre? Seul le temps le dira. Pour le moment, ce que j’en dirais, c’est que je possède tous les éléments nécessaires pour me forger une vie plus saine, et quand je dis ça, j’entends surtout moins « alcoolique ». Il m’arrive encore de boire seul, par moment, parce que j’ai toujours éprouvé un plaisir dans cette activité, mais j’ai drastiquement diminué les fréquences. J’arrive au point où je me rends compte que ce n’est plus nécessaire. Ce n’est même pas une « écoeurantite », c’est surtout un ennui et un désintérêt.

Et pourtant, vendredi soir, debout devant la cuvette de l’Olympia, j’ai vomi. Vomir ne m’arrive que très peu. Et je sais très bien que la cause de ces vomissements a été provoquée par le vin cheap vendu là-bas. Bon, le gin ingéré au préalable n’a pas aidé ma cause. Mais je me suis rendu compte que j’ai raté complètement le concert de Damien Rice, aux toilettes ou dans les vapes. Mais qu’est-ce qui me pousse autant à boire pour apprécier un concert? Je me suis souvent posé la question. C’est très difficile à expliquer, mais ça remonte à très loin, quand j’étais tant absorbé par la musique que je sentais mon cerveau décroché vers l’arrière et vivre le rythme. Ce genre d’occasion n’arrivait que peu souvent, mais quand ça me prenait, c’était toujours sous influence. Je me rends compte que j’ai longtemps (trop longtemps) voulu reproduire cette sensation. Le hic, c’est qu’en vieillissant, même si la musique occupe une place très importante dans ma vie, je ne peux plus m’y abandonner comme dans ma jeunesse. C’est peut-être mon état d’adulte qui transforme le tout, qui ne me permet plus de m’abandonner autant, mais j’ai eu beau tout essayer, impossible de revivre ces abandons du passé. Soit j’en ressors frustré et je trouve le concert nul, soit je perds la carte et je ne me souviens plus du moment. Rendu là, outre être malade et perdre beaucoup d’argent, je n’y gagne absolument rien. Il faut donc se rendre à l’évidence; à quoi bon?

Dernièrement, j’ai beaucoup discuté avec mon copain de ces dépendances qui tournent autour de moi et qui font des déplacements. J’ai parlé de la cause de mon excès. Avant, je les mettais sur la faute de mon ex. Consommer pour me retrouver dans le même genre de situation que je vivais jadis. Vouloir revivre des instants mentalement, absorbé par une substance quelconque. Tenter de retrouver un lien, même embrouillé, avec la vie d’avant, avec ce que je désirais encore au fond de moi; être dominé, sans savoir réellement pourquoi. Trouver dans la sexualité sous influence un regain d’énergie, de perversion, de satisfaction. Mais je suis loin de cette époque, je suis rendu ailleurs. Le passé ne m’intéresse plus. L’écriture de mon roman a tout effacé pour tout réécrire. Je me rends compte que je n’ai plus besoin de m’embrouiller l’esprit pour vivre. Cet espace-temps de ma jeunesse adulte n’a plus sa place dans la vie que je veux mener aujourd’hui.

Et puis, consommer voulait aussi dire s’échapper. Se sauver de l’absence de l’autre. S’éloigner de la douleur de la perte. Mais le cliché prévaut; le temps arrange les choses. Pas facilement. Mais l’idée de la perte finit par faire son chemin et on passe à un autre appel.

J’aurai toujours un certain plaisir à m’enivrer. Je crois que c’est en moi. Ça peut s’atténuer, mais disparaître complètement? Je ne suis pas convaincu. Et ce n’est pas mon but non plus. Je suis surtout à la recherche d’un équilibre. Et je veux de plus en plus m’expliquer les raisons qui me poussent à boire. Je pense que c’est un pas dans la bonne direction.

Ça fera bientôt un an que je consulte un nouveau psy. D’abord, pour mes problèmes liés à mon poids et mon acceptation physique. Mais très vite, les sessions se sont orientées vers mon passé et ce qui me poussait à agir ainsi. En ce moment, je considère que je reprends le contrôle. C’est un contrôle fragile, je dois le guetter souvent, car la dérape n’est jamais bien loin. Elle ne sera jamais bien loin, car elle est une réponse facile aux difficultés quotidiennes. Mais le simple fait de ne plus avoir l’envie de me détruire pour me prouver que j’existe ou que j’ai existé est une bonne nouvelle. Et l’essentiel, c’est que je ne regrette rien. Déjà, ça ne sert pas à grand-chose d’avoir des regrets, mais surtout, toutes ces spirales malsaines m’auront amené à être celui que je suis aujourd’hui. Et présentement, je me sens complet.

Certes, ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours. Je me bats toujours avec mon poids, avec ce corps dont je ne suis jamais réellement satisfait. Mais j’y vais étape par étape, petit pas par petit pas. Il ne sert à rien de devenir drastique et de replonger dans quelques semaines. Je travaille donc sur ma mentalité, sur mes besoins dans la vie, et non pas sur mes dépendances. Les dépendances sont comme l’argent; parfois on en a beaucoup, à d’autres moments, c’est plus serré. C’est donc une recherche de stabilité qui m’accapare. Et je suis loin d’être à plaindre à ce niveau. J’ai un chum qui m’aime, une famille qui m’apprécie, un environnement de travail agréable où je suis reconnu à ma juste valeur, des amis qui importent, une alimentation saine et beaucoup de sport.

C’est ainsi que se dessine mon avenir. En équilibre. Et c’est ce que je recherche à présent. Une vie saine, tournée vers l’avenir, mais surtout vécue au présent.

J’ai fait du chemin depuis 2012. Je dis 2012, car c’est l’année qui coïncide avec la fin de l’écriture de mon roman, et tout ce qui s’en est suivi par la suite. Je ne suis plus le gamin que j’étais. La trentaine m’a rentré dedans assez durement, mais je crois que je réussis peu à peu à surmonter le vide et l’angoisse de ne pas savoir quoi faire de ma vie. Il y a quelque chose de satisfaisant à accepter notre place; l’endroit où nous sommes rendus, les défis qui s’amènent. En quelque sorte, je suis en paix avec moi-même et mon présent. Et ça, c’est très rare pour un être de mon genre.

J’ai perdu beaucoup d’illusions depuis quelques années. Entre autres que les gens autour de mon univers resteraient là à jamais. J’ai cessé de croire que je pouvais figer mon existence et continuer à la vivre de la même manière. Les gens changent, même s’ils restent un peu identiques. Ceux qui naviguent autour de mes eaux le prouvent clairement. Les rencontres, les expériences, les habitudes; tout cela est sans cesse en mouvement, et je l’accepte. C’est ainsi, on ne peut rien y changer.

Ça me fait un énorme bien de lâcher prise. De me dire que je ne peux pas tout contrôler. Et c’est la réalité. Je ne peux pas tout contrôler. J’accepte donc de ne plus être le centre d’intérêt de certaines personnes, et c’est correct ainsi. Le déclic a eu lieu avec une certaine histoire avec ma cousine. On s’était brouillé pour quelque chose de pas nécessairement claire, et j’ai adopté l’attitude parfaite: les gens se brouillent, parfois ils ont leur raison qu’on ne comprend pas. Dans ce temps-là, il vaut mieux ne pas se battre, et surtout ne pas tenter de rapprochement trop direct (comme si on voulait régler le problème). Ceux qui importent reviennent. Et c’est un peu ma philosophie du moment. Moi, j’aime tout le monde. C’est souvent positif, mais ça peut devenir négatif, car je demande beaucoup de mes amitiés. Parfois, les chums de mes amies ne voient pas cela d’un bon œil. Avant, je me serais jeté dans la gueule du loup pour tenter de mettre cartes sur table et de régler le problème, mais avec le temps, je me rends compte que c’est justement ce qui fout la marde. Alors, il vaut mieux être patient, attendre que les autres se rendre compte d’eux-mêmes que je ne leur veux aucun mal et aucune négativité. C’est un peu triste, mais souvent, je constate que mon caractère fait en sorte que les gens qui me connaissent peu me jugent selon de mauvais critères. Ils pensent que je veux accaparer leur bien-aimé, alors que ce n’est aucunement le cas. Ça m’est arrivé par moment de vouloir régler tout ça, mais je me suis vite retrouvé dans une situation encore pire qu’elle ne l’était. Je pense qu’il faut laisser aller. Éviter d’envenimer la chose. Et puis, il faut bien l’admettre, j’ai passé l’âge de faire des crises d’amitié. Les gens ne nous appartiennent pas, et il faut que l’envie vienne d’eux, pas de moi. C’est la clé. Une clé qui me coûtera probablement quelques amis, mais je deviens plus sain d’esprit quand je ne m’embête plus avec des ouï-dire du passé. J’ai souvent eu le désir de sauver les gens. De vouloir recoller les morceaux brisés pour une phrase dite trop vite ou mal comprise. Ce n’est plus le genre de pression que j’ai envie de me mettre sur les épaules.

Il y a tant de gens adorables et agréables sur le chemin de notre parcours. J’ai décidé de lâcher prise sur les histoires négatives. Alors, voilà. C’est ce que je suis en ce moment, c’est ce que je vis de l’intérieur, et je suis en paix avec mon passé et mon présent. Le reste est de l’inconnu, et je serai toujours curieux de savoir ce qui s’en vient pour moi.

L’événement «j’achète un livre québécois» et autres réflexions

littqc

 

Pour ceux qui ne le savaient pas encore, le 12 août est la journée pour encourager les auteurs québécois. Évidemment, vous pouvez acheter des livres québécois à l’année, mais le faites-vous?

Tant mieux si c’est le cas! Mais pour ceux qui n’achètent pas souvent de romans québécois, voilà votre occasion de soutenir les auteurs d’ici. Bien sûr, je vais prêcher pour ma paroisse et vous suggérez de mettre la main sur l’une des dernières copies de mon roman Peut-être jamais. Vous avez encore l’occasion d’acheter une copie dédicacée par la poste, ou vous pouvez vous rendre dans un Renaud-Bray, Archambault ou Coopsco pour obtenir votre copie papier. La version numérique est aussi en vente chez iTunes, Amazon ou Kobo.

Nous vous encourageons à vous prendre en photo avec votre roman et à publier le tout sur les réseaux sociaux, et notamment sur Twitter en utilisant le mot clé #LittQc

Je sens la fin qui approche, et je dois avouer que je suis très satisfait. Mon roman aura survécu plus de trois mois dans les librairies (le temps moyen pour la durée de vie d’un livre québécois).

Cette finale m’amène aussi à réfléchir à la suite. Je ne veux pas me mettre de pression, mais je commence à me questionner pour tenter de me motiver un peu pour la suite. Je n’ai aucune idée de ce que l’avenir me réserve niveau littéraire, mais on verra bien ce que la vie me réserve.

C’est un peu dans cette optique que j’ai décidé de continuer à vivre ma vie. À 30 ans, je me rends compte qu’on ne peut pas faire autrement. J’ai compris… non, j’ai accepté, que les gens passent dans nos vies, nous accompagnent un certain moment, puis s’en vont. Que ce soit pour un malentendu, en raison d’un conflit, simplement à cause du temps qui sépare ou même par la mort, il est utopique de croire que ceux qui sont présents en ce moment le seront jusqu’à la toute fin. Il ne faut pas le voir d’une façon dramatique, il faut simplement accepter le fait.

L’humain est avant tout un animal, avec des sentiments et une certaine intelligence, certes, mais nous nous comportons tous de la même façon. On quitte les gens, on rencontre de nouvelles personnes, la roue tourne et le cycle continue jusqu’à notre finalité.

Une fois que ce concept est compris (et accepté), l’existence paraît soudainement plus douce, moins difficile à surmonter. La raison est simple; on cesse de s’accrocher au passé. Certaines relations, dont on ne croyait pouvoir se passer, n’étaient placées sur notre chemin que pour nous faire apprendre, comprendre, grandir, guérir, etc.

Ce ne sont pas toutes nos relations interpersonnelles qui restent au même stade durant la vie. Nous évoluons tous vers un but, rarement précis, mais le chemin est un but en soi. Il est tout à fait normal que des gens se détachent et ne nous suivent pas sur la même route.

J’ai perdu beaucoup de gens que j’appréciais durant les deux dernières années. J’ai souvent eu le réflexe de prendre un ton dramatique, de me plonger dans la mélancolie et de chercher à en savoir plus sur les raisons d’un tel abandon. Mais je faisais fausse route. Quand quelqu’un nous quitte, il faut simplement laisser aller. Et on ne sait jamais, cette personne pourrait revenir dans nos vies. Ou pas. Mais on sera déjà quelqu’un d’autre de toute façon.

C’est un peu le même feeling que de rencontrer de vieux amis du secondaire qu’on n’a pas vus depuis longtemps. Souvent, un petit malaise plane. Ces gens que l’on avait placés dans une boîte à souvenirs ne ressemblent plus à l’idée que l’on avait d’eux à une autre époque. C’est la même chose avec les ex. Quand on les croise par hasard, le petit malaise est là. Persistant. Notre raison nous pousse à dire que la personne en question a changé; elle n’est plus la même, le lien partagé a disparu. Mais souvent, cette personne n’a pas changé, c’est simplement la distance et le fait de vivre autre chose avec d’autres gens qui nous indiquent la triste réalité des choses: certaines relations sont passagères. Certaines proximités, aussi intenses soient-elles, ne peuvent durer sur une longue ligne du temps.

Chaque rencontre peut se terminer comme un amour d’été. Quand la saison nous quitte, on en vient à se demander si on a vécu autant de complicité, si tout ça n’était pas un baume de notre inconscient qui reconstruit les souvenirs comme il en a bien envie.

Je ne cherche plus la vérité derrière mes échecs relationnels. Je préfère rationaliser le tout, me dire qu’une personne a été importante pour une certaine étape de ma vie, et son travail fait, elle s’en va ailleurs, pour réaliser un travail similaire avec quelqu’un d’autre. Et je représente probablement la même chose pour des gens que je ne vois plus non plus. It’s part of the process.

Une fois cette maxime bien comprise. Qu’en reste-t-il? D’abord, il y a ceux qui sont toujours là, ceux qui ne nous ont pas encore quittés malgré toutes ces années. Ce sont les plus importants, les plus essentiels. Puis, il y a les autres; ceux qui nous ont fait sourire, qui nous ont fait jouir, qui nous ont appris à devenir meilleurs ou à comprendre pourquoi nous n’étions pas si bons lors d’une certaine période.

Vivre est un long apprentissage. Je fais confiance au hasard et au destin, mais surtout aux personnes qui partagent un court moment ou un long moment sur mon chemin.

Je vous souhaite une belle fin d’été. À ceux qui sont encore à mes côtés, mais aussi à ceux qui ont, un jour, croisé mon amitié.

Toutes les informations pour se procurer Peut-être jamais

Toujours sur le bonheur

Je vais toujours bien. Ça m’étonne presque. J’ai toujours pensé que la reconstruction de soi devait se faire dans une certaine souffrance. Certes, la nostalgie revient parfois, de tout petits moments d’égarement. Mais si peu.

Lâcher prise a toujours été quelque chose de plutôt difficile avec moi. Quand j’accroche, j’accroche solide, et pas à peu près. Mon côté extrémiste se révèle là, tout entier. J’ai pris la décision de tout cesser cela. Cessez de me battre contre les choses que je ne peux pas changer. M’attarder aux choses qui peuvent se moduler avec un peu de travail.

Je passe donc des fins de semaine tranquilles. Plutôt solitaire. Ça ne me dérange pas. Je travaille, j’en profite pour faire un déplacement. De junkie à Workaholic!

Je suis sorti avec la gang du tournage de Peut-être jamais jeudi dernier. C’était amusant. On s’est retrouvé à aller voir des graines de douchebags au Stock. Ça devait faire un bon cinq ans sinon plus que je n’avais pas mis les pieds là-bas. Je me suis rendu compte que le show semblait bien meilleur il y a quelques années. Ou alors mes goûts ont changé. Un petit coup d’oeil vers la salle m’a foutu une sorte de désolation. J’ai regardé tous ces vieux hommes très sérieux (car voir de la bite rend supposément sérieux à cet âge; peut-être en raison du choix ultime qui suivra dans l’isoloir?). Ça m’a fait légèrement penser à Monsieur Baldwin dans mon roman Comme si de rien n’était. Je me suis aussi dit qu’à force de chigner sur mon ex, j’allais probablement finir comme eux!

Je lui ai d’ailleurs écrit un dernier courriel. Trois phrases. Pour lui dire que j’étais heureux et que je lui souhaitais de l’être aussi. Je suis convaincu qu’il m’en veut, pour l’un des derniers articles affichés sur ce blogue. Un autosabotage bien en règle. Un dernier petit coup pour lui faire reprendre sa vie en mains. Je n’attends pas de remerciements de sa part. Je n’attends rien, en fait. Son orgueil, sa fierté, tout ça fera sans doute en sorte qu’il ne m’adressera plus jamais la parole. Ce n’est pas l’important. Il valait mieux ça et le sauver de son gouffre profond. Je l’ai remarqué avec le temps; il est souvent mieux d’accepter le blâme et de laisser les autres penser ce qu’ils veulent, car si ça les aide à avancer, à devenir meilleur, j’atteins mon but de toute façon. Je lui ai aussi dit que s’il était dans la marde, ma porte serait toujours ouverte. Comme elle est toujours ouverte pour les amis, les disparus comme les plus récents. Je ne suis pas du genre à garder de la rancune envers les gens. Je trouve ça inutile, ça ne fait qu’ajouter du noir sur nos épaules. Bref, je sais très bien que mon courriel a dû se retrouver dans la corbeille bien rapidement. Ça me fait sourire, un peu. Un jour, il comprendra pourquoi j’ai agi ainsi. Ou pas. Reste que depuis, il semble s’être pris en main. Il est enfin en appartement. Il va devenir un homme respectable, même si j’ai toujours un peu peur qu’il se démotive et s’enlève la vie. Je ne suis pas un sauveur. J’ai fait tout ce que je pouvais, alerté tous ceux que je pouvais. Je suis donc en paix complète. Et il est maintenant temps de penser à moi.

Il m’arrive encore de m’ennuyer du rythme de vie des fins de semaine d’avant. Mais quand j’ai un doute, quand je me mets à vouloir tout balancer et recommencer le train de vie que je menais jadis, je me rappelle que ça ne m’apportait rien de plus que des mauvaises décisions, une mauvaise santé et de mauvaises fréquentations. Alors, je tiens bon.

Je ne suis pas encore parfait (je ne le serai jamais), mais je suis zen. Et je suis bien. Le reste suivra. J’ai confiance.

Un dernier message que tu ne liras pas

soleil

Six petits « bips ». Comme six petits coups secs qui résonnent dans la noirceur de la nuit. 4h30 du matin, et déjà mon irritation m’empêche de refermer l’œil. Mais qui donc ose m’écrire six fois de suite à cette heure tardive? J’ai pensé à Alix, mais ça n’avait pas de sens, il ne se couche jamais aussi tard. C’est pourtant le seul qui écrit de courts messages l’un à la suite de l’autre. C’était trop tentant, j’ai saisi mon téléphone cellulaire pour identifier le nom de celui ou celle qui m’importunait dans mon sommeil. J’aurais dû le savoir. C’était lui, évidemment.

À quoi bon! Aussi bien répondre sur-le-champ. Après des messages ambigus la semaine passée (que j’avais analysé comme des appels à l’aide) il valait mieux ne pas prendre de chance. Il a d’abord paru surpris de ma réponse. J’ai coupé court en lui demandant ce qu’il faisait debout un dimanche matin. Il n’a pas répondu tout de suite, préférant dire qu’il voulait qu’on se voie parce qu’il avait besoin de se changer les idées. Je me suis mordu une lèvre. Avant, quand il me lançait ce genre de phrases, c’était pour s’envoyer en l’air. En secret.

Je ne pouvais pas le voir en après-midi ni le soir; 5 à 7, suivi d’un concert. Je lui ai proposé de passer chez lui ensuite, mais il ne voulait pas. J’ai compris qu’il ne voulait pas que je vienne le voir dans son nouvel appartement. En fait, il évitait toujours les rencontres qui pouvaient nous offrir un peu trop de proximité. Il me connaissait bien. Moi aussi, je me serais méfié de moi-même.

Nous ne sommes pas arrivés à une entente, si bien que j’ai senti une certaine rage dans ses écrits. Puis, il a proposé: « tout de suite »! Le sachant à l’autre bout de la ville, je l’ai averti qu’il était 4h45 du matin et que le métro ne fonctionnait pas. Il a suggéré de venir me rejoindre dans notre ancien coin, me donnant rendez-vous devant notre ancien appartement, dans la Petite-Italie. J’ai trouvé ça un peu cruel, mais je n’ai rien relevé.

À 5h00 du matin, je me suis levé, un peu tête en l’air, ne sachant pas trop ce que je foutais là. Je me suis rappelé ses idées noires, j’ai tenté de chasser le reste de ma pensée (ce n’est pas à toi de t’occuper de lui) mais je m’en serais voulu s’il y avait eu mort d’homme. Dans ma cuisine, devant le soleil levant, mon chat ne comprenait pas trop ce que je faisais non plus. J’ai fait jouer de la musique. Obstacles  de Syd Matters. J’ai fumé une cigarette en me rappelant que je devais arrêter de fumer pour la xième fois. Que je devais cesser d’écrire des textes au Je aussi. Haussement d’épaule en buvant un verre de jus d’orange. We played hide and seek in waterfalls / We were younger, we were younger

J’ai enfilé un t-shirt trop petit pour moi, parce que les excès de la semaine précédente étaient beaucoup trop violents. Une paire de lunettes fumées et j’étais prêt pour un trajet de deux stations de métro. Malgré le mois de mai, il faisait froid. J’ai laissé échapper un « pays de cul », puis je me suis engouffré dans la chaleur d’une station. Seul. Qui d’autre aurait répondu à l’appel un dimanche matin, si tôt? Je venais évidemment de rater le premier wagon. 10 minutes à attendre. Il allait être en retard, donc aucune importance.

Dehors, à deux rues de notre ancien appartement, j’ai réalisé l’ironie de la chose. Se donner rendez-vous devant le lieu de notre deuxième et dernière chance. Où le bonheur n’avait point eu le temps de se créer, trop vite ravagé par l’annonce d’une autre séparation. De la rue, j’ai levé la tête vers le 2e étage, me demandant si les nouveaux locataires étaient heureux ici. La chanson Changes de Girls in hawaii dans les oreilles. J’ai retenu un haut-le-coeur, vestige d’une pensée romantique pour un passé révolu depuis… depuis déjà 5 ans. Jour pour jour, en ce dimanche de mai. J’ai eu beau me dire que les signes de la vie n’étaient que hasards, on a eu beau me reprocher que je faisais trop de liens, comme dans un roman, mais impossible de ne pas souligner l’étrangeté de la chose. Le 7 mai 2009, on emménageait ici. En 2014, j’y étais encore, et j’attendais toujours le même homme. I’m stuck under a balcony in the moisture of the mist / Smoking cigarettes ’cause I’m in despair / Is it some kind of boredom or just the need to fill myself up /It makes me smoke much more than I would want to…aaarrg

Il est arrivé avec son 10 minutes de retard habituel. En applaudissant. En guise de félicitations. Parce que j’étais à l’heure. Pourtant, je savais qu’il avait toujours été pire que moi. En plus de me retarder dans ma vie et mes futures relations.

Nous avons marché vers le restaurant de déjeuners ouvert très tôt, même le dimanche. Il venait de finir sa dernière bière. Je savais ce que ça voulait dire sans avoir à poser d’autres questions. And you look so nervous, so nervous, so nervous / You won’t conceal those cracks for live

Face à face dans une banquette, un menu ouvert que nous allions consulter seulement une heure plus tard, j’ai pris des nouvelles. Je l’avais bien vu quelques semaines auparavant; pour lui remettre mon fameux livre, celui que je n’aurais jamais écrit sans son aide (j’ai pensé: sans toute cette souffrance). Un peu plus et il me disait que je n’étais rien sans lui. Il y a quelques années, j’aurais sûrement adhéré à ses paroles. Des flashs de notre dernière rencontre ont alors submergé mon esprit. Souvenirs flous. Attirances. Alcool. Consommation. Un autre sarcasme de la vie, pour me prouver que c’est elle qui décidait de la fin, que j’aie sorti un roman ou non. Je me suis mis à sourire. Je ne regrettais rien de notre dernière rencontre, même si elle me tuait un peu plus en dedans. I’m just lying, just lying, just lying / Just lying again / Sitting aside in the sadness sometimes / You can see us faces down

Il m’a raconté ses problèmes de colocation. Je me suis demandé pourquoi ce garçon faisait craquer tant de mecs autour de lui. Alors qu’il me disait que les coups de foudre sont impossibles, je lui ai répondu que « pourtant, il en avait eu un dès qu’il m’avait rencontré à l’époque ». Hésitation de quelques secondes, puis approbation. Petit bonheur inutile, car tout ça n’existait plus depuis bien longtemps. Je me suis encore demandé ce que je faisais ici, et si Alix avait raison quand il m’avait dit de me méfier (attention, s’il coule, il va vouloir sombrer avec toi).

Il m’a parlé de son père. Qui lit encore mon blog, parait-il. Il le soupçonne même d’avoir acheté mon roman. La curiosité n’a pas de limites, je le comprends un peu. Ça m’a fait penser à mes parents. Ils ont eu des mots très durs pour le dernier homme qui a partagé ma vie, personnage ou pas. Les sœurs de Luc, elles, se sont arrêtées à la bande-annonce. Elles ont demandé si c’était tiré de notre histoire. En voyant la gueule de l’acteur, je ne peux pas croire qu’elles aient douté. Il m’a raconté qu’il les avait rassurées, parlant de texte romancé. Il n’a pas tort, il y a de la fiction… Mais il faut être dupe pour croire que la réalité ne vient pas se mêler de tout ça. Bon, de toute façon, ça n’a aucune importance. Je salue quand même le père de Luc, lui souhaite la meilleure des chances s’il se lance dans la lecture de mon livre. Moi-même, je ne sais pas si je voudrais en lire et en savoir autant si j’avais un fils.

Ça me ramène à la force incroyable de mes parents. Qui, eux, ont tout lu déjà. Au contraire des autres, ils n’ont pas cherché à connaître la vérité dans la fiction. Ma mère m’a bien posé certaines questions précises, mais elle ne s’est pas aventurée au sujet de ce qui touchait l’intimité sexuelle des personnages. Mon père est plus timide. C’est normal. Je sais qu’il éprouve beaucoup de colère et qu’il utilise des termes grossiers pour décrire certaines personnes liées au livre. Je ne pense pas en savoir plus. Tout était dit quand papa m’a demandé si j’allais écrire un « vrai roman » un jour. Il s’est ensuite mis à me parler de polar et de romans policiers. Petit soupir.

Retour au déjeuner. 6h00 du matin. Je l’écoute encore parler. J’ai parfois l’impression que je suis le seul qui l’écoute parler ainsi. J’ose glisser l’idée de son chum. Oui, il a un copain depuis 4 ans déjà. Un copain qu’il voit peu. Ça me fait hausser les épaules, me dire que c’est normal si ça va bien. Et je sais que c’est lui qui devrait se trouver à ma place présentement. Évidemment, la complexité des histoires qu’il vit ne permet pas de mettre son chum dans les confidences. Lui, je ne l’ai jamais vu. Enfin. À peine croisé au coin d’une rue un samedi soir en allant au dépanneur. Quand je pense à lui, je pense à son ancien bon ami, qui fut mon amant, et dont je me suis inspiré pour une scène de sexe vers la fin de mon livre. Le monde est petit. Très petit.

Nous avons fini par commander de la nourriture. La dernière fois que j’avais les fesses dans ce restaurant, nous vivions encore ensemble. Des liens, encore des liens. Il n’y a que ça qui nous unit; les liens du passé, les liens du passé qui se recoupent avec le présent. Et même s’il a changé, même si je ne veux pas revenir en couple avec lui, il y a cette force d’attraction malsaine, ce désir invisible qui fait office d’aimant. Si je n’écoutais que mes pulsions, je serais déjà assis à ses côtés, à le toucher et à profiter d’un corps que je ne reconnaîtrais pas.

Après trois heures dans le restaurant, nous sommes sortis pour marcher et digérer. Même si j’avais dormi deux, trois heures cette nuit-là, il m’a fait marcher de Jean-Talon à la rue Sainte-Catherine. Soleil éblouissant. Comme si la vie n’avait pas vraiment changé. Nous avons parlé de son pénis. Et il n’en fallait pas plus pour que mon attirance revienne en force. En observant la scène d’un point de vue extérieur, je n’y voyais qu’un désespoir. Un désespoir vain, comme si l’unique but était d’obtenir satisfaction. Et puis, la vérité s’est amenée d’elle-même. Ça ne changerait jamais.

J’ai compris que je pouvais comparer notre histoire à celle vécue avec mon ex-copine. Même en étant gai à 100%, je sais que la seule femme que je pourrais baiser sans soucis serait bel et bien Sarah. Par habitude? Par naturel? Par connaissance d’un corps passé que je ne connais pourtant plus maintenant? Je suis convaincu que ce serait la seule qui pourrait encore réussir à me faire goûter au corps féminin. Eh bien, je sens cette espèce de similitude avec mon ex. Cette impression que même si je le reverrai dans 10 ans, j’aurais toujours cette attirance, cette forme d’attraction poétique et sexuelle à la fois. Un intérêt de mon corps vers le sien, sans même le vouloir.

Je n’ai aucun désir de reformer un couple avec lui, pas envie de partager une vie commune dans un appartement. Mais toute forme d’amitié entre nous se transforme en option sexuelle dans mon esprit. Je me rends compte que ça ne sert à rien de me mentir à ce sujet. Il n’y a pas d’ambiguïté. Il est passé à autre chose. Moi, j’ai écrit un livre et je l’ai gardé près de moi grâce à un personnage. Ce n’est pas sa faute. C’est la mienne. J’assume. J’assume aussi le fait que je suis passé à autre chose. Le problème, c’est la proximité. Qu’elle existe une fois par année ou une fois par mois ne change rien. Comme si chaque occasion remettait les compteurs à zéro. Ce n’est pas du jeu pour moi. Et ce n’est pas de sa faute, ou si peu, par moment.

Cette histoire, c’est une histoire banale comme des milliers d’autres. Une attirance sexuelle interdite entre deux êtres pour diverses raisons. Un truc inévitable. Un truc que je dois me forcer à éviter. J’aurai toujours une certaine affection pour lui, mais il est temps qu’il me laisse partir et qu’il cesse de revenir me chercher. Ça fait de la peine de penser que ma place n’est plus là, que je devrai probablement le forcer à me remplacer par son copain. Parce que c’est son rôle à lui à présent.

Je n’ai pas assez de résilience pour faire ami-ami avec mes exs. Parce que l’attraction physique gagne tout le temps. Je suis un être de pulsions. J’en parlais justement avec une collègue de travail qui vient de se séparer. Elle a tout de suite installé des balises claires entre son ex-copain et elle, car ils doivent partager l’appartement jusqu’en juillet. Elle ne me dit peut-être pas tout, mais j’admire son courage et sa conviction. Quand c’est fini, c’est fini. Et, elle a raison. C’est le seul moyen de vraiment tourner la page et de concevoir un avenir avec quelqu’un d’autre.

J’ai compris pourquoi j’étais célibataire depuis si longtemps. Vivre dans le passé est une partie du problème, mais c’est surtout la réactualisation d’un amour passé qui m’a nui. Ce n’est pas la faute de Luc. J’ai longtemps été son confident. Il voudrait que je continue à l’être (mais uniquement quand ça l’arrange). Il restera centré sur lui-même comme je l’ai toujours connu. Ça fait partie de sa personnalité. Je ne pourrai jamais le changer. Mais je peux tenter de me changer moi. Et ces derniers jours, je vis une certaine libération. D’abord, pour avoir compris que ce n’était pas l’amour qui me guidait vers lui. C’est une question de disponibilité des corps. Je suis convaincu que si Luc était célibataire, nous aurions vécu encore du sexe pendant un long moment, jusqu’à ce que l’ennui prenne toute la place. Et je ne crois pas que l’ennui comme souvenir d’une relation est mieux que la passion qui finit drastiquement.

Quand j’ai publié mon roman, je m’étais dit que je fermais le dossier le soir même. La vie s’est amusée à me faire comprendre qu’il y avait des choses que je ne contrôlais pas. Tout comme je ne contrôle pas toujours ce qui me fait bander. Mais les pulsions se contrôlent, ou du moins, elles peuvent être évitées si on prend des précautions. C’est un peu dire que mon ex est contagieux, et que dès que je le fréquente, je fais de la fièvre et le désire encore. Le temps et l’absence font diminuer les fièvres. J’ai fini d’être dans l’attente pour une simple relation sexuelle. Avant, j’étais dans l’attente par amour. Comme ce n’est plus le cas, la seule chose qui me rappelle mon désir est sa présence. Il n’y a pas 10 000 solutions.

Je mise sur le fait qu’il ne fasse pas trop de conneries. C’est tout ce que je peux souhaiter. Et espérer qu’il s’en sorte psychologiquement. Mais, à partir de maintenant, j’ai choisi de ne pas sombrer avec lui. Je lui ai laissé le contrôle très longtemps. Trop longtemps. Et d’une certaine façon, il s’en foutait. Il a toujours pensé qu’il y avait droit en tout temps. Les années passent, la vie change, et je dois m’aider d’abord. Me la jouer égoïste, oui peut-être. Quoi qu’il en soit, le deuil est terminé. Il ne faut plus rouvrir la brèche ou faire saigner la cicatrice du passé.

Je disparaîtrai doucement. Et son père, s’il me lit vraiment, ne lui parlera pas de cette publication. Tout se fera sous silence, pour son bien à lui, pour qu’il m’oublie sans même s’en rendre compte. Ce sera sans conflits, sans arguments et sans rancœur. Il vivra sa vie d’adulte, avec ses hauts et ses bas, et ce réflexe si naturel de m’écrire ou de me parler s’en ira avec le temps. Je lui faciliterai la tâche, car je ne le relancerai pas. Retenir ses pulsions, les contrôler pour le bien de l’autre, mais surtout pour son propre bien. Nous sommes tous les deux dans la trentaine. Il n’y a plus d’excuses pour aller puiser dans le passé et chambouler le présent. Nous sommes deux hommes. Deux hommes en paix malgré les vagues douloureuses de la solitude et du temps. Deux hommes qui font de leur mieux, avec leurs démons, leurs souvenirs, et une forme d’affection l’un pour l’autre que je n’aurai que trop rarement vécu dans ma vie.

Et si je n’avais qu’un tout petit souhait à lancer dans l’univers, ce serait de recommencer toute cette histoire folle… Avec un autre.

Quand la réalité dépasse la fiction

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Quand la vie nous prouve qu’elle aime également les finales digne de films.

Si on m’avait dit que j’allais rencontrer mon ex-copine et mon ex-copain à 48 heures d’intervalle, je n’y aurais jamais cru. Je voudrais m’étendre sur la chose, partir dans une philosophie comme je l’aime tant, mais force est de constater que je suis face à ma première promesse post-publication: ne plus parler de ce passé, fermer le chapitre pour de bon.

La vie a cette manière un peu ironique et coquine de nous faire revivre toute une gamme d’émotions au mauvais moment, mais c’était à prévoir. Tout ne pouvait pas se clore avant le 31 mars. C’était utopique. Pourtant, je ne ressors pas démoli de ces rencontres. Au contraire. Je pourrais dire que je m’en sors bien. Mieux. Mais ce serait un peu vilain de casser du sucre sur le dos de ces amours passées.

Si j’ai compris une chose que je n’avais pas du tout saisi, c’est que j’étais moins l’élément influençable du couple que je ne l’aurais cru. Durant ces deux rencontres, beaucoup de prises de conscience, de vérité et d’affection pour ces personnes qui ont croisé ma vie.

Je pourrais parler des vices, des dépendances, des extrêmes, de l’excitation, des retrouvailles, mais je dois me taire, faire face à ces rencontres en silence. J’ai entendu des choses qui m’ont fait un grand bien. Des choses que j’avais besoin d’entendre. Pour cesser de me remettre en question sur ces histoires, pour continuer mon chemin dans une ligne plus droite.

Il n’y a pas de doutes, la vie avance, les gens changent, mais restent un peu les mêmes. En fait, on se rend surtout compte que c’est la perception qui se transforme. Et il est trop tard pour retrouver les sentiments disparus; ils sont cachés trop loin, même s’ils pointent par moment. Comme une petite folie passagère, un espace-temps ouvert, un souvenir qui resurgit.

Je referme donc (enfin) le livre de ma jeunesse. Tout a été dit. Tout a été fait. Tout a été consumé. Et même si tout s’envole, je ne m’en fais plus, car j’ai compris qui j’étais et ce que je voulais. Rencontrer ses amours du passé, c’est un peu faire une analyse sur les amours à venir et ce qui importe vraiment.

J’écoute la chanson de Lana Del Rey (West Coast) en boucle, et c’est exactement le feeling qui me vient. Tout est à point. Move baby move baby move baby. Alors, que dire de plus, sinon de leur rendre un dernier hommage embrouillé. Je les aime. Je les aimerai toujours à ma façon.

Je suis prêt à retomber amoureux. Maintenant. Ça y est.

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Tout va bien, ne t’en fait pas.

avenir

Ça y est. J’ai suivi le conseil de Philippe Scnobb, j’ai envoyé mon roman à mon ex. Évidemment, j’ai accompagné le tout d’un courriel larmoyant expliquant qu’il s’agissait de l’histoire de notre amour. Eh oui, je suis comme ça, j’aime rendre tout dramatique.

Il m’a répondu, m’a dit qu’il allait le lire. Qui ne serait pas curieux de savoir ce que l’on dit sur soi? Mon amie Annie me dit qu’il va sûrement péter une coche quand il aura fini sa lecture. Peut-être. Ça ne me regarde plus vraiment dans un certain sens.

Je suis passé par toutes les étapes du deuil. La dernière pierre étant la déception. Déception de voir que ce projet touche plusieurs personnes, mais touchera-t-il un éditeur? Trop homo, trop autobio, trop trash, trop triste. Je ne sais point. Seul le temps le dira. Mais moi, mon deuil est fini. L’histoire a pris fin. La règle des 5 ans de misère s’achève. Car le temps file, et c’est déjà le constat. En 2014, ça fera 5 années que je m’épuise pour du vide, de l’absence et du silence. C’est le moment de tout jeter, de tout oublier pour de bon.

La tristesse a fait place à la résignation. Et au désir de vivre autre chose. D’aller voir ailleurs. Oh oui, certes, je suis bien allé voir ailleurs plusieurs fois, mais je n’y étais pas. Pas totalement là.

Ça fait maintenant deux mois que je ne consomme plus. Que je suis devenu un petit être parfait. Mais je ne le fais pas pour les autres. Je le fais pour moi. Toujours dans cette optique de guérison. Le 26 juillet, je fermerai mon dossier chez la psy. Ce sera notre dernière rencontre. Notre au revoir. Et je pourrai lui dire: « ne t’en fait pas, tout va bien ».

Eh oui, tout va bien. Malgré tout. Je continue à vivre. Aucun désir de mort. Aucune pensée négative. La nostalgie oui, mais j’ai l’habitude. Aujourd’hui, je profite du soleil et je suis zen. Je prends soin de moi, de mon corps, de ma vie et de mes relations.

J’ai passé une belle fin de semaine, du jeudi à dimanche, d’abord chez mon amie Annie jeudi soir, à refaire le monde, à planifier un voyage prochain en Europe. Je crois que j’ai besoin de vacances malgré tout, que mes vendredis de congé ne sont pas assez pour décrocher totalement. Nous visons la Croatie. Un coin de pays inconnu pour moi. Un petit dépaysement.

Vendredi soir, je suis allé faire le souper dans le nouvel appartement de mon meilleur ami. Ça faisait un bail que nous n’avions pas passé une soirée ensemble, avec Cadot. 2013 n’a pas été si bon pour nous, mais force est de constater que nous nous tenons, que nous sommes toujours liés comme au secondaire. Je ne m’en fais pas pour eux. Ils dessinent le chemin de leur vie vers du positif, ça ne peut que mieux aller pour 2014.

Et samedi, je suis allé profiter de la piscine chez mes parents. Une vraie fin de semaine de Rive-Sud. Comme si je me retrouvais dans le temps, et c’est quand même spécial, puisque j’écris présentement un roman pour ados qui se passe là. J’ai enfin rencontré l’amoureux de mon amie Maryline. Un bon garçon, américain charmeur à la Kurt Cobain. Nadia et Émilie sont venues nous rejoindre. Belle soirée d’été improvisée. Mes parents sont arrivés vers 23h. Ça faisait du bien de les voir. Je trouve encore que je ne les vois pas assez souvent. J’ai rassuré ma mère, qui s’en fait toujours un peu pour son fils unique. Elle s’en fera toujours un peu, je suppose. Comme je m’en fais de plus en plus secrètement pour eux. Quand j’observe ce que la perte d’un amour peut me faire subir, je n’ose pas trop penser à ce que pourrait me faire vivre la perte de mes parents; des gens si honnêtes, aimables et ouverts. Une chose à fois, il vaut mieux repousser les pensées macabres.

J’ai terminé le tout, ce dimanche, avec ma cousine, au Adonis, à faire notre épicerie. Après une longue année sans se voir, nous recréons les liens. C’est un peu comme retrouver sa sœur. Et tout ça me fait prendre conscience que je suis bien entouré, que je n’ai pas à me plaindre sur les gens qui m’entourent. Oui, je suis Scorpion, et je suis vite déçu par certaines décisions de mes amis, mais en vieillissant, j’apprends à laisser aller. L’amitié compte encore énormément dans ma vie, mais j’accepte que les autres ont une vie, des obligations et bientôt ils auront une famille, des enfants, de nouvelles préoccupations. La seule chose que je souhaite, c’est de les suivre dans cette aventure. Je ne sais pas si c’est la trentaine qui m’ouvre les yeux, mais j’ai envie de bâtir quelque chose, de me coller contre le corps chaud de quelqu’un pendant les nuits d’hiver, de vivre la simplicité des choses, parce que vieillir, c’est s’éloigner des actes extrêmes, c’est apprendre à découvrir le quotidien et ses petits plaisirs.

Il faut vivre pour soi. Tout en prenant soin des gens qui s’amènent sur le sentier de notre existence. Avoir bientôt 30 ans, c’est aussi accepter la perte de ses illusions. Je ne serai peut-être jamais le grand écrivain que j’aurais espéré être. Mais, au final, ça n’a pas d’importance. Je continuerai à écrire pour moi. Parce que j’ai beau dire que l’écriture n’est plus le centre de ma vie, je ne peux pas m’en éloigner très longtemps. Alors, on verra, c’est tout, c’est comme ça. Accepter le sort. Accepter ce que la vie nous offre. Cesser de penser à l’avenir, arrêter de songer au passé. Vivre. Vivre et ne plus se poser de questions sur ce que l’on a laissé passer, sur ce qui nous a quittés, sur ce qu’on aurait pu devenir ou être.

Révélations

Ma psy m’avait bien averti. Quand on cesse la consommation, les trois premiers mois sont les pires. Ils sont pires, parce qu’au lieu de chasser les démons avec une solution facile et rapide, on doit les faire entrer en soi et tenter de les guérir.

Les trois mois qui s’annoncent devraient donc ressembler à un calvaire. Oups, pas trois mois, deux mois et demi maintenant. Déjà. J’ai réfléchi beaucoup à l’orientation de ce blog, et je ne peux que me rendre à l’évidence; même si je ne veux pas écrire ma vie ici, je n’aurai pas le choix. Pas le choix parce que qui dit sobriété, dit aussi désir d’écrire sur ce parcours qui nous mènera à la guérison totale. Je sais je sais, j’ai un ton dramatique inutile. Après tout, on parle seulement de consommation de pot. Mais j’ai appris que le type de drogue n’avait aucune importance. Le parcours reste le même, les difficultés sont pareils. Qu’on prenne de la coke ou du speed, du pot ou de l’alcool, il y a toujours cette espèce de chemin ardu qui devra un jour ou l’autre être franchi.

J’ai toujours eu peur du changement. Je suis quelqu’un de très paresseux, au final. Paresseux dans le sens que je me contente de ma petite vie, même si dans ma tête, le désir de réaliser de grandes choses est toujours présent. Je me lance dans le combat le plus important des six dernières années de ma vie.

Ce qui me fait chier? Le retour du passé. Encore lui. Parce qu’au lieu de « geler » mes sentiments, je dois les affronter et les regarder me foutre le moral en l’air. J’en tirerai du bon très bientôt, semble-t-il. On veut toujours que ça se passe plus vite, on s’imagine déjà ailleurs, lumineux et dans une vie de rêve. Pourtant, l’évasion se fait dans les petits gestes au quotidien.

Qui dit sobriété, dit aussi retour des rêves. Et même si je n’ai pas vu mon ex depuis plus d’un an, sa face apparaît encore par-ci par-là. Elle va sûrement revenir dans les trois prochains mois, je ne peux malheureusement pas contrôler tout. Ça me ramène sur terre, me dit qu’il est quasi essentiel que mon nouveau roman paraisse et soit publié. Il faut qu’il me serve à me souvenir de ce que j’étais et de ce que je ne veux plus être. On dirait même que je suis un peu bloqué dans l’écriture, parce que c’est comme s’il y avait quelque chose qui n’était pas réglée du passé. Ce passé, c’est le roman, bien sûr.

Donc, il ne faut pas vous étonner si vous lisez des choses plus personnelles au cours des prochains mois. Je pense que ça fait partie d’un processus sain. Pour arriver à quelque chose. Pour me sortir de mon ancienne vie, pour vomir la dernière bile.

Toujours là

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Changer sa vie

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()

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Écrire

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