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Une question simple

La question est simple: combien de fois peut-on modifier la trajectoire de notre vie? Combien de fois peut-on décider de faire un 180 degrés et réussir à ne pas retomber dans nos anciennes habitudes? Je ne parle pas de tout plaquer pour recommencer sa vie ailleurs, je me questionne simplement sur les grandes décisions qui orientent qui nous sommes et ce que nous devenons.

Peut-être que tout ceci est de la grande foutaise. Peut-être que chaque année qui passe, chaque mois ou chaque semaine qui s’écoulent nous orientent automatiquement vers un nouveau destin. Mais au-delà des aléas de nos propres décisions quotidiennes, j’ai la ferme impression qu’il est possible de réorienter sa vie de but en blanc, après de grandes souffrances ou simplement parce que ce que nous vivons ne nous convient plus.

Ce n’est pas réellement mon cas, mais je me questionne tout de même. Des changements drastiques, j’en ai fait et j’en fais depuis des années. Pourtant, j’ai quand même cette impression étrange que je suis sur le quai et que le bateau vogue vers le large sans moi. Ce n’est pas toujours une mauvaise chose de rester les pieds fermes sur ses acquis,  mais si on ressent un manque, je pense qu’il est de notre devoir de réagir et de corriger le tir.

Je ne dirais pas que je suis malheureux et qu’il s’agit d’un choix drastique. Non. Je dirais plutôt que j’ai effectué beaucoup de changements dans ma vie, mais que je n’ai pas encore atteint le point adéquat (l’atteint-on un jour? S’en rend-on compte? C’est une autre question.)

Quand je pense aux grands revirements d’une vie, je me fixe sur deux choses: la santé et les gens qui nous entourent. Je suis très excessif sur le premier point. Je suis dépendant sur le deuxième. Mais je fais des progrès, du moins, je le crois.

Je ne sais pas si je pourrais nommer tous les revirements de ma vie. Je pourrais m’amuser à nommer plusieurs éléments comme l’affirmation de mon homosexualité, le choix de mes études, le choix de partir vivre à l’étranger, le choix de faire tous mes voyages outre-mer, le choix de m’engager en couple, le choix de cesser la drogue, le choix d’acheter un condo, le choix de devenir végétarien et presque végétalien, le choix d’avoir un travail, même deux… mais d’un autre côté, je n’ai jamais choisi de quitter certaines personnes, je n’ai jamais choisi mes ruptures, je n’ai jamais choisi d’être ce que je suis et ce qui m’a construit grâce à mes expériences.

Mon psy me dirait de me relaxer et de regarder où j’en suis (avec une certaine fierté dans la voix), mais ce n’est pas suffisant pour moi. J’ai sans cesse l’impression qu’il manque un autre revirement drastique, qui ferait de moi quelqu’un que je respecte et que j’apprécie comme il est.

On passe son temps à se construire par rapport au regard des autres. Même ceux qui clament haut et fort qu’ils s’en foutent sont obsédés par ce qui se dit sur eux ou sur leurs projets. C’est normal, c’est humain.

Ces derniers temps, beaucoup de gens importants ont pris la décision de quitter mon chemin. Un peu comme des adieux faits au croisement d’une route, ces gens ont décidé de bifurquer à gauche alors que je m’orientais vers la droite. À chacun ses décisions. Je ne suis pas là pour les juger. Je n’ai jamais affirmé que j’étais blanc comme neige non plus. Plus je vieillis et plus je me rends compte qu’un simple mot déplacé peut créer une onde de choc qui anéantit parfois une relation. Ça fait aussi partie du jeu des relations interpersonnelles.

Avec le temps, je me rends surtout compte que je n’ai plus aucune envie de jouer à la victime. De me dire que cette personne a eu tort de faire ceci ou cela. C’est comme si j’avais compris que les impressions et les interprétations des autres ne m’appartenaient pas. C’est libérateur, tout en étant angoissant à la fois. Mais je garde un sentiment zen par rapport à tout ça, car je sais que même sans explication, les gens nous délaissent et vont voir ailleurs si c’est mieux.

Le problème, c’est que le scorpion en moi est très loyal, jusqu’à qu’il décide que c’est fini. Et, une fois que le processus est enclenché, c’est un peu comme si c’était trop tard. Autant en amour qu’en amitié, je suis loyal, jusqu’à la trahison. Ce n’est pas la première fois ni la dernière que je serai trahi, et j’ai appris avec le temps à ne plus être aussi dramatique envers les gens qui disparaissaient. N’empêche. Il est très difficile de revenir me voir après ce genre de trahison. J’ai souvent de la difficulté à tourner la page dans mes relations, mais une fois que c’est fait, les retours en arrière sont très rares.

J’aime bien l’idée d’un temps-tampon. Même si parfois, je ne respecte pas mes propres décisions, la plupart du temps, lorsque je décide quelque chose, je m’y tiens. Même avec les dépendances. Eh oui. L’humain a besoin de plusieurs essais-erreur, mais une fois que c’est ancré, une fois que la grande vague s’est échouée et est morte sur le rivage, le retour en arrière devient impossible.

Ironiquement, je suis également connu pour être un mec de dates et de deadlines. Je ne les respecte pas toujours certes, mais si je regarde en arrière, je me surprends à voir plus de réussites que d’échecs. Il y a donc quelque chose d’encouragement dans cette motivation à créer une genre de carapace (encore une fois). Je ne lancerai aucune date sur ce blogue, car j’ai appris à protéger mes arrières. Et je me sens tout de même généreux dans le délai que je m’offre, mais force est de constater que j’ai encore besoin de me renouveler, de changer de mode de vie, de devenir encore mieux.

La différence à présent, c’est que je n’ai plus envie de décrire le tout comme des deuils. Non. Les deuils sont déjà faits depuis longtemps. Je sens que je tangue dans un entre-deux; entre continuer ainsi et modifier tout ce que je connaissais jadis. C’est un sentiment euphorique, mais également effrayant. L’humain a toujours peur de l’inconnu. Mais je caresse cet inconnu avec une volonté et une curiosité que je ne me connaissais pas avant. Je pense que c’est un bon pas vers l’avant.

Le pire, c’est que je n’ai pas à changer tant que ça. J’ai emmagasiné beaucoup d’acquis depuis les deux dernières années. Mon style de vie s’est radicalement transformé. Il me manque encore quelques éléments. Un autre changement drastique pour arriver à être celui que je veux être, à m’aimer tel que je suis.

C’est un défi universel, qui se passe chez de nombreuses personnes. C’est peut-être le signe de la crise de mi-vie. Mid-life crisis. Et pourtant, je reste calme et posé par rapport à tout ça. Malgré toutes les pertes, malgré l’intimité et l’amour qui ne sont pas là au quotidien, je ne peux pas me plaindre d’être dans une mauvaise passe. Je me conforte et j’accepte ce que je vis présentement. Je suis comme la chenille qui se transformera en papillon bientôt (esti de phrase quétaine hahaha).

En résumé, mon défi pour la prochaine année est somme toute assez simple; me surprendre. Me déstabiliser. Me retirer de cette zone de confort que j’apprécie trop. Je ne cherche pas à me faire peur avec des expériences ultimes ou intenses. Non, ce n’est pas le but. Je veux seulement me brasser la cage. Affronter des choses que je ne pense pas aimer, des événements que je ne connais pas, des expériences que je ne voudrais pas vraiment vivre volontairement.

Si j’ai appris une chose dans ma courte existence, c’est que le meilleur sentiment se résume à peu de choses: se surprendre de vivre des moments que l’on n’aurait pas pensé vivre, se décoincer dans ses activités, découvrir l’inconnu et avoir peur. Peur de l’échec, peur de ne pas y arriver, peur de ne pas se lancer. Car, au final, sans la peur, il n’y a pas d’adrénaline, il n’y a pas d’inconnu, il n’y a pas de nouvelles expériences et de nouvelles découvertes.

Mon défi de la prochaine année est assez simple, il se contentera d’un seul mot: oser. Oser la différence. Oser franchir la peur de perdre. Oser la nouveauté. Oser se planter. Solidement, s’il le faut.

 

Ne pas jouer la victime

Alors, voilà. Nous n’avons pas été assez conscients. Nous n’avons pas su garder les promesses du passé. Nous avons joué la carte de l’ego, un ego selfish, un ego qui trouve que son bonheur est trop ou pas assez bon pour l’autre devant nous. On avait la chance de faire différent, de se promettre qu’on ne serait pas le portrait de nos parents la décennie suivante. On a échoué, comme tous les trentenaires qui échouent probablement. Aucune différence. Les promesses d’adolescence s’étiolent, deviennent poussières et s’évaporent avec les années.

 
Je ne jouerai pas à la victime. Je joue sans le savoir depuis un trop grand moment. C’est ça l’amour, l’amitié… ça s’éteint. On ne voit jamais les signes avant-coureurs du meurtre. C’est comme un crime, oui. Ça tue du jour au lendemain, de la minute à la seconde. Et les corps morts se soulèvent et s’éloignent, dans une indifférence qui tue de nouveau.
 
Rien ne sert de se la jouer victime. On a 50 % des torts, c’est évident. On pense par contre tous que c’est l’autre qui abandonne en premier. On ne le saura jamais. On va continuer à vivre. Parce qu’il le faut bien. Parce qu’une hypothèque doit être payée, parce que le travail nous appelle, parce que les enfants doivent manger, parce que la famille doit continuer. Un jour ou l’autre, on se souviendra. Une pensée, une image, un voyage; la perte se remémorera à nos esprits.
 
Mais nous n’avons pas été assez forts. Comme la génération qui nous précédait. Comme toute histoire qui n’est malheureusement jamais indestructible. Tout se meurt. Le corps, la vie, les relations. On se lancera dans le capitalisme, dans la fertilisation, dans l’hédonisme. Pour oublier, oublier ce que l’on a été.
 
Si on ne change pas, les autres, eux, nous voient changer. Ou ils changent eux-mêmes. C’est le cycle éternel. Le jeu des jours qui s’égrainent.
 
Ne pas jouer à la victime. D’abord, parce que ça ne sert à rien. Ça ne ramènera jamais le passé. Décider de vivre sa vie avec les gens qui sont réellement présents. Qui naviguent autour de nous; même si nous sommes tous le satellite instable d’un autre.
 
Je n’aimerai plus jamais comme j’ai aimé. Je ne prendrai plus jamais l’amitié pour acquis. Tout s’efface, tout disparait, en peu de mots, en trop peu d’adieux.
 
Tous ceux que l’on connaissait ne nous reconnaissent plus. Les plus grands amis nous disent que la séparation, c’est mieux comme ça. Les anciens amours préfèrent ne rien répondre ou s’offusquer. Des mots durs, ou pas de mots. Je ne saurai jamais quelle est la pire des conclusions.
 
Et le pire, c’est que je n’en veux à aucun d’eux. J’ai cru naïvement que les promesses du passé avaient force de loi sur tous les événements. L’adolescence m’aura menti. Ce n’est pas un secret pour personne. L’adolescence trompe sans cesse. Rien ne sert de jouer à la victime. Les gens se quittent, les gens disparaissent sans raison ou avec raison. Nous avons tous cette date d’expiration.
 
Si je n’ai qu’une seule réponse, ce sera celle-ci : Ces gens, je les ai aimés. Et je les aime encore. C’est parfois ma faute, parfois non. On ne peut contrôler les aléas de l’amour et de l’amitié. J’ai le cœur gros, mais j’ai un gros cœur qui les accueillera toujours. Même si très peu viendront. Ce sont les destins, les hasards, les perceptions. Ce sont des choses incontrôlables, même à l’ère des grandes communications.
 
Rien ne sert de mettre un baume sur la blessure. On finit toujours par comprendre plus tard. Mais je refuse de jouer à la victime. Je suis rempli d’amour, un amour qui a su mal s’exprimer. Je n’ai pas d’autre choix que de déchirer les pages. Je garderai l’essentiel, toujours avec cette impression que l’on se reverra et que ce sera comme jadis. Nous n’avons pas su prédire ce qui allait arriver. Nous avons profité du temps alloué comme s’il était infini. On savait peut-être intérieurement que tout allait éclater. Mais le beau de la chose, c’est que l’on continuait tout de même à se prédire l’éternel; un espace-temps où seule la mort nous séparerait un jour. Notre naïveté était adorable. Parce que les maux d’adolescence sont des mots adorables. Avec le recul.
 
Nous sommes maintenant des adultes. Nous n’avons pas été assez prudents. Ou nous avons cessé de croire nos paroles d’enfant. À la vie, à la mort… ou jusqu’à ce que le temps et l’éloignement nous séparent.

 

Sables mouvants

sable

Il y a un truc vraiment ironique dans la vie. Peut-être que plus tard, on y voit moins de cynisme et on se met à rire en se tournant vers certaines périodes de notre passé. Mais présentement, je vis une dichotomie entre la qualité de ma vie (entendre; ce que j’ai réglé de mes démons) vs la qualité de la présence des autres dans cette même vie.

J’en vois déjà qui lèvent les yeux au ciel en se disant que je vais chialer sur mon sort ou me plaindre de x ou y. Pas tout à fait. En réalité, si on dresse une ligne du temps et une ligne de nos buts, je serais foutrement ingrat de dire que je ne suis pas satisfait du déroulement. Je pense que mon combat gagné, le plus important, devait être par rapport aux substances que j’ingérais. Et la bonne nouvelle, c’est que je suis passé à autre chose, pour de bon, sans nostalgie (si ce n’est peut-être ma taille qui était plus fine… mais ça ne valait pas la destruction du corps). Ça s’est aussi amélioré côté alcool, quoique j’ai du travail encore à faire de ce côté. J’ai beau avoir diminué de 75 % dans ma fréquence, reste que je me gâte encore un peu trop quand je m’en permets.

Ma vie s’améliore aussi côté travail, avec de nouveaux avantages qui m’ont montré que la persévérance peut payer (même si je me considère encore sous-payé, mais il faut faire la part des choses). J’aime mon travail, j’y suis heureux et j’arrive à remplir mes responsabilités niveau hypothèque. Quand je dis mon salaire à quelqu’un, que je lui parle de mes mensualités, la plupart n’arrive pas à comprendre comment j’y arrive. Ça demande beaucoup de sacrifices. Mais j’aurais de la difficulté à revenir en arrière. Voilà pourquoi je dis que plus les années s’écoulent sur cette ligne de temps, plus mes buts sont atteints. Ce n’est pas facile, mais il faut ce qu’il faut.

Ce que j’ai remarqué, c’est que les sacrifices touchent surtout la vie sociale. Moins de sorties, pas de restaurants et le moins de bars possibles. Ça tombe bien, j’avais pas mal fait le tour des soirées qui s’étirent jusqu’à 5 heures du matin. Et puisque les paradis artificiels ne m’intéressent plus, ça passe encore. C’est surtout au niveau des amitiés que tout déraille. Dans la vingtaine, on fait des acquis amicaux. On s’imagine que les moments resteront figés, qu’ils se répéteront sans cesse jusqu’à notre dernier souffle. Dans la trentaine, on comprend qu’il ne reste pas grand-chose de ces beaux idéaux. Et comme je l’expliquais dans un article précédent, ce n’est pas nécessairement des disputes ou des malentendus qui détruisent nos relations amicales. C’est le jeu du temps, des absences, des occupations multiples qui font en sorte qu’on ne peut plus se séparer en quatre (on vieillit, on cherche le confort de notre salon, le petit bonheur sale de la télévision et du diable Netflix).

Je réagis toujours un peu tout croche quand on s’approche de mon anniversaire. Parce que c’est souvent à ce moment-là que les compteurs se remettent à zéro. Que l’on voit qui sont les gens importants dans notre vie. Je m’étais fait la même réflexion l’an passé (et pourtant, j’avais eu un anniversaire fantastique), mais je me rappellerai toujours la réaction d’une de mes amies qui était rentrée chez moi en s’exclamant: mais qui sont ces gens? C’était la seule de mon ancien groupe d’amis qui avait daigné venir fêter avec la quinzaine de personnes qui étaient là (tous des visages inconnus pour elle, car comme je l’ai dit, la vie est mouvante, et ceux qui étaient là pour nous hier, ne le sont pas nécessairement aujourd’hui). Je me rappelle que ça m’avait un peu blessé. Mais je pense que j’ai toujours eu la mauvaise attitude par rapport à tout ça; moi j’étais allé à leur anniversaire, à leurs soirées, à leurs événements. Mais le renvoi d’ascenseur n’y était pas.

Cette année, j’avais pris la décision de simplement… ne rien faire. Pas de déception, pas d’obligation, rien. Et j’aurais dû suivre cette idée. Mais j’étais saoul vendredi dernier, et on m’a convaincu de lancer une invitation comme ça. Je l’ai fait parce que j’avais bu, mais sinon j’aurais résisté. Encore une fois, ça m’a montré le vrai visage de certaines personnes. Quelqu’un qui quitte une conversation sans même prendre la peine de dire qu’il est simplement occupé ou qu’il ne peut pas, je trouve que c’est un manque de respect flagrant. Si j’avais eu 25 ans, j’aurais probablement critiqué et fait une scène. À bientôt 33 ans, je trouve ça irrespectueux, et ça s’arrête là, tout simplement. Je ne sais pas pourquoi je me battais tant pour des amitiés à sens unique. J’ai toujours trouvé que les plus belles amitiés étaient celles qui étaient loyales et égalitaires. Mais mon discours s’est modifié, et je suis à l’âge où je n’ai plus de temps pour ce genre de bataille. Je resterai donc silencieux. Après tout, si je suis supposé n’attendre rien d’eux, ils ne seront pas surpris de ne plus attendre rien de moi.

La réalité, c’est que je vois encore beaucoup le bien chez les gens qui me sont chers. Je vis dans un monde légèrement naïf. Les années à venir me montreront probablement que j’avais tort de ne voir que le bon chez les autres. Et il n’y a pas de rancœur. Sables mouvants. La vie n’avance pas en ligne droite. Je me dois simplement de perdre mes illusions sur l’importance que certaines personnes accordent à ma présence ou à ma personne. Ce n’est pas plus mal. On apprend. C’est sain.

Je discutais avec un autre ami qui me racontait que les gens le trouvent parfois lourd et trop insistant. J’ai avoué à cet ami que c’était vrai. C’était une conversation calme et honnête. Ç’a eu l’air de le faire avancer dans son cheminement. Et c’est seulement maintenant que ça me frappe; peut-être que je suis ainsi? Peut-être que c’est moi qui en demande trop aux amis autour de moi. Pas dans le sens où je les harcèle, non. Plutôt dans mes attentes envers eux. Après tout, chacun sa vie, chacun ses occupations. Je pense que m’effacer un peu ne peut pas faire de tort. En même temps, une partie de moi reste encore submergée de doutes. En s’effaçant, on signe souvent un acte de disparition. Mais si c’est ce qui devait arriver de toute façon, alors c’était dû pour arriver.

J’ai la même philosophie en amitié qu’en amour. Je pense que je serai toujours heureux de croiser des personnes qui ont été importantes pour moi, que ce soit dans une année ou dans dix ans. Mais cette vision des choses m’a toujours enfermé dans un monde de bizounours un peu trop utopique. C’est comme quand je disais à mon premier amour que l’on se reverrait à l’âge de 40 ans, ou quand je disais à mon ex de revenir me voir dans 5-10 ans. Au final, cette porte entrouverte, cette mince lueur d’espoir; elle ne fait pas vivre, non, elle transforme l’attente en colère, puis en résignation. Et une fois la page tournée, la souffrance vécue, c’est comme s’il n’y avait plus de retour en arrière possible.

Parlant d’ex, j’ai eu une discussion avec le mien. Une vraie discussion. Entre deux adultes, sans jeux de séduction ou sans espoir/attente. J’ai enfin eu les explications de sa disparition. Ce n’était pas une belle histoire. Il se soigne à présent. Et je n’en dirai pas plus, car il n’y a plus rien à dire sur ce sujet qui ne concerne que lui et sa vie personnelle. Comme vous pouvez le constater aussi, je suis devenu beaucoup plus discret sur ma relation de couple aussi. En fait, je ne gagne plus rien à exposer ma vie intime ici. C’est peut-être la raison pour laquelle je parle si souvent en paraboles. Comme une discussion qui frôle un peu l’onirisme, sans pointer des individus en particulier. On pourra dire que j’ai enfin appris à mieux gérer mes histoires et mes racontars. Je sais, ça fait un blogue plutôt plat et lisse. Mais c’est beaucoup plus rassurant que les confrontations qui en découlaient par la suite.

Alors, je suis zen. Presque comme un spectateur zen, qui regarde la vie des autres comme l’alignement des planètes; peut-être qu’un jour je recroiserai certaines personnes, mais peut-être aussi qu’il vaut mieux que le passé se perde dans l’univers et ne revienne jamais.

Toujours là

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