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Travail, ex & maladie

La vie est tellement étrange (non, sérieux?). Mon ex est venu me porter des babioles. Un petit vingt minutes top chrono. Une histoire classée où je lui ai dit « Awesome! » en le prenant dans mes bras.

Il s’agissait d’une référence voulue par rapport à un statut Facebook où j’avais relayé que les meilleurs copains fumaient de l’herbe. Je me suis souvenu de sa réponse full ironique: « Awesome! » J’ai ri. En fait, on s’est mis à rire. Et c’est ainsi qu’il est parti avec les derniers restes de ce qui se trouvait dans le condo. Du liquide à verre de contact et une théière.

C’était un peu étrange, mais pas dans le sens de déplaisant. La chanson de Madonna – Power of Goodbye est partie sur mon cellulaire. C’était presque arrangé avec le gars des vues. Ça aura duré un bon 20 minutes. Du blabla comme tous les couples non déchirés doivent avoir en fin de rupture. Cette façon de dire qu’on refuse de rencontrer de nouvelles personnes (et c’est la réalité, cette fois-ci). Nous n’avons aucune envie de baise, de relations, de rencontrer des inconnus. On semble bien l’assumer.

Je me suis posé la question, en revenant vers le passé, pour savoir comment ça s’était passé avec mon autre ex. Et je me suis rappelé que la dernière chose qu’on s’était dite, c’était « à bientôt », et des années plus tard, je ne l’ai toujours pas revu. Je crois que je préfère la finalité de ma dernière relation, car elle n’inclut aucune promesse, juste une vraie finalité; la vraie vie de deux personnes qui se respectent, mais qui se séparent.

J’ai commencé mon nouvel emploi en tant que réviseur aujourd’hui. Au final, ce fut une grosse journée. Je m’en fais beaucoup pour si peu. J’en parlais avec mon psy dernièrement; je m’accroche au travail comme à une bouée de sauvetage. C’est un peu le seul sens de ma vie présentement.

C’est comme si je n’avais pas envie de réfléchir aux amitiés compliquées, aux absences dans ma vie. Mais je garde la tête haute, je construis un certain avenir (peu importe le temps que j’ai encore ici, sur terre). C’est comme si j’étais relax en étant stressé. On s’inquiète tellement pour peu de choses.

Je pense que ma vie amoureuse n’est pas près de s’améliorer. Je n’ai pas la force de me la jouer réseaux sociaux ou sites de rencontres. Je n’en ai aucun intérêt. C’est triste, mais c’est comme ça.

Pour ce qui est de Luc (wow, ça faisait longtemps que je n’avais pas nommé son nom!), l’attente s’est transformée en colère. Pas une immense colère, mais plutôt une colère de déception. Cette colère a fait place à de la résilience. Il a gagné, il ne m’intéresse plus. Par contre, je ne peux m’empêcher de me maudire, car mon inconscient rêve toujours à lui (ou même à mon premier amour). C’est le manque de sexualité dans ma vie, je suppose. Mais, c’est tout. Il n’y a plus rien. (Occasion already passed).

C’est donc fou, de se dire, de comprendre, et d’observer qu’il n’y a plus aucun élément sexuel ou physique dans notre vie. C’est le néant. Depuis bientôt 6 mois. Le silence. L’absence. Le vide. Et pourtant, je m’en fous. C’est comme si moins de pratique = moins de désir.

Je pense aussi que je suis atteint de la Maladie de Biermer. Ce serait logique. On va entrer dans une phase de tests d’ici novembre. Si ce n’est pas concluant, l’avenir s’annonce comme une piqûre hebdomadaire à vie. À suivre…

Mais je vais bien. Je continue mon petit bout de chemin. Et surtout, je fête mes 6 mois en tant que végétarien, mais surtout mes deux ans en tant que gars sobre de chimique.

Tout va bien, ne t’en fait pas.

avenir

Ça y est. J’ai suivi le conseil de Philippe Scnobb, j’ai envoyé mon roman à mon ex. Évidemment, j’ai accompagné le tout d’un courriel larmoyant expliquant qu’il s’agissait de l’histoire de notre amour. Eh oui, je suis comme ça, j’aime rendre tout dramatique.

Il m’a répondu, m’a dit qu’il allait le lire. Qui ne serait pas curieux de savoir ce que l’on dit sur soi? Mon amie Annie me dit qu’il va sûrement péter une coche quand il aura fini sa lecture. Peut-être. Ça ne me regarde plus vraiment dans un certain sens.

Je suis passé par toutes les étapes du deuil. La dernière pierre étant la déception. Déception de voir que ce projet touche plusieurs personnes, mais touchera-t-il un éditeur? Trop homo, trop autobio, trop trash, trop triste. Je ne sais point. Seul le temps le dira. Mais moi, mon deuil est fini. L’histoire a pris fin. La règle des 5 ans de misère s’achève. Car le temps file, et c’est déjà le constat. En 2014, ça fera 5 années que je m’épuise pour du vide, de l’absence et du silence. C’est le moment de tout jeter, de tout oublier pour de bon.

La tristesse a fait place à la résignation. Et au désir de vivre autre chose. D’aller voir ailleurs. Oh oui, certes, je suis bien allé voir ailleurs plusieurs fois, mais je n’y étais pas. Pas totalement là.

Ça fait maintenant deux mois que je ne consomme plus. Que je suis devenu un petit être parfait. Mais je ne le fais pas pour les autres. Je le fais pour moi. Toujours dans cette optique de guérison. Le 26 juillet, je fermerai mon dossier chez la psy. Ce sera notre dernière rencontre. Notre au revoir. Et je pourrai lui dire: « ne t’en fait pas, tout va bien ».

Eh oui, tout va bien. Malgré tout. Je continue à vivre. Aucun désir de mort. Aucune pensée négative. La nostalgie oui, mais j’ai l’habitude. Aujourd’hui, je profite du soleil et je suis zen. Je prends soin de moi, de mon corps, de ma vie et de mes relations.

J’ai passé une belle fin de semaine, du jeudi à dimanche, d’abord chez mon amie Annie jeudi soir, à refaire le monde, à planifier un voyage prochain en Europe. Je crois que j’ai besoin de vacances malgré tout, que mes vendredis de congé ne sont pas assez pour décrocher totalement. Nous visons la Croatie. Un coin de pays inconnu pour moi. Un petit dépaysement.

Vendredi soir, je suis allé faire le souper dans le nouvel appartement de mon meilleur ami. Ça faisait un bail que nous n’avions pas passé une soirée ensemble, avec Cadot. 2013 n’a pas été si bon pour nous, mais force est de constater que nous nous tenons, que nous sommes toujours liés comme au secondaire. Je ne m’en fais pas pour eux. Ils dessinent le chemin de leur vie vers du positif, ça ne peut que mieux aller pour 2014.

Et samedi, je suis allé profiter de la piscine chez mes parents. Une vraie fin de semaine de Rive-Sud. Comme si je me retrouvais dans le temps, et c’est quand même spécial, puisque j’écris présentement un roman pour ados qui se passe là. J’ai enfin rencontré l’amoureux de mon amie Maryline. Un bon garçon, américain charmeur à la Kurt Cobain. Nadia et Émilie sont venues nous rejoindre. Belle soirée d’été improvisée. Mes parents sont arrivés vers 23h. Ça faisait du bien de les voir. Je trouve encore que je ne les vois pas assez souvent. J’ai rassuré ma mère, qui s’en fait toujours un peu pour son fils unique. Elle s’en fera toujours un peu, je suppose. Comme je m’en fais de plus en plus secrètement pour eux. Quand j’observe ce que la perte d’un amour peut me faire subir, je n’ose pas trop penser à ce que pourrait me faire vivre la perte de mes parents; des gens si honnêtes, aimables et ouverts. Une chose à fois, il vaut mieux repousser les pensées macabres.

J’ai terminé le tout, ce dimanche, avec ma cousine, au Adonis, à faire notre épicerie. Après une longue année sans se voir, nous recréons les liens. C’est un peu comme retrouver sa sœur. Et tout ça me fait prendre conscience que je suis bien entouré, que je n’ai pas à me plaindre sur les gens qui m’entourent. Oui, je suis Scorpion, et je suis vite déçu par certaines décisions de mes amis, mais en vieillissant, j’apprends à laisser aller. L’amitié compte encore énormément dans ma vie, mais j’accepte que les autres ont une vie, des obligations et bientôt ils auront une famille, des enfants, de nouvelles préoccupations. La seule chose que je souhaite, c’est de les suivre dans cette aventure. Je ne sais pas si c’est la trentaine qui m’ouvre les yeux, mais j’ai envie de bâtir quelque chose, de me coller contre le corps chaud de quelqu’un pendant les nuits d’hiver, de vivre la simplicité des choses, parce que vieillir, c’est s’éloigner des actes extrêmes, c’est apprendre à découvrir le quotidien et ses petits plaisirs.

Il faut vivre pour soi. Tout en prenant soin des gens qui s’amènent sur le sentier de notre existence. Avoir bientôt 30 ans, c’est aussi accepter la perte de ses illusions. Je ne serai peut-être jamais le grand écrivain que j’aurais espéré être. Mais, au final, ça n’a pas d’importance. Je continuerai à écrire pour moi. Parce que j’ai beau dire que l’écriture n’est plus le centre de ma vie, je ne peux pas m’en éloigner très longtemps. Alors, on verra, c’est tout, c’est comme ça. Accepter le sort. Accepter ce que la vie nous offre. Cesser de penser à l’avenir, arrêter de songer au passé. Vivre. Vivre et ne plus se poser de questions sur ce que l’on a laissé passer, sur ce qui nous a quittés, sur ce qu’on aurait pu devenir ou être.