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La facilité n’existe pas

Note 1: personne ne va lire cette entrée, puisqu’elle ne sera pas publiée sur Facebook (c’est là qu’on est rendu, eh oui). Note 2: Après ce beau petit texte kétaine en image, je peux dire que je suis encore dans la difficulté.

La semaine numéro 1 s’achève déjà, et je dois avouer que je suis mitigé. En fait, c’est la première fois que je ressens un vrai obstacle dans mes décisions. Ça arrive souvent le vendredi, quand il n’y a rien de prévu à l’horaire, quand je sais que je vais rentrer du travail et me retrouver seul dans mon condo. Je pourrais dire que la solitude ne me dérange pas le moins du monde, et c’est la réalité, sauf dans ce petit espace-temps du vendredi soir au samedi, où le choix de sortir boire un verre n’est plus possible, et où je me dis qu’il est quand même préférable de ne pas tenter le diable, car voir des amis qui boivent de l’alcool et fument devant moi, c’est un peu trop tôt pour mon petit état mental.

J’ai fait ce que j’avais dit que j’allais faire. J’ai engagé deux entraîneurs privés pour me botter le cul. Je viens d’achever une semaine de cinq entraînements. Dans deux gyms différents. Avec des horaires différents chaque jour. Avec des gens différents. Avec des exercices différents. Avec des menus différents.

Les soirs d’entraînements intensifs et supervisés, quand je reviens chez moi vers 19 heures, j’ai à peine le courage de me faire un souper léger, puis je m’écrase pour une heure ou deux, avant d’aller dormir vers 21 heures. C’est comme un rythme de vie fou et lent à la fois. L’appréhension de l’entraînement, puis le plaisir d’en avoir terminé, puis la chute vers Orphée; et on recommence le lendemain.

S’il y a une chose qui me surprend, c’est que dès les 3e et 4e rendez-vous, j’ai vu que ce n’était pas si difficile physiquement. Je veux dire, je me rappelle le premier entraînement, et je n’étais même pas capable de m’asseoir pour aller faire cacaaaa. Maintenant, je suis à peine raqué  le jour d’après.

Pour ce qui est des réseaux sociaux, c’est ma plus belle découverte. Je ne sais pas si c’est le silence du début qui me fait ça (ça ne fait que quelques jours après tout), mais je ne m’ennuie pas tant de Facebook. Je trouve que c’était plutôt un automatisme pour remplir le temps. Et pour dire des niaiseries. La perte de Facebook me semble donc être le moins pire des maux. C’est, évidemment, l’alcool qui me manque le plus. Quoique je n’ai aucunement envie de boire après mes entraînements en soirée.

J’ai augmenté facilement mes nuits de sommeil de six heures à huit heures, voire plus. Et je m’écroule après une branlette bien méritée. Je croyais que j’allais m’emmerder de longues heures devant la télé. Résultat? Je ne suis même pas capable de suivre mes émissions favorites et je suis en retard partout. Ce nouveau mode de vie m’empêche quasiment de passer plus de temps devant l’écran. Et les entraînements ont aussi diminué ma charge de travail. Oui, le niveau monétaire s’abaisse, mais il est compensé, car moins de dépenses en alcool et cigarettes. Je suppose que tout s’équilibre. Ou peut-être même que j’en ressortirai gagnant. Je ne sais pas, je l’apprendrai le mois prochain.

Le plus gros hic, c’est que l’alcool me faisait perdre la notion du temps. Me faisait perdre ce sentiment présent qui me rappelle sans cesse que l’amour n’a pas trouvé sa place dans ma vie. J’ai aimé, mais je n’aime plus depuis un bon moment. Je me contente de lectures, de sueurs, de travail et d’entraînements. Mon psy me demandait dernièrement où j’allais puiser mon plaisir; vous savez, ce qui nous donne le courage de continuer à vivre. En coupant tous les vices, où allais-je trouver le désir de continuer tout de même à apprécier la vie? Plus le temps passe, et plus je me rends compte que tout est inséré dans un système de consommation; nous recherchons l’illusion du plaisir, ou alors la fuite du bonheur perdu. Toi et moi, on n’est pas si différent. Observe tes gestes. Regarde tes actions. Analyse ce que tu consommes. Tu en prendras conscience aussi. 

Je ne suis pas là pour changer le monde. Je suis là pour changer mon mode de vie. Je ne suis pas là pour dicter des règles. Je suis là pour tenter de respecter un rythme de vie qui me permettra de vivre plus longtemps, sans même savoir si la fin arrivera demain. On ne sait jamais. Mais j’ai passé l’âge de me faire croire que ça ne sert à rien de cesser de se saouler ou de fumer, parce qu’on pourrait se faire frapper par un bus le lendemain. Tout ce processus me rappelle surtout une simple maxime: vivre sera toujours dangereux, mais mourir à petit feu dans les liquides ou la fumée, en pensant que le vide est comblé, c’est encore plus néfaste que de prendre le pari de se lever chaque jour comme s’il s’agissait du dernier de notre existence. 

J’ai coupé tout contact avec ce qui me faisait souffrir dans mon passé. Non, c’est faux de croire que l’on en ressort gagnant. Ça prend beaucoup plus de temps. Ça demande beaucoup plus de résilience. Ce n’est pas parce qu’on oublie les gens que notre cœur les efface aussi facilement. Mais ça devient définitivement plus facile sans artifices, sans faux espoir comblé par ce vide rempli de substances X.

J’ai toujours eu la mauvaise manie de sur-analyser chaque action posée, chaque petit geste de mon passé, mais quand la bruine s’efface, on y voit plus clair, on souffre autant, mais on ne tait plus cette douleur, et c’est seulement à ce moment-là qu’elle finit par se dissoudre, tranquillement, comme une vapeur qui monte vers le plafond avant de s’éclipser totalement.

Je suis cette vapeur, mon passé représente cette vapeur, le temps qui passe se disperse ainsi. Quand j’étais sous influence, j’avais cette peur de l’oubli; oublier ce que j’avais été jadis, oublier le bonheur, les relations, les plaisirs, tout ce qui m’avait forgé. Il m’aura fallu un bon moment avant de comprendre que c’est dans l’oubli que l’on finit par vivre le moment présent, celui qui importe, à la seconde près.

On ne se le cachera pas; on attribut beaucoup de nos lacunes, de nos erreurs et de nos décisions dramatiques au passé, on hait le passé ou au contraire on le porte en héros, en s’y référant pour comparer notre présent. Que ce soit positif ou négatif, il faut cesser cette comparaison vaine. Et c’est sans cesse l’alcool qui nous ramène vers ce jeu comparatif. Jadis, c’était d’autres substances. Ce pourrait être toute autre chose pour vous; le café, le vin, les jeux de hasard, le travail, la famille…

Si cette première semaine m’a appris une seule chose, c’est celle du décrochage. Il n’y a plus rien à faire pour ce qui a été. Il n’y a que des fabulations pour ce qui sera. C’est ici et maintenant qu’il faut placer toute sa concentration.

Cesser de fuir vers l’arrière ou vers l’avant. Voilà le réel combat.

À écouter: Dear Criminals – Not yet the end (cliquez sur le nuage SoundCloud)

Lâcher prise (part II)

De plus en plus étrange de parler de mon je-me-moi ici, alors que je regarde ce qui se passe en Syrie, ou plus près de nous, avec le cher crosseur de gouvernement provincial (Bombardier, Hydro, Charest). Mais bon, mon travail est de ramener le personnel à l’universel, alors passons…

J’ai vécu (je vis) une petite rechute extrême niveau alcool. Je hais ça, mais bon, j’essaie de dealer avec tout ça. Dans la section « Bonnes nouvelles », mes finances se sont replacées. C’est fou comme avoir de l’argent enlève un boulet à nos vies. Je travaille beaucoup, certes, mais ça me semble moins pire qu’au départ. Je dirais que je me suis habitué à cette situation. L’humain s’habitue à tout. Le hic, c’est que je sens mon cœur qui veut sortir de ma poitrine, et ça, ce n’est pas très rassurant, mais je sais pertinemment que c’est lié à ma consommation d’alcool. Bon dieu, un jour j’aimerais réussir à me sevrer pour de bon. À suivre…

J’ai eu une grosse discussion avec mon psy, hier. On a touché le bobo, comme on dit. Je savais déjà que j’étais control freak (ou très anal comme dirait mon amie Evelyne lol), mais je n’avais pas fait le lien directement avec ma façon de m’abandonner. On est arrivé au constat que je refuse de lâcher prise, que je ne réussis jamais à m’abandonner. Pour éviter d’y réfléchir, je m’impose des extrêmes; que ce soit dans l’alcool, dans le travail… au moins, pas encore dans le sexe.

En effet, je suis très tranquille. C’est probablement la peur de retourner vers d’anciennes habitudes, où j’étais un peu trop adepte des soirées sans lendemain. On vieillit, hein? Je dis ça parce que je me rends bien compte que je suis rapidement blasé par la game gay qui se joue sur les réseaux de rencontres. En fait, je me rends compte que je n’ai pas beaucoup d’intérêt à rencontrer de nouvelles personnes (ou du moins, à faire une démarche en ce sens sur les sites de dating). C’est tellement chiant, avouons-le. Et pourtant, avec le printemps, vient la sève qui monte et le côté horny aussi. On verra bien ce que la vie me réserve.

Ça me ramène vers mon ex. Pas le dernier, l’autre d’avant. Toujours l’autre d’avant, on dirait. J’ai encore des pulsions de pantouflards. Comme si je voulais me retourner vers quelque chose que je connaissais d’avance. I know, c’est malsain. Et il faut que j’arrête de me voiler la face. Ce n’est qu’un désir sexuel. Désir qui a été encore plus important, parce que j’ai croisé le mec de mon ex sur Grindr. Je ne sais pas si le petit coquin faisait ça dans son dos (je m’en calice, dans un sens), mais je n’ai pas pu m’empêcher d’aller répandre la bonne nouvelle. Et je me suis senti tellement con après. En fait, c’est comme si j’avais eu de fausses illusions. Comme si je croyais que mon ex ne ferait pas de moves tant qu’il est en couple. C’est comme si j’avais l’espoir niaiseux qu’il attende d’être enfin célibataire pour me recontacter. Quelle stupidité! Mais j’y croyais, comme un mec aveuglé par sa nostalgie et son passé. J’ai poussé le truc loin, en lui demandant qu’est-ce que je pourrais donc faire pour qu’il revienne, l’histoire d’une soirée. J’ai mangé une belle claque dans face quand il m’a dit qu’il ne reviendrait pas. Jamais.

Il fallait accuser le coup. Et ce fut notre dernier échange. Probablement le dernier des derniers. Alors, je lui ai promis un truc. Un dernier cadeau de fête. Un cadeau d’adieu. Disparaître de sa vie, le jour de sa fête. I know, ça fait presque romantique de la manière dont je l’écris. Et, cette fois-ci, j’ai décidé que c’était là. Lâcher prise pour de bon. Cesser d’avoir ce mince petit espoir con (et pourtant, je ne voudrais jamais revenir en couple avec cet ex). Tout est une question de pulsions sexuelles. Si on ajoute l’alcool. Je déraille. Et, j’ai déraillé beaucoup trop souvent. Quand quelqu’un veut vraiment être dans notre vie, il s’arrange pour s’y présenter. C’est une phrase toute conne, mais c’est bel et bien une réalité.

Après la séance de psy, je me suis trouvé juste con. Con de me battre pour quelqu’un qui n’en a rien à faire de moi. Ça suffit, la dramatisation. La réalité m’est aussi revenue dans la face grâce aux amis. «C’est la xième fois que tu lui dis que tu vas disparaître de sa vie. Fais-le donc pour vrai, une fois pour toutes. » Oui, c’est logique. Mais les pulsions, les fucking pulsions hein!

Bref, mon travail des prochains mois est de lâcher prise (encore, oui). Arrêter de me brouiller la tête pour éviter toutes ces pensées et ces réflexions. Pas évident. J’ai pourtant réussi à lâcher prise avec tous les amis du passé. J’applique la même règle que plus tôt: si quelqu’un ne fait pas l’effort de vouloir être dans ta vie, ne perds pas ton temps. Voilà.

C’est le moment de passer à l’autre étape. D’en finir pour de bon. En finir de finir. Il n’y a plus rien à retirer du passé. Je dois vivre le moment présent. Et, surtout, arrêter de m’enfermer dans ma tête. Je dirais que depuis que j’ai cessé ces putains de médicaments qui me faisaient chier, la confiance a repris le dessus. Out les crises d’angoisses. Out les doutes sur moi-même. Je vais dire comme le déclare si bien Mariana Mazza; il faut s’assumer dans son corps et dans son esprit. Si ça ne plaît pas, fuck off!

Révélations

Ma psy m’avait bien averti. Quand on cesse la consommation, les trois premiers mois sont les pires. Ils sont pires, parce qu’au lieu de chasser les démons avec une solution facile et rapide, on doit les faire entrer en soi et tenter de les guérir.

Les trois mois qui s’annoncent devraient donc ressembler à un calvaire. Oups, pas trois mois, deux mois et demi maintenant. Déjà. J’ai réfléchi beaucoup à l’orientation de ce blog, et je ne peux que me rendre à l’évidence; même si je ne veux pas écrire ma vie ici, je n’aurai pas le choix. Pas le choix parce que qui dit sobriété, dit aussi désir d’écrire sur ce parcours qui nous mènera à la guérison totale. Je sais je sais, j’ai un ton dramatique inutile. Après tout, on parle seulement de consommation de pot. Mais j’ai appris que le type de drogue n’avait aucune importance. Le parcours reste le même, les difficultés sont pareils. Qu’on prenne de la coke ou du speed, du pot ou de l’alcool, il y a toujours cette espèce de chemin ardu qui devra un jour ou l’autre être franchi.

J’ai toujours eu peur du changement. Je suis quelqu’un de très paresseux, au final. Paresseux dans le sens que je me contente de ma petite vie, même si dans ma tête, le désir de réaliser de grandes choses est toujours présent. Je me lance dans le combat le plus important des six dernières années de ma vie.

Ce qui me fait chier? Le retour du passé. Encore lui. Parce qu’au lieu de « geler » mes sentiments, je dois les affronter et les regarder me foutre le moral en l’air. J’en tirerai du bon très bientôt, semble-t-il. On veut toujours que ça se passe plus vite, on s’imagine déjà ailleurs, lumineux et dans une vie de rêve. Pourtant, l’évasion se fait dans les petits gestes au quotidien.

Qui dit sobriété, dit aussi retour des rêves. Et même si je n’ai pas vu mon ex depuis plus d’un an, sa face apparaît encore par-ci par-là. Elle va sûrement revenir dans les trois prochains mois, je ne peux malheureusement pas contrôler tout. Ça me ramène sur terre, me dit qu’il est quasi essentiel que mon nouveau roman paraisse et soit publié. Il faut qu’il me serve à me souvenir de ce que j’étais et de ce que je ne veux plus être. On dirait même que je suis un peu bloqué dans l’écriture, parce que c’est comme s’il y avait quelque chose qui n’était pas réglée du passé. Ce passé, c’est le roman, bien sûr.

Donc, il ne faut pas vous étonner si vous lisez des choses plus personnelles au cours des prochains mois. Je pense que ça fait partie d’un processus sain. Pour arriver à quelque chose. Pour me sortir de mon ancienne vie, pour vomir la dernière bile.

Comme un « penny »

Alors voilà, ça y est, je suis à la croisée des chemins. Enfin! diront certains. Oui, ça prend du temps avant d’effacer le passé, de cesser d’avoir un pied vers l’arrière ou vers le futur.

Je vais bien. Très bien même. Je viens de réorganiser mon salon. Merci à mon ami Pom! On dirait que ce fut un déclic dans mon cheminement. Changer les éléments du passé pour prendre goût au moment présent.

Je lis présentement le livre « The Slight Edge » de Jeff Olson et c’est une révélation. Tous ceux qui doutent devraient lire ce livre. En fait, tout le monde devrait lire ce livre, point final.

J’ai décidé d’y aller un « penny »  à la fois. Et je crois que c’est le meilleur truc pour être heureux. On ne voit pas les résultats rapidement, ça se fait au fil des jours, mais c’est le meilleur moyen.

Je suis sobre, sobre comme je ne l’ai jamais été depuis des années. Aucune envie de retourner en arrière, aucune nostalgie vers le passé.

J’ai beaucoup de buts à atteindre. D’abord, devenir millionnaire. Oui, ça parait ridicule hein? Eh bien, non, ce ne l’est pas. On s’en reparlera plus tard.

J’ai décidé d’écrire une page par jour. Oui, je travaille à trois romans en même temps, et je n’ai même pas peur. C’est la course contre la montre du temps.  J’en profite, car une page par jour égale 365 pages par année, près de deux romans.

J’ai décidé de régler les conflits avec les gens dès qu’ils se présentent. Fini les ruminations longues et pénibles envers les amis.

J’ai décidé de m’entraîner chaque jour, chose que je fais déjà depuis le mois de février.

J’ai décidé de mieux manger, même si je ne mange jamais de junk. Il faut faire plus.

Au final, j’ai décidé de vivre en santé, de m’entourer des gens qui importent, de ne plus m’en faire avec l’argent ou les relations.

J’ai décidé de ne plus donner mon corps à quiconque, à moins que ça vaille la peine. C’est mon plus grand défi en fait. Ne pas satisfaire gratuitement, mais être heureux de satisfaire quand ça compte. Je garde mes préférences. Je ne peux les nier. Mais plus question que je me vende au plus offrant.

Certains diront que je vis dans une utopie qui s’essoufflera d’ici quelques jours. On verra bien s’ils ont tord ou raison.

À quelques mois de la trentaine, je reprends le contrôle de ma vie, je décide de ce que je veux faire et de ce que je veux être.

Je suis sur un High. Naturel. Oui. Ça se peut.

Reste à voir si je suis capable de m’accrocher, si ça durera. Pour l’instant, je suis décidé à virer ma vie à 360 degrés. Comme on dit, seul l’avenir le dira!

Peace!

Résurrection

Je suis resté silencieux ces dernières semaines, parce que j’avais besoin de décanter. Laisser retomber la poussière. Comprendre que les étoiles s’enlignent pour enfin me faire passer à autre chose. Je sais, je sais; le travail sur mon futur roman est loin d’être terminé, la ronde des corrections ne fait qu’à peine commencer (si une maison d’édition s’y intéresse bien sûr). Mais j’ai déjà réussi un bon bout de chemin; j’ai craché une histoire qui me faisait souffrir depuis 4 années déjà. Eh oui, la libération est là. Elle est partielle, parce que le parcours n’est pas terminé, mais elle est là, parce que le livre est envoyé. Ensuite, ce sera de l’argumentation et de la correction avec un objectif précis.

J’ai souvent dit que j’étais passé à une autre étape dans ma vie. Eh bien, c’était faux. Parfois, j’entends des chansons dans mon iPhone, et je me remémore la période dans laquelle je vivais lorsque j’écoutais cette pièce il y a un an ou plus. Je me rappelle de chaque petit excès, de chaque petit plaisir, de chaque petite destruction.

La semaine prochaine, je terminerai ma thérapie au Virage. Eh oui, une thérapie. Je n’en ai pas honte. Au contraire. Ce doit être la chose qui m’a fait le plus réfléchir dans la dernière année. 6 mois en groupe et en individuel. À écouter et à m’impressionner des histoires de vie de ceux qui étaient présents avec moi. À analyser avec ma psy, à m’amuser je dirais (je ne sais pas, j’ai toujours voulu créer un lien intense avec une psy, et quand tu trouves la bonne, c’est tellement magique. Ceux à qui c’est arrivé me comprendront). Il y a quelque chose de magique à s’abandonner dans la thérapie, à vouloir chercher le fond du problème, à vouloir creuser sous l’iceberg. J’ai pris ces derniers six mois comme une longue période d’analyse sur mon passé, sur mon présent et sur mon futur. Je sais un peu mieux ce que je ne veux plus, ce que je désire, ce qui me manque…

Je crois que le manque est l’élément le plus flagrant. Quand je vivais ma jeunesse avancée (disons de 23 à 26 ans), je ne me posais pas autant de questions. Je vivais. Point. Aujourd’hui, ce sont des allers-retours constants vers l’arrière. Je m’ennuie d’une partie du passé, certes, et je ne la regrette pas. Je suis surtout en cheminement pour comprendre comment faire avancer mon présent. Comment me sortir de cette mélancolie envers la vie d’avant. J’ai toujours eu la propension à magnifier le passé, en fait, je magnifie le passé après coup, quand je l’ai vécu sans me poser de question, quand j’ai fait confiance à mon instinct, quand j’ai évité les regrets et j’ai foncé.

Je pourrais dire « I miss you » à tellement d’événements, de gens, de choses, de situations. Et pourtant, je ne voudrais pas revenir en arrière. C’est terminé. Je suis ce que je suis en ce moment. Je suis présent dans mon corps, j’essaie d’être le plus présent possible dans ma vie. Je crois que c’est ce qui compte. Se souvenir d’un temps heureux, oui, d’accord, mais vivre un temps heureux, ou du moins, espérer les joies et le bonheur à venir. Ne pas toujours penser que le meilleur est derrière soi.

Je crois que la plus belle preuve d’amour que je pourrais me faire, c’est de me dire que j’ai bientôt 30 ans. Et que la vie commence. Faire table rase des souffrances antérieures; reprendre le rythme de vie que j’appréciais quand j’étais libre, quand la dépendance ne m’affectait pas, quand l’amour ou le sexe ne bousillaient pas mon esprit. À partir de ce point-là, la vie peut s’éveiller, l’espoir peut grandir et je ne peux que m’épanouir et être en paix avec moi-même.

Je n’ai aucune haine envers personne, je n’ai plus de regret, j’ai largué le passé des 10 dernières années dans un roman, l’arrière est d’un blanc pur, vierge. Le devant est un mystère que j’ai hâte de percer.

Et pour finir, la nouvelle pièce de Girls in Hawaii. Un groupe que j’écoutais en 2004, alors que la vie était si simple. C’est un bon signe. Elle le sera cette année aussi.