Muse-Portada-Album-Drones-2015

Chaque fois, c’est la même histoire. Ma relation d’amour/haine avec Muse me donne toujours l’espoir que le prochain album sera puissant et intense. Chaque fois, c’est pourtant une déception amère (depuis Absolution, donc carrément depuis 10 ans!) Mais je ne peux m’en empêcher, dès l’annonce de nouveau matériel, je dois aller entendre ce que le groupe nous réserve. Alors, qu’en est-il de ce nouvel album aux paroles insipides appelé Drones?

Je dois l’avouer, je crois que le groupe s’est perdu dans ses expérimentations depuis très longtemps. Quand évolution ne rime pas avec qualité, c’est souvent ce qui arrive. Peut-être que Muse devrait prendre une pause beaucoup plus longue pour réussir à retrouver une créativité, ou peut-être que c’est simplement perdu d’avance. J’ai toujours détesté le Muse grand public; les mélodies à la Coldplay ou U2, et c’était encore pire quand le groupe se prenait pour Queen. Et au risque d’en décevoir beaucoup, ce nouvel album lorgne encore du côté de Queen. Le problème principal, c’est que le côté mélodique est souvent absent. On écoute des chansons qui auraient pu être jouées par n’importe quel groupe FM, et c’est parfois très honteux.

Vous commencez à comprendre que je ne garderai pas grand-chose de ce nouvel opus. En effet, c’est bien le cas. J’avais beaucoup d’espoir à entendre les membres du groupe expliquer qu’ils allaient revenir à leurs origines (mais on sait bien que quand les musiciens disent ce genre de truc, ils ne livrent que très rarement la marchandise).

Voici donc mes impressions sur les 10 chansons de l’album (car il y a deux titres qui n’en sont pas vraiment).

Dead inside – Il faut l’avouer, on ne s’attend pas du tout à ça pour un premier titre. Dès le départ, les envolées répétitives et criardes déstabilisent. On se croirait dans une pièce des années 1990, avec un riff peu original et quelques sons électroniques. Après quelques écoutes, on finit par s’habituer, mais on a connu le groupe plus inspiré avec ses premiers titres. On est très loin d’un Sunburn ou New born. La progression de la chanson me fait vraiment penser à ce qui pouvait jouer à la radio dans ma jeunesse. Rien de très original. 6/10

[Drill sergeant]/Psycho – On passe sur les 22 secondes inutiles de Drill sergeant (je hais quand les groupes font ce genre de gimmick). Heureusement, Psycho relève l’intérêt et n’est pas si mauvaise en soi. On atteint même un intérêt qui rappelle le passé vers la fin de la pièce, mais le tout reste encore un peu trop répétitif et à mon avis, ils auraient dû raccourcir légèrement la pièce. 7/10

Mercy – Oh là là… Muse avait-il besoin de remplacer Starlight lors des tournées? Encore plus cheesy que cette dernière, voici exactement ce que je hais le plus de ce groupe. Un son banal, une mélodie merdique, vraiment rien d’intéressant avec ce titre, c’est d’ailleurs ce genre de titre qui me rend honteux d’avoir apprécié Muse dans ses meilleures années. Je n’arrive jamais vraiment à comprendre comment le groupe peut être si bon et si mauvais à la fois. Enfin, soyons honnête, ça fait 10 ans que le groupe ne propose plus grand-chose de vraiment vraiment bon. 1/10

Reapers – Ça commence très bien, pour un titre musclé, ça rappelle la très bonne Bliss, mais tout semble se gâcher rapidement. On dirait que le groupe fait souvent le choix de mélanger trois rythmes différents en pensant que ça fera une bonne chanson. Encore une fois, je pense qu’en cherchant à faire trop diversifié, c’est la cohérence qui en prend un coup. Cette pièce me fait parfois penser aux chansons punk de ma jeunesse, mais je me demande encore où sont la mélodie et la mélancolie que j’aimais tant chez le groupe. Je dois avouer que la pièce est quand même une des meilleures sur l’album, et c’est plutôt triste d’en arriver à ce constat! 7/10

The Handler – Enfin, quelque chose de potable pour Muse. On est presque surpris d’apprécier cette pièce dès la première écoute. C’est vers cette voie qu’aurait dû se diriger le groupe. Ce sera malheureusement la seule vraie réussite de l’album. On se retrouve au temps d’OoS, et on embarque assez facilement dans cette folie. On en aurait pris beaucoup plus dans ce même genre-là. Dommage. Après cette chanson, c’est aussi le début de la grande dégringolade, car la deuxième partie du disque fait mal aux oreilles! 9/10

[JFK]/Defector – Encore une pièce «vide» de 55 secondes avant Defector. Ça commence bien, mais dès que la voix du chanteur se pose, on est de retour dans une vibe à la Queen. Encore une fois, ce qui manque à Muse, c’est le côté mélancolique qui faisait leur renommée. La pièce n’est pas mauvaise, mais on l’a entendu des milliers de fois chez d’autres groupes. On pense tout de suite à la musique de stade, et on sait que cette pièce sera «parfaite» pour les arénas. Ça passe encore à ce stade, mais la suite va devenir très très triste… 7/10

Revolt – On ne peut s’empêcher de rire dès la première écoute. La voix qui se pose sur cette chanson est affreuse et cheesy à souhait. C’est affreux. C’est indigne de ce groupe, et on comprend vite que la bataille est perdue d’avance; Muse ne reviendra jamais à ses premiers amours. Ils en sont incapables, ou ils n’ont pas le désir d’aller plus loin dans leur musique. Une chanson de jeune ado. Peut-être tentent-ils d’attirer de jeunes fans. J’ose espérer que les jeunes ont plus de goût et j’ai de la difficulté à croire que quelqu’un peut aimer ce genre de musique. On sent encore l’influence vocale de Queen, et on en a déjà marre. Vraiment affreux. 1/10

Aftermath – Ça commence pourtant bien. On entend des influences à la Pink Floyd. Il y a même un peu de mélancolie dans les notes. On a tant d’espoir! La première partie de la chanson est donc digérable, même au niveau du chant, mais ça se gâte très vite dès que les arrangements s’amènent. On entend les échos de Blackout, une chanson que j’ai toujours détesté sur Absolution. On se demande: «mais pourquoi???» On dirait que le chanteur veut se la jouer spirituel, puis le ton change vers quelque chose que Coldplay aurait sûrement refusé d’enregistrer. La dernière partie de la chanson ne convainc pas et retourne vers les mauvaises gimmicks du groupe; cheesy et anecdotique. Dommage. 5/10

The Globalist – Il y avait beaucoup d’espoir pour cette chanson. Matt avait même indiqué en entrevue que la pièce était une suite de l’excellente Citizen Erased. On s’est peut-être trop accroché à ces paroles, et les premiers instants de la longue pièce de 10 minutes donnent beaucoup d’espoir. Encore une fois, au lieu de se concentrer sur quelque chose de plus simple, Muse fait du collage de plusieurs rythmes, et les passages sont plus ou moins réussis. Mais je dois avouer que la moitié de la chanson donne une bonne première impression. Elle rappelle l’excellente Hoodoo, sur BH&R. Même le sifflement du début passe très bien. La mélancolie que l’on attendait tant est au rendez-vous (enfin), mais la progression de la chanson laisse un goût amer en bouche. Les éléments étaient pourtant tous réunis pour donner un chef d’oeuvre marquant, malheureusement, on sent le «collage» des bouts de chansons, et on pourrait l’accepter, mais Muse a voulu jouer la carte de l’anticlimax, et quelle erreur à mon avis! La partie plus rythmée de la chanson aurait dû durer beaucoup plus longtemps avant le breakdown qui nous ramène un piano quasiment identique à une pièce que j’ai toujours détesté: United states of Eurasia. mais QUEL DOMMAGE! Il y a ici le pire gâchis de l’album! On a droit à une progression digne de Godspeed you! Black emperor, mais tout est coupé court par un piano merdique et un long 4 minutes plutôt inutile. J’ai toujours aimé quand Muse sortait le piano, mais ici, c’est encore Queen qui prend le contrôle et c’est d’une répétition insipide, tellement insipide qu’elle gâche le morceau. 6/10

Drones – Pas grand-chose à dire ici. Le chanteur applique des couches de voix l’une par-dessus l’autre dans une tentative catho pas très réussi. Ça s’éternise et ça ne mène pas à grand-chose. Voilà donc un album qui se finit de façon tiède, très loin d’une finale choc. On hésite à recommencer l’album, car ça ne convainc pas du tout. Triste. Tellement triste. 2/10

Alors voilà, au final, un album plutôt moyen pour ce groupe dont je n’attends plus grand-chose. Est-ce que je serai de retour pour un éventuel concert? Probablement. Parce que Muse en concert est très différent que sur album, et parce que j’ai encore l’espoir d’entendre certains veilles chansons, surtout vu les dernières setlists du groupe. On verra si ça tient la route selon ce qu’ils décident de jouer quand ils passeront dans mon coin, mais ma naïveté me perdra sûrement et me fera acheter un billet pour les entendre (et chialer parce qu’ils n’ont pas joué ce que je voulais!). Ça fait partie de la game, comme on dit!

Ci-dessous, voici donc le meilleur de ce nouvel album; la pièce The Handler.

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