honeymoon

Ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis pas trop du genre pop américaine, mais avec le cas Lana Del Rey, je dois avouer que l’exception confirme la règle. Je suis fan. Et j’avais beaucoup de craintes sur ce nouvel album qui sort vendredi le 18 septembre. Eh bien, je dois l’avouer, ce nouvel opus de la diva est parfait pour la saison automnale qui s’amène!

Que peut-on reprocher à Lana Del Rey sur Honeymoon? Peut-être deux choses; d’abord, l’image de l’album, qui ne reflète en rien le disque. Je ne comprends pas du tout le rapport, d’ailleurs. Elle qui aime tant soigner son image; on dirait que ça sort de nulle part, comme une touriste qui ferait un tour guidé en autobus. La deuxième chose est plus personnelle; son titre Terrence Loves you. C’est d’ailleurs ce titre qui m’avait fait énormément douter (je m’attendais à une énorme déception, surtout qu’elle disait en entrevue que c’est son titre favori. Pour moi, c’est le plus faible du disque. J’y reviendrai.)

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Je regarde encore cette pochette, et sérieux, je ne la comprends pas. Mais passons sur le design, et attaquons-nous aux chansons directement!

01. Honeymoon – C’est la première pièce du disque, et c’est aussi la première chose qu’elle nous a offerte en juin dernier pour annoncer ce nouvel album. J’ai été charmé après deux, trois écoutes. On continue le lien qui s’était créé dans Ultraviolence, mais on sent de la maturité dans la voix et l’ambiance cinématographique colle parfaitement. Choix étonnant pour en faire un single, mais Lana ne fait jamais comme les autres. Ce doit être pour ça que je l’aime!

02. Music to Watch Boys To – Il y avait beaucoup d’anticipation sur le web concernant ce titre. Il faut dire qu’en mai dernier, Lana tournait un vidéoclip pour cette pièce. On attendait un morceau rythmé, à l’image de ce qu’elle avait pu offrir dans Born to Die, mais surprise, il s’agit d’une pièce downtempo avec de la… flute! Perso, ce n’est pas ma favorite, et je trouve la cassure avec Honeymoon un peu trop direct, car la chanson commence avec le refrain (ce qui est un drôle de choix), mais c’est du pur Lana.

03. Terrence Loves You – Là, je dois dire que j’ai eu peur! Il y a ici tout ce que je déteste (car je peux être critique aussi oui, oui!) chez Lana Del Rey. Je ne ressens aucune émotion à l’écoute de cette pièce, je trouve que ça manque de mélodie, que la profondeur est plaquée, et ces hum-hum-hum, c’est juste un gros non pour moi. Si l’album devait ressembler à ça, j’aurais été plutôt de glace. Plusieurs personnes m’ont dit qu’il s’agissait de leur chanson favorite, eh bien, moi, je ne comprends pas. Je l’aurais même complètement écarté de la tracklisting (c’est probablement ce que je ferai dans ma liste d’ailleurs!)

04. God Knows I Tried – Ici, la guitare western s’harmonise parfaitement avec le chant. Il y a de la mélancolie comme j’aime. Et je dirais que c’est à ce moment que j’ai compris que le reste de l’album serait à la hauteur de mes attentes. Lana Del Rey ne réinvente rien, mais ce qu’elle crée donne l’impression d’avoir déjà été en nous. Vous savez, comme les chansons tristes de notre enfance que l’on fredonne par moment sans savoir vraiment d’où nous vient la mélodie? Ça peut sembler «facile», mais c’est très efficace. Certains diront qu’elle répète trop les mots du titre, mais on s’en fout. J’ai également lu un commentaire d’un autre fan qui se demandait pourquoi on a donné la chanson titre du nouveau James Bond à Sam Smith. Je me le demande aussi. Lana aurait été parfaite pour ce rôle, et elle le prouve tout au long de cet album.

05. High By The Beach – La première chanson que l’on pourrait considérer de plus upbeat sur le disque. Ce qui m’énerve quand on découvre des pièces avant d’entendre l’album dans un tout, c’est qu’on est déjà familier (trop familier) avec les singles. J’ai toujours trouvé que ça gâchait le plaisir et l’uniformité d’un disque, mais bon. High by the Beach est la dernière pièce que l’artiste a écrite pour ce disque. Je suppose qu’elle a dû se dire que l’album était trop calme et qu’il fallait bien quelque chose de plus dirty. On s’entend, on parle de Lana, donc ce n’est pas le gros upbeat non plus, mais je trouve encore la pièce très efficace; on y sent la mer, la chaleur, les criquets même! Je m’attarde rarement à la voix, mais ici, j’adore comment elle chante son flow. C’est réussi, mais je l’ai déjà trop écouté, malheureusement.

06. Freak – Avec ce titre, l’album commence à prendre une nouvelle couleur. Je ne sais pas si c’est de la facilité, mais bon dieu que Lana aime répéter la couleur «blue», et pour quelqu’un qui s’attarde aux paroles, ça peut parfois énerver, mais perso, je n’en fais pas de cas. Freak ne sera sans doute pas ma pièce favorite, mais elle annonce vraiment une nouvelle couleur à cet album, et la suite ne sera qu’encore mieux. Je prédis que ce sera l’une des préférées sur l’album. Mais moi, j’ai déjà mes coups de cœur. D’ailleurs…

07. Art Deco – Le voici mon premier coup de cœur! Lana réussit à créer une ambiance onirique dès le départ, et notre oreille s’y accroche. Même si le titre semble tout droit sorti d’un album de Lady Gaga, la comparaison s’arrête là. Le jeu du chant et la répétition de Lies nous hantent et nous donnent envie d’y revenir très rapidement. Quand je pense à ce titre, je pense au calme d’un aquarium. C’est l’un des titres qui donnent le plus d’images. C’est très calme, comme le sera d’ailleurs le reste de l’album. On est très loin des trucs insipides radiophoniques.

08. Burnt Norton (Interlude) – Il n’y a pas grand-chose à dire sur cet interlude qui dure moins de deux minutes, et où Lana nous récite un poème. Pourtant, je trouve que le titre a sa place sur l’album.

09. Religion – L’interlude se termine et nous amène vers une guitare sèche qui peut rappeller un peu ce que pouvait faire Madonna. Il s’agit de mon deuxième coup de cœur. Encore une fois, on dirait une mélodie qu’on connait déjà, mais ça fonctionne à merveille. La mélancolie et la nostalgie s’y croisent, ça me donne une impression d’écouter du vieux trip-hop de qualité. J’aime cette batterie lourde cachée derrière la voix. Certains diront que Lana s’épanche trop en laissant glisser ses murmures, mais pour moi, la construction est parfaite et je ne m’ennuie pas!

10. Salvatore – Encore un très grand coup de cœur! Cette chanson nous fait automatiquement voyager. Il s’agit de la pièce la plus différente du reste de l’album, et elle remplit parfaitement son rôle. Lana se permet quelques paroles en italien, et ça ajoute encore plus d’exotisme. Encore une fois, on se surprend à fredonner la mélodie qu’on semble déjà connaître. Ça m’a fait directement penser aux boîtes de bijoux de l’époque et à cette petite musique triste qui s’activait dès qu’on ouvrait la boîte (vous vous souvenez, avec la petite ballerine qui tournait sur elle-même?). J’adore!

11. The Blackest Day – Encore un autre excellent titre. Pour moi qui aime la musique dramatique, je suis servi. La deuxième partie de l’album est vraiment ma préférée. Les plus beaux titres s’enchaînent dans une douleur et une mélancolie qui me touchent droit au cœur. J’avais un peu peur, car il s’agit de l’une des pièces les plus longues sur l’album, et parfois Lana en met trop, mais ici, ça fonctionne encore une fois, et le titre prend de plus en plus d’ampleur. Pour une rare fois, je ne trouve pas que Lana a fait du remplissage inutile comme elle pouvait parfois le faire sur Ultraviolence. C’est triste, c’est beau, c’est triste et beau à mourir.

12. 24 – Je dois avouer que je m’attendais à une histoire d’âge, mais le 24 est pour les 24 heures d’une journée. Encore une fois, on est dans la mélancolie dramatique, dans la perte, dans la douleur cristalline; c’est jazzy, ça me parle. On ajoute un côté plus grandiose en prime, avec un petit côté mexicain, sans oublier cette guitare western en arrière-plan, et ce saxophone qui est discret, mais presque présent partout sur l’album. C’est tout en subtilité. Encore une belle réussite.

13. Swan Song – Ce ne sera pas ma favorite et je n’ai pas grand-chose à dire sur cette pièce, surtout après la perfection des six chansons précédentes, mais elle ne m’irrite pas (c’est déjà bien lol!) Elle me fait un peu penser à Black Beauty, une des chansons bonus sur Ultraviolence, mais elle est quand même meilleure que cette dernière. Disons que c’est une pièce « Okay ».

14. Don’t Let Me Be Misunderstood – Je n’ai jamais été un grand fan des reprises de Lana. J’ai vraiment détesté The Other Woman, où la voix de Lana ne me plaisait pas du tout. Pourtant, ici, j’ai eu une agréable surprise. Il s’agit vraiment d’une reprise de Nina Simone à la sauce Lana. Avec le drame. Et avec ces cordes et cet orgue (orgue qui revient aussi très souvent durant tout l’album). Je sais déjà que certains ne seront pas capables de le supporter, cet orgue. Mais moi, il ne me dérange pas. Il ne s’agit pas d’une fermeture d’album en force, j’aurais vu Honeymoon comme dernière pièce beaucoup plus facilement, mais comme on dit en bon québécois: ça fait la job!

Verdict? Pour moi, il s’agit définitivement d’un meilleur album que Ultraviolence. J’étais tellement certain de détester que je dois avouer que je suis tombé de ma chaise après ma première écoute. Cet album réunit plusieurs éléments que j’adore en musique (surtout le côté dramatique et mélancolique). C’est l’album de Lana Del Rey le plus direct, celui que j’ai apprécié le plus facilement du premier coup. Je vous conseille son achat les yeux fermés. Si vous aimez les ambiances cinématographiques et cette empreinte de nostalgie dans les chansons, vous devriez être comblés aussi!

9/1o

 

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