Réfléchir pour se réinventer

Oui, oui, j’existe encore! J’ai simplement appris à fermer ma bouche quand je sentais que je n’avais rien de pertinent à dire. Ça vaut mieux sur notre cher Internet 3.0.

J’aime bien donner de mes nouvelles, mais on dirait que c’est de moins en moins important pour moi de mettre à jour ce blogue. La raison se trouve peut-être simplement dans ma vie présente: je n’ai pas grand-chose à dire, ou plutôt, je n’ai envie de ne rien dire, pour la simple et bonne raison que je me concentre sur moi, et que j’ai de plus en plus horreur de parler de mes petits white rich people problems. Je le dis à la rigolade, bien sûr, car je suis loin d’être riche. Mais je suis blanc et je suis un privilégié de la société. C’est comme si tout ça m’avait explosé au visage ces derniers temps. J’en parlais à mon psy, justement. En lui disant que… well, ce qu’on est en train de faire, c’est de parler de problématiques tellement minimes, que c’est presque honteux de dire que ce sont des problèmes.

Que ce soit au niveau de la perception physique de soi-même, de ses problèmes financiers ou relationnels, je trouve que c’est un peu chercher le pou dans un jardin en santé. J’exagère un peu la métaphore; car je sais qu’on peut être riche et bien entouré, mais ça ne fait pas de nous quelqu’un de bien dans sa peau. J’ajouterais quand même que si on se compare, on se console. Ça ne veut pas dire que je minimise mes questionnements, ça veut juste dire que je les perçois par rapport à ce que j’observe autour de moi.

J’ai la chance de pouvoir «arriver» à vivre seul dans un condo, j’ai la «chance» d’avoir deux jobs pour y arriver. J’ai la «chance» de mettre ma santé en jeu pour des enjeux monétaires, sans me sentir brûler entièrement. Mais tout ça est très relatif. S’il y a une chose qu’on ne peut m’accuser d’être, c’est bien de faire de l’argent sans travailler. J’en connais peu qui se taperaient des 60 à 80 heures par semaine. Avouons-le, la plupart des gens chignent dès qu’ils atteignent 40 heures. Et j’étais pareil aussi avant. Être responsable et assumer un mode de vie plus intéressant est souvent plus difficile et rempli de sacrifices. J’en assume les conséquences. Et même après des semaines de travail trop folles, je me considère chanceux de ne justement pas avoir deux emplois au salaire minimum.

C’est un peu comme si je remerciais la vie, tout en comprenant que les gens qui nous observent en pensant que tout est si facile pour faire de l’argent se foutent le doigt dans l’œil solide. Souvent, on regarde le gazon du voisin et on se dit: bah… il fout rien, et il gagne une fortune! C’est tellement ne pas connaître la condition des autres. Je suis tombé malade solidement la semaine dernière. Et je sais que la cause était un mélange de trop de travail et de trop de sport. À vrai dire, c’est ce qui représente le mieux ma vie ces derniers temps. J’essaie de garder la tête haute, en partageant ma vie professionnelle devant un ordinateur vs des sessions de sport intensives. Pas toujours facile.

Côté perso, j’ai aussi vécu de vilaines montagnes russes, parce lui (oui, lui, le méchant mec du roman), m’est revenu avec une proposition débile. Je l’ai évidemment balayé d’une main, mais je lui en avais proposé une autre, et il devait y réfléchir… mais ce fut un échec. Après m’avoir dit qu’il me reviendrait dans les prochains jours, plus d’un mois plus tard, aucune nouvelle. La déception a refait place à la colère, puis à la résignation. Finalement, tout ça m’aura appris que de revenir vers le passé est TOUJOURS une mauvaise chose. Je sais, je sais, il y a des gens qui nous accrochent, qui pensent peut-être eux-mêmes qu’ils auront un pouvoir infini sur nous, mais se faire niaiser aux deux ans, ça finit par lasser, et on finit par ne plus avoir une once d’intérêt envers ces personnes toxiques qui ne pensent qu’à leur petit bonheur, tout en nous plaçant dans une case «au cas où».

Je pourrais faire tellement de ravage en déballant toute cette histoire en public. Mais encore une fois, cette personne n’en vaut plus la peine. Elle n’a plus ses couilles de jadis. Sûrement trop centré à reconquérir une autre histoire passée. Je n’ai plus de sympathie pour ce genre de personne, malgré le seul souvenir qui reste; celui du bon sexe. Eh bien, désolé, mais le sexe n’est rien sans une certaine forme de respect de la part de l’autre. Comprenez-moi bien, j’ai toujours adoré les jeux de rôles, mais j’ai toujours détesté me faire prendre pour un épais dans un contexte non sexuel. Il y a certaines personnes qui doivent disparaître de nos vies pour de bon. Cette personne a choisi le silence (si, si, après m’avoir dit qu’elle me répondrait dans quelques jours). C’est tellement pathétique que tout intérêt de ma part s’est évanoui entièrement.

Qu’en est-il donc de ma vie sexuelle alors? Un gros zéro. Rien. Niet. Et je m’en fous. Pour le moment, je n’ai aucune envie de baiser des inconnus, je n’ai aucune envie de faire du dating, je me sens un peu asexué. C’est comme si tout l’élément sexuel qui prenait une place si importante dans ma vie s’était évanoui doucement. C’est peut-être l’âge. Quoique je me trouve un peu jeune pour ne plus avoir de pulsion. Mais je me suis rendu compte que les pulsions qui me poussaient à rencontrer pour du cul étaient également toxiques, et souvent se produisaient sous influence. Puisque je vis maintenant une vie rangée sans artifices, les pulsions se sont atténuées naturellement. Évidemment que je souhaite vivre une sexualité active et épanouissante. Mais pour le moment, mes efforts sont ailleurs. L’intérêt n’y est plus. Des histoires sans lendemain, très peu pour moi.

J’ai terminé mon prochain roman il y a un mois. Il est présentement dans les mains de mon premier lecteur bêta. Je n’y crois pas trop, à ce livre. Mais je suis heureux de l’avoir complété. D’avoir encore une fois réalisé un projet de A à Z. Il ne se passera probablement rien avec le texte (je baisse vraiment mes attentes), mais au moins, je serai allé au bout de cette histoire. Mon psy me demandait s’il ne s’agissait pas d’un deuil caché envers l’écriture. Je lui ai répondu que je n’en savais rien. Si j’ai quelque chose de plus à écrire plus tard, je pense que je le ferai, mais je reste ancré dans cette école qui me dicte que je dois vivre ma vie avant de pouvoir la transposer par écrit. La bonne nouvelle, c’est que le dernier roman n’a rien à voir avec ma vie personnelle. C’est d’ailleurs peut-être la première raison qui me fait dire que ça n’ira pas plus loin. On verra bien ce que le futur me réserve.

Mon végétarisme continue. Ça fera bientôt plus de 8 mois. Je m’en porte très bien. J’essaie de commencer à flirter avec le vegan. Mon seul problème reste le fromage. Dans quelques jours, je testerai mon premier «fauxmage» fait maison. On verra bien. Je dirais que la nutrition est ma principale activité après le travail et le sport. Et pourtant, ma physionomie ne se transforme pas (dans ma perception, je reste toujours aussi gros). Mais bon, je le fais pour d’autres raisons aussi. Et je sens que je vais toujours devoir me battre envers cette perception de moi-même. Autant l’accepter et explorer avec celle-ci.

Sinon, sur une note plus optimiste, je vais bien. Bon, j’ai l’impression de sortir d’une guerre à cause d’un rhume d’été persistant, mais sinon, je suis bien chez moi, je vois des amis en masse, même si les anciens amis n’offrent aucune nouvelle d’eux-mêmes; ils sont occupés ailleurs, c’est leur choix. Mais je vais relativement bien. Ça fait tout de même plus de 4 ans que je n’ai pas pris de vacances (genre une semaine de congé), et je devrais réviser ça l’an prochain, car je pense qu’il serait sain pour moi de faire au moins un petit voyage, mais bon, on fait comme on peut avec un condo à payer seul. Pour le moment, je ne m’en fais pas trop. Je me considère toujours comme un privilégié de la vie, même si je roule de paie en paie. J’ai quand même évolué énormément depuis la dernière année. Et on dirait qu’il m’est impossible de chigner sur ma triste condition. Je trouve que ce serait malhonnête.

Si je pouvais faire un souhait monumental pour l’année 2018, ce serait de rencontrer un homme qui me plaît, avec qui je pourrais enfin prévoir de fonder une famille.

Lâcher prise (part II)

De plus en plus étrange de parler de mon je-me-moi ici, alors que je regarde ce qui se passe en Syrie, ou plus près de nous, avec le cher crosseur de gouvernement provincial (Bombardier, Hydro, Charest). Mais bon, mon travail est de ramener le personnel à l’universel, alors passons…

J’ai vécu (je vis) une petite rechute extrême niveau alcool. Je hais ça, mais bon, j’essaie de dealer avec tout ça. Dans la section « Bonnes nouvelles », mes finances se sont replacées. C’est fou comme avoir de l’argent enlève un boulet à nos vies. Je travaille beaucoup, certes, mais ça me semble moins pire qu’au départ. Je dirais que je me suis habitué à cette situation. L’humain s’habitue à tout. Le hic, c’est que je sens mon cœur qui veut sortir de ma poitrine, et ça, ce n’est pas très rassurant, mais je sais pertinemment que c’est lié à ma consommation d’alcool. Bon dieu, un jour j’aimerais réussir à me sevrer pour de bon. À suivre…

J’ai eu une grosse discussion avec mon psy, hier. On a touché le bobo, comme on dit. Je savais déjà que j’étais control freak (ou très anal comme dirait mon amie Evelyne lol), mais je n’avais pas fait le lien directement avec ma façon de m’abandonner. On est arrivé au constat que je refuse de lâcher prise, que je ne réussis jamais à m’abandonner. Pour éviter d’y réfléchir, je m’impose des extrêmes; que ce soit dans l’alcool, dans le travail… au moins, pas encore dans le sexe.

En effet, je suis très tranquille. C’est probablement la peur de retourner vers d’anciennes habitudes, où j’étais un peu trop adepte des soirées sans lendemain. On vieillit, hein? Je dis ça parce que je me rends bien compte que je suis rapidement blasé par la game gay qui se joue sur les réseaux de rencontres. En fait, je me rends compte que je n’ai pas beaucoup d’intérêt à rencontrer de nouvelles personnes (ou du moins, à faire une démarche en ce sens sur les sites de dating). C’est tellement chiant, avouons-le. Et pourtant, avec le printemps, vient la sève qui monte et le côté horny aussi. On verra bien ce que la vie me réserve.

Ça me ramène vers mon ex. Pas le dernier, l’autre d’avant. Toujours l’autre d’avant, on dirait. J’ai encore des pulsions de pantouflards. Comme si je voulais me retourner vers quelque chose que je connaissais d’avance. I know, c’est malsain. Et il faut que j’arrête de me voiler la face. Ce n’est qu’un désir sexuel. Désir qui a été encore plus important, parce que j’ai croisé le mec de mon ex sur Grindr. Je ne sais pas si le petit coquin faisait ça dans son dos (je m’en calice, dans un sens), mais je n’ai pas pu m’empêcher d’aller répandre la bonne nouvelle. Et je me suis senti tellement con après. En fait, c’est comme si j’avais eu de fausses illusions. Comme si je croyais que mon ex ne ferait pas de moves tant qu’il est en couple. C’est comme si j’avais l’espoir niaiseux qu’il attende d’être enfin célibataire pour me recontacter. Quelle stupidité! Mais j’y croyais, comme un mec aveuglé par sa nostalgie et son passé. J’ai poussé le truc loin, en lui demandant qu’est-ce que je pourrais donc faire pour qu’il revienne, l’histoire d’une soirée. J’ai mangé une belle claque dans face quand il m’a dit qu’il ne reviendrait pas. Jamais.

Il fallait accuser le coup. Et ce fut notre dernier échange. Probablement le dernier des derniers. Alors, je lui ai promis un truc. Un dernier cadeau de fête. Un cadeau d’adieu. Disparaître de sa vie, le jour de sa fête. I know, ça fait presque romantique de la manière dont je l’écris. Et, cette fois-ci, j’ai décidé que c’était là. Lâcher prise pour de bon. Cesser d’avoir ce mince petit espoir con (et pourtant, je ne voudrais jamais revenir en couple avec cet ex). Tout est une question de pulsions sexuelles. Si on ajoute l’alcool. Je déraille. Et, j’ai déraillé beaucoup trop souvent. Quand quelqu’un veut vraiment être dans notre vie, il s’arrange pour s’y présenter. C’est une phrase toute conne, mais c’est bel et bien une réalité.

Après la séance de psy, je me suis trouvé juste con. Con de me battre pour quelqu’un qui n’en a rien à faire de moi. Ça suffit, la dramatisation. La réalité m’est aussi revenue dans la face grâce aux amis. «C’est la xième fois que tu lui dis que tu vas disparaître de sa vie. Fais-le donc pour vrai, une fois pour toutes. » Oui, c’est logique. Mais les pulsions, les fucking pulsions hein!

Bref, mon travail des prochains mois est de lâcher prise (encore, oui). Arrêter de me brouiller la tête pour éviter toutes ces pensées et ces réflexions. Pas évident. J’ai pourtant réussi à lâcher prise avec tous les amis du passé. J’applique la même règle que plus tôt: si quelqu’un ne fait pas l’effort de vouloir être dans ta vie, ne perds pas ton temps. Voilà.

C’est le moment de passer à l’autre étape. D’en finir pour de bon. En finir de finir. Il n’y a plus rien à retirer du passé. Je dois vivre le moment présent. Et, surtout, arrêter de m’enfermer dans ma tête. Je dirais que depuis que j’ai cessé ces putains de médicaments qui me faisaient chier, la confiance a repris le dessus. Out les crises d’angoisses. Out les doutes sur moi-même. Je vais dire comme le déclare si bien Mariana Mazza; il faut s’assumer dans son corps et dans son esprit. Si ça ne plaît pas, fuck off!

Luminosité

Je n’ai pas lu ma dernière entrée de blogue, mais j’ai encore le ressenti que ça sonnait full drama. C’est peut-être l’arrivée prochaine du printemps ou le changement d’heure, mais voilà que je sens un peu de lumière pointer le bout de son nez. C’est assez agréable. Un peu comme si je retrouvais un peu de liberté.

Je pense que les grandes claques dans la face sont souvent bénéfiques pour établir des tournants à 180 degrés. Je crois aussi que les événements que j’ai vécus au cours du dernier mois m’ont assommé, avant de me faire renaître peu à peu. Certes, je n’ai toujours aucun intérêt à me remettre dans le bain des éternelles discussions inutiles sur les sites de rencontre, et puis, j’ai pris le temps de me demander à quoi ça rimait. Si je n’ai pas envie d’établir des liens avec des inconnus, c’est que je ne suis pas prêt, tout simplement. Il faut cesser de forcer les choses. Évidemment, j’ai les hormones dans le tapis et la main droite fatiguée, mais vaut mieux ça que de se faire chier avec le premier venu. Alors, laissons ça au temps, et peut-être au réveil du printemps, qui fait toujours monter la sève d’un coup sec.

La liberté que je goûte est aussi un apaisement par rapport aux anciennes relations. Je m’attache trop ardemment, mais une fois que je décide que c’est bel et bien la fin, je n’en fais qu’à ma tête de scorpion. Je passe à autre chose, et c’est presque enivrant, parce que pour une fois, je fais table rase du passé, sans cette stupide nostalgie énervante qui me pressait tant à toujours regarder vers l’arrière.

Je pense que l’arrêt de mes médicaments se fait aussi déjà ressentir. Comme si les angoisses s’apaisaient, que la confiance revenait tranquillement. Même cet étrange désir obscur que l’on appelle: écrire. On verra bien.

C’était la première fin de semaine depuis un long moment où j’ai pu me reposer, prendre du temps pour moi, établir de nouveaux menus de recettes végé. Ça m’a fait du bien, même si étonnamment, j’aurais souhaité avoir plus de travail pour combler quelques heures supplémentaires, en ce moment même. Mais je suis reconnaissant. Il faut éviter d’être un junkie du travail, comme un junkie dans les autres domaines.

Vendredi prochain est une date importante pour moi. Si tout se passe comme prévu, ce sera enfin le moment où je ferai table rase de mes dettes. Il n’y a pas de sentiment plus agréable que de payer ses quatre cartes de crédit au complet, de remettre le compteur à zéro. Certes, mon hypothèque planera toujours au-dessus de ma tête. Mais ce n’est pas la même chose. Je me rends tout de même compte que manquer d’argent est un élément lourd dans notre bonheur. On aimerait tous ne pas avoir à se préoccuper de savoir si on va arriver à payer tous les comptes à la fin du mois. C’est humain, et quand on voit les factures s’accumuler, on a tous ce petit pincement, cette petite angoisse supplémentaire qui en rajoute sur le reste de nos préoccupations. Je ne suis pas dupe. Il y aura d’autres dépenses imprévues, d’autres moments plus difficiles plus tard, mais je me considère tout de même choyer, car il m’aura fallu moins d’un an, après l’achat d’un condo, pour retomber sur mes pattes. Oui, il y a la deuxième job, mais elle comble autre chose en plus de l’argent, et elle ne m’affecte pas autant que je le craignais au départ.

Pour ce qui est de mes amitiés, je pense que je dramatise également. Les visages changent, la vie change, ça fait partie de la game. J’ai retiré tout ressentiment de mes relations amicales, qu’elles soient en santé ou en puéril. Je serai toujours heureux de revoir les gens qui m’ont apporté du bonheur dans ma vie. Et si on ne se revoit plus, c’est la vie, c’est ainsi. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de cycles dans l’amitié. Il fut des temps où je n’avais que des amies féminines, puis toutes les femmes se sont barrées, et il ne restait que mes amitiés masculines. Présentement, c’est un peu le contraire qui se produit; il y a un retour en force des femmes dans ma vie, et presque de l’absence des garçons. Ça n’a pas tant d’importance. Je me rends aussi compte que les amitiés professionnelles prennent le dessus. C’est intéressant. On rencontre beaucoup plus de personnalités différentes en fréquentant nos collègues de travail. Je pense que ça évite de s’enfermer dans un moule d’amitié trop restreint ou identique à nos manières de concevoir le monde.

Ça m’amène aussi à percevoir les réseaux sociaux d’une autre façon. C’est comme si je m’en détachais tranquillement. En fait, je n’ai même pas besoin de trolls pour me faire comprendre que les débats sur la toile sont futiles et souvent voués à créer de la frustration dont on pourrait se passer. C’est la raison pour laquelle je ne me prononce que très rarement sur la place publique à présent. Ça draine de l’énergie, une énergie que je peux mettre ailleurs, sur moi-même et sur les prochains défis qui s’amènent. Ça fait longtemps que j’ai fait une croix sur cette espèce d’aura de pseudo célébrité, de clics et de J’aime. Après plus de 15 ans à raconter ma vie ici, j’ai vécu mon lot de changement par rapport aux réseaux sociaux, et j’ai décroché. Plus envie de me battre dans le vide, simplement le désir de continuer mon chemin, de ressasser mes expériences ici (on ne s’en sort pas!) et de vivre ma vie en étant bien avec moi-même, sans réfléchir à ce qu’un inconnu idiot ou saoul dans son sous-sol pense de moi, de mon existence ou de mon opinion. Je ne m’en porte que mieux.

La seule ironie dans toute cette histoire, c’est de continuer à me raconter ici. Mais j’ai l’excuse de pouvoir dire que je me racontais déjà dans les années 1990, 2000, 2010… alors, je ne me sens pas imposteur, je ne fais que continuer mes habitudes. Je sais que parfois, je devrais fermer ma gueule et éviter de déblatérer sur ma petite personne et le monde qui m’entoure, mais au final, la seule personne que je peux blesser en agissant ainsi, c’est bien moi. J’en prends donc tout le blâme, et je continue quand même, parce que c’est viscéral, c’est quelque chose que je dois sortir de moi. Et de toute façon, le rapport à ma vie intime est bien moindre qu’il était jadis. Quand j’écris, je me plais à m’imaginer que ça n’intéresse personne, ou plutôt, que ça ne choque plus personne. Du moins, pas les gens qui me connaissent et savent qui je suis réellement.

Alors, voilà, un peu de lumière dans ma vie en montagnes russes des dernières années. On tourne la page. On change une nouvelle fois de chapitre, et on s’adapte. C’est tout ce qui compte pour être bien avec soi-même, pour préserver son intégrité… et pour ce qui est des commentaires des autres, ça n’a aucune importance. Je suis de la vieille école, j’ai plusieurs années de vie publique derrière la cravate, et je n’ai aucunement peur des répercussions que pourraient provoquer les récits que je vomis sur ce blogue.

Honnêtement, ça fait du bien. De poser des mots sur cette situation. D’être en paix avec moi-même et ce processus étrange de me livrer tout entier dans les affres du Web. J’en paierai peut-être le prix un jour, mais comme à mon habitude, après un peu de dramatisation, je vais assumer et m’y faire, car je suis ainsi, même dans les pires moments, dans les pires textes trop véridiques et qui ne devraient pas être publiés aux yeux de tous, je garde la tête hors de l’eau, je respire un grand coup, et je continue ma route.

L’angoisse du recul

Avec tous les deuils qui se sont passés dernièrement dans ma vie, j’ai décidé d’arrêter plusieurs choses. La première chose: ce sont mes médicaments. Non, je ne parle pas d’antidépresseurs, je n’en ai jamais pris. Mais je prenais quand même du Xenical, une petite pilule magique pour supposément faire maigrir. Or, la petite pilule magique a fait beaucoup de ravages. Certes, je n’ai pas pris de poids. Mais j’ai eu droit à de belles crises de panique (parfois très intenses).

Je dois parler de ce médicament, parce que je veux que les gens sachent à quoi s’attendre en prenant ces pilules d’Orlistat. Ce médicament nous fait chier (et plus que dans le sens du terme). En fait, pour résumé, le médicament «détruit» 30 % du gras que l’on absorbe. Vous mangez une pizza et des frites? Un cachet, et vous allez chier votre vie sur la bolle. Ce sera d’une belle couleur orange fluo.

Quand je n’étais pas végétarien, j’observais les effets instantanément. En d’autres mots, je chiais ma vie. Depuis que je suis végé, adieu la couleur orange. Elle n’arrive que si je consomme beaucoup de fromages gras ou de produits laitiers. Il arrive qu’une habitude prenne du temps à se perdre. Ce fut le cas de ce médicament malsain. Pas de couleur orangée aux toilettes, mais les effets secondaires multipliés, jusqu’aux crises de panique intenses. Ça ne m’était jamais arrivé avant. Quand je prends du recul et que je regarde la dernière année, je me rends bien compte que quelque chose a changé: en plus de suer, d’avoir de la difficulté à respirer et de sentir des effets d’angoisses; on ne peut pas dire que le médicament fait honneur à sa réputation. Au départ, je pensais que mes maux étaient un résultat de ma consommation de jadis. Mais c’est faux. Après avoir lu sur le sujet, je me rends compte que plusieurs personnes qui ont pris ce médicament ont développé des problèmes d’angoisses, des crises de panique out of nowhere. C’est également mon cas.

Il m’aura fallu une année entière pour m’en rendre compte. Ces derniers mois, je jonglais entre l’idée de la santé physique et de la santé mentale. Je me suis longuement questionné à savoir s’il valait mieux perdre du poids et être angoissé, ou prendre du poids et se sentir bien mentalement. C’est con, je sais. Mais si vous n’êtes pas en surpoids, vous ne pouvez pas juger de ce que les gens peuvent subir pour maigrir. Je suis donc le prototype clé de ce médicament. J’ai tenté de perdre du poids (inefficace!) avec le Xenical. Tout ce que j’ai récolté, ce sont de la sudation et des crises de panique vraiment intenses (et parfois dangereuse; si je repense à la pire que j’ai faite sur l’autoroute à 110 km/h.)

J’ai quand même une crainte immense; celle de reprendre plus de poids après avoir cessé la prise de ce médicament. Il paraît que ça arrive souvent. Pourtant, j’essaie de me raisonner, de me dire que mon alimentation est 100 fois mieux que ce qu’elle était il y a à peine trois mois. Fini le gras, les viandes, le sucre, les sauces, et je viens peu à peu à bout du fromage. Je garde quand même la crainte de devenir énorme. Oui, je m’entraîne trois fois par semaine. Oui, je marche près de 10 000 pas par jour, mais même avec une pilule, semble-t-il que ce n’est pas assez pour perdre du poids. Alors, je crois que ce journal virtuel doit se transformer en agenda nutritionnel. Il est l’heure de cesser de subir des effets secondaires qui ruinent ma vie.

Des exemples? Outre l’épisode de panique sur l’autoroute, je peux nommer les angoisses en réunion de travail, les angoisses dans les transports en commun, l’énorme crise de panique devant un groupe de 12 personnes inconnues, la sudation extrême, et surtout le fait de se sentir fatigué à temps plein.

Si cette pilule m’a appris une chose, c’est que l’on est maître de son destin. Au départ, quand je prenais ces cachets, je continuais à manger du restaurant gras. Amir, au coq, pizza du coin, etc. Maintenant que je ne consomme plus ces repas par choix, l’habitude de prendre la pilule est restée. Mais plus de merde orange. Alors, à quoi bon? Eh bien, c’est la peur. La peur de voir le poids stable remonter la pente. Encore une fois, ceux qui n’ont jamais été gros ne comprendront pas. Mais quand on se trouve gros, on cherche tous les moyens pour arriver à ses fins. Même de payer 100 $ par mois pour une pilule magique, qui n’est pas magique du tout dans mon cas.

Alors, il est temps de dire adieu aux crises d’angoisse. J’ai atteint un point de saturation. Si je ne peux plus être dans un théâtre dans le noir sans paniquer, il y a un grave problème. Ce Xenical m’a transformé en personne craintive d’un mal imaginaire. C’est tellement triste. Je souhaite vraiment que les effets ne soient pas continuels avec la cessation du médicament. Sinon, je ressentirai un regret pour le reste de ma vie.

Pour ceux qui lorgnaient vers le Xenical; je vous le dis, l’effort ne vaut pas le résultat. Apprenez à mieux manger. Point. Comme je l’ai mentionné plus tôt, la seule chose que ce médicament m’aura apprise, c’est de réviser mon alimentation. Quand on voit de l’orange fluo dans un bol, c’est signe qu’on mange trop gras. C’est le seul point positif de cet expérience.

Fin de la parenthèse sur ce médicament malsain.

Comment je vais? Difficile à dire. J’ai vécu deux deuils back to back. Mais il fallait qu’ils se vivent. J’ai perdu mon chum. Qu’ai-je fait par la suite? Me saouler la gueule et retourner écrire à mon ex. Mauvaise idée. Idée débile, je sais. C’est comme si j’avais eu besoin de combler le vide. Or, cette fois-ci, la conversation aura été plus éclairante. Je lui ai demandé textuellement ce qu’il faudrait faire pour le revoir. C’était une suggestion de mon psy. Et il avait raison. Car, quand mon ex m’a dit qu’il n’y avait rien à faire, que c’était fini pour de bon; j’ai lu ces mots noir sur blanc, et ce fut une triste révélation. On ne revient pas dans le passé. Même si les fantasmes peuvent être encore présents dans nos têtes. Il ne faut jamais être tenté par le passé. Ça ne sert à rien. C’est de l’énergie et des espoirs perdus.

J’ai reçu une réponse. Non, rien, il ne se passera rien. Ces simples petits mots ont eu l’effet d’une guérison instantanée. Je suppose que j’avais besoin de les lire. De les ancrer dans ma réalité. Enfin, le mot fin. Le verdict officiel. L’étape du deuil s’est donc enclenchée deux fois. Perdre son chum et perdre son ex pour de bon. Ça m’a shaké de l’intérieur. Ça m’a bouleversé pour de bon. Et puis, rien.

L’acceptation. Car il n’y a rien d’autre à faire que d’accepter de repartir à zéro. La différence? Pas de plongeon dans l’alcool ou la drogue. Rien. Devenir adulte. Pour de bon.

La réalité, c’est ça. Aucune envie de boire une peine. Aucune envie de rencontrer des prospects sexuels. Je n’ai établi aucun contact avec personne. Plus de deux minutes sur les sites de rencontre m’ont donné une aversion profonde. Je dois rester seul. Vivre avec moi-même. Affronter le vide. Éviter l’aide des solutions faciles.

J’ai décidé de lancer mon énergie dans le travail. J’ai choisi de prendre une deuxième job. Travailler à temps plus que plein. 80 heures par semaine. Me sortir de mes dettes. Remplacer la soûlerie quotidienne sur mon divan par un travail acharné. On pourrait dire que je suis aussi extrémiste d’une autre façon, mais j’aime mieux le travail que le hung over.

Mes vieux amis se sont éclipsés dans la maternité ou dans des lieux géographiques éloignés. Mes parents se sont exilés pour l’hiver. Je n’ai plus aucune obligation de couple. J’ai seulement un condo à payer. C’est terriblement triste, mais je ne le vois pas comme ça. J’essaie d’en tirer le positif pour me concentrer sur le moment présent. Pour éviter de retourner sans cesse vers une nostalgie qui déforme l’actuel.

Alors, comment je vais? Je ne suis pas à plaindre. Je me sens les deux pieds dans l’adulting. Cet espace d’entre-deux entre l’adolescence et la vie adulte. J’ai tout perdu. Tout. Toutefois, je n’ai pas encore perdu toute ma tête. C’est passé proche, je l’avoue. Mais je suis un combattant. Un jour, il m’arrivera peut-être quelque chose de beau. Peut-être pas. Mais j’ai ce désir de vivre. Avec une tête saine. Avec le moins d’angoisse. Et sans besoin de médicament pour y arriver.

Comment se dessinent les prochains mois? Beaucoup de travail. Et beaucoup de sport. Une alimentation végé, que j’ai adoptée avec bonheur et que j’aime. Réduire ma consommation de fromage gras, car c’est le seul problème qui reste. Je n’ai même plus la force (ni le temps) de boire chaque soir. C’est une excellente nouvelle. Je ne consomme plus. Une autre excellente nouvelle. J’ai envie de simplicité. De bonheur créé par les gens, non pas par les substances que j’ingère. Oui, je prendrai un verre à l’occasion. Mais, c’est tout.

J’ai 33 ans. Je me considère comme quelqu’un d’intelligent, tout de même sain d’esprit. Mon corps ne mérite plus tout ce que je lui ai fait subir jadis. Oui, je suis engorgé financièrement. Un condo, c’est pas aussi facile qu’il n’en paraît. Surtout pour une personne seule. Mais c’est à moi de faire mes choix, à moi de créer mon propre équilibre qui, je l’espère, me mènera au bonheur, un jour. Un jour peut-être encore lointain, mais un jour, sûrement.

La normalité de la trentaine?

Vers la fin de ma vingtaine, je disais souvent que j’avais perdu des amis, que les liens s’étaient détruits, ou que nos chemins s’étaient simplement séparés. Arrivé bientôt à la mi-trentaine, je me dis que j’étais un peu trop sévère (ou dramatique). 

Oui, il m’arrive encore de penser que j’ai été trahi, que j’ai été tassé même, mais je me rends compte que je m’en faisais beaucoup pour les aléas naturels de la vie. En fait, je ne devais pas comprendre que la vie est faite pour les séparations. Je me considère encore chanceux, parce que ces séparations n’égalent pas la mort de mes proches. Pas encore.

Avec le temps, j’ai aussi compris que les séparations nous permettaient de comprendre l’importance qu’avaient les autres dans nos vies. Trop peu, trop tard? Je ne suis pas si certain. En d’autres mots, je crois vivre tout ce qu’un humain vit généralement. La perte ne devrait pas toujours être triste ni violente.

Avec tous les gens que l’on rencontre sur le chemin de notre vie, il est tout à fait normal d’en voir disparaître plusieurs. Tout est dans la manière de faire les adieux ou les « au revoir ». Si je me suis souvent senti blessé d’être éliminé de la vie de certains amis en raison de leurs relations amoureuses, je pense maintenant que c’est quelque chose d’inévitable. On ne peut pas plaire à tous, et quand quelqu’un veut vraiment nous faire disparaître de la vie d’un de nos amis, parfois, on n’a juste pas le choix. Mais ce n’est pas toujours ainsi non plus.

Dernièrement, j’ai dit « au revoir » à mon meilleur ami. Et je craignais que ce soit très triste et drama, mais au contraire, il y avait quelque chose de lumineux dans cet adieu (temporaire, je l’espère). En fait, j’étais heureux des nouveaux défis de mon ami. Je lui souhaite la meilleure des chances, et il faut dire qu’il y a des gens que l’on peut quitter et retrouver sans que cela nous affecte, comme si on s’était vu hier pour la dernière fois. Je ne sais pas ce qui en sera de ma relation avec mon meilleur ami, mais une chose est certaine; lors de ce dernier verre dans un bar miteux, j’ai encore eu la confirmation que certaines personnes sont là pour rester, et qu’il serait très difficile de les éliminer ou de me faire éliminer de leur vie. Peut-être que nous ne nous verrons plus pendant des mois, mais j’ai eu le plaisir de constater que ce genre d’amitié passe au-dessus de tout.

Ce qui est vrai pour tout le monde, c’est que la trentaine nous éloigne des autres. Pas nécessairement volontairement, mais par les simples aléas de la vie quotidienne. Que ce soit à cause de déménagements, de nouveau-nés, de nouvelles relations amoureuses, ou simplement parce que le temps nous manque. Il y en a pour qui je n’ai eu aucun problème à accepter la coupure des ponts (des gens que je considérais souvent néfastes pour moi, de toute façon), il y en a avec qui ce fut plus difficile, du moins de mon côté, parce que j’ai souvent tenté de me battre pour sauver certaines relations amicales, mais pour le moment, je me sens dans une belle phase. Une étape de ma vie où je n’ai plus d’agressivité ou de rancœur envers ceux qui me quittent. Ça fait partie de la vie. C’est ainsi. Il faut s’y accommoder. Bientôt, c’est probablement la mort qui me séparera des êtres que j’aime le plus au monde. Il vaut mieux commencer à devenir zen envers ce processus. Ne surtout pas tomber dans une noirceur.

Évidemment, on ne comprend pas toujours pourquoi les relations amicales prennent des distances. Il y a tant de raisons. Mais on dirait que j’accepte maintenant beaucoup plus facilement ce processus de séparation, que jadis lorsque j’étais dans la vingtaine et où je me sentais plutôt trahi par les gens que j’aime.

J’ai compris avec le temps, parce que je le vis moi-même, qu’on choisit un peu son parcours, qu’on décide d’être là où l’on a envie d’être. Et c’est correct. C’est la logique qui découle du fait de vieillir. On change nos habitudes aussi. On boit moins. On se drogue moins. On évite les situations plus folles. On devient adulte. Encore. Eh oui.

Je crois que c’est la raison pour laquelle j’ai fait la paix avec les gens qui ont pris leur distance, qui m’ont quitté (drastiquement ou avec le temps). C’est un peu la même chose de mon côté; on privilégie les gens qui nous ressemblent, qui vivent les mêmes choses que nous à l’instant X. Ça ne veut pas dire que je me ferme à l’inconnu ou aux situations différentes des miennes (la plus grande preuve de cela, c’est que je ne m’enferme pas avec des gens qui me ressemblent parfaitement). J’aime la confrontation, les divergences d’opinions, les situations de vie qui ne me concernent pas directement.

Je dois tout de même avouer que les dernières années m’ont éloigné des amis des dix dernières années. Il y a eu des non-dits, des trahisons, des événements où je n’avais rien à voir, mais où j’étais déjà déclaré coupable. Je me suis battu. Cela a été un échec lamentable. J’ai surtout compris qu’on ne peut pas se battre quand un amoureux ou une amoureuse d’un ou d’une amie décide qu’il ne nous aime pas. C’est ainsi. Il faut larguer les armes et accepter que l’on ne puisse pas plaire à tous. Et la vie, c’est ça: prendre des chances en aimant des gens, et accepter qu’il y a probablement une date de péremption sur nos relations. Ça ne veut pas dire que l’on ne s’aime plus. Ça veut simplement dire que l’on est plus assez important pour certaines personnes, que tout notre amour ne vaut rien par rapport aux doutes ou aux conflits qui peuvent se produire.

Et puis, de nouvelles personnes entrent dans nos vies. Elles illuminent notre mal-être, elles deviennent aussi importantes que les amis de jadis. Tout est un cycle. Tout est en mouvement.

Ça m’a pris du temps à comprendre qu’on ne pouvait pas recréer les amitiés d’antan. J’ai toujours eu cette espèce de fibre nostalgique un peu malsaine. Ce désir de ne pas laisser s’échapper les êtres qui me sont chers. Mais avec la sagesse des années qui s’écoulent, je me rends compte qu’il est inutile de se battre. Les relations se tissent et s’éloignent selon les aléas du temps.

Si on est chanceux, il en restera quelques-uns près de notre lit de mort.

Tout ça est un peu comme une déchirure amoureuse. Ou, du moins, ce l’était jadis. Je crois que la perte des amitiés peut être aussi dévastatrice que la perte amoureuse. On ne s’y attend jamais. Mais surtout, il y a rarement une précision aussi claire quand une relation amicale se meurt. On se voit une dernière fois, puis on ne se voit plus. Il peut même ne rien s’être passé. Seulement un silence, qui se remarque au fil des années. Le plus grave problème de notre époque, c’est qu’aujourd’hui, on peut encore suivre nos anciennes amitiés virtuellement. On peut les apercevoir faire un commentaire sur Facebook ou Twitter. Devenir amis avec une personne près de nous. Le hasard de se croiser dans la rue devient moins important, car l’on sait que l’on peut surveiller la vie d’un ancien ami par les réseaux sociaux. À moins d’un grand conflit et d’un bannissement, les gens ne nous bloqueront pas du monde virtuel. Ils continueront à vivre, à commenter, à exister dans ce milieu un peu étrange que l’on appelle le Web.

Il faut faire avec notre temps, comme on dit. Mais n’y a-t-il pas quelque chose de plus cruel, que de voir l’évolution d’une ancienne amitié, de façon anonyme, dans l’ombre; être témoin de gens qui continuent leur vie sans nous. Je suppose aussi que c’est le même rapport avec les exs. Mais j’essaie de ne pas les garder sur mon Facebook, ceux-là.

Bref, je m’éloigne de mon sujet. J’ai dit « au revoir » à mon meilleur ami dans une ambiance légère et positive. Peut-être parce que je sais que même à l’autre bout du monde, il sera toujours important pour moi. Et je pense l’être aussi pour lui. Ça donne peut-être un léger baume au coeur. Mais tout ça n’est qu’exception. Car en général, les gens disparaissent « naturellement », avec les années, avec les événements ou les changements.

Et, pourtant, je suis zen. Ça me va. En fait, je me sens très positif ces derniers temps. Parce que ma vie n’est pas mauvaise, parce qu’il n’y a pas de grands nuages, parce que j’ai aussi cessé de me battre pour retrouver des amis qui avaient volontairement décidé de m’éliminer de leur vie.

Je reste quelqu’un de très possessif en amitié. J’aime voir ceux que je veux. Sans les autres. Sans cette cacophonie que pourrait m’apporter des gens que je ne veux pas voir. C’est sûrement la raison pour laquelle je préfère organiser mes soirées. Je me coupe peut-être de nouvelles rencontres intéressantes. C’est à réfléchir. Mais s’il y a quelque chose qui m’anime dans la vie, c’est bien de voir ceux que j’ai envie de voir. De profiter de ces moments trop éphémères. Sans bruit de fond inutile. Sans ces personnes de trop qui m’empêchent d’être moi-même, qui sait?

Ce n’est probablement pas (sûrement pas) la meilleure façon de conserver ses amitiés. Mais pour moi, c’est instinctif. J’aime peut-être trop les gens que j’aime (à la limite de vouloir les garder pour moi uniquement), mais je suis ainsi. Et j’ai compris que même si je n’avais pas ce genre de comportement, les amis viendraient et partiraient quand même comme bon leur semble. Alors, il vaut mieux profiter de l’instant. Et quand c’est moi qui choisis cet instant, à ma manière, avec mes règles et mes choix, je m’en porte mieux, je suis heureux. Souvent, à la fin de la soirée, je vois dans les yeux de mes amis qu’ils ont apprécié ce petit moment. Il s’agit d’un espace-temps, minuscule et partagé. Peut-être en vue de plusieurs autres moments, peut-être pour un dernier au revoir.

5 ans après

passe

Et voilà, on y est. C’est ici que le vrai décompte commence. La journée du 31 mars est vraiment une journée remplie de signification pour moi. En 2013, je terminais la dernière révision de mon roman avant de l’envoyer en correction. Mais surtout en 2014, je dois avouer que je chiais beaucoup plus dans mes culottes qu’en ce moment. C’était jour de lancement. Le Jour X. Il faisait heureusement beaucoup plus ensoleillé qu’aujourd’hui. J’étais dans un tout autre état d’esprit. Deux ans, c’est un peu comme dix ans pour moi, si je reviens vers l’arrière. Je ne m’attendais pas à vivre tout ce qui allait suivre. Je ne m’attendais pas à grand-chose, si je suis honnête. J’étais encore trop embrouillé dans d’autres petits drames devenus inutiles au fil du temps.

Quand je pose un regard vers l’arrière en ce moment, le petit gars que je vois, c’est celui avec un manque de confiance, qui fait trop la fête, surtout pour oublier le bon sexe (alors qu’ironiquement, il n’avait jamais eu autant de partenaires sexuels). C’est le gamin qui n’a pas été capable de retenir sa souffrance de perdre un seul être, qui a dû l’exprimer aux yeux du monde, comme si ça rachetait la peine de la disparition de l’ex. C’est tout de même spécial les réactions qu’on peut avoir par rapport à certaines personnes dans nos vies.

Bref, il y a du chemin qui a été fait. Beaucoup de chemin et de travail sur ma propre petite personne, qui est quand même loin d’être parfaite ou à mon goût, mais ça c’est un autre débat. Si je suis heureux d’une chose, c’est que j’ai réussi à tasser les gens néfastes dans ma vie, que j’ai gardé le meilleur des autres, que j’ai pardonné à beaucoup de monde, mais aussi que j’accepte que certaines personnes ne veulent pas me pardonner. Ça fait partie de la game.

Je pensais en avoir beaucoup à dire sur ce 31 mars 2014, sur Peut-être jamais, sur le processus, sur l’écriture, le lancement, et tralala. Mais au final, non. Parce que wow, j’ai tout dit. Tout est là. Il n’y a rien à ajouter. Je me questionne encore à savoir si ça faite tant de bien que ça ou non. Je suppose que je ne le saurai jamais.

Et quand je disais que les 31 mars sont persistants dans leur signification, je faisais référence aux boîtes qui m’entourent présentement. C’est reparti pour un déménagement en avril. Après 5 ans à vivre au même endroit. Quand je regarde ce petit appartement, je ne peux que voir défiler les dernières années. Beaucoup de drames, beaucoup de sexes, beaucoup de joie, beaucoup de projets, beaucoup de nuits blanches, beaucoup de souvenirs d’adulescent.

J’ai eu du plaisir ici. Des rencontres. Des conversations que je ne crois plus jamais revivre dans ma vie. Des confidences énormes et intenses. Toute une vie magnifique, malgré les coups bas. Je me suis vu maigrir, je me suis vu engraisser, je me suis vu me muscler, je me suis vu me frustrer. C’était un peu comme le prolongement de ma jeunesse qui ne voulait pas mourir. Maintenant, quand je regarde ce qui s’en vient, je n’ai pas le choix de voir les obligations, les paiements, le travail et la vie d’adulte. Mais au contraire d’il y a 5 ans, aujourd’hui, je n’y vois plus quelque chose de si négatif. De toute façon, ça fait des mois que je n’ai pas posé les pieds dans une boîte de nuit (et je ne m’en ennuie pas). Il m’arrive par moment de ressentir un petit désir pour les euphories d’avant, mais il est vite dispersé quand je me rappelle les lendemains de veille.

J’aurais vraiment tout fait ici. Ma vie artistique, ma vie sexuelle, ma vie nostalgie, ma vie professionnelle, ma vie amoureuse, ma vie amicale… Et le grand saut sera un long vertige. Je ne garde rien. Outre mon lit et ma laveuse-sécheuse. Tout le reste ne m’appartient plus. Tout est donné, tout est vendu, tout est jeté. Les vieux meubles que j’ai transportés comme des pièces à conviction des relations passées, la vaisselle qui ne m’appartenait pas, l’électronique désuète, les tables vernies à la sueur de mon front, le divan, la bibliothèque qu’on avait dû monter par le balcon, les luminaires qui se trouvaient dans mon premier appartement en 2006, les pôles à rideaux, les ventilateurs, la pharmacie, le frigo, le four, le lave-vaisselle. Adieu. Bye bye. Je recommence tout à zéro. Il n’y aura plus de souvenirs, plus de références à l’avant, plus rien même des morceaux de vêtements que je portais jadis. Se débarrasser de tout. Faire table rase. Ne restera que la présence de Rémi, l’abyssin. Une présence réconfortante, le seul lien qui pourrait me lier au passé.

Et je crois que lorsque je poserai le pied hors de cet appartement, ce sera bien la fin. Même si dans cet appart, j’ai ramassé mon ex à la petite cuillère deux fois plutôt qu’une. Mais bon, il n’y a plus grand-chose qui m’étonne, ce devait être la 4e fois après la deuxième rupture. J’en suis venu à en avoir assez des drames, du niaisage et surtout des mensonges. Je pense que toute cette époque m’a permis de comprendre que le mensonge était le pire poison. Ce doit être un peu pour ça que mon chum me trouve trop direct par moment. Quand j’ai fait quelque chose qui lui déplaît, il le sait avant même de poser un pied chez moi. C’est comme ça que je veux définir ma vie et mes actes à présent.

En même temps, je n’ai jamais eu la chienne comme ça. Une vraie chienne. Une chienne qui remplit de doutes, du genre : vais-je être capable de subvenir à mes besoins? Quel est le plan B de la vie pour fucker toute la patente? Je ne suis pas dupe, je sais très bien que d’autres choses vont arriver. It’s part of the process.

Alors, pour résumer ma vie et sa différence avec 2014, l’année de mon lancement, je dirais que j’ai repris mon projet de publication pour en faire un projet d’achat de condo. Je me doute bien que je ne serai probablement pas aussi gagnant dans ce projet que je l’ai été avec le roman. J’espère juste être capable de me sortir la tête de l’eau et de ne pas trop regretter mon choix. Mais ça, seul l’avenir le dira. Et il y a trop de données et d’éléments pour faire en sorte que je sois rassuré et confiant. Car le destin est un mystère, un mystère que je ne veux pas connaître de toute façon.

Alors voilà! En souhaitant un beau 2e anniversaire de publication à Peut-être jamais, je me souhaite surtout une transition agréable et pas trop dramatique. Et quand je regarde les deux dernières semaines qui viennent de se passer, je me dis que ce n’est pas gagné. Je suis passé près d’une crise cardiaque pour des chaises IKEA (!), j’ai pété une coche contre mon fournisseur d’électroménagers et je trouve déjà la banque qui m’offre mon prêt hypothécaire complètement idiote (elle lit les relevés de compte à l’envers et m’accusait de ne pas avoir assez de fonds pour le condo). Ça promet pour la suite! Il est vraiment temps que je recommence à courir sérieusement.

Les phases

phases

Mes chers amis, d’abord, je m’excuse pour le peu de mises à jour ici. Je suis pris dans un tourbillon de vie très intense, duquel j’ose espérer me sortir en mai… seulement.

Ces dernières semaines ont été charnières, parce qu’elles m’ont fait grandir. Encore un peu plus. Pas que de bonnes nouvelles, certes, mais beaucoup de positif. La plus grosse problématique, c’est qu’il m’est de plus en plus difficile de parler de moi-même aussi librement que je le faisais jadis. Et puis, ça devient égocentrique à la longue, non?

Je vis une période faste. Mais rempli de questionnements (ça, ça ne change pas!), ce qui est nouveau, c’est surtout les prises de décisions que je dois effectuer dans les prochains mois. On pense que notre vie sera un long fleuve tranquille dans la trentaine, eh bien, on a tout faux. C’est comme si je devais faire des choix obscurs qui sont garants de mon avenir. Mais c’est peut-être moi qui mets trop l’accent sur les répercussions de chaque petit mouvement de vie.

J’en parlais avec mon psy dernièrement; je suis dans plusieurs phases, comme la lune; où l’on mélange deuils et maturité. Je sais, je sais, la vie est faite d’une suite de petits deuils, c’est ce qu’on appelle l’évolution. Il faut savoir oublier des gestes, des pratiques, des moments, des anciens amis… 2016 sera définitivement la fin de plusieurs chapitres, à commencer avec un grand morceau; celui de mon appartement. Ça peut paraître étrange pour certains, mais depuis 4 ans, j’ai accumulé tant de souvenirs dans mon antre. Ce n’est pas le lieu qui importe vraiment, c’est plutôt la mémoire des gens qui sont venus le partager avec moi. Je me rappelle 2011, quand je suis débarqué ici, dans ce petit espace agréable et nouveau. Je traînais encore des histoires, des douleurs, des déceptions. On en traîne toujours, peu importe où l’on pose ses pieds. Mais il s’agissait d’un grand pas pour moi. Après deux échecs amoureux; prendre la chance d’un renouveau, essayer de se libérer des démons du passé. Tout ça s’est passé relativement bien, puis mal, puis bien, puis mal.

Bientôt, je laisserai cet espace derrière moi. Je tenterai l’inconnu. Je m’approcherai encore un peu plus de ce moment «adulte» que j’ai tant voulu repousser malgré tout. Mais à force de repousser l’évidence, on devient une caricature de la personne que l’on voudrait être.

Dans ce lieu, plusieurs hommes sont passés. Peu sont restés. Même chose pour les amis. D’une année à l’autre, ce n’est jamais pareil. On crée des liens, on en brise d’autres. Ça fait partir du vécu. J’ai longtemps cru que j’étais une mauvaise personne; parce que j’ai rarement été complètement heureux de vivre. J’apprends peu à peu à ne plus m’en faire. À me dire qu’il y aura toujours quelque chose d’autre. Il le faut. Sinon, on meurt.

Mon psy dit que je n’ai pas assez de fun. Que le seul plaisir qui semble me convenir vient des nombreuses substances qui ont parsemé mon chemin. Je travaille sur mon cas. Par phase. Et c’est un peu ma thématique de 2016; une phase par mois. En essayant de ne pas trop stresser, d’éviter la pression. Pas facile. Je suis quelqu’un qui me réfugie sans cesse dans le plaisir rapide; celui qui se consomme et s’oublie dès le lendemain. Mais peu à peu, mon but est d’éliminer ce genre de plaisir néfaste à ma vie. Je n’ai pas encore tous les moyens ou toutes les solutions pour réussir à me protéger de la nostalgie et du présent. J’y travaille, certes, mais j’ai une propension à revenir vers l’arrière, à toujours trouver que c’était mieux avant. Parfois, je me dis que je fais erreur, que de quitter mon petit nid pas cher et confortable, pour me cribler de dettes et d’insécurités, n’est pas la solution ultime. Mais j’ai vécu un déclic dernièrement: il faut avancer. Il faut foncer vers cette peur de l’inconnu, au risque de se péter la gueule, évidemment.

Les prochaines semaines seront des semaines cruciales pour mon avenir. Et je haïs cela, dans la mesure où je sais très bien que dès que l’on fait des plans, la vie se charge de faire dévier notre trajet pour nous amener vers un autre chemin. Je tente de ne pas me faire d’attentes, de ne pas trop organiser tout ce qui s’en vient, mais c’est fou, je pourrais dresser une liste de 20 items que je dois planifier prochainement. C’est même beaucoup plus angoissant que la publication de mon dernier roman. Il y a des coups de dés hasardeux, et il y a de la planification à effectuer, mais vous le savez, plus on planifie, moins ça se passe comme on l’espérait. Je dois être superstitieux, je préfère m’attendre au pire, même si je sais que le pire pourrait être encore pire et me surprendre.

Il m’arrive de plus en plus de me questionner, comme ça, en me demandant si toutes ces actions vont voir le jour, si je ne mourrai pas avant d’un accident banal. J’admire les gens qui se croient prédestinés. Parce que je n’arrive pas à me visualiser dans une simple vie, dans la simplicité du quotidien. On dirait qu’il y a toujours une faille, un mais si

Même si le prochain roman avance, je m’interroge sans cesse. Qu’est-ce que j’essaie de dire? Qu’est-ce que je ne saisis pas dans cette histoire, dans ces personnages? C’est la première fois que j’ai tant de recul devant un texte. Peut-être parce qu’il n’est pas écrit au «Je». Peut-être parce que cette histoire concerne les autres, et pas moi tout à fait directement. Quoique…

Ça m’a fait bizarre quand Renaud-Bray m’a annoncé qu’il ne restait que deux exemplaires de mon livre à vendre. Même chose chez Archambault. Même un rabais de 50% avec le code JAN1650 chez Kobo jusqu’au 31 janvier… Ça m’indique que c’est la fin d’un chapitre plus grand encore. Et pourtant, je continue sans cesse à recevoir des commentaires de lecteurs (ce que j’apprécie au plus haut point). Mais de plus en plus, c’est comme si on me parlait d’un livre qui ne me concerne pas. Il a maintenant sa propre vie, il n’existe plus dans mes veines. Il raconte le passé, et ce passé n’est plus présent. Encore un petit deuil, un tout petit.

Je ne deviens plus adulte. Je suis adulte. Et cette constatation me fige, me fout la chienne, vient jouer dans mon cerveau de jeune adolescent attardé. Je ne fais que penser à la suite, à ce qui s’en vient, et quand j’ai un peu trop peur, je cherche le plaisir facile. Ça crée des conflits, en moi, avec les autres. Ça me fait douter de chaque petit choix. Et puis, tout à coup, je me frappe métaphoriquement; je me dis que c’est ça vieillir. On a beau croiser notre passé; que ce soit des anciens amants au supermarché ou à la bibliothèque, que ce soit des anciennes connaissances qu’on ignore dans le métro (que pourrait-on se dire?) ou que ce soit simplement des hasards qui nous rappellent que nous n’avons plus 20 ans. Tout ça devient angoisse. Tout ça donne le goût de se réfugier dans ce qu’on connait le mieux. Et pourtant, je travaille à me sortir de ce cycle. Mais il n’y a rien de facile.

Pour que ce soit facile, il faudra passer l’étape des deuils. Faire en sorte que le passé n’existe plus. Qu’il soit un roman, une histoire, une page écrite et déchirée.

Encore aujourd’hui, je considère que j’ai eu de la chance. D’abord, de me sortir des habitudes vicieuses, ensuite d’avoir réussi à créer à partir des pires moments. Il ne me reste qu’à cesser de vanter ce passé qui était loin d’être rose. Mais le défi, il est là; se sentir bien dans le moment présent, sans chercher le regret à travers la nostalgie et les gens qui nous ont percutés de plein fouet plusieurs années avant.

J’ai laissé tomber les résolutions. J’ai laissé tomber les countdown. Être adulte, c’est apprendre à assumer ses décisions; faire face à ses choix, même si le résultat n’est pas celui qu’on attendait. Ouais, voilà. On en est là. Et la liste est longue. Je ne sais toujours pas si, une fois les éléments de cette liste rayée, je serai plus heureux. Mais une chose est certaine, j’aurai essayé.

On s’en reparlera au mois de mai.

Mon avis sur les livres de Guillaume Lambert et de Stéphane Lefebvre

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J’ai finalement terminé la lecture du livre de Guillaume Lambert. Plusieurs d’entre vous m’en avaient glissé un mot, parce que le synopsis de l’histoire ressemblait étrangement à mon roman Peut-être jamais.

J’hésite à qualifier ce livre de «roman»; d’abord parce qu’il fait à peine plus de 100 pages, mais surtout parce qu’il ne s’agit pas d’un roman construit en tant que tel. On est plutôt dans les bribes de pensées, dans des anecdotes racontées de manière déconstruite. La lecture est plaisante. Je m’y suis reconnu dans certains segments (surtout ceux liés à l’espionnage sur les réseaux sociaux). J’avais peur de ma lecture au départ, car je ne voulais pas retrouver un copier-coller de mon roman (surtout que Peut-être jamais est passé près d’être publié chez Leméac, donc j’étais méfiant). Mais force est d’admettre que mis à part le résumé derrière le livre, ce texte n’a rien à voir avec mon roman.

Le problème avec les livres qui ne font qu’une centaine de pages, c’est qu’il est impossible de s’attacher aux personnages. Ce n’est pas assez étoffé, ce n’est pas une histoire en tant que telle, ce sont des bribes, des pensées, des pièces de puzzle que le lecteur doit mettre en place. Je ne suis pas un grand fan de ce genre de livre, je préfère encore les romans qui s’étendent, qui nous font apprivoiser peu à peu un personnage central. Si vous avez aimé Peut-être jamais, vous aimerez probablement ce livre de Guillaume Lambert, mais comme je le disais plus tôt, pour moi, ce n’est pas vraiment un roman, c’est un essai littéraire, une autofiction fermée sur le récit mental de l’auteur. On en ressort avec… rien. Pas que ce soit négatif en soi, mais ce ne sera pas un coup de coeur pour moi. J’ai compris le défi de l’auteur, j’ai de l’empathie pour ce qu’il raconte, mais ça s’arrête là.

C’était quand même beaucoup plus intéressant que l’autre roman que j’ai lu; celui de Stéphane Lefebvre, Infidélités.

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La prémisse du livre était pourtant très accrocheuse! Un mec hétéro annonce à son groupe d’amis qu’il est devenu gai. Malheureusement, on évacue toute cette histoire dès les premiers chapitres. La suite est une ribambelle de clichés par-dessus clichés sur les désirs d’un hétéro pour les femmes et pour l’adultère. Plusieurs phrases sont moralisatrices alors qu’elles essaient d’être modernes. J’ai eu de la difficulté à continuer ma lecture jusqu’à la fin. Dommage.

J’en profite pour vous souhaiter une excellente nouvelle année. Mon année 2016 devrait être assez différente des dernières années. Pour plusieurs raisons, mais j’aurai l’occasion d’en reparler. Santé et bonheur à tous!

La crise de la trentaine?

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J’aurais beaucoup de sujets à aborder aujourd’hui. Je ne sais pas trop comment commencer, donc ce sera sûrement du point par point.

Je veux d’abord commencer par le film Love de Gaspar Noé que j’ai vu lundi dernier. Vous devez savoir que je n’ai rien contre la sexualité explicite; pas du tout même, si elle sert le récit, il n’y a aucun problème. Mais l’impression que j’ai eue en voyant ce film, c’est que le réalisateur voulait tenir son public attentif en diffusant des scènes explicites. Sérieusement, en supprimant les scènes de cul de ce film, on a droit à tous les mauvais clichés de films français (la mort, le deuil, le temps, blablabla). Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas emmerdé autant au cinéma. Gaspar Noé nous sert de belles phrases improvisées sur la vie humaine, et il nous balance des pipes, des trios, des orgies et des éjaculations en plein visage (c’est le cas de le dire)! S’il n’y avait pas ces scènes de sexe, le film serait encore plus vide. Et la mauvaise manie de ce réalisateur, c’est de prolonger le supplice, de faire en sorte qu’on soit exaspéré jusqu’à la fin. La scène avec l’enfant dans le bain est tellement pathétique, je ne peux pas croire que des gens se retrouvent et apprécient ce genre de navet. Je n’ai vu qu’un seul autre film de ce réalisateur (Irréversible), et au moins, dans ce film, on comprenait que la fin était plus lente, plus amoureuse et cheesy. Mais ici, les longueurs sont troublantes. Je ne suis pas sortie de cette projection choqué, je suis sortie du cinéma en criss, parce que j’ai eu l’impression qu’on m’a fait perdre mon temps.

amour

C’est tout le contraire qui s’est passé avec le documentaire L’Amour au temps du numérique de Sophie Lambert diffusé à Télé-Québec. Je lisais Judith Lussier dans le Journal Metro aujourd’hui, et je dois avouer que je n’ai pas compris son point de vue. On ne parle pas de tous les jeunes adultes, certes, mais on parle quand même de nombreux cas, même si ceux-ci ont été triés sur le volet. C’est une représentation assez exacte des amours que vivent cette génération qui vient (déjà) après moi. Je l’ai connu à ses débuts, et je dois avouer que je suis bien content de ne pas avoir grandi avec ces phénomènes de réseaux sociaux et d’hypersexualisation. J’étais à la limite, comme on dit. J’ai compris exactement le propos du documentaire, et quand certains journalistes essaient de minimiser la chose, j’ai l’impression que c’est le signe qu’ils n’ont pas vécu la chose et qu’ils croient que leurs propres expériences sont un exemple parfait du «je ne suis pas comme eux». Eh bien, désolé, chers journalistes, peut-être que vous étiez déconnectés de la réalité, mais ce documentaire représente bien la génération d’aujourd’hui, et quand même beaucoup celle qui vient avant.

Vous pouvez voir les deux parties du documentaire sur le site de Télé-Québec. Ça vaut le détour.

Je saute du coq à l’âne, et je voulais aborder le sujet des trolls sur Facebook et sur le Web en général. Bon dieu que c’est rendu grave! Je ne veux pas sonner dramatique, et j’accepte facilement la critique, mais ces derniers temps, j’ai l’impression que les réseaux sociaux sont devenus un Far West pathétique. Je reçois près de 5-6 demandes d’amitié par jour sur Facebook, et avant, j’acceptais tout le monde, mais j’ai dernièrement vécu beaucoup trop de trolling pour continuer à accepter tout le monde sans analyser leur profil. Quand on ne me spam pas sur mon mur Facebook avec des messages idiots de prêts ridicules, on me bitch sans même m’avoir lu. Je dois avouer que ça me fait sourire. C’est fou comme certaines personnes ont du temps à perdre à vouloir détruire les autres. Je m’amuse dans mes réponses, en jouant d’ironie, mais je me rends compte que tout ça commence à me tirer beaucoup d’énergie. Il faut que je me rende à l’évidence, je vais devoir commencer à mieux surveiller qui j’accepte et qui je refuse. C’est triste.

Sinon, dans les autres nouvelles, Renaud-Bray vient de renouveler mon entente de roman jusqu’au 31 janvier 2016. C’est fou! Ça fera bientôt deux ans que mon roman est sur les tablettes! Même dans les maisons d’édition normales, ce laps de temps est perçu comme un miracle. Je sais que l’histoire achève, mais je suis encore agréablement surpris des critiques qui sortent deux ans plus tard. Et les critiques me font parfois sourire. Je dois avouer que j’avais été chanceux; je n’avais pas vraiment reçu de critiques négatives sur mon roman. Mais parfois, les critiques sortent en même temps, et elles sont tellement opposées entre elles, que je ne peux m’empêcher de rire. Le meilleur exemple s’est produit cette semaine, où j’ai eu droit à une critique moyenne versus une critique parfaite. Voici une critique sur le site du Contemporaliste et en voici une autre sur le site Le Fil rouge. Attention aux spoilers pour ceux qui n’ont pas lu le livre encore.

Tout ça me conforte dans ma position sur le milieu de l’édition. Je dois l’avouer, je suis un peu un éditeur. Beaucoup même. Comme je me suis occupé de tous les segments du processus de publication de mon roman, je connais les rouages. Et tout ça me fait hésiter, ça me donne presque le goût de retourner à l’université pour approfondir mes connaissances en édition. Je crois que j’ai réussi là où peu de gens y sont arrivés. La question que je me pose, c’est est-ce qu’il y a un avenir dans le milieu de l’édition? J’en doute de plus en plus. J’ai l’impression que les prochaines années me donneront raison; que si un auteur veut vraiment se faire connaître, il devra se fier à lui-même, et certainement pas à une maison d’édition qui lui donnera 10 %. Quand je me compare aux autres écrivains qui ont publié dans les maisons traditionnelles, je ne peux que me réjouir de ne pas m’être fait avaler par le réseau. Entre faire 1500$ de profit et 15000$, je choisis la deuxième option. Mais je considère que tout le travail effectué n’en vaut peut-être pas la peine. Ce n’est en rien une question d’être reconnu par les pairs, ça, c’est un détail. Mais dans notre nouveau millénaire, je comprends que la façon d’éditer un livre n’est plus pareil qu’il y a quelques années. Les temps changent, et le milieu du livre a beaucoup de difficulté à s’adapter. Je ne sais pas ce que je deviendrai en tant qu’auteur, mais ce qui me rassure, c’est que je suis capable de mener à moi-même une maison d’édition qui fait du profit. Et ça, je reste surpris que les maisons d’édition normales ne l’aient pas encore compris, qu’elles ne soient pas encore venues chercher mes services. Ça sonne un peu pompeux, mais leur but n’est-il pas de faire de l’argent? Moi, je sais comment. C’est leur perte, comme on dit…

Je pense que je suis dans une sorte de crise de la trentaine. À me demander ce qui serait la meilleure avenue; continuer sur le chemin de l’indépendance, ou m’allier à une maison d’édition qui a déjà fait ses preuves.

Écrire un roman en 28 jours

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Nous sommes le 28 novembre 2015, et je viens de mettre un point final à un nouveau roman écrit en 28 jours, qui fait pour l’instant 196 pages, 45 chapitres et 51 218 mots.

Peu importe le contenu de ce roman, la première chose que je tiens à faire, c’est me féliciter moi-même. Vraiment. Je n’aurais jamais cru qu’un simple défi sur Internet allait me pousser autant. Ni que j’allais être si assidu. Quand je lisais certains auteurs connus dirent qu’ils écrivent leur roman en 29 jours, je me disais: «Facile! Ils font ça de leur journée, sans se soucier d’avoir un 2e emploi, de devoir continuer à payer le loyer et tout le tralala.» Et malgré tout, j’y suis parvenu. En travaillant 38 heures par semaine, en m’entraînant 4 à 5 fois par semaine aussi. C’est certain que ma vie sociale en a pris un coup, mais présentement, ce doit être mon foie qui remercie enfin le ciel que ce soit terminé. Du moins, cette partie.

Je ne mentirai pas. Écrire demande de la volonté. C’est un défi. Écrire chaque jour demande plus que ça. Et s’il n’y avait pas eu l’alcool, je ne sais pas si j’y serais arrivé après les longues journées de travail. J’ai évité les saoûleries (parce qu’écrire saoul ne fonctionne pas). La bière low calories m’a beaucoup aidé, et quelques bouteilles de vin ici et là. Pour les dernières 48 heures, et pour les dernières scènes plus difficiles que je devais écrire, je me suis permis du rhum (ce fut la seule fois).

On ne se mentira pas. Il s’agit d’un premier jet. c’est raw. Je sais très bien que je devrais ajouter 10 000 mots pour ensuite en raturer 15 000. Ça fait partie du processus de la réécriture. Mais je n’en suis pas encore là. Pour le moment, je profite de ce succès. Parce qu’il faut cesser de se mentir; après Peut-être jamais, j’ai vécu une longue période de page blanche (presque 3 ans). J’avais besoin de quelque chose pour me botter le cul, pour me remettre en selle.

J’ai suivi les conseils du NanoWrimo: ne pas se relire. Juste écrire, continuer où l’on s’est arrêté chaque jour. La proximité avec mes personnages s’est développée, mais pas dans la même optique qu’avec mon livre précédent. J’ai ajouté de la distance, du recul, j’ai choisi (pour le moment) de raconter l’histoire à la 3e personne. Ça m’a permis d’être moins affecté par les événements, de moins m’investir dans les émotions de mes personnages. Peut-être que c’est un piège, peut-être que le livre s’en ressentira. Je n’en ai aucune idée à cette étape.

C’est la première fois que j’écrivais un roman sans suivre un plan précis. J’avais bien une idée qui me trottait dans la tête depuis un an (signe qu’elle est potable pour l’exploiter), mais je n’ai pas pris des pages et des pages de notes, je n’ai pas dressé de plan chapitre par chapitre, je me suis laissé aller au gré du moment. Ça annonce beaucoup de rature, de coins qui ont peut-être été tournés trop ronds, mais pour le moment, je repousse tous ces doutes et ces questionnements. Je me suis donné un défi, je l’ai relevé, je m’y suis tenu, et ça, ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Pour vous donner une idée, j’ai écrit le roman Peut-être jamais sur une période de 5 ans. Il faisait environ 55 000 mots.

Écrire sans faire de plan, c’est surtout problématique pour terminer un livre. Je ne peux pas dire que je suis 100% satisfait de ma finale, mais elle est différente de tout ce que j’ai écrit depuis que j’ai commencé à écrire des livres. Il y a quelque chose d’universel, de plus général dans mon écriture. Je n’ai pas encore trouvé de titre pour le roman. C’est un autre des nombreux détails qui sera à élaborer avec le travail de réécriture.

Je crois que je reste assez zen. Je ne prédis pas que ce roman sortira un jour dans le public. Ça, c’est le travail qui va suivre qui va le dicter. Il y a mille choses à revoir, mais au moins, je sens que mes personnages sont ancrés et solides. Il faudra mettre du temps pour les amplifier, pour leur donner un sens et des justifications à leurs actes, mais ils sont quand même bien construits. Je pensais devoir me battre avec des problèmes de récits, d’anachronismes, des problématiques qui m’auraient fait douter de la suite du récit, mais c’est comme si j’avais vomi une ligne du temps, et elle me semble solide pour le moment.

Mon roman traite de plusieurs sujets; il s’intéresse aux demi-vérités, aux subterfuges, aux mensonges que les hommes se racontent pour se sentir plus légers, à toutes ces omissions qu’on cache aux autres. On reconnaîtra ma plume, car je touche encore aux sujets des dépendances, des obsessions, même un peu aux jeux de rôles dans les relations. Mais rien à voir avec le précédent.

Ça fait du bien d’écrire sur des choses que l’on ne vit pas nécessairement. Quoique certains me reconnaîtront quand même parmi tous les personnages. Le livre est aussi beaucoup plus violent, et il aurait pu l’être encore plus, mais les événements qui se sont déroulés à Paris dernièrement ont changé ma perception des choses. Pour le mieux, je crois.

Plein de doutes et de questionnements continuent de s’entrecroiser dans ma tête; est-ce plausible? Est-ce logique? Y a-t-il un sens aux actions de ces personnages? Sont-ils assez humains ou trop robots? Beaucoup de travail à venir, certes, mais pour le moment, je prends une pause, je lève mon verre, et je profite de cette belle réalisation.

Ne pas se poser de questions

Point_d'interrogation

C’est un peu ironique de venir prendre le temps d’écrire ici alors que je suis en retard dans mon défi du Nanowrimo, mais je me rends compte que c’est quasiment essentiel de faire le lien entre ces deux formes d’écriture. Du moins, je crois que ça m’aide à respirer un peu.

Ce n’est pas très dramatique, mais je vais devoir mettre les bouchées doubles ce week-end si je veux y arriver. Ce n’est pas si mal, je pensais que ce genre de nouvelles négatives allaient arriver bien plus tôt! On ne lâche pas. C’est un peu bizarre d’écrire sans se poser de questions (bon, on l’avoue, je n’y arrive pas totalement, parce que ça arrive que le «à quoi bon?» me passe en tête, mais j’essaie de le chasser vite vite.) 7 123 mots pour le moment. Et ce soir, j’ai osé (enfin, c’est sorti tout seul), j’ai écrit ma première scène de cul. J’essaie d’y aller avec un peu plus de parcimonie tout de même. Je ne veux pas répéter l’expérience du roman précédent. Mais c’est intéressant de décrire des choses fictives, en utilisant la 3e personne en prime, histoire de me détacher de tout ça.

J’ai enfin réussi à obtenir une copie audio de Peut-être jamais, celle qui est dédiée à la Bibliothèque Nationale. Ça dure 5h41!!! C’est vraiment spécial d’entendre ses écrits à haute voix, qui plus est, lus par quelqu’un d’autre. On dirait que par écrit, c’est plus doux, alors que quand c’est lu, ça fesse beaucoup plus. Ça m’a donné une autre image du roman, une image plus dure, plus difficile et hard. C’est une expérience.

Me forcer à écrire chaque soir m’a aussi forcé à rétablir une routine de vie plus stricte. Et je me suis découvert une obsession pour la course en prime. Décidément, le mois de novembre s’annonce coupé au couteau dans son horaire. Mon agenda est déjà bien rempli (trop), et le reste est dédié à écrire et lire. Je suis quand même bien heureux de m’être imposé ce rythme de vie. Je ne sais pas si ça va donner quelque chose de concret, mais au moins, le coup de pied au cul est là.

Et même si j’ai le sentiment ne pas avoir atteint la vie parfaite (est-ce possible?) je me sens sur les bons rails. Plus le temps avance, et plus je me questionne, à savoir ce que je recherche tant, ce qui me manque tant pour atteindre ce bonheur que l’on recherche sans cesse. J’ai la fâcheuse habitude de me dire que j’avais trouvé l’équilibre, une fois que je l’ai perdue. Ce doit être pourquoi je me pose tant de questions, pour tenter de comprendre ce qui cloche. Parce que rien ne cloche vraiment. Mais jamais, au grand jamais, je ne dirai que je suis complètement heureux. Ce serait appeler le destin à me jeter un mauvais sort, à me faire regretter mes paroles.

Pourtant, hier, en famille, avec amis et amour, tout était parfait. Je hais utiliser ce mot. Je le trouve trop porteur d’un sens léger et superficiel. Mais je ne sais pas trop comment m’expliquer ma vie d’aujourd’hui. Il y a eu beaucoup de deuils, beaucoup de souffrances, et même si cet état reste (et restera?) toujours latent en moi, je ne peux pas vraiment me plaindre. Je me dis qu’on en recherche toujours plus, qu’on n’est jamais réellement satisfait à 100%. C’est peut-être ce qui nous pousse à nous surpasser, après tout.

Je pense que je suis sur la bonne voie; que ce soit par la force d’écrire, par la force de mes relations interpersonnelles, par les gens qui m’entourent, par l’amour que je reçois… Plus les jours passent, plus je m’éloigne de ce petit être fragile qui prenait toute la place dans mon roman précédent. J’ai vieilli, je continue de vieillir, et tout ce que je peux souhaiter, c’est que ça continue ainsi. Il est vraiment temps de faire table rase du passé, de l’utiliser à des fins littéraires uniquement, de cesser de m’en faire avec les fantômes qui n’existent plus dans ma vie.

Hier, en revenant d’une belle journée remplie d’amour et d’amitié, mon chum a croisé un vieil ami. Et le souvenir est revenu comme un train qui frappe; ce vieil ami, c’est une personne avec qui j’ai échangé quelques phrases, il y a dix ans. Il avait posé un avertissement. M’avait dit que je devais me méfier de mon ex. Que ce n’était pas tout à fait la personne qu’il disait être. Après 10 ans, j’ai reconnu qu’il avait raison sur le fond. À l’époque, ça ne servait à rien de me prévenir, c’était trop tôt. Mais comme tous les conseils que l’on reçoit, on les comprend souvent à retardement. Ça fait partie de l’apprentissage. Pourtant, je sais très bien que j’aurais fait à ma tête quand même. Que l’amour est plus fort que tout, même devant des avertissements clairs et directs. It’s the game, the game of life. 

Défi Nano

nano

Bonjour! Alors, allez-vous bien après toutes ces fêtes d’Halloween? Sérieusement, je n’ai jamais vu autant de photos de déguisement sur ma timeline! Moi qui n’aime pas l’Halloween, haha, tant mieux si vous avez eu du fun!

J’en ai eu aussi, rassurez-vous! Et j’ai trouvé ça bien drôle de voir mon mec complètement pété, parce que habituellement, c’est mon rôle haha! Je n’ai pas grand-chose à écrire ces temps-ci, et je dois même vous avertir que je n’écrirai que très peu au mois de novembre, probablement, parce que j’ai accepté le défi de faire le NanoWrimo. Il s’agit d’écrire 50 000 mots pour un roman pendant le mois de novembre. C’est un défi complètement débile, mais j’avais besoin d’un bon coup de pied au cul pour arriver simplement à me remettre en phase d’écriture. Je pense que pour le Jour 1, je peux dire: mission accomplie. Je viens de pondre 2 741 mots! Je ne sais pas si c’est l’influence de l’Halloween qui vient de se passer, mais j’écris vraiment du stock sadique. Je m’enligne vers un projet de roman complètement débile (like usual), mais cette fois-ci, je tente l’éloignement complet de ma vie. Je découvre des personnages bien étranges durant mon écriture. C’est intéressant. Mais surtout, je retrouve le chill qui me parcourt l’échine lorsque j’écris, et ça, on peut déjà dire que ce n’était pas arrivé depuis 2 ans au moins!

Honnêtement, le but du NaNoWrimo, ce n’est pas d’écrire un roman parfait, c’est simplement de se forcer le cul à pondre du texte pendant un mois. Les autres mois qui suivent servent à se réviser et à se corriger. Même si le Jour 1 a été splendide, je ne me fais d’illusions, il y aura des moments difficiles, des pages blanches et beaucoup de doutes. Mais ça fait partie de la game, et sérieusement, si je réussis à écrire au moins 30 000 mots durant novembre, ce sera toujours bien ça!

J’ai pondu un plan de roman qui traînait dans ma tête depuis 1 an (c’est ma méthode habituelle) jeudi dernier. Et c’est drôle, mais parfois, il suffit d’avoir un premier plan pour que toutes les pièces se mettent en place. Je n’ai aucune idée de l’avenir de ce projet, je ne sais pas s’il me tient assez à coeur pour que je puisse en faire quelque chose de concret, tout est tellement hypothétique, mais c’est le beau de la chose.

Il faut se rendre à l’évidence; on ne changera pas le monde de personne ici. Le temps est révolu en ce qui a trait à la littérature. Non, la littérature ne change pas la vie, sauf peut-être la vie de l’auteur qui écrit. Et ça m’a pris du temps, mais je me rends compte que c’est cette forme d’art qui manquait à ma vie depuis quelques années déjà.

Je ne prends aucun engagement, sauf celui de tenter de réussir ce défi un peu fou. On verra bien où ça me mènera, et le beau de la chose, c’est que le NanoWrimo, c’est écrire sans vraiment se relire. Donc, on pond du texte, on en vomit, et on verra plus tard si on peut en faire du sens et une histoire. C’est donc un défi à suivre, et j’en reparlerai sûrement au cours des prochaines semaines!

Pour ce qui est de mon roman précédent, la fin est vraiment tout près. Quelques copies à peine disponibles, des librairies bientôt en rupture de stock, j’ai réussi mon pari avec ce livre-là, mais là, je dois continuer et avancer. Si vous souhaitez faire un beau cadeau de Noël à quelqu’un de votre entourage, il est encore temps de lui acheter Peut-être jamais dédicacé!

Bon mois de novembre à tous! (ouch! J’oubliais que j’allais gagner une année aussi ce mois-ci lol)!

Cela porte-t-il malchance de dire que nous sommes heureux?

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Aujourd’hui, je me questionne à savoir si c’est porteur de malchance que de dire que nous sommes heureux à la minute présente. Il me semble que le peu de fois où j’en ai parlé, les badlucks sont arrivés 24 heures plus tard. On fait le pari? Go.

Vraiment. Il y a quelque chose de maléfique à dire que nous sommes heureux à la seconde près. Je ne sais pas si je suis trop superstitieux, mais pour l’instant, je m’en fous; c’est tellement rare de se rendre compte que l’on atteint une passe heureuse, que je préfère l’immortaliser tout de suite, au risque que cela ne dure que très peu de temps.

Avec les années qui passent, je me rends compte qu’il y a du bon à faire du ménage dans sa vie et dans ses relations. C’est peut-être le fait de vieillir, mais je laisse de plus en plus les relations complexes et fucked top derrière moi. Peut-être que je n’en ai plus la force, mais je préfère dire que je n’ai plus de temps à perdre avec des gens qui ne me méritent pas. Il n’y a pas à dire; depuis quelques semaines, je me sens zen (malgré un sautillement de l’oeil qui semble m’annoncer que je suis trop stressé; je mets cela sur le dos du processus de l’achat d’un condo). Justement, le bonheur se met peut-être en place parce que tout semble bien s’enligner, mais je ne suis pas dupe, je sais que je vais en baver d’ici un an!

On laisse ces mauvais présages de côté et on en profite. On en profite pour dire que tout va bien dans ma vie. Que ce soit au niveau du poids, en raison du fait que je ne consomme plus, peut-être aussi parce que j’ai appris à aimer courir et que c’est rendu une obligation (ouais, je rentre dans le moule du mec fatiguant qui fait du jog!).

Mais avant tout, je me rends compte que couper les ponts avec les personnes néfastes dans ma vie me fait un bien fou. Il y a vraiment eu un déclic ce dernier mois; j’ai décidé de laisser-aller. Ça va jusque dans la promo de mon dernier roman; il faut se rendre à l’évidence; la fin est arrivée, et je l’accepte avec le sourire. Avec à peine une douzaine de livres à vendre, je me fous un peu de rester avec ces exemplaires. J’ai plutôt envie de passer à la nouvelle étape, de me remettre à écrire sérieusement, de prendre du temps pour moi; pour mes petits besoins de jeunes adultes. Me la jouer égoïste avec les gens que j’aime et qui importent. Je reçois encore des commentaires extrêmement positifs sur mes écrits, et ça me remplit de bonheur. J’ai déjà commencé à faire mes impôts. L’aventure de Peut-être jamais m’aura rapporté au minimum 10 000$. Ça ne paraît pas être grand-chose pour 5 ans d’écriture (et de souffrances), mais je sais que plusieurs de mes collègues n’arrivent même pas à recevoir deux ou trois mille dollars de redevances. Alors, je ne peux que me compter chanceux d’être un écrivain au Québec qui a réussi à percer en France. Après une année et demie à m’asseoir sur mes acquis, il est temps de me remettre dans une position délicate; il est temps d’écrire autre chose. Je pense que le prochain roman s’éloignera de moi, mais je garderai inévitablement les thématiques qui me sont chères. Elles seront simplement explorées d’une autre manière, d’une manière qui ne me touche plus autant personnellement. C’est un pari à suivre!

J’ai passé une superbe fin de semaine, d’abord samedi avec les amis de mon chum, à faire un rallye dans la forêt, à sentir le grand air, à regarder les belles feuilles remplies de couleurs. C’était beau, c’était bien, j’ai rencontré des gens très sympas. Je remercie mon chum d’avoir des amis aussi extraordinaires. C’en est suivi un beau souper à Saint-Sauveur avec ma belle Anna et son amie Stéphanie, une des premières lectrices de Peut-être jamais d’ailleurs. On a eu un plaisir fou, et c’est exactement ce genre de moments que je veux multiplier à l’avenir.

J’ai passé Thanksgiving avec mes parents. Ma mère se remet tranquillement d’une opération à l’oeil. Tout semble bien aller pour elle. Je me sens rassurée, car je la vois rayonnante. Et c’est hier seulement que je me suis rendu compte que c’était bon d’être en famille intime, d’éloigner justement les mésententes familiales à cause d’une ou deux personnes. Ce beau souper n’avait rien à voir avec les soupers médiocres que je pouvais vivre en compagnie de mon ex. J’ai vu que mes parents appréciaient réellement mon nouveau copain, et que c’était réciproque. Ça m’a fait penser aux soupers que je pouvais vivre avec mon ancienne copine. Mais à présent, je peux être celui que je suis vraiment. Un mec qui aime un mec.

On a discuté de mon prochain condo; j’ai l’impression que c’est un projet qui tient beaucoup à coeur à mes parents, et ça me fait chaud au coeur de le savoir. On a discuté famille, avenir, bébé, adoption, travail et promotion. Je sais que les années qui s’amènent ne seront pas nécessairement faciles, mais elles me donnent beaucoup plus espoir que lorsque je me droguais chaque fin de semaine pour vivre du sexe minable ou pour oublier ma misère solitaire.

Hier, j’ai dit à mon meilleur ami que ça y était; que je commençais ma vraie vie d’adulte. Et pour une fois, je ne regrette pas ma jeunesse. Certes, elle m’a permis de me définir en tant qu’homme, mais je ne l’envie plus (trop de maux de coeur, de maladresse, de non-dits et de manipulation émotionnelle).

Je suis à une étape de ma vie où j’ai envie de rencontrer de nouvelles personnes accueillantes, sans jugement, où j’ai envie de découvrir des parcours différents, des gens qui ne te rabaissent pas dans ta face ou dans ton dos. J’ai beaucoup d’amour et d’amitié à donner, mais je n’ai plus de temps à perdre avec des relations qui tournent à vide; je n’ai surtout plus l’intention de me battre pour des gens qui ne veulent pas de moi, ou pire, qui veulent que je modifie mes comportements pour plaire à leurs critères.

Je suis ce que je suis, je m’accepte de plus en plus dans ma tête, dans mon corps et dans mes choix de vie. Je me rends compte que j’ai trop longtemps écouté les autres; me faisant dire que je ne valais pas grand-chose, ou pire, que je devais faire ceci ou cela pour valoir plus aux yeux de certains. Ça n’a plus d’importance à présent. Je vis pour moi, pour mes envies, pour mes désirs, et pour ceux que je respecte, parce qu’ils me respectent à mon tour.

Bon Thanksgiving à tous!

Avancer

condo

La vie est parfois très très lente, puis lors de certains moments, tout s’accélère et on comprend souvent tout ce qui nous ralentissait autant.

Ce n’est pas qu’il ce soit passé des choses extravagantes dans ma vie au cours des dernières semaines, mais c’est simplement le relent des expériences passées et le recul de certains événements qui m’ont fait accélérer dans ce que je peux considérer mon nouveau point de départ.

Je dois l’avouer, ma dernière entrée de blogue a fait jaser plus que je ne le croyais. Comme quoi, il suffit d’écrire quelques mots comme masturbation, sperme et homosexualité pour sonner une cloche chez les gens et se propager sur la toile. Je prends note!

En fait, ma dernière entrée a été écrite à chaud, en revenant de la soirée où j’avais rencontré Jean-François (roman Pile ou Face, et un peu au début de Peut-être jamais pour ceux qui suivent mes écrits). Enfin, «rencontré» est un grand mot. Croiser du regard serait plus approprié. Je crois que c’est extrêmement libérateur d’avoir vécu cette soirée. Malgré mes mots maussades qui ont suivi.

Pourquoi au juste? Parce que ça m’a permis de relativiser sur mes amours passées. Depuis quelque temps, je sens le détachement complet se faire à propos de mon passé, et je dois avouer que c’est l’une des premières fois de ma vie que je vis ce genre de feeling. Ne plus en avoir à foutre ne veut pas dire nécessairement oublier tout ce qui a précédé, mais au moins, émotionnellement, en faire le deuil et régler tout ça une fois pour toutes. C’était déjà chose faite avec le premier amour depuis longtemps, mais c’était plus difficile avec mon ex. Pourtant, à présent, je me sens libre. Je sais, je sais, je suis un mec de cycle, et ça me prend environ 5 ans pour en finir avec l’histoire d’avant, et j’accepte ma lenteur (chacun son rythme dans les deuils).

J’ai enfin compris qu’il n’y a plus rien à faire quand on ne peut plus rien retirer d’une relation. Je suis Scorpion. Je m’attache aux gens et je ne les laisse que rarement partir, à moins que ce soit ma propre décision. Évidemment, la vie nous joue des tours et comme on ne peut pas contrôler les gens, j’ai parfois souffert du départ de certaines personnes. Mais j’en suis venu à me dire que, dans le fond, j’ai eu tout ce que je désirais avec mes anciennes relations. Il n’y a plus rien à retirer de tout ça. Et s’il y a quelque chose qui me frustre (et qui me permet de tirer la plogue plus facilement), c’est bien de me faire ignorer ou de me faire rayer de la vie de quelqu’un sans autres explications.

Et c’est exactement ce qui s’est passé avec mon ex. En quelque sorte.

J’ai toujours dit que la meilleure preuve d’amour, ce n’était de ne jamais attacher quelqu’un à nous. Et je continue dans mon exploration de cette maxime. Par contre, mon côté scorpion n’accepte que très rarement de reprendre quelqu’un qui m’a jeté. Je l’ai déjà fait, et ça ne m’a qu’amené du négatif. J’ai donc naturellement décidé de classer cette histoire pour de bon. Il n’y a plus rien à tirer de tout cela depuis longtemps de toute façon. À force d’avoir voulu aider des gens qui ne se rendent pas compte de tous les efforts qu’on met pour eux, on perd l’intérêt. Et c’est exactement ce qui s’est produit. Je reprendrai donc mon franglais de ma dernière entrée: I don’t care anymore.

C’est fou comme c’est libérateur. Je me dis que j’avais peut-être besoin d’un nouveau projet pour m’éloigner de toute cette noirceur. Présentement, c’est le projet de condo qui m’en demande beaucoup. En 2014, le projet de roman m’en demandait encore plus, mais il était relié de façon malsaine à cet ex. Aujourd’hui, plus rien ne nous relie, et le cordon semble officiellement coupé. Alors, je lui souhaite la meilleure des chances dans sa vie. Et je me tourne vers le présent et l’avenir.

Ces derniers jours, j’ai capoté un peu. Je n’avais pas compris qu’acheter un condo neuf demande tant de prises de décisions. C’est quasiment comme avoir une entreprise privée. Et comme je ne suis pas un grand amateur de design et que je ne connais rien aux tendances cuisine et salle de bain, je dois dire que l’aventure s’est vécue en montagnes russes! Mais, ce soir, tout a été décidé. Et j’assume assez bien mes choix. Reste à voir comment ça se transposera une fois réalisé, mais ça… c’est à suivre… en avril prochain!

Voilà donc ma nouvelle aventure à court terme. Comme vous commencez à me connaître, vous savez que j’aime me la jouer dramatique. Donc, je n’arrête pas de pousser mes craintes, du style: «je vais faire faillite!», «je vais haïr ça», «le promoteur va me crosser, je le sens», «mais dans quoi je me suis embarqué?», etc, etc, etc. Mais ça fait partie de la game, et il faut simplement que je me calme les nerfs. Après tout, ce n’est que du matériel et du cash. Vaut mieux se concentrer sur les relations et les gens.

Avec tout ça, c’est aussi le temps d’en finir très bientôt avec la vente de mon roman. Ça tombe bien, il ne reste pas beaucoup d’exemplaires à vendre. J’en ai 13 en ma possession, et voici la liste des autres endroits où vous pourrez le trouver (à noter que Archambault a réussi à avoir quelques copies supplémentaires! Eh oui, peu importe le Archambault, vous pouvez le demander à votre librairie locale si vous ne vivez pas près de Montréal!):

Vous pouvez encore commander votre exemplaire avec la promo dédicace + bande-sonore et précédent roman en format numérique (Comme si de rien n’était) sur la page du roman au www.peut-etre-jamais.com!

À toi, mon passé

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À toi, mon passé, envers lequel je n’ai aucune animosité, aucun regret et surtout pas de remords. Ce soir, il s’est passé un beau grand déclic dans mon petit cerveau d’être humain. Et c’est en anglais que ça sonne le mieux; I don’t care anymore.

C’était une soirée somme toute anecdotique. Quelques verres avec de bons amis, puis quelques rencontres avec des fantômes du passé. Tu en faisais partie. Un simple verre nous séparait. Toi, à l’extérieur. Moi, à l’intérieur. Je t’ai naïvement attendu. Je me disais qu’après tout ce temps, je n’étais plus un danger. Tu m’avais même dit, il y a au moins 10 ans de cela, que tu n’avais rien contre moi. Mais la fierté et l’orgueil sont des moteurs puissants. Je suis convaincu que tu n’avais aucune intention de protéger quoi que ce soit. Ta virilité? Tu l’as prouvé depuis bien longtemps. Ton hétérosexualité? Tu as amené ta preuve avec toi. Rien d’autre ne nous séparait qu’un simple verre, quelques pas à peine à franchir. Tu sais très bien que je n’aurais jamais osé faire ces quelques pas, parce que moi, je n’ai jamais rien eu de négatif à dire envers toi. J’en ai peut-être trop dit à l’époque, j’ai peut-être causé un bouleversement trop énorme dans ton petit coeur d’adolescent, mais entre toi et moi, ce n’était que des babioles. Rien de fatal. Rien qui aurait pu nuire à ta si belle réputation de garçon parfait.

Je te fais sans doute encore peur. En raison de mes mots. En raison de ce que je balance sur le Web. Tu t’es probablement arrêté depuis 15 ans. Me lire te trouble probablement encore trop. Peur de découvrir un mot de trop envers toi. Mais ne t’inquiète pas, je me contrebalance complètement de ta vie, comme tu le fais si bien envers moi également. Il n’y a pas de malaise, il n’y a pas de rancune, il n’y a rien, en fait.

Je n’ai aucune intention de régler des comptes, car ils se sont effacés depuis un très long moment. 15 ans. 15 ans pile. Ne fais pas l’innocent. Tu m’as remarqué. Je t’ai remarqué. Tu t’es éclipsé; tu avais sans doute peur de dévoiler ton passé à ton entourage. Tu as probablement tant travaillé à le rendre lisse et limpide. Et ça me fait sourire. Ce soir, j’ai appris que je pouvais encore terrifier quelqu’un. Au point où un simple bonsoir poli n’était pas de mise. Et une vieille amie du secondaire me l’a confirmé; Il n’a pas envie de te parler. 

Ne t’inquiète pas. Je m’en doutais.

Je ne suis pas triste. Ni nostalgique. J’ai déjà tellement donné. Ça m’a fait sourire. Étrangement. Parce que je me posais vraiment la question. Va-t-il faire ce premier pas, ou sera-t-il lâche jusqu’au bout? Réponse nette et précise. C’est tout ce que j’avais besoin de savoir.

Ne t’en fais plus. Nos secrets vont mourir du passage du temps. Je ne parlerai plus de ces trois ans de découvertes. Je ne dirai rien sur les multiples tromperies envers nos copines de l’époque. Je ne parlerai pas des masturbations mutuelles après minuit. Ni du partage d’une brosse à dent après avoir tenté de se foutre un doigt au cul. Pas un mot sur nos frenchs sous la douche. Rien sur le fait de m’étouffer sous la force de ton sperme dans ma gorge. Rien non plus sur le partage de ma copine de l’époque; à t’embrasser pendant que tu pénétrais probablement l’une des premières femmes de ta vie. Une vraie femme. Ne t’inquiète pas, je ne me vanterai pas de tout ce que je n’ai pas dit dans le roman Pile ou Face. Pas un mot sur l’après-bal, où tu m’as choisi pour te sucer en pleine rue alors que tu avais ma cousine à disponibilité, pas un mot sur notre séance photo pornographique, pas un mot sur l’orgie à 5 qui nous a presque coûté la vie parce que je voulais faire foncer la New Beetle dans un mur après cette soirée atroce. Pas un mot sur la douleur de te perdre pour un simple trip ridicule qui aura marqué la fin des choses entre nous. Non, tu n’as pas à craindre. Tes amis, ton petit cercle, personne ne saura rien. Tu conserveras ta chère réputation.

Et je souris encore, parce que je sonne un peu amer, mais j’en ris. Jeunesse, oblige. Mon grand, sache que je n’ai jamais voulu faire de toi un pédé. Tu as dessiné ta voie comme tu l’entendais. Avec des phrases comme une bite n’a pas d’oeil ou encore sucer, c’est pas pédé. Et je te félicite. J’ai toujours douté, un peu, je l’avoue, que tu finirais comme moi. Mais ce n’est pas le cas. Pas pour le moment. Ce ne le sera probablement jamais. Mais qui sait ce que tu fais en cachette. Ça ne me regarde pas. Après tout, tu te traitais toi-même de bisexuel, et à maintes reprises appart ça. Te souviens-tu notre promesse? On se reverra à 40 ans. Peut-être. À toi de voir, moi je n’ai aucun problème à assumer ma vie, à assumer mon passé et le fil de nos histoires qui se sont croisées. Je constate même que tu fais des efforts, tu as même des amis gais. Bravo. Qui sait ce que tu fais avec eux? Ça ne me regarde pas. Plus rien ne me regarde, en fait. Et je suis très zen avec ça.

Par contre, le fait de ne pas avoir encore assez de couilles pour venir mettre le passé à plat, ça, je ne peux m’empêcher de trouver ça cheap. Mais je me rappelle trop bien que c’est ta façon de faire. Même à l’époque, tu le disais toi-même: on est toujours seul. Même les meilleurs amis ne dureront pas. Tu n’as peut-être pas tort. Mais à 16 ans, ce genre de discours m’avait détruit. Il me faisait perdre mes illusions si vite sur les amitiés et les amours. Car perdre ami et amour à la fois, ce n’est jamais facile. Mais t’inquiètes, d’autres clones de toi-même t’ont vite remplacé. Et force est de constater que tu n’avais pas tort.

Le processus fut sensiblement le même avec mon ex. En fait, je me rends compte que je suis une bouée. Je suis serviable jusqu’à ce que l’autre retrouve le bonheur et s’éclipse. Mais au final, toutes ces histoires m’ont fait réfléchir. N’est-ce pas la même chose pour tout le monde? Nous sommes des bouées les uns pour les autres, jusqu’à ce que nous trouvions mieux ailleurs. Et le cycle se répète infiniment. C’est la nature humaine. I like you a lot, until…

Je te remercie ancien amant-ami. Te revoir à travers une fenêtre m’a fait réaliser bien des choses. Je m’étais toujours demandé pourquoi j’avais choisi la voie de l’écriture. Je savais bien que c’était pour me souvenir.  Mais aujourd’hui, je sais que c’était surtout pour trafiquer le réel. Parce que la fiction est bien plus alléchante. Mais tant mieux si tout ce processus me permet de retrouver l’écriture.

J’ai toujours été quelqu’un qui se cherchait en analysant ses propres expériences personnelles. Maintenant, je me suis trouvé. Il n’y a pas de réponse à fabriquer avec le passé. Il n’y a rien. Que du vide. Que des souvenirs qui ne veulent plus dire grand-chose. N’empêche. Une seule chose compte, à présent. Le présent.

Disponibilité des derniers exemplaires de PEUT-ÊTRE JAMAIS!

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Si vous n’avez pas encore acheté votre exemplaire de Peut-être jamais, voici les derniers endroits où vous pouvez vous procurer le roman. Cette fois-ci, c’est la «vraie» fin; il n’y aura plus de réimpression du roman.

Vous pouvez encore commander votre exemplaire avec la promo dédicace + bande-sonore et précédent roman en format numérique (Comme si de rien n’était) sur la page du roman au www.peut-etre-jamais.com!

CONCOURS POUR TOUS! 

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La fin de l’aventure approche

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Grosse semaine pour moi. Il s’est passé 14 000 affaires. Que ce soit mon bannissement de Facebook, mes pourparlers avec iTunes, les papiers de condo qui n’en finissent plus, le temps supplémentaire grugé par ma job ou la presque mort de mon chat Rémi… ouf, par où commencer?

Allons-y par le début; la fin de l’aventure du roman Peut-être jamais s’achève. Je ne suis pas à plaindre, ça fera bientôt 20 mois. Mais c’est Facebook qui a mis la hachette dans mon élan de ventes à l’international. Après avoir banni plusieurs de mes publicités pour ma bande-annonce, voilà que mon compte publicitaire a été banni au complet. Ce que ça signifie? Ça veut dire que je ne peux plus faire aucune publicité sur le réseau. Conséquence? Mes ventes en Europe se sont effondrées. Me voilà donc, avec mes 23 dernières copies… Il faudra bien que je me débrouille pour les vendre tout de même, et ça, c’est sans compter les exemplaires qui restent au Archambault et Renaud-Bray. Je fais confiance à ma bonne étoile, et peut-être à toi, qui lis cette entrée de blogue; c’est ta dernière chance d’acheter une copie, car je n’en recommanderai plus, puisque je n’ai plus de moyen pour publiciser mon livre.

On dit que rien n’arrive pour rien dans la vie. Eh bien, je vais tenter de me la jouer zen et de me dire que ça suffit. Ce roman a eu une belle existence. Il est temps de passer à autre chose, tout simplement. Si certains veulent m’aider à trouver preneur pour les derniers exemplaires, n’hésitez pas à communiquer avec moi! Au final, j’aurai vendu près de 1500 romans. Pas mal pour un livre que les éditeurs hésitaient à publier. Quelle sera la suite des choses? Je n’en ai aucune idée, je suis tellement pris dans différentes choses ces derniers temps. Ça m’amène à parler de iTunes, et de son système à la Kafka. Depuis avril 2014, iTunes retient mes paiements pour mes ventes de roman, sous prétexte que je dois leur envoyer des formulaires de taxes canadiennes. Je les ai envoyés deux fois, mais rien ne bouge, et les réponses se font rares et nébuleuses. Encore de l’argent que je ne suis pas certain de toucher. Les dessous du monde littéraire = beaucoup d’obstacles. Histoire à suivre, si Brandon du service des taxes peut enfin me répondre un jour…

Sinon, oui, j’ai acheté un condo sur l’île de Montréal. Projet un peu fou, mais pour le moment, j’aime ce que j’ai acheté. C’est du neuf. C’est tout près d’un métro. Je suis au Top de l’immeuble comme je le voulais, avec un balcon vers les feux de la Ronde et un accès à la terrasse du toit. J’ai obtenu un deal dans mes prix, enfin, il y a tellement de flou dans ces histoires d’achat, que je ne sais pas si je m’en sortirai. À suivre ici aussi. C’est pour avril 2016.

J’ai vécu beaucoup de stress ces derniers jours. J’ai pleuré beaucoup. Je croyais que je vivais mes dernières 24 heures avec mon chat, Rémi. Pour ceux qui ont lu mon roman, inutile de dire que la fiction a presque rejoint la réalité, mais pas aussi rose bonbon. L’idée de perdre mon chat m’a inévitablement fait penser à mon ex, et à tout le chemin que j’avais parcouru depuis. Reste que toute cette histoire me semble triste à mourir. Mais la mort fait partie de la vie. Et ça m’a donné une bonne impression de ce qui s’en vient à l’avenir, malheureusement. On ne sait pas encore ce que Rémi a. Peut-être une bactérie, peut-être un virus, peut-être une grosse fièvre pour avoir avalé de quoi. D’ici deux semaines, si son état ne s’améliore pas, je devrai retourner chez le véto. Encore une histoire à suivre…

J’ai l’impression que ma vie s’accélère. Ou que le monde adulte m’avale et me dit que c’est le moment de faire un homme de moi. C’est sûrement ça, et pour l’une des premières fois, on dirait que j’accepte de me faire absorber par ce monstre. En me regardant dans le miroir, je vois bien que l’adolescent en moi s’éloigne de plus en plus. J’ai encore quelques dépendances à régler, mais elles sont d’ordre mineur. Je suis fier de ne plus me saouler, de ne plus toucher aux bouteilles de vin si facile à vider. Je n’ai été saoul qu’une seule fois durant tout l’été, et c’était la semaine passée. Je me sens prêt à vieillir. Même si cette semaine m’a rentré dedans comme un 18 roues. Wellit gets better, comme on dit.

L’art de garder ses amitiés?

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Eh là, là. Ça devient de plus en plus difficile de tenir un blogue et d’y écrire avec le coeur. Non pas que l’envie n’y est pas, c’est surtout qu’à mon âge, je devrais avoir passé le trip journal intime. Et pourtant, je me rappelle tendrement ma jeunesse où je pouvais venir vomir tout ici dans l’anonymat. À quoi sert un blogue personnel passé l’âge de 30 ans?

C’est une question que je me pose de plus en plus. Non, ce n’est pas une annonce de fermeture (comme j’ai pu en faire le long de nos nombreuses années ensemble depuis 1999). Au final, le processus d’inversement s’est fait complètement; ça y est, je parle beaucoup plus de ma vie dans mes romans que sur ce blogue. Il faudrait que je le voie comme une réussite. Je suppose.

Mais je trouve difficile de parler des sentiments et des émotions sans établir le contexte réel des situations. Je m’étais d’ailleurs promis de ne pas faire ce que je suis en train de faire aujourd’hui, soit écrire aux petites heures du matin, dans un état de doute un peu embrouillé et mélancolique, propre aux premières lueurs des samedis de fin d’été, sous le nouveau vent qui annonce l’automne. Mais j’y suis, déjà lancé, alors voilà.

J’aurais envie d’écrire combien il est éprouvant et difficile de voir quelqu’un près de moi s’enfoncer, descendre dans des abîmes qui semblent sans fin, pour aller toucher un fond qui semble encore loin. Peut-être qu’il n’y a pas de fond. Et pourtant, j’ai placé tant de confiance et d’espoir en cette personne. C’est se sentir inapte et dans l’impossibilité de fournir une aide. Pour la simple et bonne raison que je ne suis pas bien placé pour fournir cette aide. Je peux donner mon oreille, je peux serrer le corps de l’autre dans mes bras et dire que ça va bientôt passer, mais mon rôle est limité. Que faire quand quelqu’un n’entend pas les conseils, qu’il ne semble pas comprendre qu’il faut aller chercher de l’aide extérieure? Je sais, je sais, il y a des moments où ce genre d’effort semble trop énorme… alors, comme une coquille, je regarde cette personne se refermer et s’isoler des autres.

Jusqu’à quel degré peut-on se mêler de la vie et des choix de nos amis? Jusqu’où avons-nous droit d’entrer dans leur existence? De les bouleverser au point qu’ils en retirent quelque chose de bon pour eux? Je me suis souvent mêlé de ce qui ne me regardait pas, et je l’ai regretté autant de fois. Depuis quelques années, j’ai appris à m’effacer quand je sentais qu’on ne voulait pas mon opinion ou qu’on ne voulait pas écouter ce que j’avais à dire. Je ne parle pas de critiquer l’autre gratuitement; je parle de le réveiller de son état léthargique, de tenter de lui ouvrir les yeux. Mais le manque de recul donne un résultat contraire: je deviens la cible, c’est moi que l’on hait, que l’on accuse de ne pas se mêler de ses affaires.

Je remarque que la plupart des gens qui ont un mal-être autour de moi cherchent à se réveiller un matin, guéris, complètement. J’ai beau expliquer que les solutions miracles n’existent pas, que c’est le parcours pour arriver à la transformation qui importe, pas simplement le résultat. Mais comment expliquer cela à quelqu’un qui ne voit pas de lumière au bout du tunnel (sans jeu de mots). Je deviens alors témoin; témoin de la tristesse, de la nostalgie, des regrets maudits et des choix malsains. Je ne peux que regarder, attendre, et être là, que les nuages restent sombres ou qu’ils finissent par se dissiper.

Avec le recul et le temps, je pense que j’ai moi-même été dans cette situation un peu folle. Celle où l’on sent le sol se dérober sous nos pieds, ce moment où plus rien ne semble faire de sens, où l’on souhaiterait justement mourir ou nous téléporter vers notre nouveau moi, sans passer par les étapes cruciales et douloureuses de la guérison. Quand je regarde vers l’arrière, je constate que j’étais peut-être pareil; dans une semi-dépression, à ne pas trouver de moyens plus efficaces que d’engourdir le mal. Comme je l’avais déjà fait de nombreuses fois, quand tout n’était pas encore si près du gouffre.

Alors, aujourd’hui, j’observe. Je comprends. Je conseille parfois timidement, mais je sais que je ne peux pas me mettre dans la peau de l’autre, et même si je ressens ce qu’il vit, le cheminement se doit d’être réalisé étape par étape, sur la durée, avec les moments chiants et les soirées dramatiques.

Mais comment réagir quand l’autre s’enfonce tant que même nos avertissements et nos cris d’alarme ne suffisent pas? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je reste dubitatif, malgré la rage qui me surprend souvent. Ce n’est pas en déclamant des vérités que l’on offre de l’aide. Ce n’est pas en secouant l’autre ni en lui disant ce qu’il veut entendre.

Je pense que j’ai le défaut de la qualité d’un pur scorpion. J’aime mes amis comme j’aime dans une relation de couple. Je pique pour réveiller l’autre, pour obtenir une réaction, pour faire avancer les choses; mais le résultat n’est pas rose. Je deviens vite une cible, celui qui cherche l’attention, qui fait une scène avec quelque chose que la personne essaie de taire, d’oublier, d’ignorer.

J’ai pourtant appris le laisser-aller, avec une confiance aveugle (presque naïve), parce que j’ai toujours cette impression que lorsque les autres auront compris le cheminement à suivre pour s’en sortir, qu’ils auront réussi à s’extirper de leur mal; leur premier réflexe sera de revenir vers moi. Pas pour que je puisse entendre tu avais raison. Ça, ça n’a aucune importante (et je peux me tromper par moment). J’ai surtout la naïveté de croire qu’après une grande noirceur, on reconnaît ceux qui ont voulu nous aider, qu’on comprend même pourquoi ils ne voulaient pas nous conseiller trop drastiquement.

Malheureusement, il est très rare de recevoir le juste retour du balancier. Dans le meilleur des mondes, l’histoire est oubliée, et on fait comme si de rien n’était. On publie son bonheur (réarrangé) sur Facebook, et on récolte les félicitations à demi-mot. Car peu de gens connaissaient vraiment notre état. Je parle évidemment pour les autres, car si je me retourne et me regarde, j’ai fait tout le contraire, en exposant des années de douleurs vives sur le Web. Mais je suis une exception, un être différent, celui qui s’est toujours dit que toute bonne chose (ou mauvaise) pouvait s’expliquer par écrit, et avec une profondeur beaucoup plus longue que 140 caractères ou un statut ambigu sur les médias sociaux.

Ça fait bizarre de se retrouver dans la peau de celui qui est passé par-dessus la déprime, et qui observe maintenant ce mal chez d’autres personnes. Et je le dis sous toute réserve, car on n’est jamais à l’abri d’une rechute. N’empêche. Je ne comprends peut-être pas la dépression médicamentée, car je ne l’ai jamais vécue et je n’ai jamais rien pris pour ça, mais j’ai souvent l’impression de me reconnaître dans les chemins sinueux des autres. Pas facile de ne pas vouloir aider, de se taire et de hocher la tête en silence. C’est pourtant ce que je fais avec beaucoup de personnes autour de moi ces temps-ci. J’ai cessé de les compter. Je constate simplement qu’il y a une multiplication ces derniers mois. C’est correct, ça vient souvent par passe. Le bonheur fout parfois le camp en groupe. Mais je me sens tout de même impuissant, à regarder des scènes malheureuses tout en me disant que mon rôle est d’écouter, pas de suggérer.

Je crains surtout l’avenir à court terme, les folies passagères et les actes de désespoir. Mais je reste ouvert et je dis haut et fort que ces personnes peuvent compter sur moi en temps de crise. M’écouteront-elles? C’est le grand point d’interrogation; une question à laquelle je ne souhaite pas tout à fait répondre, par peur d’apprendre de mauvaises nouvelles.

Pour ceux pour qui l’amitié compte plus que tout, le deuil est cruel et très prenant. Il y a beaucoup d’énergie consacrée à se retenir, à laisser nos idées préconçues de côté et à ne pas envahir l’autre de nos solutions souvent trop simplistes. Je ne cherche pas à donner un cours, je dis juste qu’il est plus bénéfique d’éviter les conversations moralisatrices. Il faut offrir son écoute active, sans se transformer en pseudo-psychologue. Un grand défi quand on voit l’autre dépérir devant nos yeux. Pas facile de «refuser» de jouer au sauveur.

Et puis, égoïstement, il y a aussi notre propre personne. Tout parait si simple quand on conseille les autres, mais arriver à appliquer nos propres analyses à nos situations personnelles se révèle souvent plus difficile, par manque de recul peut-être, mais aussi par orgueil. Car celui qui conseille se donne trop souvent le rôle de quelqu’un qui a réussi là où de tristes âmes sont en train d’échouer. Pourtant, c’est le syndrome de l’Iceberg; on vit tous des échecs et des déceptions sous la surface. Ils sont essentiels à notre cheminement. Quand quelqu’un me dit que c’est facile pour moi, car j’ai, à ses yeux, tout réussi, je retiens un rire nerveux. J’ai envie de me dire: s’ils savaient… ou plutôt; s’ils avaient vraiment porté attention aux petits détails, ils auraient su. 

Je m’en voudrais probablement si toutes ces déprimes se résorbaient en mort d’homme. Je m’invectiverais sûrement de ne pas avoir assez confronté l’autre, pour l’empêcher de tomber dans une solution qui semble régler tout à court terme. Pas facile, pas facile du tout quand on voit des gens dépérir sous nos yeux.

Et ne parlons pas de ceux qui n’allaient pas bien, et qui ont fini par nous quitter malgré tout. Peut-être sont-ils plus heureux aujourd’hui, mais ça, je ne le saurai jamais. Je ne m’en fais pas avec ça. S’ils ont à revenir, je les accueillerai avec amour et compassion. Je me trouve quand même bizarre d’accorder autant de fidélité aux amitiés. Je ne sais pas ce qui explique cela. C’est un peu la peur de la perte, je suppose. Mais c’est inévitable aussi.

Alors voilà, j’ai parlé en parabole, pour éviter de plonger dans un sujet qui me bouleverse encore par moment. Ce n’est pas une mince tâche de se dire qu’il n’y a rien à faire, que même le plus grand geste que l’on pourrait poser (en quelque sorte, il s’agirait de forcer l’autre à consulter) ne suffit pas. Il ne reste donc que la confiance envers le temps. Mais le temps est si long et si rapide à la fois.

Dans ma vie, j’ai certes abandonné des amitiés pour le bien de ma propre santé mentale, mais je sais surtout que je me suis fait abandonner, parce que je donnais trop mon avis, parce que les gens préféraient peut-être éviter de me décevoir, ou alors ils étaient peut-être honteux de rester aussi longtemps dans le même pattern. Pourtant, je suis l’exemple parfait du mec qui a vécu 5-6 ans de calvaire en public. Mais il vaut mieux arrêter les comparaisons ici. J’ai appris que l’on ne pouvait pas se targuer de connaître la douleur de l’autre, même si on l’avait vécue d’une manière similaire. Il faut se rendre à l’évidence; il y a autant de solutions pour s’en sortir que d’être humains sur la planète. Il faut juste relativiser.

Et ça, la relativisation, c’est la partie la plus difficile.

Surtout si on se met à l’expliquer à l’autre.

Un jour, j’en ferai un roman. Ouais. Un jour, peut-être. Ou peut-être jamais.

Après un mois de silence

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J’aurais pouvoir aimé dire «après un mois de vacances», mais ce serait un énorme mensonge, car je n’ai pas de vacances – en tout cas, pas de longues semaines! J’ai choisi volontairement de prendre une pause de mon blogue, parce que c’est l’été et je suis humain, après tout! Ça fait du bien de s’éloigner un peu, par moment.

Est-ce que j’ai réalisé tout ce que je voulais faire pendant mon été? Loin de là. En fait, mon constat est plutôt simple: on se donne beaucoup de défis pour la période estivale, alors qu’on devrait justement réduire le tout au minimum, et simplement profiter de ce que la vie nous présente. N’empêche, il s’est quand même passé beaucoup de choses dans ma vie, de petits changements, de nouveaux constats et de nouvelles résolutions.

La plus belle résolution réalisée déjà depuis mai dernier, c’est mon arrêt d’alcool. Surtout mon arrêt de vin. J’ai adopté la bière 3% Clear 2.0 de Sleeman (bonjour la pub gratuite!) et je m’en tiens à ça. C’est comme si j’avais enfin appris à boire avec modération, mais surtout, je n’ai plus l’envie de me saouler la gueule comme un porc, et je l’ai surtout constaté il y 2 semaines, quand je suis sorti en ville pour le lancement du DVD de Coming-out de mon ami Mathieu Blanchard. J’avais fait une exception à la règle, et après trois coupes de vin, j’étais saoul sur le carreau! Il faut croire que le corps s’habitue vite à ne plus être intoxiqué. Ce qui me plait, c’est que ce n’est plus un effort à fournir, c’est devenu naturel; l’envie de boire de grande quantité d’alcool m’est passée. J’ai confiance que ça dure.

Un autre grand constat dans ma vie, c’est que je viens de comprendre que mon époque « concerts » était peut-être révolue. Après avoir subi une énorme déception au concert d’Interpol au Métropolis à la fin juillet, je me suis rendu que je ne faisais que chialer sans cesse sur mon insatisfaction lors des concerts. C’est souvent lié aux setlists des groupes, je l’avoue, mais après réflexion, c’est de plus en plus lié à la maudite salle du Métropolis que je déteste. Le coup de grâce est arrivé quand, pour faire plus d’argent (pour accueillir plus de fans, diront les acteurs d’Evenko), la salle a décidé de retirer les bancs au deuxième étage. Déjà que ces bancs inconfortables n’étaient pas un luxe, maintenant nous avons droit à des gens évachés sur les comptoirs et debout pendant trop longtemps (surtout dans le cas d’Interpol où le groupe est arrivé sur scène à 23h). Après une bonne analyse de la situation, je me suis rendu compte que j’engloutissais d’énormes sommes d’argent (en frais afférents, hein Evenko!) dans tous ces concerts rarement intéressants. Car outre le billet de spectacle, il faut inclure l’alcool (quoique maintenant c’est moins imposant!) et ça inclut souvent une sortie en ville, donc resto et autres dépenses. Évidemment, je ne crois pas être capable d’éviter les concerts en tout temps. Par exemple, si Radiohead revient en concert à Montréal un jour, c’est clair que j’y serai. Mais je tenterai d’éviter le Métropolis le plus possible. C’est dommage pour Patrick Watson qui y joue en décembre, mais je m’en tiens à ma décision.

Est-ce que j’ai écrit durant l’été? Pas une miette. J’ai bien deux idées de projet, mais je ne suis pas encore rendu à l’étape de l’écriture. J’ai donc pris des notes, lu quelques ouvrages (pfff! Regardez le mensonge ici haha, j’ai commencé à lire quelques ouvrages serait plus adéquat comme formulation!) mais je ne me sens pas prêt encore. La paresse? Oui, il y a un peu de ça. Il faut dire que je suis encore bien occupé par la vente de Peut-être jamais. Je suis toujours dans un entre-deux concernant la durée de vie de ce projet. Je n’aurais pas cru vendre encore autant un an et demi après la publication. C’est une excellente nouvelle, mais c’est comme si je ne voulais pas que le roman meure. Et c’est peut-être ce qui m’empêche de me concentrer sur du nouveau. Parlant de vente de romans, Renaud-Bray et Archambault sont vraiment à fond dans le projet et ont tous les deux repris une bonne quantité de romans. C’était la deuxième fois pour Renaud-Bray (normal, car ils avaient demandé 125 livres lors de leur première commande) et c’est déjà la huitième fois pour Archambault. Je continue à être agréablement surpris de toutes ces ventes. Je suis présentement à sec niveau roman, mais je devrais recevoir une nouvelle commande d’ici 2-3 jours. Vous pouvez donc toujours commander votre exemplaire dédicacé, qui vient avec deux cadeaux, soit mon roman précédent en format numérique de votre choix (Comme si de rien n’était) ainsi que la bande-sonore du roman Peut-être jamais! Nous avons dépassé le cap des 1000 copies vendues depuis belle lurette, et qui sait, peut-être que je serai classé dans les best-sellers très bientôt (au Québec, on parle de best-seller dès 1500 exemplaires vendus!). À suivre! Si vous avez lu le roman et si vous désirez en parler, je vous suggère de joindre mes deux pages Facebook, celle du livre et celle de l’auteur!

Sinon, dans les autres nouvelles, ben… j’ai perdu 20 livres! Il faut croire qu’avec moi, c’est pendant l’été que je maigris, et pas pendant l’hiver! Évidemment, il ne faut pas se leurrer; la seule solution pour perdre du poids pour moi, c’est de diminuer la quantité de nourriture que j’ingère (certains capoteraient à voir comment je mange peu par moment), et d’accentuer le gym et le sport. Ah! Et le fait de ne plus vider de bouteille de vin doit m’aider aussi! J’ai aussi le projet de recommencer à courir en septembre. J’étais bien parti au début de l’été, mais mon cousin m’a lâché trop vite, et je n’avais pas encore acquis la confiance en moi pour partir courir tout seul (la paresse, encore?) Je dois avouer que j’aimais bien me faire pousser dans le cul par mon cousin. Dommage. Mais je sais qu’il faut apprendre à se «gérer» soi-même.

Bref, voilà pour les grandes lignes de ma vie pour cet été. Je tais d’autres éléments de ma vie, parce que vous savez qu’on ne peut pas tout raconter sur un blogue lorsqu’on devient connu. C’est maintenant mon cas, et je dois dealer avec ça. Bonne fin d’été à tous! Et merci encore de m’avoir encouragé dans mon projet littéraire un peu fou qui ne cadre pas du tout avec l’offre de livres sur le marché en ce moment! J’ai toujours pensé que j’avais un groupe de lecteurs différents des autres lecteurs traditionnels, et ça, j’en suis fier!

Retour en librairie + 3 playlists à télécharger!

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(oui, je cherchais une image qui mixait l’idée du roman et de la musique lol). Alors, ça y est! Peut-être jamais est de retour chez Archambault et chez Renaud-Bray. Pour Renaud-Bray, il faudra attendre encore quelques jours le temps que le livre soit distribué aux quatre coins du Québec, mais il est déjà possible de l’acheter sur le site des deux librairies. Si vous pensez à cette option, je vous invite tout de même à passer par www.peut-etre-jamais.com (dédicace du livre en prime!) Le roman est listé à 16,95$ en librairie et 15,95$ sur mon site Web!

Sinon, je me suis encore amusé à concocter une playlist musicale. Cette fois-ci, je l’ai appelé Dark, Twisted & Beated. Je l’ai séparé en trois parties de 25 chansons. Ce sont des MP3 que j’offre gratuitement pour un temps limité. Cela vous permettra de connaître de nouveaux groupes et d’aller ensuite encourager ceux que vous aimez! Je considère cette playlist comme une playlist parfaite pour les moments intimes (ou la baise!), pour un fond sonore lors des soupers, pour se préparer à sortir ou encore quand on revient d’une soirée. Plus rythmée et moins dramatique que mes playlists habituelles, quoiqu’on retrouve quelques moments d’accalmies ici et là! Pour vous donner une meilleure idée, je vous fait la liste de tous les artistes ainsi que des chansons de chaque partie. En connaissez-vous beaucoup? Si oui, félicitations! En espérant vous en faire découvrir un peu quand même!

Dark, Twisted & Beated PART1
01 – Dizzy wright -good times
02 – Massive attack -name taken
03 – Radiohead – Bloom Remix by Jamie XX
04 – Jungle – Julia
05 – Gus Gus – Over
06 – Dominik Eulberg – Die Alphenstrandläufer von Spiekeroog
07 – The Knux – Shine again
08 – Vitalic – Allan Dellon
09 – Röyksopp & Robyn – Every little thing
10 – Kanye West – New Slaves
11 – Deadmau5 – Slip
12 – ZHU – Faded
13 – Maps – Nothing
14 – Blur – There Are Too Many of Us
15 – Atoms For Peace – Stuck Together Pieces
16 – Naomi – How many loves
17 – Caribou – Selfish boy
18 – Herbert – The Last Beat
19 – Robyn – None of Dem
20 – Muse – DarkShines
21 – Janet Jackson – Velvet Rope
22 – Asaf Avidan – The Labyrinth Song
23 – Thom Yorke & DJ Shadow – Rabbit in Your Headlights
24 – Avia – Warm
25 – Gus Gus – This is what you get when you mess with love


Dark, Twisted & Beated PART2

01 – Röyksopp – Skulls
02 – Noctural Sunshine – Believe
03 – Major Lazer – Lean on
04 – Moderat – Versions
05 – Hot Chip – Started Right
06 – Emile Haynie – A Kiss Goodbye
07 – Red Snapper – Image of you
08 – Metronomy – The Bay
09 – Kinobe – Celestion
10 – Girls in hawaii – Mallory’s Height
11 – Spoon – The Ghost of you Lingers
12 – 3D and Vermona – Euan Me
13 – Dr. Dre – Still D.R.E.
14 – Thom Yorke – The Mother Lode
15 – !!! – Made Of Money
16 – Chinese Man – You suck me
17 – Archive – Parvaneh (Butterfly)
18 – Robin Schulz – Prayer in C
19 – Lady Gaga – Bloody Mary
20 – U2 – Cedars of Lebanon
21 – Danger Mouse & Daniele Luppi – Season’s Tree
22 – Von Daler feat. Natasja – Real Love
23 – Infinity Ink
24 – Villagers – Home
25 – Kruder & Dorfmeister (Lamb) – Trans Fatty Acid


Dark, Twisted & Beated PART3

01 – Flunk – Shoreline
02 – Portishead – Humming
03 – Apparat – Useless Information
04 – Broken Bells – The Angel and the Fool
05 – Fujiya & Miyagi – Vagaries of Fashion
06 – Kid Loco – Sleep [Doctor L Remix]
07 – Vitalic – Second Lives [LifeLike Remix]
08 – Beach House – Bluebird
09 – 13 & God – Beat on us
10 – The Presets – I Go Hard, I Go Home
11 – Kandle – Not up to me
12 – Blue Foundation – Ricochet
13 – Gui Boratto – Telecaster
14 – Dirty Elegance – Angelic Remedy
15 – Jamie Jones – Forward Motion
16 – Trentmoller – Shades of Marble [Remix]
17 – Tricky – Parenthesis [The Antlers Remix]
18 – Paul Weller – Wild Wood [Portishead Remix]
19 – Lana Del Rey – Honeymoon
20 – Britney Spears – Get Naked [I Got a plan]
21 – Burial – Ghost Hardware
22 – Zomby – Mozaik
23 – Bang Gang – Inside
24 – Massive Attack – Group 4
25 – Julien Knafo – La Confession

Les fichiers sont des fichiers .RAR, il vous faut un petit logiciel gratuit pour déziper ce genre de fichier. Ce n’est pas très compliqué, demandez l’aide d’un ami si vous éprouvez des difficultés 🙂 Je ne peux pas garantir que les liens seront fonctionnels au-delà d’une semaine, ne tardez donc pas à faire vos téléchargements! Bonne écoute!
UPDATE: Pour ceux qui avaient raté la playlist DOWN (voir 8 juillet pour le tracklisting), voici un nouveau lien (valide pour les 7 prochains jours): http://we.tl/xiKRRp1yqt et voici le lien de la playlist UPBEAT: http://we.tl/u3sRAlmIO7
Et au cas où, voici des liens miroirs valides aussi pour 7 jours:

Dark, Twisted & Beated PART1
Dark, Twisted & Beated PART2
Dark, Twisted & Beated PART3