Marcher contre l’autre

A silhouetted couple on a beach, walking away from each other. A seagull looks on.

J’ai renouvelé Pile ou Face pour une autre année, puis je me suis demandé pourquoi? Ouch.

Je ne pense pas que ce soit parce que je n’ai plus rien à dire. C’est juste que j’essaie de me protéger, de protéger les gens autour de moi. Il est loin le temps où je pouvais bavarder de toutes les expériences que je vis. Enfin, disons que l’innocence d’Internet n’y est plus. J’ai relu les milliers de messages que j’avais reçus dans les premières années de ce blogue. On peut dire qu’il y avait des gens qui avaient des visions très précises de ce qu’allait devenir mon avenir. C’est correct. C’est juste un peu un choc de lire ça des années plus tard. Après 18 ans à écrire ma vie sur le Web, je me demande pourquoi j’ai ce besoin (maintenant très rare) de revenir ici pour raconter ce qui se passe. Je ne sais pas trop, c’est comme un enfant dont on veut prendre des nouvelles. Je prends des nouvelles de moi-même, je me demande où j’en suis. C’est peut-être sain. Ou pas.

En fait, je sais très bien pourquoi je reviens ici, maintenant. J’ai écouté une nouvelle fois le film Unfaithful avec mon chum hier. Oui, ça n’a pas très bien vieilli (et ça donne une claque dans face, parce que ça montre qu’on se fait vieux), mais c’est encore tellement poignant.

Revoir ce film, c’est comme une gifle. Parce que ça me ramène en 2002, quand tout était possible. Quand j’étais en couple avec une femme, même si on baisait un mec. C’est surtout la musique qui m’a frappé. J’ai dû retenir mes larmes à plusieurs moments, parce que… parce que je ne sais pas… oui, j’aurais eu à m’expliquer peut-être. J’ai même préféré sortir sur le balcon, laisser passer les images dans ma tête pendant que mon chum prenait sa douche dans la salle de bain.

Et puis, la musique du générique. Cette petite chanson au piano qui dure à peine une minute; ça m’a rappelé tous ces gens que j’ai «perdus» dans ma vie. Ouais, ouais, on croise des gens qui arrivent et qui partent, et le blabla philosophique qui vient avec. J’ai l’impression que ça passait mieux avant. Quand j’étais plus jeune. Peut-être parce que je connaissais moins de gens justement.

Et l’ironie de la chose, c’est que je me souviendrai toujours du moment où j’ai écouté ce film, à 18 ans. Je ne comprenais pas encore tout à fait comment ça allait ressembler à la suite de ma vie, un jour. Mon chum a jugé Diane Lane, c’était prévisible.

Il y a quelques jours, j’ai eu une grande conversation avec Tania. Oui, oui. Pour ceux qui s’en rappellent. Pire encore, mon ancien amant Sébastien est débarqué de France directement chez moi. Je ne dirais pas que ça m’a fucké, car l’eau a coulé sur les ponts. Mais j’ai trouvé le tout très ironique. Comme si la vie voulait me rappeler ma jeunesse, ce que j’ai perdu, ce que j’ai gagné, ce que je n’ai pas accompli, ce que j’ai refusé ou accepté.

Je ne peux pas dire que je vais mal. Ce serait malhonnête. Je ne peux pas dire que je suis nostalgique, car je le suis en tout temps de toute de façon. Pourtant, une petite voix dans ma tête me pousse, me dit qu’il est temps de passer à autre chose sur tous les plans. Putain que c’est pas facile de se départir de son passé. Surtout dans la trentaine. C’est un couteau tranchant, une blessure qui a du mal à se refermer.

Mais non, je ne me considère plus comme quelqu’un de blessé. J’ai fait mes choix. Les autres ont fait les leur aussi. Mais c’est toujours difficile de continuer son chemin, de se dire que ça ne sert plus à rien de vouloir ce que les autres ne veulent plus.

Ce serait trop gros de dire que je me sens abandonné. Parce que je ne ferais que me plaindre pour rien. La vie est une putain de route remplie d’obstacles, mais surtout de départs. Voilà pourquoi j’ai cessé de me battre. J’ai abdiqué. Carrément. Si je regarde vers l’arrière, j’ai l’impression qu’il n’y a plus grand-chose qui reste. La famille, que j’adore, certes. Mais les amitiés s’étiolent. Et pour toute sorte de raisons ridicules. C’est toujours un peu ridicule la perte de l’Autre.

Mes amis enfantent. Tout le monde fait des bébés. Tout le monde disparait peu à peu. Et moi, mon seul projet était un projet de condo. Maintenant que je suis installé, je ressens un vide profond. Je n’ai aucune jalousie envers les amis. Je suis bien content pour eux. On fait tous notre cocon de couple. On doit tous faire des choix. Et pourtant, je suis un peu en criss. Pas de me faire abandonner doucement. Juste de devoir toujours me battre pour voir les gens qui comptaient jadis. J’essaie d’accepter de plus en plus les aléas de la vie. C’est un peu à l’image du professionnel. On chercher à grimper dans la hiérarchie. Meilleurs salaires, meilleures conditions, meilleurs collègues. Mais quand on parle d’amitié, ça fait toujours un peu plus mal de laisser partir les autres sans rien dire. On est content pour eux, mais on connait vite la suite des choses.

À bientôt 33 ans, on dirait que je voudrais la facilité. Des amis simples, qui se présentent quand il faut, qui n’ont pas de rancœur, qui sont là parce qu’ils ont envie d’y être. Des amis qui ne demandent rien en retour, qui sont juste heureux. Je sais, je sais, c’est le plus grand mensonge de l’humanité. Quand on ne sert plus aux autres, on ne sert plus, il n’y a rien à faire pour se battre contre ça.

C’est comme s’il fallait que je me rappelle que j’ai assez donné. Que je dois prendre ce qui passe, sans rouspéter. Pas facile pour un contrôlant anal comme moi haha. Pour ceux qui se le demandent; je n’ai pas vu mon ex depuis bientôt un an. C’est correct. J’ai accepté de me faire tasser aussi. Je vis autre chose. C’est plus au niveau des amitiés que ça fait mal. Je ne pensais pas que l’amitié devait se gérer comme une relation de couple. Je suis naïf peut-être. Je ne travaille pas assez ce genre de chose. Mais dans ma tête, ça devrait être simple, c’est pourquoi l’amitié existe. Quand il faut faire des pieds et des mains pour voir quelqu’un, quand une personne dit qu’elle viendra et ne vient pas, il faut lâcher prise. Et je travaille sur ça. J’ai cessé depuis longtemps de faire des drames. Mais je les vis quand même à l’intérieur. C’est un rejet. Et personne n’aime être rejeté. Mais que faut-il en conclure?

Rien.

C’est ça, le problème. Il faut vieillir. Laisser passer l’absence. Se dire que si l’autre veut vraiment nous voir, il sait comment nous rejoindre. Mais on sait tous que ça n’arrivera pas. Le seul problème dans ma petite tête, c’est que ça me donne l’impression de ne plus être apprécié à ma juste valeur. Et je devrais combattre cet état. Ce n’est pas du tout ça. C’est simplement que l’autre personne trouve plus d’intérêt ailleurs. Elle reviendra peut-être un jour, mais quand les mois s’écoulent, il ne faut plus trop y compter. Il faut que je devienne zen avec ça.

On perd tous des amis proches en route. Normal. Des amitiés de 10 ans et plus? Ça fait un peu plus chier. Mais il y a tellement d’éléments qui rentrent en ligne de compte. On peut pas en vouloir aux autres de vouloir vivre leur vie sans nous. Sans moi.

Copier-coller

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Bon. Je ne pensais pas revenir à ce blogue avec ce sujet, mais puisque je me retrouve devant un problème éthique, je vais m’y attarder. Je viens de découvrir un autre forum de piratage où l’on partage gratuitement et illégalement mon dernier roman en version électronique.

Au début, la rage. La frustration de voir tous ces mercis un à la suite de l’autre. Pire encore, ça fait déjà plus de 8 mois que c’est disponible, offert à tous. Une fois la colère passée viennent les questionnements sur l’attitude à adopter. Oubliez la police, la police du web ou toutes ces niaiseries. Il est prouvé que de faire fermer un site de téléchargements illégaux ne sert à rien, sinon de motiver d’autres personnes à en ouvrir des dizaines d’autres.

Et c’est là que j’ai commencé à analyser ma frustration; jamais, au grand jamais, je n’ai téléchargé illégalement un roman sur ce genre de site. Si je n’ai pas envie d’acheter un bouquin, la bibliothèque me semble la solution la plus simple. Pourtant, si je faisais un Kanye West de moi-même et que je publiais une capture d’écran de mon ordinateur, on verrait bien que je suis présentement sur un site de streaming afin d’écouter la 4e saison de House of Cards.

J’ai voulu me tester plus loin. Qu’en est-il de la musique? Coupable, je suis. J’ai beau dire que je vais encourager les artistes que j’aime en concert (ce qui est vrai), je n’achète que ce que je ne réussis pas à trouver, ainsi que les artistes québécois. Mais c’est comme si ma façon de consommer la musique n’était pas similaire à ma façon de consommer des livres. Alors que j’ai un haussement d’épaules devant le téléchargement musical, je me colle au discours que Rogers Waters tenait à Tout le monde en parle dimanche dernier: à force de téléchargements, plus personne ne voudra créer. Et je suis tout à fait conscient que musicien ou écrivain, c’est du pareil au même. Construire une oeuvre prend des années de labeur, de doutes, de souffrance, de petites joies. Mais quand on regarde le résultat au niveau finances, c’était déjà pas du luxe, si on doit tout offrir gratuitement, à quoi bon y mettre tant d’efforts? Certains diront qu’il y aura toujours quelqu’un qui passera outre ces détails monétaires pour créer. Le hic? C’est qu’on se retrouvera avec de la création de gosses de riches. Et Dieu sait que ce n’est pas souvent là que se trouve le génie créateur.

Bref, toute cette histoire me fait sourire, car elle me montre deux facettes de ma personnalité. Certains pourraient me reprocher la chose en disant: c’est normal que ça te touche, ce serait de l’argent qui te serait dû! Mais je pense que ma réflexion va au-delà du simple intérêt mercantile. C’est comme si j’avais une échelle de gradation concernant le téléchargement illégal (et ce qui est bon, de ce qui est mal). Peut-être que c’est parce que le réflexe musical est plus vieux que le réflexe de lecteur. Après tout, les liseuses sont arrivées bien après les lecteurs MP3. Et présentement, je continue à me dire que je préfère vraiment le contact avec le papier lors de mes lectures. Je n’ai pas de bidule électronique pour stocker des centaines de livres (et je continue à garder un doute sur les personnes qui en ont autant sur leur machine. Les lisent-ils réellement?) Pourtant, je me rappelle qu’en 2004-2005, je refusais toujours de posséder un lecteur MP3. Je croyais encore aux disques compacts. Les temps changent. J’aime me dire que le livre connaîtra une finale différente. À suivre!

Dans un autre ordre d’idées, pour ceux que ça intéresse, j’en suis à la phase III (voir texte précédent). Je réalise à peu près une phase par mois. C’est sur 7 étapes. Tout va bien pour le moment (bon, ce n’est pas si facile, mais rien n’est facile). Ce qui s’amène dans les deux prochains mois sera complètement fou, alors que je ne promets pas d’être très régulier ici. Tout ça est un peu en réaction à ma vie passée, aux boulets que j’ai trop longtemps traînés. Ces 7 phases sont un peu l’entrée officielle dans le monde adulte (même si j’y suis depuis bien plus de 10 ans, je sais). Il y en a qui apprennent un peu moins vite que les autres, et alors? 😉

Ah oui! Dernière chose! Certains d’entre-vous ont remarqué que le site www.peut-etre-jamais.com redirige maintenant vers la section Livres de Pile ou Face. C’est normal. Je n’ai pas renouvelé le contrat d’hébergement cette année. Mais il reste encore quelques copies chez Archambault ou directement par moi! Ne vous cassez pas la tête à télécharger illégalement ce roman 😛

Mon avis sur les livres de Guillaume Lambert et de Stéphane Lefebvre

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J’ai finalement terminé la lecture du livre de Guillaume Lambert. Plusieurs d’entre vous m’en avaient glissé un mot, parce que le synopsis de l’histoire ressemblait étrangement à mon roman Peut-être jamais.

J’hésite à qualifier ce livre de «roman»; d’abord parce qu’il fait à peine plus de 100 pages, mais surtout parce qu’il ne s’agit pas d’un roman construit en tant que tel. On est plutôt dans les bribes de pensées, dans des anecdotes racontées de manière déconstruite. La lecture est plaisante. Je m’y suis reconnu dans certains segments (surtout ceux liés à l’espionnage sur les réseaux sociaux). J’avais peur de ma lecture au départ, car je ne voulais pas retrouver un copier-coller de mon roman (surtout que Peut-être jamais est passé près d’être publié chez Leméac, donc j’étais méfiant). Mais force est d’admettre que mis à part le résumé derrière le livre, ce texte n’a rien à voir avec mon roman.

Le problème avec les livres qui ne font qu’une centaine de pages, c’est qu’il est impossible de s’attacher aux personnages. Ce n’est pas assez étoffé, ce n’est pas une histoire en tant que telle, ce sont des bribes, des pensées, des pièces de puzzle que le lecteur doit mettre en place. Je ne suis pas un grand fan de ce genre de livre, je préfère encore les romans qui s’étendent, qui nous font apprivoiser peu à peu un personnage central. Si vous avez aimé Peut-être jamais, vous aimerez probablement ce livre de Guillaume Lambert, mais comme je le disais plus tôt, pour moi, ce n’est pas vraiment un roman, c’est un essai littéraire, une autofiction fermée sur le récit mental de l’auteur. On en ressort avec… rien. Pas que ce soit négatif en soi, mais ce ne sera pas un coup de coeur pour moi. J’ai compris le défi de l’auteur, j’ai de l’empathie pour ce qu’il raconte, mais ça s’arrête là.

C’était quand même beaucoup plus intéressant que l’autre roman que j’ai lu; celui de Stéphane Lefebvre, Infidélités.

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La prémisse du livre était pourtant très accrocheuse! Un mec hétéro annonce à son groupe d’amis qu’il est devenu gai. Malheureusement, on évacue toute cette histoire dès les premiers chapitres. La suite est une ribambelle de clichés par-dessus clichés sur les désirs d’un hétéro pour les femmes et pour l’adultère. Plusieurs phrases sont moralisatrices alors qu’elles essaient d’être modernes. J’ai eu de la difficulté à continuer ma lecture jusqu’à la fin. Dommage.

J’en profite pour vous souhaiter une excellente nouvelle année. Mon année 2016 devrait être assez différente des dernières années. Pour plusieurs raisons, mais j’aurai l’occasion d’en reparler. Santé et bonheur à tous!

Amours plurielles

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Il n’y a pas à redire, même si la cause contre l’homophobie est loin d’être gagnée, pendant qu’une exposition de photos dans un parc subit la haine de certains radicaux imbéciles à Toulouse, en France, au Québec, ce même genre d’exposition peut avoir lieu dans un collège! Je sais qu’on a toujours été un peu plus à l’avance par rapport à notre niveau de tolérance à Montréal, mais je dois avouer que j’ai été charmé par cette petite expo dont les clichés ont été pris par Marianne Braunwell (avec la collaboration de Béatrice Noël et d’Amélie-Shuka Gadbois-Blanchette).

J’ai beaucoup aimé l’idée du projet, soit de mettre en avant-plan les élèves et les professeurs d’une école qui jouent très bien le jeu des amours plurielles devant la caméra (alors que la plupart des acteurs ne sont pas gais ou lesbiennes). Ces jeunes (et moins jeunes) ont sûrement dû démontrer beaucoup d’ouverture pour accepter de se mettre dans cet état de vulnérabilité, mais au-delà du risque posé, il y a surtout un naturel et une poésie qui se dégagent de tous ces clichés.

Une exposition qui nous amène à nous poser plusieurs questions sur la tolérance et la différence, et c’est terriblement d’actualité ces derniers jours, alors que l’on semble vivre dans un monde qui accorde beaucoup trop d’importance à la peur de l’Autre et de l’inconnu.

Je dois avouer que ma partie favorite de l’exposition a concerné une présentation sur cubes où l’on voit Tous les matins du monde en compagnie de Charles-Alexandre Brazeau Robinson et de Charles-Antoine Garneau.

Ce qu’il y a de beau, ce sont aussi leurs témoignages par rapport à cette expérience :

« Cela ne me dérangeait pas de poser pour Amours plurielles, je supporte la cause et je rendais service à une amie. C’était drôle, car je n’avais jamais vécu ce genre d’expérience, mais disons que c’était assez gênant au début, mais on s’habitue. » Charles-Alexandre Brazeau Robinson

« J’ai accepté ce projet, car je trouvais cela intéressant et que je trouvais que c’était une opportunité pour montrer qu’être homosexuel ce n’est pas mal. C’était assez malaisant lors de la prise des premières photos, mais plus qu’on en prenait plus on était à l’aise. » Charles-Antoine Garneau

Vous pouvez retrouver toutes les photos et divers textes concernant ce beau projet sur le site http://amoursplurielles.com.

 

 

 

Honeymoon – Lana Del Rey (critique)

honeymoon

Ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis pas trop du genre pop américaine, mais avec le cas Lana Del Rey, je dois avouer que l’exception confirme la règle. Je suis fan. Et j’avais beaucoup de craintes sur ce nouvel album qui sort vendredi le 18 septembre. Eh bien, je dois l’avouer, ce nouvel opus de la diva est parfait pour la saison automnale qui s’amène!

Que peut-on reprocher à Lana Del Rey sur Honeymoon? Peut-être deux choses; d’abord, l’image de l’album, qui ne reflète en rien le disque. Je ne comprends pas du tout le rapport, d’ailleurs. Elle qui aime tant soigner son image; on dirait que ça sort de nulle part, comme une touriste qui ferait un tour guidé en autobus. La deuxième chose est plus personnelle; son titre Terrence Loves you. C’est d’ailleurs ce titre qui m’avait fait énormément douter (je m’attendais à une énorme déception, surtout qu’elle disait en entrevue que c’est son titre favori. Pour moi, c’est le plus faible du disque. J’y reviendrai.)

cover[1]

Je regarde encore cette pochette, et sérieux, je ne la comprends pas. Mais passons sur le design, et attaquons-nous aux chansons directement!

01. Honeymoon – C’est la première pièce du disque, et c’est aussi la première chose qu’elle nous a offerte en juin dernier pour annoncer ce nouvel album. J’ai été charmé après deux, trois écoutes. On continue le lien qui s’était créé dans Ultraviolence, mais on sent de la maturité dans la voix et l’ambiance cinématographique colle parfaitement. Choix étonnant pour en faire un single, mais Lana ne fait jamais comme les autres. Ce doit être pour ça que je l’aime!

02. Music to Watch Boys To – Il y avait beaucoup d’anticipation sur le web concernant ce titre. Il faut dire qu’en mai dernier, Lana tournait un vidéoclip pour cette pièce. On attendait un morceau rythmé, à l’image de ce qu’elle avait pu offrir dans Born to Die, mais surprise, il s’agit d’une pièce downtempo avec de la… flute! Perso, ce n’est pas ma favorite, et je trouve la cassure avec Honeymoon un peu trop direct, car la chanson commence avec le refrain (ce qui est un drôle de choix), mais c’est du pur Lana.

03. Terrence Loves You – Là, je dois dire que j’ai eu peur! Il y a ici tout ce que je déteste (car je peux être critique aussi oui, oui!) chez Lana Del Rey. Je ne ressens aucune émotion à l’écoute de cette pièce, je trouve que ça manque de mélodie, que la profondeur est plaquée, et ces hum-hum-hum, c’est juste un gros non pour moi. Si l’album devait ressembler à ça, j’aurais été plutôt de glace. Plusieurs personnes m’ont dit qu’il s’agissait de leur chanson favorite, eh bien, moi, je ne comprends pas. Je l’aurais même complètement écarté de la tracklisting (c’est probablement ce que je ferai dans ma liste d’ailleurs!)

04. God Knows I Tried – Ici, la guitare western s’harmonise parfaitement avec le chant. Il y a de la mélancolie comme j’aime. Et je dirais que c’est à ce moment que j’ai compris que le reste de l’album serait à la hauteur de mes attentes. Lana Del Rey ne réinvente rien, mais ce qu’elle crée donne l’impression d’avoir déjà été en nous. Vous savez, comme les chansons tristes de notre enfance que l’on fredonne par moment sans savoir vraiment d’où nous vient la mélodie? Ça peut sembler «facile», mais c’est très efficace. Certains diront qu’elle répète trop les mots du titre, mais on s’en fout. J’ai également lu un commentaire d’un autre fan qui se demandait pourquoi on a donné la chanson titre du nouveau James Bond à Sam Smith. Je me le demande aussi. Lana aurait été parfaite pour ce rôle, et elle le prouve tout au long de cet album.

05. High By The Beach – La première chanson que l’on pourrait considérer de plus upbeat sur le disque. Ce qui m’énerve quand on découvre des pièces avant d’entendre l’album dans un tout, c’est qu’on est déjà familier (trop familier) avec les singles. J’ai toujours trouvé que ça gâchait le plaisir et l’uniformité d’un disque, mais bon. High by the Beach est la dernière pièce que l’artiste a écrite pour ce disque. Je suppose qu’elle a dû se dire que l’album était trop calme et qu’il fallait bien quelque chose de plus dirty. On s’entend, on parle de Lana, donc ce n’est pas le gros upbeat non plus, mais je trouve encore la pièce très efficace; on y sent la mer, la chaleur, les criquets même! Je m’attarde rarement à la voix, mais ici, j’adore comment elle chante son flow. C’est réussi, mais je l’ai déjà trop écouté, malheureusement.

06. Freak – Avec ce titre, l’album commence à prendre une nouvelle couleur. Je ne sais pas si c’est de la facilité, mais bon dieu que Lana aime répéter la couleur «blue», et pour quelqu’un qui s’attarde aux paroles, ça peut parfois énerver, mais perso, je n’en fais pas de cas. Freak ne sera sans doute pas ma pièce favorite, mais elle annonce vraiment une nouvelle couleur à cet album, et la suite ne sera qu’encore mieux. Je prédis que ce sera l’une des préférées sur l’album. Mais moi, j’ai déjà mes coups de cœur. D’ailleurs…

07. Art Deco – Le voici mon premier coup de cœur! Lana réussit à créer une ambiance onirique dès le départ, et notre oreille s’y accroche. Même si le titre semble tout droit sorti d’un album de Lady Gaga, la comparaison s’arrête là. Le jeu du chant et la répétition de Lies nous hantent et nous donnent envie d’y revenir très rapidement. Quand je pense à ce titre, je pense au calme d’un aquarium. C’est l’un des titres qui donnent le plus d’images. C’est très calme, comme le sera d’ailleurs le reste de l’album. On est très loin des trucs insipides radiophoniques.

08. Burnt Norton (Interlude) – Il n’y a pas grand-chose à dire sur cet interlude qui dure moins de deux minutes, et où Lana nous récite un poème. Pourtant, je trouve que le titre a sa place sur l’album.

09. Religion – L’interlude se termine et nous amène vers une guitare sèche qui peut rappeller un peu ce que pouvait faire Madonna. Il s’agit de mon deuxième coup de cœur. Encore une fois, on dirait une mélodie qu’on connait déjà, mais ça fonctionne à merveille. La mélancolie et la nostalgie s’y croisent, ça me donne une impression d’écouter du vieux trip-hop de qualité. J’aime cette batterie lourde cachée derrière la voix. Certains diront que Lana s’épanche trop en laissant glisser ses murmures, mais pour moi, la construction est parfaite et je ne m’ennuie pas!

10. Salvatore – Encore un très grand coup de cœur! Cette chanson nous fait automatiquement voyager. Il s’agit de la pièce la plus différente du reste de l’album, et elle remplit parfaitement son rôle. Lana se permet quelques paroles en italien, et ça ajoute encore plus d’exotisme. Encore une fois, on se surprend à fredonner la mélodie qu’on semble déjà connaître. Ça m’a fait directement penser aux boîtes de bijoux de l’époque et à cette petite musique triste qui s’activait dès qu’on ouvrait la boîte (vous vous souvenez, avec la petite ballerine qui tournait sur elle-même?). J’adore!

11. The Blackest Day – Encore un autre excellent titre. Pour moi qui aime la musique dramatique, je suis servi. La deuxième partie de l’album est vraiment ma préférée. Les plus beaux titres s’enchaînent dans une douleur et une mélancolie qui me touchent droit au cœur. J’avais un peu peur, car il s’agit de l’une des pièces les plus longues sur l’album, et parfois Lana en met trop, mais ici, ça fonctionne encore une fois, et le titre prend de plus en plus d’ampleur. Pour une rare fois, je ne trouve pas que Lana a fait du remplissage inutile comme elle pouvait parfois le faire sur Ultraviolence. C’est triste, c’est beau, c’est triste et beau à mourir.

12. 24 – Je dois avouer que je m’attendais à une histoire d’âge, mais le 24 est pour les 24 heures d’une journée. Encore une fois, on est dans la mélancolie dramatique, dans la perte, dans la douleur cristalline; c’est jazzy, ça me parle. On ajoute un côté plus grandiose en prime, avec un petit côté mexicain, sans oublier cette guitare western en arrière-plan, et ce saxophone qui est discret, mais presque présent partout sur l’album. C’est tout en subtilité. Encore une belle réussite.

13. Swan Song – Ce ne sera pas ma favorite et je n’ai pas grand-chose à dire sur cette pièce, surtout après la perfection des six chansons précédentes, mais elle ne m’irrite pas (c’est déjà bien lol!) Elle me fait un peu penser à Black Beauty, une des chansons bonus sur Ultraviolence, mais elle est quand même meilleure que cette dernière. Disons que c’est une pièce « Okay ».

14. Don’t Let Me Be Misunderstood – Je n’ai jamais été un grand fan des reprises de Lana. J’ai vraiment détesté The Other Woman, où la voix de Lana ne me plaisait pas du tout. Pourtant, ici, j’ai eu une agréable surprise. Il s’agit vraiment d’une reprise de Nina Simone à la sauce Lana. Avec le drame. Et avec ces cordes et cet orgue (orgue qui revient aussi très souvent durant tout l’album). Je sais déjà que certains ne seront pas capables de le supporter, cet orgue. Mais moi, il ne me dérange pas. Il ne s’agit pas d’une fermeture d’album en force, j’aurais vu Honeymoon comme dernière pièce beaucoup plus facilement, mais comme on dit en bon québécois: ça fait la job!

Verdict? Pour moi, il s’agit définitivement d’un meilleur album que Ultraviolence. J’étais tellement certain de détester que je dois avouer que je suis tombé de ma chaise après ma première écoute. Cet album réunit plusieurs éléments que j’adore en musique (surtout le côté dramatique et mélancolique). C’est l’album de Lana Del Rey le plus direct, celui que j’ai apprécié le plus facilement du premier coup. Je vous conseille son achat les yeux fermés. Si vous aimez les ambiances cinématographiques et cette empreinte de nostalgie dans les chansons, vous devriez être comblés aussi!

9/1o

 

Sense8 – N’abandonnez pas!

sense8

La nouvelle série des auteurs de la Matrice (Andy Wachowski, Lana Wachowski) a fait son apparition sur Netflix le 5 juin dernier. Les critiques ne sont pas du même avis que le pubic, et j’ai envie de croire que ces critiques ont seulement regardé les 3-4 premiers épisodes. Il ne faut pas abandonner et je vous suggère fortement d’écouter la série en entier!

Je dois le dire d’avance, je ne suis pas un grand amateur de science-fiction, de truc paranormal ou de films action-horreur-étrange. Mais je dois avouer que j’ai été conquis par cette nouvelle série. Le problème qui semble affliger plusieurs critiques, c’est que l’émission prend du temps à démarrer. Mais il faut être logique; nous avons affaire à 8 personnages dits « principaux », il faut donc mettre la table et donner une chance au spectateur de s’attacher à ces personnages. Les 4 premiers épisodes présentent donc un portrait de la vie de ceux-ci, et une fois qu’on y est, l’action peut commencer un peu plus, et je crois que les scénaristes ont vu juste, parce qu’on s’attache finalement à ces 8 protagonistes et on s’intéresse à leurs parcours, et surtout aux interactions futures qui se produiront entre eux.

Ça parle de quoi? Difficile à dire sans brûler des punchs de la série, mais en gros, ce sont 8 personnages reliés par la pensée (ils peuvent se déplacer mentalement dans l’univers des autres). Je n’ose pas en dire plus, pour vous laisser le plaisir d’apprivoiser. Certains semblent avoir critiqué la nouvelle série de Netflix en se basant sur des extraits qu’ils avaient vu; il faut dire qu’une scène de l’épisode 6 a particulièrement attirée l’intérêt des gens. Il s’agit d’une scène d’orgie entre les personnages. Vous pouvez la visionner ci-dessous, ça ne donne aucun spoiler, c’est simplement agréable à regarder haha (enfin, ça doit dépendre pour qui hehe). Donc, je défends la série contre ceux qui l’accusent d’être trop sexuelle (ont-ils vu des séries comme Games of throne ou True blood?)

Extrait de l’orgie de l’épisode 6 (Sense8):

C’est peut-être parce que je suis gai, mais je me suis fortement attaché aux personnages masculins de cette série (le policier, le petit voleur qui fait un full frontal dans l’épisode 5, l’acteur mexicain, qui me fait malheureusement trop penser à Vivian dans Les Anges de la téléréalité ahah), bref le casting est très intéressant et très éclectique. Couple lesbien, couple homo, fille trans [une vraie!], couple interracial, etc. Je dirais qu’il y en a pour tous les goûts et toutes les cultures.

Le plus gros reproche que je peux faire à la série de Netflix, c’est le générique du début. On voit clairement le copier-coller du générique de House of Cards. Ils ont changé la musique et les images, mais on est dans un plagiat remarquable! Heureusement, Netflix copie Netflix, donc on peut leur pardonner la chose. Voici ce que je veux dire:

Générique de House of Cards:

Générique de Sense8:

Je vous conseille donc vivement la série, même pour les gens (je dirais: surtout pour les gens) qui ne sont pas habitués à la science-fiction ou qui n’aiment pas nécessairement ce type d’histoire!

Muse – Drones (critique)

Muse-Portada-Album-Drones-2015

Chaque fois, c’est la même histoire. Ma relation d’amour/haine avec Muse me donne toujours l’espoir que le prochain album sera puissant et intense. Chaque fois, c’est pourtant une déception amère (depuis Absolution, donc carrément depuis 10 ans!) Mais je ne peux m’en empêcher, dès l’annonce de nouveau matériel, je dois aller entendre ce que le groupe nous réserve. Alors, qu’en est-il de ce nouvel album aux paroles insipides appelé Drones?

Je dois l’avouer, je crois que le groupe s’est perdu dans ses expérimentations depuis très longtemps. Quand évolution ne rime pas avec qualité, c’est souvent ce qui arrive. Peut-être que Muse devrait prendre une pause beaucoup plus longue pour réussir à retrouver une créativité, ou peut-être que c’est simplement perdu d’avance. J’ai toujours détesté le Muse grand public; les mélodies à la Coldplay ou U2, et c’était encore pire quand le groupe se prenait pour Queen. Et au risque d’en décevoir beaucoup, ce nouvel album lorgne encore du côté de Queen. Le problème principal, c’est que le côté mélodique est souvent absent. On écoute des chansons qui auraient pu être jouées par n’importe quel groupe FM, et c’est parfois très honteux.

Vous commencez à comprendre que je ne garderai pas grand-chose de ce nouvel opus. En effet, c’est bien le cas. J’avais beaucoup d’espoir à entendre les membres du groupe expliquer qu’ils allaient revenir à leurs origines (mais on sait bien que quand les musiciens disent ce genre de truc, ils ne livrent que très rarement la marchandise).

Voici donc mes impressions sur les 10 chansons de l’album (car il y a deux titres qui n’en sont pas vraiment).

Dead inside – Il faut l’avouer, on ne s’attend pas du tout à ça pour un premier titre. Dès le départ, les envolées répétitives et criardes déstabilisent. On se croirait dans une pièce des années 1990, avec un riff peu original et quelques sons électroniques. Après quelques écoutes, on finit par s’habituer, mais on a connu le groupe plus inspiré avec ses premiers titres. On est très loin d’un Sunburn ou New born. La progression de la chanson me fait vraiment penser à ce qui pouvait jouer à la radio dans ma jeunesse. Rien de très original. 6/10

[Drill sergeant]/Psycho – On passe sur les 22 secondes inutiles de Drill sergeant (je hais quand les groupes font ce genre de gimmick). Heureusement, Psycho relève l’intérêt et n’est pas si mauvaise en soi. On atteint même un intérêt qui rappelle le passé vers la fin de la pièce, mais le tout reste encore un peu trop répétitif et à mon avis, ils auraient dû raccourcir légèrement la pièce. 7/10

Mercy – Oh là là… Muse avait-il besoin de remplacer Starlight lors des tournées? Encore plus cheesy que cette dernière, voici exactement ce que je hais le plus de ce groupe. Un son banal, une mélodie merdique, vraiment rien d’intéressant avec ce titre, c’est d’ailleurs ce genre de titre qui me rend honteux d’avoir apprécié Muse dans ses meilleures années. Je n’arrive jamais vraiment à comprendre comment le groupe peut être si bon et si mauvais à la fois. Enfin, soyons honnête, ça fait 10 ans que le groupe ne propose plus grand-chose de vraiment vraiment bon. 1/10

Reapers – Ça commence très bien, pour un titre musclé, ça rappelle la très bonne Bliss, mais tout semble se gâcher rapidement. On dirait que le groupe fait souvent le choix de mélanger trois rythmes différents en pensant que ça fera une bonne chanson. Encore une fois, je pense qu’en cherchant à faire trop diversifié, c’est la cohérence qui en prend un coup. Cette pièce me fait parfois penser aux chansons punk de ma jeunesse, mais je me demande encore où sont la mélodie et la mélancolie que j’aimais tant chez le groupe. Je dois avouer que la pièce est quand même une des meilleures sur l’album, et c’est plutôt triste d’en arriver à ce constat! 7/10

The Handler – Enfin, quelque chose de potable pour Muse. On est presque surpris d’apprécier cette pièce dès la première écoute. C’est vers cette voie qu’aurait dû se diriger le groupe. Ce sera malheureusement la seule vraie réussite de l’album. On se retrouve au temps d’OoS, et on embarque assez facilement dans cette folie. On en aurait pris beaucoup plus dans ce même genre-là. Dommage. Après cette chanson, c’est aussi le début de la grande dégringolade, car la deuxième partie du disque fait mal aux oreilles! 9/10

[JFK]/Defector – Encore une pièce «vide» de 55 secondes avant Defector. Ça commence bien, mais dès que la voix du chanteur se pose, on est de retour dans une vibe à la Queen. Encore une fois, ce qui manque à Muse, c’est le côté mélancolique qui faisait leur renommée. La pièce n’est pas mauvaise, mais on l’a entendu des milliers de fois chez d’autres groupes. On pense tout de suite à la musique de stade, et on sait que cette pièce sera «parfaite» pour les arénas. Ça passe encore à ce stade, mais la suite va devenir très très triste… 7/10

Revolt – On ne peut s’empêcher de rire dès la première écoute. La voix qui se pose sur cette chanson est affreuse et cheesy à souhait. C’est affreux. C’est indigne de ce groupe, et on comprend vite que la bataille est perdue d’avance; Muse ne reviendra jamais à ses premiers amours. Ils en sont incapables, ou ils n’ont pas le désir d’aller plus loin dans leur musique. Une chanson de jeune ado. Peut-être tentent-ils d’attirer de jeunes fans. J’ose espérer que les jeunes ont plus de goût et j’ai de la difficulté à croire que quelqu’un peut aimer ce genre de musique. On sent encore l’influence vocale de Queen, et on en a déjà marre. Vraiment affreux. 1/10

Aftermath – Ça commence pourtant bien. On entend des influences à la Pink Floyd. Il y a même un peu de mélancolie dans les notes. On a tant d’espoir! La première partie de la chanson est donc digérable, même au niveau du chant, mais ça se gâte très vite dès que les arrangements s’amènent. On entend les échos de Blackout, une chanson que j’ai toujours détesté sur Absolution. On se demande: «mais pourquoi???» On dirait que le chanteur veut se la jouer spirituel, puis le ton change vers quelque chose que Coldplay aurait sûrement refusé d’enregistrer. La dernière partie de la chanson ne convainc pas et retourne vers les mauvaises gimmicks du groupe; cheesy et anecdotique. Dommage. 5/10

The Globalist – Il y avait beaucoup d’espoir pour cette chanson. Matt avait même indiqué en entrevue que la pièce était une suite de l’excellente Citizen Erased. On s’est peut-être trop accroché à ces paroles, et les premiers instants de la longue pièce de 10 minutes donnent beaucoup d’espoir. Encore une fois, au lieu de se concentrer sur quelque chose de plus simple, Muse fait du collage de plusieurs rythmes, et les passages sont plus ou moins réussis. Mais je dois avouer que la moitié de la chanson donne une bonne première impression. Elle rappelle l’excellente Hoodoo, sur BH&R. Même le sifflement du début passe très bien. La mélancolie que l’on attendait tant est au rendez-vous (enfin), mais la progression de la chanson laisse un goût amer en bouche. Les éléments étaient pourtant tous réunis pour donner un chef d’oeuvre marquant, malheureusement, on sent le «collage» des bouts de chansons, et on pourrait l’accepter, mais Muse a voulu jouer la carte de l’anticlimax, et quelle erreur à mon avis! La partie plus rythmée de la chanson aurait dû durer beaucoup plus longtemps avant le breakdown qui nous ramène un piano quasiment identique à une pièce que j’ai toujours détesté: United states of Eurasia. mais QUEL DOMMAGE! Il y a ici le pire gâchis de l’album! On a droit à une progression digne de Godspeed you! Black emperor, mais tout est coupé court par un piano merdique et un long 4 minutes plutôt inutile. J’ai toujours aimé quand Muse sortait le piano, mais ici, c’est encore Queen qui prend le contrôle et c’est d’une répétition insipide, tellement insipide qu’elle gâche le morceau. 6/10

Drones – Pas grand-chose à dire ici. Le chanteur applique des couches de voix l’une par-dessus l’autre dans une tentative catho pas très réussi. Ça s’éternise et ça ne mène pas à grand-chose. Voilà donc un album qui se finit de façon tiède, très loin d’une finale choc. On hésite à recommencer l’album, car ça ne convainc pas du tout. Triste. Tellement triste. 2/10

Alors voilà, au final, un album plutôt moyen pour ce groupe dont je n’attends plus grand-chose. Est-ce que je serai de retour pour un éventuel concert? Probablement. Parce que Muse en concert est très différent que sur album, et parce que j’ai encore l’espoir d’entendre certains veilles chansons, surtout vu les dernières setlists du groupe. On verra si ça tient la route selon ce qu’ils décident de jouer quand ils passeront dans mon coin, mais ma naïveté me perdra sûrement et me fera acheter un billet pour les entendre (et chialer parce qu’ils n’ont pas joué ce que je voulais!). Ça fait partie de la game, comme on dit!

Ci-dessous, voici donc le meilleur de ce nouvel album; la pièce The Handler.

Critique: Opium – Jay-Jay Johanson

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Jay-Jay Johanson est productif; après un album plutôt fade en 2013, il revient avec un album très réussi. Critique!

Je dois avouer que j’ai une relation du type amour-haine avec la musique de Jay-Jay Johanson; il peut produire la perfection sur une chanson et devenir sirupeux sur la suivante. Outre les disques Poison et Self-portrait, j’ai toujours jeté la moitié des chansons de Jay-Jay Johanson. La raison? Quand Johanson devient mielleux, je n’adhère pas. Je ne suis pas capable de ces pièces acoustiques ou dénudées. Mais quand Jay-Jay décide d’ajouter des beats à ses chansons, là, je suis tout ouïe.

Je n’attendais rien de ce nouvel album (Opium), mais je dois avouer que je reste agréablement surpris de la qualité du disque. Enfin, Jay-Jay revient à ce qu’il fait de mieux; de la musique rythmée. Tout en gardant sa mélancolie, il accompagne ses pièces de beats vraiment intéressants. On navigue entre le trip-hop, le jazz et le blues. C’est parfait!

Je dois aussi avouer que Jay-Jay Johanson m’a un peu déçu lors de sa dernière tournée. Nous avions beaucoup discuté de ses choix pour la setlist de sa tournée, et même s’il m’avait promis bien des choses (par exemple, jouer la pièce Suffering!), force est de constater qu’il n’a pas livré la marchandise. Grâce à ce nouveau disque, je ne lui tiens pas rancœur.

Il faut dire que son album précédent, Cockroach, ne m’avait pas impressionné. Il y avait certes la très bonne pièce Mr Fredrikson, mais pour le reste, il n’y avait pas grand-chose à garder. Sur son nouvel album Opium, Jay-Jay semble avoir compris ce que son public lui demandait. Outre l’ennuyante Be Yourself, ce disque atteint une qualité que je n’avais pas vu chez cet artiste depuis 2008-2009!

On passe par plusieurs ambiances (même le reggae avec la pièce Alone too long!) sur cet album et on est vite conquis par la qualité des compositions. Ce qui est dommage avec Jay-Jay, c’est que lors de ses tournées, il n’est accompagné que d’un pianiste (alors qu’en Europe il amène son groupe). Je peux comprendre les difficultés et l’argent manquant au niveau de la tournée, mais je crois que l’artiste devrait se forcer un peu plus pour rendre ses concerts plus organiques. Ce disque se prête parfaitement à cet exercice!

Je sais que je ne reverrai pas Jay-Jay en concert de si tôt, mais ce disque me fait faire la paix avec l’artiste. Je me rends compte qu’il est encore capable de beaucoup et c’est un excellent point pour lui. Il n’y a presque rien à jeter sur ce nouvel album, et je vous encourage à écouter ces nouvelles chansons.

Mes coups de cœurs: I love him so, Scarecrow, I don’t know much about loving

Mon ex à moi

exmoi

Il faut absolument que je vous parle de la série québécoise Mon ex à moi, qui met en vedette Sophie Desmarais, Jean-François Nadeau et une panoplie de comédiens! Je dois l’avouer, au départ, j’ai trouvé les pubs dans le métro un peu ringardes, et j’avais tout de suite capté que le graffiti à la station Bonaventure était fake. Mais là, gros mea culpa!

Je m’explique! Quand j’ai commencé à écouter les premiers épisodes de la série, je n’étais pas convaincu. Je n’ai jamais été un grand fan de burlesque et je trouvais que le tout était tiré par les cheveux et surjoué. J’avais l’impression que le personnage d’Amélie en faisait trop pour la caméra. Je pouvais même prédire les événements qui s’en venaient. Mais quelques épisodes ont suffi à m’absorber complètement. Je crois que c’est dû à la relation du personnage avec son premier ex (oui, il y en a plusieurs). Quand j’ai vu les échanges avec Sébastien Huberdeau, dans le rôle d’un pervers sexuel, je me suis tout de suite vu dans mon ancien couple avec mon ex. Même jeux sexuels, même consommation, même plaisir malsain.

Mais mon grand coup de coeur va à Jean-François Nadeau. Quel homme! Il dégage un mystère et une attraction sympathique; on a quasiment envie de lui donner la lune. Selon moi, il a dû rendre bien des femmes heureuses, et briser bien des coeurs! Mais revenons à la série; une fois que l’on accepte le concept «comédie», on accepte tout. Il faut dire qu’en plein milieu de la série, les personnages s’approfondissent et deviennent plus intéressants. Le côté burlesque s’efface un peu plus pour laisser la place à la réalité; la perte de l’amour nous entraîne dans une spirale de souffrance qui nous fait faire les pires niaiseries. Et l’auteur, Émilie Fanning, disait justement que cette série était un peu un guide des choses à ne pas faire pour reconquérir son ex. Il faut dire qu’Amélie use de plusieurs stratégies, plus folles les unes que les autres, mais peu à peu, on comprend son obsession et l’ex n’est pas aussi clair dans son rejet. C’est comme la vraie vie au final! Il y a toujours des messages cachés, des offres qui n’en ont pas l’air, des regrets ou des actions qui pourraient donner l’impression qu’une personne revient sur sa décision de terminer la relation. C’est tellement bien intégré à la réalité que je me suis reconnu à plusieurs moments dans la folie d’Amélie.

Il y a aussi un autre point très important dans la série; la présentation de la sexualité, ou devrais-je dire, des sexualités. Enfin, voilà une série qui nous montre la sexualité des trentenaires sans la magnifier; et je ne sais pas si c’est générationnel, si c’est l’influence de la porno sur le web, mais je vois de plus en plus la sexualité abordée sous le concept des jeux de pouvoir (poussés à leur limite). On ne parle plus de relation «simple» entre un homme et une femme, mais bien de pulsions et de dérives sexuelles qui amènent vers des jeux de rôles, vers la domination et la soumission, vers la fusion et une sorte d’extase qui finit par devenir malsaine. C’est un portrait très juste de la sexualité d’aujourd’hui, et c’est ce qui est le mieux réussi dans la série.

La musique a également une place primordiale dans plusieurs scènes, et je suis content quand j’entends les producteurs dirent qu’ils ont investi beaucoup d’argent à ce niveau. Une peine d’amour passe définitivement par la musique que l’on écoute, et des années plus tard, entendre une chanson qui nous ramène à une époque moins glorieuse est toujours un élément très instructif dans nos vies.

Bref, je suis en amour avec cette série, et je suis d’autant plus heureux qu’une deuxième saison a été annoncée pour l’an prochain! Bravo à Séries+ d’avoir osé quelque chose de nouveau et d’avoir investi pour cette production québécoise.

La série vous intrigue? Sachez que vous pouvez visionner tous les épisodes gratuitement jusqu’au 23 juin prochain, directement sur le site de Séries+. Je vous la conseille fortement, surtout si vous êtes dans la fin vingtaine, début trentaine. Je suis certain que tout le monde peut se reconnaître dans cette histoire. Et non, même si les premiers épisodes sont plus faibles et donnent l’impression de chicklit pour la télé, si vous continuez et regardez 4-5 épisodes, vous verrez vite qu’on se fait rapidement absorber par cette sympathique série. À voir absolument! Et ce Jean-François Nadeau; ouf! Je me répète, mais quel homme!!

Bande-annonce (Mon ex à moi – 16 épisodes d’environ 22 minutes)

KINK + Patrick Watson

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Deux belles découvertes cette semaine. D’abord, le documentaire KINK produit par James Franco. Je sais, je suis un peu en retard, ça date de 2013, mais je n’avais pas eu la chance de le voir encore. On rentre de plein fouet dans le tournage de films pornos pour adultes très consentants. C’est chaud, très chaud.

Le documentaire n’est clairement pas pour tout le monde, mais il devrait quand même être visionné par tous. Parce qu’il est temps de se rendre compte qu’apprécier une sexualité différente n’est pas un crime à notre époque. Ça ne devrait jamais l’être, d’ailleurs. Non, on ne voit pas James Franco à l’écran, mais oui, on voit des bites et des femmes nues. Pourtant, le contexte n’est pas là pour romantiser la chose, au contraire. On parle d’adultes consentants qui explorent leurs limites, parfois même des limites qu’ils ne connaissent pas encore.

Ce que j’ai aimé? Tout est fait dans le respect, mais surtout, dans la vérité des actes. J’ai beaucoup souri quand ils passent en entrevue une actrice qui se dit ouverte aux crachats sur le visage, et la productrice de répondre: « We love you!»

Il ne faut pas se leurrer, il y a toute sorte de sexualité et ce n’est pas parce qu’on ne la pratique pas qu’elle est mal. Il suffit de faire le parallèle facile entre l’hétérosexualité et l’homosexualité. Je crois que l’acceptation de toutes ces pratiques vient aussi du fait d’accepter sa propre sexualité et de l’explorer selon ses propres limites.

Un documentaire qui porte à réfléchir et que je conseille fortement. Il vous fera peut-être dire que vous n’êtes pas si pervers que ça, après tout!

patrick-watson

Dans un tout autre ordre d’idées, je me dois de vous parler du nouvel album de Patrick Watson qui sortira le 12 mai prochain. Quelle claque! Quel disque!

Je dois me confesser, je n’ai jamais été un grand fan de Patrick Watson, je gardais bien deux ou trois pièces de ses précédents opus, mais sans plus. Avec ce disque, c’est tout le contraire. Il n’y a rien à jeter. Je suis rentré dans l’univers du musicien en quelques écoutes, et je n’en ai toujours pas décroché. C’est un peu un mix du vieux Radiohead avec des éléments électroniques tout en douceur et mélodiques. C’est d’ailleurs la voie que Radiohead devrait suivre (mais je sais que ce ne sera pas le cas lol). Bref, il s’agit ici d’un album maîtrisé, qui se construit dans une gradation émotionnelle que je n’avais pas entendue depuis longtemps. On sent la cohésion et le travail pour faire un vrai album concept. Et ça manque tellement de nos jours!

La deuxième partie de l’album est simplement magique, alliant piano, jazz, voix fantomatiques et envolées lyriques. Je suis particulièrement amoureux des deux dernières pièces du disque Know that you know et Places you will go. C’est beau, c’est touchant, sans être quétaine, c’est clairement le genre de musique que je recherche en ce début d’été. J’espère le voir en concert très bientôt!

Enfin, c’est ce soir que nous saurons la setlist de la nouvelle tournée de Lana Del Rey. Je sais qu’elle n’est pas forte sur les changements de chanson durant ses tournées, donc on devrait être fixé vers 23h00. Je dois avouer que j’ai peur de voir ce qui va en ressortir, mais en même temps, je m’en balance un peu, puisque les places que j’ai achetées ne sont pas très chères, mais j’aimerais quelques bonnes pièces tout de même. À suivre.

En extra; j’avais une chanson dans la tête depuis des mois, sans arriver à me souvenir du titre, du DJ ou même du titre de l’album. C’est chose faite grâce à la magie de Facebook! Ce que j’avais en tête depuis si longtemps, c’était la chanson « Top Cat » de DJ Ramasutra (album: East Infection). Je le réécoute présentement, et il avait vraiment fait du bon travail. Je me demande ce qu’il devient aujourd’hui!

Tristesse et frustration

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C’était la même chose en 2012, ça venait me chercher autant, et force est de constater que même trois années plus tard, je suis toujours en criss de ce que je lis sur les réseaux sociaux.

J’ai mal à ma société québécoise présentement. Je ne peux pas croire qu’on en soit rendu là. Quand je lis sur Facebook que les manifestants l’ont bien cherché, ça me fout en rogne. Je ne peux pas croire que les gens soient si simple d’esprit, qu’ils en arrivent à une telle conclusion, sans se souvenir de leur propre époque. Allumez gang! Des manifestations, il y en a toujours eu, et il y en aura toujours. Le seul changement, c’est que Charest a eu peur de la révolte des étudiants en 2012, et il a créé une loi de marde pour justifier les actes de violence des policiers. Et c’est tellement ironique; parce que les policiers sont autant contre les procédures du gouvernement que les étudiants. Si ce beau monde s’unissait au lieu d’obéir à des ordres d’un gouvernement libéral merdique… me semble que. Allumez, non?

Je n’arrive pas à croire qu’on puisse justifier le fait d’ouvrir le feu directement face à une foule (alors que la procédure pour séparer des manifestants est de tirer dans les airs ou au sol). Il faut être vraiment en manque de sensationnalisme et assumer son désir de violence intérieure pour poser un acte comme celui qui a été posé par l’agent qui a fait feu dans la face d’une manifestante étudiante. Même si elle était entourée de gars (c’est quoi ce raisonnement à la con là?).

Sérieusement, je trouve que le Québec fait de plus en plus pitié. Quand je lis des trucs comme « bien mérité » ou « elle avait juste à ne pas être là », ça me fout en rogne. Je ne veux pas faire d’amalgame facile, mais ce que je lis sur les réseaux sociaux, ça provient en grande partie des baby-boomers de 45 et plus. On voit qu’ils ont la mémoire courte. C’est vrai que c’est facile d’oublier quand on a tout eu pas cher et qu’on payait ses études à bas prix et sa maison 40 000$ max dans le temps. Ce manque de compassion m’attriste tellement. On juge les étudiants qui sont dans la rue en leur disant qu’ils ne savent même pas pourquoi ils y sont. Eh bien, laissez-moi vous dire que ça dépasse les frais de scolarité.

J’ai vécu en France. Savez-vous ce qu’ils faisaient les étudiants français? Ils empilaient des chaises jusqu’au plafond pour éviter tout passage d’étudiants dans l’école. That’s it! C’est à croire que les étudiants devraient devenir de plus en plus radicaux pour faire passer le message. Excusez-moi, mais ceux qui chialent le plus, ce ne sont pas eux, ce sont les vieux derrière leurs écrans. Et pourtant, ils ne comprennent pas qu’on se bat pour une cause qui assurerait des avantages à leurs petits-enfants. Je n’arrive pas à comprendre les « grands-parents » qui jugent les manifestations. N’avez-vous pas de petits-enfants? Ne pensez-vous pas à l’avenir de leur progéniture? Toute cette histoire qui se répète est désolante.

On aime tant notre individualisme. Dès qu’on est dérangé dans notre horaire, on chie sur ceux qui osent se lever de leur divan et aller manifester pour l’avenir de notre société. Lâchez TVA et la Voix pis ouvrez donc votre subjectivité un peu. Calice.

2009-2015

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Ce soir, j’avais rendez-vous au Gesù avec Jay-Jay Johanson, pour un concert bien différent de ce que j’avais vécu en 2009 à l’Ex-centris.

Je ne sais pas trop comment aborder la chose. En fait, je suis mélangé entre déception et soulagement. Je m’explique: pour moi, Jay Jay Johanson est un artiste mélancolique, qui joue des pièces mélancoliques. En 2009, quand je l’ai vu en concert pour la première fois, il venait de sortir l’excellent disque Self Portrait et une année avant, nous avions eu droit à son disque au titre long de deux pieds The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known. Deux disque que j’avais énormément écouté. Deux disques que j’écoutais encore plus parce que je venais de me faire crisser-là par mon ex.

Je ne me rappelle pas de grand chose, outre le regard du journaliste Charles deschenes qui m’observait en se demandant pourquoi je pleurais du début à la fin du show. Oui, j’avais bu de la vieille bière en grosse Quilles, oui j’avais fumé mille cigarettes, et oui, j’étais au gouffre du désespoir. Mais la libération que ce concert m’avait fait… ouf, c’était magique, lumineux (malgré tout) et simplement parfait dans le choix des chansons.

Ce n’était pas le cas, ce soir. Je n’ai pas versé une larme. Zéro. Je dois avouer que ma première impression a été d’être en colère (et de chialer, diront certains) mais après coup, je dois me rendre à l’évidence. Ce n’est pas nécessairement le concert qui était problématique (même si j’ai trouvé le choix des chansons douteux; pré-enregistrement de guitare pour Hawkeye, alors qu’il aurait très bien pu faire Suffering. Mais surtout, absence de toutes pièces de l’album Self Portrait). Avec le mince recul, je me suis rendu compte que tout partait de moi; de mes émotions, de ce que je vis, ou plutôt de ce que je ne vis plus.

Et j’ai compris que je venais de passer un nouveau chapitre. Même si mes pièces favorites avaient été jouées, je ne pense pas que j’aurais vécu la même tristesse, parce que je ne suis plus où j’étais. Tout simplement. Et ça, pour moi, c’est tout un avancement. Parce que j’ai tellement retenu le passé et sa fausse illusion nostalgique; ça aurait été dramatique de me sentir dans le même état d’esprit qu’en 2009.

Ça m’a fait réfléchir sur la raison pour laquelle je vais voir des concerts, et sur ce fameux hasard qui nous fait choisir un artiste chouchou plutôt qu’un autre. Car la musique, comme les souvenirs, avance et se modifie selon notre perception du temps. Je ne suis plus l’être que j’étais en 2009, je ne suis plus le garçon ravagé par une rupture, celui que je décris si bien dans Peut-être jamais est rendu loin de moi. Il est une entité à part entière qui ne m’appartient plus. Je trouve que c’est un très beau deuil. Sans souffrance, sans déchirement. Le temps a fait son travail, et je le félicite.

Je commence peu à peu à apprécier le fait de vieillir. Certes, je déteste trouver un cheveu blanc par-ci par-là, mais je travaille à accepter le fait que je ne suis plus dans la vingtaine. J’ai toujours autant de difficulté à voir les amis jadis proches s’éloigner, mais je comprends un peu plus. Je comprends que la vie nous amène des gens et que ceux-ci repartent plus loin par moment. Quand je regarde vers l’arrière, je sais que je n’ai pas toujours été parfait, mais je suis quand même heureux de mes acquis. Même si je sais que l’acquis ne rime jamais avec l’amitié. Je n’ai cependant plus la force de me battre pour des gens qui ne veulent plus être en ma présence. Ça n’a rien d’égoïste. Je comprends l’évolution humaine, les changements de cap, les nouvelles relations qui nous font partir à la dérive. Bref!

Toute cette histoire de concert m’a fait réfléchir aux moments marquants où j’ai pleuré ma vie durant une chanson. Et, même si mes amis pensent que ça arrive sans cesse, je peux dire que c’est somme toute très rare. Je peux compter ces moments sur une main, ou peut-être six doigts. Les voici donc:

1. Godspeed you! Black emperor – BBF3 (2000 / 2011)

2. Radiohead – Fake plastic trees (2001)

3. Massive Attack – Group 4 (2006)

4. Interpol – The Lighthouse (2011)

5. Radiohead – Reckoner (2012)

Et évidemment, le show de Jay-Jay Johanson en entier en 2009 😉

C’est tout, en fait. Je n’ai pas tant braillé que ça dans les concerts, vous voyez! 🙂

Dubai s’enflamme


dubai

Alors qu’on veut construire un phare à Québec, la tour Torch (!) s’enflamme à Dubai!

Homophobie chez Facebook

Facebook-Thumbs-Down

Alors là, je suis bluffé par l’homophobie de Facebook. Je m’explique…

Il y a un an, j’ai publié la bande-annonce de mon roman Peut-être jamais. Aucun problème pour la publication. J’ai évidemment profité de l’option publicitaire offerte par Facebook. En 2014, pas de problème pour publier la vidéo et en faire la promotion. Après tout, il n’y a eu aucune censure de la part de Youtube ou de Vimeo.

Les mois passent… et c’est seulement ces dernières semaines que les problèmes commencent. Après une publicité de la bande-annonce qui roule depuis 365 jours, tout à coup, Facebook juge la vidéo trop osée pour ses membres. Je décide de prendre le tout avec un grain de sel, me disant que c’est probablement l’image fixe de la vidéo qui pose problème (on voit deux garçons sur le point de s’embrasser). Je décide de changer cette image pour quelque chose de plus doux, mais rien n’y fait. Facebook décide que ce n’est pas l’image de présentation le problème, c’est la vidéo au complet.

Je décide de porter le jugement en appel, et j’échange de nombreux courriels avec le service de publicité de la boîte. Je suis même étonné qu’on me réponde rapidement et directement, mais ce qu’on me dit est très honteux. On considère que deux hommes qui vont s’embrasser est de la pornographie, ce qui me met vraiment hors de moi. J’ai beau faire un parallèle avec toutes les vidéos sexuelles et beaucoup plus dénudées qui sont affichées sur ce réseau social (je pense aux vidéoclips en petites tenues de filles qui se se frottent ou même de vidéos carrément sexistes où l’on voit la poitrine généreuse d’une fille à peine habillée), rien à faire. On considère que ma vidéo reste de la pornographie.

Je m’excuse, mais on est fucking loin de la porno avec ma bande-annonce. D’abord, on voit à peine des corps nus, et les plans sont très serrés sur les visages plutôt que sur les corps. Je n’ai pas d’autres choix que d’accuser Facebook de faire du profilage homophobe. Pour tester mon appréhension, je mets une vidéo d’un couple hétéro sexuel peu vêtu qui s’embrasse; tiens donc! Aucune censure. Je pousse mon étude plus loin, et je place la même vidéo sur Twitter, histoire de voir ce qu’eux en pensent: aucune censure encore.

Je trouve ça tellement désolant qu’en 2015 encore on a de la difficulté à accepter la différence. Ça me met vraiment hors de moi. Après plusieurs échanges avec le service de publicité, et en appuyant sur le fait que la publicité est en ligne depuis un an et a été vue par plus de 150 000 personnes; on me répond ceci:

Your ad was previously approved to help it not lose its delivery potential. However, please note, one ad can be subject to multiple levels of review.

Comme c’est facile… Évidemment, je ne peux rien faire de plus pour les convaincre. C’est peine perdue. Ma bande-annonce n’est plus acceptée sur le réseau social, et je suis désolé, mais c’est clairement de l’homophobie dissimulé. Décidément, les États-Unis ont encore beaucoup de chemin à faire.

Pendant ce temps, tous les vidéoclips de femmes-objets qui se la jouent «salopes» passent sans problème, mais quel sacrilège de voir deux hommes qui s’aiment… Honte à Facebook pour ce coup-là.

Je vous invite à partager en grand nombre la bande-annonce de Peut-être jamais sur Facebook. Il suffit de poster cette adresse dans votre statut: https://vimeo.com/102979807

BILAN 2014

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C’est toujours la même petite angoisse en début d’année. Même si on se dit que notre meilleure résolution serait de ne pas prendre de résolutions. Jetez un œil vers la dernière année amène son lot de remises en question. Comme si on voulait additionner et soustraire les bons et les moins bons coups de 2014. Oh well…

La première constatation, c’est que mon année 2014 a été bien remplie, mais que j’ai fait mon lot de conneries (comme à chaque année, je suppose!) Je ne sais pas si c’est parce que la fin décembre m’a amené un défi de plus qui m’a fait prendre du recul et me regarder moi-même aller, mais force est d’admettre que la perfection n’est pas pour bientôt en ce qui a trait à mon hygiène de vie et mon comportement. Mais je ne me jette pas la pierre, d’autres le feront mieux que moi de toute façon.

Ma conclusion est quand même positive: ça aurait pu être pire que ça. Il y a eu du très bon, et un peu de mauvais. Au final, 2014 n’a pas été catastrophique; elle m’a surtout montré que je peux faire la job d’un entrepreneur, même avec peu de moyens au départ. C’est une bonne nouvelle, quoique je ne sais pas encore comment m’en servir.

2014 m’a tout de même apporté beaucoup plus de questionnements que de réponses, notamment en ce qui concerne mes projets d’avenir et ce que je voudrais réaliser comme prochain défi. Quand j’avais 28 ou 29 ans, et que j’avais lu Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles de Nicolas Langelier, je pensais avoir saisi toute l’essence du propos. Mais c’est seulement à 31 ans que je comprends vraiment tout ce que ça représente. Je ne suis pas à plaindre dans mon cheminement artistique (si je jouais au jeu de la comparaison, on pourrait nuancer, mais là n’est pas le point); je crois donc que je me suis débrouillé avec mes moyens et avec ma détermination, et tous ces efforts ont somme toute été récompensés. J’ai appris le dur défi de construire son «CV artistique». Mais voilà que je comprends une réalité un peu plus difficile; ce n’était qu’une pierre parmi d’autres, et je n’en suis qu’à construire des fondations pour une certaine suite. Mon plus grand problème présentement, c’est de donner une orientation à ces fondations, et surtout me décider pour savoir quelle pierre je veux ajouter pour continuer ma «construction». Pour le moment, c’est le doute. Et le doute n’est pas une mauvaise chose en soi. Seulement, je sais que je devrai trancher bientôt.

2014 m’a donné des envies diverses. J’ai beaucoup observé le milieu de la réalisation, de la scénarisation, des acteurs et des producteurs. J’aimerais bien faire plus de ce côté-là, car je suis de plus en plus attiré par le travail d’équipe, chose totalement opposée à l’écriture d’un roman. J’aurais cette espèce de désir de collaboration avec un scénariste, et je pense que le simple fait de repasser sur un scénario déjà écrit par un autre me ferait triper. C’est comme si peu à peu, j’avais envie d’ouvrir mes horizons, de sortir de la solitude du roman, pour communiquer plus, pour prendre le pouls d’une équipe, pour vivre l’esprit de groupe et la discussion des brainstorms. Je pense qu’il faudrait que je rencontre un mentor; le hic, c’est que je voudrais apporter ma contribution sur son projet, pas nécessairement imposer mes idées de projet. Bref, il faut que j’explore ce domaine en 2015.

Après avoir travaillé quelques années sur un roman et avoir vécu sa mise en marché de A à Z, j’ai beaucoup appris du milieu littéraire. Je ne veux pas le renier, mais je veux un peu de recul. Les bons coups ont été nombreux avec Peut-être jamais, et l’expérience, quoiqu’éreintante, a été formidable. Elle m’a surtout fait rencontrer une panoplie de gens formidables, et les retours ont été excellents. Maintenant qu’on peut dire que le projet est bouclé et réussi, j’en suis à me demander What’s next? Sans être une résolution, j’aimerais bien me donner un ultimatum (vous savez que j’en suis friand): je me dis que je veux être fixé sur mon prochain projet avant le premier anniversaire du lancement de mon roman (31 mars 2015). La marge est assez large, et on verra ce que le premier trimestre me réserve).

J’ai pris les dernières semaines pour me poser (et c’est le cas de le dire); m’être cassé la cheville n’a pas été une expérience agréable, mais elle m’a permis de m’arrêter réellement. De ne pas trop me perdre dans le tourbillon des Fêtes sans fin. J’ai eu du plaisir en famille et entre amis, mais raisonnablement. Bon ok, le 31 décembre, j’ai fait la folie d’aller cogner chez mes voisins pour finir le jour de l’An avec eux. Et j’ai eu du plaisir. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de mes voisins, résumons le tout de la façon suivante: Madame hurlait son bonheur sexuel un peu trop fort et trop souvent à mon goût, et même si je comprenais la raison de sa passion (son mec), ce n’était pas cool quand ça arrivait 4 fois par jour/nuit! On en a même parlé, verre de champagne à la main, et on a réussi à tourner le tout à blague. Maintenant, reste à savoir si ma présence aura été un « OK » pour qu’ils soient encore plus bruyants, ou si tout cela instaurera un respect un peu plus fréquent. 2015 nous le dira.

2014 aura aussi été l’année des engueulades et des réconciliations. J’en compte 2-3 de marquantes, où mon lâchez prise m’a permis de me rendre compte que toutes ces obstinations ne mènent à rien. Je sais que je n’ai pas été très très patient quand j’étais dans la planification de mon livre et de son marketing. Une période stressante qui a pu se refléter sur mon comportement plus incisif et direct. Mais je n’ai plus d’ennemis. Je n’en ai pas besoin. On ne peut pas faire l’unanimité, certes, mais je ne m’en fais pas trop. C’est la raison pour laquelle, pour l’une des premières fois, je n’ai aucune animosité ou malaises avec quiconque en ce début d’année. Pas d’histoires non-réglées, pas de conflits que je veux oublier. De ce côté-là, je suis en totale zénitude, et je suis bien avec moi-même.

Perdre ma motricité m’a aussi permis d’être plus reconnaissant pour cette chose que l’on prend trop souvent pour acquise: la santé. Je ne peux pas dire que je ménage ma santé à 100% encore, mais mon but est de travailler vraiment fort pour arriver à une année où j’aurai laissé de côté plusieurs mauvaises habitudes. J’ai déjà commencé le travail avec la vilaine cigarette. Oui, il m’est arrivé d’en griller une dans un party, mais ce désir de m’allumer une clope après un repas ou en journée est définitivement derrière moi. Je refuse de retourner dans ce monde que j’ai eu tant de mal à quitter. Je ne veux plus acheter de paquets, et si je dois donner 2$ pour en griller une parce que j’ai levé un peu trop le coude, je le ferai en me disant que plus jamais je ne veux retrouver de bâtons de tabac dans ma poche ou à la maison. Et puis, fumer, c’est tellement out. Plus je vieillis et plus je me rends compte que je dois améliorer mon cardio. Je croise fortement les doigts pour ne pas avoir de séquelles de mon accident dans le métro, car j’ai besoin de l’entraînement pour me donner une discipline de vie. J’ai hâte de retourner au travail, surtout pour les sessions de gym en après-midi. En 2013, je m’étais d’ailleurs promis de faire un don aux Amputés de guerre. Je ne l’avais pourtant pas fait, et je me suis trouvé cheap. Cette année, ma cheville cassée m’a rappelé plus ardemment la difficulté que certains amputés doivent subir dans leur démarche pour réapprendre à vivre avec un membre en moins. Je suis loin de me considérer comme une victime au même égard qu’eux. Mais de les comprendre un peu, dans une moindre mesure, m’a permis de me mettre à leur place. Je voulais donner pour cette cause depuis longtemps. J’avais déjà donné mon temps en tant que bénévole chez Gai Écoute, mais cette fois-ci, il me semblait important de faire quelque chose de différent. Et pour ceux qui ne le savaient pas, les Amputés de guerre fournissent aussi des services (gratuits et sans obligation ni harcèlement) très intéressants, notamment le plus populaire: le fameux système de plaques porte-clés numérotées. Saviez-vous que si vous retrouvez des clés dotées d’un numéro des Amputés de guerre, il vous suffisait de les déposer dans une boîte aux lettres?

En 2014, j’ai également consulté pour mes problèmes liés à la nourriture. Il y a eu beaucoup de chemins de parcourus et je suis content d’avoir continué, malgré le prix des séances et mon pauvre régime d’assurances. Je le répète; pour moi, voir un psy est une activité dont tout le monde devrait se vanter. Si j’avais des moyens infinis, je prendrais rendez-vous toutes les deux semaines toute l’année. Ma psychanalyse s’est transformée, après six mois d’analyse, et la source du problème se déterre tranquillement. Ça passe par le cœur, évidemment. Ça brasse les sentiments et les souvenirs. Et je pense même que c’est la raison pour laquelle je deviens de moins en moins personnel ici.

L’autre raison, c’est que je ne peux plus tout dire. À mon âge, un blogue qui s’écrit sous notre propre nom devient une menace directe envers nous-mêmes. Je ne dis pas que je dois me censurer (je n’écrirais plus du tout si c’était le cas), mais il m’est arrivé d’éviter de venir écrire, parce que je savais que mes propos blesseraient des gens ou ne me feraient pas une bonne publicité. Et quand je parle de publicité, je ne veux pas dire que j’ai peur de passer pour le salaud ou le garçon pas gentil. Je ne cherche pas à protéger mon ego, j’en viens tout simplement à une conclusion normale pour un homme d’une trentaine d’années: il vaut parfois mieux se fermer la gueule! Tout simplement.

Je crois que j’essaie peu à peu de m’éloigner de la nostalgie aussi. Ce blogue a tout de même 16 ans derrière la cravate. Tout dire à 20 ans et tout dire à 30 ans n’invitent pas aux mêmes conséquences. Mais je ne lâche pas pour autant. Je cherche toujours de nouvelles orientations pour ce blogue. Il est comme un ado en constante quête de mutation. C’est humain. Je voudrais peut-être me diriger vers l’entrevue. Dans divers domaines. C’est une approche que je vais tenter d’élaborer durant les prochains mois. En parlant sans cesse de moi, j’ai parfois eu l’impression que certains pouvaient penser qu’il ne s’agissait que d’un plan marketing pour vendre plus de livres. Ces gens ne devaient pas me connaître avant. Mais qu’importe! J’ai une idée qui se construit peu à peu et qui me semble intéressante; mélangeant littérature et musique. On verra si les artistes embarquent, car j’ai de plus en plus envie de parler des autres. Après avoir raconté toute ta vie, il était temps! (je suis certain que c’est ce que certains diront haha!)

Bref, 2014 est terminé, je considère que j’ai marqué l’année comme un grain de poussière dans l’océan, mais j’y étais, bien présent; avec une offre qui fait changement et qui ne plaît pas à tous. Et, tant mieux! Il faut de la variété, surtout quand on apprend que 97% du marketing littéraire est en fonction des livres de cuisine (page 27 pour les curieux)! Il y a bien les livres numériques, mais j’ai l’impression que mes clients sont surtout situés en France, en Suisse et en Belgique. La vague viendra peut-être plus tard pour le Québec.

Je termine sur mon bon coup et mon moins bon coup à propos de mon roman, justement.

  • Bon coup: Définitivement la bande-annonce du roman, qui continue à circuler sur la toile et à faire connaître le livre dans les autres pays francophones.
  • Moins bon coup: Définitivement la date du lancement, qui tombait un lundi, fin mars, une semaine avant les élections provinciales. Il y a des choses qu’on ne contrôle pas, mais si un jour je fais une autre soirée importante, je viserai probablement les jeudis, sans hockey de préférence 😉

Dans les prochains jours, j’essaierai de faire mon Top 10 des albums musicaux qui m’ont marqué en 2014. C’est toujours un moment déchirant!

Voilà, c’est ainsi que je finis mon pseudo-bilan. Je suis confiant pour 2015, et je souhaite de la santé à tout le monde. À moi aussi et à mes proches. Soyez vrais entre vous, c’est vraiment tout ce qui compte. J’ai laissé tomber l’hypocrisie et les beaux sourires faux en 2014 et c’était l’une des plus belles résolutions. On continue à s’aimer soi-même et à faire fi des méchancetés des autres!

Je sais que la culture occupe une place de moins en moins grande dans la vie des gens, mais souvenez-vous que c’est ce qui nourrit votre âme et fait de vous des personnes plus ouvertes et empathiques envers les autres!

Bonne année 2015 à mes lecteurs et à tous ceux qui viennent d’arriver ici pour la première fois!

Ces moments de silence, suivi de: comment je me suis pété la gueule dans les profondeurs de la STM

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Presque un mois sans dire un mot. J’en ai eu envie quelquefois, puis j’oubliais, tout simplement. Je me suis posé la question, à savoir si ça signifiait que je n’avais plus rien à raconter, si je n’avais plus envie de m’expliquer ma propre vie…

La conclusion est plus subtile (difficile?) qu’une simple rationalisation de mon état. Je vis souvent le même genre de petite descente quand le projet sur lequel j’ai travaillé meurt à petit feu tranquillement. Ce n’est pas la peine de ne plus le vivre; durant ces moments, je me rends compte que j’ai fait le tour, et qu’il faudra éventuellement quelque chose, car l’humain est en constante quête de renouveau. Et ce renouveau, je ne l’ai pas encore retrouvé, et je ne suis pas convaincu que je le retrouverai dans le roman, mais ça, qui sait…

Je pourrais parler de ménage dans ma vie, mais ceux qui importent sont au courant.

Je pourrais parler de mon ex, mais j’en ai fait le tour, même si j’ai vécu tout un lot d’émotions en le croisant dernièrement.

Je pourrais parler de ma vie de couple, parce que je suis en couple avec un homme.

Je pourrais parler des ventes de mon roman, mais elles vont si bien qu’il ne reste que des miettes de livres ici et là.

Je pourrais parler de mon psy, de mes efforts pour atteindre un équilibre alimentaire, de ma manière de contrôler mes mauvaises pulsions en ce qui a trait à l’alcool.

Je pourrais me féliciter d’avoir terminé mon traitement pour cesser la cigarette lundi dernier.

Mais je pense que la vie m’a fait attendre, parce qu’elle ne voulait pas que j’écrive encore. Elle préférait me donner un nouveau défi; soit celui de me casser la gueule dans les profondeurs de la STM.

Eh oui, la STM s’est bien vengée de mes innombrables piques concernant son service et le salaire trop élevé de ses dirigeants. C’est comme si l’entreprise de transport en commun avait planifié une incantation vaudou contre moi. En fait, c’est ce que j’aimerais pouvoir dire, pour me cacher derrière ma connerie humaine, mais j’en suis venu à la conclusion qu’il fallait que j’affronte ma stupidité comme un grand. Car c’est l’un des défis que la vie m’a donné dernièrement. Voici donc le récit qui a chamboulé ma vie en trois secondes…

C’était samedi dernier, en fin d’après-midi, je devais prendre le métro, puis prendre un autobus, puis prendre un train. C’est le chemin à suivre pour se rendre chez mon copain, qui habite, comme j’aime le dire, en campagne. Je n’étais pas en retard. Peut-être un peu juste, mais si la lumière au coin de la rue était restée rouge quelques secondes de plus, probablement que je n’écrirais pas ces lignes aujourd’hui.

J’ai donc dévalé les escaliers roulants de la station de métro, comme je l’ai fait des milliers de fois. Un couple niaisait et prenait son temps devant moi, et j’ai senti l’impatience grandir dans mon ventre. C’est que j’entendais déjà le wagon qui s’en venait à quai. Quand je l’ai aperçu, il était déjà là depuis un bon moment (5 secondes). Je n’avais pas encore entendu la petite musique qui t’annonce, en te narguant presque, que c’est trop tard. J’ai donc dévalé les quelques marches en écoutant cette chanson maudite et en voyant les portes commencer à se refermer. Il me restait trois secondes. J’aurais pu simplement insérer mon sac de gym entre les portes et causer une réouverture, mais tout à coup, le défi était de réussir à rentrer dans le wagon, à y faire passer mon corps en entier. Et je me revois, aux pas de course, propulsant d’abord mon sac devant moi, réussissant à poser un pied à l’intérieur du wagon.

Ce que je n’avais pas prévu, c’était la mince couche d’eau sur le quai. La température douce qui rend la neige en slush, tout ça traîné par les bottes des gens… Mon soulier n’avait rien vu venir non plus, et c’est à ce moment que le glissement s’est produit. D’abord, dès la première fraction de seconde, je me suis étendu de tout mon long dans le wagon; j’ai presque pensé crier « victoire! ». J’aurais eu l’air complètement fou étendu au sol, mais bahhhh, j’avais vécu pire humiliation. Mais lorsque j’ai entendu un «CRACK!» par-dessus la musique de mes écouteurs, j’ai compris avant même de hurler ce qui venait d’arriver. Mon pied gauche, entre le quai et le wagon, dans ce petit espace vide où rien ne devrait s’insérer, à défaut de ne plus jamais le revoir. J’y ai vu mon pied; se tordre, se mutiler, devenir guenille dans un mouvement qui n’avait rien de naturel. Je suis tombé, le pied coincé, et mon propre poids a fracturé ma cheville… c’était inévitable. Et je le savais déjà, alors j’en ai profité pour hurler et sacrer, couché par terre, pendant que le wagon reprenait sa route vers la prochaine station, comme si de rien n’était.

Quand des passagers ont tenté de me toucher la jambe, j’ai tout de suite crié qu’il ne fallait surtout pas, qu’elle était sûrement cassée. Je me suis donc agrippé à deux gaillards, jeunes et beaux d’ailleurs (je l’ai remarqué; c’est bien la preuve que ce n’était pas mon jour de mort haha). Les deux mecs m’ont fait monter à l’étage vers le changeur. L’un a dit: « ça paraît que tu as mal! » C’est là que j’ai compris que je dégoûtais à pleine sueur, en choc traumatique, sur l’adrénaline. J’étais trempé de partout.

Le changeur était une exception à la règle: super sympathique. Il m’a servi de l’eau, m’a donné des essuie-tout pour m’essuyer la face un peu. Je ne voulais pas appeler d’ambulance, car j’étais tout près d’un hôpital. J’ai attendu les policiers du métro; encore deux beaux jeunes hommes gentils. Ils m’ont soutenu dans ma triste marche jusqu’à l’hôpital de l’autre côté de la rue. Et là-bas, une belle attente allait commencer.

Un seul médecin pour voir la pièce entière remplie de gens. Système de santé pathétique. Vraiment. Et la niaiserie encore pire; impossible de passer une radiographie avant que le médecin l’autorise. Ri-di-cu-le. Je savais pourtant que j’avais une fracture, c’était inévitable. Mais non, j’ai dû attendre 4 heures pour voir un médecin cinq secondes qui m’a dit que tout ce qu’il y avait à faire était d’aller faire… une radiographie (nonnn??? Vraiment??!) En observant les méthodes et les règles complètement ridicules de l’hôpital dans lequel je me trouvais, j’ai compris pourquoi le système de santé était ridiculement engorgé. J’en ai d’ailleurs vu de toutes les couleurs durant mon attente.

Je suis sorti vers 22h00 le soir, avec un plâtre temporaire et un verdict que je connaissais déjà au fond de moi: fracture de la cheville gauche. Le médecin n’étant pas capable de lire une radiographie comme il faut, il m’a donné rendez-vous le lundi suivant, afin qu’un radiologiste donne son avis sur la blessure (le technicien m’ayant fait passer la radio ne devant pas être assez qualifié, je suppose).

Je suis sorti de l’hôpital avec une constatation; bon dieu, il ne faudrait pas être sur le bord de la mort et atterrir dans cet endroit! Heureusement, ce n’était pas mon cas, et j’étais bien accompagné de mon meilleur ami Thomas. On a ensuite passé la soirée ensemble. Ça faisait un bail qu’on ne s’était pas vu. J’aurais préféré d’autres conditions, mais la vie ne nous laisse pas toujours le choix. Elle ne lui a pas laissé beaucoup de choix non plus; il a dû me déshabiller pour la pose du plâtre et il a joué au taxi. En poussant mon fauteuil roulant dans le couloir de l’hôpital, on s’est passé la réflexion qu’on ne vivait jamais de moment comme les autres. Nous, on ne vit pas des enterrements de vie de gars ou des mariages; on est surtout là quand l’un ou l’autre est dans la deep shit. C’est ça, la vraie amitié.

Plus tard dans la soirée, Juan est venu faire son tour, complètement saoul, et ça a permis de détendre l’atmosphère. C’était une belle visite. Mon mec est venu me voir le lendemain, puis lundi mes parents sont venus me chercher pour aller passer du temps à la maison familiale. J’ai eu droit à un arrêt de travail jusqu’en janvier, mais comme mon assurance au travail est merdique (pas d’assurance courte durée), j’ai dealé pour pouvoir continuer à travailler de la maison. Je me tape présentement des 12 heures par jour. Mais de toute façon, je n’ai que ça à faire.

Je ne serai donc pas très très sorteux durant le temps des Fêtes. L’an passé, c’était la grippe du siècle. Cette année, c’est l’handicap. J’essaie de prendre tout ça avec un grain de sel. La rengaine «chanceux dans sa malchance » s’applique souvent dans ma vie.

Toute cette aventure me fait réaliser qu’on ne sait jamais quand la vie peut basculer. Sans prendre un ton dramatique, mais… c’est si vrai qu’on ne sait pas quand notre dernier souffle sera venu. Et je suppose que c’est correct comme ça. Je ne peux pas dramatiser la chose, parce que je chignais qu’il ne se passait pas grand-chose dans ma vie dernièrement. Eh bien, voilà le nouveau défi. En fait, il y en a deux; et le plus difficile ne sera pas dans les mouvements, mais bien au niveau de la prise de poids. En arrêt de travail, mais aussi en arrêt de gym (ou du moins de cardio), j’espère que ça ne fessera pas trop fort sur la silhouette. Pour le reste, ce sera un bel indice d’observer qui viendra me voir et qui ne sera pas là. Une autre méthode pour connaître ses vrais amis en soi.

Ce qui est le plus chiant quand on perd l’usage temporaire d’une jambe? SE LAVER! Bordel que c’est un casse-tête! Une chose est certaine en tout cas, je vais économiser de l’argent. Vous imaginez? Je ne peux pas faire d’épicerie, et je ne peux même pas décider d’aller m’acheter une bouteille de vin au coin de la rue.

Sinon, je suis un danger public en fauteuil roulant. Et je suis un danger pour moi-même avec des béquilles (le p’tit Jezus ne serait pas content de m’entendre sacrer de même lol).

Alors voilà! Je vous souhaite un beau temps des Fêtes; plus actif que le mien (ce ne sera pas difficile!). Pour ceux qui cherchent encore mon roman, il reste 19 copies au Québec et 5 copies en France. J’ai aussi deux copies que je peux dédicacer pour ceux qui passent par Paypal (voir les infos dans le coin droit!) Dépêchez-vous 😉

Damien Rice – Montréal (review)

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C’était hier soir que la mini-tournée de Damien Rice se terminait au Métropolis de Montréal. On connaissait la générosité de l’artiste en concert, mais le public ne s’attendait certainement pas à avoir droit à un si long spectacle. Après un peu plus de trois heures sur scène, pas de doute possible, pari gagné. Damien Rice réussit son retour et dépasse les attentes. On remercie d’ailleurs le vin et le saké, car oui, ils ont leur part de responsabilité durant cette soirée!

Ce n’était pas gagné d’avance. Lorsque le chanteur s’est pointé sur la trop grande scène du Métropolis, il semblait fatigué et un peu irrité. Il n’a pas adressé la parole au public, public qui était plutôt bruyant lors des premières chansons. Je ne comprendrai jamais ceux qui hurlent durant les passages calmes d’une chanson en concert; c’est comme interrompre un coït de façon radicale en parlant de sa belle-mère. Il faut croire que l’excitation de ne pas avoir vu l’artiste depuis 8 ans devait jouer chez certaines personnes.

Seul avec sa guitare, Rice a donc enchaîné les titres comme un automate. Il aura fallu attendre 7 pièces avant que quelques mots ne sortent de sa bouche. Mais une fois qu’il commence, Rice a du mal à s’arrêter. Et puisque le public en redemandait, c’est là qu’on a compris peu à peu que l’on s’enlignait vers un concert d’anthologie.

Il n’y a pas à dire; les nouvelles chansons de l’album My favorite faded fantasy s’harmonisent parfaitement aux vieilles pièces; elles apportent même un nouveau vent de fraîcheur et j’ai trouvé ces dernières compositions beaucoup plus intéressantes que les pièces de « 9 ». Puisque Rice avait fait la demande de fermer les bars de la salle pour toute la durée du concert, plusieurs personnes ont opté pour l’achat d’une bouteille de vin. Avoir su, j’en aurais acheté deux!

Oui, je le reconnais, j’étais le « fatigant » qui demandait sans cesse The Box en gueulant sans gêne. Et Rice, de répondre: « You’re so demanding!», mais à ma défense, je sais qu’il adore les propositions venant du public. J’ai donc obtenu ce que je voulais. Et je dois dire que j’en ai obtenu plus, car j’avais préparé le terrain sur Twitter. C’est fou comment Twitter a changé la relation à l’artiste. En résumé, il y a une semaine ou deux, j’apostrophais Rice pour lui suggérer d’interpréter la longue pièce de son nouveau disque It takes a lot to know a man. Je justifiais mon choix en lui disant que pour sa dernière date de tournée, ce serait parfait de terminer avec une chanson qu’il n’a encore jamais jouée. Fruit du hasard ou petit bout de phrase qui fait son cheminement dans la tête d’un artiste, j’ai été agréablement surpris de le voir jouer cette chanson, et pas seulement quelques petits accords, mais plutôt presque au complet. Il faut dire que ce qui s’était passé avant, avec Cheers Darlin’ (il invite une jeune femme sur la scène et ils s’enfilent une bouteille de vin complète en plus de quelques verres de saké) a dû le détendre, car on a ensuite eu droit à un artiste qui ne veut plus quitter la scène.

J’ai donc poussé ma chance un peu plus, réclamant I remember (avec plusieurs autres personnes dans la foule). Rice a construit un beau climax, répétant « I remember » des dizaines de fois durant ses histoires pour nous narguer, avant de jouer autre chose. Mais après 22 chansons, il ne manquait que celle-ci. Et c’est sur cette pièce, rappelant le fantôme de la voix de Liza (qui ne l’accompagne plus du tout et ne travaille plus avec lui non plus) que Rice a quitté le Métropolis. Un peu plus et on devait le sortait de la scène de force!

Un beau concert de fin de tournée, et surtout une promesse de revenir au Théâtre St-Denis en avril (je prédis le 9 ou le 12 avril).

Pour quelqu’un qui avait affirmé haut et fort que j’allais me faire chier en raison d’un concert acoustique sans groupe pour l’accompagner (sans piano non plus!), je dois me rétracter et avouer que j’ai passé une soirée digne des meilleurs concerts de 2014, et pour une fois, je peux même dire que j’ai obtenu tout ce que je voulais entendre. C’est un petit baume qui a permis d’effacer l’annulation du concert d’Interpol la veille. Là aussi, j’avais travaillé fort sur Twitter pour obtenir deux chansons! Demandez et vous recevrez, non?

 

Mes coups de cœur et mes déceptions de l’automne télévisuel 2014

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Déjà la mi-saison télévisuelle qui se profile. Avec la température extérieure, on a parfois de la difficulté à se souvenir qu’on a déjà passé la mi-octobre. Qu’est-ce qui m’a intéressé cet automne en télévision, et qu’est-ce qui m’a déçu? Voici mon analyse des émissions que j’écoute ou que j’ai écoutées. Un constat simple; j’écoute beaucoup trop de télé (mais rarement en direct).

LE CLASSIQUE

Je parle de classique, mais pour moi, malgré ses cinq saisons, la sixième saison de The Good Wife reste encore du bonbon et agrémente mes dimanches soirs. J’ai écouté la série en rafale, et je trouve que c’est de la cruauté que de devoir me contenter d’un épisode par semaine. Retrouver Alicia Florrick (Julianna Margulies), c’est comme retrouver une bonne amie, celle dont on ne se lasse jamais d’entendre les histoires rocambolesques. Les quelques premiers épisodes de la saison étaient un peu plus lents, mais le tout a repris son envol avec l’épisode de dimanche dernier. S’il y a une série intelligente américaine à regarder, c’est bel et bien celle-ci.


 

LES ÉMISSIONS RÉCONFORTS

Plusieurs émissions réconforts sont de retour cette année. Quand je parle de ce type d’émission, j’inclus souvent les sitcoms et les comédies légères. Je pense à The Big Bang Theory, Modern family, American Dad, The Simpsons… Par contre, je dois avouer avoir perdu un intérêt complet envers la sitcom New Girl (depuis la 3e saison en fait. On pourrait résumer le tout par une série où le but est de crier plus fort que l’autre. Blahhh) Même chose avec une autre émission criarde: Hell’s kitcheen. Concept surutilisé qui commence à tourner sérieusement en rond. Ça se remarque en voyant que Ramsays tente de se diversifier avec d’autres types d’émissions.

Une autre émission réconfort que je regarde religieusement (mon côté gai sûrement), c’est Project runway. Chaque année, je me dis que ce ne sera pas aussi bon que l’année précédente, mais je finis par rester scotché à l’écran et j’écoute la saison au complet. En plus, cette année, on a eu droit à beaucoup de drama avec cette chère Korina, du vrai bonbon pour la télé!

Saturday Night Live m’amuse toujours autant même si le casting devient de plus en plus nouveau. On s’ennuie vite des vieux de la vieille (mais ça, c’est surtout signe que je vieillis). Ça faisait du bien de revoir Stefon la semaine dernière, mais sans Seth Meyers, on dirait que ce n’était pas tout à fait pareil.

D’ailleurs, au Québec, j’ai aussi deux émissions réconforts, soit Les Parent (on ne se tanne pas, de voir le beau Joey je veux dire haha) et bien sûr C’est juste de la TV, avec sa nouvelle mouture (oui, j’ai même appris à aimer Jean-Michel Dufaux, même si je trouve qu’il coupe encore un peu trop la parole aux autres; d’ailleurs, Dave Ouellet est devenu moins patient cette saison-ci.) Et ce que j’aime de C’est juste de la TV, c’est que l’équipe n’échappe pas à ses propres règles, et elle n’a pas peur de se mettre elle-même au réparateur, comme lors de ce fameux Quiz long et chiant d’il y a quelques semaines. Il en valait pourtant la peine simplement pour avoir ce moment de télé avec Marie-Soleil Michon qui laisse tomber tellement elle ne comprend plus le pointage (sa désinvolture était simplement parfaite). Je n’ai pas trouvé l’extrait en HD, mais voici un extrait de ce gros n’importe quoi!

On serait plusieurs à avoir fait part de nos commentaires négatifs sur le Twitter de l’émission. Gageons que ce Quiz ne reviendra pas (j’espère bien en tout cas!)

 

NOUVEAUTÉS

Au niveau des nouveautés américaines, c’est définitivement How to get away with murder qui m’a conquis cet automne. C’est joué gros, c’est parfois caricatural, il y a même certaines incohérences, mais c’est ce qu’on appelle du bon divertissement. Et ça passe vite vite vite. Je sais, on n’y croit pas pour deux secondes qu’un prof peut amener ses élèves sur une scène de crime ou qu’un délateur peut être libéré le jour de même alors que le procès n’est même pas terminé, mais ça n’enlève rien au plaisir. Et que dire des scènes plus chaudes entre Connor et des garçons! Non, je ne regarde pas juste pour ça, mais je ne peux m’empêcher de trouver le traitement de l’homosexualité bien fait, même si c’est un peu twisted. Ça me rappelle ce que j’ai pu écrire parfois! Gâtons-nous et regardons-en une!

 

Au niveau du Québec, ma série coup de cœur est définitivement Au secours de Béatrice. Et pourtant, je hais les séries qui ont pour décor un hôpital. Mais ici, le terme est exactement parfait: l’hôpital joue un décor, à peine un peu plus par moment. Le ton et le jeu des acteurs: parfaits et égaux. Que dire de Sophie Lorain; on se plaît à la revoir enfin au petit écran. Et j’ai de la difficulté à m’expliquer pourquoi, mais dans cette série, Gabriel Sabourin rayonne de sex appeal! C’est un acteur que j’ai toujours respecté, et je dois dire qu’ici, il est chaud. Et je m’étonne moi-même de le penser!

Bon, il paraît que certains ont grincé des dents en voyant la manière dont le psy pouvait se comporter durant la saison. Je comprends l’image faussée que cela pourrait donner, mais il faut se rappeler qu’on peut s’en permettre un peu plus en télé, donc je passe par-dessus ça pour le moment.

C’est un peu drôle que cette année, deux séries avec deux personnages féminins forts de ma jeunesse prennent le contrôle de notre téléviseur québécois. En effet, je parle de Sophie Lorain, mais je lance également un clin d’œil à Macha Grenon, qui revient aussi à l’écran après un long moment. En 1995, il s’agissait de mes deux actrices préférées dans la télésérie Scoop!

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Mais je dois faire un aveu, je n’ai pas accroché à la série de Macha Grenon, Nouvelle adresse. J’ai écouté deux, trois épisodes, et je ne sais pas, le déclic ne se fait pas. Peut-être que le sujet est trop loin de moi, car je ne connais encore personne dans mon entourage atteint d’un cancer. Ou du moins, personne très près de moi. Si on me demandait de choisir entre Sophie et Macha, c’est clairement Au secours de Béatrice qui gagnerait le pari. Et il en fallait beaucoup pour me faire revenir vers TVA!

 

LES DÉCEPTIONS

Ça arrive, même dans les meilleures séries télé; parfois, on étire la sauce et une série devient un gros n’importe quoi. Parfois, la série continue tellement longtemps qu’elle semble détonner avec la réalité dans laquelle elle a lieu. C’est dommage de cesser d’écouter ou d’écouter avec difficulté une série que l’on a jadis tant aimée.

C’est un peu ce qui se produit avec Toute la vérité cette saison. D’ailleurs, on a annoncé qu’il s’agissait de la dernière saison. Je pense qu’il était temps que ça se termine. Tous les acteurs ou presque sont déjà ailleurs, occupés par d’autres projets plus nouveaux. Le traitement fait au personnage de Patrice Robitaille (suicide ou non) n’était pas des plus subtils. Mon avis reste que l’acteur était trop en demande ailleurs et qu’il n’avait plus d’heures de tournage à offrir. Je me trompe peut-être, mais c’est un peu l’impression que j’ai de cette nouvelle saison. Ça joue sur le pilote automatique, sachant que de toute façon ça ne revient pas. Tout ça me semble soudainement manquer de profondeur.

Les Enfants de la télé ne me parle plus autant qu’avant non plus. Oui, les animateurs sont différents, le concept est le même, etc. Mais je ne sais pas si c’est ce qui cause mon désintérêt. Je suis plutôt là à hausser les épaules; si j’y pense, je l’écoute, sinon, ce n’est pas plus grave que ça.

Et non, je ne vous parlerai d’aucune émission de chansons ou de danse, car je hais ce type d’émission. Je n’en reviens pas encore que Gregory Charles a su réussir à obtenir une 2e saison du Choc des générations en ces temps de coupures à Radio-Canada! Même chose pour Un Air de famille, ou l’autre émission de TVA avec le gars des Grandes Gueules. Mais bon, je pourrais aller plus loin en disant que je hais Glee autant que toutes les comédies musicales, je vais donc me taire avant de me faire des ennemis farouches haha!

Je ne parlerai pas de Tout le monde en parle, simplement parce que c’est la même rengaine année après année. Ça manque de croustillant et de punch, mais voyez ce que ça donne quand Dany Turcotte essaie de faire une blague un peu plus salée; les matantes s’enflamment sur les réseaux sociaux et ça part en vrille. Je comprends un peu mieux pourquoi l’émission est si sage, mais je continue à croire que c’est pourtant le rôle de cette émission du dimanche que de ne pas être complaisante. Quand on dit qu’il se passe plus de débats au 125, rue Marie-Anne, dans l’émission de Christiane Charette (que j’adore), ça veut tout dire!
 

UN POUCE EN BAS POUR CBS

Je n’arrive pas à croire que CBS ait annulé la sitcom Friends with better lives. C’est une grave erreur à mon avis, car ça aurait très bien pu devenir une excellente sitcom une fois bien rôdé. Les premiers épisodes devaient évidemment mettre les personnages en place, mais la série devenait de mieux en mieux à chaque épisode. Et quelle joie de retrouver le ptit Dawson! Peut-être que le réseau trouvait que ça tournait trop autour de blagues sexuelles? Je ne sais pas, mais il faudrait bien qu’un autre réseau reprenne la série; je continue à croire qu’elle en vaut la peine.

Ceux qui ont aimé Friends devraient s’y plaire.

 

Bref, voilà encore une saison télé fort occupée, avec ses hauts et ses bas, comme à l’habitude. Maintenant, je sais ce que vous vous dites: lâche la tv pis va jouer dehors! 
 
Ok, Ok!

Critique : Tomorrow’s Modern Boxes – Thom Yorke

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Ce n’est plus une surprise pour beaucoup de gens; presque tout le monde est au courant que Thom Yorke a sorti un nouvel album solo vendredi dernier.

Je me suis laissé quelques jours pour mieux faire mijoter le tout avant de balancer une critique sur laquelle je voudrais revenir plus tard. Maintenant, après plusieurs écoutes, me voilà convaincu: Thom Yorke a livré un effort qui présente somme toute quelques intérêts, mais qui ne révolutionnera pas son statut de bidouilleur.

Je vais tout de suite l’avouer, je préfère Yorke avec Radiohead que le Yorke électro. Attention, je ne dis pas que tout est mauvais quand il est seul. The Eraser était un excellent album. Et même sur la toile, j’ai lu plusieurs opinions qui disaient préférer ce nouvel album à ce qu’il a livré avec Atoms for Peace. Sur ce côté, je ne suis pas d’accord, et voici ce que j’en pense.

Tomorrow’s Modern Boxes n’est pas un mauvais album, il contient quelques titres intéressants, mais sur 8 chansons, je n’en apprécie que la moitié. C’est un score qui me fait penser à l’album The king of Limbs. En effet, le dernier disque de Radiohead (encore 8 morceaux! On s’ennuie des longues tracklists de 14 chansons de la période Hail to the thief!) n’était réussi qu’à demi.

Le problème avec Yorke, c’est que son travail en solo reste un travail solitaire assez hermétique. Il y a bien Nigel, mais je serais curieux d’entendre un album de collaborations entre Yorke et d’autres musiciens. Ce qui reflète un peu mon état d’esprit à l’écoute de ce dernier disque: je trouve qu’il manque d’envolées et de punch. C’est trop calme, un peu plat, et l’émotion vient rarement.

Je ne déteste pas ça, j’aime aussi la musique calme et relax, mais ce genre de downtempo (parfait pour l’automne, j’en conviens) finit par me lasser rapidement. Sur une courte galette de 8 pièces, l’effet se fait ressentir encore plus vite.

A Brain in a bottle annonce tout de suite le portrait de ce qui suivra. La voix de Thom Yorke joue à cache-cache, parfois derrière une beatbox, parfois à l’avant-plan. C’est agréable, il n’y a pas de doute, mais on doit reconnaître que la force vocale du chanteur n’est plus ce qu’elle était. Ou alors Yorke n’avait pas envie de grandes envolées. C’est peut-être un choix esthétique. L’impression qui s’en dégage, c’est que tout cela est bien gentil, mais en comparaison à The Eraser, où les morceaux me semblaient mieux construits, ici, tout me semble tourner en boucle. Boucles de voix, boucles de synthé, boucles de piano, boucles de beatbox et quelques effets électro discrets.

Ça fonctionne bien sur la chanson Guess Again! Mais on dirait presqu’un remix de Pyramid song. Heureusement, il y a bien une petite perle et je dirais même que l’oeuvre de ce disque ne réside qu’en une seule pièce: The Mother Lode. Même si on joue encore dans la répétition et les boucles, la voix de Yorke prend enfin son rôle au sérieux et occupe toute la place en tant qu’instrument. Les deux dernières minutes représentent ce qu’il y a de plus émotif, à mon avis, sur ce nouvel album solo.

J’aime bien la mélancolie de Trust Ray également. Mais je dois avouer que les dernières chansons me laissent de glace (jeu de mots plate à propos du titre de la pièce There Is No Ice (For My Drink)!) Je ne sais pas, après 5 morceaux dans un même genre, je trouve que l’album manque de substance et se répète. Pink section me donne une impression de remplissage. Peut-être que mon avis va évoluer avec le temps, mais pour moi, l’album d’Atoms for peace reste supérieur à cet album solo. Je sais que plusieurs me contrediront, mais c’est ma conclusion.

Maintenant, il ne reste qu’à espérer que Yorke se soit vidé l’âme en solo, mais surtout qu’il sera d’attaque pour le nouvel enregistrement de l’album de Radiohead. Les gars sont en studio depuis début septembre. On verra bien combien de temps ça va leur prendre avant de balancer un nouvel album sur la toile, méthode qui semble avoir gagné le cœur du groupe.

 

Coming out, saison 2

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Mercredi dernier, c’était le lancement de la deuxième saison de Coming out, la série web réalisée par Mathieu Blanchard.

Je ne m’en cacherai pas, j’avais bien aimé la première saison de Coming out, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’avais demandé à Mathieu Blanchard de réaliser la bande-annonce de mon roman Peut-être jamais.

Le 25 septembre dernier, Mathieu Blanchard nous présentait la suite de sa série, à la façon Netflix, soit en balançant les 12 épisodes d’un seul coup. Vous pouvez donc voir toute la deuxième saison sur le site EnVedette.ca. C’est un choix volontaire de la part du réalisateur (et je lui avais fait part de mes appréhensions, mais je respecte sa décision). En fait, comme les épisodes durent entre 9 et 12 minutes, on pourrait dire qu’on se « gave » de la saison d’une seule traite, peut-être un peu trop rapidement pour prendre un certain recul.

En deux heures à peine, j’ai donc dévoré les 12 épisodes de cette nouvelle saison. Encore aujourd’hui, j’aurais préféré en avoir deux ou trois épisodes par semaine, simplement pour ne pas tout regarder comme un boulimique.

Dans ces nouveaux épisodes, la première chose qui nous frappe, c’est le changement de perception du personnage central (Mat). Lors de la première saison, on sentait le personnage principal beaucoup plus antipathique. On commençait donc à l’apprécier vers la fin de la saison, parce qu’il devenait de plus en plus fragile, ou plutôt parce qu’on s’était attaché à son côté un peu snob, voire diva.

La deuxième saison nous ramène un Mat plus calme, moins dans la confrontation et plus dans l’acceptation de ce que lui apporte la vie. Avec son retour, on retrouve ses démons, mais surtout cette relation ambiguë avec Ian, cet homme qu’il a (et aura toujours, nostalgiquement parlant) dans la peau. Et c’est là que Mathieu Blanchard excelle le plus; en nous présentant la vie à l’écran, car c’est souvent ce qui se produit dans certaines relations entre hommes; la passion avant l’amour, la sexualité avant la relation humaine.

Pour Mat, tout se mélange dans sa tête, et cette attirance est toujours présente pour l’amour du passé. Au fil des épisodes, il saura mieux comment définir cette relation particulière.

J’ai trouvé que cette saison était beaucoup plus sombre que la première, surtout dans les six premiers épisodes. Et, vous savez comme j’aime le drame! C’est donc quelque chose qui est venu me chercher plus personnellement, me faisant réfléchir à mon ex et à toutes ces histoires d’amour qui font du bien au début, avant de faire mal par la suite (mais, au final, on en redemanderait encore et encore)!

La seule chose qui m’aura irrité dans cette saison, c’est surtout un goût personnel, mais c’est au niveau de la musique francophone à la fin de certains épisodes. J’ai trouvé que la musique ne servait qu’à souligner les événements qui venaient de se produire peu avant. J’ai trouvé que ce n’était pas nécessaire d’appuyer pour faire comprendre l’épisode au spectateur. Mais c’est un avis très personnel, sachant que j’ai beaucoup de difficulté avec la musique francophone. Heureusement, la plupart du temps, les épisodes se terminent avec une musique sans voix, mais quand la voix y est et nous décrit étrangement la scène qui vient de se produire, ça casse mon moment de réflexion.

Outre ce petit détail, c’est une très bonne série, qui nous présente des personnages bien incarnés, pas surjoués. On joue dans la simplicité, sans forcer la note, et je crois que c’est vers cette orientation que devrait se diriger Mathieu Blanchard pour ses prochains projets.

En conclusion, on s’éloigne un peu du titre de la série, car l’évolution de la série suit l’évolution de la vie, et maintenant, le coming-out semble fait pour tous les personnages, indice qu’il est peut-être plus simple de sortir du placard en 2014 qu’il y a quelques années, mais peu importe, je crois que ce genre de série est très importante pour montrer des exemples aux plus jeunes, pour leur faire comprendre que ce n’est pas la fin du monde, et que tout finit par mieux aller. C’est d’ailleurs un peu ce que je voulais exprimer dans mon propre roman.

Une deuxième saison bien réussie! On se demande même s’il y en aura une troisième.