Luminosité

Je n’ai pas lu ma dernière entrée de blogue, mais j’ai encore le ressenti que ça sonnait full drama. C’est peut-être l’arrivée prochaine du printemps ou le changement d’heure, mais voilà que je sens un peu de lumière pointer le bout de son nez. C’est assez agréable. Un peu comme si je retrouvais un peu de liberté.

Je pense que les grandes claques dans la face sont souvent bénéfiques pour établir des tournants à 180 degrés. Je crois aussi que les événements que j’ai vécus au cours du dernier mois m’ont assommé, avant de me faire renaître peu à peu. Certes, je n’ai toujours aucun intérêt à me remettre dans le bain des éternelles discussions inutiles sur les sites de rencontre, et puis, j’ai pris le temps de me demander à quoi ça rimait. Si je n’ai pas envie d’établir des liens avec des inconnus, c’est que je ne suis pas prêt, tout simplement. Il faut cesser de forcer les choses. Évidemment, j’ai les hormones dans le tapis et la main droite fatiguée, mais vaut mieux ça que de se faire chier avec le premier venu. Alors, laissons ça au temps, et peut-être au réveil du printemps, qui fait toujours monter la sève d’un coup sec.

La liberté que je goûte est aussi un apaisement par rapport aux anciennes relations. Je m’attache trop ardemment, mais une fois que je décide que c’est bel et bien la fin, je n’en fais qu’à ma tête de scorpion. Je passe à autre chose, et c’est presque enivrant, parce que pour une fois, je fais table rase du passé, sans cette stupide nostalgie énervante qui me pressait tant à toujours regarder vers l’arrière.

Je pense que l’arrêt de mes médicaments se fait aussi déjà ressentir. Comme si les angoisses s’apaisaient, que la confiance revenait tranquillement. Même cet étrange désir obscur que l’on appelle: écrire. On verra bien.

C’était la première fin de semaine depuis un long moment où j’ai pu me reposer, prendre du temps pour moi, établir de nouveaux menus de recettes végé. Ça m’a fait du bien, même si étonnamment, j’aurais souhaité avoir plus de travail pour combler quelques heures supplémentaires, en ce moment même. Mais je suis reconnaissant. Il faut éviter d’être un junkie du travail, comme un junkie dans les autres domaines.

Vendredi prochain est une date importante pour moi. Si tout se passe comme prévu, ce sera enfin le moment où je ferai table rase de mes dettes. Il n’y a pas de sentiment plus agréable que de payer ses quatre cartes de crédit au complet, de remettre le compteur à zéro. Certes, mon hypothèque planera toujours au-dessus de ma tête. Mais ce n’est pas la même chose. Je me rends tout de même compte que manquer d’argent est un élément lourd dans notre bonheur. On aimerait tous ne pas avoir à se préoccuper de savoir si on va arriver à payer tous les comptes à la fin du mois. C’est humain, et quand on voit les factures s’accumuler, on a tous ce petit pincement, cette petite angoisse supplémentaire qui en rajoute sur le reste de nos préoccupations. Je ne suis pas dupe. Il y aura d’autres dépenses imprévues, d’autres moments plus difficiles plus tard, mais je me considère tout de même choyer, car il m’aura fallu moins d’un an, après l’achat d’un condo, pour retomber sur mes pattes. Oui, il y a la deuxième job, mais elle comble autre chose en plus de l’argent, et elle ne m’affecte pas autant que je le craignais au départ.

Pour ce qui est de mes amitiés, je pense que je dramatise également. Les visages changent, la vie change, ça fait partie de la game. J’ai retiré tout ressentiment de mes relations amicales, qu’elles soient en santé ou en puéril. Je serai toujours heureux de revoir les gens qui m’ont apporté du bonheur dans ma vie. Et si on ne se revoit plus, c’est la vie, c’est ainsi. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de cycles dans l’amitié. Il fut des temps où je n’avais que des amies féminines, puis toutes les femmes se sont barrées, et il ne restait que mes amitiés masculines. Présentement, c’est un peu le contraire qui se produit; il y a un retour en force des femmes dans ma vie, et presque de l’absence des garçons. Ça n’a pas tant d’importance. Je me rends aussi compte que les amitiés professionnelles prennent le dessus. C’est intéressant. On rencontre beaucoup plus de personnalités différentes en fréquentant nos collègues de travail. Je pense que ça évite de s’enfermer dans un moule d’amitié trop restreint ou identique à nos manières de concevoir le monde.

Ça m’amène aussi à percevoir les réseaux sociaux d’une autre façon. C’est comme si je m’en détachais tranquillement. En fait, je n’ai même pas besoin de trolls pour me faire comprendre que les débats sur la toile sont futiles et souvent voués à créer de la frustration dont on pourrait se passer. C’est la raison pour laquelle je ne me prononce que très rarement sur la place publique à présent. Ça draine de l’énergie, une énergie que je peux mettre ailleurs, sur moi-même et sur les prochains défis qui s’amènent. Ça fait longtemps que j’ai fait une croix sur cette espèce d’aura de pseudo célébrité, de clics et de J’aime. Après plus de 15 ans à raconter ma vie ici, j’ai vécu mon lot de changement par rapport aux réseaux sociaux, et j’ai décroché. Plus envie de me battre dans le vide, simplement le désir de continuer mon chemin, de ressasser mes expériences ici (on ne s’en sort pas!) et de vivre ma vie en étant bien avec moi-même, sans réfléchir à ce qu’un inconnu idiot ou saoul dans son sous-sol pense de moi, de mon existence ou de mon opinion. Je ne m’en porte que mieux.

La seule ironie dans toute cette histoire, c’est de continuer à me raconter ici. Mais j’ai l’excuse de pouvoir dire que je me racontais déjà dans les années 1990, 2000, 2010… alors, je ne me sens pas imposteur, je ne fais que continuer mes habitudes. Je sais que parfois, je devrais fermer ma gueule et éviter de déblatérer sur ma petite personne et le monde qui m’entoure, mais au final, la seule personne que je peux blesser en agissant ainsi, c’est bien moi. J’en prends donc tout le blâme, et je continue quand même, parce que c’est viscéral, c’est quelque chose que je dois sortir de moi. Et de toute façon, le rapport à ma vie intime est bien moindre qu’il était jadis. Quand j’écris, je me plais à m’imaginer que ça n’intéresse personne, ou plutôt, que ça ne choque plus personne. Du moins, pas les gens qui me connaissent et savent qui je suis réellement.

Alors, voilà, un peu de lumière dans ma vie en montagnes russes des dernières années. On tourne la page. On change une nouvelle fois de chapitre, et on s’adapte. C’est tout ce qui compte pour être bien avec soi-même, pour préserver son intégrité… et pour ce qui est des commentaires des autres, ça n’a aucune importance. Je suis de la vieille école, j’ai plusieurs années de vie publique derrière la cravate, et je n’ai aucunement peur des répercussions que pourraient provoquer les récits que je vomis sur ce blogue.

Honnêtement, ça fait du bien. De poser des mots sur cette situation. D’être en paix avec moi-même et ce processus étrange de me livrer tout entier dans les affres du Web. J’en paierai peut-être le prix un jour, mais comme à mon habitude, après un peu de dramatisation, je vais assumer et m’y faire, car je suis ainsi, même dans les pires moments, dans les pires textes trop véridiques et qui ne devraient pas être publiés aux yeux de tous, je garde la tête hors de l’eau, je respire un grand coup, et je continue ma route.

Marcher contre l’autre

A silhouetted couple on a beach, walking away from each other. A seagull looks on.

J’ai renouvelé Pile ou Face pour une autre année, puis je me suis demandé pourquoi? Ouch.

Je ne pense pas que ce soit parce que je n’ai plus rien à dire. C’est juste que j’essaie de me protéger, de protéger les gens autour de moi. Il est loin le temps où je pouvais bavarder de toutes les expériences que je vis. Enfin, disons que l’innocence d’Internet n’y est plus. J’ai relu les milliers de messages que j’avais reçus dans les premières années de ce blogue. On peut dire qu’il y avait des gens qui avaient des visions très précises de ce qu’allait devenir mon avenir. C’est correct. C’est juste un peu un choc de lire ça des années plus tard. Après 18 ans à écrire ma vie sur le Web, je me demande pourquoi j’ai ce besoin (maintenant très rare) de revenir ici pour raconter ce qui se passe. Je ne sais pas trop, c’est comme un enfant dont on veut prendre des nouvelles. Je prends des nouvelles de moi-même, je me demande où j’en suis. C’est peut-être sain. Ou pas.

En fait, je sais très bien pourquoi je reviens ici, maintenant. J’ai écouté une nouvelle fois le film Unfaithful avec mon chum hier. Oui, ça n’a pas très bien vieilli (et ça donne une claque dans face, parce que ça montre qu’on se fait vieux), mais c’est encore tellement poignant.

Revoir ce film, c’est comme une gifle. Parce que ça me ramène en 2002, quand tout était possible. Quand j’étais en couple avec une femme, même si on baisait un mec. C’est surtout la musique qui m’a frappé. J’ai dû retenir mes larmes à plusieurs moments, parce que… parce que je ne sais pas… oui, j’aurais eu à m’expliquer peut-être. J’ai même préféré sortir sur le balcon, laisser passer les images dans ma tête pendant que mon chum prenait sa douche dans la salle de bain.

Et puis, la musique du générique. Cette petite chanson au piano qui dure à peine une minute; ça m’a rappelé tous ces gens que j’ai «perdus» dans ma vie. Ouais, ouais, on croise des gens qui arrivent et qui partent, et le blabla philosophique qui vient avec. J’ai l’impression que ça passait mieux avant. Quand j’étais plus jeune. Peut-être parce que je connaissais moins de gens justement.

Et l’ironie de la chose, c’est que je me souviendrai toujours du moment où j’ai écouté ce film, à 18 ans. Je ne comprenais pas encore tout à fait comment ça allait ressembler à la suite de ma vie, un jour. Mon chum a jugé Diane Lane, c’était prévisible.

Il y a quelques jours, j’ai eu une grande conversation avec Tania. Oui, oui. Pour ceux qui s’en rappellent. Pire encore, mon ancien amant Sébastien est débarqué de France directement chez moi. Je ne dirais pas que ça m’a fucké, car l’eau a coulé sur les ponts. Mais j’ai trouvé le tout très ironique. Comme si la vie voulait me rappeler ma jeunesse, ce que j’ai perdu, ce que j’ai gagné, ce que je n’ai pas accompli, ce que j’ai refusé ou accepté.

Je ne peux pas dire que je vais mal. Ce serait malhonnête. Je ne peux pas dire que je suis nostalgique, car je le suis en tout temps de toute de façon. Pourtant, une petite voix dans ma tête me pousse, me dit qu’il est temps de passer à autre chose sur tous les plans. Putain que c’est pas facile de se départir de son passé. Surtout dans la trentaine. C’est un couteau tranchant, une blessure qui a du mal à se refermer.

Mais non, je ne me considère plus comme quelqu’un de blessé. J’ai fait mes choix. Les autres ont fait les leur aussi. Mais c’est toujours difficile de continuer son chemin, de se dire que ça ne sert plus à rien de vouloir ce que les autres ne veulent plus.

Ce serait trop gros de dire que je me sens abandonné. Parce que je ne ferais que me plaindre pour rien. La vie est une putain de route remplie d’obstacles, mais surtout de départs. Voilà pourquoi j’ai cessé de me battre. J’ai abdiqué. Carrément. Si je regarde vers l’arrière, j’ai l’impression qu’il n’y a plus grand-chose qui reste. La famille, que j’adore, certes. Mais les amitiés s’étiolent. Et pour toute sorte de raisons ridicules. C’est toujours un peu ridicule la perte de l’Autre.

Mes amis enfantent. Tout le monde fait des bébés. Tout le monde disparait peu à peu. Et moi, mon seul projet était un projet de condo. Maintenant que je suis installé, je ressens un vide profond. Je n’ai aucune jalousie envers les amis. Je suis bien content pour eux. On fait tous notre cocon de couple. On doit tous faire des choix. Et pourtant, je suis un peu en criss. Pas de me faire abandonner doucement. Juste de devoir toujours me battre pour voir les gens qui comptaient jadis. J’essaie d’accepter de plus en plus les aléas de la vie. C’est un peu à l’image du professionnel. On chercher à grimper dans la hiérarchie. Meilleurs salaires, meilleures conditions, meilleurs collègues. Mais quand on parle d’amitié, ça fait toujours un peu plus mal de laisser partir les autres sans rien dire. On est content pour eux, mais on connait vite la suite des choses.

À bientôt 33 ans, on dirait que je voudrais la facilité. Des amis simples, qui se présentent quand il faut, qui n’ont pas de rancœur, qui sont là parce qu’ils ont envie d’y être. Des amis qui ne demandent rien en retour, qui sont juste heureux. Je sais, je sais, c’est le plus grand mensonge de l’humanité. Quand on ne sert plus aux autres, on ne sert plus, il n’y a rien à faire pour se battre contre ça.

C’est comme s’il fallait que je me rappelle que j’ai assez donné. Que je dois prendre ce qui passe, sans rouspéter. Pas facile pour un contrôlant anal comme moi haha. Pour ceux qui se le demandent; je n’ai pas vu mon ex depuis bientôt un an. C’est correct. J’ai accepté de me faire tasser aussi. Je vis autre chose. C’est plus au niveau des amitiés que ça fait mal. Je ne pensais pas que l’amitié devait se gérer comme une relation de couple. Je suis naïf peut-être. Je ne travaille pas assez ce genre de chose. Mais dans ma tête, ça devrait être simple, c’est pourquoi l’amitié existe. Quand il faut faire des pieds et des mains pour voir quelqu’un, quand une personne dit qu’elle viendra et ne vient pas, il faut lâcher prise. Et je travaille sur ça. J’ai cessé depuis longtemps de faire des drames. Mais je les vis quand même à l’intérieur. C’est un rejet. Et personne n’aime être rejeté. Mais que faut-il en conclure?

Rien.

C’est ça, le problème. Il faut vieillir. Laisser passer l’absence. Se dire que si l’autre veut vraiment nous voir, il sait comment nous rejoindre. Mais on sait tous que ça n’arrivera pas. Le seul problème dans ma petite tête, c’est que ça me donne l’impression de ne plus être apprécié à ma juste valeur. Et je devrais combattre cet état. Ce n’est pas du tout ça. C’est simplement que l’autre personne trouve plus d’intérêt ailleurs. Elle reviendra peut-être un jour, mais quand les mois s’écoulent, il ne faut plus trop y compter. Il faut que je devienne zen avec ça.

On perd tous des amis proches en route. Normal. Des amitiés de 10 ans et plus? Ça fait un peu plus chier. Mais il y a tellement d’éléments qui rentrent en ligne de compte. On peut pas en vouloir aux autres de vouloir vivre leur vie sans nous. Sans moi.

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Bon. Je ne pensais pas revenir à ce blogue avec ce sujet, mais puisque je me retrouve devant un problème éthique, je vais m’y attarder. Je viens de découvrir un autre forum de piratage où l’on partage gratuitement et illégalement mon dernier roman en version électronique.

Au début, la rage. La frustration de voir tous ces mercis un à la suite de l’autre. Pire encore, ça fait déjà plus de 8 mois que c’est disponible, offert à tous. Une fois la colère passée viennent les questionnements sur l’attitude à adopter. Oubliez la police, la police du web ou toutes ces niaiseries. Il est prouvé que de faire fermer un site de téléchargements illégaux ne sert à rien, sinon de motiver d’autres personnes à en ouvrir des dizaines d’autres.

Et c’est là que j’ai commencé à analyser ma frustration; jamais, au grand jamais, je n’ai téléchargé illégalement un roman sur ce genre de site. Si je n’ai pas envie d’acheter un bouquin, la bibliothèque me semble la solution la plus simple. Pourtant, si je faisais un Kanye West de moi-même et que je publiais une capture d’écran de mon ordinateur, on verrait bien que je suis présentement sur un site de streaming afin d’écouter la 4e saison de House of Cards.

J’ai voulu me tester plus loin. Qu’en est-il de la musique? Coupable, je suis. J’ai beau dire que je vais encourager les artistes que j’aime en concert (ce qui est vrai), je n’achète que ce que je ne réussis pas à trouver, ainsi que les artistes québécois. Mais c’est comme si ma façon de consommer la musique n’était pas similaire à ma façon de consommer des livres. Alors que j’ai un haussement d’épaules devant le téléchargement musical, je me colle au discours que Rogers Waters tenait à Tout le monde en parle dimanche dernier: à force de téléchargements, plus personne ne voudra créer. Et je suis tout à fait conscient que musicien ou écrivain, c’est du pareil au même. Construire une oeuvre prend des années de labeur, de doutes, de souffrance, de petites joies. Mais quand on regarde le résultat au niveau finances, c’était déjà pas du luxe, si on doit tout offrir gratuitement, à quoi bon y mettre tant d’efforts? Certains diront qu’il y aura toujours quelqu’un qui passera outre ces détails monétaires pour créer. Le hic? C’est qu’on se retrouvera avec de la création de gosses de riches. Et Dieu sait que ce n’est pas souvent là que se trouve le génie créateur.

Bref, toute cette histoire me fait sourire, car elle me montre deux facettes de ma personnalité. Certains pourraient me reprocher la chose en disant: c’est normal que ça te touche, ce serait de l’argent qui te serait dû! Mais je pense que ma réflexion va au-delà du simple intérêt mercantile. C’est comme si j’avais une échelle de gradation concernant le téléchargement illégal (et ce qui est bon, de ce qui est mal). Peut-être que c’est parce que le réflexe musical est plus vieux que le réflexe de lecteur. Après tout, les liseuses sont arrivées bien après les lecteurs MP3. Et présentement, je continue à me dire que je préfère vraiment le contact avec le papier lors de mes lectures. Je n’ai pas de bidule électronique pour stocker des centaines de livres (et je continue à garder un doute sur les personnes qui en ont autant sur leur machine. Les lisent-ils réellement?) Pourtant, je me rappelle qu’en 2004-2005, je refusais toujours de posséder un lecteur MP3. Je croyais encore aux disques compacts. Les temps changent. J’aime me dire que le livre connaîtra une finale différente. À suivre!

Dans un autre ordre d’idées, pour ceux que ça intéresse, j’en suis à la phase III (voir texte précédent). Je réalise à peu près une phase par mois. C’est sur 7 étapes. Tout va bien pour le moment (bon, ce n’est pas si facile, mais rien n’est facile). Ce qui s’amène dans les deux prochains mois sera complètement fou, alors que je ne promets pas d’être très régulier ici. Tout ça est un peu en réaction à ma vie passée, aux boulets que j’ai trop longtemps traînés. Ces 7 phases sont un peu l’entrée officielle dans le monde adulte (même si j’y suis depuis bien plus de 10 ans, je sais). Il y en a qui apprennent un peu moins vite que les autres, et alors? 😉

Ah oui! Dernière chose! Certains d’entre-vous ont remarqué que le site www.peut-etre-jamais.com redirige maintenant vers la section Livres de Pile ou Face. C’est normal. Je n’ai pas renouvelé le contrat d’hébergement cette année. Mais il reste encore quelques copies chez Archambault ou directement par moi! Ne vous cassez pas la tête à télécharger illégalement ce roman 😛

La crise de la trentaine?

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J’aurais beaucoup de sujets à aborder aujourd’hui. Je ne sais pas trop comment commencer, donc ce sera sûrement du point par point.

Je veux d’abord commencer par le film Love de Gaspar Noé que j’ai vu lundi dernier. Vous devez savoir que je n’ai rien contre la sexualité explicite; pas du tout même, si elle sert le récit, il n’y a aucun problème. Mais l’impression que j’ai eue en voyant ce film, c’est que le réalisateur voulait tenir son public attentif en diffusant des scènes explicites. Sérieusement, en supprimant les scènes de cul de ce film, on a droit à tous les mauvais clichés de films français (la mort, le deuil, le temps, blablabla). Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas emmerdé autant au cinéma. Gaspar Noé nous sert de belles phrases improvisées sur la vie humaine, et il nous balance des pipes, des trios, des orgies et des éjaculations en plein visage (c’est le cas de le dire)! S’il n’y avait pas ces scènes de sexe, le film serait encore plus vide. Et la mauvaise manie de ce réalisateur, c’est de prolonger le supplice, de faire en sorte qu’on soit exaspéré jusqu’à la fin. La scène avec l’enfant dans le bain est tellement pathétique, je ne peux pas croire que des gens se retrouvent et apprécient ce genre de navet. Je n’ai vu qu’un seul autre film de ce réalisateur (Irréversible), et au moins, dans ce film, on comprenait que la fin était plus lente, plus amoureuse et cheesy. Mais ici, les longueurs sont troublantes. Je ne suis pas sortie de cette projection choqué, je suis sortie du cinéma en criss, parce que j’ai eu l’impression qu’on m’a fait perdre mon temps.

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C’est tout le contraire qui s’est passé avec le documentaire L’Amour au temps du numérique de Sophie Lambert diffusé à Télé-Québec. Je lisais Judith Lussier dans le Journal Metro aujourd’hui, et je dois avouer que je n’ai pas compris son point de vue. On ne parle pas de tous les jeunes adultes, certes, mais on parle quand même de nombreux cas, même si ceux-ci ont été triés sur le volet. C’est une représentation assez exacte des amours que vivent cette génération qui vient (déjà) après moi. Je l’ai connu à ses débuts, et je dois avouer que je suis bien content de ne pas avoir grandi avec ces phénomènes de réseaux sociaux et d’hypersexualisation. J’étais à la limite, comme on dit. J’ai compris exactement le propos du documentaire, et quand certains journalistes essaient de minimiser la chose, j’ai l’impression que c’est le signe qu’ils n’ont pas vécu la chose et qu’ils croient que leurs propres expériences sont un exemple parfait du «je ne suis pas comme eux». Eh bien, désolé, chers journalistes, peut-être que vous étiez déconnectés de la réalité, mais ce documentaire représente bien la génération d’aujourd’hui, et quand même beaucoup celle qui vient avant.

Vous pouvez voir les deux parties du documentaire sur le site de Télé-Québec. Ça vaut le détour.

Je saute du coq à l’âne, et je voulais aborder le sujet des trolls sur Facebook et sur le Web en général. Bon dieu que c’est rendu grave! Je ne veux pas sonner dramatique, et j’accepte facilement la critique, mais ces derniers temps, j’ai l’impression que les réseaux sociaux sont devenus un Far West pathétique. Je reçois près de 5-6 demandes d’amitié par jour sur Facebook, et avant, j’acceptais tout le monde, mais j’ai dernièrement vécu beaucoup trop de trolling pour continuer à accepter tout le monde sans analyser leur profil. Quand on ne me spam pas sur mon mur Facebook avec des messages idiots de prêts ridicules, on me bitch sans même m’avoir lu. Je dois avouer que ça me fait sourire. C’est fou comme certaines personnes ont du temps à perdre à vouloir détruire les autres. Je m’amuse dans mes réponses, en jouant d’ironie, mais je me rends compte que tout ça commence à me tirer beaucoup d’énergie. Il faut que je me rende à l’évidence, je vais devoir commencer à mieux surveiller qui j’accepte et qui je refuse. C’est triste.

Sinon, dans les autres nouvelles, Renaud-Bray vient de renouveler mon entente de roman jusqu’au 31 janvier 2016. C’est fou! Ça fera bientôt deux ans que mon roman est sur les tablettes! Même dans les maisons d’édition normales, ce laps de temps est perçu comme un miracle. Je sais que l’histoire achève, mais je suis encore agréablement surpris des critiques qui sortent deux ans plus tard. Et les critiques me font parfois sourire. Je dois avouer que j’avais été chanceux; je n’avais pas vraiment reçu de critiques négatives sur mon roman. Mais parfois, les critiques sortent en même temps, et elles sont tellement opposées entre elles, que je ne peux m’empêcher de rire. Le meilleur exemple s’est produit cette semaine, où j’ai eu droit à une critique moyenne versus une critique parfaite. Voici une critique sur le site du Contemporaliste et en voici une autre sur le site Le Fil rouge. Attention aux spoilers pour ceux qui n’ont pas lu le livre encore.

Tout ça me conforte dans ma position sur le milieu de l’édition. Je dois l’avouer, je suis un peu un éditeur. Beaucoup même. Comme je me suis occupé de tous les segments du processus de publication de mon roman, je connais les rouages. Et tout ça me fait hésiter, ça me donne presque le goût de retourner à l’université pour approfondir mes connaissances en édition. Je crois que j’ai réussi là où peu de gens y sont arrivés. La question que je me pose, c’est est-ce qu’il y a un avenir dans le milieu de l’édition? J’en doute de plus en plus. J’ai l’impression que les prochaines années me donneront raison; que si un auteur veut vraiment se faire connaître, il devra se fier à lui-même, et certainement pas à une maison d’édition qui lui donnera 10 %. Quand je me compare aux autres écrivains qui ont publié dans les maisons traditionnelles, je ne peux que me réjouir de ne pas m’être fait avaler par le réseau. Entre faire 1500$ de profit et 15000$, je choisis la deuxième option. Mais je considère que tout le travail effectué n’en vaut peut-être pas la peine. Ce n’est en rien une question d’être reconnu par les pairs, ça, c’est un détail. Mais dans notre nouveau millénaire, je comprends que la façon d’éditer un livre n’est plus pareil qu’il y a quelques années. Les temps changent, et le milieu du livre a beaucoup de difficulté à s’adapter. Je ne sais pas ce que je deviendrai en tant qu’auteur, mais ce qui me rassure, c’est que je suis capable de mener à moi-même une maison d’édition qui fait du profit. Et ça, je reste surpris que les maisons d’édition normales ne l’aient pas encore compris, qu’elles ne soient pas encore venues chercher mes services. Ça sonne un peu pompeux, mais leur but n’est-il pas de faire de l’argent? Moi, je sais comment. C’est leur perte, comme on dit…

Je pense que je suis dans une sorte de crise de la trentaine. À me demander ce qui serait la meilleure avenue; continuer sur le chemin de l’indépendance, ou m’allier à une maison d’édition qui a déjà fait ses preuves.

L’art de garder ses amitiés?

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Eh là, là. Ça devient de plus en plus difficile de tenir un blogue et d’y écrire avec le coeur. Non pas que l’envie n’y est pas, c’est surtout qu’à mon âge, je devrais avoir passé le trip journal intime. Et pourtant, je me rappelle tendrement ma jeunesse où je pouvais venir vomir tout ici dans l’anonymat. À quoi sert un blogue personnel passé l’âge de 30 ans?

C’est une question que je me pose de plus en plus. Non, ce n’est pas une annonce de fermeture (comme j’ai pu en faire le long de nos nombreuses années ensemble depuis 1999). Au final, le processus d’inversement s’est fait complètement; ça y est, je parle beaucoup plus de ma vie dans mes romans que sur ce blogue. Il faudrait que je le voie comme une réussite. Je suppose.

Mais je trouve difficile de parler des sentiments et des émotions sans établir le contexte réel des situations. Je m’étais d’ailleurs promis de ne pas faire ce que je suis en train de faire aujourd’hui, soit écrire aux petites heures du matin, dans un état de doute un peu embrouillé et mélancolique, propre aux premières lueurs des samedis de fin d’été, sous le nouveau vent qui annonce l’automne. Mais j’y suis, déjà lancé, alors voilà.

J’aurais envie d’écrire combien il est éprouvant et difficile de voir quelqu’un près de moi s’enfoncer, descendre dans des abîmes qui semblent sans fin, pour aller toucher un fond qui semble encore loin. Peut-être qu’il n’y a pas de fond. Et pourtant, j’ai placé tant de confiance et d’espoir en cette personne. C’est se sentir inapte et dans l’impossibilité de fournir une aide. Pour la simple et bonne raison que je ne suis pas bien placé pour fournir cette aide. Je peux donner mon oreille, je peux serrer le corps de l’autre dans mes bras et dire que ça va bientôt passer, mais mon rôle est limité. Que faire quand quelqu’un n’entend pas les conseils, qu’il ne semble pas comprendre qu’il faut aller chercher de l’aide extérieure? Je sais, je sais, il y a des moments où ce genre d’effort semble trop énorme… alors, comme une coquille, je regarde cette personne se refermer et s’isoler des autres.

Jusqu’à quel degré peut-on se mêler de la vie et des choix de nos amis? Jusqu’où avons-nous droit d’entrer dans leur existence? De les bouleverser au point qu’ils en retirent quelque chose de bon pour eux? Je me suis souvent mêlé de ce qui ne me regardait pas, et je l’ai regretté autant de fois. Depuis quelques années, j’ai appris à m’effacer quand je sentais qu’on ne voulait pas mon opinion ou qu’on ne voulait pas écouter ce que j’avais à dire. Je ne parle pas de critiquer l’autre gratuitement; je parle de le réveiller de son état léthargique, de tenter de lui ouvrir les yeux. Mais le manque de recul donne un résultat contraire: je deviens la cible, c’est moi que l’on hait, que l’on accuse de ne pas se mêler de ses affaires.

Je remarque que la plupart des gens qui ont un mal-être autour de moi cherchent à se réveiller un matin, guéris, complètement. J’ai beau expliquer que les solutions miracles n’existent pas, que c’est le parcours pour arriver à la transformation qui importe, pas simplement le résultat. Mais comment expliquer cela à quelqu’un qui ne voit pas de lumière au bout du tunnel (sans jeu de mots). Je deviens alors témoin; témoin de la tristesse, de la nostalgie, des regrets maudits et des choix malsains. Je ne peux que regarder, attendre, et être là, que les nuages restent sombres ou qu’ils finissent par se dissiper.

Avec le recul et le temps, je pense que j’ai moi-même été dans cette situation un peu folle. Celle où l’on sent le sol se dérober sous nos pieds, ce moment où plus rien ne semble faire de sens, où l’on souhaiterait justement mourir ou nous téléporter vers notre nouveau moi, sans passer par les étapes cruciales et douloureuses de la guérison. Quand je regarde vers l’arrière, je constate que j’étais peut-être pareil; dans une semi-dépression, à ne pas trouver de moyens plus efficaces que d’engourdir le mal. Comme je l’avais déjà fait de nombreuses fois, quand tout n’était pas encore si près du gouffre.

Alors, aujourd’hui, j’observe. Je comprends. Je conseille parfois timidement, mais je sais que je ne peux pas me mettre dans la peau de l’autre, et même si je ressens ce qu’il vit, le cheminement se doit d’être réalisé étape par étape, sur la durée, avec les moments chiants et les soirées dramatiques.

Mais comment réagir quand l’autre s’enfonce tant que même nos avertissements et nos cris d’alarme ne suffisent pas? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je reste dubitatif, malgré la rage qui me surprend souvent. Ce n’est pas en déclamant des vérités que l’on offre de l’aide. Ce n’est pas en secouant l’autre ni en lui disant ce qu’il veut entendre.

Je pense que j’ai le défaut de la qualité d’un pur scorpion. J’aime mes amis comme j’aime dans une relation de couple. Je pique pour réveiller l’autre, pour obtenir une réaction, pour faire avancer les choses; mais le résultat n’est pas rose. Je deviens vite une cible, celui qui cherche l’attention, qui fait une scène avec quelque chose que la personne essaie de taire, d’oublier, d’ignorer.

J’ai pourtant appris le laisser-aller, avec une confiance aveugle (presque naïve), parce que j’ai toujours cette impression que lorsque les autres auront compris le cheminement à suivre pour s’en sortir, qu’ils auront réussi à s’extirper de leur mal; leur premier réflexe sera de revenir vers moi. Pas pour que je puisse entendre tu avais raison. Ça, ça n’a aucune importante (et je peux me tromper par moment). J’ai surtout la naïveté de croire qu’après une grande noirceur, on reconnaît ceux qui ont voulu nous aider, qu’on comprend même pourquoi ils ne voulaient pas nous conseiller trop drastiquement.

Malheureusement, il est très rare de recevoir le juste retour du balancier. Dans le meilleur des mondes, l’histoire est oubliée, et on fait comme si de rien n’était. On publie son bonheur (réarrangé) sur Facebook, et on récolte les félicitations à demi-mot. Car peu de gens connaissaient vraiment notre état. Je parle évidemment pour les autres, car si je me retourne et me regarde, j’ai fait tout le contraire, en exposant des années de douleurs vives sur le Web. Mais je suis une exception, un être différent, celui qui s’est toujours dit que toute bonne chose (ou mauvaise) pouvait s’expliquer par écrit, et avec une profondeur beaucoup plus longue que 140 caractères ou un statut ambigu sur les médias sociaux.

Ça fait bizarre de se retrouver dans la peau de celui qui est passé par-dessus la déprime, et qui observe maintenant ce mal chez d’autres personnes. Et je le dis sous toute réserve, car on n’est jamais à l’abri d’une rechute. N’empêche. Je ne comprends peut-être pas la dépression médicamentée, car je ne l’ai jamais vécue et je n’ai jamais rien pris pour ça, mais j’ai souvent l’impression de me reconnaître dans les chemins sinueux des autres. Pas facile de ne pas vouloir aider, de se taire et de hocher la tête en silence. C’est pourtant ce que je fais avec beaucoup de personnes autour de moi ces temps-ci. J’ai cessé de les compter. Je constate simplement qu’il y a une multiplication ces derniers mois. C’est correct, ça vient souvent par passe. Le bonheur fout parfois le camp en groupe. Mais je me sens tout de même impuissant, à regarder des scènes malheureuses tout en me disant que mon rôle est d’écouter, pas de suggérer.

Je crains surtout l’avenir à court terme, les folies passagères et les actes de désespoir. Mais je reste ouvert et je dis haut et fort que ces personnes peuvent compter sur moi en temps de crise. M’écouteront-elles? C’est le grand point d’interrogation; une question à laquelle je ne souhaite pas tout à fait répondre, par peur d’apprendre de mauvaises nouvelles.

Pour ceux pour qui l’amitié compte plus que tout, le deuil est cruel et très prenant. Il y a beaucoup d’énergie consacrée à se retenir, à laisser nos idées préconçues de côté et à ne pas envahir l’autre de nos solutions souvent trop simplistes. Je ne cherche pas à donner un cours, je dis juste qu’il est plus bénéfique d’éviter les conversations moralisatrices. Il faut offrir son écoute active, sans se transformer en pseudo-psychologue. Un grand défi quand on voit l’autre dépérir devant nos yeux. Pas facile de «refuser» de jouer au sauveur.

Et puis, égoïstement, il y a aussi notre propre personne. Tout parait si simple quand on conseille les autres, mais arriver à appliquer nos propres analyses à nos situations personnelles se révèle souvent plus difficile, par manque de recul peut-être, mais aussi par orgueil. Car celui qui conseille se donne trop souvent le rôle de quelqu’un qui a réussi là où de tristes âmes sont en train d’échouer. Pourtant, c’est le syndrome de l’Iceberg; on vit tous des échecs et des déceptions sous la surface. Ils sont essentiels à notre cheminement. Quand quelqu’un me dit que c’est facile pour moi, car j’ai, à ses yeux, tout réussi, je retiens un rire nerveux. J’ai envie de me dire: s’ils savaient… ou plutôt; s’ils avaient vraiment porté attention aux petits détails, ils auraient su. 

Je m’en voudrais probablement si toutes ces déprimes se résorbaient en mort d’homme. Je m’invectiverais sûrement de ne pas avoir assez confronté l’autre, pour l’empêcher de tomber dans une solution qui semble régler tout à court terme. Pas facile, pas facile du tout quand on voit des gens dépérir sous nos yeux.

Et ne parlons pas de ceux qui n’allaient pas bien, et qui ont fini par nous quitter malgré tout. Peut-être sont-ils plus heureux aujourd’hui, mais ça, je ne le saurai jamais. Je ne m’en fais pas avec ça. S’ils ont à revenir, je les accueillerai avec amour et compassion. Je me trouve quand même bizarre d’accorder autant de fidélité aux amitiés. Je ne sais pas ce qui explique cela. C’est un peu la peur de la perte, je suppose. Mais c’est inévitable aussi.

Alors voilà, j’ai parlé en parabole, pour éviter de plonger dans un sujet qui me bouleverse encore par moment. Ce n’est pas une mince tâche de se dire qu’il n’y a rien à faire, que même le plus grand geste que l’on pourrait poser (en quelque sorte, il s’agirait de forcer l’autre à consulter) ne suffit pas. Il ne reste donc que la confiance envers le temps. Mais le temps est si long et si rapide à la fois.

Dans ma vie, j’ai certes abandonné des amitiés pour le bien de ma propre santé mentale, mais je sais surtout que je me suis fait abandonner, parce que je donnais trop mon avis, parce que les gens préféraient peut-être éviter de me décevoir, ou alors ils étaient peut-être honteux de rester aussi longtemps dans le même pattern. Pourtant, je suis l’exemple parfait du mec qui a vécu 5-6 ans de calvaire en public. Mais il vaut mieux arrêter les comparaisons ici. J’ai appris que l’on ne pouvait pas se targuer de connaître la douleur de l’autre, même si on l’avait vécue d’une manière similaire. Il faut se rendre à l’évidence; il y a autant de solutions pour s’en sortir que d’être humains sur la planète. Il faut juste relativiser.

Et ça, la relativisation, c’est la partie la plus difficile.

Surtout si on se met à l’expliquer à l’autre.

Un jour, j’en ferai un roman. Ouais. Un jour, peut-être. Ou peut-être jamais.

Tristesse et frustration

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C’était la même chose en 2012, ça venait me chercher autant, et force est de constater que même trois années plus tard, je suis toujours en criss de ce que je lis sur les réseaux sociaux.

J’ai mal à ma société québécoise présentement. Je ne peux pas croire qu’on en soit rendu là. Quand je lis sur Facebook que les manifestants l’ont bien cherché, ça me fout en rogne. Je ne peux pas croire que les gens soient si simple d’esprit, qu’ils en arrivent à une telle conclusion, sans se souvenir de leur propre époque. Allumez gang! Des manifestations, il y en a toujours eu, et il y en aura toujours. Le seul changement, c’est que Charest a eu peur de la révolte des étudiants en 2012, et il a créé une loi de marde pour justifier les actes de violence des policiers. Et c’est tellement ironique; parce que les policiers sont autant contre les procédures du gouvernement que les étudiants. Si ce beau monde s’unissait au lieu d’obéir à des ordres d’un gouvernement libéral merdique… me semble que. Allumez, non?

Je n’arrive pas à croire qu’on puisse justifier le fait d’ouvrir le feu directement face à une foule (alors que la procédure pour séparer des manifestants est de tirer dans les airs ou au sol). Il faut être vraiment en manque de sensationnalisme et assumer son désir de violence intérieure pour poser un acte comme celui qui a été posé par l’agent qui a fait feu dans la face d’une manifestante étudiante. Même si elle était entourée de gars (c’est quoi ce raisonnement à la con là?).

Sérieusement, je trouve que le Québec fait de plus en plus pitié. Quand je lis des trucs comme « bien mérité » ou « elle avait juste à ne pas être là », ça me fout en rogne. Je ne veux pas faire d’amalgame facile, mais ce que je lis sur les réseaux sociaux, ça provient en grande partie des baby-boomers de 45 et plus. On voit qu’ils ont la mémoire courte. C’est vrai que c’est facile d’oublier quand on a tout eu pas cher et qu’on payait ses études à bas prix et sa maison 40 000$ max dans le temps. Ce manque de compassion m’attriste tellement. On juge les étudiants qui sont dans la rue en leur disant qu’ils ne savent même pas pourquoi ils y sont. Eh bien, laissez-moi vous dire que ça dépasse les frais de scolarité.

J’ai vécu en France. Savez-vous ce qu’ils faisaient les étudiants français? Ils empilaient des chaises jusqu’au plafond pour éviter tout passage d’étudiants dans l’école. That’s it! C’est à croire que les étudiants devraient devenir de plus en plus radicaux pour faire passer le message. Excusez-moi, mais ceux qui chialent le plus, ce ne sont pas eux, ce sont les vieux derrière leurs écrans. Et pourtant, ils ne comprennent pas qu’on se bat pour une cause qui assurerait des avantages à leurs petits-enfants. Je n’arrive pas à comprendre les « grands-parents » qui jugent les manifestations. N’avez-vous pas de petits-enfants? Ne pensez-vous pas à l’avenir de leur progéniture? Toute cette histoire qui se répète est désolante.

On aime tant notre individualisme. Dès qu’on est dérangé dans notre horaire, on chie sur ceux qui osent se lever de leur divan et aller manifester pour l’avenir de notre société. Lâchez TVA et la Voix pis ouvrez donc votre subjectivité un peu. Calice.

Leave Joël Legendre Alone!!!

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Eh là, là, là, là. C’est à peu près ce qui est sorti de ma bouche hier, quand j’ai lu le grand titre du Journal de Montréal : « J’AI MENTI ». Je n’ai pas l’intention de revenir sur les diverses théories concernant une guerre de réseau où Monsieur Legendre serait une victime collatérale parce qu’il est passé de TVA à Radio-Canada. Je veux surtout m’attarder aux débilités que je lis sur les réseaux sociaux. Il faut que je pèse mes mots, parce que je suis à deux doigts de laisser échapper un « pauvre petit peuple québécois ». Et loin de moi l’envie de recevoir la pierre, en me faisant dire par quelques homophobes que c’est normal que je défende mes « frères ».

Sérieusement, qui suis-je pour juger? Et c’est un peu ce que chaque Québécois devrait se demander avant d’écrire une ligne sur Facebook. Je n’en reviens pas de cette propension à vouloir détruire l’autre, surtout quand un geste posé ne change, disons-le honnêtement, crissement rien à notre vie. Comme disait Simon-Olivier Fecteau, ça nous rend même le personnage un peu moins parfait, plus sympathique.

Et puis, si chaque Québécois se tournait pour observer de plus près son passé et ses folles années, je suis convaincu que plusieurs se reverraient dans les parcs, dans les champs, dans les boisés, dans les voitures, à faire bien plus que du necking. « Oui, mais il fait ça avec des inconnus!!!!! » de me répondre certains! Ma réflexion sur ce point; la petite amie de la St-Jean de 1999 qui t’a sucé dans les buissons, la connaissais-tu vraiment plus que ça? C’était peut-être l’amie d’une amie, mais je trouve que les gens ont la mémoire courte (ou veulent bien oublier leurs petites frasques). Le problème de Legendre? On ne lui a pas appris comment fonctionnait Grindr!

Je me rends compte qu’en plus d’être un peuple de chialeurs, on s’offense vraiment pour des babioles, et qu’est-ce qui en résulte? Une permission. Une pseudo-permission; car soudain des homophobes se sentent à l’aise de critiquer les gais et de faire des amalgames vraiment déplacés. Non, ce n’est pas parce qu’il s’est touché dans un parc qu’il aurait violé un enfant ou qu’il se serait exhibé volontairement devant lui. Il n’est peut-être pas futé d’avoir choisi un lieu de ce genre à 14 heures de l’après-midi, il a joué gros et s’est fait prendre (sans jeu de mots)! Et, je ne cautionne pas les branlettes en plein air, mais mon dieu, arrêtez de jouer les offensés pour si peu.

Si vous voulez vraiment être offensés, lisez mon livre à la place, c’est bien plus croustillant qu’une branlette dans un parc! Mais moi, évidemment, je n’ai jamais prétendu vivre un bonheur parfait et être blanc comme neige 🙂

Parlant de mes romans, c’est fait; Archambault vient de recevoir une nouvelle arrivée de la version de poche. Ça se passe ici pour acheter votre exemplaire! Vous pouvez encore trouver la version originale chez Renaud-Bray.

Web 2.0: Dénoncez l’homophobie et retrouvez-vous misogyne en moins de 24 heures

taboucrédit photo : www.journaldesfemmes.com

 

 

J’avais oublié l’adage du Web 2.0: dénoncez quelque chose et l’on vous accusera automatiquement d’autres choses en moins de 24h.

C’est exactement ce qui s’est passé avec mon entrée d’hier, et je suis bluffé (encore une fois) d’être passé de dénonciateur à «agresseur» (rien de moins!)

C’est que j’ai osé utiliser le mot « tabou », pas pour viser directement, mais plutôt pour décrire, de manière peut-être maladroite, j’en conviens, une comparaison entre ce qui est accepté par Facebook et refusé lorsqu’on l’appose, beaucoup plus doucement, à une situation entre deux hommes.

Pour avoir lu l’oeuvre complète de Simone de Beauvoir et avoir suivi de nombreux cours sur le féminisme en études littéraires à l’université, je trouve plutôt malhonnête de me faire accuser de misogynie, surtout parce que j’ai l’impression qu’on se sert de mon propos sur l’homophobie de Facebook pour déplacer le sujet vers une fausse accusation de misogynie. Alors voilà ce qu’on aurait dû lire au lieu de ma tournure de phrase qui contenait une supposée accusation portée envers les femmes. (Un peu plus et on m’accusait de propager la culture du viol…)

Ce que je voulais exprimer, donc, c’était ce clivage devenu monnaie courante concernant l’hypersexualisation des vidéoclips de rap, vidéos qui sont créées et pensées par des hommes, et surtout fait pour tenter/réussir à convaincre de cette sexualité déformée qui prévaut, soit que le corps des femmes est un objet qu’on peut piller sans problème et affiché dans toutes les situations sexistes possibles, comme s’il s’agissait d’une réalité caduc. En aucun cas, et voilà où l’on m’a mal cité, je n’ai affirmé que les femmes qui tournaient ces clips étaient directement des « salopes » (dois-je avoir peur de réutiliser ce mot puisqu’on m’a accusé de violence verbale?)

Je pense que le déraillement a eu lieu parce que j’ai voulu faire une comparaison entre ma bande-annonce et le vidéoclip de Nicki Minaj (Anaconda). Ma réflexion était simple: pourquoi Facebook autorise autant de nudité et de situations sexistes dans des vidéoclips hétéronormatifs, mais qu’il refuse quelque chose de 100 fois plus doux concernant une situation homosexuelle? Je reste encore convaincu qu’une bonne partie de la réponse se trouve derrière le fait qu’il s’agit d’une représentation qui montre deux hommes qui s’aiment. C’est ce que je considère comme de l’homophobie latente.

Ensuite, que Nicki Minaj veuille se dénuder, jouer avec ses fesses et se frotter au sol au nom du féministe (ou au nom de la célébrité ou de l’argent, d’ailleurs), soit. Je revendique seulement qu’un homme puisse faire la même chose. Sans censure.

Un pouce en l’air, deux pouces en bas!

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On ne peut pas dire que la fin de l’été me soit très chanceuse, mais on peut dire que je suis un peu innocent aussi! L’histoire de mon aventure débute très «niaiseusement»…

La semaine passée, bonjour les grandes chaleurs, mais je tiens le coup et je vais au gym quand même. Il faut dire que depuis quelque temps, je suis assez motivé niveau sport et je fais environ du cardio 5 fois par semaine (en intervalles oui oui les puristes!)

Or, qui dit chaleur et cardio, dit aussi transpiration. Et moi, j’ai beau sortir de la douche après un gym, mon corps continue encore de carburer.

J’aime beaucoup une paire de jeans que j’ai portée quelques mois l’été passé, avant de la ranger parce que j’avais l’impression que le jeans me donnait de l’eczéma aux mains. Je suis retombé sur le jeans il y a deux semaines, et je l’ai essayé pour le fun. Quel confort! J’ai oublié cette histoire d’eczéma, en me disant que je verrais bien si dans deux jours, mes mains allaient recommencer à me faire des peaux sèches. Ce ne fut pas le cas.

Pourtant, je n’ai pas fait le lien tout de suite, mais chaleur, gym, transpiration et jeans louche… qu’est-ce qui s’est produit? Je me suis mis à faire une petite irritation entre les cuisses. Rien de très grave, des petits boutons inoffensifs.

Et c’est là que ma connerie continue. Je ne sais pas où j’ai entendu ça, mais on m’a souvent dit que lorsqu’on fait des petits boutons de chaleur, le gant de crin est une bonne solution pour revenir à une douceur de peau plus normale.

Peut-être… sauf quand la peau est déjà irritée? Bref, j’ai frotté ça avec le gant de crin qui se trouvait dans ma salle de bain. Et dans mon intelligence suprême, je me suis dit, mais pourquoi ne pas ajouter un peu de douceur. Je me souvenais que ma mère, qui faisait de l’eczéma aux mains, se badigeonnait tout ça de vaseline et mettait des gants pour la nuit. Why not?

J’ai donc appliqué une bonne couche de vaseline pour bébé sur l’irritation, puis je suis allé me coucher.

Une nuit passa… lol

Le lendemain, SCANDALE! Peau boursouflée, cloques d’eau; c’est pas beau pantoute! Pas trop le temps d’y penser, je remets mon jeans satanique et je pars travailler. Et tout au long de la journée, je sens le travail de l’infection qui commence.

Le mercredi soir, je commence à capoter et vais voir un pharmacien qui me dit de simplement appliquer du Polysporin. Wow! Le lendemain, le truc a doublé. Et là, je fais l’erreur d’aller sur le web, et de regarder de belles images sur Google. Pis là je chie dans mes culottes, car je commence à croire que j’ai de l’herpès ou des condylomes. Ouch. Je sais, je sais; ne jamais allez voir des photos ou des trucs/traitements sur le web, mais avouez, c’est plus fort que nous, on y va pareil!

Ce qui nous amène à aujourd’hui, et à ma belle aventure dans le système de santé québécois. Dès 8h00, on me refoule au CLSC, car trop de monde et pas assez de médecins (je ne sais pas pourquoi je mets un « s » à médecin, je soupçonne qu’il n’y en avait qu’un seul). On m’envoie dans une autre clinique. J’arrive là-bas, cool, c’est presque vide. Bizarre pour une clinique qui ouvre à 8h (il doit être 8h40 au maximum). C’est là que j’apprends que le médecin chill arrive seulement à dix heures du matin. Dans ma tête, je me vois déjà encore au travail à vingt heures ce soir, et j’en ai pas vraiment envie. Et c’est la qu’une amie me parle d’une clinique magique: La clinique médicale en route, qui est située directement dans la Gare Bonaventure. Ce qu’elle me dit, on dirait que je n’y crois pas tout de suite. Je me dis que je vais la maudire si elle a tort, mais je prends une chance et je quitte la clinique où j’étais le 6e sur la liste, mais à 10h, puis je marche 15 minutes au soleil tapant, avec ma plaie fraîche dans mon jeans (pas le même ce jour-ci). Je maudis ce 30 degrés et cette idée de me décider seulement .

Arrivé à la clinique, je m’informe et on prend mon numéro de cellulaire. On me dit que ça devrait être autour de 15h30, mais on ne peut rien promettre au niveau de l’heure. MAIS ON S’EN FOU. Pour moi, c’est une révolution. Enfin une clinique qui comprend la vie des travailleurs et qui vous appelle 5 minutes avant votre rendez-vous. Résultat: je suis reparti travaillé et je n’ai pas perdu ma journée à garder ma place pour voir un médecin 5 minutes! Magie!

Je ne sais pas si c’est répandu, mais moi je ne connaissais pas ça du tout en tout cas!

J’ai reçu un appel à 13h pile! Ça y était! C’était bientôt mon tour. Je n’ai même pas eu le temps de m’asseoir dans la salle d’attente, on me faisait déjà passer dans un cabinet. Cinq minutes plus tard, le médecin était là. Une jolie Asiatique coquine. Comme ma plaie se situait dans une zone où je devais baisser mes culottes, je lui ai offert la photo que j’avais prise la veille, mais elle voulait voir le réel. Et elle, d’ajouter: «Pourquoi je me priverais si je peux me gâter!». Alors, j’ai baissé mes culottes et mes boxers. Je me suis passé la réflexion que ça faisait un bail qu’une femme n’avait pas vu ma graine!

Quelques minutes plus tard, j’avais en main ma prescription et je repartais travailler. J’ai définitivement trouvé ma clinique favorite à Montréal!

Et j’en sors rassuré; pas de MTS en vue, seulement une infection de la peau. Fiou! Elle m’a dit de jeter mon gant de crin. C’était fait depuis longtemps!

Un gros pouce en l’air pour la Clinique médicale en Route!

Et deux gros pouces en bas pour le programme de fidélité le plus crosseur au monde: AIR MILES!

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Déjà, ce cher Air Miles avait court-circuité mes plans par deux fois. Avant, il fallait 190 points pour obtenir des billets de cinéma gratuits. Tout près du but, il y a quelques mois, voilà qu’Air Miles change les règles et augmente le paiement à 200 points. Je me dis que ce n’est pas la fin du monde, et j’attends patiemment d’obtenir les 200 points. Quand je les atteins, la promotion n’existe plus. Connerie!

Alors, je me dis, à quoi bon! Je change mon programme Air Miles Rêves pour un programme Air Miles Argent à 100%. Je sais que je dois acheter un portable chez Bureau en gros et j’aurai donc déjà plusieurs Air Miles dans mon solde Argent. Lors de mon changement, on m’envoie un courriel pour me dire qu’on a bien reçu mon changement (avec date et heure à l’appui).

J’achète mon portable durant la fin de semaine de la fête du Travail. J’obtiens 66 Air Miles. Pas mal pour un début!

Mais aujourd’hui, je me rends compte que les points se sont déposés dans mon solde Rêves! J’ai la preuve du changement et la preuve sur ma facture que le paiement de mon achat a été fait après le changement, mais évidemment, on m’astine (dans un français médiocre! Il faut que je vous copie l’extrait, sans altération!):

Bonjour Maxime,

Ici Cindy encore une fois et je vous remercie d¿avoir pris le temps de nous contacter a nouveau. Je suis tres desolee Maxime mais nous n¿avons pas facon de transferer vos AIR MILES au Compte Argent. Maxime, si vous desirez, vous pouvez contacter un Superviseur par telephone au 1-888-413-1311. Quand vous nous appelez, veuillez appuyer sur 2 pour le Francais et apres sur 1 pour le Groupe de Relations aux Adherents. Nous sommes ouverts du lundi au vendredi de 8 h (HNE). Nous sommes egalement disponibles le samedi de 9 h a 18 h (HNE). Nous nous demandons excuse pour tout inconvenient que vous avez subi Maxime et je vous remercie pour votre patience.

WoW! Pensez-vous vraiment que je vais aller m’obstiner avec quelqu’un qui ne sait pas aligner trois mots en français? I give up!

Alors voilà pour les petites histoires merdiques de mon anecdotique de vie. Sourions, ça pourrait toujours être pire!

Coopsco

photoscoQuelle belle initiative que ces cartons style sms à la librairie Coopsco de Sainte-Foy!

Comme je le mentionnais il y a quelques jours, le livre a fait son entrée dans la chaîne Coopsco, d’abord à Sainte-Foy, puis à l’École Supérieur de Technologie à Montréal (Coop-ETS). Si vous faites affaire avec une autre Coopsco, il vous sera également possible de faire venir le roman, il suffit de le demander à votre libraire.

J’encourage donc tous mes lecteurs résidents à Sainte-Foy ou de passage dans le coin à faire un arrêt à la Coopsco Sainte-Foy! Les membres obtiennent d’ailleurs un rabais sur le livre.

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Vous pouvez également vérifier la disponibilité du roman dans les Coopsco de la province sur le site principal de la chaîne (mise à jour aux 24 heures).

Bonne nouvelle! Archambault a renouvelé sa commande de livres. Vous pouvez acheter Peut-être jamais directement au magasin de Berri, ou encore vous présenter dans tout Archambault pour l’obtenir en commande. Il est également possible de l’acheter sur le site Internet d’Archambault, mais rendu là, aussi bien passer par moi et recevoir un livre signé à la main!

Avez-vous le sentiment qu’on va y arriver? Moi je l’ai presque! Bientôt le chiffre magique de 500 exemplaires écoulés. Chaque jour, je me rappelle que vendre son roman, c’est se vendre soi-même aussi. Je sais qu’on ne peut plus dissocier l’auteur de son livre, car il devient son propre moteur marketing. Théoriser sur le sujet est intéressant. Le vivre comme ce qui se passe présentement n’est pas toujours facile à gérer. Trouver une certaine ligne entre trop se vendre et ne pas assez oser devient un jeu d’essais-erreurs. Je crois tout de même qu’il est normal de tenter par tous les moyens de faire connaître son produit, car oui; le livre est aussi un produit, qu’il soit doté d’un aura culturel/littéraire/intellectuel, on ne peut pas se le cacher, c’est d’abord et avant tout une transaction. Je te raconte une histoire, je t’accompagne, je te fais réfléchir, je te fais peut-être même bander; et tout ça pour 19,95$? Marketing ou pas, c’est un bon deal!

 

Le meilleur et le pire de Facebook

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Le meilleur et le pire de Facebook, où comment je peux être étonné et irrité à la fois!

Cette fin de semaine, c’était le dernier effort actif de promotion sur Facebook à propos du roman Peut-être jamais. La ligne est mince entre le désir d’écouler mes ventes et celui de me retrouver comme une personne qui harcèle trop sa liste d’«amis». Oui, je mets le mot «amis» entre guillemets, car il faut bien comprendre qu’avec Facebook, on a plusieurs amis quand ils ont besoin de nous, mais le contraire n’est pas nécessairement vrai!

Allons-y donc avec les fleurs dès le départ. Je suis complètement renversé. Je n’en reviens tout simplement pas. Vendredi soir, une idée m’amène à écrire personnellement à ma liste de Facebook, une personne à la fois. Je tente le tout pour le tout, puisque je dois écouler les dernières copies restantes, vestige de mon lancement du 31 mars. Honnêtement, je n’y croyais pas trop. Je me disais que j’allais réussir à vendre 2-3 copies grâce à ces messages personnalisés, mais surprise! Le taux de réponse dans la journée même est vite devenu insoutenable. Je n’arrivais plus à fournir à la demande de renseignements. En plus d’être flatteur, j’ai mieux compris que Facebook faisait vraiment une sélection ambiguë pour l’affichage des pages et statuts (ce qui a été d’ailleurs confirmé dernièrement).

Cela m’a évidemment amené à faire une analyse plus profonde d’une situation qui touche plusieurs artistes (écrivains et autres). Je me suis mis à observer plus attentivement les réponses positives et négatives des «amis» pour arriver à un constat flagrant: j’ai été déjoué dans ma faible anticipation de réponses! En fait, je m’attendais à ce qu’un groupe s’intéresse au livre, plutôt qu’un autre, et c’est tout le contraire qui s’est produit.

Je croyais qu’en tant écrivain, il allait de soi d’encourager nos collègues, mais les réponses reçues font état d’une tout autre réalité. Ce sont les gens qui ne lisent pas à priori qui ont communiqué avec moi le plus rapidement. J’en reste encore ébahi. En quelques minutes, une trentaine de personnes ont voulu commander le roman. Je me suis félicité d’avoir eu l’audace de renvoyer un dernier message.

Et les «collègues écrivains» eux? Tout le contraire. Des excuses banales (j’ai trop de livres à lire) ou pire, des crochets «vu» et aucune réponse. Ça confirme assez bien la logique de l’écrivain égocentrique (lisez-moi, mais je ne vous lirai pas!) En fait, ça me confronte à une réalité que je croyais tout autre: je pensais que le milieu vivait artificiellement en se soutenant mutuellement entre auteurs, mais j’ai vite compris que je faisais fausse route. Les vrais lecteurs ne sont pas écrivains. Les vrais lecteurs ne sont pas des lecteurs à la base. C’est d’autant plus agréable de les voir m’encourager, alors qu’ils ne lisent qu’un ou deux romans par année.

Plusieurs écrivains que je respectais et encourageais m’ont déçu dans leurs réponses. Mais je n’ai pas d’amertume. Au contraire, je les remercie. Maintenant, je sais qui encourager et qui ignorer totalement. C’est un beau service que l’on me rend. Il me fait aussi prendre conscience de l’étendue de Facebook, mais également de ses limites. Un peu à l’image de mon lancement, ceux que je croyais assurément présents n’ont pas été au rendez-vous, et ceux que je n’attendais pas sont venus avec cœur et gentillesse.

Voilà donc le portrait officiel: les écrivains québécois ne se lisent pas entre eux. Ils ne s’intéressent qu’à leur petit nombril. Et, à l’avenir, ce ne sera pas moi qui vais les soutenir non plus! Je leur répondrai avec un grand sourire virtuel que «je les lirai quand leur dernier roman sera en bibliothèque». N’est-ce pas les encourager tout de même? Ça semble être leur logique, alors suivons-là 😉

Je parle de tout ça à la légère et avec le sourire, mais ça me montre bien que le milieu littéraire est un milieu très sombre. Ce n’est pas là que je veux évoluer, ce n’est plus là que je veux atteindre quoi que ce soit. J’écris pour ceux qui ne lisent pas beaucoup, mais qui aiment se plonger dans une histoire qui les bouleversera. Si je peux donner le goût à la lecture à quelques personnes, c’est un défi atteint!

Alors, la conclusion? Vos lecteurs ne sont pas nécessairement ceux que vous pensez! Il y a un monde d’hypocrisie dans le milieu littéraire et artistique, et honnêtement, ça me passe 100 pieds par-dessus la tête. Je n’en ai rien à faire. Je préfère encore que ce soit un ancien ami du secondaire qui achète mon roman plutôt qu’un péteux de brou qui se prétend auteur en ayant publié une nouvelle littéraire inutile dans une revue que personne n’achète.

Au final, je n’ai pas du tout à me plaindre. Je me sens comme un auteur qui souligne son irritation le ventre plein! Certes, passer de 3000 copies vendues à 300 exemplaires vendus pourrait en décourager certains, mais on s’en fout! Mon but reste le même; écouler mes dernières copies de lancement avant le 30 juin. Je suis confiant en mon potentiel (même si je ne connais aucunement mon prochain projet littéraire) et je sais que ce livre pourrait en aider certains.

L’ironie habituelle dans tout cela? Mon roman est un succès en France! Les commentaires que je reçois sont, ma foi, presque perturbants! Quand une jeune femme française m’écrit pour me dire que Peut-être jamais l’a «turné on», je crois que c’est magnifique, que tout est possible.

Je crois au livre papier autant qu’au livre numérique. Chaque texte finit par se faufiler et trouver son lecteur. Que ce lecteur soit un érudit ou un non-lecteur importe peu; je cherche à créer la réflexion et l’émotion. Et en ce moment, j’attends encore la critique négative qui pourrait me dire le contraire. Pour le moment, tout ce que j’entends est au-dessus de mes attentes.

Tout. Sauf ma grand-mère qui semble être affectée par un chapitre de ce texte. Je sens déjà les futures scènes dramatiques à venir…

Parlant de Facebook, si vous lisez, avez lu ou allé lire mon roman Peut-être jamais, n’hésitez pas à l’indiquer directement sur Facebook, section livres!

Auteur 2.0

 

 

Cover PatDion


 

J’allais écrire un long « post » de blogue sur les discussions entourant le prix du livre, les problèmes des librairies et des éditeurs, mais surtout, le calvaire d’un auteur; qui se tape toute la job et qui ne reçoit à peu près rien, mais deux blogueurs ont exprimé exactement ma pensée dans leurs récents écrits.

Premièrement, le chroniqueur Patrick Dion fait un Radiohead de lui-même en offrant son plus récent livre dans une formule « payez ce que vous voulez » pour le format électronique. Le format livre est à 15 $. Tout ça me rappelle mes jeunes années, quand on me traitait de fou en 2001, alors que je vendais le roman « Pile ou Face » dans un genre similaire. J’avais été le premier étonné d’en écouler 300 copies. Ça en faisait des jeunes lecteurs qui me suivaient depuis 1998, avec qui je me suis questionné sur le cul et les relations interpersonnelles, posé là, tout près d’eux sur leur table de nuit. Un petit miracle en soi. Aujourd’hui, ces jeunes sont dans la trentaine comme moi, et je leur souhaite d’avoir compris qui ils étaient vraiment (bonjour l’optimisme!).

Bref! Patrick Dion dit quelque chose de très vrai dans son billet :

«  Je pensais qu’une fois publié, un auteur voyait les portes des maisons d’édition s’ouvrir de façon magique devant lui. J’avais tort. »

 

Je me souviens m’être dit la même chose, au mot près. Je croyais que

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