La facilité n’existe pas

Note 1: personne ne va lire cette entrée, puisqu’elle ne sera pas publiée sur Facebook (c’est là qu’on est rendu, eh oui). Note 2: Après ce beau petit texte kétaine en image, je peux dire que je suis encore dans la difficulté.

La semaine numéro 1 s’achève déjà, et je dois avouer que je suis mitigé. En fait, c’est la première fois que je ressens un vrai obstacle dans mes décisions. Ça arrive souvent le vendredi, quand il n’y a rien de prévu à l’horaire, quand je sais que je vais rentrer du travail et me retrouver seul dans mon condo. Je pourrais dire que la solitude ne me dérange pas le moins du monde, et c’est la réalité, sauf dans ce petit espace-temps du vendredi soir au samedi, où le choix de sortir boire un verre n’est plus possible, et où je me dis qu’il est quand même préférable de ne pas tenter le diable, car voir des amis qui boivent de l’alcool et fument devant moi, c’est un peu trop tôt pour mon petit état mental.

J’ai fait ce que j’avais dit que j’allais faire. J’ai engagé deux entraîneurs privés pour me botter le cul. Je viens d’achever une semaine de cinq entraînements. Dans deux gyms différents. Avec des horaires différents chaque jour. Avec des gens différents. Avec des exercices différents. Avec des menus différents.

Les soirs d’entraînements intensifs et supervisés, quand je reviens chez moi vers 19 heures, j’ai à peine le courage de me faire un souper léger, puis je m’écrase pour une heure ou deux, avant d’aller dormir vers 21 heures. C’est comme un rythme de vie fou et lent à la fois. L’appréhension de l’entraînement, puis le plaisir d’en avoir terminé, puis la chute vers Orphée; et on recommence le lendemain.

S’il y a une chose qui me surprend, c’est que dès les 3e et 4e rendez-vous, j’ai vu que ce n’était pas si difficile physiquement. Je veux dire, je me rappelle le premier entraînement, et je n’étais même pas capable de m’asseoir pour aller faire cacaaaa. Maintenant, je suis à peine raqué  le jour d’après.

Pour ce qui est des réseaux sociaux, c’est ma plus belle découverte. Je ne sais pas si c’est le silence du début qui me fait ça (ça ne fait que quelques jours après tout), mais je ne m’ennuie pas tant de Facebook. Je trouve que c’était plutôt un automatisme pour remplir le temps. Et pour dire des niaiseries. La perte de Facebook me semble donc être le moins pire des maux. C’est, évidemment, l’alcool qui me manque le plus. Quoique je n’ai aucunement envie de boire après mes entraînements en soirée.

J’ai augmenté facilement mes nuits de sommeil de six heures à huit heures, voire plus. Et je m’écroule après une branlette bien méritée. Je croyais que j’allais m’emmerder de longues heures devant la télé. Résultat? Je ne suis même pas capable de suivre mes émissions favorites et je suis en retard partout. Ce nouveau mode de vie m’empêche quasiment de passer plus de temps devant l’écran. Et les entraînements ont aussi diminué ma charge de travail. Oui, le niveau monétaire s’abaisse, mais il est compensé, car moins de dépenses en alcool et cigarettes. Je suppose que tout s’équilibre. Ou peut-être même que j’en ressortirai gagnant. Je ne sais pas, je l’apprendrai le mois prochain.

Le plus gros hic, c’est que l’alcool me faisait perdre la notion du temps. Me faisait perdre ce sentiment présent qui me rappelle sans cesse que l’amour n’a pas trouvé sa place dans ma vie. J’ai aimé, mais je n’aime plus depuis un bon moment. Je me contente de lectures, de sueurs, de travail et d’entraînements. Mon psy me demandait dernièrement où j’allais puiser mon plaisir; vous savez, ce qui nous donne le courage de continuer à vivre. En coupant tous les vices, où allais-je trouver le désir de continuer tout de même à apprécier la vie? Plus le temps passe, et plus je me rends compte que tout est inséré dans un système de consommation; nous recherchons l’illusion du plaisir, ou alors la fuite du bonheur perdu. Toi et moi, on n’est pas si différent. Observe tes gestes. Regarde tes actions. Analyse ce que tu consommes. Tu en prendras conscience aussi. 

Je ne suis pas là pour changer le monde. Je suis là pour changer mon mode de vie. Je ne suis pas là pour dicter des règles. Je suis là pour tenter de respecter un rythme de vie qui me permettra de vivre plus longtemps, sans même savoir si la fin arrivera demain. On ne sait jamais. Mais j’ai passé l’âge de me faire croire que ça ne sert à rien de cesser de se saouler ou de fumer, parce qu’on pourrait se faire frapper par un bus le lendemain. Tout ce processus me rappelle surtout une simple maxime: vivre sera toujours dangereux, mais mourir à petit feu dans les liquides ou la fumée, en pensant que le vide est comblé, c’est encore plus néfaste que de prendre le pari de se lever chaque jour comme s’il s’agissait du dernier de notre existence. 

J’ai coupé tout contact avec ce qui me faisait souffrir dans mon passé. Non, c’est faux de croire que l’on en ressort gagnant. Ça prend beaucoup plus de temps. Ça demande beaucoup plus de résilience. Ce n’est pas parce qu’on oublie les gens que notre cœur les efface aussi facilement. Mais ça devient définitivement plus facile sans artifices, sans faux espoir comblé par ce vide rempli de substances X.

J’ai toujours eu la mauvaise manie de sur-analyser chaque action posée, chaque petit geste de mon passé, mais quand la bruine s’efface, on y voit plus clair, on souffre autant, mais on ne tait plus cette douleur, et c’est seulement à ce moment-là qu’elle finit par se dissoudre, tranquillement, comme une vapeur qui monte vers le plafond avant de s’éclipser totalement.

Je suis cette vapeur, mon passé représente cette vapeur, le temps qui passe se disperse ainsi. Quand j’étais sous influence, j’avais cette peur de l’oubli; oublier ce que j’avais été jadis, oublier le bonheur, les relations, les plaisirs, tout ce qui m’avait forgé. Il m’aura fallu un bon moment avant de comprendre que c’est dans l’oubli que l’on finit par vivre le moment présent, celui qui importe, à la seconde près.

On ne se le cachera pas; on attribut beaucoup de nos lacunes, de nos erreurs et de nos décisions dramatiques au passé, on hait le passé ou au contraire on le porte en héros, en s’y référant pour comparer notre présent. Que ce soit positif ou négatif, il faut cesser cette comparaison vaine. Et c’est sans cesse l’alcool qui nous ramène vers ce jeu comparatif. Jadis, c’était d’autres substances. Ce pourrait être toute autre chose pour vous; le café, le vin, les jeux de hasard, le travail, la famille…

Si cette première semaine m’a appris une seule chose, c’est celle du décrochage. Il n’y a plus rien à faire pour ce qui a été. Il n’y a que des fabulations pour ce qui sera. C’est ici et maintenant qu’il faut placer toute sa concentration.

Cesser de fuir vers l’arrière ou vers l’avant. Voilà le réel combat.

À écouter: Dear Criminals – Not yet the end (cliquez sur le nuage SoundCloud)

Luminosité

Je n’ai pas lu ma dernière entrée de blogue, mais j’ai encore le ressenti que ça sonnait full drama. C’est peut-être l’arrivée prochaine du printemps ou le changement d’heure, mais voilà que je sens un peu de lumière pointer le bout de son nez. C’est assez agréable. Un peu comme si je retrouvais un peu de liberté.

Je pense que les grandes claques dans la face sont souvent bénéfiques pour établir des tournants à 180 degrés. Je crois aussi que les événements que j’ai vécus au cours du dernier mois m’ont assommé, avant de me faire renaître peu à peu. Certes, je n’ai toujours aucun intérêt à me remettre dans le bain des éternelles discussions inutiles sur les sites de rencontre, et puis, j’ai pris le temps de me demander à quoi ça rimait. Si je n’ai pas envie d’établir des liens avec des inconnus, c’est que je ne suis pas prêt, tout simplement. Il faut cesser de forcer les choses. Évidemment, j’ai les hormones dans le tapis et la main droite fatiguée, mais vaut mieux ça que de se faire chier avec le premier venu. Alors, laissons ça au temps, et peut-être au réveil du printemps, qui fait toujours monter la sève d’un coup sec.

La liberté que je goûte est aussi un apaisement par rapport aux anciennes relations. Je m’attache trop ardemment, mais une fois que je décide que c’est bel et bien la fin, je n’en fais qu’à ma tête de scorpion. Je passe à autre chose, et c’est presque enivrant, parce que pour une fois, je fais table rase du passé, sans cette stupide nostalgie énervante qui me pressait tant à toujours regarder vers l’arrière.

Je pense que l’arrêt de mes médicaments se fait aussi déjà ressentir. Comme si les angoisses s’apaisaient, que la confiance revenait tranquillement. Même cet étrange désir obscur que l’on appelle: écrire. On verra bien.

C’était la première fin de semaine depuis un long moment où j’ai pu me reposer, prendre du temps pour moi, établir de nouveaux menus de recettes végé. Ça m’a fait du bien, même si étonnamment, j’aurais souhaité avoir plus de travail pour combler quelques heures supplémentaires, en ce moment même. Mais je suis reconnaissant. Il faut éviter d’être un junkie du travail, comme un junkie dans les autres domaines.

Vendredi prochain est une date importante pour moi. Si tout se passe comme prévu, ce sera enfin le moment où je ferai table rase de mes dettes. Il n’y a pas de sentiment plus agréable que de payer ses quatre cartes de crédit au complet, de remettre le compteur à zéro. Certes, mon hypothèque planera toujours au-dessus de ma tête. Mais ce n’est pas la même chose. Je me rends tout de même compte que manquer d’argent est un élément lourd dans notre bonheur. On aimerait tous ne pas avoir à se préoccuper de savoir si on va arriver à payer tous les comptes à la fin du mois. C’est humain, et quand on voit les factures s’accumuler, on a tous ce petit pincement, cette petite angoisse supplémentaire qui en rajoute sur le reste de nos préoccupations. Je ne suis pas dupe. Il y aura d’autres dépenses imprévues, d’autres moments plus difficiles plus tard, mais je me considère tout de même choyer, car il m’aura fallu moins d’un an, après l’achat d’un condo, pour retomber sur mes pattes. Oui, il y a la deuxième job, mais elle comble autre chose en plus de l’argent, et elle ne m’affecte pas autant que je le craignais au départ.

Pour ce qui est de mes amitiés, je pense que je dramatise également. Les visages changent, la vie change, ça fait partie de la game. J’ai retiré tout ressentiment de mes relations amicales, qu’elles soient en santé ou en puéril. Je serai toujours heureux de revoir les gens qui m’ont apporté du bonheur dans ma vie. Et si on ne se revoit plus, c’est la vie, c’est ainsi. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de cycles dans l’amitié. Il fut des temps où je n’avais que des amies féminines, puis toutes les femmes se sont barrées, et il ne restait que mes amitiés masculines. Présentement, c’est un peu le contraire qui se produit; il y a un retour en force des femmes dans ma vie, et presque de l’absence des garçons. Ça n’a pas tant d’importance. Je me rends aussi compte que les amitiés professionnelles prennent le dessus. C’est intéressant. On rencontre beaucoup plus de personnalités différentes en fréquentant nos collègues de travail. Je pense que ça évite de s’enfermer dans un moule d’amitié trop restreint ou identique à nos manières de concevoir le monde.

Ça m’amène aussi à percevoir les réseaux sociaux d’une autre façon. C’est comme si je m’en détachais tranquillement. En fait, je n’ai même pas besoin de trolls pour me faire comprendre que les débats sur la toile sont futiles et souvent voués à créer de la frustration dont on pourrait se passer. C’est la raison pour laquelle je ne me prononce que très rarement sur la place publique à présent. Ça draine de l’énergie, une énergie que je peux mettre ailleurs, sur moi-même et sur les prochains défis qui s’amènent. Ça fait longtemps que j’ai fait une croix sur cette espèce d’aura de pseudo célébrité, de clics et de J’aime. Après plus de 15 ans à raconter ma vie ici, j’ai vécu mon lot de changement par rapport aux réseaux sociaux, et j’ai décroché. Plus envie de me battre dans le vide, simplement le désir de continuer mon chemin, de ressasser mes expériences ici (on ne s’en sort pas!) et de vivre ma vie en étant bien avec moi-même, sans réfléchir à ce qu’un inconnu idiot ou saoul dans son sous-sol pense de moi, de mon existence ou de mon opinion. Je ne m’en porte que mieux.

La seule ironie dans toute cette histoire, c’est de continuer à me raconter ici. Mais j’ai l’excuse de pouvoir dire que je me racontais déjà dans les années 1990, 2000, 2010… alors, je ne me sens pas imposteur, je ne fais que continuer mes habitudes. Je sais que parfois, je devrais fermer ma gueule et éviter de déblatérer sur ma petite personne et le monde qui m’entoure, mais au final, la seule personne que je peux blesser en agissant ainsi, c’est bien moi. J’en prends donc tout le blâme, et je continue quand même, parce que c’est viscéral, c’est quelque chose que je dois sortir de moi. Et de toute façon, le rapport à ma vie intime est bien moindre qu’il était jadis. Quand j’écris, je me plais à m’imaginer que ça n’intéresse personne, ou plutôt, que ça ne choque plus personne. Du moins, pas les gens qui me connaissent et savent qui je suis réellement.

Alors, voilà, un peu de lumière dans ma vie en montagnes russes des dernières années. On tourne la page. On change une nouvelle fois de chapitre, et on s’adapte. C’est tout ce qui compte pour être bien avec soi-même, pour préserver son intégrité… et pour ce qui est des commentaires des autres, ça n’a aucune importance. Je suis de la vieille école, j’ai plusieurs années de vie publique derrière la cravate, et je n’ai aucunement peur des répercussions que pourraient provoquer les récits que je vomis sur ce blogue.

Honnêtement, ça fait du bien. De poser des mots sur cette situation. D’être en paix avec moi-même et ce processus étrange de me livrer tout entier dans les affres du Web. J’en paierai peut-être le prix un jour, mais comme à mon habitude, après un peu de dramatisation, je vais assumer et m’y faire, car je suis ainsi, même dans les pires moments, dans les pires textes trop véridiques et qui ne devraient pas être publiés aux yeux de tous, je garde la tête hors de l’eau, je respire un grand coup, et je continue ma route.

La crise de la trentaine?

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J’aurais beaucoup de sujets à aborder aujourd’hui. Je ne sais pas trop comment commencer, donc ce sera sûrement du point par point.

Je veux d’abord commencer par le film Love de Gaspar Noé que j’ai vu lundi dernier. Vous devez savoir que je n’ai rien contre la sexualité explicite; pas du tout même, si elle sert le récit, il n’y a aucun problème. Mais l’impression que j’ai eue en voyant ce film, c’est que le réalisateur voulait tenir son public attentif en diffusant des scènes explicites. Sérieusement, en supprimant les scènes de cul de ce film, on a droit à tous les mauvais clichés de films français (la mort, le deuil, le temps, blablabla). Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas emmerdé autant au cinéma. Gaspar Noé nous sert de belles phrases improvisées sur la vie humaine, et il nous balance des pipes, des trios, des orgies et des éjaculations en plein visage (c’est le cas de le dire)! S’il n’y avait pas ces scènes de sexe, le film serait encore plus vide. Et la mauvaise manie de ce réalisateur, c’est de prolonger le supplice, de faire en sorte qu’on soit exaspéré jusqu’à la fin. La scène avec l’enfant dans le bain est tellement pathétique, je ne peux pas croire que des gens se retrouvent et apprécient ce genre de navet. Je n’ai vu qu’un seul autre film de ce réalisateur (Irréversible), et au moins, dans ce film, on comprenait que la fin était plus lente, plus amoureuse et cheesy. Mais ici, les longueurs sont troublantes. Je ne suis pas sortie de cette projection choqué, je suis sortie du cinéma en criss, parce que j’ai eu l’impression qu’on m’a fait perdre mon temps.

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C’est tout le contraire qui s’est passé avec le documentaire L’Amour au temps du numérique de Sophie Lambert diffusé à Télé-Québec. Je lisais Judith Lussier dans le Journal Metro aujourd’hui, et je dois avouer que je n’ai pas compris son point de vue. On ne parle pas de tous les jeunes adultes, certes, mais on parle quand même de nombreux cas, même si ceux-ci ont été triés sur le volet. C’est une représentation assez exacte des amours que vivent cette génération qui vient (déjà) après moi. Je l’ai connu à ses débuts, et je dois avouer que je suis bien content de ne pas avoir grandi avec ces phénomènes de réseaux sociaux et d’hypersexualisation. J’étais à la limite, comme on dit. J’ai compris exactement le propos du documentaire, et quand certains journalistes essaient de minimiser la chose, j’ai l’impression que c’est le signe qu’ils n’ont pas vécu la chose et qu’ils croient que leurs propres expériences sont un exemple parfait du «je ne suis pas comme eux». Eh bien, désolé, chers journalistes, peut-être que vous étiez déconnectés de la réalité, mais ce documentaire représente bien la génération d’aujourd’hui, et quand même beaucoup celle qui vient avant.

Vous pouvez voir les deux parties du documentaire sur le site de Télé-Québec. Ça vaut le détour.

Je saute du coq à l’âne, et je voulais aborder le sujet des trolls sur Facebook et sur le Web en général. Bon dieu que c’est rendu grave! Je ne veux pas sonner dramatique, et j’accepte facilement la critique, mais ces derniers temps, j’ai l’impression que les réseaux sociaux sont devenus un Far West pathétique. Je reçois près de 5-6 demandes d’amitié par jour sur Facebook, et avant, j’acceptais tout le monde, mais j’ai dernièrement vécu beaucoup trop de trolling pour continuer à accepter tout le monde sans analyser leur profil. Quand on ne me spam pas sur mon mur Facebook avec des messages idiots de prêts ridicules, on me bitch sans même m’avoir lu. Je dois avouer que ça me fait sourire. C’est fou comme certaines personnes ont du temps à perdre à vouloir détruire les autres. Je m’amuse dans mes réponses, en jouant d’ironie, mais je me rends compte que tout ça commence à me tirer beaucoup d’énergie. Il faut que je me rende à l’évidence, je vais devoir commencer à mieux surveiller qui j’accepte et qui je refuse. C’est triste.

Sinon, dans les autres nouvelles, Renaud-Bray vient de renouveler mon entente de roman jusqu’au 31 janvier 2016. C’est fou! Ça fera bientôt deux ans que mon roman est sur les tablettes! Même dans les maisons d’édition normales, ce laps de temps est perçu comme un miracle. Je sais que l’histoire achève, mais je suis encore agréablement surpris des critiques qui sortent deux ans plus tard. Et les critiques me font parfois sourire. Je dois avouer que j’avais été chanceux; je n’avais pas vraiment reçu de critiques négatives sur mon roman. Mais parfois, les critiques sortent en même temps, et elles sont tellement opposées entre elles, que je ne peux m’empêcher de rire. Le meilleur exemple s’est produit cette semaine, où j’ai eu droit à une critique moyenne versus une critique parfaite. Voici une critique sur le site du Contemporaliste et en voici une autre sur le site Le Fil rouge. Attention aux spoilers pour ceux qui n’ont pas lu le livre encore.

Tout ça me conforte dans ma position sur le milieu de l’édition. Je dois l’avouer, je suis un peu un éditeur. Beaucoup même. Comme je me suis occupé de tous les segments du processus de publication de mon roman, je connais les rouages. Et tout ça me fait hésiter, ça me donne presque le goût de retourner à l’université pour approfondir mes connaissances en édition. Je crois que j’ai réussi là où peu de gens y sont arrivés. La question que je me pose, c’est est-ce qu’il y a un avenir dans le milieu de l’édition? J’en doute de plus en plus. J’ai l’impression que les prochaines années me donneront raison; que si un auteur veut vraiment se faire connaître, il devra se fier à lui-même, et certainement pas à une maison d’édition qui lui donnera 10 %. Quand je me compare aux autres écrivains qui ont publié dans les maisons traditionnelles, je ne peux que me réjouir de ne pas m’être fait avaler par le réseau. Entre faire 1500$ de profit et 15000$, je choisis la deuxième option. Mais je considère que tout le travail effectué n’en vaut peut-être pas la peine. Ce n’est en rien une question d’être reconnu par les pairs, ça, c’est un détail. Mais dans notre nouveau millénaire, je comprends que la façon d’éditer un livre n’est plus pareil qu’il y a quelques années. Les temps changent, et le milieu du livre a beaucoup de difficulté à s’adapter. Je ne sais pas ce que je deviendrai en tant qu’auteur, mais ce qui me rassure, c’est que je suis capable de mener à moi-même une maison d’édition qui fait du profit. Et ça, je reste surpris que les maisons d’édition normales ne l’aient pas encore compris, qu’elles ne soient pas encore venues chercher mes services. Ça sonne un peu pompeux, mais leur but n’est-il pas de faire de l’argent? Moi, je sais comment. C’est leur perte, comme on dit…

Je pense que je suis dans une sorte de crise de la trentaine. À me demander ce qui serait la meilleure avenue; continuer sur le chemin de l’indépendance, ou m’allier à une maison d’édition qui a déjà fait ses preuves.

L’art de garder ses amitiés?

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Eh là, là. Ça devient de plus en plus difficile de tenir un blogue et d’y écrire avec le coeur. Non pas que l’envie n’y est pas, c’est surtout qu’à mon âge, je devrais avoir passé le trip journal intime. Et pourtant, je me rappelle tendrement ma jeunesse où je pouvais venir vomir tout ici dans l’anonymat. À quoi sert un blogue personnel passé l’âge de 30 ans?

C’est une question que je me pose de plus en plus. Non, ce n’est pas une annonce de fermeture (comme j’ai pu en faire le long de nos nombreuses années ensemble depuis 1999). Au final, le processus d’inversement s’est fait complètement; ça y est, je parle beaucoup plus de ma vie dans mes romans que sur ce blogue. Il faudrait que je le voie comme une réussite. Je suppose.

Mais je trouve difficile de parler des sentiments et des émotions sans établir le contexte réel des situations. Je m’étais d’ailleurs promis de ne pas faire ce que je suis en train de faire aujourd’hui, soit écrire aux petites heures du matin, dans un état de doute un peu embrouillé et mélancolique, propre aux premières lueurs des samedis de fin d’été, sous le nouveau vent qui annonce l’automne. Mais j’y suis, déjà lancé, alors voilà.

J’aurais envie d’écrire combien il est éprouvant et difficile de voir quelqu’un près de moi s’enfoncer, descendre dans des abîmes qui semblent sans fin, pour aller toucher un fond qui semble encore loin. Peut-être qu’il n’y a pas de fond. Et pourtant, j’ai placé tant de confiance et d’espoir en cette personne. C’est se sentir inapte et dans l’impossibilité de fournir une aide. Pour la simple et bonne raison que je ne suis pas bien placé pour fournir cette aide. Je peux donner mon oreille, je peux serrer le corps de l’autre dans mes bras et dire que ça va bientôt passer, mais mon rôle est limité. Que faire quand quelqu’un n’entend pas les conseils, qu’il ne semble pas comprendre qu’il faut aller chercher de l’aide extérieure? Je sais, je sais, il y a des moments où ce genre d’effort semble trop énorme… alors, comme une coquille, je regarde cette personne se refermer et s’isoler des autres.

Jusqu’à quel degré peut-on se mêler de la vie et des choix de nos amis? Jusqu’où avons-nous droit d’entrer dans leur existence? De les bouleverser au point qu’ils en retirent quelque chose de bon pour eux? Je me suis souvent mêlé de ce qui ne me regardait pas, et je l’ai regretté autant de fois. Depuis quelques années, j’ai appris à m’effacer quand je sentais qu’on ne voulait pas mon opinion ou qu’on ne voulait pas écouter ce que j’avais à dire. Je ne parle pas de critiquer l’autre gratuitement; je parle de le réveiller de son état léthargique, de tenter de lui ouvrir les yeux. Mais le manque de recul donne un résultat contraire: je deviens la cible, c’est moi que l’on hait, que l’on accuse de ne pas se mêler de ses affaires.

Je remarque que la plupart des gens qui ont un mal-être autour de moi cherchent à se réveiller un matin, guéris, complètement. J’ai beau expliquer que les solutions miracles n’existent pas, que c’est le parcours pour arriver à la transformation qui importe, pas simplement le résultat. Mais comment expliquer cela à quelqu’un qui ne voit pas de lumière au bout du tunnel (sans jeu de mots). Je deviens alors témoin; témoin de la tristesse, de la nostalgie, des regrets maudits et des choix malsains. Je ne peux que regarder, attendre, et être là, que les nuages restent sombres ou qu’ils finissent par se dissiper.

Avec le recul et le temps, je pense que j’ai moi-même été dans cette situation un peu folle. Celle où l’on sent le sol se dérober sous nos pieds, ce moment où plus rien ne semble faire de sens, où l’on souhaiterait justement mourir ou nous téléporter vers notre nouveau moi, sans passer par les étapes cruciales et douloureuses de la guérison. Quand je regarde vers l’arrière, je constate que j’étais peut-être pareil; dans une semi-dépression, à ne pas trouver de moyens plus efficaces que d’engourdir le mal. Comme je l’avais déjà fait de nombreuses fois, quand tout n’était pas encore si près du gouffre.

Alors, aujourd’hui, j’observe. Je comprends. Je conseille parfois timidement, mais je sais que je ne peux pas me mettre dans la peau de l’autre, et même si je ressens ce qu’il vit, le cheminement se doit d’être réalisé étape par étape, sur la durée, avec les moments chiants et les soirées dramatiques.

Mais comment réagir quand l’autre s’enfonce tant que même nos avertissements et nos cris d’alarme ne suffisent pas? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je reste dubitatif, malgré la rage qui me surprend souvent. Ce n’est pas en déclamant des vérités que l’on offre de l’aide. Ce n’est pas en secouant l’autre ni en lui disant ce qu’il veut entendre.

Je pense que j’ai le défaut de la qualité d’un pur scorpion. J’aime mes amis comme j’aime dans une relation de couple. Je pique pour réveiller l’autre, pour obtenir une réaction, pour faire avancer les choses; mais le résultat n’est pas rose. Je deviens vite une cible, celui qui cherche l’attention, qui fait une scène avec quelque chose que la personne essaie de taire, d’oublier, d’ignorer.

J’ai pourtant appris le laisser-aller, avec une confiance aveugle (presque naïve), parce que j’ai toujours cette impression que lorsque les autres auront compris le cheminement à suivre pour s’en sortir, qu’ils auront réussi à s’extirper de leur mal; leur premier réflexe sera de revenir vers moi. Pas pour que je puisse entendre tu avais raison. Ça, ça n’a aucune importante (et je peux me tromper par moment). J’ai surtout la naïveté de croire qu’après une grande noirceur, on reconnaît ceux qui ont voulu nous aider, qu’on comprend même pourquoi ils ne voulaient pas nous conseiller trop drastiquement.

Malheureusement, il est très rare de recevoir le juste retour du balancier. Dans le meilleur des mondes, l’histoire est oubliée, et on fait comme si de rien n’était. On publie son bonheur (réarrangé) sur Facebook, et on récolte les félicitations à demi-mot. Car peu de gens connaissaient vraiment notre état. Je parle évidemment pour les autres, car si je me retourne et me regarde, j’ai fait tout le contraire, en exposant des années de douleurs vives sur le Web. Mais je suis une exception, un être différent, celui qui s’est toujours dit que toute bonne chose (ou mauvaise) pouvait s’expliquer par écrit, et avec une profondeur beaucoup plus longue que 140 caractères ou un statut ambigu sur les médias sociaux.

Ça fait bizarre de se retrouver dans la peau de celui qui est passé par-dessus la déprime, et qui observe maintenant ce mal chez d’autres personnes. Et je le dis sous toute réserve, car on n’est jamais à l’abri d’une rechute. N’empêche. Je ne comprends peut-être pas la dépression médicamentée, car je ne l’ai jamais vécue et je n’ai jamais rien pris pour ça, mais j’ai souvent l’impression de me reconnaître dans les chemins sinueux des autres. Pas facile de ne pas vouloir aider, de se taire et de hocher la tête en silence. C’est pourtant ce que je fais avec beaucoup de personnes autour de moi ces temps-ci. J’ai cessé de les compter. Je constate simplement qu’il y a une multiplication ces derniers mois. C’est correct, ça vient souvent par passe. Le bonheur fout parfois le camp en groupe. Mais je me sens tout de même impuissant, à regarder des scènes malheureuses tout en me disant que mon rôle est d’écouter, pas de suggérer.

Je crains surtout l’avenir à court terme, les folies passagères et les actes de désespoir. Mais je reste ouvert et je dis haut et fort que ces personnes peuvent compter sur moi en temps de crise. M’écouteront-elles? C’est le grand point d’interrogation; une question à laquelle je ne souhaite pas tout à fait répondre, par peur d’apprendre de mauvaises nouvelles.

Pour ceux pour qui l’amitié compte plus que tout, le deuil est cruel et très prenant. Il y a beaucoup d’énergie consacrée à se retenir, à laisser nos idées préconçues de côté et à ne pas envahir l’autre de nos solutions souvent trop simplistes. Je ne cherche pas à donner un cours, je dis juste qu’il est plus bénéfique d’éviter les conversations moralisatrices. Il faut offrir son écoute active, sans se transformer en pseudo-psychologue. Un grand défi quand on voit l’autre dépérir devant nos yeux. Pas facile de «refuser» de jouer au sauveur.

Et puis, égoïstement, il y a aussi notre propre personne. Tout parait si simple quand on conseille les autres, mais arriver à appliquer nos propres analyses à nos situations personnelles se révèle souvent plus difficile, par manque de recul peut-être, mais aussi par orgueil. Car celui qui conseille se donne trop souvent le rôle de quelqu’un qui a réussi là où de tristes âmes sont en train d’échouer. Pourtant, c’est le syndrome de l’Iceberg; on vit tous des échecs et des déceptions sous la surface. Ils sont essentiels à notre cheminement. Quand quelqu’un me dit que c’est facile pour moi, car j’ai, à ses yeux, tout réussi, je retiens un rire nerveux. J’ai envie de me dire: s’ils savaient… ou plutôt; s’ils avaient vraiment porté attention aux petits détails, ils auraient su. 

Je m’en voudrais probablement si toutes ces déprimes se résorbaient en mort d’homme. Je m’invectiverais sûrement de ne pas avoir assez confronté l’autre, pour l’empêcher de tomber dans une solution qui semble régler tout à court terme. Pas facile, pas facile du tout quand on voit des gens dépérir sous nos yeux.

Et ne parlons pas de ceux qui n’allaient pas bien, et qui ont fini par nous quitter malgré tout. Peut-être sont-ils plus heureux aujourd’hui, mais ça, je ne le saurai jamais. Je ne m’en fais pas avec ça. S’ils ont à revenir, je les accueillerai avec amour et compassion. Je me trouve quand même bizarre d’accorder autant de fidélité aux amitiés. Je ne sais pas ce qui explique cela. C’est un peu la peur de la perte, je suppose. Mais c’est inévitable aussi.

Alors voilà, j’ai parlé en parabole, pour éviter de plonger dans un sujet qui me bouleverse encore par moment. Ce n’est pas une mince tâche de se dire qu’il n’y a rien à faire, que même le plus grand geste que l’on pourrait poser (en quelque sorte, il s’agirait de forcer l’autre à consulter) ne suffit pas. Il ne reste donc que la confiance envers le temps. Mais le temps est si long et si rapide à la fois.

Dans ma vie, j’ai certes abandonné des amitiés pour le bien de ma propre santé mentale, mais je sais surtout que je me suis fait abandonner, parce que je donnais trop mon avis, parce que les gens préféraient peut-être éviter de me décevoir, ou alors ils étaient peut-être honteux de rester aussi longtemps dans le même pattern. Pourtant, je suis l’exemple parfait du mec qui a vécu 5-6 ans de calvaire en public. Mais il vaut mieux arrêter les comparaisons ici. J’ai appris que l’on ne pouvait pas se targuer de connaître la douleur de l’autre, même si on l’avait vécue d’une manière similaire. Il faut se rendre à l’évidence; il y a autant de solutions pour s’en sortir que d’être humains sur la planète. Il faut juste relativiser.

Et ça, la relativisation, c’est la partie la plus difficile.

Surtout si on se met à l’expliquer à l’autre.

Un jour, j’en ferai un roman. Ouais. Un jour, peut-être. Ou peut-être jamais.

Dans le Fugues cette semaine

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Cette semaine, j’ai accordé une entrevue à Samuel Larochelle pour le magazine Fugues à propos de mes déboires avec la censure de Facebook concernant ma bande-annonce pour mon roman Peut-être jamais.

Quelle surprise (ironie); je me rends compte que je suis loin d’être le seul dans ma situation! Facebook censure beaucoup plus que l’on pense, mais surtout, il semble y avoir une fixation contre les images ou vidéos à caractère homosexuel. Est-ce représentatif de la société d’aujourd’hui? J’ose espéré que non, mais je ne suis pas dupe. Je sais qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire pour éduquer les gens, même ceux qui ont un pouvoir décisionnel.

De mon côté, la relation avec Facebook s’est envenimée. Las de toujours contrôler et supprimer mes publicités, le réseau social a décidé de bannir toute publication de vidéo sur ma page d’auteur. C’est vraiment honteux de leur part. Mais je ne peux pas y faire grand-chose. Je perds des ventes de 200$ par jour environ, car la publicité était vraiment payante au niveau des ventes de roman. C’est très triste, mais comment réussir à se battre contre un géant? J’invite tous ceux qui ne sont pas d’accord avec Facebook à partager la bande-annonce sur leur page et à acheter mon roman, si le coeur vous en dit 🙂

Je croyais terminer les ventes avec mes derniers exemplaires, mais Archambault m’a demandé de nouvelles copies, nous sommes donc retourné en réimpression pour une sixième fois en un an! J’ai déjà atteint mon but depuis longtemps avec ce livre, je continue parce qu’il y a de la demande, mais je dois avouer que je suis un peu fatigué de ne pas réussir à atteindre les gens en raison de ma bande-annonce banni sur ma page. Mais on ne lâche pas! Après tout, je ne serai pas le premier auteur que l’on aura voulu mettre à l’index!

Tous les renseignements sur mon roman et la bande-annonce se trouve sur www.peut-etre-jamais.com!

Chronique sur Peut-être jamais – Les Pétards – Radio Fierté

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Voici une chronique sur le roman Peut-être jamais faite par Miguel Doucet et Jo Bocan de l’émission Les Pétards au 980 Radio Fierté.

Oui, le son n’est pas top, mais on entend quand même très bien. Pour ceux qui veulent avoir une meilleure idée du sujet du roman, c’est exactement ce que vous devriez écouter! (4 minutes)

Et oui, ce n’est pas « Collin », mais bien « Collins », comme phil 😉

La stabilité

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Nous y voilà, donc. Rendu à cette stabilité, précaire, certes, mais n’empêche. Elle est là, à ma portée, et ces derniers jours m’ont fait comprendre qu’il n’en tenait qu’à moi à l’accueillir à bras ouverts.

Pas toujours facile, évidemment. Mais j’en suis à un moment de ma vie où la liste de mes excès et de mes côtés excentriques s’achève. Peu à peu, les lumières d’alarme s’éteignent. Toute ma vie, je devrai me surveiller et être un peu méfiant, surtout lors de ces moments, où justement je pense avoir repris le dessus sur ma vie. Nous sommes tous des êtres complexes, mais certains prennent des chemins plus sinueux que d’autres. Je fais partie de cette catégorie, et bien que j’ai adoré ce que certains excès ont provoqué dans ma vie, il y a une balance, une certaine stabilité à respecter.

Je n’en prends pas conscience simplement à cet instant, mais la réflexion semble tout à coup plus palpable. Est-ce un leurre? Seul le temps le dira. Pour le moment, ce que j’en dirais, c’est que je possède tous les éléments nécessaires pour me forger une vie plus saine, et quand je dis ça, j’entends surtout moins « alcoolique ». Il m’arrive encore de boire seul, par moment, parce que j’ai toujours éprouvé un plaisir dans cette activité, mais j’ai drastiquement diminué les fréquences. J’arrive au point où je me rends compte que ce n’est plus nécessaire. Ce n’est même pas une « écoeurantite », c’est surtout un ennui et un désintérêt.

Et pourtant, vendredi soir, debout devant la cuvette de l’Olympia, j’ai vomi. Vomir ne m’arrive que très peu. Et je sais très bien que la cause de ces vomissements a été provoquée par le vin cheap vendu là-bas. Bon, le gin ingéré au préalable n’a pas aidé ma cause. Mais je me suis rendu compte que j’ai raté complètement le concert de Damien Rice, aux toilettes ou dans les vapes. Mais qu’est-ce qui me pousse autant à boire pour apprécier un concert? Je me suis souvent posé la question. C’est très difficile à expliquer, mais ça remonte à très loin, quand j’étais tant absorbé par la musique que je sentais mon cerveau décroché vers l’arrière et vivre le rythme. Ce genre d’occasion n’arrivait que peu souvent, mais quand ça me prenait, c’était toujours sous influence. Je me rends compte que j’ai longtemps (trop longtemps) voulu reproduire cette sensation. Le hic, c’est qu’en vieillissant, même si la musique occupe une place très importante dans ma vie, je ne peux plus m’y abandonner comme dans ma jeunesse. C’est peut-être mon état d’adulte qui transforme le tout, qui ne me permet plus de m’abandonner autant, mais j’ai eu beau tout essayer, impossible de revivre ces abandons du passé. Soit j’en ressors frustré et je trouve le concert nul, soit je perds la carte et je ne me souviens plus du moment. Rendu là, outre être malade et perdre beaucoup d’argent, je n’y gagne absolument rien. Il faut donc se rendre à l’évidence; à quoi bon?

Dernièrement, j’ai beaucoup discuté avec mon copain de ces dépendances qui tournent autour de moi et qui font des déplacements. J’ai parlé de la cause de mon excès. Avant, je les mettais sur la faute de mon ex. Consommer pour me retrouver dans le même genre de situation que je vivais jadis. Vouloir revivre des instants mentalement, absorbé par une substance quelconque. Tenter de retrouver un lien, même embrouillé, avec la vie d’avant, avec ce que je désirais encore au fond de moi; être dominé, sans savoir réellement pourquoi. Trouver dans la sexualité sous influence un regain d’énergie, de perversion, de satisfaction. Mais je suis loin de cette époque, je suis rendu ailleurs. Le passé ne m’intéresse plus. L’écriture de mon roman a tout effacé pour tout réécrire. Je me rends compte que je n’ai plus besoin de m’embrouiller l’esprit pour vivre. Cet espace-temps de ma jeunesse adulte n’a plus sa place dans la vie que je veux mener aujourd’hui.

Et puis, consommer voulait aussi dire s’échapper. Se sauver de l’absence de l’autre. S’éloigner de la douleur de la perte. Mais le cliché prévaut; le temps arrange les choses. Pas facilement. Mais l’idée de la perte finit par faire son chemin et on passe à un autre appel.

J’aurai toujours un certain plaisir à m’enivrer. Je crois que c’est en moi. Ça peut s’atténuer, mais disparaître complètement? Je ne suis pas convaincu. Et ce n’est pas mon but non plus. Je suis surtout à la recherche d’un équilibre. Et je veux de plus en plus m’expliquer les raisons qui me poussent à boire. Je pense que c’est un pas dans la bonne direction.

Ça fera bientôt un an que je consulte un nouveau psy. D’abord, pour mes problèmes liés à mon poids et mon acceptation physique. Mais très vite, les sessions se sont orientées vers mon passé et ce qui me poussait à agir ainsi. En ce moment, je considère que je reprends le contrôle. C’est un contrôle fragile, je dois le guetter souvent, car la dérape n’est jamais bien loin. Elle ne sera jamais bien loin, car elle est une réponse facile aux difficultés quotidiennes. Mais le simple fait de ne plus avoir l’envie de me détruire pour me prouver que j’existe ou que j’ai existé est une bonne nouvelle. Et l’essentiel, c’est que je ne regrette rien. Déjà, ça ne sert pas à grand-chose d’avoir des regrets, mais surtout, toutes ces spirales malsaines m’auront amené à être celui que je suis aujourd’hui. Et présentement, je me sens complet.

Certes, ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours. Je me bats toujours avec mon poids, avec ce corps dont je ne suis jamais réellement satisfait. Mais j’y vais étape par étape, petit pas par petit pas. Il ne sert à rien de devenir drastique et de replonger dans quelques semaines. Je travaille donc sur ma mentalité, sur mes besoins dans la vie, et non pas sur mes dépendances. Les dépendances sont comme l’argent; parfois on en a beaucoup, à d’autres moments, c’est plus serré. C’est donc une recherche de stabilité qui m’accapare. Et je suis loin d’être à plaindre à ce niveau. J’ai un chum qui m’aime, une famille qui m’apprécie, un environnement de travail agréable où je suis reconnu à ma juste valeur, des amis qui importent, une alimentation saine et beaucoup de sport.

C’est ainsi que se dessine mon avenir. En équilibre. Et c’est ce que je recherche à présent. Une vie saine, tournée vers l’avenir, mais surtout vécue au présent.

J’ai fait du chemin depuis 2012. Je dis 2012, car c’est l’année qui coïncide avec la fin de l’écriture de mon roman, et tout ce qui s’en est suivi par la suite. Je ne suis plus le gamin que j’étais. La trentaine m’a rentré dedans assez durement, mais je crois que je réussis peu à peu à surmonter le vide et l’angoisse de ne pas savoir quoi faire de ma vie. Il y a quelque chose de satisfaisant à accepter notre place; l’endroit où nous sommes rendus, les défis qui s’amènent. En quelque sorte, je suis en paix avec moi-même et mon présent. Et ça, c’est très rare pour un être de mon genre.

J’ai perdu beaucoup d’illusions depuis quelques années. Entre autres que les gens autour de mon univers resteraient là à jamais. J’ai cessé de croire que je pouvais figer mon existence et continuer à la vivre de la même manière. Les gens changent, même s’ils restent un peu identiques. Ceux qui naviguent autour de mes eaux le prouvent clairement. Les rencontres, les expériences, les habitudes; tout cela est sans cesse en mouvement, et je l’accepte. C’est ainsi, on ne peut rien y changer.

Ça me fait un énorme bien de lâcher prise. De me dire que je ne peux pas tout contrôler. Et c’est la réalité. Je ne peux pas tout contrôler. J’accepte donc de ne plus être le centre d’intérêt de certaines personnes, et c’est correct ainsi. Le déclic a eu lieu avec une certaine histoire avec ma cousine. On s’était brouillé pour quelque chose de pas nécessairement claire, et j’ai adopté l’attitude parfaite: les gens se brouillent, parfois ils ont leur raison qu’on ne comprend pas. Dans ce temps-là, il vaut mieux ne pas se battre, et surtout ne pas tenter de rapprochement trop direct (comme si on voulait régler le problème). Ceux qui importent reviennent. Et c’est un peu ma philosophie du moment. Moi, j’aime tout le monde. C’est souvent positif, mais ça peut devenir négatif, car je demande beaucoup de mes amitiés. Parfois, les chums de mes amies ne voient pas cela d’un bon œil. Avant, je me serais jeté dans la gueule du loup pour tenter de mettre cartes sur table et de régler le problème, mais avec le temps, je me rends compte que c’est justement ce qui fout la marde. Alors, il vaut mieux être patient, attendre que les autres se rendre compte d’eux-mêmes que je ne leur veux aucun mal et aucune négativité. C’est un peu triste, mais souvent, je constate que mon caractère fait en sorte que les gens qui me connaissent peu me jugent selon de mauvais critères. Ils pensent que je veux accaparer leur bien-aimé, alors que ce n’est aucunement le cas. Ça m’est arrivé par moment de vouloir régler tout ça, mais je me suis vite retrouvé dans une situation encore pire qu’elle ne l’était. Je pense qu’il faut laisser aller. Éviter d’envenimer la chose. Et puis, il faut bien l’admettre, j’ai passé l’âge de faire des crises d’amitié. Les gens ne nous appartiennent pas, et il faut que l’envie vienne d’eux, pas de moi. C’est la clé. Une clé qui me coûtera probablement quelques amis, mais je deviens plus sain d’esprit quand je ne m’embête plus avec des ouï-dire du passé. J’ai souvent eu le désir de sauver les gens. De vouloir recoller les morceaux brisés pour une phrase dite trop vite ou mal comprise. Ce n’est plus le genre de pression que j’ai envie de me mettre sur les épaules.

Il y a tant de gens adorables et agréables sur le chemin de notre parcours. J’ai décidé de lâcher prise sur les histoires négatives. Alors, voilà. C’est ce que je suis en ce moment, c’est ce que je vis de l’intérieur, et je suis en paix avec mon passé et mon présent. Le reste est de l’inconnu, et je serai toujours curieux de savoir ce qui s’en vient pour moi.

Leave Joël Legendre Alone!!!

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Eh là, là, là, là. C’est à peu près ce qui est sorti de ma bouche hier, quand j’ai lu le grand titre du Journal de Montréal : « J’AI MENTI ». Je n’ai pas l’intention de revenir sur les diverses théories concernant une guerre de réseau où Monsieur Legendre serait une victime collatérale parce qu’il est passé de TVA à Radio-Canada. Je veux surtout m’attarder aux débilités que je lis sur les réseaux sociaux. Il faut que je pèse mes mots, parce que je suis à deux doigts de laisser échapper un « pauvre petit peuple québécois ». Et loin de moi l’envie de recevoir la pierre, en me faisant dire par quelques homophobes que c’est normal que je défende mes « frères ».

Sérieusement, qui suis-je pour juger? Et c’est un peu ce que chaque Québécois devrait se demander avant d’écrire une ligne sur Facebook. Je n’en reviens pas de cette propension à vouloir détruire l’autre, surtout quand un geste posé ne change, disons-le honnêtement, crissement rien à notre vie. Comme disait Simon-Olivier Fecteau, ça nous rend même le personnage un peu moins parfait, plus sympathique.

Et puis, si chaque Québécois se tournait pour observer de plus près son passé et ses folles années, je suis convaincu que plusieurs se reverraient dans les parcs, dans les champs, dans les boisés, dans les voitures, à faire bien plus que du necking. « Oui, mais il fait ça avec des inconnus!!!!! » de me répondre certains! Ma réflexion sur ce point; la petite amie de la St-Jean de 1999 qui t’a sucé dans les buissons, la connaissais-tu vraiment plus que ça? C’était peut-être l’amie d’une amie, mais je trouve que les gens ont la mémoire courte (ou veulent bien oublier leurs petites frasques). Le problème de Legendre? On ne lui a pas appris comment fonctionnait Grindr!

Je me rends compte qu’en plus d’être un peuple de chialeurs, on s’offense vraiment pour des babioles, et qu’est-ce qui en résulte? Une permission. Une pseudo-permission; car soudain des homophobes se sentent à l’aise de critiquer les gais et de faire des amalgames vraiment déplacés. Non, ce n’est pas parce qu’il s’est touché dans un parc qu’il aurait violé un enfant ou qu’il se serait exhibé volontairement devant lui. Il n’est peut-être pas futé d’avoir choisi un lieu de ce genre à 14 heures de l’après-midi, il a joué gros et s’est fait prendre (sans jeu de mots)! Et, je ne cautionne pas les branlettes en plein air, mais mon dieu, arrêtez de jouer les offensés pour si peu.

Si vous voulez vraiment être offensés, lisez mon livre à la place, c’est bien plus croustillant qu’une branlette dans un parc! Mais moi, évidemment, je n’ai jamais prétendu vivre un bonheur parfait et être blanc comme neige 🙂

Parlant de mes romans, c’est fait; Archambault vient de recevoir une nouvelle arrivée de la version de poche. Ça se passe ici pour acheter votre exemplaire! Vous pouvez encore trouver la version originale chez Renaud-Bray.

Entrevue et extrait exclusif du roman Peut-être jamais sur La Cité!

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Je vous invite à lire l’entrevue que j’ai accordée à La Cité, un site interactif qui s’intéresse à la bisexualité, mais aussi à la sexualité et à l’identité. Je vous invite également à lire un extrait exclusif du roman Peut-être jamais, soit les pages 61 à 69. Bonne lecture! 


 

cite

Web 2.0: Dénoncez l’homophobie et retrouvez-vous misogyne en moins de 24 heures

taboucrédit photo : www.journaldesfemmes.com

 

 

J’avais oublié l’adage du Web 2.0: dénoncez quelque chose et l’on vous accusera automatiquement d’autres choses en moins de 24h.

C’est exactement ce qui s’est passé avec mon entrée d’hier, et je suis bluffé (encore une fois) d’être passé de dénonciateur à «agresseur» (rien de moins!)

C’est que j’ai osé utiliser le mot « tabou », pas pour viser directement, mais plutôt pour décrire, de manière peut-être maladroite, j’en conviens, une comparaison entre ce qui est accepté par Facebook et refusé lorsqu’on l’appose, beaucoup plus doucement, à une situation entre deux hommes.

Pour avoir lu l’oeuvre complète de Simone de Beauvoir et avoir suivi de nombreux cours sur le féminisme en études littéraires à l’université, je trouve plutôt malhonnête de me faire accuser de misogynie, surtout parce que j’ai l’impression qu’on se sert de mon propos sur l’homophobie de Facebook pour déplacer le sujet vers une fausse accusation de misogynie. Alors voilà ce qu’on aurait dû lire au lieu de ma tournure de phrase qui contenait une supposée accusation portée envers les femmes. (Un peu plus et on m’accusait de propager la culture du viol…)

Ce que je voulais exprimer, donc, c’était ce clivage devenu monnaie courante concernant l’hypersexualisation des vidéoclips de rap, vidéos qui sont créées et pensées par des hommes, et surtout fait pour tenter/réussir à convaincre de cette sexualité déformée qui prévaut, soit que le corps des femmes est un objet qu’on peut piller sans problème et affiché dans toutes les situations sexistes possibles, comme s’il s’agissait d’une réalité caduc. En aucun cas, et voilà où l’on m’a mal cité, je n’ai affirmé que les femmes qui tournaient ces clips étaient directement des « salopes » (dois-je avoir peur de réutiliser ce mot puisqu’on m’a accusé de violence verbale?)

Je pense que le déraillement a eu lieu parce que j’ai voulu faire une comparaison entre ma bande-annonce et le vidéoclip de Nicki Minaj (Anaconda). Ma réflexion était simple: pourquoi Facebook autorise autant de nudité et de situations sexistes dans des vidéoclips hétéronormatifs, mais qu’il refuse quelque chose de 100 fois plus doux concernant une situation homosexuelle? Je reste encore convaincu qu’une bonne partie de la réponse se trouve derrière le fait qu’il s’agit d’une représentation qui montre deux hommes qui s’aiment. C’est ce que je considère comme de l’homophobie latente.

Ensuite, que Nicki Minaj veuille se dénuder, jouer avec ses fesses et se frotter au sol au nom du féministe (ou au nom de la célébrité ou de l’argent, d’ailleurs), soit. Je revendique seulement qu’un homme puisse faire la même chose. Sans censure.

BILAN 2014

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C’est toujours la même petite angoisse en début d’année. Même si on se dit que notre meilleure résolution serait de ne pas prendre de résolutions. Jetez un œil vers la dernière année amène son lot de remises en question. Comme si on voulait additionner et soustraire les bons et les moins bons coups de 2014. Oh well…

La première constatation, c’est que mon année 2014 a été bien remplie, mais que j’ai fait mon lot de conneries (comme à chaque année, je suppose!) Je ne sais pas si c’est parce que la fin décembre m’a amené un défi de plus qui m’a fait prendre du recul et me regarder moi-même aller, mais force est d’admettre que la perfection n’est pas pour bientôt en ce qui a trait à mon hygiène de vie et mon comportement. Mais je ne me jette pas la pierre, d’autres le feront mieux que moi de toute façon.

Ma conclusion est quand même positive: ça aurait pu être pire que ça. Il y a eu du très bon, et un peu de mauvais. Au final, 2014 n’a pas été catastrophique; elle m’a surtout montré que je peux faire la job d’un entrepreneur, même avec peu de moyens au départ. C’est une bonne nouvelle, quoique je ne sais pas encore comment m’en servir.

2014 m’a tout de même apporté beaucoup plus de questionnements que de réponses, notamment en ce qui concerne mes projets d’avenir et ce que je voudrais réaliser comme prochain défi. Quand j’avais 28 ou 29 ans, et que j’avais lu Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles de Nicolas Langelier, je pensais avoir saisi toute l’essence du propos. Mais c’est seulement à 31 ans que je comprends vraiment tout ce que ça représente. Je ne suis pas à plaindre dans mon cheminement artistique (si je jouais au jeu de la comparaison, on pourrait nuancer, mais là n’est pas le point); je crois donc que je me suis débrouillé avec mes moyens et avec ma détermination, et tous ces efforts ont somme toute été récompensés. J’ai appris le dur défi de construire son «CV artistique». Mais voilà que je comprends une réalité un peu plus difficile; ce n’était qu’une pierre parmi d’autres, et je n’en suis qu’à construire des fondations pour une certaine suite. Mon plus grand problème présentement, c’est de donner une orientation à ces fondations, et surtout me décider pour savoir quelle pierre je veux ajouter pour continuer ma «construction». Pour le moment, c’est le doute. Et le doute n’est pas une mauvaise chose en soi. Seulement, je sais que je devrai trancher bientôt.

2014 m’a donné des envies diverses. J’ai beaucoup observé le milieu de la réalisation, de la scénarisation, des acteurs et des producteurs. J’aimerais bien faire plus de ce côté-là, car je suis de plus en plus attiré par le travail d’équipe, chose totalement opposée à l’écriture d’un roman. J’aurais cette espèce de désir de collaboration avec un scénariste, et je pense que le simple fait de repasser sur un scénario déjà écrit par un autre me ferait triper. C’est comme si peu à peu, j’avais envie d’ouvrir mes horizons, de sortir de la solitude du roman, pour communiquer plus, pour prendre le pouls d’une équipe, pour vivre l’esprit de groupe et la discussion des brainstorms. Je pense qu’il faudrait que je rencontre un mentor; le hic, c’est que je voudrais apporter ma contribution sur son projet, pas nécessairement imposer mes idées de projet. Bref, il faut que j’explore ce domaine en 2015.

Après avoir travaillé quelques années sur un roman et avoir vécu sa mise en marché de A à Z, j’ai beaucoup appris du milieu littéraire. Je ne veux pas le renier, mais je veux un peu de recul. Les bons coups ont été nombreux avec Peut-être jamais, et l’expérience, quoiqu’éreintante, a été formidable. Elle m’a surtout fait rencontrer une panoplie de gens formidables, et les retours ont été excellents. Maintenant qu’on peut dire que le projet est bouclé et réussi, j’en suis à me demander What’s next? Sans être une résolution, j’aimerais bien me donner un ultimatum (vous savez que j’en suis friand): je me dis que je veux être fixé sur mon prochain projet avant le premier anniversaire du lancement de mon roman (31 mars 2015). La marge est assez large, et on verra ce que le premier trimestre me réserve).

J’ai pris les dernières semaines pour me poser (et c’est le cas de le dire); m’être cassé la cheville n’a pas été une expérience agréable, mais elle m’a permis de m’arrêter réellement. De ne pas trop me perdre dans le tourbillon des Fêtes sans fin. J’ai eu du plaisir en famille et entre amis, mais raisonnablement. Bon ok, le 31 décembre, j’ai fait la folie d’aller cogner chez mes voisins pour finir le jour de l’An avec eux. Et j’ai eu du plaisir. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de mes voisins, résumons le tout de la façon suivante: Madame hurlait son bonheur sexuel un peu trop fort et trop souvent à mon goût, et même si je comprenais la raison de sa passion (son mec), ce n’était pas cool quand ça arrivait 4 fois par jour/nuit! On en a même parlé, verre de champagne à la main, et on a réussi à tourner le tout à blague. Maintenant, reste à savoir si ma présence aura été un « OK » pour qu’ils soient encore plus bruyants, ou si tout cela instaurera un respect un peu plus fréquent. 2015 nous le dira.

2014 aura aussi été l’année des engueulades et des réconciliations. J’en compte 2-3 de marquantes, où mon lâchez prise m’a permis de me rendre compte que toutes ces obstinations ne mènent à rien. Je sais que je n’ai pas été très très patient quand j’étais dans la planification de mon livre et de son marketing. Une période stressante qui a pu se refléter sur mon comportement plus incisif et direct. Mais je n’ai plus d’ennemis. Je n’en ai pas besoin. On ne peut pas faire l’unanimité, certes, mais je ne m’en fais pas trop. C’est la raison pour laquelle, pour l’une des premières fois, je n’ai aucune animosité ou malaises avec quiconque en ce début d’année. Pas d’histoires non-réglées, pas de conflits que je veux oublier. De ce côté-là, je suis en totale zénitude, et je suis bien avec moi-même.

Perdre ma motricité m’a aussi permis d’être plus reconnaissant pour cette chose que l’on prend trop souvent pour acquise: la santé. Je ne peux pas dire que je ménage ma santé à 100% encore, mais mon but est de travailler vraiment fort pour arriver à une année où j’aurai laissé de côté plusieurs mauvaises habitudes. J’ai déjà commencé le travail avec la vilaine cigarette. Oui, il m’est arrivé d’en griller une dans un party, mais ce désir de m’allumer une clope après un repas ou en journée est définitivement derrière moi. Je refuse de retourner dans ce monde que j’ai eu tant de mal à quitter. Je ne veux plus acheter de paquets, et si je dois donner 2$ pour en griller une parce que j’ai levé un peu trop le coude, je le ferai en me disant que plus jamais je ne veux retrouver de bâtons de tabac dans ma poche ou à la maison. Et puis, fumer, c’est tellement out. Plus je vieillis et plus je me rends compte que je dois améliorer mon cardio. Je croise fortement les doigts pour ne pas avoir de séquelles de mon accident dans le métro, car j’ai besoin de l’entraînement pour me donner une discipline de vie. J’ai hâte de retourner au travail, surtout pour les sessions de gym en après-midi. En 2013, je m’étais d’ailleurs promis de faire un don aux Amputés de guerre. Je ne l’avais pourtant pas fait, et je me suis trouvé cheap. Cette année, ma cheville cassée m’a rappelé plus ardemment la difficulté que certains amputés doivent subir dans leur démarche pour réapprendre à vivre avec un membre en moins. Je suis loin de me considérer comme une victime au même égard qu’eux. Mais de les comprendre un peu, dans une moindre mesure, m’a permis de me mettre à leur place. Je voulais donner pour cette cause depuis longtemps. J’avais déjà donné mon temps en tant que bénévole chez Gai Écoute, mais cette fois-ci, il me semblait important de faire quelque chose de différent. Et pour ceux qui ne le savaient pas, les Amputés de guerre fournissent aussi des services (gratuits et sans obligation ni harcèlement) très intéressants, notamment le plus populaire: le fameux système de plaques porte-clés numérotées. Saviez-vous que si vous retrouvez des clés dotées d’un numéro des Amputés de guerre, il vous suffisait de les déposer dans une boîte aux lettres?

En 2014, j’ai également consulté pour mes problèmes liés à la nourriture. Il y a eu beaucoup de chemins de parcourus et je suis content d’avoir continué, malgré le prix des séances et mon pauvre régime d’assurances. Je le répète; pour moi, voir un psy est une activité dont tout le monde devrait se vanter. Si j’avais des moyens infinis, je prendrais rendez-vous toutes les deux semaines toute l’année. Ma psychanalyse s’est transformée, après six mois d’analyse, et la source du problème se déterre tranquillement. Ça passe par le cœur, évidemment. Ça brasse les sentiments et les souvenirs. Et je pense même que c’est la raison pour laquelle je deviens de moins en moins personnel ici.

L’autre raison, c’est que je ne peux plus tout dire. À mon âge, un blogue qui s’écrit sous notre propre nom devient une menace directe envers nous-mêmes. Je ne dis pas que je dois me censurer (je n’écrirais plus du tout si c’était le cas), mais il m’est arrivé d’éviter de venir écrire, parce que je savais que mes propos blesseraient des gens ou ne me feraient pas une bonne publicité. Et quand je parle de publicité, je ne veux pas dire que j’ai peur de passer pour le salaud ou le garçon pas gentil. Je ne cherche pas à protéger mon ego, j’en viens tout simplement à une conclusion normale pour un homme d’une trentaine d’années: il vaut parfois mieux se fermer la gueule! Tout simplement.

Je crois que j’essaie peu à peu de m’éloigner de la nostalgie aussi. Ce blogue a tout de même 16 ans derrière la cravate. Tout dire à 20 ans et tout dire à 30 ans n’invitent pas aux mêmes conséquences. Mais je ne lâche pas pour autant. Je cherche toujours de nouvelles orientations pour ce blogue. Il est comme un ado en constante quête de mutation. C’est humain. Je voudrais peut-être me diriger vers l’entrevue. Dans divers domaines. C’est une approche que je vais tenter d’élaborer durant les prochains mois. En parlant sans cesse de moi, j’ai parfois eu l’impression que certains pouvaient penser qu’il ne s’agissait que d’un plan marketing pour vendre plus de livres. Ces gens ne devaient pas me connaître avant. Mais qu’importe! J’ai une idée qui se construit peu à peu et qui me semble intéressante; mélangeant littérature et musique. On verra si les artistes embarquent, car j’ai de plus en plus envie de parler des autres. Après avoir raconté toute ta vie, il était temps! (je suis certain que c’est ce que certains diront haha!)

Bref, 2014 est terminé, je considère que j’ai marqué l’année comme un grain de poussière dans l’océan, mais j’y étais, bien présent; avec une offre qui fait changement et qui ne plaît pas à tous. Et, tant mieux! Il faut de la variété, surtout quand on apprend que 97% du marketing littéraire est en fonction des livres de cuisine (page 27 pour les curieux)! Il y a bien les livres numériques, mais j’ai l’impression que mes clients sont surtout situés en France, en Suisse et en Belgique. La vague viendra peut-être plus tard pour le Québec.

Je termine sur mon bon coup et mon moins bon coup à propos de mon roman, justement.

  • Bon coup: Définitivement la bande-annonce du roman, qui continue à circuler sur la toile et à faire connaître le livre dans les autres pays francophones.
  • Moins bon coup: Définitivement la date du lancement, qui tombait un lundi, fin mars, une semaine avant les élections provinciales. Il y a des choses qu’on ne contrôle pas, mais si un jour je fais une autre soirée importante, je viserai probablement les jeudis, sans hockey de préférence 😉

Dans les prochains jours, j’essaierai de faire mon Top 10 des albums musicaux qui m’ont marqué en 2014. C’est toujours un moment déchirant!

Voilà, c’est ainsi que je finis mon pseudo-bilan. Je suis confiant pour 2015, et je souhaite de la santé à tout le monde. À moi aussi et à mes proches. Soyez vrais entre vous, c’est vraiment tout ce qui compte. J’ai laissé tomber l’hypocrisie et les beaux sourires faux en 2014 et c’était l’une des plus belles résolutions. On continue à s’aimer soi-même et à faire fi des méchancetés des autres!

Je sais que la culture occupe une place de moins en moins grande dans la vie des gens, mais souvenez-vous que c’est ce qui nourrit votre âme et fait de vous des personnes plus ouvertes et empathiques envers les autres!

Bonne année 2015 à mes lecteurs et à tous ceux qui viennent d’arriver ici pour la première fois!

Ces moments de silence, suivi de: comment je me suis pété la gueule dans les profondeurs de la STM

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Presque un mois sans dire un mot. J’en ai eu envie quelquefois, puis j’oubliais, tout simplement. Je me suis posé la question, à savoir si ça signifiait que je n’avais plus rien à raconter, si je n’avais plus envie de m’expliquer ma propre vie…

La conclusion est plus subtile (difficile?) qu’une simple rationalisation de mon état. Je vis souvent le même genre de petite descente quand le projet sur lequel j’ai travaillé meurt à petit feu tranquillement. Ce n’est pas la peine de ne plus le vivre; durant ces moments, je me rends compte que j’ai fait le tour, et qu’il faudra éventuellement quelque chose, car l’humain est en constante quête de renouveau. Et ce renouveau, je ne l’ai pas encore retrouvé, et je ne suis pas convaincu que je le retrouverai dans le roman, mais ça, qui sait…

Je pourrais parler de ménage dans ma vie, mais ceux qui importent sont au courant.

Je pourrais parler de mon ex, mais j’en ai fait le tour, même si j’ai vécu tout un lot d’émotions en le croisant dernièrement.

Je pourrais parler de ma vie de couple, parce que je suis en couple avec un homme.

Je pourrais parler des ventes de mon roman, mais elles vont si bien qu’il ne reste que des miettes de livres ici et là.

Je pourrais parler de mon psy, de mes efforts pour atteindre un équilibre alimentaire, de ma manière de contrôler mes mauvaises pulsions en ce qui a trait à l’alcool.

Je pourrais me féliciter d’avoir terminé mon traitement pour cesser la cigarette lundi dernier.

Mais je pense que la vie m’a fait attendre, parce qu’elle ne voulait pas que j’écrive encore. Elle préférait me donner un nouveau défi; soit celui de me casser la gueule dans les profondeurs de la STM.

Eh oui, la STM s’est bien vengée de mes innombrables piques concernant son service et le salaire trop élevé de ses dirigeants. C’est comme si l’entreprise de transport en commun avait planifié une incantation vaudou contre moi. En fait, c’est ce que j’aimerais pouvoir dire, pour me cacher derrière ma connerie humaine, mais j’en suis venu à la conclusion qu’il fallait que j’affronte ma stupidité comme un grand. Car c’est l’un des défis que la vie m’a donné dernièrement. Voici donc le récit qui a chamboulé ma vie en trois secondes…

C’était samedi dernier, en fin d’après-midi, je devais prendre le métro, puis prendre un autobus, puis prendre un train. C’est le chemin à suivre pour se rendre chez mon copain, qui habite, comme j’aime le dire, en campagne. Je n’étais pas en retard. Peut-être un peu juste, mais si la lumière au coin de la rue était restée rouge quelques secondes de plus, probablement que je n’écrirais pas ces lignes aujourd’hui.

J’ai donc dévalé les escaliers roulants de la station de métro, comme je l’ai fait des milliers de fois. Un couple niaisait et prenait son temps devant moi, et j’ai senti l’impatience grandir dans mon ventre. C’est que j’entendais déjà le wagon qui s’en venait à quai. Quand je l’ai aperçu, il était déjà là depuis un bon moment (5 secondes). Je n’avais pas encore entendu la petite musique qui t’annonce, en te narguant presque, que c’est trop tard. J’ai donc dévalé les quelques marches en écoutant cette chanson maudite et en voyant les portes commencer à se refermer. Il me restait trois secondes. J’aurais pu simplement insérer mon sac de gym entre les portes et causer une réouverture, mais tout à coup, le défi était de réussir à rentrer dans le wagon, à y faire passer mon corps en entier. Et je me revois, aux pas de course, propulsant d’abord mon sac devant moi, réussissant à poser un pied à l’intérieur du wagon.

Ce que je n’avais pas prévu, c’était la mince couche d’eau sur le quai. La température douce qui rend la neige en slush, tout ça traîné par les bottes des gens… Mon soulier n’avait rien vu venir non plus, et c’est à ce moment que le glissement s’est produit. D’abord, dès la première fraction de seconde, je me suis étendu de tout mon long dans le wagon; j’ai presque pensé crier « victoire! ». J’aurais eu l’air complètement fou étendu au sol, mais bahhhh, j’avais vécu pire humiliation. Mais lorsque j’ai entendu un «CRACK!» par-dessus la musique de mes écouteurs, j’ai compris avant même de hurler ce qui venait d’arriver. Mon pied gauche, entre le quai et le wagon, dans ce petit espace vide où rien ne devrait s’insérer, à défaut de ne plus jamais le revoir. J’y ai vu mon pied; se tordre, se mutiler, devenir guenille dans un mouvement qui n’avait rien de naturel. Je suis tombé, le pied coincé, et mon propre poids a fracturé ma cheville… c’était inévitable. Et je le savais déjà, alors j’en ai profité pour hurler et sacrer, couché par terre, pendant que le wagon reprenait sa route vers la prochaine station, comme si de rien n’était.

Quand des passagers ont tenté de me toucher la jambe, j’ai tout de suite crié qu’il ne fallait surtout pas, qu’elle était sûrement cassée. Je me suis donc agrippé à deux gaillards, jeunes et beaux d’ailleurs (je l’ai remarqué; c’est bien la preuve que ce n’était pas mon jour de mort haha). Les deux mecs m’ont fait monter à l’étage vers le changeur. L’un a dit: « ça paraît que tu as mal! » C’est là que j’ai compris que je dégoûtais à pleine sueur, en choc traumatique, sur l’adrénaline. J’étais trempé de partout.

Le changeur était une exception à la règle: super sympathique. Il m’a servi de l’eau, m’a donné des essuie-tout pour m’essuyer la face un peu. Je ne voulais pas appeler d’ambulance, car j’étais tout près d’un hôpital. J’ai attendu les policiers du métro; encore deux beaux jeunes hommes gentils. Ils m’ont soutenu dans ma triste marche jusqu’à l’hôpital de l’autre côté de la rue. Et là-bas, une belle attente allait commencer.

Un seul médecin pour voir la pièce entière remplie de gens. Système de santé pathétique. Vraiment. Et la niaiserie encore pire; impossible de passer une radiographie avant que le médecin l’autorise. Ri-di-cu-le. Je savais pourtant que j’avais une fracture, c’était inévitable. Mais non, j’ai dû attendre 4 heures pour voir un médecin cinq secondes qui m’a dit que tout ce qu’il y avait à faire était d’aller faire… une radiographie (nonnn??? Vraiment??!) En observant les méthodes et les règles complètement ridicules de l’hôpital dans lequel je me trouvais, j’ai compris pourquoi le système de santé était ridiculement engorgé. J’en ai d’ailleurs vu de toutes les couleurs durant mon attente.

Je suis sorti vers 22h00 le soir, avec un plâtre temporaire et un verdict que je connaissais déjà au fond de moi: fracture de la cheville gauche. Le médecin n’étant pas capable de lire une radiographie comme il faut, il m’a donné rendez-vous le lundi suivant, afin qu’un radiologiste donne son avis sur la blessure (le technicien m’ayant fait passer la radio ne devant pas être assez qualifié, je suppose).

Je suis sorti de l’hôpital avec une constatation; bon dieu, il ne faudrait pas être sur le bord de la mort et atterrir dans cet endroit! Heureusement, ce n’était pas mon cas, et j’étais bien accompagné de mon meilleur ami Thomas. On a ensuite passé la soirée ensemble. Ça faisait un bail qu’on ne s’était pas vu. J’aurais préféré d’autres conditions, mais la vie ne nous laisse pas toujours le choix. Elle ne lui a pas laissé beaucoup de choix non plus; il a dû me déshabiller pour la pose du plâtre et il a joué au taxi. En poussant mon fauteuil roulant dans le couloir de l’hôpital, on s’est passé la réflexion qu’on ne vivait jamais de moment comme les autres. Nous, on ne vit pas des enterrements de vie de gars ou des mariages; on est surtout là quand l’un ou l’autre est dans la deep shit. C’est ça, la vraie amitié.

Plus tard dans la soirée, Juan est venu faire son tour, complètement saoul, et ça a permis de détendre l’atmosphère. C’était une belle visite. Mon mec est venu me voir le lendemain, puis lundi mes parents sont venus me chercher pour aller passer du temps à la maison familiale. J’ai eu droit à un arrêt de travail jusqu’en janvier, mais comme mon assurance au travail est merdique (pas d’assurance courte durée), j’ai dealé pour pouvoir continuer à travailler de la maison. Je me tape présentement des 12 heures par jour. Mais de toute façon, je n’ai que ça à faire.

Je ne serai donc pas très très sorteux durant le temps des Fêtes. L’an passé, c’était la grippe du siècle. Cette année, c’est l’handicap. J’essaie de prendre tout ça avec un grain de sel. La rengaine «chanceux dans sa malchance » s’applique souvent dans ma vie.

Toute cette aventure me fait réaliser qu’on ne sait jamais quand la vie peut basculer. Sans prendre un ton dramatique, mais… c’est si vrai qu’on ne sait pas quand notre dernier souffle sera venu. Et je suppose que c’est correct comme ça. Je ne peux pas dramatiser la chose, parce que je chignais qu’il ne se passait pas grand-chose dans ma vie dernièrement. Eh bien, voilà le nouveau défi. En fait, il y en a deux; et le plus difficile ne sera pas dans les mouvements, mais bien au niveau de la prise de poids. En arrêt de travail, mais aussi en arrêt de gym (ou du moins de cardio), j’espère que ça ne fessera pas trop fort sur la silhouette. Pour le reste, ce sera un bel indice d’observer qui viendra me voir et qui ne sera pas là. Une autre méthode pour connaître ses vrais amis en soi.

Ce qui est le plus chiant quand on perd l’usage temporaire d’une jambe? SE LAVER! Bordel que c’est un casse-tête! Une chose est certaine en tout cas, je vais économiser de l’argent. Vous imaginez? Je ne peux pas faire d’épicerie, et je ne peux même pas décider d’aller m’acheter une bouteille de vin au coin de la rue.

Sinon, je suis un danger public en fauteuil roulant. Et je suis un danger pour moi-même avec des béquilles (le p’tit Jezus ne serait pas content de m’entendre sacrer de même lol).

Alors voilà! Je vous souhaite un beau temps des Fêtes; plus actif que le mien (ce ne sera pas difficile!). Pour ceux qui cherchent encore mon roman, il reste 19 copies au Québec et 5 copies en France. J’ai aussi deux copies que je peux dédicacer pour ceux qui passent par Paypal (voir les infos dans le coin droit!) Dépêchez-vous 😉

Good morning!

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Je peux enfin en parler; «Peut-être jamais» fait sa première incursion dans le marché anglophone, et vous pouvez déjà lire un long extrait du roman traduit en anglais sur le site de QuébecReads ainsi qu’une critique (également en anglais) de David Warriner.

 

Ça sonne tellement bien, je trouve! Voilà une nouvelle aventure qui commence!

We spend our lives running away from something. Or from each other. It’s inevitable. We’re living proof of that. Here. Now. I want to think about something else, but I just can’t shake this sense of unease. We’re already somewhere else, far from conflict. And we’re acting as if nothing is wrong. [read the full excerpt]

 

Indécrottable optimiste

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Une autre belle critique du roman Peut-être jamais sur le blog de Phil: « Les livres que je lis ». Attention, beaucoup de détails du roman sont dévoilés dans la critique. Ceux qui ne l’ont pas lu, spoiler alert!

J’adore l’expression qui m’est attribuée: indécrottable optimiste!

Vos commentaires!

Aujourd’hui, j’ai reçu un xième commentaire à propos de mon roman Peut-être jamais. Ça m’a donné le goût de présenter les commentaires reçus sur Facebook. La plupart sont très bien! Mais il y a toujours des cons dans la vie…

Le commentaire qui m’a fait penser à écrire ce topic vient de Eddy, qui m’écrit ceci:

Je vous envoie un Mail pour vous remercier pour ce roman, qui est riche en émotion, qui arrive à associer la sexualité et l’amour sans problème ! C’est un des meilleurs romans que j’ai eu l’occasion de lire. En regardant la bande-annonce la première fois, Je m’étais dit que c’était un livre un peu basé que sur le  » sexe « . J’ai acheté le livre et je l’ai lu en 2 jours ! Puis j’ai regardé la bande-annonce une deuxième fois. Vous avez réussi à faire la bande-annonce parfaite, avec du suspense, et qui donne envie de regarder! Encore une fois, merci pour ce roman et bravo pour avoir fait un roman aussi touchant !

Des commentaires de ce genre, j’en ai reçu des centaines, et j’en suis très reconnaissant! En voici d’autres, venant de Facebook!

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Évidemment, il y a toujours des connards dans la vie qui ne vivent pas en 2014. Même si j’essaie de calmer mes propos, c’est difficile de ne pas répondre en les envoyant chier!

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Bref, parlez s’en en mal ou en bien, mais parlez s’en à ce qu’on dit! Ce qui me dépasse, c’est qu’encore des gens parlent de la religion pour justifier leurs propos homophobes. Quelle tristesse! Mais je n’en ai rien à foutre!

Il me reste 10 copies à vendre! C’est fou! Je ne pensais pas que le roman allait s’avérer un si grand succès!

Aussi; beaucoup de gens me demandent si j’ai écris d’autres romans. Bien sûr! Pour ceux qui ont adoré Peut-être jamais, je leur suggère d’acheter le roman précédent (soit l’adolescence de Gabriel, qui se nomme Alexandre, dans le roman Pile ou Face!). Vous pouvez obtenir tous les détails de mes romans (et les commander) ici en version papier ou ici en version numérique.

 

Articles dans le Rive-Sud Express et le magazine B@C

Articles dans le Rive-Sud Express et le magazine B@C
Dans l’édition du Rive-Sud Express du 9 avril 2014 (cliquez sur l’image pour lire)

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Je trouve la photo bien (pour une fois que je ne chiale pas sur une photo de moi!)

Maxime Collins (crédit Léo Gagnon)

Maxime Collins (crédit photo: Léo Gagnon)

 

L’article semble aussi avoir été repris et écourté pour une édition du magazine virtuel B@C. Allo ma grosse face! Brrr, et c’est Couillard qui me regarde dans l’autre page en plus; pas de quoi sourire!

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Journal metro

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Aujourd’hui, ma face est dans le journal Métro.

Tu peux lire mon entrevue complète en cliquant sur la photo et même la partager si ça te tente!

De la valeur littéraire de l’autofiction

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Beau petit hasard de la vie, ce matin, en ouvrant Facebook. Le Pigeon décoiffé s’attarde à la notion d’autofiction en s’intéressant à l’avis de plusieurs écrivains contemporains. L’article (merci pour le titre!) nous présente une opinion plutôt personnelle de la part d’auteurs tels que Guillaume Vigneault, Claudia Larochelle, Samuel Larochelle ou Simon Boulerice. Passons les répétitions sur la création du terme de Doubrovsky, les réponses auraient pu être resserrées par moment (je suis pointu sur le sujet, peut-être parce que mon mémoire de McGill concernait en partie cette idée de Doubrovsky et de l’autofiction), mais je me retrouve totalement dans ces témoignages d’auteurs.

Je suis de ceux qui considèrent que la pratique de « l’autofiction » existait bien avant d’être baptisée. Je reste souvent étonné en lisant les théories de Philippe Lejeune sur l’autobiographie, parce qu’il me semble que le contrat de lecture (pacte autobiographique) ne peut être que biaisé dès le départ, même si on décide  d’y adhérer en toute bonne foi. On a beau vouloir croire dur comme fer que l’auteur raconte un récit basé sur une réalité et une vérité absolues, il faut fermer les yeux et être habile pour se convaincre que l’organisation d’un récit n’affecte en rien les événements et les perceptions racontées. Même un auteur qui voudrait jouer le jeu le plus honnêtement possible devrait comprendre que sa propre autobiographie est une reconstruction d’un passé; une mise en scène nostalgique, des impressions qui prennent une importance plus grande que d’autres détails; un classement du temps, des rencontres, de la vie vécue et perçue.

Prenez deux personnes, faites-leur vivre une aventure folle ou banale, et demandez-leur d’écrire leurs impressions de la journée. Vous me suivez… vous vous retrouverez avec deux textes complètement différents. Et pourtant ces deux êtres sont restés ensemble toute une journée et ont vécu la même chose [mais non, pas tout à fait].

Et pour moi, c’est là que la beauté de la chose réside. C’est ce qui fait que la création et la transmission d’histoires (orales ou écrites) ne s’arrêteront jamais. On aura beau raconter des événements équivalents; le style de l’auteur et le choix de l’axe de l’organisation du temps du récit ne nous fera jamais lire ou entendre deux versions identiques. C’est exactement la même chose qui se produit entre les souvenirs mémorisés et l’acte de les raconter.

Inutile, dès lors, de me convaincre que l’autobiographie existe, que le contrat soit accepté ou non, pour moi, il est évident que l’on devrait accepter un contrat beaucoup plus précis; celui de l’autofiction.

On parle souvent de l’autofiction comme d’un genre passé mode, mais on ne comprend pas que l’autofiction a toujours existé, que ce soit à l’écrit ou à l’oral d’ailleurs. Avec le temps, les jeux sont devenus plus intéressants, et c’est peut-être ces jeux qui sont moins fréquents de nos jours (out?), mais je crois plutôt qu’ils sont simplement moins revendiqués (on est loin des folles années 2000). Le simple fait d’inscrire « roman » sur la couverture d’un livre lui donne une âme de fiction, mais impossible d’en savoir plus. Un auteur pourrait bien se cacher derrière cette appellation passe-partout. Il n’aurait pas à en rougir. À mon avis, on se sert toujours de son vécu pour s’inspirer. Écrivez sur ce que vous connaissez. Vous diminuerez ainsi vos chances de passer pour un con.

J’ai longtemps été d’accord avec cette maxime. Parce que je suis souvent passé pour un idiot en voulant changer de genre, en écrivant des choses illogiques que je ne comprenais qu’à moitié (et Google n’a pas toujours été aussi présent et performant dans ma jeunesse à MOI!). Le hic, c’est qu’à force de se concentrer sur ses propres peurs, on peut vite se perdre dans une exploration extrêmement narcissique. Plonger en soi, partir de notre centre intérieur pour ensuite agrandir le cercle de la vie et toucher à certaines questions universelles. C’est un désir qui est parfois bafoué en chemin. Mais c’est celui qu’on ne devrait jamais oublier.

Qu’importe si l’on s’inspire d’un événement réel ou inventé? J’ai pour mon dire que dès qu’on le couche sur le papier, cette création devient fiction automatiquement. La simple organisation des idées est déjà un premier élément contre la validité de l’autobiographie. Dès le départ, pour raconter un récit logique, plus ou moins chronologique, il faut faire un travail de sacrifices. Que dire en premier? Qu’est-ce qui prime? Comment choisir le « vrai » moment charnière? Et bien vite; tout s’emballe: puis-je prendre ce raccourci pour tronquer ce détail banal dans le cours du temps? Et si je scindais ces deux événements pour accélérer le rythme? Ma perception est-elle représentative d’un sentiment commun et partagé par les autres? Devrais-je demander aux invités présents s’ils ont vécu la même chose? Et ça peut continuer ainsi jusqu’à ce qu’on hausse les épaules, finalement vaincu. Il faudra bien se rendre à l’évidence, choisir une voix d’abord, puis choisir LA voie pour permettre au récit d’avancer, pour lancer le texte pour de bon et absorber le lecteur… un défi bien subjectif rempli de sacrifices. Encore. Et, tout à coup, au diable cette promesse presque religieuse, cette loi non-écrite qui devait faire acte de foi, de vérité absolue.

Écrire, c’est peaufiner le mensonge afin de le travestir en vérité. 

Pourquoi je réfléchis à tout ça, à moins de 40 jours de la publication de mon nouveau roman? C’est surtout parce qu’on m’a toujours associé à l’autofiction (parfois avec un regard de dédain, comme si le genre en était un de série B, mais quand je perçois ce jugement, je souris, simplement subjugué que certains auteurs osent encore prétendre à une fiction complète sans l’ombre d’une influence de leur propre vie. Il y a une espèce de fierté (pourquoi?) à déclarer que tout est inventé de A à Z. On plonge alors du même côté obscur que l’autobiographie assumée naïvement. Je suis un amoureux d’un certain équilibre, je considère qu’un texte est un joli mélange d’expériences personnelles, de réflexions, de sentiments vécus, d’inventions, de reconstruction du temps, de mise en place, de mariage entre personnages, personnes réelles, lieux fictifs, paysages visités, etc.

On fait tous de l’autofiction à divers degré.

D’où la question qui revient sans cesse, une question qui fait grincer des dents dès qu’on l’entend: « Est-ce autobiographique? » Il faudrait répondre oui, sans équivoque, car on part toujours de nos pensées/émotions/sentiments/expériences pour écrire. Il faudrait répondre non, sans équivoque, car le procédé du passage de la pensée à l’écrit, ce qui se transmet du bout des doigts au clavier (du crayon au papier pour les vieux jeux comme moi) se voit complètement chamboulé dans ce traitement « magique » que l’on surnomme adéquatement création littéraire.

Ça me fait penser à ces étudiants qui osaient contredire mes professeurs de littérature à l’université en leur disant, bien fièrement, que ce que leurs enseignants venaient de qualifier d’invraisemblable dans leur texte, eh bien, ils l’avaient VRAIMENT vécu « pour vrai » (oui, il faut appuyer sur ce pléonasme! Le fameuxc’est possible, car je l’ai moi-même vécu dans ma vie intime!) Je suppose que tout apprenti brandit au moins une fois cette réplique facile. Elle est pourtant la représentation même de cet étrange questionnement incessant entre fiction et réalité. Ce n’est pas parce qu’un événement s’est bel et bien déroulé qu’il devient automatiquement vraisemblable lorsqu’il est transposé à l’écrit. Et c’est là, la beauté de la chose. Parfois, il vaut mieux s’éloigner de son nombril, éviter le piège, et constater que, souvent, la réalité dépasse la fiction. Retour à cette recherche de la vérité, à ce jeu de comparaisons. Toujours ce besoin de savoir si c’est vrai, si ça s’est passé vraiment comme ça. Ère de télé-réalité oblige.

Si on me posait cette question à propos de mon prochain roman, je ne saurais quoi répondre. Il y a autant de vérités dans le texte que je veux bien me le faire croire. Il y a autant de mensonges que le nombre de mots écrits un à la suite de l’autre dans ces 235 pages. Mes amis ont été préoccupés par mon roman, à tenter de départager le « vrai du faux », alors qu’ils auraient dû accepter le contrat de la fiction et cesser de chercher des indices de situations vécues. Je ne leur en veux pas, ça fait partie du jeu. Mais j’ai vite remarqué le décalage entre un lecteur qui ne me connaît pas et un ami dans mon cercle plus fermé. J’ai toujours eu l’impression qu’on se lisait d’abord soi-même en ouvrant un livre. Ces histoires qui nous sont racontées sont un peu comme un miroir où l’on constate nos propres échecs, nos curiosités, nos fantasmes, nos désirs lugubres ou nos désespoirs. Vous remarquerez que lorsqu’un livre ne répond pas à nos attentes comme on se l’était imaginé, il nous arrive parfois d’être frustrés en le refermant, jugeant même les choix de l’auteur. J’ai toujours trouvé que c’est lors de ce moment délicat que l’on devrait s’arrêter et se questionner sur les raisons de nos insatisfactions. Il est toujours temps d’en découvrir un peu plus sur nous.

Je crois encore que les romans peuvent nous en apprendre indirectement. Quand un lecteur vient me dire qu’il a lu mon texte avec plaisir, qu’il a suivi le personnage dans ses méandres, qu’il n’était pas d’accord avec ses choix ou même que ses décisions lui ont provoqué une boule au ventre ou, au contraire, une érection, j’en conclus que j’ai atteint une partie de mon but. Cette espèce de transmission d’une vérité implacable, cette ixième remise en question.  On me demandera ensuite si c’est autobiographique ou non, question que je continue de considérer avec amusement. Et si c’était vrai? Le texte aurait-il plus de valeur? Ou serait-il considéré comme un témoignage moins important? Je continue à croire que c’est à chacun de trouver sa propre vérité à travers les écrits des autres. Le lecteur travaille beaucoup plus qu’il en a l’air. Il construit du sens en parallèle avec sa propre vie. Et il a horreur d’être pris pour un con.

Je n’aime pas prendre mes lecteurs pour des cons. Si je devais choisir une vérité qui circule un peu partout dans mon récit, je m’arrêterais sur deux points contradictoires, mais indissociables, soit: les plaisirs et les deuils liés à la dépendance.  Après tout, cette dépendance est saupoudrée ici et là, dans les moindres recoins, parfois dans le noir, parfois dans la lumière et les rires, toujours dans un entre-deux, dans un vacillement imprévisible; un pile ou face hasardeux. Personnage-fantôme. Dans les choses, dans les gestes, dans les substances, dans l’intimité, dans les comportements, dans les décisions irrationnelles et toxiques.

Plaisir qui tourne au deuil. Relations ambiguës, hésitations, petite voix qui tente de rationaliser, ignorée trop rapidement. Dépendances; aux corps, aux comportements, aux actes qui nous laissent un sourire satisfait tout en nous écorchant dans les vagues sans fin de la répétition.

 

 

Réalité ou fiction?

Je vous laisse choisir le contrat!

Moi je m’en balance!

Et cette nouvelle liberté me fait planer.

Apprendre la vie avec Jean Tremblay

JtremblayQuelles bonnes paroles! Amen! Allez, n’attendez plus! Apprenez des vérités profondes grâce aux enseignements de Jean lala Tremblay. Lobotomie assurée!
  

C’est parfois tellement triste de voir un homme à la tête d’une ville (influente ou non, peu importe) avec des responsabilités, en position d’autorité, se tourner vers Twitter pour tenter de nous enseigner la « vie » selon ses croyances. J’en ai quasiment honte. Je n’imagine même pas les gens qui vivent là-bas et qui ont à subir toutes ces inepties (à moins que la population soit à l’image du maire? J’ose espérer que non, mais même si c’était le cas, inconscience ou non, tout ça est désespérant).

À Toronto, ils ont Rob Ford. Au Saguenay, c’est Jean lala Tremblay. Et vous savez quoi? Je crois que j’aime mieux un maire à scandales anecdotiques et crackhead (je caricature ici) qu’une espèce de gourou qui veut nous enseigner des mensonges et des idéologies sectaires.

Je commence à avoir beaucoup d’espoir et de hâte au sujet des jeunes de la trentaine qui se lanceront en politique pour tenter de remplacer toutes ces têtes blanches qui contrôlent des villages ici et là. Et je souhaite qu’on trouve enfin le juste équilibre pour élire des gens qui ont à cœur leur ville, pas simplement leurs petits désirs égoïstes. Trop utopique dans notre société actuelle? Je devrais peut-être demander au grand créateur qui a « dessiné » la planète terre il y a 2014 années pour qu’il descende de ses nuages et vienne nous porter main forte! (oh well…)

Daniel Thibault a tout à fait raison dans sa constatation (malgré sa faute de français [serait]):

dthibault C’est aussi là qu’on se rend compte qu’avant Twitter, beaucoup moins de gens se doutaient de la connerie flagrante des dirigeants. Et dire que ce sont eux-mêmes qui se lancent dans la gueule du loup. Répandez votre bonne nouvelle (et par le fait même vos croyances douteuses)! Doux Jésus! J’ouvre ma porte! Je me rends! Venez me guérir du purgatoire!

La citation de la semaine – Rob Ford

Délectacle!

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