40 jours sans médias sociaux

Défi réussi: larguer Facebook pendant 40 jours. Ce n’est pas grand-chose, certes, mais pour moi qui étais somme toute accro aux réseaux sociaux, j’avais envie de parler de ma petite expérience.

Pour les puristes et négatifs; en 40 jours, j’ai publié trois messages sur mon mur. Le premier pour réagir à l’affaire Salvail, le suivant pour réagir à l’élection de Valérie Plante et le dernier pour remercier les gens pour leurs souhaits d’anniversaire.

Ceci étant dit, je dois avouer que j’appréhendais beaucoup mon absence virtuelle. Facebook s’immisce doucement mais fermement dans nos vies, et c’est le quotidien, au jour le jour, qui m’a le plus manqué au départ. Par exemple, ouvrir mon cellulaire le matin et tenter de consulter mon mur, avant de me rendre compte que je n’avais plus l’application. D’ailleurs, l’application Messenger de Facebook est très intrusive. Même en la supprimant complètement, elle restait tout de même sur mon téléphone pour m’avertir que quelqu’un m’écrivait un message. Tout pour ne pas se faire oublier! J’ai dû faire quelques tours de passe-passe pour m’en débarrasser pour de bon.

Ceci étant fait, les premiers jours ont tout de même été difficiles. Tout ce temps libre, tout à coup; tout ce temps gratuit à ne pas faire défiler des publications légères, des quiz et des publicités. Après trois jours, l’envie se faisait déjà moindre. Comme on s’habitue à la présence de quelqu’un, il faut s’habituer à son absence aussi.

L’autre élément, c’est que je ne voulais pas avertir les gens que je délaissais Facebook. Je trouvais que ça faisait mal paraître, comme si j’avais voulu me faire convaincre de ne pas partir du réseau, un peu comme un mec qui a besoin de se faire dire je t’aime! Facebook n’allait pas dire son dernier mot! Oh non! Il a commencé son travail en m’envoyant des courriels chaque jour: Avez-vous lu ce que votre ami X a publié il y a 24 heures? Un peu à l’image de quelqu’un qui veut arrêter de boire… mais qui travaille dans un bar. Il faut prendre sur soi-même.

Et parlant de boire, c’était un peu la constatation malsaine que je voyais en Facebook. J’ai fini par réaliser que j’aimais (le mot est faible) boire de l’alcool et m’installer sur les réseaux sociaux pour m’amuser avec les autres. Un peu comme si je voulais être seul dans la foule, sans réellement assumer cette solitude. Et au nombre de niaiseries que je publiais sur ma page ou celle d’amis, j’avais vraiment ce désir de créer une brèche, une vive déchirure dans ce paradoxe.

Il faut dire aussi que j’avais autre chose pour m’occuper. Ne plus boire d’alcool, éviter la fête, me concentrer sur moi-même et mon corps. À coup d’entraînements intensifs avec des professionnels, jusqu’à cinq fois par semaine. Avec l’absence de l’alcool venait tout naturellement un moindre désir de me connecter aux réseaux sociaux. Une belle raison pour se taire, ou du moins, pour éviter d’écrire des conneries.

Les 40 jours maintenant derrière moi, j’en tire une belle leçon: le juste milieu. Au départ, j’étais certain que j’allais tout simplement revenir sur Facebook et reprendre ce que j’avais mis sur pause un petit moment. Mais prendre du temps pour soi fait changer de perception sur notre vie et nos actions. Certes, je reviendrai sur Facebook. J’y écrirai des statuts. J’échangerai encore certains messages. Mais je crois que j’étais bien naïf de penser que tout allait revenir comme avant. Ce ne sera pas une question d’efforts ou de me retenir de publier, c’est plutôt mon intérêt qui a changé, ma vision de la chose qui s’est modifiée. En fait, je n’ai plus besoin de Facebook. Et c’est la même chose pour tous. Nous n’en avons pas besoin. C’est Facebook qui a besoin de nous. Pour nous dévorer nos précieuses années, pour faire en sorte que l’on passe le plus de temps possible avec lui, loin de la vraie vie, loin de ce qui compte vraiment.

Maintenant, quand j’observe certains chroniqueurs dans ma liste, qui publient plusieurs messages par jour (non liés à leur travail), j’ai plutôt un sentiment de tristesse pour eux. Ils devraient prendre ce temps pour créer, pour peaufiner leur art, pour passer du temps avec leur famille ou leurs amis. Quelque chose de moins virtuel. Quelque chose qui recherche moins l’approbation ou la confrontation des inconnus qu’ils ne verront jamais. À chacun ses choix et sa vie, je ne suis pas là pour me la jouer sauveur et faire une secte anti-Facebook. Je suis juste très zen de ne plus me sentir obligé d’agrémenter mon réseau social. Et je pense que le point le plus essentiel est le suivant: les vrais amis, eux, n’ont pas besoin de nous lire sur une plateforme. Ils savent où nous sommes, ce que l’on vit, ce qui importe, les bons coups comme les mauvais.

À la différence des gens qui publient seulement le côté lumineux de leur vie, j’étais de ceux qui balançaient aussi le côté sombre et le côté chialeux. Je n’en ressens plus le besoin à présent. Et c’est réellement un sentiment de libération. Je n’ai plus besoin d’une course aux likes, de savoir qui me lit, qui me juge ou qui m’appuie. Tout ça n’est que du virtuel, de la notoriété inexistante, impalpable et dont personne ne se souviendra dans quelque temps.

Je ne veux par contre pas donner l’impression d’être amer ou de juger ceux qui prennent du plaisir à envahir leur Facebook de messages. Ce n’est pas mon but, et à vrai dire, je n’ai aucun intérêt à partir en croisade pour convaincre qui que ce soit du bien fait de larguer ce réseau. Vivre et laisser vivre. C’est un peu ma conclusion sur cette expérience.

Alors, qu’ai-je fait de tout ce temps? Comme je l’ai dit plus haut, beaucoup d’entraînement; ce qui m’a libéré l’esprit. De la course, du vélo, des poids, des circuits, de la boxe, du gym. Je me trouve par contre bien naïf d’avoir cru que j’allais atteindre mes buts en six semaines. J’ai finalement compris qu’il n’y a pas de recette miracle. Ce n’est clairement pas en six semaines que je vais me remettre totalement en forme. J’ai perdu quasiment 10 livres, c’est un bon début, mais j’ai compris qu’il en serait ainsi pour le reste de ma vie. Je me suis bâti un équilibre durant ces quelques semaines, et mon intention est de continuer dans cette voie. C’est facile quand on y pense, mais ce fut tout un processus de parvenir à cette constatation. Car on cherche toujours la facilité, la rapidité. Mais non. Ça n’existe pas.

Mon plus grand highlight de l’automne reste quand même la rencontre avec mes deux entraîneurs privés. Oui, ils m’ont fait sacré mon lot de jurons, oui j’ai sué, j’ai dégoutté devrais-je dire, mais c’est exactement ce dont j’avais besoin. Me faire pousser dans le dos, me faire dire que j’étais capable d’en faire plus, de me dépasser dans chaque petit mouvement. Je lève donc mon chapeau à Charles et Raphaël, qui m’ont toujours accueilli d’abord comme un ami, au lieu d’un simple client.

Sans alcool, il y a aussi plus de lucidité. Que ce soit au travail ou dans la vie en général. Dans mon cas, encore plus par rapport à mon passé, ce passé auquel je tenais tant sans réellement savoir pourquoi. C’était surtout parce que je noyais le deuil à répétition dans le vin. Lorsqu’on élimine cet élément, on n’a pas le choix de réfléchir un peu plus à ce qui nous a amenés là. Et j’ai fait du chemin à ce niveau. Je suis en constant apprentissage certes, mais j’ai appris à laisser les gens partir avec plus de sérénité. Non, on ne remplace jamais ceux qui ont influencé notre vie, on ne peut pas les oublier non plus, mais on peut accepter leur départ, et je peux dire que j’ai enfin scellé ces petits deuils pour lesquels je m’accrochais comme à une bouée dans l’océan. J’ai compris que je pouvais lâcher la bouée, et qu’au final, mes pieds touchaient encore au sol. Je marche donc tranquillement vers le rivage pour me sortir de l’eau.

En apprenant à se connaître ainsi et en continuant à travailler sur soi-même, on finit par mieux se comprendre, et on sait de plus en plus ce qu’on désire et ce qu’on ne veut pas. La preuve est que je n’ai pas du tout rencontré durant ces six semaines. À vrai dire, le sexe était peut-être également une échappatoire pour moi. Vieillir, mais aussi diminuer mes soirées folles, m’a permis de me concentrer sur l’essentiel; m’ouvrir à quelqu’un qui comptera vraiment pour moi. Je ne suis pas dupe; le monde gai est un monde rempli de déceptions, mais je ne ressens plus l’urgence de baiser pour baiser, et encore moins de trouver l’amour le plus vite possible. J’ai confiance qu’en étant de mieux en mieux avec moi-même, je pourrai enfin offrir du bonheur dans la vie d’un autre. Histoire à suivre.

Alors voilà, c’était le petit récit de mes 40 derniers jours. Je ne les regrette pas. Ils m’ont montré le chemin à poursuivre, et ils m’ont surtout fait prendre conscience qu’avec un peu d’efforts, je retrouvais ma détermination d’avant.

Ma première publication Facebook sera donc cette entrée de blogue. Peu de gens la liront, parce que ce sera trop long, mais ces mêmes personnes passeront trois heures à faire défiler une barre de navigation pour lire des messages idiots et voir des publicités sur leur mur. On ne peut pas changer la technologie ni les gens, on peut juste s’aider à améliorer son existence en diminuant les choses frivoles et virtuelles qui n’ont aucune importance.

Il était temps… à maintenant 34 ans.

L’angoisse du recul

Avec tous les deuils qui se sont passés dernièrement dans ma vie, j’ai décidé d’arrêter plusieurs choses. La première chose: ce sont mes médicaments. Non, je ne parle pas d’antidépresseurs, je n’en ai jamais pris. Mais je prenais quand même du Xenical, une petite pilule magique pour supposément faire maigrir. Or, la petite pilule magique a fait beaucoup de ravages. Certes, je n’ai pas pris de poids. Mais j’ai eu droit à de belles crises de panique (parfois très intenses).

Je dois parler de ce médicament, parce que je veux que les gens sachent à quoi s’attendre en prenant ces pilules d’Orlistat. Ce médicament nous fait chier (et plus que dans le sens du terme). En fait, pour résumé, le médicament «détruit» 30 % du gras que l’on absorbe. Vous mangez une pizza et des frites? Un cachet, et vous allez chier votre vie sur la bolle. Ce sera d’une belle couleur orange fluo.

Quand je n’étais pas végétarien, j’observais les effets instantanément. En d’autres mots, je chiais ma vie. Depuis que je suis végé, adieu la couleur orange. Elle n’arrive que si je consomme beaucoup de fromages gras ou de produits laitiers. Il arrive qu’une habitude prenne du temps à se perdre. Ce fut le cas de ce médicament malsain. Pas de couleur orangée aux toilettes, mais les effets secondaires multipliés, jusqu’aux crises de panique intenses. Ça ne m’était jamais arrivé avant. Quand je prends du recul et que je regarde la dernière année, je me rends bien compte que quelque chose a changé: en plus de suer, d’avoir de la difficulté à respirer et de sentir des effets d’angoisses; on ne peut pas dire que le médicament fait honneur à sa réputation. Au départ, je pensais que mes maux étaient un résultat de ma consommation de jadis. Mais c’est faux. Après avoir lu sur le sujet, je me rends compte que plusieurs personnes qui ont pris ce médicament ont développé des problèmes d’angoisses, des crises de panique out of nowhere. C’est également mon cas.

Il m’aura fallu une année entière pour m’en rendre compte. Ces derniers mois, je jonglais entre l’idée de la santé physique et de la santé mentale. Je me suis longuement questionné à savoir s’il valait mieux perdre du poids et être angoissé, ou prendre du poids et se sentir bien mentalement. C’est con, je sais. Mais si vous n’êtes pas en surpoids, vous ne pouvez pas juger de ce que les gens peuvent subir pour maigrir. Je suis donc le prototype clé de ce médicament. J’ai tenté de perdre du poids (inefficace!) avec le Xenical. Tout ce que j’ai récolté, ce sont de la sudation et des crises de panique vraiment intenses (et parfois dangereuse; si je repense à la pire que j’ai faite sur l’autoroute à 110 km/h.)

J’ai quand même une crainte immense; celle de reprendre plus de poids après avoir cessé la prise de ce médicament. Il paraît que ça arrive souvent. Pourtant, j’essaie de me raisonner, de me dire que mon alimentation est 100 fois mieux que ce qu’elle était il y a à peine trois mois. Fini le gras, les viandes, le sucre, les sauces, et je viens peu à peu à bout du fromage. Je garde quand même la crainte de devenir énorme. Oui, je m’entraîne trois fois par semaine. Oui, je marche près de 10 000 pas par jour, mais même avec une pilule, semble-t-il que ce n’est pas assez pour perdre du poids. Alors, je crois que ce journal virtuel doit se transformer en agenda nutritionnel. Il est l’heure de cesser de subir des effets secondaires qui ruinent ma vie.

Des exemples? Outre l’épisode de panique sur l’autoroute, je peux nommer les angoisses en réunion de travail, les angoisses dans les transports en commun, l’énorme crise de panique devant un groupe de 12 personnes inconnues, la sudation extrême, et surtout le fait de se sentir fatigué à temps plein.

Si cette pilule m’a appris une chose, c’est que l’on est maître de son destin. Au départ, quand je prenais ces cachets, je continuais à manger du restaurant gras. Amir, au coq, pizza du coin, etc. Maintenant que je ne consomme plus ces repas par choix, l’habitude de prendre la pilule est restée. Mais plus de merde orange. Alors, à quoi bon? Eh bien, c’est la peur. La peur de voir le poids stable remonter la pente. Encore une fois, ceux qui n’ont jamais été gros ne comprendront pas. Mais quand on se trouve gros, on cherche tous les moyens pour arriver à ses fins. Même de payer 100 $ par mois pour une pilule magique, qui n’est pas magique du tout dans mon cas.

Alors, il est temps de dire adieu aux crises d’angoisse. J’ai atteint un point de saturation. Si je ne peux plus être dans un théâtre dans le noir sans paniquer, il y a un grave problème. Ce Xenical m’a transformé en personne craintive d’un mal imaginaire. C’est tellement triste. Je souhaite vraiment que les effets ne soient pas continuels avec la cessation du médicament. Sinon, je ressentirai un regret pour le reste de ma vie.

Pour ceux qui lorgnaient vers le Xenical; je vous le dis, l’effort ne vaut pas le résultat. Apprenez à mieux manger. Point. Comme je l’ai mentionné plus tôt, la seule chose que ce médicament m’aura apprise, c’est de réviser mon alimentation. Quand on voit de l’orange fluo dans un bol, c’est signe qu’on mange trop gras. C’est le seul point positif de cet expérience.

Fin de la parenthèse sur ce médicament malsain.

Comment je vais? Difficile à dire. J’ai vécu deux deuils back to back. Mais il fallait qu’ils se vivent. J’ai perdu mon chum. Qu’ai-je fait par la suite? Me saouler la gueule et retourner écrire à mon ex. Mauvaise idée. Idée débile, je sais. C’est comme si j’avais eu besoin de combler le vide. Or, cette fois-ci, la conversation aura été plus éclairante. Je lui ai demandé textuellement ce qu’il faudrait faire pour le revoir. C’était une suggestion de mon psy. Et il avait raison. Car, quand mon ex m’a dit qu’il n’y avait rien à faire, que c’était fini pour de bon; j’ai lu ces mots noir sur blanc, et ce fut une triste révélation. On ne revient pas dans le passé. Même si les fantasmes peuvent être encore présents dans nos têtes. Il ne faut jamais être tenté par le passé. Ça ne sert à rien. C’est de l’énergie et des espoirs perdus.

J’ai reçu une réponse. Non, rien, il ne se passera rien. Ces simples petits mots ont eu l’effet d’une guérison instantanée. Je suppose que j’avais besoin de les lire. De les ancrer dans ma réalité. Enfin, le mot fin. Le verdict officiel. L’étape du deuil s’est donc enclenchée deux fois. Perdre son chum et perdre son ex pour de bon. Ça m’a shaké de l’intérieur. Ça m’a bouleversé pour de bon. Et puis, rien.

L’acceptation. Car il n’y a rien d’autre à faire que d’accepter de repartir à zéro. La différence? Pas de plongeon dans l’alcool ou la drogue. Rien. Devenir adulte. Pour de bon.

La réalité, c’est ça. Aucune envie de boire une peine. Aucune envie de rencontrer des prospects sexuels. Je n’ai établi aucun contact avec personne. Plus de deux minutes sur les sites de rencontre m’ont donné une aversion profonde. Je dois rester seul. Vivre avec moi-même. Affronter le vide. Éviter l’aide des solutions faciles.

J’ai décidé de lancer mon énergie dans le travail. J’ai choisi de prendre une deuxième job. Travailler à temps plus que plein. 80 heures par semaine. Me sortir de mes dettes. Remplacer la soûlerie quotidienne sur mon divan par un travail acharné. On pourrait dire que je suis aussi extrémiste d’une autre façon, mais j’aime mieux le travail que le hung over.

Mes vieux amis se sont éclipsés dans la maternité ou dans des lieux géographiques éloignés. Mes parents se sont exilés pour l’hiver. Je n’ai plus aucune obligation de couple. J’ai seulement un condo à payer. C’est terriblement triste, mais je ne le vois pas comme ça. J’essaie d’en tirer le positif pour me concentrer sur le moment présent. Pour éviter de retourner sans cesse vers une nostalgie qui déforme l’actuel.

Alors, comment je vais? Je ne suis pas à plaindre. Je me sens les deux pieds dans l’adulting. Cet espace d’entre-deux entre l’adolescence et la vie adulte. J’ai tout perdu. Tout. Toutefois, je n’ai pas encore perdu toute ma tête. C’est passé proche, je l’avoue. Mais je suis un combattant. Un jour, il m’arrivera peut-être quelque chose de beau. Peut-être pas. Mais j’ai ce désir de vivre. Avec une tête saine. Avec le moins d’angoisse. Et sans besoin de médicament pour y arriver.

Comment se dessinent les prochains mois? Beaucoup de travail. Et beaucoup de sport. Une alimentation végé, que j’ai adoptée avec bonheur et que j’aime. Réduire ma consommation de fromage gras, car c’est le seul problème qui reste. Je n’ai même plus la force (ni le temps) de boire chaque soir. C’est une excellente nouvelle. Je ne consomme plus. Une autre excellente nouvelle. J’ai envie de simplicité. De bonheur créé par les gens, non pas par les substances que j’ingère. Oui, je prendrai un verre à l’occasion. Mais, c’est tout.

J’ai 33 ans. Je me considère comme quelqu’un d’intelligent, tout de même sain d’esprit. Mon corps ne mérite plus tout ce que je lui ai fait subir jadis. Oui, je suis engorgé financièrement. Un condo, c’est pas aussi facile qu’il n’en paraît. Surtout pour une personne seule. Mais c’est à moi de faire mes choix, à moi de créer mon propre équilibre qui, je l’espère, me mènera au bonheur, un jour. Un jour peut-être encore lointain, mais un jour, sûrement.

Pas encore tout à fait «ça»

updown

Il y a de ces moments dans la vie où tout peut basculer d’un côté positif ou négatif. J’ai vécu ce genre de semaine. Une longue semaine qui a commencé dans un down très intense… parce que j’ai fait du binge watching pour me taper les 2 saisons complètes de la série Nouvelle adresse.

J’en avais déjà parlé lors des premiers épisodes de la série; je ne m’y retrouvais pas et je trouvais le sujet trop dramatique pour vraiment embarquer. J’ai redonné une chance, et même si le sujet, qui ne fait que devenir de plus en plus dramatique, m’était connu, j’ai fini par être complètement absorbé. Avec la finale de la deuxième saison, je suis très satisfait et j’ai hâte de voir la suite. Je dois avouer que je m’étais beaucoup plus accroché aux histoires secondaires qu’à l’histoire principale. Beaucoup de vérités et de réalité dans cette série. Je reviens donc sur mes paroles et je la suggère fortement.

Revenir sur mes paroles, je le fais de plus en plus souvent. Je pense que c’est signe de sagesse et du fait de vieillir aussi. Je pense surtout à mon entraînement pour perdre du poids. Je croyais, naïvement peut-être, que le gym 4 fois par semaine allait régler mes problèmes, mais force est de constater que ce n’est pas encore assez. Je croyais que de réduire ma consommation d’alcool allait aider aussi, ce n’est pas assez non plus. Je comprends de plus en plus que pour atteindre ses buts, il faut travailler, puis s’arrêter pour analyser les résultats. La plupart du temps, on se rend compte que même si on travaille fort, ce n’est pas encore tout à fait ça. Ce n’est pas assez. Je me suis donc rendu à l’évidence. Il faudra en faire plus. Encore plus. Je dois avouer que ça me fait un peu peur, mais je n’ai d’autres choix que de repousser les limites des limites que je pensais acceptables. Même mon cousin m’a proposé d’aller courir sur le Mont-Royal avec lui. Je hais la course. Mais je pense que je n’ai plus le choix. Alors, on va travailler là-dessus dans les prochaines semaines.

Je reviens aussi sur mes paroles à propos des amis. Je dois avouer que je pensais que ça y était de mes anciennes relations. J’allais un peu à reculons à cette fête du vendredi soir. Mais j’avais tout faux. Encore une fois, je me suis trompé, car j’ai passé une excellente soirée en compagnie de gens, qui se sont éloignés, certes, mais qui restent encore très importants pour moi. J’espère que ce sera l’adage d’un été prometteur à venir. Je suis toujours plein d’espoir quand la saison estivale s’amène. Ça ne fonctionne pas toujours comme je le veux, mais ma nouvelle maxime est de faire le plus d’efforts possible pour en arriver à être heureux dans tous les domaines de ma vie.

Mon chum ne cesse de me rappeler que seuls le présent et l’avenir comptent. Je travaille encore à oublier le passé. Et je sais que dès que la drogue est en jeu, c’est ce passé qui revient me hanter ou m’exciter si facilement. La coupure est bien là, mais on a tous des moments de faiblesse. Il faut que je me dise que ces moments ne sont que passages, presque créés par ma faute.

La semaine passée, quelques jours après ma dernière entrée sur ce blogue, Facebook a une nouvelle fois banni ma publicité pour mon roman. Cette fois-ci, je ne peux même plus afficher la bande-annonce sur ma propre page personnelle. C’est ridicule, mais bon, c’était aussi le temps de prendre une décision logique par rapport à mon roman. Il a déjà plus d’une année sur le marché, je crois qu’il est temps de passer à autre chose. Il me reste une dizaine de copies. Je n’ai pas de doute, je les écoulerai facilement. Mais ce sera ensuite terminé. J’aurais bien voulu atteindre le chiffre magique de 1 000 exemplaires vendus. Mais je me contenterai de 850 copies, et avec le sourire.

Le temps passe, les projets du passé doivent s’effacer aussi pour laisser la place à d’autres objectifs.

Mars 2015 – Le défi

alcool

J’écris ces quelques mots dans une oisiveté déconcertante, parce que je suis encore dans les limites du deadline, oui, vous savez, ces fameux deadlines que je m’oblige à suivre quelques fois par année? Oui voilà…

Alors, ça y est. La décision a été prise hier après-midi. Je me suis beaucoup observé durant le dernier mois, et force est d’admettre que l’alcool occupe beaucoup trop de place dans ma vie (et dans mon bedon!) Je sais, je sais, je suis un adepte des solutions radicales, mais avec le temps, je me rends compte que je dois suivre une ligne dure, sinon je m’accorde trop d’écarts.

Quand je suis sorti du bureau de mon patron, un mélange de sentiments de peur et de soulagement s’est mis à me faire tourner la tête. Je venais de sceller un pacte avec moi-même; le mois de mars sera celui de la remise à neuf (lire de la remise en forme). J’ai changé mon horaire de travail pour y inclure le gym 5 fois par semaine. Du lundi au vendredi. Bon, je fréquentais déjà le gym 3 fois par semaine depuis 2 ans, mais ça ne servait pas à grand-chose, puisque je buvais mes efforts en fin de journée. Je dois inévitablement accompagner l’entraînement intensif d’une limite drastique au niveau de l’alcool.

Je ne suis pas maso non plus, je me suis permis un écart d’alcool lors de 4 soirées du mois de mars. Elles sont déjà planifiées et les numéros gagnants sont les: 6, 13, 14 et 20 mars. Certains trouveront peut-être que mon pari ne tient plus la route, puisque je me permets ces 4 jours de boire, mais come on, ceux qui me lisent depuis longtemps savent que la restriction n’est clairement pas mon amie! Alors il faut savoir doser!

Ce que je veux dire, c’est que ce ne sera pas facile. Parce que je suis un buveur solitaire. Eh oui, je bois et j’y prends plus de plaisir lorsque je suis seul. Je sais que je ne suis pas une exception dans cette situation. Je dirais même qu’en milieu social, je bois beaucoup moins pour mieux me comporter, mais chez moi, entre mes quatre murs, c’est le party! Reste qu’à 31 ans, il faut savoir choisir le last call!

Voici donc ma tentative, mais surtout mon défi des prochaines semaines. On s’entend que les prochaines 48 heures seront hautes en intoxication, mais ça fait partie de la game! Voyez-vous comment ça me stresse? Je n’arrête pas d’écrire en franglais! ahah!

Dans un autre ordre d’idées, cette nuit, j’ai rêvé que je me défendais. Je me défendais de ne pas avoir écrit une ligne depuis bientôt un an. Je me revois encore, dans les limbes, en train de me justifier en disant «oui, mais mon roman n’est même pas sorti depuis un an encore!». Je me dis donc que cette pause plus calme pourrait être l’élément déclencheur d’un nouveau départ. Je risque probablement de venir écrire ma misère ici beaucoup plus fréquemment. Ça fait partie du jeu!

Bonne fin de semaine à tous. C’est la Nuit blanche, ce week-end! Qu’est-ce que je vais faire? J’attends la nouvelle saison de House of Cards de pied ferme! Ce sera une autre sorte de nuit blanche!

BILAN 2014

fluctu
 

C’est toujours la même petite angoisse en début d’année. Même si on se dit que notre meilleure résolution serait de ne pas prendre de résolutions. Jetez un œil vers la dernière année amène son lot de remises en question. Comme si on voulait additionner et soustraire les bons et les moins bons coups de 2014. Oh well…

La première constatation, c’est que mon année 2014 a été bien remplie, mais que j’ai fait mon lot de conneries (comme à chaque année, je suppose!) Je ne sais pas si c’est parce que la fin décembre m’a amené un défi de plus qui m’a fait prendre du recul et me regarder moi-même aller, mais force est d’admettre que la perfection n’est pas pour bientôt en ce qui a trait à mon hygiène de vie et mon comportement. Mais je ne me jette pas la pierre, d’autres le feront mieux que moi de toute façon.

Ma conclusion est quand même positive: ça aurait pu être pire que ça. Il y a eu du très bon, et un peu de mauvais. Au final, 2014 n’a pas été catastrophique; elle m’a surtout montré que je peux faire la job d’un entrepreneur, même avec peu de moyens au départ. C’est une bonne nouvelle, quoique je ne sais pas encore comment m’en servir.

2014 m’a tout de même apporté beaucoup plus de questionnements que de réponses, notamment en ce qui concerne mes projets d’avenir et ce que je voudrais réaliser comme prochain défi. Quand j’avais 28 ou 29 ans, et que j’avais lu Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles de Nicolas Langelier, je pensais avoir saisi toute l’essence du propos. Mais c’est seulement à 31 ans que je comprends vraiment tout ce que ça représente. Je ne suis pas à plaindre dans mon cheminement artistique (si je jouais au jeu de la comparaison, on pourrait nuancer, mais là n’est pas le point); je crois donc que je me suis débrouillé avec mes moyens et avec ma détermination, et tous ces efforts ont somme toute été récompensés. J’ai appris le dur défi de construire son «CV artistique». Mais voilà que je comprends une réalité un peu plus difficile; ce n’était qu’une pierre parmi d’autres, et je n’en suis qu’à construire des fondations pour une certaine suite. Mon plus grand problème présentement, c’est de donner une orientation à ces fondations, et surtout me décider pour savoir quelle pierre je veux ajouter pour continuer ma «construction». Pour le moment, c’est le doute. Et le doute n’est pas une mauvaise chose en soi. Seulement, je sais que je devrai trancher bientôt.

2014 m’a donné des envies diverses. J’ai beaucoup observé le milieu de la réalisation, de la scénarisation, des acteurs et des producteurs. J’aimerais bien faire plus de ce côté-là, car je suis de plus en plus attiré par le travail d’équipe, chose totalement opposée à l’écriture d’un roman. J’aurais cette espèce de désir de collaboration avec un scénariste, et je pense que le simple fait de repasser sur un scénario déjà écrit par un autre me ferait triper. C’est comme si peu à peu, j’avais envie d’ouvrir mes horizons, de sortir de la solitude du roman, pour communiquer plus, pour prendre le pouls d’une équipe, pour vivre l’esprit de groupe et la discussion des brainstorms. Je pense qu’il faudrait que je rencontre un mentor; le hic, c’est que je voudrais apporter ma contribution sur son projet, pas nécessairement imposer mes idées de projet. Bref, il faut que j’explore ce domaine en 2015.

Après avoir travaillé quelques années sur un roman et avoir vécu sa mise en marché de A à Z, j’ai beaucoup appris du milieu littéraire. Je ne veux pas le renier, mais je veux un peu de recul. Les bons coups ont été nombreux avec Peut-être jamais, et l’expérience, quoiqu’éreintante, a été formidable. Elle m’a surtout fait rencontrer une panoplie de gens formidables, et les retours ont été excellents. Maintenant qu’on peut dire que le projet est bouclé et réussi, j’en suis à me demander What’s next? Sans être une résolution, j’aimerais bien me donner un ultimatum (vous savez que j’en suis friand): je me dis que je veux être fixé sur mon prochain projet avant le premier anniversaire du lancement de mon roman (31 mars 2015). La marge est assez large, et on verra ce que le premier trimestre me réserve).

J’ai pris les dernières semaines pour me poser (et c’est le cas de le dire); m’être cassé la cheville n’a pas été une expérience agréable, mais elle m’a permis de m’arrêter réellement. De ne pas trop me perdre dans le tourbillon des Fêtes sans fin. J’ai eu du plaisir en famille et entre amis, mais raisonnablement. Bon ok, le 31 décembre, j’ai fait la folie d’aller cogner chez mes voisins pour finir le jour de l’An avec eux. Et j’ai eu du plaisir. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de mes voisins, résumons le tout de la façon suivante: Madame hurlait son bonheur sexuel un peu trop fort et trop souvent à mon goût, et même si je comprenais la raison de sa passion (son mec), ce n’était pas cool quand ça arrivait 4 fois par jour/nuit! On en a même parlé, verre de champagne à la main, et on a réussi à tourner le tout à blague. Maintenant, reste à savoir si ma présence aura été un « OK » pour qu’ils soient encore plus bruyants, ou si tout cela instaurera un respect un peu plus fréquent. 2015 nous le dira.

2014 aura aussi été l’année des engueulades et des réconciliations. J’en compte 2-3 de marquantes, où mon lâchez prise m’a permis de me rendre compte que toutes ces obstinations ne mènent à rien. Je sais que je n’ai pas été très très patient quand j’étais dans la planification de mon livre et de son marketing. Une période stressante qui a pu se refléter sur mon comportement plus incisif et direct. Mais je n’ai plus d’ennemis. Je n’en ai pas besoin. On ne peut pas faire l’unanimité, certes, mais je ne m’en fais pas trop. C’est la raison pour laquelle, pour l’une des premières fois, je n’ai aucune animosité ou malaises avec quiconque en ce début d’année. Pas d’histoires non-réglées, pas de conflits que je veux oublier. De ce côté-là, je suis en totale zénitude, et je suis bien avec moi-même.

Perdre ma motricité m’a aussi permis d’être plus reconnaissant pour cette chose que l’on prend trop souvent pour acquise: la santé. Je ne peux pas dire que je ménage ma santé à 100% encore, mais mon but est de travailler vraiment fort pour arriver à une année où j’aurai laissé de côté plusieurs mauvaises habitudes. J’ai déjà commencé le travail avec la vilaine cigarette. Oui, il m’est arrivé d’en griller une dans un party, mais ce désir de m’allumer une clope après un repas ou en journée est définitivement derrière moi. Je refuse de retourner dans ce monde que j’ai eu tant de mal à quitter. Je ne veux plus acheter de paquets, et si je dois donner 2$ pour en griller une parce que j’ai levé un peu trop le coude, je le ferai en me disant que plus jamais je ne veux retrouver de bâtons de tabac dans ma poche ou à la maison. Et puis, fumer, c’est tellement out. Plus je vieillis et plus je me rends compte que je dois améliorer mon cardio. Je croise fortement les doigts pour ne pas avoir de séquelles de mon accident dans le métro, car j’ai besoin de l’entraînement pour me donner une discipline de vie. J’ai hâte de retourner au travail, surtout pour les sessions de gym en après-midi. En 2013, je m’étais d’ailleurs promis de faire un don aux Amputés de guerre. Je ne l’avais pourtant pas fait, et je me suis trouvé cheap. Cette année, ma cheville cassée m’a rappelé plus ardemment la difficulté que certains amputés doivent subir dans leur démarche pour réapprendre à vivre avec un membre en moins. Je suis loin de me considérer comme une victime au même égard qu’eux. Mais de les comprendre un peu, dans une moindre mesure, m’a permis de me mettre à leur place. Je voulais donner pour cette cause depuis longtemps. J’avais déjà donné mon temps en tant que bénévole chez Gai Écoute, mais cette fois-ci, il me semblait important de faire quelque chose de différent. Et pour ceux qui ne le savaient pas, les Amputés de guerre fournissent aussi des services (gratuits et sans obligation ni harcèlement) très intéressants, notamment le plus populaire: le fameux système de plaques porte-clés numérotées. Saviez-vous que si vous retrouvez des clés dotées d’un numéro des Amputés de guerre, il vous suffisait de les déposer dans une boîte aux lettres?

En 2014, j’ai également consulté pour mes problèmes liés à la nourriture. Il y a eu beaucoup de chemins de parcourus et je suis content d’avoir continué, malgré le prix des séances et mon pauvre régime d’assurances. Je le répète; pour moi, voir un psy est une activité dont tout le monde devrait se vanter. Si j’avais des moyens infinis, je prendrais rendez-vous toutes les deux semaines toute l’année. Ma psychanalyse s’est transformée, après six mois d’analyse, et la source du problème se déterre tranquillement. Ça passe par le cœur, évidemment. Ça brasse les sentiments et les souvenirs. Et je pense même que c’est la raison pour laquelle je deviens de moins en moins personnel ici.

L’autre raison, c’est que je ne peux plus tout dire. À mon âge, un blogue qui s’écrit sous notre propre nom devient une menace directe envers nous-mêmes. Je ne dis pas que je dois me censurer (je n’écrirais plus du tout si c’était le cas), mais il m’est arrivé d’éviter de venir écrire, parce que je savais que mes propos blesseraient des gens ou ne me feraient pas une bonne publicité. Et quand je parle de publicité, je ne veux pas dire que j’ai peur de passer pour le salaud ou le garçon pas gentil. Je ne cherche pas à protéger mon ego, j’en viens tout simplement à une conclusion normale pour un homme d’une trentaine d’années: il vaut parfois mieux se fermer la gueule! Tout simplement.

Je crois que j’essaie peu à peu de m’éloigner de la nostalgie aussi. Ce blogue a tout de même 16 ans derrière la cravate. Tout dire à 20 ans et tout dire à 30 ans n’invitent pas aux mêmes conséquences. Mais je ne lâche pas pour autant. Je cherche toujours de nouvelles orientations pour ce blogue. Il est comme un ado en constante quête de mutation. C’est humain. Je voudrais peut-être me diriger vers l’entrevue. Dans divers domaines. C’est une approche que je vais tenter d’élaborer durant les prochains mois. En parlant sans cesse de moi, j’ai parfois eu l’impression que certains pouvaient penser qu’il ne s’agissait que d’un plan marketing pour vendre plus de livres. Ces gens ne devaient pas me connaître avant. Mais qu’importe! J’ai une idée qui se construit peu à peu et qui me semble intéressante; mélangeant littérature et musique. On verra si les artistes embarquent, car j’ai de plus en plus envie de parler des autres. Après avoir raconté toute ta vie, il était temps! (je suis certain que c’est ce que certains diront haha!)

Bref, 2014 est terminé, je considère que j’ai marqué l’année comme un grain de poussière dans l’océan, mais j’y étais, bien présent; avec une offre qui fait changement et qui ne plaît pas à tous. Et, tant mieux! Il faut de la variété, surtout quand on apprend que 97% du marketing littéraire est en fonction des livres de cuisine (page 27 pour les curieux)! Il y a bien les livres numériques, mais j’ai l’impression que mes clients sont surtout situés en France, en Suisse et en Belgique. La vague viendra peut-être plus tard pour le Québec.

Je termine sur mon bon coup et mon moins bon coup à propos de mon roman, justement.

  • Bon coup: Définitivement la bande-annonce du roman, qui continue à circuler sur la toile et à faire connaître le livre dans les autres pays francophones.
  • Moins bon coup: Définitivement la date du lancement, qui tombait un lundi, fin mars, une semaine avant les élections provinciales. Il y a des choses qu’on ne contrôle pas, mais si un jour je fais une autre soirée importante, je viserai probablement les jeudis, sans hockey de préférence 😉

Dans les prochains jours, j’essaierai de faire mon Top 10 des albums musicaux qui m’ont marqué en 2014. C’est toujours un moment déchirant!

Voilà, c’est ainsi que je finis mon pseudo-bilan. Je suis confiant pour 2015, et je souhaite de la santé à tout le monde. À moi aussi et à mes proches. Soyez vrais entre vous, c’est vraiment tout ce qui compte. J’ai laissé tomber l’hypocrisie et les beaux sourires faux en 2014 et c’était l’une des plus belles résolutions. On continue à s’aimer soi-même et à faire fi des méchancetés des autres!

Je sais que la culture occupe une place de moins en moins grande dans la vie des gens, mais souvenez-vous que c’est ce qui nourrit votre âme et fait de vous des personnes plus ouvertes et empathiques envers les autres!

Bonne année 2015 à mes lecteurs et à tous ceux qui viennent d’arriver ici pour la première fois!

Le point de non-retour

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Ça y est. J’ai franchi le point de non-retour; l’inévitable qui amène la confession envers soi-même, le désir d’aller de l’avant et d’embrasser le changement.

Le premier indice de ce nouveau pas s’est révélé à moi mercredi passé, après une brosse qui m’a semblé légère, mais qui m’a montré que l’extrémisme faisait encore partie de moi. Je me revois encore, vers 2h00 du matin, en train d’écrire un article sur ce blogue, pour parler de lui. Mais la conscience s’est faite entendre cette fois-ci, et je n’ai rien publié. C’est un avancement.

Il n’y a pas à dire, j’ai fait beaucoup de cheminement au cours de ces deux dernières années; reconnaître mes problèmes, aller chercher de l’aide pour les régler, réussir un exploit que je croyais impossible (me libérer de la marijuana) et surtout, travailler sur moi-même, sur cette peur du vide et de l’ennui. On a tous un peu peur de la solitude, et j’ai trop souvent choisi de la combler à l’aide de diverses substances.

Encore aujourd’hui, ce n’est pas facile de contrôler la pulsion (le choix si simple de repousser ses propres problèmes avec une solution toute faite), et après  de nombreux traitements, j’ai pu me dire que j’étais guéri. Mais la guérison d’un problème en amène parfois d’autres. C’est l’histoire de ma vie après tout. Je suis fier de moi; je ne vide plus une bouteille de vin par soir depuis bien longtemps, je ne passe plus mes fins de semaine à fumer des joints et à rester prostré devant le vide, n’ayant envie de rien. Mais un problème persiste; celui de l’estime de moi.

Ou comment réussir à s’apprécier et à s’aimer, avec ses lacunes, ses petites bibites et cette forme de punition par la récompense. J’arrive à un stade où j’ai tant parlé de mon passé que celui-ci s’est détaché de moi pour devenir un Autre. Quelque chose qui ne me concernait plus. Le dernier roman y est pour beaucoup. Je me rends compte qu’il facile de se cacher derrière lui, de dire à ceux qui me posent des questions « oui, c’est arrivé. Mais je ne suis plus cette personne aujourd’hui. » C’est en partie vrai. En partie.

Parce qu’il me reste un grave problème que je traîne depuis l’adolescence, qui occupe mes pensées de temps en temps, voire sans cesse. J’ai toujours associé ma perception du vide à la perception de mon propre reflet, de mon image. Si la solitude est si présente, c’est qu’on m’a rejeté dans le passé, c’est que je n’arrive plus à plaire autant avec l’être que j’ai construit au fil du temps et qui me représente, moi, aux yeux des autres. Ce n’est pas toujours faux, mais il est clairement faux de penser que c’est la vérité ultime. J’ai peut-être réglé les plus graves problèmes liés à mes diverses dépendances (drogue, sexe, affection, surconsommation), mais je n’ai jamais réglé cette ambivalence constante, cette relation malsaine avec la nourriture, l’alimentation.

Depuis bientôt une année, je pratique le jeûne. Deux jours/nuits par semaine. Ne pas manger est devenu un défi. Il vaut mieux ramper à quatre pattes sur le plancher plutôt que d’ingérer un aliment qui me donnerait de l’énergie. Chaque vendredi soir, je plonge dans l’anorexie programmée; un contrôle qui me donne l’impression d’éviter les excès et de stabiliser mon poids. Mais qu’est-ce que j’évite au juste?

Je n’évite rien, je remplace le problème de boulimie que j’avais jadis quand je fumais de la mari; et quand je pars travailler le lundi matin, je me touche l’abdomen en me félicitant. J’ai réussi, pour un moment précis, un court laps de temps, à éviter la nourriture, comme si je préférais les carences alimentaires à une prise de poids. Et je contrôle tout ça depuis si longtemps, que c’est devenu une habitude que mon cerveau considère comme saine.

Il est temps que ça cesse. C’est pourquoi je suis retourné consulter pour ces troubles alimentaires. Ça coûte une fortune, certes, mais je me dois d’investir dans ma santé, si je veux passer le cap des 40 ans. Ce ne sera pas facile; de supprimer ces habitudes, cette routine de fin de semaine qui me tient à l’écart de la vie, parce que je ne peux simplement pas me déplacer par manque de force et d’énergie. J’ai beau m’entraîner la semaine, je perds tout la fin de semaine.

Je sais que je dois chercher sous la surface, ce qui me fait agir de la sorte. Je ne peux plus me cacher derrière la douleur d’une relation amoureuse malsaine. Il n’y a plus grand-chose qui m’attache à mon passé. Le but de mon roman était d’ailleurs clair: faire table rase du passé, observer ce que j’ai été, comment j’ai agis, pourquoi je me suis adonné à ce genre d’activités. Certes, il y a ce désir de plaire, ce désir de ne pas être rejeté par l’autre, et Dieu sait que dans le monde gai, tout est une question d’apparence, mais il est temps de voir au-delà de ce faux-semblant.

Ce ne sera pas facile. De combattre les envies de revenir vers l’arrière, de retourner aux vieilles habitudes, aux solutions simples qui fonctionnaient bien. Mais je sais qu’à ce rythme, je vais mourir bientôt. Et je n’ai pas envie de mourir. J’ai envie de vivre, de partager ma vie et mon sourire, de trouver un équilibre.

Je suis arrivé à un point de ma vie où je peux regarder vers l’arrière et comprendre les erreurs à ne pas reproduire. Mais je préfère surtout regarder vers l’avenir, cesser d’avoir toutes ces angoisses et ces peurs malsaines; toujours craindre de ne jamais plus aimer et être aimé; et accuser injustement mon apparence physique pour tous mes maux.

J’ai longtemps cru que l’anorexie était un geste d’amour envers mon corps; le restreindre pour lui donner meilleure apparence, plus belle vitalité. Ça ne tient plus la route. Je sais que je m’embarque dans un long cheminement rempli d’embûches et d’obstacles. De toute façon, c’est trop tard. J’ai ouvert la porte à une vie plus saine, et je le saurai tout de suite si je me mens. Je connais mes patterns. Je sais ce que je dois surveiller. Et ça n’a rien à voir avec la volonté. Prendre soin de sa santé, c’est aussi éviter les restrictions ou les régimes miracles. Ça ne fonctionne pas.

On a tous nos petits problèmes. On ne réussira jamais à les régler complètement. On ne peut qu’espérer et devenir meilleur, d’abord pour soi-même, ensuite pour celui ou celle que l’on aime. Il est temps de prendre le taureau par les cornes, de cesser de se cacher derrière une superficialité mensongère.

Ma décision est prise. Elle est irrévocable. Je vais travailler à m’aider, à devenir quelqu’un de sain et d’équilibré. De toute façon, c’est ça ou la mort.

Le tourbillon

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J’ai compris aujourd’hui pourquoi je préférais la littérature à la réalisation. Je suis dans un tourbillon complètement fou, je dors 3 heures par nuit, je regarde un projet prendre vie, ce monstre que je traîne sur mes épaules comme un fardeau depuis si longtemps. Ces temps-ci ma vie se résume à faire un casting, trouver des lieux de tournage, trouver des techniciens, des spotlights, des accessoires, une maquilleuse, planifier une logistique au plus simple qui se révèle inévitablement complexe. Et le temps qui tourne. En prime, corriger le manuscrit, encore et toujours; préférer ne pas dormir, parce que je sais que je n’échapperai pas à son visage dans mes rêves.

Je surfe sur une vague qui ne me semble jamais vouloir se briser. Je vois le rivage, mais il est encore loin. Et le temps coule. Encore une fois, je ne peux pas le nier; si ce n’était de l’aide de tous ceux qui gravitent autour de moi, je ne serais pas très loin dans toute cette aventure. Des fois je serais curieux de voir l’avancement de ce projet comme une barre de téléchargement. En est-on à 50%, 60%, 15% ? Au final, je préfère ne pas savoir.

Tout ça me tient occupé. M’empêche de penser à la grande finale. À ce 31 mars qui se pointe doucement, mais sûrement. J’aimerais avancer le temps, voir ce qui sera accompli, ce qui n’aura pas eu lieu. Mais il ne vaut mieux pas. Pour le moment, je navigue sur l’espoir, et malgré le stress, je continue à me dire que tout est possible, que tout peut se réaliser.

Je ne peux pas le nier. Quand la vague aura atteint le rivage, que je serai à quai, j’ai peur. Une légère crainte. La joie de l’accomplissement, mais le gouffre; celui d’être vidé. De ne plus avoir rien à l’agenda. Mais encore une fois, il vaut mieux ne pas y réfléchir. Je préfère me dire que je suis vivant, que je profite des derniers instants avant de pouvoir clore ce deuil qui aura été immensément trop long. Mais bientôt, oui, bientôt, je pourrai me dire que toute bonne (ou mauvaise) chose a une fin.

Pour le moment, le tourbillon continue, l’histoire s’écrit, et je me force le cul pour que ce soit le plus parfait possible. Pour que j’arrive enfin à me dire que je suis fier d’avoir vécu tout cela pour en arriver à «ça». Parce oui, il va falloir être fort en criss pour arriver à assumer et à soutenir ce projet complètement débile. À suivre.