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Le 31 août 2005

La vie est drôlement faite.
Du Stress ? Non. Je n'en ai pas la moindre miette, et je trouve ca assez bizare. Probablement que je vais commencer à capoter en plein aéroport, voyant les dernières personnes que je vais quitter pour un long moment. Je deviens peut-être plus calme avec le temps aussi.

Bien des choses ce sont produites aujourd'hui, mais étrangement, je n'y étais pas pour beaucoup. J'ai terminé pour de bon le 3e roman, que j'ai tout de même envoyé à trois éditeurs. Et ce sera tout. Ce sont trois éditeurs qui avaient déjà appréciés mon travail antérieur, alors on verra bien, mais je vous dirais que je ne me fais pas beaucoup d'espoir. Je pense même à laisser le roman au complet sur ce site. Histoire de donner de la lecture à ceux qui s'ennuient. Gratis en plus. Je verrai mon mood en France, probablement que dans 1 an j'aurai honte du texte. Qui sait ?!

Alors voilà, je suis allé payer 25$ d'envoie de frais postaux pour 3 putains de colis ! On est loin du 50 cents de timbre hein ! Étrangement, j'ai reçu un courriel d'une ancienne professeure de secondaire qui m'a dit qu'elle venait tout juste de lire mon 2e roman. Elle avait beaucoup aimé. Et ce soir, ma mère me dit que la fille de sa collègue de bureau a lu mon premier livre jusqu'à trois heures du matin cette nuit. Finalement, je regarde le courrier dans la boite aux lettres. Une lettre de France. Je pense à un truc lié à Aix et mon école. Erreur. Il s'agit de mes honoraires de droits d'auteurs pour le manuscrit: "Pile ou Face". La vie est drôlement faite.

Mon party d'au revoir de vendredi sera un point culminant. Comme j'ai souvent la pensée pessimiste, je me dis que ça risque d'être un flop total. Peut-être. Qui sait. Une chose est sure, je vais connaître la vraie valeur de mes amis, de mes réels amis. Partir ne m'angoisse pas. Ce qui m'énerve, c'est justement de ne pas être angoissé. J'ai peur qu'une énorme boule d'émotion m'étouffe lors du décollage. J'ai peur de l'avion aussi. Un peu. Je souhaite qu'elle se rende à destination, et s'il faut qu'elle krash, que ce soit au retour, s'il vous plait. Un 4 juillet, attantat d'avion, je vois bien les manchettes...

À la caisse, hier, un vieil homme que je sers souvent est venu me voir. Il aime me donner un petit 2$ de tip, et on discute un peu quand c'est tranquille. Il semble seul, mais il a de la conversation et il n'a pas l'air renfermé. Lorsqu'il a appris mon départ, il a été bouleversé. Carrément. Il m'a donné 5$... et après une hésitation, il m'a demandé de noter son adresse, histoire que je lui envoie une carte postale. Je le ferai, car je sens qu'il faut que je le fasse.

Quelques heures avant le départ... on peut le dire ainsi. Je vais disparaitre, hop ! Pu là. Et pourtant, la vie va continuer, les anectodes de mes amis ne cesseront pas, elles vont se poursuivrent comme si je n'avais jamais quitté. Tout va continuer. Sans moi. Et c'est bien ainsi, je suppose. Nous ne faisons que passer dans la vie de chacun. Je n'aime pas dire que tout est programmé, mais comme je le répète souvent, nous avons probablement chacun un auteur, écrivain des pages de nos vies. Certains sont plus inspirés que d'autres. Je quitte le pays pour l'air du Sud, mais une ère nouvelle s'ouvre aussi. Elle sera sûrement froide au début, énorme constraste avec le climat, je vais tenter d'être fort. Être fort et subir. Subir et s'adapter.
Je ne suis déjà plus là.


Le 21 août 2005

Ode à la familia !
On se rend peut-être compte de l'importance des gens quand on sent qu'on va les perdre, qu'ils vont s'échapper de notre paysage commun, de notre environnement habituel. Ou peut-être est-ce du à la sagesse des années qui s'écoulent. Bref, j'ai rarement parlé de mes familles étendues. Sinon pour chialer un peu, je suppose. Et pourtant, aujourd'hui, je vois la vérité en face. Longtemps j'ai bafoué mes familles, les traitants de "sans ouverture d'esprit, d'aristocrates ou tout autre qualificatifs péjoratifs", mais aujourd'hui, en cette journée d'au revoir familiale, tout s'est éclairé devant mes yeux. Mes deux familles sont splendides. Point. De la générosité à la sympathie, passant par l'ouverture et l'acceptation, je ne peux mentir, j'ai une famille plus que respectable. C'est con de s'en rendre compte au moment des aux revoirs, mais en même temps, je pense que c'est aussi cet événement qui me fait cheminer dans ma pensée. J'ai vécu beaucoup de reconnaissance aujourd'hui. Envers tous ceux qui s'étaient déplacés; et ils étaient tous là. Aucun ne manquait à l'appel. J'ai trouvé ça merveilleux. Qu'on se réunisse pour moi, pour me dire un dernier bye bye, pour me souhaiter bon voyage, pour m'avouer qu'on va s'ennuyer de moi. Je crois que ces dernieres années, j'ai perdu le contact avec la thématique familiale. On dirait que je la repoussais, ou que j'essayais de me faire à croire que ce n'était pas la même chose pour moi. Et pourtant... Ça m'a fait tant de bien de revoir les cousines et les cousins, de serrer mes grands-parents dans mes bras, de voir ma mère étincellante et mon père aussi heureux. On dirait que j'étais content qu'ils soient joyeux, que cette réunion familiale les comblent aussi dans leur plaisir et leur "art de recevoir". Mes parents sont des gens simples, mais très fiers. Cependant, ce n'est jamais de la fierté condescendante, c'est quelque chose de vrai, une espèce d'humanité que j'admire profondément. Bref, je ne suis pas encore parti et il me semble que je réalise déjà pleins de trucs. C'est positif. Je crois.

Deux semaines avant le départ. Toujours pas de stress. J'ai goutté à la bureaucratie francaise en allant faire mon visa vendredi. 5h30 d'attente ! C'est quand même moins pénible que d'être chez le docteur. Je l'ai eu mon visa. J'ai mon passeport aussi. Ne reste qu'à recevoir mon billet d'avion, et à faire mes valises. Le grand départ approche, les émotions s'enivrent, mais je crois que c'est positif.

Mon copain m'a écrit une lettre d'amour. Il me dit qu'il m'attendra, peu importe ce qui lui en coute. J'ai été touché. Il est tellement charmant. Seulement, j'ai peur pour lui. On dirait que je me fais du souci, que je crains qu'il se referme, que sa vie devienne fade, et tout ça soit à cause moi, à cause de mon départ. J'ai tenté de lui dire qu'il devait quand même vivre les opportunités de la vie, ne pas cracher sur ce qui pourrait arriver. Une année c'est court et c'est long. Il n'a pas eu l'air d'aimer ça que je lui dise ça. Mais je ne veux tellement pas qu'il souffre. Et ça n'a rien à voir avec des mauvaises intentions. Je n'ai pas l'envie d'aller m'envoyer en l'air là-bas, ça n'a rien de sexuel non plus. Je connais simplement la vie, ses offres et ses regrets après coup. Je veux que mon chum vive, qu'il rencontre des gens, qu'il me parle de ces rencontres s'il le faut, si c'est dans un but non maléable. J'aimerais qu'il s'épanouisse, pas qu'il se referme sur lui-meme à cause de mon absence. Et moi, je me jette dans un vide qui va me donner un grand vertige. On ne peut pas prévoir les mois à venir, j'espère seulement... non, je n'espère pas. L'espérance tue la vivacité et l'imprévu. Je vais vivre. Il va vivre. Nous verrons. C'est la seule chose que je peux dire.

Avec sa lettre d'amour; 100$. Il en a plus besoin que moi. J'ai bien tenté de vouloir refusé l'argent, mais j'ai vu que ca l'insulterais. Je crois que j'apprends beaucoup avec lui. J'apprend le partage, même si j'ai encore des pointes d'égocentrisme. Je me dis que le voyage les dispercera. Je le souhaite en tout cas.

Je déblatère déjà trop ici. Il est temps de me taire. À bientôt.


Le 12 août 2005

Nouveau départ
Je ne croyais pas ressentir le besoin d'écrire ici avant mon départ. Mais à moins de 25 jours de l'envol, l'urgence de cracher des mots m'assaille. Non, ce n'est pas une peur de l'avenir ni une terreur de ce qui s'en vient. Simplement, je me cherche (mais on se cherche toujours, n'est-ce pas ?). J'ai cette impression de me réveiller d'un mauvais rêve, tout en me rendant compte qu'il continue. Je devrais pourtant avoir le sourire aux lèvres, d'avoir été épagné par la vie, une seconde miraculeuse, un accident qui m'a couté une voiture, mais qui m'a sauvé l'existence. Ça devrait me regorger de vitalité, me transporter vers des splendeurs immenses, vers des buts ultimes. Malheuresement, c'est tout le contraire qui s'empare de mon corps. Je me questionne, sans cesse, toujours. Mais oh grande joie ! Il n'y a plus de variations sexuelles, ce n'est plus des interrogatoires sans fin sur une orientation, sur un amour qui penche d'un côté ou d'un autre, d'un sexe à l'autre. Le questionnement est devenu humain. Généralité, vous me direz, mais j'ai ce découragement sombre et noire qui m'envahit comme une panne d'électricité surprend un joueur de jeu vidéo. Je reste figé devant mon avenir, devant les diverses possiblités qui s'offrent à moi.

La vie est un test, une "game" répartie en différentes étapes, en différentes stratégies. J'en viens à me demander si tous nos choix ne sont pas fixés d'avance, si on ne fait que suivre le tracé d'une histoire. J'ai terminé un 3e essai de roman au mois de juin. Deux ans de ma vie sur ce projet. Et le doute est là, flagrant, angoissant. Mon écriture ne se démarque pas assez, je ne suis pas assez "moi", je n'ai pas trouvé mon style, et malgré ma jeunesse, mes expériences et tout le tralala, je ne sais pas si ce style unique viendra me rejoindre un jour. Je n'ai plus la confiance aveugle et l'illusion de l'apprenti écrivain. Je m'appelle Maxime Collins, j'ai un nom, une réputation, une reconnaissance, un passé et diverses relations. Quand bien même je briserais mon rythme de vie pour une année, je ne sais pas si ce déclic réussira à me faire trouver ma voie.

C'est énervant de ne pas savoir vers quoi on se dirige, quelle cheminement va prendre ma vie. Mes amis, pour la plupart, ont apprécié mon 3e roman. Me disant qu'il était ce que j'avais le mieux pondu dans mes trois essais. Mais j'hésite, sachant que ce sont des personnes près de moi, qu'elles ne veulent pas me faire souffrir, qu'elles ne veulent pas sentir la tristesse au fond de mes yeux. Mon été n'a rien de lumineux, et pourtant, je ne peux pas dire que tout va mal. Car dire ce genre de chose demeure un relachement, une fatigue, et même une paresse envers soi-même. Suis-je clair ? Je n'en ai pas la moindre idée. La vraie question, l'unique et l'essentielle ; l'écriture fera-t-elle partie intégrante de ma vie ? J'aimerais pouvoir répondre par l'affirmative sans douter, d'un coup sec, vivement. Mais la peur persiste. Je ne crois pas être quelqu'un qui aime la défaite, même si elle me colle parfois à la peau. Je me rends compte qu'écrire est une entreprise qui demande du temps, énormément de temps, et qu'un texte peut être anéanti en une seconde, un tout petit grain de sable dans le sablier, et pouf ! On met de côté, car la honte s'empare de nous. J'ai hâte, je souhaite et je prie pour qu'un jour cette "honte" prenne une distance face à mes textes. Ma détermination et mon potentiel d'écriture sont présents, mais réussiront-ils à passer au travers des étapes tristes, des refus, des critiques et tout ce qui peut briser un livre en quelques secondes ? On verra...

Je suis fier d'une seule chose. Une seule. Je quitte mon pays par la porte de sortie. Pas de fuite, pas de précipitation sur la pointe des pieds. J'affronte le départ et j'invite tous les amis. C'est étrange de dire au revoir alors que je me sens dans un recommencement, mais je suppose que c'est ça l'évolution, que c'est ça grandir.

Quelques semaines encore... et tout sera chamboulé.