Medicine

Je suis rendu dans une passe de mon roman où tout déraille, où la noirceur prend le contrôle sur la vie et inévitablement, ça me fait penser à ma vie. Un cycle qui tourne en rond quoi ! Ça doit être pour ça que je prends souvent de longues pauses dans mon écriture. À force de doubler le truc, ça devient trop pesant. J'ai encore un peu peur que les derniers chapitres de mon livre soient trop mélodramatiques, mais j'ajusterai le tir une fois rendu à la révision. Je n'ai toujours pas écrit mes trois phrases fatidiques, celles que je travaille mentalement depuis plus d'un an, mais je sens que ça s'en vient. Le fait d'avoir décroché de mon ex y est sûrement pour quelque chose. C'est fou pareil de revoir quelqu'un qu'on a tant aimé et de se sentir inconnu envers lui. Mais bon, c'est le processus habituel d'une rupture, je suppose. J'ai de la difficulté à croire à ceux qui restent amis avec leurs exs, tout de suite après leur rupture. C'est clair qu'il y en a un des deux qui doit encore avoir des sentiments.

Dans l'avant-dernier chapitre de mon roman, la noirceur se transforme en déchéance sans fin. Et vous me connaissez; pour être plus "vrai", je suis toujours prêt à essayer tout ce que je pourrais représenter dans mon roman. C'est peut-être le fruit du hasard, mais je me sens dans cet état d'esprit. Je ne pense pas que ce soit volontaire, ça arrive juste comme ça. Je ne sais même pas si j'essaie d'atteindre le fond du baril pour attirer l'attention ou pour me prouver que je pourrai remonter ensuite. J'ai cette mauvaise propension à faire des drames avec rien, ou à surexposer ma vie si "rock & roll", même si elle ne l'est pas tant que ça. (Bon, elle l'est pour certains esprits, tout est relatif lol).

À l'approche de l'automne, on a toujours le même feeling, on se dit que cette fois-ci, on se reprend en main et on choisit les bonnes habitudes de vie. J'y crois toujours. Peut-être naïvement. Mais à présent, je ne dévoile plus rien. Pas de date ultime, pas de deadline public, rien. Tout ça se fera dans un silence complet. Pour moi, l'automne est signe de réclusion. Il est clair que je n'arriverai pas à réaliser ce que j'avais décidé au début de l'été. Mon premier jet ne sera pas complété avant septembre. C'est ainsi. Il faut que je souffre l'écriture. Ça toujours été le même processus, seulement, avant, je ne travaillais pas à temps plein. L'appât du gain fait vite disparaitre l'artiste en nous.

Je me fais rire. Il y a quelques jours, j'ai téléchargé (et payé oui oui !) la chanson "ne fais pas ça" de Paul Piché. Je me suis rendu compte un peu plus tard que c'était Piché qui chantait ça lors de mon dernier été avec Jean-François. Et pire, je me suis rendu compte que ce jour-là, c'était son anniversaire. Étrange coïncidence tout de même. Mais on s'en fout.

Je vais être honnête. J'ai tout ce que je veux présentement. Même sexuellement. Jusqu'à mon plus grand fantasme. Je n'ai plus aucune dette. Ça va relativement bien au travail. Les amis sont fantastiques. J'ai perdu du poids. J'ai parfois l'impression que j'en demande trop à la vie, que je suis insatiable. Est-ce générationnel? A-t-on été trop habitué à vivre tout ce que l'on désirait? Encore faudrait-il que je désire quelque chose! Je travaille là-dessus. Un travail constant, qui est ralenti bien sûr par mes côtés sombres. It's part of the game, baby!

Je crois que j'ai été jaloux du « bonheur » de mon ex. Dans le sens où je l'ai vu trop souvent se remettre en couple facilement, alors que je ramais, peut-être parce que je suis trop sélectif. Mais je me rappelle très bien tous les problèmes que ça lui a occasionnés. Vaut mieux être seul que mal accompagné. Et même là, je ne peux pas dire que je suis mal accompagné, car ce serait renier tous les plaisirs vécus durant cet été. Je me pose trop de questions. Point.

Finalement, je cherche toujours un équilibre. Mais quand je le trouve, j'ai ce désir inconscient de le bousiller, parce que l'équilibre ne me convient pas. Beaucoup de travail sur soi-même. Ou peut-être de simples petits problèmes sans conséquence d'un citoyen d'un monde moderne un peu trop individualiste.

Commentaires (1)
Tu vas y arriver |
1 Mardi, 14 Août 2012 16:58
Marie
Continue dans ton cheminement, tu vas y arriver!
Connexion



Qui est en ligne ?
Nous avons 24 invités en ligne