À 10 livres du bonheur

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Je n’ai pas avancé dans la vie autant que je le désirais. Ce n’est pas négatif, ce n’est pas positif, c’est simplement le constat d’une réalité, ma réalité. J’ai cherché diverses solutions; pour oublier, pour effacer, pour changer, pour éviter les souvenirs et la mélancolie, mais là encore, je me suis perdu, incapable de trouver le juste milieu ou le chemin à suivre.

Je prends conscience de tout ça, j’accepte les détours et cette attente inutile qui pèse au-dessus de moi. Je crois que mon erreur aura été de trop chercher à remplacer le bonheur passé, comme si on pouvait substituer l’humain à la manière d’une simple chose.

Ma décision est prise après mures réflexions, je prends un break. Un break des hommes, un break des rencontres. Pas que j’en faisais cent mille non plus, mais juste pour la simple raison que je ne suis pas encore moi à 100%, alors comment me sentir vrai et honnête avec les garçons que je rencontre?

Je préfère rester seul (et parfois triste), que de me sentir encore mal de donner de fausses idées ou des espoirs à d’autres. Je ne réussis pas à livrer la marchandise, car ma tête n’est jamais entièrement dans le moment présent. Il vaut donc mieux que je travaille sur moi, que je me concentre sur ces 10 livres à perdre, que je rebâtisse ma confiance et que j’élimine enfin mon passé une bonne fois pour toute.

J’en vois déjà certains lever les yeux au ciel en se disant : « encore? », eh oui! Quand j’aime, j’aime trop fort, alors il vaut mieux ne plus aimer personne.

Tout ça part d’un événement banal, une mince conversation de quelques minutes, où les mensonges ont fusé à profusion, où je me suis rendu compte que je devais avoir une poignée dans le dos depuis bien des années. Pour arriver à tout ça, je passe par des méthodes plutôt immoral, mais je m’en fou. On dirait que la recherche de la vérité est plus forte. Mais le problème, c’est que je ne sais pas pourquoi je recherche une vérité qui ne me concerne plus.

J’admire beaucoup ma meilleure amie, qui s’est séparée de son ex en raison d’une fabulation de son homme, mais qui a réussi à voir ça comme la vie, tout simplement, comme la fin d’une histoire et le départ d’une autre. En quelques mois, elle a retrouvé l’amour/la passion et c’est comme si la vie l’avait récompensé pour sa résilience. Il y aurait tant de candidats potentiels à l’extérieur, mais pour les trouver, il faut affronter souvent plusieurs déceptions. Je suis toujours au même point depuis trois ans. Certes, j’ai bien vécu une petite aventure plus intéressante que les autres qui aura été trop courte, mais encore une fois, l’histoire était complexe et l’homme n’était pas libre. C’est un peu l’histoire de ma vie; m’accrocher aux gens indisponibles. Ils sont toujours plus attirants quand ils « appartiennent » à quelqu’un d’autre…

Je suis allé souper avec les vieux chums d’école samedi pour la fête à Jonathan. Beau petit resto (Lemeac). Faisait du bien de voir les boys, surtout qu’on se voit bien moins souvent, tout ça à cause de la relation tumultueuse entre Thomas et ma meilleure amie. Va bientôt falloir qu’ils fassent leur deuil et qu’ils acceptent de se revoir en amis dans la même soirée. C’est fou comme une relation à l’intérieur d’un cercle d’amis peut avoir des conséquences indirectes sur les autres. Bon, je suis un peu sévère, il faut dire que je ne me suis pas trop forcé pour organiser quelque chose en groupe. Non, ces temps-ci, je vois mes amis un par un. Les gros party se font rares, on dirait qu’ils s’éclipsent avec l’âge adulte. Faut dire que je suis fatigué de boire. Je n’ai vraiment plus la même relation avec l’alcool. L’alcool m’ennuie de plus en plus. Je la trouve lourde et les lendemains sont déprimants.

J’ai hâte de partir. Simplement me retrouver ailleurs, dans un quotidien chamboulé. Je ne suis pas idiot, je sais que ça ne changera probablement rien à ma vie, que c’est en moi que ça doit changer avant, mais un mec peut bien espérer.

Pour l’instant, je tente d’écrire. Toujours tiré vers l’arrière, vers le passé. Il faut que ça sorte, que ça se vomisse, afin, peut-être, de me libérer. Réécrire l’histoire me permet souvent de me débarrasser de ma fixation sur le passé. Modifier les actes, transformer les gestes, brouiller les paroles. Rendre la réalité inexistante, une simple fiction de passage, de la mélancolie préfabriquée, du bonheur remodelé.

Il faut souvent symboliquement tuer l’autre pour s’en sortir. Ou mieux encore, se dire qu’il n’a jamais existé. Parfois, je préfèrerais me retourner vers l’arrière et n’y voir que du coton blanc. Six années de murs tapissés de blanc. Un vide vertigineux. Un espace pur où je pourrais moi-même coller de faux souvenirs. Mais quand je m’arrête pour y réfléchir, je me rends bien compte que je suis celui qui a construit ces faux souvenirs. Les trois dernières années de ma vie ont été un gros mensonge duquel je me suis « amusé » à tirer les bons événements pour me faire croire au bonheur. Ça ne fonctionne pas. Tout comme ma vie présente ne fonctionne pas. Alors, c’est l’heure du break.

 

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