La dernière offrande

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Je ne peux pas croire que je vais raconter ça. Si, je vais le raconter.

On s’est rencontré dans des circonstances assez spéciales. Le même moyen de rencontre, mais une première rencontre en personne plutôt cocasse. Sur un 10e étage. Il est arrivé au rendez-vous à midi trente pile, je l’attendais devant les ascenseurs. J’ai baissé le ton, comme si on était à l’église, mais c’est plutôt parce que je savais déjà qu’on allait expérimenter l’interdit. Et pourquoi pas ? La vie est si rapide.

18 minutes de plaisir. 18 seulement, mais 18 minutes qui renfermaient la promesse de quelque chose de plus. Malgré le petit bout manquant que je prise tant. Mais peu importe, j’ai bien vu que je pouvais passer par-dessus cette illusion de la perfection.

Les jours qui ont suivi se sont déroulés dans un crescendo de textos, où je me suis révélé un peu plus, où j’ai montré ma vraie nature. Ça cliqué jusqu’à la marque de lubrifiant utilisé des deux côtés. Un truc anecdotique qui m’a semblé un indice que ce serait lui. Tout de suite dans son regard, c’est ma propre confiance que j’ai vue. Une confiance envers celui à qui j’allais m’offrir. Il fallait bien choisir, parce que j’avais l’étrange impression que je ne pourrais jamais passer à la deuxième étape si ce nouvel essai était vain. On me dit souvent que je crée des chapitres avec ma vie, que j’ai besoin de vivre quelque chose d’extraordinaire pour effacer la chose précédente que j’ai magnifié avec le temps. Je commence à me connaître, et c’est en plein ça que j’ai tenté de réaliser. Effacer le passé grâce à un rite de passage nouveau, la nouveauté étant la personne bien choisie.

Ce matin, je me suis vu faire des gestes que je n’avais pas faits depuis plus de 5 mois. Des gestes qui étaient devenus hebdomadaires, mais qui étaient morts et oubliés depuis la fin de ma dernière histoire, depuis la fermeture de mon dernier chapitre de vie.

Il est revenu ce matin, vers 11h. Ça faisait trois jours qu’on « planifiait » le scénario. Mais on sait que souvent, à force de trop « planifier », on s’enferme dans nos fantasmes et rien ne se passe comme prévu. Pas cette fois-ci.

Au départ, c’est comme si je me donnais la permission d’offrir ma fausse virginité à un autre homme. Mais en y repensant, j’offrais plutôt une deuxième chance à ma vie. Je lui offrais de repartir à neuf, de cesser de ressasser un passé qui s’oublie un peu plus chaque jour.

La confiance y était, l’excitation aussi, j’étais prêt et je me suis offert jusqu’au bout. Je me suis laissé entraîner dans le jeu des pouvoirs, mais il y avait toujours une touche personnelle. Rien de froid et programmé. Je l’ai léché partout. Il avait bon goût. Partout. Même la petite touche de parfum dans son cou fonctionnait avec moi. Et son corps m’a agréablement surpris. Peu poilu, aux musclés légèrement dessinés. Un plaisir à flatter.

Le moment fatidique est arrivé et je me suis laissé emporter. Simplement. Presque avec un petit côté « fais de moi ce que tu veux, je t’appartiens ». Je n’ai rien réprimé, les voisins ont dû s’en prendre plein les oreilles.

Les mots y étaient, les sourires aussi. Les ordres y étaient, mais accompagnés de baisers et même la finale, qui étaient calquée sur mon ancienne vie intime, ne m’a pas déçu. Quand il a envoyé la phrase : « Voilà ta récompense », au lieu de penser à mon ex qui me disait quelque chose de semblable parfois, c’est comme si la phrase s’était superposée aux anciens discours sexuels.

Puis, j’ai joui.

J’ai joui avec le sentiment que je passais à la prochaine étape, que ma vie venait de faire un grand saut. Certains diront : « Tout ça pour une baise ? », eh bien oui. Ça m’aura pris 5 mois à choisir le prochain homme à qui j’allais m’offrir. Je crois que j’ai bien fait d’attendre. De toute façon, je n’étais pas prêt avant. Voilà que les choses se mettent en place peu à peu. Voilà que les souvenirs s’entassent dans une petite boîte fermée à clé dans un tout petit recoin de mon cerveau.

Je me sens comme cette journée de soleil à l’extérieur. Comme lorsqu’on regarde un paysage et que l’on comprend que la page se tourne vraiment. Le jour se lèvera encore demain.

Ce ne sera peut-être pas une longue relation, ce sera peut-être la seule fois que l’on se verra, ou peut-être même que j’entre dans une nouvelle aventure avec quelqu’un; c’est difficile à dire, mais ce n’est pas ce qui importe pour le moment. Ce qui importe pour l’instant, c’est d’avoir accepté. Accepter qu’il y ait d’autres hommes sur cette planète. Que ce ne sont pas tous les mecs qui sont faits pour nous, mais que parmi le lot, il y en a sûrement quelques-uns avec qui on peut s’épanouir.

C’est alors une impression intérieure qui me vient en tête. Celle du serpent qui change de peau, qui se mue vers une nouvelle étape de son existence.

Alors, voilà comment ça se termine. Il n’y a plus rien à ajouter. Je suis passé au travers.

Merci à tous de m’avoir suivi et lu sur ce blogue. xxx

 

Little bird have you got a key?
Unlock the lock inside of me
Where will you go?
Keep yourself afloat
Feeling old until the wings unfolded
Caught me a long wind
Where will we go?
Keep ourselves afloat

I caught a long wind
A long life wind
I got to know the sky
But it didn't know me
Got to see the light
And land on top of the sea
And be the bird, be the key
And now the current tells
What the wave withheld
And then the lightning say
Oh where light will lay
Where will you go?
Keep yourself afloat

I caught a long wind
A long life wind
Like a swallow
A night owl
A little chickadee
Sad sparrow
Good morning bird
Good nightingale
I took a deep breath
And caught a long wind

 

Feist – Caught A Long Wind

 

 

Maxime Collins, le samedi 3 décembre 2011

Commentaires (1)
Repartir avec le sourire
1 Mardi, 06 Décembre 2011 12:34
Karine
Cher Max, chaque fois que je reviens ici, c'est souvent parce que je me sens perdu et chaque fois, c'est la fin d'un chapitre et tu "nous" quitte mais je ne vois que le positif dans ça. Parce que je sais que si tu t'es retrouver, je vais me retrouver moi aussi :)

Karine xxx
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