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Rectification

Un simple petit mot pour dire que je vais très bien. Non, je n'ai aucune pensées suicidaires! Lorsque je disais que je parlais de "partir" avec mon meilleur ami, je parlais simplement de voyage et d'exil. 

Il faut savoir que l'écriture est pour moi un exutoire, et que c'est par les mots que je réussis à m'en « sortir ». Donc, aucune inquiétude à avoir. Merci quand même à ceux qui se sont informés de mon état !

 

Vous savez, ce feeling dans la nuit, qui arrive de nulle part, mais qui semble limpide et là. Trop là. C'est le feeling du pressentiment. Souvent, on banalise ce feeling-là. Pas moi. 
Impression de retour en 2007. 

 

The truth is...

Cela fait si longtemps que ce désir n’avait pas refait surface. Comme une vérité que l’on évite, que l’on repousse pour mieux oublier.

Je me rends compte que la vérité importe peu. Quand quelqu’un a son idée en tête, on a beau mettre tous les efforts pour changer le paysage, il n’y a rien à faire. On aimerait bien « avertir », « promettre », « jurer », ça ne change rien. Les fausses impressions prennent toujours le dessus. Et je suppose que c’est correct ainsi. On ne peut pas entrer dans la vie des autres et déclarer des choses, comme si l’on dissimulait quelques bombes. Ce n’est pas à nous de faire exploser la vérité. En fait, la vérité n’a aucune importance. Souvent, elle est là pour que l’on puisse sauver son honneur, pour que l’on puisse se sortir d’histoires où notre estime s’est effritée.

Le jugement des autres m’importe peu. Je me rends compte que j’ai toujours voulu dire la vérité, mais qu’au final, je l’ai toujours caché entre les lignes, trop lâche pour la balancer textuellement dans le vaste univers virtuel.

Les autres n’ont pas besoin de savoir. Personne n’a réellement besoin de savoir. La vérité ne fait que nous donner bonne conscience… une fois que le mensonge a été découvert.

Il y a des choses qui seront sues dans quelques semaines, quelques mois ou plusieurs années. Ce seront les vérités que nous écoutons d’une oreille indiscrète, puis qui nous arrête dans notre élan, qui nous font revoir notre passé et comprendre les « espaces blancs ».

On cache souvent la vérité pour protéger les gens qu’on aime, mais parfois, on dissimule la vérité pour des raisons plus obscures. Des raisons que l’on ne comprend pas toujours nous-mêmes.

La vérité demande aussi beaucoup de travail, surtout lorsqu’elle concerne notre propre vie. Quand on se parle à soi-même, quand on se retrouve devant un mur de briques que l’on doit faire sauter afin d’avancer vers l’inconnu. Tout le monde sait bien que les murs qui tombent blessent souvent quelques passants…

La vie est si courte. L’étincelle artistique passe si rapidement. On s’imaginait à 16 ans; on voyait déjà tout le bagage que l’on aurait accompli d’ici l’âge de 30 ans. Il ne faut pas regretter, mais il faut définitivement se réveiller.

Je parle d’écriture. De travail littéraire. Quand après plus d’un an, on n’arrive pas à se lancer dans un projet fixe, quand on butine sans résultat, sans exaltation ou sans intérêt, il faut sortir les conclusions, mettre cartes sur table et voir lucidement l’avenir qui s’amène.

J’en suis là. Cet été est l’été de la dernière chance. Il faut que je m’installe, que je réfléchisse et que je choisisse la « bonne voie », car plus les mois avancent, plus je perds la voix. La voix littéraire.

Je ne sais pas si j’attends une expérience bouleversante pour me remettre sérieusement à l’écriture ou si j’ai déjà baissé les bras, prévoyant le mur indestructible de l’âge adulte et des obligations qui nous éloignent sans cesse de l’écriture.

Quand je pense à mes sessions d’écriture, quand je constate après coup les meilleurs résultats, je me rends compte que j’étais toujours dans une position d’attente à l’égard du temps. L’écriture de voyage, entre deux avions, l’écriture de l’ennui, dans un cours à l’université, l’écriture alcoolique, jusqu’à ce que la bouteille soit vide.

Outre un mémoire universitaire, je me rends compte que j’ai rarement vécu l’écriture comme un « travail ». J’ai eu beau y mettre tous les efforts et la volonté, l’écriture quotidienne et professionnelle finissait toujours par être vaine, inefficace.

Paresse ? Manque de motivation ? Mauvais plan ? Besoin d’alcool obligatoirement ? Il n’y a pas vraiment une explication unique. On gère son temps comme on peut, même si on a du temps.

Il est temps que je me fixe. Que je me dise en face si je crois encore être l’écrivain que j’ai toujours vu en moi. Ou si ce rêve là aussi, la vie adulte me l’aura volé.

 

Le dire

*** Ce texte a été censuré suite à une plainte.

J’ai souvent pensé à ce blogue au cours des dernières semaines. Chaque fois, je me disais : « Tiens ! Il faudrait bien que j’écrive cela sur mon blogue. » Mais la vie nous rattrape, les événements s’enchainent et on oublie, oui on oublie. C’est comme s’éloigner d’un ami et ne pas comprendre pourquoi.

Je vais bien. Outre un petit rhume attrapé vendredi soir sûrement. Les fameux changements de température agressent ma gorge. Je travaille toujours pour le gouvernement. Jusqu’à la fin du mois. J’ai refusé dernièrement un emploi de gestionnaire de contenu web pour une grande compagnie. Pour deux raisons spécifiques : d’abord, les comportements de la compagnie en question ne me plaisaient pas particulièrement. Ensuite, parce que c’était tout de même à une heure de transport de chez moi, chose que j’ai déjà pratiqué trois années auparavant, et que je m’étais promis de ne plus refaire.

J’ai finalement été payé pour les 3 derniers contrats que j’ai faits. Des petits montants qui font du bien, étant donné que je travaille pour le ministère de l’Éducation depuis le 24 mai… et que mon premier chèque de paie ne sera déposé dans mon compte que le 16 juin. On a fini par être habitué par cette attente, mais elle est toujours un peu frustrante. Comme les textes des étudiants, qui s’en viennent de pire en pire plus les années avancent. L’an prochain, ce sera au tour des étudiants de la réforme de faire leur épreuve uniforme de français. Je ne sais pas si j’y serai (si j’y suis, ça me rappellera encore mon échec de ne pas avoir trouvé un emploi plus stimulant). Il faudrait vraiment que le Québec commence à se questionner sur sa langue, avant même les chicanes de partis et la question de la souveraineté. Saviez-vous que les seules choses qu’apprennent les jeunes cégépiens par rapport à l’histoire du Québec sont M. Duplessis et le postmodernisme ? 9 fois sur 10, ça n’a aucun rapport avec les textes à l’étude pour l’examen, mais on peut être assuré de croiser ces deux mots (Duplessis et postmoderne) dans chaque texte d’étudiant.

Cela me fait aussi me questionner sur moi-même. J’aime ma langue, c’est l’outil de travail que je veux privilégier, mais si je veux réellement m’orienter dans un emploi de gestionnaire de contenu web, je n’aurais d’autres choix que de laisser l’anglais envahir ma langue; soit accepter de travailler avec elle. J’ai beau avoir un accent de merde quand je parle en anglais, au final je le comprends parfaitement, je le lis facilement et je peux l’écrire aussi. Est-ce utopique de nos jours de rêver de trouver un travail dans une boîte pas trop grande, mais pas trop petite? Un environnement de travail où les gens sont branchés, mais sympathiques, où les gens sont souriants et loin d’être snobs ? Ou est-ce seulement une fausse interprétation, puisque le travail se passe toujours dans le monde virtuel, pour le monde virtuel? Je me demande parfois sérieusement ce que l’avenir me réserve du côté professionnel. J’approche les trente ans et j’ai adoré butiner à gauche et à droite plusieurs emplois; est-ce le temps de me caser enfin ?

C’est drôle que je parle de travail comme de couple, alors que je devrais suivre justement l’exemple du couple dans ma vie et me rendre compte que le travail est identique. Des allers-retours, des adieux et des bonjours, des baisers et des regards distants.

J’ai commencé à m’occuper un peu plus de moi. Il faut dire que le vélo m’a donné un bon coup de main. J’ai eu beau chigner sur les Bixis, je ne pourrais plus m’en passer pour aller travailler. Je suis tellement heureux de ne plus prendre le métro de Montréal. J’ai même l’impression que notre métro joue peut-être plus que l’on ne le pense sur notre moral au quotidien. Depuis un mois, je fais le programme d’exercices « Insanity », et c’est en effet très « Insane », mais c’est fou comme je trouve cela bénéfique. Mieux que P90x. Le fait que ça dure moins longtemps et que ce soit plus intense sûrement. On cherche tous à économiser du temps, on est tous un peu paresseux quand il est venu le temps de suer sa vie. En 40 minutes, « insanity » nous rend service. À cela, j’ai décidé de suivre le régime Poliquin. C’est le régime d’un entraîneur réputé, qui demande d’éliminer tout « carbs » provenant des « grains ». Ce qui veut dire, éliminer tout ce qui contient du gluten, mais également tous les aliments qui remplaçaient le gluten. Ce qui veut dire que je ne peux plus manger de pain, ni de céréales, ni de pâtes, ni de patates, etc. Le but est de consommer le moins de glucides possible, tout en mangeant de la viande saine et des légumes à profusion. Pas de fruits non plus par contre. Cependant, d’ici deux semaines, je pourrais recommencer à inclure les petits fruits, puis graduellement les autres types de fruits. D’ici 5 semaines, je pourrais recommencer à manger des carbs aussi, mais à petite dose, et pas chaque jour. Honnêtement, ce nouveau régime me donne de l’espoir, car je ne le trouve pas souffrant. Bon, il est vrai que je déteste manger des œufs le matin, mais outre cela, j’avais déjà réussi à couper pas mal le pain. On verra bien dans deux semaines s’il y a des résultats !

Je suis resté au lit aujourd’hui. Le rhume a eu raison de moi. Je dois laver les draps, car j’ai fait de la fièvre. Ça va mieux là. Je me rends compte que je vis une vie complète, malgré tout. Un bel appartement à moi, des comptes à jour, pas de problèmes d’argent, une bonne relation avec mes parents, un peu de sexualité, quelques amis importants. Je flatte Rémi près de moi. C’est sûr, la vie pourrait être mieux. Je pourrais obtenir la bourse du Conseil des Arts pour écrire un autre roman (mais on dirait que j’ai de la difficulté à y croire). J’ai reçu une lettre de leur part me disant qu’ils m’avaient disqualifié. Quand j’ai appelé pour avoir plus d’informations, on m’a dit que c’était une erreur, que mon dossier avait été étudié trop rapidement. On m’a remis dans le concours, alors tout ça me semble plutôt un geste aléatoire envers des particuliers plus chanceux que d’autres. On verra bien…

Et j’en arrive enfin au dernier point de mon post. J’ai reçu mes droits d’auteurs. On m’a payé pour les livres vendus de « Comme si de rien n’était ». Évidemment, il y a eu des complications, des problèmes de chiffres, des retours, des erreurs de la comptable. Ce qui fait en sorte qu’on a enlevé 800$ du montant total que l’on me devait. Je n’ai pas envie de revenir là-dessus. Pour moi, c’est une histoire réglée. Une histoire qui m’a donné un portrait de ce que serait une unique carrière d’écrivain (à 27 ans), soit « pas grand-chose » finalement. C’est sûr qu’avec ce genre d’expérience, cela bouleverse toujours un peu notre écriture, notre élan à écrire même. Mais je crois qu’un vrai écrivain se relève de ce genre de constat, et un jour ou l’autre, il pond l’œuvre de sa vie. « Comme si de rien n’était » est tellement mineur à comparer à tout ce que je pourrais livrer. Et pourtant, j’en suis encore à ces questionnements. Je ne sais toujours pas quelle orientation prendre pour le prochain livre. Je tente des esquisses, j’écris des centaines de pages pour me rendre compte que ce n’est pas « ça ». Mais bon, avec cette histoire de droits d’auteur derrière moi, je peux au moins me dire que je commence un nouveau départ. J’ai tout à prouver maintenant. Et c’est seulement à moi de me prendre en main, de jeter ce qui m’empêche de me concentrer à l’écriture, de jeter le passé toxique dans lequel je m’accroche encore aujourd’hui. Si facile à dire… si difficile à tuer.

 

Le Valois / Saga Bixi

Je suis allé souper au Valois pour la fête de Thomas hier soir. C’est une belle routine que l’on a installée depuis un an. À chaque fête, on change de resto et on paye le repas du fêté. Ça permet de ne pas se casser la tête à trouver un cadeau plate ou à simplement offrir de l’alcool.

 

Alors voilà. Le Valois est situé dans un beau quartier de HoMa (oui ça existe !). J’ai tout de suite aimé la terrasse, l’intérieur, la déco et la désinvolture des serveurs. Au départ, on ne sait pas trop, mais au final, on se rend compte que le service est excellent et personnalisé. C’est un des grands plus du restaurant. Côté nourriture, je dois quand même avouer que je n’ai pas vécu de surprise. Une entrée de cochonnailles partagée à trois, et de mon côté, j’avais pris une quesadilla au canard confit, et je l’ai regretté toute la soirée, parce que j’ai vraiment eu de la misère à le digérer. En fait, je me rends compte que le canard confit, c’est bon en cuisse complète, sinon c’est rarement bon en recettes. Bon, je dis de grandes réflexions et je n’ai pas goûté à tous les plats de la terre avec du canard confit, mais j’ai l’impression que dès que l’on tente de le dénaturer de son plat principal, il perd de son intérêt.

Les gars avaient l’air satisfait de leur repas. Ils ont même pris un dessert, mais moi je me suis retenu, surtout depuis que je diminue radicalement le gluten que je consomme. Le vin a suffi à bien me remplir l’estomac !

Nous sommes ensuite allés voir la danse continentale XL à la Place des Arts. Bon, mes amis ont vite compris que je les amenais là pour une raison plus précise que la simple découverte d’un événement gratuit en plein air ! En effet, j’avais un amant qui y dansait. Mais évidemment, au nombre de personnes qu’il y avait là-bas, je ne l’ai pas vu une seule seconde. Ce n’est pas trop grave, c’était une belle activité de fin de soirée.

Nous avons terminé le tout au Ste-Élizabeth, bar qui me branche de moins en moins. J’ai comme une répulsion envers leurs toilettes qui ne se barrent jamais… et aussi avec la clientèle un peu banlieusarde à mon goût (mais je ne jette pas la pierre; le Ste-Élizabeth est le premier bar qui a accueilli le jeune 450 de 17 ans que j’étais à l’époque !).

Comme je ne digérais pas très bien mon repas, je suis parti un peu plus tôt. J’ai pris un bixi pour me rendre jusqu’à chez moi. Je me suis dit que ça allait me faire digérer. Ouch ! La côte pour arriver à la rue Sherbrooke est assez intense. Mais ensuite, ça s’est bien fait. J’aime bien le vélo, je retrouve un plaisir de jeunesse que je m’étais volontairement enlevé après mon accident de vélo qui avait failli me coûter une jambe à 11 ans. J’ai quand même toujours un peu peur de rouler à Montréal; peur qu’une voiture me happe, gratuitement, par manque d’attention. J’ai toujours un casque sur le coco quand je pars et que je reviens de travailler, mais dans des occasions comme hier, évidemment, le casque n’y était pas. C’est comme accepté de faire confiance à la vie, car on a beau être prudent, on ne sait jamais où ça peut déraper.

Je suis d’ailleurs en « criss » après le service à la clientèle de Bixi qui est un gros n’importe quoi ! L’idée est excellente, le système fonctionne relativement bien, mais je crois que le service donné aux Montréalais pourrait être beaucoup mieux, surtout vu le prix qui est payé pour un abonnement. Si vous êtes un adepte du Bixi et qu’il ne vous est pas encore arrivé de « badluck », vous devez être dans le 2% des chanceux. Il suffit de lire la page Facebook du Bixi pour voir que tout le monde a des mésaventures avec ces fameux vélos… et c’est sans compter le débat sur la publicité « qui devait faire économiser sur l’abonnement » (ce qui n’est pas le cas).

Mon histoire  personnelle commence mardi dernier, alors que je reviens de ma première journée de travail et que je prends un bixi. En 2 secondes, je me rends compte que la roue de devant est crevée. Je reviens sur mes pas et je tente de remettre le bixi dans sa borne. Impossible. La lumière ne s’allume pas. J’ai beau rentrer le bixi avec violence, rien à faire. J’appelle donc au service à la clientèle. Je patiente sous le soleil plombant pendant 10 bonnes minutes avant de me faire répondre par une préposée un peu trop « chill » à mon goût. Du genre : « Il y en a pas de problème, monsieur ! Bixi est parfait ! » Elle m’a même fait déposer le téléphone, en insinuant que je ne prenais pas le Bixi par le guidon pour le rentrer dans la borne. Je me suis prêté au jeu. J’ai déposé le téléphone et j’ai pris le guidon pour rentrer le Bixi avec rage dans la borne. Toujours rien. Vous savez ce qu’elle m’a dit ? « Laissez-le là ! » Je lui dis : « Ah oui, et si quelqu’un le vole, vous allez me charger 1000$ ? », et elle de me répondre, très « chill » : « Personne ne va le voler… il a une crevaison ». Wow ! Ensuite, elle me dit que le technicien est pris dans le trafic et qu’il ne sera pas là avant 1h (il était 15h30 quand j’ai téléphoné !). Pas question de niaiser là-bas pendant une heure. J’abdique et je fais ce qu’elle m’a dit. Je remets le Bixi dans une borne, sans qu’il soit verrouillé. Je m’assure avec la téléphoniste que l’on ne me chargera pas l’excédent (car après 45 minutes, si le Bixi n’est pas dans une borne, on commence à vous charger des frais supplémentaires !). Elle me garantit que je ne paierai rien du tout.

Je reviens donc chez moi en métro et à pied. Quand je regarde mes infos sur Internet, je vois que ça aura pris 74 minutes avant qu’un technicien vienne arranger le vélo. Et, évidemment, on me charge ! Je rappelle au fabuleux service à la clientèle. Je tombe sur une autre préposée, et je lui réexplique mon histoire, en donnant même le nom de la préposée précédente qui m’avait garanti que je ne paierais pas une cenne sur ce faux emprunt. La deuxième préposée me dit qu’elle arrange ça tout de suite et que je ne serai pas chargé non plus. Tout est réglé dans ma tête. On m’a confirmé deux fois que je n’allais pas être chargé.

Eh bien, non. Aujourd’hui, je reçois mon relevé de Visa et évidemment, on me charge cet événement. Ce n’est pas sérieux. Ça me fait presque peur. Ils ont tous les pouvoirs avec nos numéros de carte de crédit. Il suffit que je prenne un vélo endommagé et je ne serais pas surpris qu’il m’accuse de l’avoir brisé et qu’il me charge des frais « out of nowhere ». La gestion des Bixi devrait être resserrée, et au plus vite. Une chose est certaine, la compagnie s’enfonce de plus en plus et est de plus en plus dénoncée par ses utilisateurs.

Tout ça nous mène où ? Eh bien… ça nous mène au point où l’on préfère prendre le risque de se faire voler son propre vélo. Malgré ce risque, au moins, on est bien servi par soi-même et il n’y a pas de problème de borne non fonctionnel ou de frais après 45 minutes d’utilisation. Je ne pense pas que je serai un membre du service Bixi l’été prochain. Je préfère investir 78$ dans un vélo usagé moche, il risque de m’être beaucoup plus rentable finalement.

 

Retour des routines

Alors voilà, ça y est. J’ai recommencé à travailler pour le gouvernement. Avec le travail, reviens la routine et les vieilles habitudes (les bonnes vieilles habitudes). Malgré la fatigue, malgré les matins plus difficiles que d’autres, c’est une bonne chose. Le travail fait oublier le passé, le travail remplace tout ce qui pose des questionnements dans notre tête.

Chaque matin, je me lève, je déjeune puis j’enjambe un Bixi pour rouler jusqu’au bureau. J’arrive à l’heure, en sueur et épuisé. Après avoir déposé mon Bixi à une borne, je dois marcher jusqu’au collège, car la borne la plus près… n’est pas très près. C’est la vie, je l’assume et l’accepte. Je fais ma journée de travail, puis je reviens en vélo encore une fois. J’arrive à l’appartement en sueur, j’enlève mes jeans, je me prépare une bouteille d’eau, j’appuie sur « play » et je fais mon programme d’entraînement complètement fou (Insanity). Je n’espère plus rien côté poids. Je le fais, je travaille fort, je ruisselle et je m’essouffle. Une petite douche, la préparation désagréable du lunch, puis du souper. Je mange devant la télé et déjà, il est près de 22h. C’est bientôt l’heure d’aller au lit, et tout recommencera encore.

C’est triste et bénéfique à la fois. C’est triste, parce que je me rends compte que la routine du travail ne change jamais. Mais c’est bénéfique, car je reprends un rythme de vie plus « normal », je diminue mes excès, je me considère enfin comme un adulte. Tout ça parce que je reçois de l’argent pour service rendu. Et c’est ça la vie.

Il n’y a personne pour m’accueillir quand je reviens, personne pour me faire à manger, personne pour me faire sourire ou me faire l’amour. C’est ainsi, c’est la vie. J’ai décidé de ne plus rien attendre. L’attente ne fait que donner de faux espoir. Je travaille pour moi, je vis pour moi, et j’essaie d’assumer la personne que je suis devenu. Quand on se compare, on se console. Mais je pense qu’on finit tous par arriver à un point de résilience, où l’on accepte ce sort, parce qu’il est ainsi pour la plupart des gens. Je ne suis pas déçu de ma vie. Elle pourrait me surprendre demain matin… ou dans 10 ans.

Ça fait du bien de revoir des gens connus au travail. De déjà savoir ce que l’on attend de moi. J’ai beau chialer beaucoup devant mes collègues, j’aime quand même l’environnement dans lequel je suis. Ça change les idées, ça permet d’oublier qu’il y a à peine une semaine, un homme vivait ici avec moi. Je ne m’en ennuie pas. Mon sexe s’en ennuie. Nuance. Il y aura bien un remplacement. Un jour. Il y aura bien quelqu’un qui me fera sourire par son simple rire. Je ne suis plus pressé. Je me suis trop pressé depuis 2 ans. Une course pour rencontrer des gens, pour tenter de trouver un remplaçant efficace à ce que je venais de perdre. Mais la comparaison est inévitable, et c’est bien normal que mes rencontrent furent pour la plupart des échecs. Il faut prendre une pause, cesser de réfléchir avec sa bite. Le travail aide à se concentrer ailleurs, à éliminer une certaine trace d’humanité en nous.

Je sonne tellement dramatique, et pourtant, il n’y a rien de dramatique ici. Je me cherche, certes. Mais je me chercherai probablement toujours, alors je suis zen. Ma vie se résume au travail et au sport. Ce pourrait être ainsi pour un mois complet, ça ne me dérange plus. Je n’ai plus besoin d’extraordinaire dans ma vie. Je n’ai plus besoin d’excès intense et dramatique. J’ai vécu tout ce que j’avais à vivre de ce côté-là. Je suis à présent sur un plateau; ce n’est pas de l’attente, c’est plutôt comme si j’étais là et que je ne comprenais plus vraiment ce que la vie attend de moi. C’est correct, il y a des périodes de renouveau qui demande une certaine stabilisation intérieure avant de voir du nouveau.

Je vis seul, je n’ai plus la pression d’un grand appartement, je suis allé magasiner de nouvelles assiettes et aucun coloc ne pourra les briser, je suis libre comme l’air sexuellement, et je ne veux rien provoquer. Rien ne se passe, et c’est parfait ainsi. Le « rien » peut parfois être captivant. On verra bien combien de temps je tiens à ce rythme de fou. Mon corps me parle beaucoup; mes cuisses sont en feu, mes coups de soleil me brûlent, mes minutes sont bien remplies. Alors voilà, on continue; on se défonce à l’exercice. C’est le voisin d’en bas qui doit me haïr…

 

Ce qui me trote dans la tête ces temps-ci: 13 & God - Death Minor

 

Le Set designer de Beyonce

Puisque que je suis parti sur les vidéos lol. Je n'aurais jamais cru mettre un jour un vidéo de Beyonce (pas du tout mon genre musicalement, et toujours pas d'ailleurs); mais je dois avouer que la première fois que j'ai vu sa prestation au BillBoard Music Awards 2011, je me suis tout de suite demandé qui avait réalisé son "set design"!

 

Arcade Fire nouveaux B-Sides

Deux nouvelles chansons d'Arcade Fire: "Speaking in tongues" et "Culture War". Clairement des B-sides de "The Suburbs", dans la même continuité. J'aime bien. 

 

Hypermodernité

2h17. Il est déjà parti depuis plusieurs heures. Et je reste avec ce sentiment de soulagement et d’inachèvement à la fois. Je réfléchis beaucoup à la représentation que je fais de moi-même sur le web, et je sais que je suis un des seuls qui fait différent. Au lieu de raconter mes exploits, au lieu de vanter ma belle petite vie parfaite, au lieu de montrer des photos de sourires heureux comme tous font sur Facebook, je parle plutôt de mes douleurs, de mes questionnements et de mes peurs. C’est quelque chose dans le monde Internet qui n’existe plus réellement. Aujourd’hui, on magnifie la vie dans le but de… dans le but de quoi au juste ? Pour que nos amis jalousent nos moments de bonheur ? Pour montrer à la moitié de notre liste que nous n’avons vue qu’une fois (ou jamais!) que NOUS on a une vie et qu’il fait bon de la partager de façon naïve, comme si un de nos invités tombait par hasard sur un album photo d’un événement de notre vie ?

Je commence à trouver que cette surreprésentation de soi sur Facebook en particulier devient une parodie de ce que l’on voudrait être vraiment. Et me voilà, parmi tout ça, à jouer une espèce de double jeu, car ma représentation est automatiquement remise en question par les écrits qui se retrouvent sur ce blogue. Séparation des genres; d’un côté, une vie heureuse en images et en statuts, de l’autre, un gouffre de remise en question et de mélancolie sans fin sur le passé.

Je viens de terminer la lecture de l’essai autofictionnel de Nicolas Langelier : « Comment réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles ». Ce texte m’a parlé, alors que je vis une situation tout autre. Loin d’être un hipster, loin de l’âge supposément fatidique de 35 ans, ne vivant pas dans le Mile-End et gai de surcroît, le fond du texte peut parler à n’importe qui, chroniqueur culturel ou non. L’enjeu reste le même : cesse d’être figé et commence à agir.

J’ai besoin d’un changement de vie drastique. De quelque chose de plus que différent. J’ai trop donné dans la remise en question et pas assez dans l’action. Je suis trop bien sur mes acquis, à regarder le train qui passe sans vraiment sauter dedans. Pas envie que ça m’explose aux yeux à 35 ans. La solution ? Je pense qu’il est temps de changer de voie. Je dois oublier d’écrire des réflexions pour aider ma vie, mais plutôt écrire la vie. Ou alors ne plus écrire du tout. J’y pense beaucoup. Est-ce une excuse ? Est-ce une paresse ? J’ai plutôt l’impression de ne pas être à la bonne époque, d’avoir une vision de l’écriture ancrée dans un passé trop classique, pas assez hipster justement. Et loin de moi l’idée de vouloir plonger dans le monde de l’ironie, car j’ai toujours pensé qu’au final, l’ironie mène au vide existentiel.

Quand je regarde autour de moi, je ne me surprends même plus de ce vide existentiel. Il est là, présent, partout où je pose les yeux, partout autre que sur Facebook. Je me suis choqué contre moi aujourd’hui, parce que j’en ai voulu intérieurement à mon amie. Inutile. Inutile et ridicule. Alors que mon ex est allé vivre chez elle, elle a posté le soir même une photo de leur souper. Mon ex, le sourire aux lèvres, magnifié par la vie facebookienne, versus mon moi-même, assis devant l’ordinateur, seul, se sentant presque rejeté de quelque chose qui le fait pourtant suffoquer : lui !

C’est alors que le scénario se déroule. On revoit toutes ces photos sur un profil, on se revoit à explorer la moindre information avec avidité, à sentir son cœur battre (vivre à toute allure) parce que l’ex a publié un nouveau statut, un nouveau vidéo ou qu’il était par « hasard » au même endroit que nous quelques heures plus tôt. Des heures entières à encourager cette fausse perception du bonheur de l’autre. À se sentir inutile dans sa vie, parce que pour nous, l’amour n’y est plus. Mais derrière toute image se trouve une vérité qu’il faut savoir décoder; chose que la vitesse des réseaux sociaux ne nous permet plus. La consommation instantanée de la vie des autres. C’est bien là ce qui est offert la plupart du temps.

Et tout ça me fait sourire. Il faut bien sourire d’avoir été aussi con. De se sentir exclu en raison d’une simple photo publiée sur Facebook. Le problème, c’est que je suis convaincu que je suis loin d’être le seul à avoir été entraîné dans une obsession malsaine pour la vie supposément merveilleuse d’un ex. Combien avez-vous d’exs sur votre Facebook ? Combien de petites victoires ou de grandes déceptions avez-vous vécues en lisant leurs statuts, en voyant leurs photos ? À quoi mène toute cette hypermodernité comme se demande justement Langelier ?

On dit souvent que seul le moment présent « compte » vraiment. Mais il faudrait peut-être réviser notre définition du présent. Car devant un ordinateur, tout ce flux instantané qui sort, c’est surtout un vomissement infini de clichés, de règlements de compte ou vantardise provenant d’une insécurité profonde.

Alors quand je reviens à moi ici, quand je pose les vraies questions qui font hausser les yeux en l’air de plusieurs lecteurs sûrement… quand j’entends que je me plains trop, que je chigne un peu trop souvent sur le pauvre sort de ma vie, c’est plutôt une bonne chose finalement. Je crois que je n’ai pas à m’excuser d’oser poser les questions chiantes. C’est aussi ça la vraie vie. Mettre le paraître de côté et s’observer nous-mêmes dans le miroir; voir la trace de nos erreurs, tenter de les analyser et comprendre inévitablement qu’il faudra les répéter deux, trois fois avant de pouvoir réellement avancer.

La semaine qui vient de s’écouler m’a fait vivre des émotions différentes aux deux secondes, un melting pot d’émotions. En quelques phrases, passer de la frustration au désir, de la haine à l’amour, de la violence des mots à la douceur des gestes. Chercher les traces d’amour et se buter toujours à un non-sens. Se demander à quoi tout cela rime. Pourquoi en être encore au même point après tout ce temps ?

Je suis la représentation même de l’hédoniste qui s’assume. Celui qui va le plus loin possible au nom du plaisir; parce que le plaisir peut toujours être plus grand, plus marquant, plus violent. Mais il arrive un temps où il faut tuer le plaisir, aussi bon soit-il encore. Il faut le tuer avant d’avoir envie de se tuer soi-même lorsqu’on ne vit pas ces plaisirs ultimes.

Il n’y a pas d’excuses. J’ai passé ces deux dernières années de ma vie à « attendre le plaisir ». À petite dose, un moment volé par-ci par-là. J’ai même réussi à planifier l’horaire de mes plaisirs. Heures et agenda à l’appui. Pour que tout soit magnifié, pour que le « trip » soit réalisé selon des règles encore plus intenses que les règles de l’Art. Et finalement, chaque fois que le plaisir me laissait tomber dans ses derniers soubresauts, il ne me fallait qu’une respiration supplémentaire pour me rendre compte du long vide à venir. Il était déjà là. Après la petite mort, le désir mélancolique d’avancer notre vie sur fastforward, ou plutôt de mettre notre existence sur pause, comme si rien d’autre n’avait d’importance.

Le constat que je fais aujourd’hui est encore plus grave. Car je me rends compte que le plaisir a toujours compté avant toute chose. J’ai compris mon exaspération, ma frustration et mes agressions de scorpion quand je me suis rendu compte que tout ce que j’aimais dans ma dernière relation était simplement et uniquement le plaisir. Tout ce qui n’était pas plaisir m’irritait.

Ce plaisir est générationnel. Enfants des baby-boomers, on essaie de le vivre longtemps, d’étirer la sauce et de rester éternel adolescent. Pour nous, vieillir ne peut pas nous empêcher de vivre les nombreuses nuits blanches. Et c’est bien là qu’on se trompe.

Vieillir, c’est accepter petit à petit de se détacher des niaiseries qui virevoltent autour de nous. C’est prendre une grande respiration et se dire que c’est simplement une autre étape qui commence. Il faudra faire quelques deuils supplémentaires pour le comprendre vraiment, mais la plus grande vérité nous a déjà été dévoilée depuis longtemps : Baby… you’re gone.

 
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