Nous sommes le 7 février, déjà. Comme le temps file. En même temps, heureusement quil file, parce que sinon, on serait toujours au même point. La vie continue, la plupart du temps, elle me satisfait. Je ne fais pas pitié, bien au contraire. Outre ma vie amoureuse un peu décalée, je pourrais dire que je suis assez heureux de moi. Mais comme dans toute chose, quand il y a un « bobo » quelque part, on dirait que le corps fonctionne mal, malgré ses plus grandes joies.
Peu à peu, je recommence à me concentrer sur ma vie, sur mes projets. Je délaisse lattente, le désir, lenvie et surtout la jalousie. Ce nest pas vraiment facile dagir ainsi, surtout quand le spectre de notre ex plane toujours dans les parages. Même sil nest pas là très souvent, le fait de le savoir encore là par moment menlève toute guérison par le temps. Mais je lai choisi, et je vais lassumer jusquau bout, parce que je suis comme ça, jaime les histoires qui sétirent, qui deviennent des regrets; des histoires que lon aurait pu écourter, mais dont mon cur avait encore soif, un peu comme si je faisais une drogue dure. Et Dieu sait que les « downs » sont nombreux après coup, mais on finit toujours par se dire que « ça valait quand même le mal ». Pourtant, grâce au temps, ça avance. Tranquillement, mais ça avance. Les grands drames seffacent, la tristesse aussi. Il y a toujours un remous après son passage, surtout sil vient se faire chercher en voiture par son nouveau mec. Mais bon, ça fait partie de la « game », nos chemins arrivent bientôt à lintersection fatidique. Durant le reste du parcours, il faudrait quand même que je réussisse à mieux me contenir. Quand il me dit en face à face quil ne dort pas à la maison ce soir, je change toujours de comportement, comme si javais une grande frustration à lintérieur de moi. Et il le remarque, me dit que mon ton a changé depuis quil ma annoncé quil ne dormait pas ici. Oui, ce doit être le fait de voir quil a maintenant une autre vie stable, une double existence. Il sefface avec moi pour exister pour lautre. Cest en plein ce phénomène-là, oui.
Alors, il faut me changer les idées. Et vive le travail, parce quau final, il ny a que cela qui arrive à réellement attirer ma concentration sur autre chose. Le « timing » était bon. Travail travail travail. Telle est ma vie jusquen mars. La job au Ministère de lÉducation va bien, jaime beaucoup mon équipe et mon superviseur, pour parler comme un jeune ado qui fait lépreuve au cégep : « Cest chill » haha. En plus du travail pour le gouvernement, je continue toujours à travailler comme manager publicitaire. Mes employés chignent un peu plus, parce que je ne peux plus leur répondre aussi rapidement quavant; donc je dois travailler à cela durant mes pauses de travail, puis après un entraînement au gym en fin daprès-midi, je retourne vers le travail jusquà onze heures ou minuit. Et entre tout cela, je trouve quand même le temps délaborer la promotion de mon nouveau roman. Pour linstant, je suis très satisfait des résultats. La couverture me plaît, la quatrième de couverture aussi. Il y a bien ma photo que je ne trouve pas géniale, mais je fais confiance à mes éditeurs pour cela. Jai eu lidée de tourner une bande-annonce pour le livre, et la maison dédition a apprécié lidée, si bien quelle a proposé à Joseph Elfassi décrire le scénario. Il a lu le livre et il a eu dexcellentes idées qui me plaisent réellement. Nous devrions faire 2 jours de tournage avec 4 ou 5 comédiens. Cest une autre dimension qui mintéresse énormément, car je crois réellement au potentiel de la bande-annonce. Cest tout nouveau pour les livres, surtout au Québec, où je connais seulement Jean-Simon DesRochers qui la fait (très bien dailleurs). Jai très hâte de voir les résultats, et encore une fois, ça me permet doublier un peu plus Luc il séloigne comme le souvenir.
Samedi après-midi, je suis allé au « Dieu du ciel » avec un mec que javais rencontré pendant 24 heures en Angleterre pour faire un concert de Radiohead à Hammersmith, au théâtre Apollo. Il mavait dépanné et mavait hébergé dans sa résidence universitaire. Cétait en 2006, lors de mon périple dune année en Europe. Un mec super sympathique, avec qui jadorais parler de musique. Il est déménagé avec sa copine à Montréal. Ils sont charmants tous les deux. Nous avons bien discuté et bien bu, dans une ambiance fraternelle, et jai trouvé la vie spéciale. Non, mais cest vrai. Il y a des gens que lon croise comme cela, que lon pense ne plus jamais revoir, et comme par magie, les années passent, et voilà quils réapparaissent dans notre vie. La vie nest pas faite que de départ. Évidemment, cela fonctionne moins bien si cest une personne très importante qui disparait et qui revient des années plus tard. Dans ce cas, cest plus bouleversant quautre chose. Quand on ne connait pas trop la personne, mais que celle-ci passe dans notre vie et sefface rapidement, il y a un plaisir à la retrouver des années plus tard, parce quon se rend maintenant compte de leffet positif de cette personne sur notre vie. Bon, jextrapole un peu, bien sûr, mais reste que je viens peut-être de trouver un nouveau partenaire de concert à Montréal !
Aujourdhui, je vais aider ma cousine à préparer un exposé à lITHQ. Il faudrait que je trouve aussi un moment pour aller magasiner de nouveaux vêtements. Ma garde-robe tourne en rond ! Deux jours de « congé » par semaine, ce nest réellement pas assez. Il y a un problème avec notre société. Je narrive pas à comprendre comment des gens peuvent travailler 40 heures semaine tout en ayant une vie extérieure. Je comprends un peu plus pourquoi tant de personnes restent « scotchées » devant leur téléviseur. La vie de travailleur draine toute lénergie dun individu. Quil soit serveur ou chauffeur de bus. Ça na pas dimportance. Moi-même qui suis assis devant des copies à corriger chaque jour, le soir venu, je roule des yeux devant la 2e partie de mon travail. Bref, je suis une petite nature aussi. Jexagère souvent. Jai réellement hâte au 2 mars, retour dune certaine liberté, dun peu plus de temps personnel, et là, aucune excuse pour ne pas écrire avant le prochain contrat. Les mois de mars et davril seront dédiés à lécriture !
Samedi soir, jai reçu lappel de Valérie. Nous navons jamais été très très proche, mais cest toujours une fille que jai trouvé super sympathique. Elle vit un peu ce que jai vécu en septembre : la rupture. Ça ma fait du bien de lui parler. Je me suis rendu compte que même après seulement quelques jours de rupture, elle était rendue déjà plus loin que mon propre cheminement. À chacun son laps de temps. En discutant avec elle, je me suis quand même rendu compte que javais fait du progrès. Je suis mieux dans ma peau ces temps-ci, jaccepte mieux léchec amoureux. Il faut voir le positif dans tout : la vie samuse à nous faire réfléchir en nous trainant sur des chemins cahoteux. Il faut laccepter. Accepter de le vivre, accepter davancer vers linconnu, mais surtout, souvrir au renouveau, souvrir à lautre que lon ne connait pas. Jen suis là. Prêt à mouvrir, prêt à commencer une nouvelle histoire, un nouveau chapitre. Ah ! Sacré vie !
Ce site est voué à nouveau départ très bientôt aussi. Il est temps de se refaire une peau neuve, de se préparer à une nouvelle plateforme, à une nouvelle interactivité avec mes lecteurs. Bientôt, vous aurez le pouvoir de répondre directement à mes entrées de blogue. Cest effrayant et excitant à la fois. À suivre
30 janvier 2010
Je me souviens (encore)
Cesse de faire lenfant.
Je ne fais pas lenfant. Je te dis seulement que je ne suis pas à laise.
Tous mes amis narrêtent pas de me dire que tu fais des enfantillages en ne voulant pas le rencontrer.
Tous tes amis ? Parce que tu en as parlé à 5 ou 6 amis peut-être ?
Oui. Et alors ?
Et alors ! Cest sûr quils vont dire ce que tu veux entendre. Ce sont tes amis !
Ben ! Je leur ai raconté lhistoire de notre rupture quand même !
Oui, bien sûr une seule version de la médaille. Cest clair quils ne seront pas de mon bord. De toute façon, quest-ce que ça change ?
Ça change que je paie un appartement où je ne suis jamais.
Je ne tai jamais empêché de venir à lappartement. Après la dispute de samedi soir, où cest toi qui faisais lenfant dailleurs, tu es disparu pendant 5 jours !
Javais mieux à faire ailleurs !
Ben je lai pris comme si tu étais frustré et que tu voulais me faire payer. De lenfantillage comme tu dis !
Cétait pas le but.
Ah bon. Je dois me raconter des histoires encore.
Oui sûrement. De toute façon, je suis tellement mieux dans lappartement de mon chum quici ! (sourire moqueur. Sourire moqueur parce quil est dans un environnement plus hi-teck, parce que lappartement doit paraître plus moderne, plus riche, plus tout ce quil aime tant en tant que matérialiste).
En tout cas.
Alors, on va aller prendre un verre avec lui samedi. Okay ?
Je sais très bien où tu veux en venir. Ce sera ça, puis ensuite un peu plus, puis ensuite vous allez dormir ici, puis je vais me réveiller le matin avec ton mec dans la salle de bain. Tu veux me montrer que vous êtes Oh si heureux ? Tu veux que je sois plus déprimé encore ?
Pourquoi tu dois rendre tout comme un problème ? Tout doit être dramatique ? Tu attires la chicane. Cest ça. Dès que tu es là, il y a de la chicane.
Oui Luc. Ça doit être ça. Je crée la chicane moi-même et je me chicane avec moi-même aussi. Il faut être deux, tu sais
Si tu le rencontrais, tu verrais que tu retirerais ce que tu as dit sur lui.
Ce que jai dit ?
Ouais.
Je nai rien dit de mal sur lui. Absolument pas même. Je suis sûr quil est super, et je nai rien contre lui. Jen ai contre le malaise que je ressens à vous imaginer dormir ensemble à moins de 3 mètres de ma chambre.
Criss ! Il faut que tu le rencontres là ! Ça assez duré. Ce serait dans le cycle naturel des choses.
Le cycle naturel des choses ?
Oui, ça va de soi !
Ah oui ? Combien en as-tu rencontré de nouveaux mecs de tes exs ?
Combien ?
Aucun.
Bon voilà.
Il a fini pas me dire que si je ne voulais pas encore rencontrer son homme, cest que jétais encore amoureux fou de lui. Non. Je ne suis pas amoureux fou de lui. Mais reste que dès que je remonte la pente parce quil disparait, il suffit de quelques secondes pour que joublie que nous ne sommes plus ensemble quand je le revois.
Nous navons plus rien à nous dire. Silence. Silence pire quun silence entre deux colocataires. Si bien que jai dit que cétait plate, que jai tourné les talons et que je suis allé massoir devant mon ordinateur.
Se refaire une vie. Se refaire une estime de soi. Se dire que lon est beau. Que lon peut plaire encore. Que lon peut rencontrer des gens différents de lui. Des gens qui sauront sintéresser à ce que lon fait, à ce que lon dit.
Au centre de correction du gouvernement, il est possible découter notre lecteur Mp3, et jai eu la brillante idée de fouiller dans mes disques dadolescence pour y dénicher des trucs que jécoutais il y a plus de cinq ans. Je suis tombé sur Damien Rice. Le disque « O ». Quelle mauvaise idée ! Plusieurs larmes sur mes copies. Des larmes silencieuses. Des larmes qui me prouvent que chaque fois que je le revois, ça me bousille encore à lintérieur. Alors, je nimagine pas comment je serais bousillé si en plus je le voyais « live » devant moi avec son mec. Je ne sais pas jai juste pas envie de vivre cet état, de me sentir déstabilisé, de devoir sourire alors que jaurais sûrement juste envie de menfermer dans ma chambre, de cesser de respirer et de faire le mort.
Et pourtant, je sais que Luc prépare son « coup », que ça aura lair dun hasard, mais quil y aura probablement une belle orchestration. Et ensuite, je vais sentir le sol déraper sous mes pieds; perte de contrôle, perte de sens, perte de tout.
On va parler un peu plus crument, je crois. Il est temps que je me trouve un baiseur. Quelquun qui saura faire ce quil a à faire, qui pourra me faire oublier le plaisir vécu avec mon ex, qui me fera ouvrir les yeux, me faire dire : « Putain ! Avoir su que ça existait aussi ailleurs ! » Le problème, cest que je nai pas de technique de crouze, et je nai pas envie de rencontrer quelquun pour la baise. Je ne veux pas de chum, mais je ne veux pas un corps anonyme. Jaime construire une unité avec quelquun, un mystère que lon dévoile progressivement, quelque chose qui sort aussi de la chambre à coucher et qui nest pas étrange ou anormal. Une complicité que lon sent grandir. Le désir de lautre quand il nest pas là. Lenvie profonde dans le bas-ventre quand on sait quon lattend, quil arrive Je ne sais pas ce qui en est de la suite, mais jespère quil ny aura pas un délai de 3 à 4 ans avant que je redécouvre une fusion qui me plait. Mais bon moi et la déception, on est ami-ami. Après Jean-François, ça maura pris 4 ans avant de trouver Luc. Je sais que cest ridicule de compter le « sort » ainsi. Mais bon Il y a parfois des paroles qui nous sont dites et qui font très très mal. Et même si on essaie de se défendre, ça ne sert à rien, parce quon aura beau dire ce quon veut, lautre a déjà son idée claire dans sa tête. À force de me faire dire que je namène que de la chicane, que je suis quelquun qui aime le drame, et toute sorte de trucs du genre, jen viens à y croire, à perdre mon sourire et ma joie de vivre, en me disant : Et si cétait réellement vrai ? Si cétait entièrement moi le problème ?
Cest con, jai peur de la suite, de la suite de la vie. Et pourtant, jai la certitude que lorsque la page sera réellement tournée, je vais men vouloir davoir « gâché » tout ce temps à me plaindre, à réfléchir à lui, à mattrister de cette « perte », à pleurer le passé. Luc me rend le plus grand des services, mais je narrive pas à le concevoir encore de cette manière-là.
24 janvier 2010
Fêtes et Fierté
Cest fou ce que le marché de lemploi nous demande de sacrifier pour réussir à vivre en ayant un job cinq jours sur sept. Je narrive pas à croire que tout le monde travaille 40 heures par semaine et trouve un sens à leur vie. Présentement, je peux calculer que je travaille 65 heures par semaine, et tout ce que je veux faire en arrivant chez moi, cest boire de lalcool jusquau lendemain. Mais les lendemains deviennent de plus en plus difficiles. La roue infernale senclenche. Je ne suis pas fait pour travailler au quotidien.
Aujourdhui, jai révisé la version finale de « Comme si de rien nétait ». Jai donné le okay à mes éditeurs. Il me reste à établir un plan promotionnel. Parce que cest bien beau, publier, mais il faut vendre aussi. Et ça, cest la partie un peu plus difficile, parce que les gens qui aiment te lire sur Internet ne sont pas toujours prêts à payer 20$ pour acheter un livre de toi. Dans notre ère où tout est gratis, cest un peu problématique. Mais comment en vouloir à quelquun, hein ? Moi-même je télécharge de la musique. Alors Enfin, jaimerais quand même en vendre beaucoup. Pour me dire que je suis arrivé à quelque chose dans ma vie, pour me dire que cest le début dune belle histoire, que je trouve ma voie tranquillement
Ce soir, mes parents sont venus me chercher en limousine. Surprise pour fêter ma réussite à la maîtrise et la prochaine publication de mon roman. Je ne savais rien de leur plan. Nous nous sommes promenés autour des écoles que jai fréquentées. Comme pour revoir le parcours initiatique. Bouteille de champagne. Fierté des parents. Cétait très bien. Ensuite, nous sommes arrivés dans un restaurant chic dans le Vieux-Montréal. Tout le monde de lendroit avait été mis au courant de ma prochaine publication. Les félicitations fusaient de toute part. Un peu gênant. Notre serveur était très sympathique. Très séduisant aussi. Il veut appliquer en création littéraire à lUQAM. Évidemment, je lui ai vendu McGill. Et cest drôle, mais de par nos conversations sur lécriture, jai remarqué que mes parents arrivaient mieux à saisir ce que cest que décrire, de ressentir le besoin de la création, de ne vivre que pour ça, ou presque. Ça faisait du bien de voir une autre personne exposer tout ce que je vis au quotidien par rapport à lécriture.
Bref, entre tout ça, une seconde bouteille de champagne. Souper cinq services. Exquis. Et ma mère, qui verse quelques larmes de bonheur tellement elle est fière de son fils. Cétait touchant, touchant dinverser en quelque sorte les rôles, de consoler le bonheur de ma mère, alors quelle a tellement consolé mon malheur. On a même discuté dhomosexualité ouvertement. Jai avoué des trucs assez intenses aussi, concernant mon histoire avec mon ex. Mon père na pas trop été mal à laise. Et à travers toutes nos conversations, jai senti que le côté adulte prenait lentement la place sur la perception adolescente quils pouvaient avoir de moi. Cest quand même ironique, parce que plus la soirée avançait, et plus on se saoulait. Et est arrivé un moment où la tête de ma mère sest remplie de bulles. Le champagne a frappé. En sortant du restaurant, un petit accident. Heureusement que la limousine nétait pas loin. Je pensais que ça allait passer, mais rendu chez moi, un autre accident. Luc était là.
Je suis allé reconduire ma mère jusquaux toilettes, puis je suis revenu le voir. Il avait lair frustré (comme il a lair depuis plusieurs jours dailleurs). Il ma demandé sèchement de quitter la pièce, parce quil ne voulait pas que je lise ses logs sur gay411. Jai trouvé ça ridicule. Mais ensuite, il a lancé une phrase de trop. Du genre : « Quand est-ce quelle sort de là, elle ? Jai envie de pisser. » Eh bien, « elle », cest ma mère espèce de petit égoïste ! Et ce nest pas parce quelle est malade de boisson que ça te permet de parler delle sur ce ton. Je vous jure, je pense que si je ne métais pas contrôlé, je laurais envoyé chier. Mais jai pris sur moi, et tout ce que je lui ai envoyé, cest de ne pas parler de ma mère comme ça. Jai été sec, mais ça demandait une bonne rectification. Pas sûr que si javais dit un truc du genre sur sa mère, il aurait laissé ça couler. Eh bien, monsieur sest offusqué que je lui parle sur ce ton. Et il a claqué sa petite porte.
Quand mes parents ont quitté, Luc en a profité pour aller prendre sa douche. Et tout de suite après, il est parti dans sa chambre. Complètement frustré. Jai pilé sur mon orgueil, je suis allé le voir pour excuser mon ton, mais pour lui dire quil navait pas à parler de ma mère de cette manière. Eh bien il a joué la carte de linsulté, ma demandé de « crisser le camp » de sa chambre et de fermer la lumière. Sérieusement, je pense que je devrais aller le remercier. Chaque fois quil fait un geste du genre, je guéris un peu plus. Lamour senvole de plus en plus. En fait, lamour ny est plus. Les habitudes restent, mais le sentiment pur est malheureusement terni depuis longtemps. Je plains presque le mec de Luc. Sil savait ce à quoi il doit sattendre. Mais bon, ce nest pas gentil de dire du mal de quelquun publiquement, et de toute façon, ce nest même plus du mal. Jen suis presque arrivé au point de ne plus avoir démotion concernant ce sujet. Jai aimé quelquun, je lai perdu, je lai regagné, et il ma encore abandonné. Jai fini de perdre mon temps. Cest une phrase que je me dis souvent ces temps-ci. Je crois que Luc mamène beaucoup de négativité. Il minfluence aussi très facilement, et finalement, les décisions que je prends quand il est là ne sont pas souvent de bonnes décisions pour ma vie et pour mon avenir. La page est là, prête à être tournée, cest comme si javais étrangement limpression que jétais un oiseau qui allait bientôt connaître la liberté. Retrouver mon sourire denfant, ma joie de vivre naturelle, ma passion pour la découverte de lautre. Soyons francs; Luc ne sest jamais intéressé à ce que je faisais, je nai jamais eu dencouragements de sa part, il ne ma même pas parlé de mon roman; rien de ce que je faisais ne le touchait réellement. La base du couple nest-elle pas de sintéresser le moindrement à ce que réalise lautre ? Au début, je me disais : « Cest tant mieux ! Je sors enfin avec un homme qui ne « trip » pas littérature, qui na pas le besoin de me lire au quotidien sur ce journal ou même dans les uvres de ma vie », mais finalement, je me cachais probablement bien des choses dès le départ. Je pense que pour que deux personnes sentendent bien, il faut absolument quelles sencouragent mutuellement, quelles se posent des questions, quelles se motivent entre elles. Oui, Luc ma félicité lors de mes grands coups, mais dès le mot prononcé, on passait vite à autre chose. Voilà pourquoi je mennuyais tant des conversations profondes qui duraient des heures avec Tania, ou même avec Sébastien.
Alors, voilà. La vie est ironique (comme dhabitude). De septembre à décembre, je me suis apitoyé sur mon sort; la vie navait aucune saveur, je ne faisais rien de mes jours ou presque. Aujourdhui, je travaille pour le gouvernement, je rentre vers 18h après un entrainement au gym (ou à la piscine, ou au Badminton) et je travaille encore sur le net jusquà minuit. Entre tout cela, je finalise mon roman à paraître. Je nai plus le temps de moccuper dun homme qui ne veut plus rien savoir de moi depuis des mois. Je suis maintenant libre. Libre pour de bon. Libre et ouvert à toutes les rencontres. Je suis enfin bien avec moi-même. Dans le fond, je chigne sur la présence dune trop lourde charge de travail, mais en même temps, je sais très bien que cest cela qui est en train de me sauver.
Demain, je vais parler à mon attachée de presse. Jaimerais organiser un gros lancement de livre. Vous viendrez ?
18 janvier 2010
Comme si de rien n'était
Eh bien, ça y est. Je peux enfin l'annoncer officiellement. Mon roman "Comme si de rien n'était" sortira au Québec le 9 mars 2010. En France un peu plus tard probablement. Merci de m'encourager, chers lecteurs et chères lectrices !
Annonce générale : Je recherche quelquun qui est créatif, qui aime faire de la vidéo. Je voudrais faire un vidéo dune minute ou deux, à propos dun de mes textes : je vous donne le texte à lire, vous avez carte blanche pour tourner le vidéo qui vous inspire, tant que mon nom, le nom du texte et mon site internet se retrouvent au moins cinq secondes à la fin. Si vous êtes intéressé, écrivez-moi svp. Vous avez jusquau début mars. Soyez créatif, cela pourrait vous permettre de vous faire un nom. Je vous expliquerai
15-16 janvier 2010
La journée la plus longue
Recommencer à travailler. Se lever tôt le matin. Mettre son cadran. Voir le soleil se réveiller.
Tous ces petits détails tous ces petits détails de la vie de travailleur. Retour à la job. Retour à la quotidienneté. Il fallait bien que ça arrive. Il faut bien payer le loyer.
Ma vie est une corde raide où je pose pied, en équilibre, tentant de ne pas chavirer dans le vide. Et malgré tous les drames autour de moi, je crois que je garde le cap. Oui, je tiens bien. Il le faut. Cest ça vivre après tout. Je pense, je crois. Il est trois heures du matin. La journée la plus longue de 2010. Une journée qui a commencé par la rage. Réveillé par moi-même vers 10h du matin. Oups, je devais me lever à 7h25. Le cadran na pas sonné. Stupide cadran. Cétait la journée la plus importante. Arrivé vers 10h30 au boulot. Tout le monde sait qui je suis. Cest normal, jétais le seul qui nétait pas à lheure.
Une journée qui avance lentement. Mais en même temps, toutes les journées de travail avancent lentement. Corriger une faute par-ci, une autre par-là. Lire des conneries, du genre : « Leau est une ressource très importante dans notre vie, les femmes aussi » Sujet amené bidon. Un parmi tant dautres.
16h00. Heure du départ. Je suis une collègue dehors. Elle me suggère de traverser la rue. Jaccepte. Et tout à coup, à dix mètres de distance, je le reconnais. Cest lui, il ny a pas de doute. Jaurais pu le reconnaître dans une foule de 10 000 personnes. Il marche vers moi, avec son sac dentraînement. Tout se passe trop vite. Trois secondes trop folles, trois secondes que jai déjà oubliées. Je mentends prononcer : « Tiens donc ! Salut ! Salut ! ». Un ton joyeux, comme si les huit dernières années navaient pas existé, comme si on sétait vu la veille. Jean-François me regarde; des yeux vides, où il ny a aucune émotion. Mon premier amour ne me reconnait pas. Et je suis tellement bouleversé par cette rencontre que je garde le sourire. Je continue à marcher. Je ne me retourne pas. Je ne sais même pas sil sest vraiment aperçu que cétait moi. Mais dans le fond de mon être, il me semble évident quil savait qui jétais. Ça maura pris huit années avant de le croiser dans une rue de Montréal. Huit ans dattente que je nattendais plus. Mais le bouleversement est si grand; il ma tordu lestomac, il ma crissé à terre. Je me suis mis à réfléchir un peu, à me dire quun jour, dans 10 ans peut-être, jallais sûrement croiser Luc de cette façon aussi. Au détour dune rue anonyme. Comme ça, sans avertissement. Et cest là que ça blesse, car il ny a aucun moyen de prédire, il ny a aucun préliminaire, pas de préparation. Personne ne nous dit que nous allons frapper un mur aujourdhui. Jai frappé le mur de plein fouet. Bang. Son visage na pas changé. Ses yeux bleus se sont couverts dun léger brouillard, comme si la vie lui avait fait voir des choses quil voulait oublier. Je suis déçu en un sens, car comme dans les rêves de princesse, jaurais voulu quil sarrête, quil me demande poliment comment je vais, ce que je deviens. Mais rien. Pas même une hésitation dans sa marche. An Ending story. Forever. Comme quoi, quand quelquun décide que lon devient « absent », on reste absent pour la vie, on disparait pour de bon, pour toujours.
Je suis rentré dans un appartement vide. Me rappelant que jétais célibataire depuis septembre. Je suis allé acheter une bouteille de Captain Morgan. Encore mon meilleur ami qui revient vers moi. Et quand jai tenté de trouver les limes dans le frigo, je me suis rendu compte que mon ex les avait tous mangées. Jai hurlé de rage, de frustration. Putain de journée de merde.
Annie est venue faire son tour, pour maider à boire, pour ne pas que je me perde dans lalcool et que je me retrouve le menton sur le plancher. Thomas est arrivé quelques heures plus tard. Belle soirée, à discuter, à refaire le monde. Jusquà minuit au moins. Annie est repartie alors que la bouteille était vide. Thomas est resté. Jai bien vu quil était sur la corde raide. Au bord du précipice. Et je me sens tellement impuissant dans ces moments-là. Jai les larmes aux yeux automatiquement. Je ne peux pas concevoir que mon meilleur ami naille pas bien, quil ne se sente pas bien dans sa peau, quil ne sourit plus à la vie. Parler aide, certes, mais je minquiète, et ça me forme une boule dans la gorge, parce que je mimagine toujours des scénarios fous, des trucs dingues, des trucs que personne ne veut imaginer, des trucs que je dois être le seul à penser.
Au final, il y a tellement de gens dans la vie. Tellement de gens que lon pourrait aimer. Mais on choisit bien ceux qui obtiennent notre amour. De mon côté, je ne peux pas dire quil y ait tant de gens qui « bénéficient » de cette preuve damour de ma part, mais je sais en même temps que je pourrais donner ma vie pour sauver deux ou trois personnes. Et plus je vieillis, plus jai mal de voir ceux qui mimportent se diriger vers une pente dangereuse. Que faire ? Que dire ? Tout ce que je peux offrir, cest de lamour, de lécoute ou des paroles à la pelle. Je ne suis bon que pour ça; réfléchir, penser, parler
Jai vécu une journée très étrange aujourdhui. Je nai pas vu mon ex la veille. Je ne le verrai pas de la fin de semaine non plus. Distance étrange. Distance qui mindique encore une fois que la vie nous enlève toujours ce qui nous est trop confortable. Je nai plus mal, je me concentre sur le travail, sur les projets personnels. Mais quand même. Voir mon premier amour ma fait réfléchir (!) à tous ceux qui ont suivi ensuite. Je connais déjà la finale de mon prochain roman; une finale qui abordera toutes les personnes qui passent dans nos vies; leurs regards, leurs sourires, leurs paroles, leurs philosophies, leurs corps, leurs rires, leurs sexes On dit quon recherche souvent la perle rare, mais la perle rare nexiste pas. Elle passe comme une étoile filante. Un flash. On le saisit, mais on ne peut jamais le retenir. Il en va de même pour lamour, pour la réalité de lamour. Lamour / le couple : un flash de quelques mois, de quelques années, tout au plus.
Non, je ne suis pas amer. Seulement lucide. Je crois quon se souvient beaucoup de nos ennemis. Parce que ça fait moins mal. On aime se souvenir de quelquun que lon a détesté, parce que si on pensait à tous ceux que lon a aimés, on serait triste pour le restant de nos jours. La vie nous apporte tellement de bonheur, mais elle nous le retire tellement vite. Étoile filante dans un ciel éteint. Deadline. Tout a une fin. Dès le début des premiers sentiments, on devrait savoir que le compteur tourne. Mais on se perd dans les habitudes, dans le quotidien, et on oublie trop souvent que, bien vite, le nouvel amour se conjuguera au passé. Et ainsi de suite, jusquà ce quon dérape en voiture, jusquà ce quune attaque cardiaque nous surprenne, jusquà ce quun cancer envahisse notre être. Cycle de vie. Retour à la terre.
Choisissez bien vos ennemis, car ce sont eux qui vous offriront vos meilleurs souvenirs.
10 janvier 2010
Le changement cest pour maintenant !
Il est temps de tout renverser, de cesser de pleurer sur son petit sort de pooooovrrreeeee célibataire et de foncer tête première vers les projets qui mont toujours tenus à cur, et que (avouons-le) jai souvent mis de côté pour des raisons relationnelles.
Il y a deux jours, jai révisé une dernière fois mon manuscrit. Un manuscrit qui men aura fait voir de toutes les couleurs, qui men aura fait baver beaucoup, mais en même temps, cest un manuscrit qui ma fait rire, qui ma fait pleurer et qui ma fait me remettre en question plusieurs fois. On ma souvent accusé de faire du grandiose trop tape-à-l'il, daimer les événements tragiques, les questionnements trop axés sur la sexualité. Mais au final, regardez dans quel monde on vit, regardez ce qui défile sous vos yeux à la télévision. Des nouvelles dramatiques, des drames violents, la nature qui se déchaîne ou encore toutes les déclinaisons possibles des vices sexuels les plus intimes balancés à la face de tous. Quon ne se demande pas pourquoi lécrivain moderne est plus incisif, violent et décadent ! Et vous savez quoi ? Je men fou, parce que malgré tous les événements « cruels » sur lesquels je peux écrire, ce qui mimporte réellement, cest lémotion humaine, le cri incompris, caché au fond de la gorge de quelquun, celui qui brise la personne, qui la change pour le reste de sa vie.
Jai eu mon lot de souffrance ces derniers mois, et cest un parcours que jai choisi daffronter, parce que cétait ma décision (et donc ma responsabilité) que de revenir avec un homme qui mavait déjà jeté une fois. Jai pris cette « chance » daller au bout de lhistoire, de voir jusquoù la destruction de lamour pouvait aller. Car je ne me cache pas le visage; chaque jour, je regarde lamour séteindre un petit peu plus. Grâce aux gestes de rejets, grâce aux « non » secs et directs, grâce à toutes ces petites attentions de couples qui nexistent plus, grâce au silence qui plane la plupart du temps dans lappartement. Mais aujourdhui, ce silence est devenu un « recueil spirituel ». Il me permet de retomber sur mes « pattes », de reprendre contact avec la réalité. Lamour nous soulève, elle nous soulève parfois tellement que lon perd tout contact avec nos désirs (autre que les désirs sexuels). Javais oublié que lécriture était ma vie, que sans les mots, je ne pouvais pas exister. Javais oublié le plaisir daligner des lignes, de voir des personnages vivre dans notre tête, et de finir par les connaître tant quon les croit presque vivants. Jai appris grâce à ma dernière relation amoureuse. Jai appris que toutes les concessions ne sont pas toujours bonnes à faire. Mais surtout, jai appris quil y a des concessions qui se font sans que lon donne réellement son consentement. Je nai jamais désiré arrêter décrire, mais je me suis rendu compte quau fil du temps, lécriture sest éloignée. Je naccuse pas mon ex. Ce serait trop facile de jeter le blâme sur quelquun. Non, je nai que moi à accuser. Cependant, les « expériences » de la vie qui deviennent des « habitudes » naident pas. Et cest souvent les gens que lon fréquente qui nous poussent vers ces expériences (qui ne devraient que rester expérience justement). La consommation excessive, au lieu dentraîner lécriture, léloigne rapidement. Jai toujours adoré écrire avec un verre de vin à la main, mais je nai jamais réussi à sortir une ligne avec un joint entre les lèvres. Alors la voilà ma nouvelle résolution pour 2010; me remettre à lécriture plus intensivement. Jai 4 chapitres qui dorment depuis novembre en rapport avec mon prochain roman. Il faut que je me lance. Cest le temps parfait pour ça.
Beaucoup de projets décriture qui se mettent en branle. Je nen parle pas tout de suite, car jai toujours limpression que cela porte malheur. Mais disons que jai commencé lannée avec une bonne nouvelle. Jattends simplement que le tout soit réellement officiel pour en parler. Et je suis en train de monter un dossier « marketing » assez intense. Jai plusieurs paris à tenir avec moi-même, et jai aussi une curiosité pour voir jusquoù la magie du web peut aller. Jaurai besoin de vous, chers lecteurs. De petits gestes, rien dextrême. Mais parfois, jai de la difficulté à croire que certaines personnes me lisent depuis que jai lâge de 17 ans. 10 ans à lire lado devenu adulte. Beau cas de sociologie !
Je recommence à travailler à temps plein dans 3 jours. Je ne sais pas à quoi mattendre. Jai beaucoup despoir dans ce contrat avec le gouvernement. Lespoir en la routine et la quotidienneté des choses. Qui laurait cru ? Et pourtant je crois que jai besoin, du moins pour quelques mois, dêtre plus assidu dans mes horaires, dêtre plus impliqué dans la vie montréalaise. On croit toujours quon ne peut pas changer grand-chose dans le monde, mais jai toujours eu limpression que localement, il était possible de faire grandir les gens autour de nous. Peu importe la façon.
Alors, voilà; je laisse de côté le mal. Jentraîne avec moi certains secrets. On ne peut pas tout dire sur le web. Tout comme dans la vie. Il est impossible de tout recracher dun coup. Il faut du recul. Beaucoup de recul. Ce nest pas une question de maturité, cest une question de temps. Tout ce que jai écrit durant les derniers mois nétait que le reflet dune personne qui se sent rejeté et vit mal ce rejet. La vérité est loin dêtre aussi simple, moi-même, je nose parfois pas me la dire, parce quelle me fait peur tellement elle est simple (et tellement elle annule tous ces mois de souffrance). Je ne sais vraiment pas comment cette histoire va se terminer, et voilà pourquoi je préfère me concentrer sur les souvenirs heureux, sur les moments de plaisir et de bonté, sur les petites ententes mutuelles, sur le partage et sur tout ce qui fait quune relation de couple peut durer un certain temps.
Je suis heureux; jai pu ajouter 3 phrases à mon dernier manuscrit. Trois phrases qui expliquent bien ma pensée sur lamour et les relations amoureuses. Je vais me répéter encore une fois, mais il ne sert à rien de se battre contre les aux revoirs. On ne fait que passer dans la vie des uns et des autres. Quand on la enfin compris, cest comme une bouffée de fraîcheur. Lamour existe, de multiples façons, et nous aimons chaque personne dune manière différente, cest ce qui fait la force de la relation, cest ce qui fait la force du souvenir. Mais malgré tout lamour quon peut y mettre, cet amour ne peut pas rester intact. Et sil le fait, cest que quelquun est décédé. Sinon, lamour est comme une fleur. Sa naissance est une émotion grandissante, qui remplit le cur, qui remplit le cur dun trop-plein tellement énorme que le bulbe explose et sépanouit merveilleusement. Ce sont les beaux jours. Ceux qui restent en mémoire des années après que la fleur se soit fanée. Mais il ny a rien de triste dans tout ça, car les pétales retournent à la terre, la tige, pauvre cadavre, pourrie et se régénère, car dans toute mort, il y a de la vie. Et la clé est justement là; dans tout amour perdu se trouve le sentiment exaltant de la découverte dun nouvel amour. Et cet amour est tant attendu quil peut même provoquer des dépressions. Cest la vie qui choisit, ce nest pas nous. Cest elle qui décide qui sera le suivant. Mais lespoir doit y être. Tant quon y croit, il y en aura un « un suivant ». Comme une fleur morte depuis quelques mois, je pourris dans une terre faite de promesses pour la suite. Je suis encore en gestation dans le processus de ma décomposition, mais au moins, je suis mort pour de bon. À présent, il ne me reste plus quà renaître.