Une fin heureuse

Bonjour à tous! Pas de larmoiements aujourd’hui. En fait, tout le contraire. Beaucoup de bonheur, de légèreté et de sagesse. C’est donc l’heure idéale… pour se dire au revoir.

Ça trottait dans ma tête depuis un certain temps. Même avant toutes ces histoires qu’on entend sur nos renseignements que Google ou Facebook emmagasine pour « mieux nous connaître » (lire, pour mieux s’infiltrer dans nos vies)!  Je me suis rendu compte qu’à force de laisser trop de traces sur le Web, je me nuisais probablement beaucoup plus que le bien que pouvait me procurer l’écriture ici.

Oui, j’ai vomi de nombreuses blessures sur ce blogue. Des pertes douloureuses. Que je n’arrivais pas à m’expliquer. J’ai étiré la sauce dans mon misérabilisme. Et l’image que je montrais ici était loin de la personne que je suis réellement. Ceux qui ne me connaissent pas dans la vie devaient sûrement se dire que j’étais un être somme toute assez pathétique qui ressassait sans cesse son putain de passé pas si glorieux que ça. C’est un beau résumé de ce blogue!  Mais je devais passer par là. Et je pense que j’avais besoin de l’exprimer à la planète entière. Dire que l’amour fait parfois mal. Que les moments heureux semblent si minimes par rapport aux départs qui arrivent toujours trop soudainement.

L’autre point, c’est que je venais automatiquement me plaindre ici uniquement quand ça n’allait pas bien dans une sphère de ma vie. Si on analysait ce blogue, on constaterait probablement une répétition du même problème, peu importe les dates. J’ai accumulé beaucoup de souffrances, et aujourd’hui, je n’ai plus envie de ce genre de vie. Je resterai toujours un de ces êtres nostalgiques qui aiment se rappeler son vécu. Certes. N’empêche, on se rend rarement compte que l’on va bien, parce qu’on est souvent trop absorbé par les petits problèmes de l’existence. C’est pourquoi j’en profite pour souligner que je vais bien. Que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas senti autant épanoui. Rien n’est parfait, mais tout se joue dans la perception et le regard que l’on porte sur sa propre vie.

Le blogue ne disparaîtra pas demain matin. Il sera encore disponible pour au moins une autre année. C’est que je suis en train de mettre un point final à mon prochain roman. J’en ai parlé très peu, parce qu’il me faisait peur. Il faut dire que c’est le premier roman qui ne me concerne pas vraiment personnellement. Oui, évidemment, je garde mon style et on peut me voir à travers les personnages fictifs du livre. Mais pour une fois, il n’y a rien de calqué sur ma vie, rien qui se rapprocherait de l’autofiction (sinon peut-être d’anciens fantasmes et certaines situations que nous vivons tous). Je ne sais pas ce qu’il adviendra de cet écrit. Mais je trouve ça beau d’arriver vers la fin de ce texte quelques jours avant le 4e anniversaire de la publication de mon roman précédent. Le temps file, notre vie change, notre discours et notre regard sur l’humanité se transforment en quatre années.

Je quitte donc la sphère virtuelle la tête haute. Je suis heureux. J’ai repris le contrôle de ma vie. J’ai même perdu près de 20 livres. Le sport m’aide beaucoup à envisager l’avenir positivement. Le travail me comble également. Même si je travaille beaucoup trop, mais je le fais dans le plaisir la plupart du temps, et ça, ça vaut beaucoup plus que l’argent. J’ai réussi à reprendre le contrôle de mes finances (je ne l’avais jamais réellement perdu, mais parfois j’angoissais avec le condo à payer). J’allais dire que je me taille peu à peu une place de choix dans mon domaine professionnel, mais je devrais plutôt dire: je me suis taillé une place de choix dans mon domaine professionnel. Je ressens la confiance des gens, et chaque jour, je donne le meilleur de moi-même. Eh oui, ça paie. Plus que je ne pouvais l’espérer même.

Non, je ne suis pas en couple. Mais j’ai tout de même fait un grand pas. J’ai réussi, à ma façon, à éliminer le souvenir ancré d’une relation malsaine passée. Comme si j’avais effacé les événements pour les recréer: même situation, même contexte, mais avec un autre, et sans mauvaise dépendance.

On dit que le bonheur est insaisissable, qu’une fois qu’on en prend conscience, il disparaît dans un détour obscur. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais pour le moment, je suis au sommet de ma forme, je me sens libre, j’ai reçu une belle dose d’affection dernièrement, l’argent rentre bien, mes relations familiales sont positives, et j’apprécie les amis qui me côtoient et qui restent près de moi. Ce sont les seuls qui comptent.

Oui, il y aura toujours les souvenirs des autres. Les moments plus creux. Les excès ou rechutes. Tout ça fait partie de la vie humaine. On ne s’en sort pas. Mais il faut affronter le moment présent. L’accueillir et l’accepter comme il se présente. J’aime à dire qu’on est toujours libre de nos choix. Mais plus encore, je crois que la vie nous oriente d’elle-même avec certaines avenues qu’elle nous présente.

Si j’ai un seul conseil à donner; c’est de prendre soin de vos relations humaines. Non, être amis sur Facebook ne vous garantit pas une longévité dans la vie des autres. Il faut provoquer le destin, rencontrer en chair et en os, avoir du plaisir et partager des moments. Aujourd’hui, les vrais amis savent qu’ils comptent pour moi. Ils se reconnaissent. Ils ont leur importance. Et ils ressentent que je suis quelqu’un de loyal.

Je n’ai pas toujours été fier de la manière dont j’ai traité les gens autour de moi. Je me cherchais beaucoup à une certaine époque. J’en voulais aussi si on ne s’occupait pas assez de moi. En vieillissant, je me rends compte qu’il faut cesser d’attendre la même chose en retour. Et c’est tant mieux si ça arrive. J’ai cessé de fabuler sur le futur, de me réfugier dans le passé, de regretter des actions, des moments, des paroles. Rien n’arrive pour rien. Nous sommes tous libres de travailler avec ce qui se présente. Et c’est un peu ça, vivre.

Que dire de plus. Je n’ai pas envie de dire adieux. Je sais que je pourrais revenir ici n’importe quand. Mais je dois refermer le livre de ma vie privée. Je dois couvrir mon jardin secret. En prendre soin et cesser de l’exposer aux yeux du monde. C’est un processus sain. Personne n’a besoin de tout savoir sur moi. Ou sur cette fausse représentation du moi que je dessinais ici.

Au fil des jours, certains articles disparaîtront. Surtout ceux qui concernaient mes exs. Il n’y a plus rien à dire sur eux. Il n’est plus nécessaire de laisser des traces de leur présence dans ma vie. Tout a déjà été dit dans mes romans, de toute façon.

Je serai heureux de revenir ici pour présenter mon nouveau roman, si le projet se concrétise. Si ce n’est pas le cas, eh bien, c’est la vie. Pile ou Face a fêté ses 20 ans en février dernier. 20 ans de ma vie sur le Web. À raconter le sexe, la drogue, les relations, les hauts et les bas. Je pense que j’ai fait ma part et ma place sur la toile. J’ai d’autres choses à dire, mais je garderai ça pour de vrais romans. Même si les gens lisent de moins en moins de bouquins. On verra bien, comme on dit.

Je ne sais pas si beaucoup de personnes ont eu le courage de me suivre depuis mes débuts. Je les remercie si c’est le cas. C’était une expérience assez intéressante, qui m’a fait rencontrer énormément de gens et vivre des situations, la plupart du temps, assez phénoménales.

Je suis maintenant un homme. Un adulte. Et j’ai assez de sagesse pour ne plus avoir besoin de cette béquille. C’était une belle béquille. Un beau blogue. Souvent dramatique, oui. Mais très libérateur. Je ne regrette rien. Ça faisait partie de ma vie comme le soleil qui se lève chaque matin. Je crois simplement qu’il n’est plus aussi essentiel d’exprimer mon intimité ici. Après 20 ans, je me sens un peu comme l’adolescent qui quitte la maison familiale. Et je n’ai pas de peine. Je suis prêt pour la suite.

J’espère que vous serez prêt à me suivre aussi, si je publie un prochain roman en 2019.

C’est une histoire à suivre. Et je vous remercie encore de m’avoir suivi. Que vous m’aviez détesté ou aimé n’a aucune importance. Je le faisais d’abord pour moi. Et je décide également de la fin de mes aventures de blogue pour moi. Parce qu’au final, tout a toujours été à propos de moi 😉

J’en profite pour saluer tous ceux qui sont passés dans ma vie, de même que tous ceux qui y sont encore présents.

Merci encore! See you soon (ou pas!)

Maxime xox

True love waits

Ça fait des siècles, on dirait.

Est-ce si réellement important?
Je ne sais pas.
Le processus est plus qu’enclenché. Je suis un adulte. Un adulte qui s’est lancé dans le travail, qui a observé monter son palier d’impôt une fois, deux fois, trois fois…

Je crois que l’amour disparu de certains amis et amours ont fait en sorte que je me suis « pitché » dans le travail. Et j’aime ça. Ouais, ça sonne weird. Mais je me rends compte que le travail est une échappatoire très efficace pour éviter de penser au passé.

Ma solution pour le passé est somme toute assez simple (essayez-là! Elle est magique). Elle se résume en quelques mots: au lieu d’avoir une pulsion et d’écrire à votre ex ou votre ex ami sur les réseaux sociaux; prenez une feuille de papier, écrivez, inscrivez l’adresse du destinataire sur l’enveloppe, puis laissez reposer jusqu’au lendemain. Le lendemain, prenez cette enveloppe cachetée, et déchirez-là.

Voilà le meilleur moyen pour sortir de vos angoisses tout en les exprimant.
Ça parait triste? Je ne suis pas certain. Devant notre réalité virtuelle, je trouve qu’il s’agit d’une solution saine qui nous permet de réfléchir à nos actes et nos pulsions. Pas une solution miracle, mais une bouée de sauvetage par moment.

Alors, voilà, je suis un adulte. Qui a compris bien des choses. Ironiquement, je n’ai pas envie de me les expliquer. C’est peut-être que je ne veux pas m’exprimer la réalité en face.

Je me sens comme quelqu’un qui achète du temps présentement.
En résumé, je me fais croire que ma mi-jeunesse me libérera un jour. Me fera connaître mieux que jadis. Et jadis est dur à battre. J’essaie sûrement de me dire let’s see what tomorrow brings. Mélange d’espoir et de désespoir.

La vie m’aura appris qu’on est et qu’on reste toujours seul. Seul enfermé dans son passé. Ou seul enfermé vers son avenir. Il faut choisir. Et c’est seulement aujourd’hui que je comprends mieux comment une personne de 40 ans et + peut tout envoyer en l’air. C’est parce qu’elle a connu la perfection avant de se retrouver devant le vide. De mon côté, j’ai l’occasion de me poser sur ma jeunesse; sur l’espoir que 34 ans n’est pas si vieux que ça. Je pense que je serais perdu complètement si je vivais dans le corps d’un homme de 45 ans. Il faut prendre ce côté positif. En faire quelque chose.

Pour le moment, je le lance sur ma carrière; sur ma vie professionnelle. Certains diront que c’est mal. Que c’est l’appât du gain. Mais je n’ai pas la tête à rêver de Disney. Je veux simplement contrôler mon horaire, ma vie, mon travail… et Dieu sait que ce n’est pas évident présentement. Il se passe beaucoup de choses au niveau professionnel. Et je perçois les désirs par rapport aux appréhensions.

Oui, j’ai remplacé l’amour et le sexe par le travail et les contrats professionnels. Je ne m’en veux pas. Il faut s’accrocher à quelque chose. Il faut faire le vide. Mais je mentirais si je disais que le travail remplace tout. Il comble bien des heures, mais il ne comblera jamais ces élans amoureux, amicaux et sexuels que j’ai vécus jadis.