Décompte d’une disparition

Ça se trame depuis début juin, je crois. Cette espèce de plan de match que je me suis tant fait subir de nombreuses fois. Difficile de savoir quand c’est la bonne ou non. Après tout, c’est le travail d’une vie. Non, je ne donnerai pas de date. Non, je ne dresserai pas la liste de mes projets. Avec le temps, j’ai compris que fermer ma gueule était souvent mieux pour moi.

Ouais, mais là, tu l’ouvres ta gueule, non?

Euhhh. Ouais. Ben c’est ça être une personne remplie de contradictions haha! Bon, alors, tout ce que je veux dire, c’est que je ne veux pas préciser des dates fixes ou expliquer des résolutions. Si j’entreprends tout ça, ce n’est justement que pour moi, pas pour la toile entière.

Ce que je peux dire par contre, c’est que je sais d’avance que je vais en baver. Que je vais chigner. Si, si. Comme un gros bébé. La bonne nouvelle? Personne n’en sera témoin. Pas ici. Ni nulle part ailleurs.

En fait, cette surexposition de moi-même et de mes états d’âme me nuit beaucoup plus qu’il m’en profite. C’est souvent plus fort que moi malgré tout. Et c’est un peu devenu le journal que je m’écris à moi-même. Grand bien me fasse. Mais pas cette fois-ci. Je change de méthode. Il faut dire que les défis qui m’attendent me semblent représenter l’Everest pour moi. On ira un jour à la fois. Je risque d’être trop crevé pour m’apitoyer sur mon sort de toute manière.

Juste l’observation du décompte qui s’écoule me donne certaines angoisses. Je fais déjà quelques tests d’avance ici et là. Et si je me fie à mon sommeil et à mes rêves, ce ne sera clairement pas de tout repos.

Tout ça me fait aussi prendre conscience que dans la dernière année, j’ai beaucoup trop vécu dans le regard des autres. Ce qu’ils pensent de moi, s’ils me jugent sur ci ou ça. J’étais également dans l’attente. Et tout le monde sait qu’attendre quelqu’un est le pire des pièges, car c’est comme si on installait des barrières ou une prison autour de nous.

Je n’attends donc plus rien de personne, sinon de moi-même. Et c’est aussi là que ça se complique. Ai-je assez de force et d’estime pour me rendre au bout des défis qui s’annoncent dans les prochaines semaines? Je garderai cette réponse pour moi.

Même si j’ai réalisé des bonds de géant dans ma vie ces derniers temps, je ne suis pas encore là où je veux être. De toute façon, il n’y a jamais rien d’acquis. Ce sera un travail constant, et au début, je me doute bien qu’il sera présent à la minute près.

Mais bon, ça faisait longtemps que je voulais me mettre en danger. Dans le sens de sortir de ma zone de confort. J’ai toujours été très fort sur les excuses bidon et les dates fictives. Comme si en une nuit, j’allais devenir un autre homme. Mon côté optimiste m’a toujours dit que c’était possible. Mais le côté pratique sait que le travail n’est jamais fini, que la ligne d’arrivée, dans le fond, elle doit être repoussée le plus loin possible, puisqu’elle signifie ironiquement la mort.

En résumé, je suis confiant, mais apeuré. Je sais déjà que je vais avoir envie de me replier en boule sur moi-même, que je vais subir beaucoup de douleurs physiques et mentales. Et étrangement, c’est un peu ce qui me motive à aller encore plus loin, du moins, à ne pas lâcher ces défis que je considère encore comme complètement dingues pour le moment.

Vous me pardonnerez donc mon absence prolongée, mais je n’ai de compte à rendre à personne.

Suis-je prêt? Non.

J’ai encore quelque temps pour me faire à l’idée.

Tout le monde saura probablement quand ce sera commencé.
Parce que je ne serai… simplement plus là.

Le calme avant la tempête

Ok! Je me trouve drôle. Un peu sarcastique avec tout ce qui se passe dans le monde présentement. Ça me démontre encore une fois que mes petits problèmes sont minimes face à la destruction qui se produit en ce moment.

Comme je l’avais annoncé précédemment, je commence la construction de ma nouvelle vie. Celle qui élimine tout élément de drama, celle qui me remet en forme, celle qui tue toutes les dépendances. Tout ça est prévu pour se mettre en place en octobre. Une belle histoire à suivre.

Ce que je peux dire, par contre, c’est que ça fait un mois que j’ai fait le vrai deuil de l’ex-ex. Et pourtant, il me poursuit encore la nuit. Il est là, pas en couple, non; simplement dans le danger de se faire surprendre, dans ces moments si intenses que nous avons jadis vécu ensemble. C’est tellement ironique et presque amusant, cette manière de rêver à mes exs. C’est comme s’ils revenaient vers moi tout en étant matché, et chaque fois, on se fait surprendre, par un ami, par son chum, par des parents, etc. Dans mes rêves, je suis toujours en train de courir après l’amour évanoui. Ma tête et mon corps se dissocient, il semblerait que je sois deux entités uniques. Mes rêves me réveillent vers 4 heures du matin, et je deviens en criss. Soit je me branle, soit j’écoute une émission de chats pour me rendormir.

Reste est que je suis de plus en plus motivé à prendre ma vie en main. À affronter mes peurs, à me faire détruire par l’inconnu. C’est justement ce que je racontais à mon psy dernièrement. Au final, je n’ai pas besoin d’un chum. Non. Ce dont j’ai besoin, c’est d’un entraîneur qui puisse me casser, me briser les illusions, faire en sorte que je souffre et que je chiale, comme une petite tapette qui pense qu’elle ne peut pas aller au-delà de ses forces. C’est faux. Clairement. Je veux justement que l’on me brise pour passer au-delà de qui je suis vraiment. J’ai une envie forte d’être dominé par quelqu’un qui sonne à ma porte à 8 heures le matin pour m’obliger à aller courir 10 km. J’ai ce besoin qu’on me force à suer ma vie. Et la bonne nouvelle, c’est que j’ai déjà commencé les démarches pour que ce genre de truc arrive réellement.

J’ai conversé avec le psy; j’ai vécu trois deuils au mois d’août.

1- Dire adieu à mon ex-ex en lui expliquant ce que je ressentais (c’était le 6 août)

2- Accepter de me faire flusher par mon meilleur ami qui a perdu tout sens de la répartie et qui m’accuse de tous les maux (sérieux… j’espère qu’il ouvrira un jour les yeux)

3- Faire le deuil du Nightlife

Honnêtement, ce dernier point a été le plus facile. Je suis sorti au club Le Cinq downtown Montréal sur De la Montagne. Je pense que c’était la première fois que je sortais dans un club sans petits cachets. J’ai eu beaucoup de plaisir. Mais même avant de m’y rendre, je savais que c’était mes adieux au NightLife. Et je suis relativement assez bien avec ça. La boucle est faite. C’était superbe comme finale. Le deuil sera moins difficile.

Le 7 octobre prochain, ce sera aussi la date d’une nouvelle vie. En fait, d’un nouveau mode de vie. Je me suis toujours dit que ma porte de sortie se trouverait dans le sport. J’ai choisi un entraîneur privé. Les démarches sont déjà engagés. J’ai beau m’entraîner trois par semaine et être quasi végétalien, mon hic, c’est que j’ai besoin de quelqu’un qui me juge, qui me brise, qui me défonce en étant présent durant tout mon entraînement.

Encore une fois, je n’ai pas vu l’été passer, mais elle a quand même été différente, parce qu’il n’y avait plus de drogue. J’ai tué mon temps dans le travail. Ça me rapportera plus que des lendemains de veille sans fin.

Je me prépare donc tranquillement à faire ce que je souhaitais depuis très longtemps. Me lancer dans l’inconnu et les peurs, justement pour briser ce confort trop parfait que je vivais malgré les problèmes financiers. Je dois voir au-delà du financier. Je dois me plonger dans l’inconnu avec violence. Et j’espère être violenté physiquement pas la suite (non, ce n’est pas une inside sexuelle). En fait, je pense prendre un bon six mois de repos niveau rencontre. J’en suis à me dire que je ne me plais pas assez présentement pour accepter de plaire à un autre.

La masturbation sera de mise. Un petit désert s’annonce. Mais il me semble tellement prometteur, qu’il ne me dérange pas du tout.