Une question simple

La question est simple: combien de fois peut-on modifier la trajectoire de notre vie? Combien de fois peut-on décider de faire un 180 degrés et réussir à ne pas retomber dans nos anciennes habitudes? Je ne parle pas de tout plaquer pour recommencer sa vie ailleurs, je me questionne simplement sur les grandes décisions qui orientent qui nous sommes et ce que nous devenons.

Peut-être que tout ceci est de la grande foutaise. Peut-être que chaque année qui passe, chaque mois ou chaque semaine qui s’écoulent nous orientent automatiquement vers un nouveau destin. Mais au-delà des aléas de nos propres décisions quotidiennes, j’ai la ferme impression qu’il est possible de réorienter sa vie de but en blanc, après de grandes souffrances ou simplement parce que ce que nous vivons ne nous convient plus.

Ce n’est pas réellement mon cas, mais je me questionne tout de même. Des changements drastiques, j’en ai fait et j’en fais depuis des années. Pourtant, j’ai quand même cette impression étrange que je suis sur le quai et que le bateau vogue vers le large sans moi. Ce n’est pas toujours une mauvaise chose de rester les pieds fermes sur ses acquis,  mais si on ressent un manque, je pense qu’il est de notre devoir de réagir et de corriger le tir.

Je ne dirais pas que je suis malheureux et qu’il s’agit d’un choix drastique. Non. Je dirais plutôt que j’ai effectué beaucoup de changements dans ma vie, mais que je n’ai pas encore atteint le point adéquat (l’atteint-on un jour? S’en rend-on compte? C’est une autre question.)

Quand je pense aux grands revirements d’une vie, je me fixe sur deux choses: la santé et les gens qui nous entourent. Je suis très excessif sur le premier point. Je suis dépendant sur le deuxième. Mais je fais des progrès, du moins, je le crois.

Je ne sais pas si je pourrais nommer tous les revirements de ma vie. Je pourrais m’amuser à nommer plusieurs éléments comme l’affirmation de mon homosexualité, le choix de mes études, le choix de partir vivre à l’étranger, le choix de faire tous mes voyages outre-mer, le choix de m’engager en couple, le choix de cesser la drogue, le choix d’acheter un condo, le choix de devenir végétarien et presque végétalien, le choix d’avoir un travail, même deux… mais d’un autre côté, je n’ai jamais choisi de quitter certaines personnes, je n’ai jamais choisi mes ruptures, je n’ai jamais choisi d’être ce que je suis et ce qui m’a construit grâce à mes expériences.

Mon psy me dirait de me relaxer et de regarder où j’en suis (avec une certaine fierté dans la voix), mais ce n’est pas suffisant pour moi. J’ai sans cesse l’impression qu’il manque un autre revirement drastique, qui ferait de moi quelqu’un que je respecte et que j’apprécie comme il est.

On passe son temps à se construire par rapport au regard des autres. Même ceux qui clament haut et fort qu’ils s’en foutent sont obsédés par ce qui se dit sur eux ou sur leurs projets. C’est normal, c’est humain.

Ces derniers temps, beaucoup de gens importants ont pris la décision de quitter mon chemin. Un peu comme des adieux faits au croisement d’une route, ces gens ont décidé de bifurquer à gauche alors que je m’orientais vers la droite. À chacun ses décisions. Je ne suis pas là pour les juger. Je n’ai jamais affirmé que j’étais blanc comme neige non plus. Plus je vieillis et plus je me rends compte qu’un simple mot déplacé peut créer une onde de choc qui anéantit parfois une relation. Ça fait aussi partie du jeu des relations interpersonnelles.

Avec le temps, je me rends surtout compte que je n’ai plus aucune envie de jouer à la victime. De me dire que cette personne a eu tort de faire ceci ou cela. C’est comme si j’avais compris que les impressions et les interprétations des autres ne m’appartenaient pas. C’est libérateur, tout en étant angoissant à la fois. Mais je garde un sentiment zen par rapport à tout ça, car je sais que même sans explication, les gens nous délaissent et vont voir ailleurs si c’est mieux.

Le problème, c’est que le scorpion en moi est très loyal, jusqu’à qu’il décide que c’est fini. Et, une fois que le processus est enclenché, c’est un peu comme si c’était trop tard. Autant en amour qu’en amitié, je suis loyal, jusqu’à la trahison. Ce n’est pas la première fois ni la dernière que je serai trahi, et j’ai appris avec le temps à ne plus être aussi dramatique envers les gens qui disparaissaient. N’empêche. Il est très difficile de revenir me voir après ce genre de trahison. J’ai souvent de la difficulté à tourner la page dans mes relations, mais une fois que c’est fait, les retours en arrière sont très rares.

J’aime bien l’idée d’un temps-tampon. Même si parfois, je ne respecte pas mes propres décisions, la plupart du temps, lorsque je décide quelque chose, je m’y tiens. Même avec les dépendances. Eh oui. L’humain a besoin de plusieurs essais-erreur, mais une fois que c’est ancré, une fois que la grande vague s’est échouée et est morte sur le rivage, le retour en arrière devient impossible.

Ironiquement, je suis également connu pour être un mec de dates et de deadlines. Je ne les respecte pas toujours certes, mais si je regarde en arrière, je me surprends à voir plus de réussites que d’échecs. Il y a donc quelque chose d’encouragement dans cette motivation à créer une genre de carapace (encore une fois). Je ne lancerai aucune date sur ce blogue, car j’ai appris à protéger mes arrières. Et je me sens tout de même généreux dans le délai que je m’offre, mais force est de constater que j’ai encore besoin de me renouveler, de changer de mode de vie, de devenir encore mieux.

La différence à présent, c’est que je n’ai plus envie de décrire le tout comme des deuils. Non. Les deuils sont déjà faits depuis longtemps. Je sens que je tangue dans un entre-deux; entre continuer ainsi et modifier tout ce que je connaissais jadis. C’est un sentiment euphorique, mais également effrayant. L’humain a toujours peur de l’inconnu. Mais je caresse cet inconnu avec une volonté et une curiosité que je ne me connaissais pas avant. Je pense que c’est un bon pas vers l’avant.

Le pire, c’est que je n’ai pas à changer tant que ça. J’ai emmagasiné beaucoup d’acquis depuis les deux dernières années. Mon style de vie s’est radicalement transformé. Il me manque encore quelques éléments. Un autre changement drastique pour arriver à être celui que je veux être, à m’aimer tel que je suis.

C’est un défi universel, qui se passe chez de nombreuses personnes. C’est peut-être le signe de la crise de mi-vie. Mid-life crisis. Et pourtant, je reste calme et posé par rapport à tout ça. Malgré toutes les pertes, malgré l’intimité et l’amour qui ne sont pas là au quotidien, je ne peux pas me plaindre d’être dans une mauvaise passe. Je me conforte et j’accepte ce que je vis présentement. Je suis comme la chenille qui se transformera en papillon bientôt (esti de phrase quétaine hahaha).

En résumé, mon défi pour la prochaine année est somme toute assez simple; me surprendre. Me déstabiliser. Me retirer de cette zone de confort que j’apprécie trop. Je ne cherche pas à me faire peur avec des expériences ultimes ou intenses. Non, ce n’est pas le but. Je veux seulement me brasser la cage. Affronter des choses que je ne pense pas aimer, des événements que je ne connais pas, des expériences que je ne voudrais pas vraiment vivre volontairement.

Si j’ai appris une chose dans ma courte existence, c’est que le meilleur sentiment se résume à peu de choses: se surprendre de vivre des moments que l’on n’aurait pas pensé vivre, se décoincer dans ses activités, découvrir l’inconnu et avoir peur. Peur de l’échec, peur de ne pas y arriver, peur de ne pas se lancer. Car, au final, sans la peur, il n’y a pas d’adrénaline, il n’y a pas d’inconnu, il n’y a pas de nouvelles expériences et de nouvelles découvertes.

Mon défi de la prochaine année est assez simple, il se contentera d’un seul mot: oser. Oser la différence. Oser franchir la peur de perdre. Oser la nouveauté. Oser se planter. Solidement, s’il le faut.

 

La grande déception

Il y a des constatations plus tristes que d’autres. Vous commencez à me connaître, je parle énormément d’amitié et d’amour sur ce blogue. Ce sont probablement les sujets qui importent le plus dans ma vie. Il arrive que l’on doive couper les ponts une bonne fois pour toutes. C’est d’ailleurs ce que j’ai entrepris dernièrement avec un ex. Mais quand le choix ne vient pas de nous, c’est toujours un peu confrontant…

Il n’y a pas à dire, j’y ai cru depuis bientôt près de vingt ans. Vingt années à se dire que rien ne pourra nous séparer. De mon côté, tout était (et est encore) limpide. Mais comment réagir quand le rejet provient des autres? C’est toujours la grande question remplie d’interrogations.

Se faire flusher par des amis, ça arrive à tout le monde dans la vie. C’est un passage obligé. Mais quand il est question d’amitié qui date de plus de 20 ans, ça reste un choc, un peu comme une rupture amoureuse que l’on ne veut pas croire. Je suis d’abord passé par le déni, je pense que je suis maintenant dans la phase de la colère. Quoiqu’elle n’est pas aussi intense que j’aurais pu le croire.

Je suis scorpion, je suis loyal, et c’est en amitié que ça se représente le plus. Je me suis souvent battu pour des amitiés, parce que je ne pouvais pas croire que deux personnes qui ont vécu autant d’aventures pouvaient décider du jour au lendemain de disparaître dans la vie de l’un et l’autre.

Et qu’on me comprenne bien. Je n’ai plus la pensée magique de l’adolescent qui se dit best friend forever et tout ce genre de tralala. Je sais que la vie éloigne les gens, que la distance géographique ou même le travail ou le couple peuvent diminuer les fréquences de rencontres. Mais il y a des gens qui comptent tant dans nos cœurs, que même si on ne les voit pas pendant des mois, ça n’a aucune importance; on sait qu’on pourra les revoir un an plus tard, et que rien ne sera détruit au niveau amical.

Le problème vient souvent de l’interprétation des autres. Je ne dis pas qu’on est blanc comme neige, mais il arrive que des amis nous reprochent des choses qu’on ne peut pas contrôler, en raison de simples moyens logiques ou logistiques. Et c’est exactement ce qui arrive dans le cas présent. Mon meilleur ami, je ne le connais plus, parce qu’il s’est volontairement mis de côté, dans de grands élans dramatiques, comme s’il voulait tester l’amitié de tous ceux qui l’aimaient. Jusque-là, ça peut passer.

Cependant, quand je demande des nouvelles à cet ami, et qu’il me répond bêtement qu’il est juste «trop tard pour prendre des nouvelles», ça me fait bouillir. C’est comme si le reproche m’était dû entièrement, comme si je n’avais pas assez fait d’efforts à la hauteur de cette personne. Pourtant, c’est elle qui a décidé d’aller vivre ailleurs, c’est elle qui a décidé de supprimer son compte Facebook, pour être bien certain de créer une disparition dramatique. Et le message était clair avant même que je m’en rende compte: il faisait ses adieux à ses amis d’avants, pour ensuite disparaître complètement des réseaux sociaux. Et quand je le texte, j’ai droit à des reproches enfantins, du genre, c’est trop tard maintenant (je précise que notre dernière conversation ne remontait qu’à la mi-juillet).

Quand il m’a mandaté de faire son message à tous ceux que l’on connaît (Tu passeras le mot), j’ai trouvé ça tellement insultant et bête. Je respecte le choix de quelqu’un de partir ailleurs et de vouloir faire le ménage dans sa vie. Je respecte cette envie de faire du ménage et d’éliminer certaines personnes de nos vies. Mais tout balayer du revers de la main? Sans justification? Alors que c’est lui-même qui a décidé de s’isoler et de couper contact? Comment peut-il avoir l’audace de me dire que c’est trop tard quand je veux prendre de ses nouvelles? Ça me dépasse.

Et, puis, c’est comme s’il me donnait (m’avait donné plutôt) trop d’importance, comme s’il était de mon devoir de le sauver de je ne sais quoi, de m’occuper de lui comme un parent malade, de le chouchouter comme dans un couple. Je suis désolé, mais ce genre de reproches, de 1) me fait sentir cheap, de 2) me donne trop d’importance et de 3) fait en sorte que c’est comme si je devais le remercier d’avoir toujours été là pour moi, alors que de son avis, je n’ai jamais été là pour lui.

Je crois que certains ont la mémoire courte. Mais passons. En gros, je fais partie du lot, j’ai été flushé comme les autres, au même niveau, sans distinction par rapport à nos vingt ans d’amitié. Et ça, je trouve ça déloyal. D’abord, de me faire mettre sur le même pied d’égalité avec tous les autres qui importaient moins. Mais surtout de me faire porter un genre de fardeau de culpabilité, comme si j’avais pu le sauver de je-ne-sais-quoi.

Je ne crois pas que l’on peut sauver quelqu’un d’une dépression. On peut l’aider, discuter, lui faire voir un autre point de vue, mais je ne pense pas qu’on peut se la jouer Superman et régler tous les problèmes d’un ami avec notre simple présence. Surtout si la dépression est sévère.

Il faut dire que l’ami en question avait déjà annoncé son futur départ de ma vie, en me disant qu’on vivait deux rythmes de vie différents et qu’on était plus à la même place. Et alors? Je ne suis pas à la même place que mes amis qui ont des nouveau-nés, je ne suis pas à la même place que mes amis qui connaissent la gloire littéraire ou médiatique, je ne suis pas à la même place que plein de personnes, et on reste dans des relations amicales charmantes. Et là, on parle de mon meilleur ami…

Je comprends très bien qu’il ne l’a pas eu facile. Mais au-delà des difficultés de la vie, il y a aussi des choix de vie. Et tout comme moi, il n’a pas toujours fait les bons. Je ne l’ai jamais jugé sur ça. Je serais mal placé, d’ailleurs. Mais un moment donné, on ne peut pas toujours accuser les autres. Je ne pense pas que ça lui apporte quoi que ce soit d’en vouloir à ceux qui l’aiment. Il me semble qu’il s’agit d’un processus destructeur qui ne mène à rien. Rendu là, je sais que mes mots ne valent plus grand-chose et que je ne peux pas revenir en arrière.

Je pense tout de même que dans la colère, on attribue beaucoup d’accusations gratuites, et je n’ai pas à me sentir coupable du chemin qu’il a pris. Sinon, je serais probablement sur ce même chemin moi aussi, et ce n’est clairement pas le cas.

Alors tout cela laisse place à l’incompréhension, à des paroles que je reçois comme des lames de couteaux. Comme si tout était de ma faute, comme si j’étais celui qui l’a entraîné dans sa perte. Et, je l’aurais probablement cru si j’avais eu 20 ans. Mais voilà, je suis un adulte. J’ai vécu de nombreux au revoir, de nombreuses déceptions amicales, et plusieurs deuils durant les dernières années. Pourtant, j’étais loin de penser que je devrais faire un deuil de cette grande amitié qui m’a apporté beaucoup de choses.

C’est triste de ne pas être en mesure de sauver les gens qu’on aime. C’est triste de se sentir impuissant devant cette rage et cette haine qui nous sont balancées au visage. Je ne pourrai jamais dire que je n’ai pas travaillé sur cette relation. Si je me rappelle bien une chose, c’est qu’en 2008, j’ai douté une fois de notre amitié, et la réponse que j’avais obtenue m’avait secoué comme jamais: tu n’as pas le droit de me faire ça, tu n’as pas le droit de giving up sur notre amitié. Et c’était vrai. Je n’avais pas le droit de faire une chose du genre. Je l’avais compris rapidement. Cette amitié valait plus que bien des relations. Près de 10 ans plus tard, c’est l’inverse qui se produit, et quand ce serait à mon tour d’affirmer ces paroles dures, je n’ai droit qu’à des reproches, puis du silence. Comme quoi, les gens oublient vite selon leur position.

Je garde tout de même un espoir. Malgré tout. Il arrive que les gens aient besoin de distance pour se rendre compte de ceux qui comptent vraiment pour eux. Je doute, certes, parce que je sais que la vie n’est pas toujours rose, mais je continue ma promesse. Je n’abandonnerai pas. Je serai toujours là. Quand il en aura besoin, quand il verra enfin que je ne suis pas contre lui, mais avec lui. Peut-être ne le verra-t-il jamais, mais dans ce cas, je ne peux rien y faire.

Je lui ai dit que ma porte était toujours ouverte, et je le pense encore. Je me rends simplement compte qu’on ne peut forcer la main des autres. Si cette personne pense que je lui ai fait du mal volontairement, que puis-je faire pour l’en dissuader? On ne peut pas rentrer dans la tête des gens. Surtout quand on ne sait pas trop pourquoi ils nous accusent ainsi, après qu’ils se soient retirés eux-mêmes de nos vies.

En une semaine, j’aurai donc perdu l’amour de ma vie et l’amitié de ma vie. Pour ce qui est de l’amour, ce fut mon choix, parce qu’il en allait de ma santé mentale, il fallait guérir d’une relation qui n’allait jamais reprendre de toute façon. Encore aujourd’hui, j’accepte ma décision d’avoir couper contact avec l’ex le plus destructif de ma vie. Mais je n’ai jamais choisi de me faire jeter comme un vieux kleenex par mon meilleur ami. C’est triste, mais mon instinct me dit que je n’ai pas le privilège de m’apitoyer sur mon sort et de faire du drama avec tout ça. En fait, s’il y a un point positif à la vie adulte, c’est bien de se calmer au niveau des émotions dramatiques. J’ai appris que je ne pouvais pas contrôler les autres. Ce fut un apprentissage douloureux, rempli de pertes et de moments de désespoir, mais je suis zen avec tout ça.

Il faut parfois faire amende honorable et avoir confiance pour la suite. Je souhaite tout le bonheur de monde à mon ami, même s’il décide que je n’en suis plus un. Il aura toujours l’option de revenir prendre de mes nouvelles, et de mon côté, non, je ne lui dirai pas que c’est déjà trop tard.

Réfléchir pour se réinventer

Oui, oui, j’existe encore! J’ai simplement appris à fermer ma bouche quand je sentais que je n’avais rien de pertinent à dire. Ça vaut mieux sur notre cher Internet 3.0.

J’aime bien donner de mes nouvelles, mais on dirait que c’est de moins en moins important pour moi de mettre à jour ce blogue. La raison se trouve peut-être simplement dans ma vie présente: je n’ai pas grand-chose à dire, ou plutôt, je n’ai envie de ne rien dire, pour la simple et bonne raison que je me concentre sur moi, et que j’ai de plus en plus horreur de parler de mes petits white rich people problems. Je le dis à la rigolade, bien sûr, car je suis loin d’être riche. Mais je suis blanc et je suis un privilégié de la société. C’est comme si tout ça m’avait explosé au visage ces derniers temps. J’en parlais à mon psy, justement. En lui disant que… well, ce qu’on est en train de faire, c’est de parler de problématiques tellement minimes, que c’est presque honteux de dire que ce sont des problèmes.

Que ce soit au niveau de la perception physique de soi-même, de ses problèmes financiers ou relationnels, je trouve que c’est un peu chercher le pou dans un jardin en santé. J’exagère un peu la métaphore; car je sais qu’on peut être riche et bien entouré, mais ça ne fait pas de nous quelqu’un de bien dans sa peau. J’ajouterais quand même que si on se compare, on se console. Ça ne veut pas dire que je minimise mes questionnements, ça veut juste dire que je les perçois par rapport à ce que j’observe autour de moi.

J’ai la chance de pouvoir «arriver» à vivre seul dans un condo, j’ai la «chance» d’avoir deux jobs pour y arriver. J’ai la «chance» de mettre ma santé en jeu pour des enjeux monétaires, sans me sentir brûler entièrement. Mais tout ça est très relatif. S’il y a une chose qu’on ne peut m’accuser d’être, c’est bien de faire de l’argent sans travailler. J’en connais peu qui se taperaient des 60 à 80 heures par semaine. Avouons-le, la plupart des gens chignent dès qu’ils atteignent 40 heures. Et j’étais pareil aussi avant. Être responsable et assumer un mode de vie plus intéressant est souvent plus difficile et rempli de sacrifices. J’en assume les conséquences. Et même après des semaines de travail trop folles, je me considère chanceux de ne justement pas avoir deux emplois au salaire minimum.

C’est un peu comme si je remerciais la vie, tout en comprenant que les gens qui nous observent en pensant que tout est si facile pour faire de l’argent se foutent le doigt dans l’œil solide. Souvent, on regarde le gazon du voisin et on se dit: bah… il fout rien, et il gagne une fortune! C’est tellement ne pas connaître la condition des autres. Je suis tombé malade solidement la semaine dernière. Et je sais que la cause était un mélange de trop de travail et de trop de sport. À vrai dire, c’est ce qui représente le mieux ma vie ces derniers temps. J’essaie de garder la tête haute, en partageant ma vie professionnelle devant un ordinateur vs des sessions de sport intensives. Pas toujours facile.

Côté perso, j’ai aussi vécu de vilaines montagnes russes, parce lui (oui, lui, le méchant mec du roman), m’est revenu avec une proposition débile. Je l’ai évidemment balayé d’une main, mais je lui en avais proposé une autre, et il devait y réfléchir… mais ce fut un échec. Après m’avoir dit qu’il me reviendrait dans les prochains jours, plus d’un mois plus tard, aucune nouvelle. La déception a refait place à la colère, puis à la résignation. Finalement, tout ça m’aura appris que de revenir vers le passé est TOUJOURS une mauvaise chose. Je sais, je sais, il y a des gens qui nous accrochent, qui pensent peut-être eux-mêmes qu’ils auront un pouvoir infini sur nous, mais se faire niaiser aux deux ans, ça finit par lasser, et on finit par ne plus avoir une once d’intérêt envers ces personnes toxiques qui ne pensent qu’à leur petit bonheur, tout en nous plaçant dans une case «au cas où».

Je pourrais faire tellement de ravage en déballant toute cette histoire en public. Mais encore une fois, cette personne n’en vaut plus la peine. Elle n’a plus ses couilles de jadis. Sûrement trop centré à reconquérir une autre histoire passée. Je n’ai plus de sympathie pour ce genre de personne, malgré le seul souvenir qui reste; celui du bon sexe. Eh bien, désolé, mais le sexe n’est rien sans une certaine forme de respect de la part de l’autre. Comprenez-moi bien, j’ai toujours adoré les jeux de rôles, mais j’ai toujours détesté me faire prendre pour un épais dans un contexte non sexuel. Il y a certaines personnes qui doivent disparaître de nos vies pour de bon. Cette personne a choisi le silence (si, si, après m’avoir dit qu’elle me répondrait dans quelques jours). C’est tellement pathétique que tout intérêt de ma part s’est évanoui entièrement.

Qu’en est-il donc de ma vie sexuelle alors? Un gros zéro. Rien. Niet. Et je m’en fous. Pour le moment, je n’ai aucune envie de baiser des inconnus, je n’ai aucune envie de faire du dating, je me sens un peu asexué. C’est comme si tout l’élément sexuel qui prenait une place si importante dans ma vie s’était évanoui doucement. C’est peut-être l’âge. Quoique je me trouve un peu jeune pour ne plus avoir de pulsion. Mais je me suis rendu compte que les pulsions qui me poussaient à rencontrer pour du cul étaient également toxiques, et souvent se produisaient sous influence. Puisque je vis maintenant une vie rangée sans artifices, les pulsions se sont atténuées naturellement. Évidemment que je souhaite vivre une sexualité active et épanouissante. Mais pour le moment, mes efforts sont ailleurs. L’intérêt n’y est plus. Des histoires sans lendemain, très peu pour moi.

J’ai terminé mon prochain roman il y a un mois. Il est présentement dans les mains de mon premier lecteur bêta. Je n’y crois pas trop, à ce livre. Mais je suis heureux de l’avoir complété. D’avoir encore une fois réalisé un projet de A à Z. Il ne se passera probablement rien avec le texte (je baisse vraiment mes attentes), mais au moins, je serai allé au bout de cette histoire. Mon psy me demandait s’il ne s’agissait pas d’un deuil caché envers l’écriture. Je lui ai répondu que je n’en savais rien. Si j’ai quelque chose de plus à écrire plus tard, je pense que je le ferai, mais je reste ancré dans cette école qui me dicte que je dois vivre ma vie avant de pouvoir la transposer par écrit. La bonne nouvelle, c’est que le dernier roman n’a rien à voir avec ma vie personnelle. C’est d’ailleurs peut-être la première raison qui me fait dire que ça n’ira pas plus loin. On verra bien ce que le futur me réserve.

Mon végétarisme continue. Ça fera bientôt plus de 8 mois. Je m’en porte très bien. J’essaie de commencer à flirter avec le vegan. Mon seul problème reste le fromage. Dans quelques jours, je testerai mon premier «fauxmage» fait maison. On verra bien. Je dirais que la nutrition est ma principale activité après le travail et le sport. Et pourtant, ma physionomie ne se transforme pas (dans ma perception, je reste toujours aussi gros). Mais bon, je le fais pour d’autres raisons aussi. Et je sens que je vais toujours devoir me battre envers cette perception de moi-même. Autant l’accepter et explorer avec celle-ci.

Sinon, sur une note plus optimiste, je vais bien. Bon, j’ai l’impression de sortir d’une guerre à cause d’un rhume d’été persistant, mais sinon, je suis bien chez moi, je vois des amis en masse, même si les anciens amis n’offrent aucune nouvelle d’eux-mêmes; ils sont occupés ailleurs, c’est leur choix. Mais je vais relativement bien. Ça fait tout de même plus de 4 ans que je n’ai pas pris de vacances (genre une semaine de congé), et je devrais réviser ça l’an prochain, car je pense qu’il serait sain pour moi de faire au moins un petit voyage, mais bon, on fait comme on peut avec un condo à payer seul. Pour le moment, je ne m’en fais pas trop. Je me considère toujours comme un privilégié de la vie, même si je roule de paie en paie. J’ai quand même évolué énormément depuis la dernière année. Et on dirait qu’il m’est impossible de chigner sur ma triste condition. Je trouve que ce serait malhonnête.

Si je pouvais faire un souhait monumental pour l’année 2018, ce serait de rencontrer un homme qui me plaît, avec qui je pourrais enfin prévoir de fonder une famille.