5 ans après

passe

Et voilà, on y est. C’est ici que le vrai décompte commence. La journée du 31 mars est vraiment une journée remplie de signification pour moi. En 2013, je terminais la dernière révision de mon roman avant de l’envoyer en correction. Mais surtout en 2014, je dois avouer que je chiais beaucoup plus dans mes culottes qu’en ce moment. C’était jour de lancement. Le Jour X. Il faisait heureusement beaucoup plus ensoleillé qu’aujourd’hui. J’étais dans un tout autre état d’esprit. Deux ans, c’est un peu comme dix ans pour moi, si je reviens vers l’arrière. Je ne m’attendais pas à vivre tout ce qui allait suivre. Je ne m’attendais pas à grand-chose, si je suis honnête. J’étais encore trop embrouillé dans d’autres petits drames devenus inutiles au fil du temps.

Quand je pose un regard vers l’arrière en ce moment, le petit gars que je vois, c’est celui avec un manque de confiance, qui fait trop la fête, surtout pour oublier le bon sexe (alors qu’ironiquement, il n’avait jamais eu autant de partenaires sexuels). C’est le gamin qui n’a pas été capable de retenir sa souffrance de perdre un seul être, qui a dû l’exprimer aux yeux du monde, comme si ça rachetait la peine de la disparition de l’ex. C’est tout de même spécial les réactions qu’on peut avoir par rapport à certaines personnes dans nos vies.

Bref, il y a du chemin qui a été fait. Beaucoup de chemin et de travail sur ma propre petite personne, qui est quand même loin d’être parfaite ou à mon goût, mais ça c’est un autre débat. Si je suis heureux d’une chose, c’est que j’ai réussi à tasser les gens néfastes dans ma vie, que j’ai gardé le meilleur des autres, que j’ai pardonné à beaucoup de monde, mais aussi que j’accepte que certaines personnes ne veulent pas me pardonner. Ça fait partie de la game.

Je pensais en avoir beaucoup à dire sur ce 31 mars 2014, sur Peut-être jamais, sur le processus, sur l’écriture, le lancement, et tralala. Mais au final, non. Parce que wow, j’ai tout dit. Tout est là. Il n’y a rien à ajouter. Je me questionne encore à savoir si ça faite tant de bien que ça ou non. Je suppose que je ne le saurai jamais.

Et quand je disais que les 31 mars sont persistants dans leur signification, je faisais référence aux boîtes qui m’entourent présentement. C’est reparti pour un déménagement en avril. Après 5 ans à vivre au même endroit. Quand je regarde ce petit appartement, je ne peux que voir défiler les dernières années. Beaucoup de drames, beaucoup de sexes, beaucoup de joie, beaucoup de projets, beaucoup de nuits blanches, beaucoup de souvenirs d’adulescent.

J’ai eu du plaisir ici. Des rencontres. Des conversations que je ne crois plus jamais revivre dans ma vie. Des confidences énormes et intenses. Toute une vie magnifique, malgré les coups bas. Je me suis vu maigrir, je me suis vu engraisser, je me suis vu me muscler, je me suis vu me frustrer. C’était un peu comme le prolongement de ma jeunesse qui ne voulait pas mourir. Maintenant, quand je regarde ce qui s’en vient, je n’ai pas le choix de voir les obligations, les paiements, le travail et la vie d’adulte. Mais au contraire d’il y a 5 ans, aujourd’hui, je n’y vois plus quelque chose de si négatif. De toute façon, ça fait des mois que je n’ai pas posé les pieds dans une boîte de nuit (et je ne m’en ennuie pas). Il m’arrive par moment de ressentir un petit désir pour les euphories d’avant, mais il est vite dispersé quand je me rappelle les lendemains de veille.

J’aurais vraiment tout fait ici. Ma vie artistique, ma vie sexuelle, ma vie nostalgie, ma vie professionnelle, ma vie amoureuse, ma vie amicale… Et le grand saut sera un long vertige. Je ne garde rien. Outre mon lit et ma laveuse-sécheuse. Tout le reste ne m’appartient plus. Tout est donné, tout est vendu, tout est jeté. Les vieux meubles que j’ai transportés comme des pièces à conviction des relations passées, la vaisselle qui ne m’appartenait pas, l’électronique désuète, les tables vernies à la sueur de mon front, le divan, la bibliothèque qu’on avait dû monter par le balcon, les luminaires qui se trouvaient dans mon premier appartement en 2006, les pôles à rideaux, les ventilateurs, la pharmacie, le frigo, le four, le lave-vaisselle. Adieu. Bye bye. Je recommence tout à zéro. Il n’y aura plus de souvenirs, plus de références à l’avant, plus rien même des morceaux de vêtements que je portais jadis. Se débarrasser de tout. Faire table rase. Ne restera que la présence de Rémi, l’abyssin. Une présence réconfortante, le seul lien qui pourrait me lier au passé.

Et je crois que lorsque je poserai le pied hors de cet appartement, ce sera bien la fin. Même si dans cet appart, j’ai ramassé mon ex à la petite cuillère deux fois plutôt qu’une. Mais bon, il n’y a plus grand-chose qui m’étonne, ce devait être la 4e fois après la deuxième rupture. J’en suis venu à en avoir assez des drames, du niaisage et surtout des mensonges. Je pense que toute cette époque m’a permis de comprendre que le mensonge était le pire poison. Ce doit être un peu pour ça que mon chum me trouve trop direct par moment. Quand j’ai fait quelque chose qui lui déplaît, il le sait avant même de poser un pied chez moi. C’est comme ça que je veux définir ma vie et mes actes à présent.

En même temps, je n’ai jamais eu la chienne comme ça. Une vraie chienne. Une chienne qui remplit de doutes, du genre : vais-je être capable de subvenir à mes besoins? Quel est le plan B de la vie pour fucker toute la patente? Je ne suis pas dupe, je sais très bien que d’autres choses vont arriver. It’s part of the process.

Alors, pour résumer ma vie et sa différence avec 2014, l’année de mon lancement, je dirais que j’ai repris mon projet de publication pour en faire un projet d’achat de condo. Je me doute bien que je ne serai probablement pas aussi gagnant dans ce projet que je l’ai été avec le roman. J’espère juste être capable de me sortir la tête de l’eau et de ne pas trop regretter mon choix. Mais ça, seul l’avenir le dira. Et il y a trop de données et d’éléments pour faire en sorte que je sois rassuré et confiant. Car le destin est un mystère, un mystère que je ne veux pas connaître de toute façon.

Alors voilà! En souhaitant un beau 2e anniversaire de publication à Peut-être jamais, je me souhaite surtout une transition agréable et pas trop dramatique. Et quand je regarde les deux dernières semaines qui viennent de se passer, je me dis que ce n’est pas gagné. Je suis passé près d’une crise cardiaque pour des chaises IKEA (!), j’ai pété une coche contre mon fournisseur d’électroménagers et je trouve déjà la banque qui m’offre mon prêt hypothécaire complètement idiote (elle lit les relevés de compte à l’envers et m’accusait de ne pas avoir assez de fonds pour le condo). Ça promet pour la suite! Il est vraiment temps que je recommence à courir sérieusement.

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Bon. Je ne pensais pas revenir à ce blogue avec ce sujet, mais puisque je me retrouve devant un problème éthique, je vais m’y attarder. Je viens de découvrir un autre forum de piratage où l’on partage gratuitement et illégalement mon dernier roman en version électronique.

Au début, la rage. La frustration de voir tous ces mercis un à la suite de l’autre. Pire encore, ça fait déjà plus de 8 mois que c’est disponible, offert à tous. Une fois la colère passée viennent les questionnements sur l’attitude à adopter. Oubliez la police, la police du web ou toutes ces niaiseries. Il est prouvé que de faire fermer un site de téléchargements illégaux ne sert à rien, sinon de motiver d’autres personnes à en ouvrir des dizaines d’autres.

Et c’est là que j’ai commencé à analyser ma frustration; jamais, au grand jamais, je n’ai téléchargé illégalement un roman sur ce genre de site. Si je n’ai pas envie d’acheter un bouquin, la bibliothèque me semble la solution la plus simple. Pourtant, si je faisais un Kanye West de moi-même et que je publiais une capture d’écran de mon ordinateur, on verrait bien que je suis présentement sur un site de streaming afin d’écouter la 4e saison de House of Cards.

J’ai voulu me tester plus loin. Qu’en est-il de la musique? Coupable, je suis. J’ai beau dire que je vais encourager les artistes que j’aime en concert (ce qui est vrai), je n’achète que ce que je ne réussis pas à trouver, ainsi que les artistes québécois. Mais c’est comme si ma façon de consommer la musique n’était pas similaire à ma façon de consommer des livres. Alors que j’ai un haussement d’épaules devant le téléchargement musical, je me colle au discours que Rogers Waters tenait à Tout le monde en parle dimanche dernier: à force de téléchargements, plus personne ne voudra créer. Et je suis tout à fait conscient que musicien ou écrivain, c’est du pareil au même. Construire une oeuvre prend des années de labeur, de doutes, de souffrance, de petites joies. Mais quand on regarde le résultat au niveau finances, c’était déjà pas du luxe, si on doit tout offrir gratuitement, à quoi bon y mettre tant d’efforts? Certains diront qu’il y aura toujours quelqu’un qui passera outre ces détails monétaires pour créer. Le hic? C’est qu’on se retrouvera avec de la création de gosses de riches. Et Dieu sait que ce n’est pas souvent là que se trouve le génie créateur.

Bref, toute cette histoire me fait sourire, car elle me montre deux facettes de ma personnalité. Certains pourraient me reprocher la chose en disant: c’est normal que ça te touche, ce serait de l’argent qui te serait dû! Mais je pense que ma réflexion va au-delà du simple intérêt mercantile. C’est comme si j’avais une échelle de gradation concernant le téléchargement illégal (et ce qui est bon, de ce qui est mal). Peut-être que c’est parce que le réflexe musical est plus vieux que le réflexe de lecteur. Après tout, les liseuses sont arrivées bien après les lecteurs MP3. Et présentement, je continue à me dire que je préfère vraiment le contact avec le papier lors de mes lectures. Je n’ai pas de bidule électronique pour stocker des centaines de livres (et je continue à garder un doute sur les personnes qui en ont autant sur leur machine. Les lisent-ils réellement?) Pourtant, je me rappelle qu’en 2004-2005, je refusais toujours de posséder un lecteur MP3. Je croyais encore aux disques compacts. Les temps changent. J’aime me dire que le livre connaîtra une finale différente. À suivre!

Dans un autre ordre d’idées, pour ceux que ça intéresse, j’en suis à la phase III (voir texte précédent). Je réalise à peu près une phase par mois. C’est sur 7 étapes. Tout va bien pour le moment (bon, ce n’est pas si facile, mais rien n’est facile). Ce qui s’amène dans les deux prochains mois sera complètement fou, alors que je ne promets pas d’être très régulier ici. Tout ça est un peu en réaction à ma vie passée, aux boulets que j’ai trop longtemps traînés. Ces 7 phases sont un peu l’entrée officielle dans le monde adulte (même si j’y suis depuis bien plus de 10 ans, je sais). Il y en a qui apprennent un peu moins vite que les autres, et alors? 😉

Ah oui! Dernière chose! Certains d’entre-vous ont remarqué que le site www.peut-etre-jamais.com redirige maintenant vers la section Livres de Pile ou Face. C’est normal. Je n’ai pas renouvelé le contrat d’hébergement cette année. Mais il reste encore quelques copies chez Archambault ou directement par moi! Ne vous cassez pas la tête à télécharger illégalement ce roman 😛