Écrire un roman en 28 jours

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Nous sommes le 28 novembre 2015, et je viens de mettre un point final à un nouveau roman écrit en 28 jours, qui fait pour l’instant 196 pages, 45 chapitres et 51 218 mots.

Peu importe le contenu de ce roman, la première chose que je tiens à faire, c’est me féliciter moi-même. Vraiment. Je n’aurais jamais cru qu’un simple défi sur Internet allait me pousser autant. Ni que j’allais être si assidu. Quand je lisais certains auteurs connus dirent qu’ils écrivent leur roman en 29 jours, je me disais: «Facile! Ils font ça de leur journée, sans se soucier d’avoir un 2e emploi, de devoir continuer à payer le loyer et tout le tralala.» Et malgré tout, j’y suis parvenu. En travaillant 38 heures par semaine, en m’entraînant 4 à 5 fois par semaine aussi. C’est certain que ma vie sociale en a pris un coup, mais présentement, ce doit être mon foie qui remercie enfin le ciel que ce soit terminé. Du moins, cette partie.

Je ne mentirai pas. Écrire demande de la volonté. C’est un défi. Écrire chaque jour demande plus que ça. Et s’il n’y avait pas eu l’alcool, je ne sais pas si j’y serais arrivé après les longues journées de travail. J’ai évité les saoûleries (parce qu’écrire saoul ne fonctionne pas). La bière low calories m’a beaucoup aidé, et quelques bouteilles de vin ici et là. Pour les dernières 48 heures, et pour les dernières scènes plus difficiles que je devais écrire, je me suis permis du rhum (ce fut la seule fois).

On ne se mentira pas. Il s’agit d’un premier jet. c’est raw. Je sais très bien que je devrais ajouter 10 000 mots pour ensuite en raturer 15 000. Ça fait partie du processus de la réécriture. Mais je n’en suis pas encore là. Pour le moment, je profite de ce succès. Parce qu’il faut cesser de se mentir; après Peut-être jamais, j’ai vécu une longue période de page blanche (presque 3 ans). J’avais besoin de quelque chose pour me botter le cul, pour me remettre en selle.

J’ai suivi les conseils du NanoWrimo: ne pas se relire. Juste écrire, continuer où l’on s’est arrêté chaque jour. La proximité avec mes personnages s’est développée, mais pas dans la même optique qu’avec mon livre précédent. J’ai ajouté de la distance, du recul, j’ai choisi (pour le moment) de raconter l’histoire à la 3e personne. Ça m’a permis d’être moins affecté par les événements, de moins m’investir dans les émotions de mes personnages. Peut-être que c’est un piège, peut-être que le livre s’en ressentira. Je n’en ai aucune idée à cette étape.

C’est la première fois que j’écrivais un roman sans suivre un plan précis. J’avais bien une idée qui me trottait dans la tête depuis un an (signe qu’elle est potable pour l’exploiter), mais je n’ai pas pris des pages et des pages de notes, je n’ai pas dressé de plan chapitre par chapitre, je me suis laissé aller au gré du moment. Ça annonce beaucoup de rature, de coins qui ont peut-être été tournés trop ronds, mais pour le moment, je repousse tous ces doutes et ces questionnements. Je me suis donné un défi, je l’ai relevé, je m’y suis tenu, et ça, ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Pour vous donner une idée, j’ai écrit le roman Peut-être jamais sur une période de 5 ans. Il faisait environ 55 000 mots.

Écrire sans faire de plan, c’est surtout problématique pour terminer un livre. Je ne peux pas dire que je suis 100% satisfait de ma finale, mais elle est différente de tout ce que j’ai écrit depuis que j’ai commencé à écrire des livres. Il y a quelque chose d’universel, de plus général dans mon écriture. Je n’ai pas encore trouvé de titre pour le roman. C’est un autre des nombreux détails qui sera à élaborer avec le travail de réécriture.

Je crois que je reste assez zen. Je ne prédis pas que ce roman sortira un jour dans le public. Ça, c’est le travail qui va suivre qui va le dicter. Il y a mille choses à revoir, mais au moins, je sens que mes personnages sont ancrés et solides. Il faudra mettre du temps pour les amplifier, pour leur donner un sens et des justifications à leurs actes, mais ils sont quand même bien construits. Je pensais devoir me battre avec des problèmes de récits, d’anachronismes, des problématiques qui m’auraient fait douter de la suite du récit, mais c’est comme si j’avais vomi une ligne du temps, et elle me semble solide pour le moment.

Mon roman traite de plusieurs sujets; il s’intéresse aux demi-vérités, aux subterfuges, aux mensonges que les hommes se racontent pour se sentir plus légers, à toutes ces omissions qu’on cache aux autres. On reconnaîtra ma plume, car je touche encore aux sujets des dépendances, des obsessions, même un peu aux jeux de rôles dans les relations. Mais rien à voir avec le précédent.

Ça fait du bien d’écrire sur des choses que l’on ne vit pas nécessairement. Quoique certains me reconnaîtront quand même parmi tous les personnages. Le livre est aussi beaucoup plus violent, et il aurait pu l’être encore plus, mais les événements qui se sont déroulés à Paris dernièrement ont changé ma perception des choses. Pour le mieux, je crois.

Plein de doutes et de questionnements continuent de s’entrecroiser dans ma tête; est-ce plausible? Est-ce logique? Y a-t-il un sens aux actions de ces personnages? Sont-ils assez humains ou trop robots? Beaucoup de travail à venir, certes, mais pour le moment, je prends une pause, je lève mon verre, et je profite de cette belle réalisation.

La possessivité

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Prenez note: je ne commenterai pas les attentats de Paris, parce qu’avec toutes les conneries que j’ai lues sur les réseaux sociaux, j’ai une saturation complète de stupidité jusqu’à la fin de l’année. Je ne rajouterai pas une couche de plus par-dessus tout ça. Mes plus chères sympathies à tous ceux concernés de près ou de loin (on l’est tous) et aux amis/lecteurs français.

Le titre de cette entrée (la possessivité) a été le thème de ma fin de semaine, et je n’ai pas pris qu’une année de plus ces derniers jours, j’ai été submergé par de petits moments de sagesse qui ont été très importants pour moi. On peut dire que j’ai fait une analyse de mon passé, mon présent et des relations que j’ai entretenues autour de moi. Tout ça est parti d’un simple article banal comme il y en a des milliers sur la toile chaque novembre; la description du signe du zodiaque le plus intense: le scorpion. On lit toujours un peu la même chose: passionné, intense, protecteur, jaloux et possessif (et un merveilleux amant, évidemment!)

À force de se faire parler de notre signe, on en vient à faire des associations personnelles (et on aime tellement quand ça colle pile sur notre personnalité, même quand c’est quasi négatif!) Ça m’a trotté beaucoup en tête, ces derniers jours, ce concept de la possession des autres. Pas dans le sens violent ou macabre, mais simplement de la possessivité égoïste, souvent plus menée par des élans amoureux/amicaux; en d’autres mots, pas pour mal faire, juste parce que c’est dans mon signe et je suis comme ça.

Mais après coup, je me suis rendu compte que j’analysais surtout mon ancien moi-même, et les dernières années qui s’étaient écoulées. J’ai toujours eu cette façon étrange de « tomber amoureux » de personnes extraordinaires, et de vouloir me les accaparer, parce que je suis bien avec eux, parce que j’aime les voir sans obstacle (les obstacles ont longtemps été les autres autour). Pour donner un exemple concret, j’ai toujours préféré recevoir chez moi et dresser la liste des invités selon mon envie, à deux doigts de refuser qu’un tel ou un autre se présente (ok, en refusant que certaines autres personnes se présentent)! Loin de moi l’idée d’être de mauvaise foi, le but était surtout de passer de bons moments avec les gens de qui j’étais vraiment proche, pour éviter de se perdre dans des conversations moins intéressantes, pour me concentrer strictement sur l’essentiel; la vie des gens que j’aime.

Je l’ai souvent ressenti dans mon groupe d’amis gais, où je préférais toujours les voir sans qu’ils ne soient accompagnés. Ce n’est pas que je détestais leur douce moitié, c’est simplement que ça m’enlevait du temps avec les gens qui comptent vraiment. Mais cette habitude de possessivité m’a souvent nui. Elle a parfois créé des qui-propos où je donnais l’impression de ne pas aimer les chums/blondes de mes amis. Honnêtement, l’ironie c’est que ce fut rarement le cas. C’est bien arrivé à une ou deux reprises, mais ce ne fut jamais la norme.

La dernière année m’a appris que je travaillais beaucoup trop fort pour des choses de peu d’importance. Avouons-le un peu; au lieu de paraître franc et de montrer mon amitié, j’avais plutôt cette impression de donner du fil à retordre aux amis et de rendre les choses compliquées pour rien.

Avec le temps, je me suis aussi rendu compte que plus on voulait attacher les gens, plus ils déliaient leurs cordes rapidement pour s’éloigner. Et le travail que j’ai dû faire sur moi, c’est de laisser les gens s’éloigner, en espérant peut-être qu’un jour, ils reviennent vers moi, puisque je leur laissais maintenant leur liberté.

Est-ce que tout s’est passé ainsi? Loin de là. Mais j’ai compris que c’était correct aussi. Il arrive qu’on lâche prise sur certaines personnes, non pas parce que l’amitié n’y est plus, mais peut-être que ces êtres restent encore avec l’idée qu’on veut les contrôler, les manipuler ou leur imposer des rencontres. Mais je ne fais plus ça de plus un long moment (imposer des rencontres), car ça ne fonctionne pas de toute façon. C’est à l’image de Facebook, et des événements; quand tous disent qu’ils viendront, on peut déjà calculer le nombre de futurs absents. Et parfois, la vie nous surprend, fait disparaitre ceux qu’on croyait pourtant beaucoup plus présents dans nos vies.

Et il faut se concentrer sur ceux qui restent. Cessez de penser à ce qui manque et vivre le moment avec ceux qui y sont. Certes, on peut être déçu, triste, on peut en vouloir, on peut même se dire qu’on leur remettra la monnaie de leur pièce (les scorpions comprendront), mais quand on s’arrête un instant, on se rend vite compte du ridicule de la chose. C’est un peu comme aimer un ex qui se contrefout de notre amour. Il n’y a pas d’issue, il n’y a que du travail perdu, que des efforts qui ne valent rien. C’est là qu’il faut lâcher prise, se défaire de notre colère ou de notre déception. Il n’y a aucun drame. Les gens se croisent et se décroisent sur la ligne du temps.

Chaque année, chaque anniversaire, c’est un nouveau chapitre, une façon de voir et de savoir qui seront à nos côtés l’année suivante. Ce n’est pas un gage de réussite, ça ne veut pas dire grand-chose, mais ça donne une idée précise des relations qui s’étiolent et des nouvelles amitiés qui se créent.

Vers quatre heures, ce matin, je me suis arrêté un instant, et j’ai compris que j’étais choyé. Je suis entouré de personnes vraies, où il n’y a pas de jeux d’apparences, de faux-semblants, de superficialité ou de masque. Ce sont des gens vrais, honnêtes, qui ne cherchent pas à créer des histoires inutiles ou dramatiques comme j’en ai jadis vécu. Et il y a cet autre point essentiel; on finit par ressentir clairement quand on intéresse quelqu’un ou quand il joue la politesse en s’en foutant complètement. J’ai mis du temps à déceler ce genre de trucs, parce que j’ai souvent voulu que « ça fonctionne » et que tout soit en harmonie, en me basant sur la chimie du passé, en essayant de recréer sans cesse les bonnes soirées d’antan. Mais je me suis rendu à l’évidence que la répétition du passé n’est jamais exacte, et surtout, elle n’est que très rarement au rendez-vous, même si on invite le même groupe de personnes. Il faut donc le vivre au présent, mais surtout avoir une bonne dose de laisser-aller, de lâcher prise.

Facebook a quelque chose de cruel, parce qu’on se retrouve amis avec des gens avec qui le courant ne passe plus comme avant. On ne les supprime pas toujours. On les garde, en souvenir du passé peut-être, je ne sais pas. Mais si Facebook n’existait pas (ou n’importe quel réseau qui fige le passé) on ne serait probablement plus « amis » avec de nombreuses personnes, et on ne connaîtrait pas ce qu’elles vivent non plus.

En fin de semaine, j’ai passé du temps avec les gens que j’aimais. J’en ai découvert d’autres que je ne connaissais pas, mais j’ai aussi redécouvert des amis qui s’étaient éloignés sur la ligne du temps et qui sont revenus. C’est là que j’ai compris que c’est le moment présent qui compte, pas les souvenirs d’avant.

J’ai dit que j’étais choyé parce j’ai vu environ 25 personnes en 48 heures. J’ai été reçu à souper par des gens que je considère comme de vrais petites étoiles positives dans ma vie. J’ai reçu des amis qui se sont entassés dans mon petit appartement. Mais surtout, j’ai pensé à moi, j’ai oublié les absents, et j’ai profité de mon bonheur. J’ai été agréablement surpris de la chimie naturelle entre les invitées (des gens qui ne se connaissaient pas entre eux au départ, mais qui ont semblé cliquer facilement). Ça m’a enlevé un stress, celui de devoir jouer à l’animateur de foule. Le petit concept cocktail et bulles était parfait. Et je ne me suis même pas saoulé. Signe que je n’ai plus besoin de m’engourdir l’esprit pour avoir du plaisir. Dans le lot, il y avait des gens que je n’avais pas vus depuis des années, et c’était un bel honneur pour moi qu’ils aient choisi de passer du temps en ma compagnie, c’était leur choix.

J’ai cessé de m’approprier les gens, de les attacher, de les vouloir à tout prix à mes côtés, et je crois que ça me réussit bien. C’est ainsi que je veux définir le reste de ma vie; une maison ouverte prête à accueillir ceux qui ont envie d’être là, tout simplement. Je m’en suis tellement fait avec les relations amicales un peu boiteuses, j’ai tant essayé de recoller des morceaux qui laisseraient de toute évidence apparaître la colle et les fissures. Beaucoup d’énergie à couper du vide au couteau. Beaucoup d’analyses, de réflexions, de remises en question. Et pendant qu’on s’acharne sur ça, la vie passe et on ne voit plus l’essentiel.

Vieillir, c’est aussi accepter de ne pas être le centre d’intérêt des autres. C’est accepter que tous ont leurs obligations, leurs petits problèmes, leur rythme de vie où des choix doivent être pris. J’ai longtemps dit que ce n’était pas les paroles qui comptaient, mais bien les actions, et j’ai l’impression que tout ça prend encore plus de sens. J’ai rendu les armes, j’ai fermé les batailles pour garder les amitiés lisses en surface. Je profiterai des gens quand ils seront là. Certains disparaîtront pour toujours, d’autres reviendront peut-être dans les années à venir, ça n’a plus d’importance. Et ça va aussi me permettre de mieux choisir où je me sens le plus apprécié, où j’ai l’impression d’être vraiment invité et voulu. Il y a une espèce d’abstraction dans ce que je raconte, parce que l’amitié est difficile à décrire entre deux personnes, parce qu’on ne sait jamais trop (comme en amour) qui aime le plus, qui tient le plus à l’autre, qui veut plus voir l’autre. Et c’est là que je m’en remets aux gestes, plus qu’aux paroles.

32 ans déjà. Beaucoup de chemin parcouru. Beaucoup de travail sur ma conception des relations humaines. Sur mon comportement jadis possessif envers les autres. Sur cet élan qui me pousse à laisser certaines personnes s’éloigner sans le prendre personnel. Hausser les épaules, tout simplement, et se dire que la vie est un cycle, qu’on recroisera bien ceux qui comptent vraiment. Les adieux en amitié ne sont pas vraiment comparables aux ruptures de couple, parce qu’il faut plus de temps pour se rendre compte du départ d’un ami qui ne nous doit pas nécessairement d’explication. Ça peut faire aussi mal quand on comprend, mais la peur de perdre l’autre a laissé sa place au plaisir de découvrir de nouvelles personnes tout aussi extraordinaires que les fantômes du passé,

Ne pas se poser de questions

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C’est un peu ironique de venir prendre le temps d’écrire ici alors que je suis en retard dans mon défi du Nanowrimo, mais je me rends compte que c’est quasiment essentiel de faire le lien entre ces deux formes d’écriture. Du moins, je crois que ça m’aide à respirer un peu.

Ce n’est pas très dramatique, mais je vais devoir mettre les bouchées doubles ce week-end si je veux y arriver. Ce n’est pas si mal, je pensais que ce genre de nouvelles négatives allaient arriver bien plus tôt! On ne lâche pas. C’est un peu bizarre d’écrire sans se poser de questions (bon, on l’avoue, je n’y arrive pas totalement, parce que ça arrive que le «à quoi bon?» me passe en tête, mais j’essaie de le chasser vite vite.) 7 123 mots pour le moment. Et ce soir, j’ai osé (enfin, c’est sorti tout seul), j’ai écrit ma première scène de cul. J’essaie d’y aller avec un peu plus de parcimonie tout de même. Je ne veux pas répéter l’expérience du roman précédent. Mais c’est intéressant de décrire des choses fictives, en utilisant la 3e personne en prime, histoire de me détacher de tout ça.

J’ai enfin réussi à obtenir une copie audio de Peut-être jamais, celle qui est dédiée à la Bibliothèque Nationale. Ça dure 5h41!!! C’est vraiment spécial d’entendre ses écrits à haute voix, qui plus est, lus par quelqu’un d’autre. On dirait que par écrit, c’est plus doux, alors que quand c’est lu, ça fesse beaucoup plus. Ça m’a donné une autre image du roman, une image plus dure, plus difficile et hard. C’est une expérience.

Me forcer à écrire chaque soir m’a aussi forcé à rétablir une routine de vie plus stricte. Et je me suis découvert une obsession pour la course en prime. Décidément, le mois de novembre s’annonce coupé au couteau dans son horaire. Mon agenda est déjà bien rempli (trop), et le reste est dédié à écrire et lire. Je suis quand même bien heureux de m’être imposé ce rythme de vie. Je ne sais pas si ça va donner quelque chose de concret, mais au moins, le coup de pied au cul est là.

Et même si j’ai le sentiment ne pas avoir atteint la vie parfaite (est-ce possible?) je me sens sur les bons rails. Plus le temps avance, et plus je me questionne, à savoir ce que je recherche tant, ce qui me manque tant pour atteindre ce bonheur que l’on recherche sans cesse. J’ai la fâcheuse habitude de me dire que j’avais trouvé l’équilibre, une fois que je l’ai perdue. Ce doit être pourquoi je me pose tant de questions, pour tenter de comprendre ce qui cloche. Parce que rien ne cloche vraiment. Mais jamais, au grand jamais, je ne dirai que je suis complètement heureux. Ce serait appeler le destin à me jeter un mauvais sort, à me faire regretter mes paroles.

Pourtant, hier, en famille, avec amis et amour, tout était parfait. Je hais utiliser ce mot. Je le trouve trop porteur d’un sens léger et superficiel. Mais je ne sais pas trop comment m’expliquer ma vie d’aujourd’hui. Il y a eu beaucoup de deuils, beaucoup de souffrances, et même si cet état reste (et restera?) toujours latent en moi, je ne peux pas vraiment me plaindre. Je me dis qu’on en recherche toujours plus, qu’on n’est jamais réellement satisfait à 100%. C’est peut-être ce qui nous pousse à nous surpasser, après tout.

Je pense que je suis sur la bonne voie; que ce soit par la force d’écrire, par la force de mes relations interpersonnelles, par les gens qui m’entourent, par l’amour que je reçois… Plus les jours passent, plus je m’éloigne de ce petit être fragile qui prenait toute la place dans mon roman précédent. J’ai vieilli, je continue de vieillir, et tout ce que je peux souhaiter, c’est que ça continue ainsi. Il est vraiment temps de faire table rase du passé, de l’utiliser à des fins littéraires uniquement, de cesser de m’en faire avec les fantômes qui n’existent plus dans ma vie.

Hier, en revenant d’une belle journée remplie d’amour et d’amitié, mon chum a croisé un vieil ami. Et le souvenir est revenu comme un train qui frappe; ce vieil ami, c’est une personne avec qui j’ai échangé quelques phrases, il y a dix ans. Il avait posé un avertissement. M’avait dit que je devais me méfier de mon ex. Que ce n’était pas tout à fait la personne qu’il disait être. Après 10 ans, j’ai reconnu qu’il avait raison sur le fond. À l’époque, ça ne servait à rien de me prévenir, c’était trop tôt. Mais comme tous les conseils que l’on reçoit, on les comprend souvent à retardement. Ça fait partie de l’apprentissage. Pourtant, je sais très bien que j’aurais fait à ma tête quand même. Que l’amour est plus fort que tout, même devant des avertissements clairs et directs. It’s the game, the game of life. 

Défi Nano

nano

Bonjour! Alors, allez-vous bien après toutes ces fêtes d’Halloween? Sérieusement, je n’ai jamais vu autant de photos de déguisement sur ma timeline! Moi qui n’aime pas l’Halloween, haha, tant mieux si vous avez eu du fun!

J’en ai eu aussi, rassurez-vous! Et j’ai trouvé ça bien drôle de voir mon mec complètement pété, parce que habituellement, c’est mon rôle haha! Je n’ai pas grand-chose à écrire ces temps-ci, et je dois même vous avertir que je n’écrirai que très peu au mois de novembre, probablement, parce que j’ai accepté le défi de faire le NanoWrimo. Il s’agit d’écrire 50 000 mots pour un roman pendant le mois de novembre. C’est un défi complètement débile, mais j’avais besoin d’un bon coup de pied au cul pour arriver simplement à me remettre en phase d’écriture. Je pense que pour le Jour 1, je peux dire: mission accomplie. Je viens de pondre 2 741 mots! Je ne sais pas si c’est l’influence de l’Halloween qui vient de se passer, mais j’écris vraiment du stock sadique. Je m’enligne vers un projet de roman complètement débile (like usual), mais cette fois-ci, je tente l’éloignement complet de ma vie. Je découvre des personnages bien étranges durant mon écriture. C’est intéressant. Mais surtout, je retrouve le chill qui me parcourt l’échine lorsque j’écris, et ça, on peut déjà dire que ce n’était pas arrivé depuis 2 ans au moins!

Honnêtement, le but du NaNoWrimo, ce n’est pas d’écrire un roman parfait, c’est simplement de se forcer le cul à pondre du texte pendant un mois. Les autres mois qui suivent servent à se réviser et à se corriger. Même si le Jour 1 a été splendide, je ne me fais d’illusions, il y aura des moments difficiles, des pages blanches et beaucoup de doutes. Mais ça fait partie de la game, et sérieusement, si je réussis à écrire au moins 30 000 mots durant novembre, ce sera toujours bien ça!

J’ai pondu un plan de roman qui traînait dans ma tête depuis 1 an (c’est ma méthode habituelle) jeudi dernier. Et c’est drôle, mais parfois, il suffit d’avoir un premier plan pour que toutes les pièces se mettent en place. Je n’ai aucune idée de l’avenir de ce projet, je ne sais pas s’il me tient assez à coeur pour que je puisse en faire quelque chose de concret, tout est tellement hypothétique, mais c’est le beau de la chose.

Il faut se rendre à l’évidence; on ne changera pas le monde de personne ici. Le temps est révolu en ce qui a trait à la littérature. Non, la littérature ne change pas la vie, sauf peut-être la vie de l’auteur qui écrit. Et ça m’a pris du temps, mais je me rends compte que c’est cette forme d’art qui manquait à ma vie depuis quelques années déjà.

Je ne prends aucun engagement, sauf celui de tenter de réussir ce défi un peu fou. On verra bien où ça me mènera, et le beau de la chose, c’est que le NanoWrimo, c’est écrire sans vraiment se relire. Donc, on pond du texte, on en vomit, et on verra plus tard si on peut en faire du sens et une histoire. C’est donc un défi à suivre, et j’en reparlerai sûrement au cours des prochaines semaines!

Pour ce qui est de mon roman précédent, la fin est vraiment tout près. Quelques copies à peine disponibles, des librairies bientôt en rupture de stock, j’ai réussi mon pari avec ce livre-là, mais là, je dois continuer et avancer. Si vous souhaitez faire un beau cadeau de Noël à quelqu’un de votre entourage, il est encore temps de lui acheter Peut-être jamais dédicacé!

Bon mois de novembre à tous! (ouch! J’oubliais que j’allais gagner une année aussi ce mois-ci lol)!