Nouvelles en vrac

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Bonjour à tous! J’espère que vous allez aussi bien que moi! Je dois dire que je suis très heureux ces temps-ci, et c’est en partie grâce à Facebook, parce que pour le moment, ma bande-annonce n’est pas censurée sur le réseau. Je croise les doigts pour que ça dure!

J’essaie d’être optimiste, même si je sais que c’est probablement une question de temps avant que Facebook revienne sur sa décision. Donc, j’en profite le temps que ça passe! Et je dois avouer que je suis plus que satisfait de la réponse des gens. Beaucoup, beaucoup de livres sont vendus à partir de mon site www.peut-etre-jamais.com et sur Amazon aussi. Ça me fait chaud au cœur de voir que même après une année entière, le roman Peut-être jamais continue à avoir du succès! Je reçois énormément de commentaires positifs sur la lecture du livre et c’est toujours un plaisir de lire vos appréciations. Je me sens choyé. Je suis également étonné de la tranche d’âge touchée par le texte, ça varie vraiment entre 18 et 70 ans, et c’est un excellent indice pour moi! Tout ça me met dans un questionnement un peu délicat, vaut-il mieux disparaître pendant que le buzz est là ou continuer jusqu’à ce qu’il s’atténue? En d’autres mots, est-ce que je dois continuer la promotion et recommander des copies, c’est un peu ce que je me demande présentement. Le marché français est très actif par rapport à mon livre, et si vous saviez tous les coins où je l’envoie… j’apprends quasiment un peu plus ma géographie de la carte de la France chaque jour!

Dans les autres nouvelles, je dois avouer que je vais très bien. Je travaille de plus en plus sur mon corps, je me façonne une santé, je m’éloigne de mes vices, et tout va très très bien. Les réparations dans mon appartement sont terminées, je vis des soirées très intéressantes avec les amis, tout va bien dans mon couple, et j’ai complètement mis de côté mes histoires du passé. Mon psy m’a envoyé des fleurs et est fier de moi. C’est flatteur.

Mais vous me connaissez, je me méfie toujours de ces moments d’allégresse; on ne sait jamais quand la montagne redescend. Alors, pour le moment, je profite et je vis. C’est tout ce qui importe! Merci encore à tous pour vos bons mots sur mes écrits. Je sais que je suis choyé.

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La stabilité

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Nous y voilà, donc. Rendu à cette stabilité, précaire, certes, mais n’empêche. Elle est là, à ma portée, et ces derniers jours m’ont fait comprendre qu’il n’en tenait qu’à moi à l’accueillir à bras ouverts.

Pas toujours facile, évidemment. Mais j’en suis à un moment de ma vie où la liste de mes excès et de mes côtés excentriques s’achève. Peu à peu, les lumières d’alarme s’éteignent. Toute ma vie, je devrai me surveiller et être un peu méfiant, surtout lors de ces moments, où justement je pense avoir repris le dessus sur ma vie. Nous sommes tous des êtres complexes, mais certains prennent des chemins plus sinueux que d’autres. Je fais partie de cette catégorie, et bien que j’ai adoré ce que certains excès ont provoqué dans ma vie, il y a une balance, une certaine stabilité à respecter.

Je n’en prends pas conscience simplement à cet instant, mais la réflexion semble tout à coup plus palpable. Est-ce un leurre? Seul le temps le dira. Pour le moment, ce que j’en dirais, c’est que je possède tous les éléments nécessaires pour me forger une vie plus saine, et quand je dis ça, j’entends surtout moins « alcoolique ». Il m’arrive encore de boire seul, par moment, parce que j’ai toujours éprouvé un plaisir dans cette activité, mais j’ai drastiquement diminué les fréquences. J’arrive au point où je me rends compte que ce n’est plus nécessaire. Ce n’est même pas une « écoeurantite », c’est surtout un ennui et un désintérêt.

Et pourtant, vendredi soir, debout devant la cuvette de l’Olympia, j’ai vomi. Vomir ne m’arrive que très peu. Et je sais très bien que la cause de ces vomissements a été provoquée par le vin cheap vendu là-bas. Bon, le gin ingéré au préalable n’a pas aidé ma cause. Mais je me suis rendu compte que j’ai raté complètement le concert de Damien Rice, aux toilettes ou dans les vapes. Mais qu’est-ce qui me pousse autant à boire pour apprécier un concert? Je me suis souvent posé la question. C’est très difficile à expliquer, mais ça remonte à très loin, quand j’étais tant absorbé par la musique que je sentais mon cerveau décroché vers l’arrière et vivre le rythme. Ce genre d’occasion n’arrivait que peu souvent, mais quand ça me prenait, c’était toujours sous influence. Je me rends compte que j’ai longtemps (trop longtemps) voulu reproduire cette sensation. Le hic, c’est qu’en vieillissant, même si la musique occupe une place très importante dans ma vie, je ne peux plus m’y abandonner comme dans ma jeunesse. C’est peut-être mon état d’adulte qui transforme le tout, qui ne me permet plus de m’abandonner autant, mais j’ai eu beau tout essayer, impossible de revivre ces abandons du passé. Soit j’en ressors frustré et je trouve le concert nul, soit je perds la carte et je ne me souviens plus du moment. Rendu là, outre être malade et perdre beaucoup d’argent, je n’y gagne absolument rien. Il faut donc se rendre à l’évidence; à quoi bon?

Dernièrement, j’ai beaucoup discuté avec mon copain de ces dépendances qui tournent autour de moi et qui font des déplacements. J’ai parlé de la cause de mon excès. Avant, je les mettais sur la faute de mon ex. Consommer pour me retrouver dans le même genre de situation que je vivais jadis. Vouloir revivre des instants mentalement, absorbé par une substance quelconque. Tenter de retrouver un lien, même embrouillé, avec la vie d’avant, avec ce que je désirais encore au fond de moi; être dominé, sans savoir réellement pourquoi. Trouver dans la sexualité sous influence un regain d’énergie, de perversion, de satisfaction. Mais je suis loin de cette époque, je suis rendu ailleurs. Le passé ne m’intéresse plus. L’écriture de mon roman a tout effacé pour tout réécrire. Je me rends compte que je n’ai plus besoin de m’embrouiller l’esprit pour vivre. Cet espace-temps de ma jeunesse adulte n’a plus sa place dans la vie que je veux mener aujourd’hui.

Et puis, consommer voulait aussi dire s’échapper. Se sauver de l’absence de l’autre. S’éloigner de la douleur de la perte. Mais le cliché prévaut; le temps arrange les choses. Pas facilement. Mais l’idée de la perte finit par faire son chemin et on passe à un autre appel.

J’aurai toujours un certain plaisir à m’enivrer. Je crois que c’est en moi. Ça peut s’atténuer, mais disparaître complètement? Je ne suis pas convaincu. Et ce n’est pas mon but non plus. Je suis surtout à la recherche d’un équilibre. Et je veux de plus en plus m’expliquer les raisons qui me poussent à boire. Je pense que c’est un pas dans la bonne direction.

Ça fera bientôt un an que je consulte un nouveau psy. D’abord, pour mes problèmes liés à mon poids et mon acceptation physique. Mais très vite, les sessions se sont orientées vers mon passé et ce qui me poussait à agir ainsi. En ce moment, je considère que je reprends le contrôle. C’est un contrôle fragile, je dois le guetter souvent, car la dérape n’est jamais bien loin. Elle ne sera jamais bien loin, car elle est une réponse facile aux difficultés quotidiennes. Mais le simple fait de ne plus avoir l’envie de me détruire pour me prouver que j’existe ou que j’ai existé est une bonne nouvelle. Et l’essentiel, c’est que je ne regrette rien. Déjà, ça ne sert pas à grand-chose d’avoir des regrets, mais surtout, toutes ces spirales malsaines m’auront amené à être celui que je suis aujourd’hui. Et présentement, je me sens complet.

Certes, ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours. Je me bats toujours avec mon poids, avec ce corps dont je ne suis jamais réellement satisfait. Mais j’y vais étape par étape, petit pas par petit pas. Il ne sert à rien de devenir drastique et de replonger dans quelques semaines. Je travaille donc sur ma mentalité, sur mes besoins dans la vie, et non pas sur mes dépendances. Les dépendances sont comme l’argent; parfois on en a beaucoup, à d’autres moments, c’est plus serré. C’est donc une recherche de stabilité qui m’accapare. Et je suis loin d’être à plaindre à ce niveau. J’ai un chum qui m’aime, une famille qui m’apprécie, un environnement de travail agréable où je suis reconnu à ma juste valeur, des amis qui importent, une alimentation saine et beaucoup de sport.

C’est ainsi que se dessine mon avenir. En équilibre. Et c’est ce que je recherche à présent. Une vie saine, tournée vers l’avenir, mais surtout vécue au présent.

J’ai fait du chemin depuis 2012. Je dis 2012, car c’est l’année qui coïncide avec la fin de l’écriture de mon roman, et tout ce qui s’en est suivi par la suite. Je ne suis plus le gamin que j’étais. La trentaine m’a rentré dedans assez durement, mais je crois que je réussis peu à peu à surmonter le vide et l’angoisse de ne pas savoir quoi faire de ma vie. Il y a quelque chose de satisfaisant à accepter notre place; l’endroit où nous sommes rendus, les défis qui s’amènent. En quelque sorte, je suis en paix avec moi-même et mon présent. Et ça, c’est très rare pour un être de mon genre.

J’ai perdu beaucoup d’illusions depuis quelques années. Entre autres que les gens autour de mon univers resteraient là à jamais. J’ai cessé de croire que je pouvais figer mon existence et continuer à la vivre de la même manière. Les gens changent, même s’ils restent un peu identiques. Ceux qui naviguent autour de mes eaux le prouvent clairement. Les rencontres, les expériences, les habitudes; tout cela est sans cesse en mouvement, et je l’accepte. C’est ainsi, on ne peut rien y changer.

Ça me fait un énorme bien de lâcher prise. De me dire que je ne peux pas tout contrôler. Et c’est la réalité. Je ne peux pas tout contrôler. J’accepte donc de ne plus être le centre d’intérêt de certaines personnes, et c’est correct ainsi. Le déclic a eu lieu avec une certaine histoire avec ma cousine. On s’était brouillé pour quelque chose de pas nécessairement claire, et j’ai adopté l’attitude parfaite: les gens se brouillent, parfois ils ont leur raison qu’on ne comprend pas. Dans ce temps-là, il vaut mieux ne pas se battre, et surtout ne pas tenter de rapprochement trop direct (comme si on voulait régler le problème). Ceux qui importent reviennent. Et c’est un peu ma philosophie du moment. Moi, j’aime tout le monde. C’est souvent positif, mais ça peut devenir négatif, car je demande beaucoup de mes amitiés. Parfois, les chums de mes amies ne voient pas cela d’un bon œil. Avant, je me serais jeté dans la gueule du loup pour tenter de mettre cartes sur table et de régler le problème, mais avec le temps, je me rends compte que c’est justement ce qui fout la marde. Alors, il vaut mieux être patient, attendre que les autres se rendre compte d’eux-mêmes que je ne leur veux aucun mal et aucune négativité. C’est un peu triste, mais souvent, je constate que mon caractère fait en sorte que les gens qui me connaissent peu me jugent selon de mauvais critères. Ils pensent que je veux accaparer leur bien-aimé, alors que ce n’est aucunement le cas. Ça m’est arrivé par moment de vouloir régler tout ça, mais je me suis vite retrouvé dans une situation encore pire qu’elle ne l’était. Je pense qu’il faut laisser aller. Éviter d’envenimer la chose. Et puis, il faut bien l’admettre, j’ai passé l’âge de faire des crises d’amitié. Les gens ne nous appartiennent pas, et il faut que l’envie vienne d’eux, pas de moi. C’est la clé. Une clé qui me coûtera probablement quelques amis, mais je deviens plus sain d’esprit quand je ne m’embête plus avec des ouï-dire du passé. J’ai souvent eu le désir de sauver les gens. De vouloir recoller les morceaux brisés pour une phrase dite trop vite ou mal comprise. Ce n’est plus le genre de pression que j’ai envie de me mettre sur les épaules.

Il y a tant de gens adorables et agréables sur le chemin de notre parcours. J’ai décidé de lâcher prise sur les histoires négatives. Alors, voilà. C’est ce que je suis en ce moment, c’est ce que je vis de l’intérieur, et je suis en paix avec mon passé et mon présent. Le reste est de l’inconnu, et je serai toujours curieux de savoir ce qui s’en vient pour moi.